Publié : 6 avril

Pierre-Joseph Proudhon

4ème philosophe : Pierre-Joseph Proudhon (15 janvier 1809 à Besançon - 19 janvier 1865 à Paris )

Je ne vois pas pourquoi je me soumettrais moi-même à la loi. Qui est-ce qui m’en garantit la justice, la sincérité ? D’où me vient-elle ? Qui l’a faite ? Rousseau enseigne que dans un gouvernement véritablement démocratique et libre, le citoyen, en obéissant à la loi, n’obéit qu’à sa propre volonté. Or, la loi a été faite sans ma participation, malgré mon dissentiment absolu, malgré le préjudice qu’elle me fait souffrir. L’État ne traite point avec moi ; il n’échange rien, il me rançonne. Où donc est le lien, lien de conscience, lien de raison, lien de passion ou d’intérêt, qui m’oblige ? (…) Je suis prêt à traiter, mais je ne veux pas de loi ; je n’en reconnais aucune ; je proteste contre tout ordre qu’il plaira à un pouvoir de prétendue nécessité d’imposer à mon libre arbitre. Des lois ! On sait ce qu’elles sont et ce qu’elles valent. Toiles d’araignée pour les puissants et les riches, chaînes qu’aucun acier ne saurait rompre pour les petits et les pauvres, filets de pêche entre les mains du gouvernement »

Post-scriptum

PROUDHON, « Du principe d’autorité », In Idée générale de la révolution au XIX siècle