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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>&#034;Revenir &#224; Spinoza dans la conjoncture intellectuelle pr&#233;sente&#034;, par Fr&#233;d&#233;ric Lordon</title>
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		<dc:creator>Lordon, Fr&#233;d&#233;ric</dc:creator>



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		<title>&#034;Nouveaux regards sur Spinoza&#034;, par Arnaud Spire</title>
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		<dc:creator>Spire, Arnaud</dc:creator>



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		<title>Multitude, peuple et luttes. </title>
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		<dc:creator>Zarifian, Philippe</dc:creator>



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		<title>&#034;Modernit&#233; de Spinoza&#034;, par Warren Montag</title>
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		<dc:creator>Montag, Warren</dc:creator>



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&lt;p&gt;Quelles sont les formes de l'actualit&#233; de Spinoza, les effets th&#233;oriques dont il est la cause immanente ? Le premier site dans l'immanence de Spinoza est un r&#233;seau de probl&#232;mes autour des concepts d'expression et de repr&#233;sentation (s'il est n&#233;cessaire d'attacher des noms &#224; ce champ hautement complexe et diff&#233;renci&#233;, on pourrait mentionner ceux de Derrida, de Foucault, de Deleuze, et peut-&#234;tre m&#234;me d'Althusser). L'affirmation de Derrida &#224; propos de la forme pr&#233;cise de cette probl&#233;matisation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Actualite-de-Spinoza-" rel="directory"&gt;Actualit&#233; de Spinoza&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelles sont les formes de l'actualit&#233; de Spinoza, les effets th&#233;oriques dont il est la cause immanente ? Le premier site dans l'immanence de Spinoza est un r&#233;seau de probl&#232;mes autour des concepts d'expression et de repr&#233;sentation (s'il est n&#233;cessaire d'attacher des noms &#224; ce champ hautement complexe et diff&#233;renci&#233;, on pourrait mentionner ceux de Derrida, de Foucault, de Deleuze, et peut-&#234;tre m&#234;me d'Althusser). L'affirmation de Derrida &#224; propos de la forme pr&#233;cise de cette probl&#233;matisation du signe linguistique pourrait servir ici de point de r&#233;f&#233;rence &#171; L'&#233;poque du signe est essentiellement th&#233;ologique &#187;. Les th&#233;ories de la signification sont enracin&#233;es dans la th&#233;ologie (sp&#233;cialement la notion de cr&#233;ation) au point qu'elles semblent in&#233;luctablement en r&#233;f&#233;rer &#224; une hi&#233;rarchie de l'&#234;tre, selon laquelle le terme originel, qui est exprim&#233; ou repr&#233;sent&#233;, est plus r&#233;el que le terme second, qui exprime ou repr&#233;sente, et qui doit &#234;tre consid&#233;r&#233; in&#233;vitablement comme d&#233;riv&#233; ou secondaire, comme une r&#233;p&#233;tition qui est en quelque sorte moins que ce qu'elle r&#233;p&#232;te. Deleuze, en particulier, a identifi&#233; la mani&#232;re dont Spinoza a radicalis&#233; cette relation dans sa discussion sur la substance, les attributs et les modes dans lesquels elle s'exprime. En effet, non seulement Spinoza fait appara&#238;tre comme plus profond&#233;ment insatisfaisant encore tout sch&#232;me d'expression ou de repr&#233;sentation avec sa th&#232;se qu'il n'existe qu'une seule substance, indivisible et consistant en une infinit&#233; d'attributs Dieu (et comment des parties de Dieu pourraient-elles &#234;tre moins r&#233;elles que d'autres ? Comment le corps pourrait-il avoir moins de rapport &#224; l'essence divine que l'esprit ? Bref, comment une hi&#233;rarchie ontologique pourrait-elle &#234;tre possible ?). Mais encore Spinoza semble ouvrir la possibilit&#233; de penser autrement, d'une nouvelle fa&#231;on. Pour Spinoza, la substance n'est pas ant&#233;rieure, logiquement ou chronologiquement, &#224; ses attributs : la cause ne pr&#233;c&#232;de pas ses effets ; le tout, ses parties ; ou l'unit&#233;, la division. Bien plut&#244;t la substance est &#171; son &#187; infinie diversit&#233; ; elle se r&#233;alise dans sa diversit&#233; et dans rien d'autre que le proc&#232;s de son autoproduction sans commencement ni fin (par-del&#224; toute t&#233;l&#233;ologie, sans buts ou direction) selon l'infinit&#233; de ses attributs. En opposition &#224; Hegel, qui voyait la philosophie de Spinoza comme une &lt;&lt; intuition orientale de l'Identit&#233; Absolue &#187;, une &#171; n&#233;gation de tout ce qui est particulier &#187;, Macherey nous r&#233;v&#232;le le Spinoza penseur d'un univers compos&#233; d'essences singuli&#232;res, qui sont &#224; leur tour compos&#233;es ou composantes de combinaisons d'essences singuli&#232;res, et ainsi &#224; l'infini. Comme Spinoza le d&#233;montre dans la derni&#232;re partie de &lt;i&gt;l'&#201;thique, &lt;/i&gt;on conna&#238;t Dieu par la connaissance des choses singuli&#232;res. Pour Luce Irigaray, la mani&#232;re dont Spinoza questionne la probl&#233;matique de l'expression d&#233;stabilise la hi&#233;rarchisation habituelle de l'opposition homme-femme selon laquelle la femme fonctionne comme une sorte d'enveloppe pour l'homme, recouvrant son essence tout en lui restant ext&#233;rieure - et donc comme un dehors, une surface, un au-del&#224;, venant &#224; l'existence, si jamais elle y parvient, par accident plus que par n&#233;cessit&#233;. L'affirmation des surfaces par Spinoza permet &#224; la singularit&#233; de la femme d'&#234;tre pens&#233;e. C'est autour de cet ensemble de probl&#232;mes que Spinoza appara&#238;t penser aux limites, non de la pens&#233;e de son temps, mais du n&#244;tre, r&#233;v&#233;lant les limites comme limites et rendant ainsi possible de traverser des lignes autrefois consid&#233;r&#233;es comme des horizons absolus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point nodal d'investigation th&#233;orique et de d&#233;bat dans les derni&#232;res d&#233;cennies a &#233;t&#233; la notion d'individu en tant que sujet souverain. Le travail de Lacan et de son &#233;cole, l'essai c&#233;l&#232;bre d'Althusser &lt;i&gt;Id&#233;ologie et appareils id&#233;ologiques d'&#201;tat&lt;/i&gt;, et le &lt;i&gt;Surveiller et Punir&lt;/i&gt; de Foucault sont quelques-uns des moments les plus notables de ce processus. Un questionnement a &#233;t&#233; ouvert sur cette conception centrale de la r&#233;flexion l&#233;gale, politique, philosophique et esth&#233;tique depuis le XVIIe si&#232;cle qui fait de l'individu (dont l'existence est donn&#233;e) l'origine du d&#233;sir, de la pens&#233;e, du discours et de l'action. Si anomal dans son propre temps que son effort ne pouvait &#234;tre pleinement compris avant le n&#244;tre, Spinoza d&#233;non&#231;a l'illusion qui faisait de l'individu humain un empire dans un empire, &#233;chappant &#224; l'ordre de la nature et ma&#238;tre de ses propres d&#233;sirs et pens&#233;es. Ici, Spinoza renverse deux hi&#233;rarchies qui peuvent toutes deux &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme historiquement constitutives de la notion de sujet. Premi&#232;rement, la th&#232;se que l'esprit gouverne et d&#233;termine le corps. Il contre cette conception en objectant que notre supposition d'une ma&#238;trise de l'esprit sur le corps nous a emp&#234;ch&#233; de poser la question fondamentale : que peuvent faire les corps en tant que corps seulement, d&#233;termin&#233;s simplement par d'autres corps, sans l'intervention de l'esprit ? Deuxi&#232;mement, Spinoza refuse l'id&#233;e que l'esprit peut parvenir &#224; une ma&#238;trise des &#233;motions qui, d'apr&#232;s lui, doivent &#234;tre &#233;tudi&#233;es selon les rapports de force et la n&#233;cessit&#233; qui leur est propre, sans r&#233;f&#233;rence &#224; une cause transcendante. Mais la double illusion d'un individu-sujet, ma&#238;tre de lui-m&#234;me et auteur de ses actions, n'est pas simplement un effet de l'imagination (le premier des trois genres de connaissance d'apr&#232;s Spinoza), c'est &#233;galement le centre d'un syst&#232;me de superstition (avec ses appareils et ses pratiques - Althusser reconna&#238;t en Spinoza le premier &#224; former le concept de discipline au sens de Foucault) qui d&#233;termine le peuple non seulement &#224; ob&#233;ir aux pr&#234;tres et aux despotes, mais &#224; vivre leur ob&#233;issance comme une forme de libert&#233; et &#224; ne d&#233;sirer rien d'autre que ce qui leur est command&#233;. Comment pourrait-on expliquer autrement le fait que les hommes si souvent &#171; voient le meilleur et font le pire &#187;, qu'ils combattent et meurent pour le tyran qui les opprime avec la m&#234;me ferveur que s'ils &#233;taient en train de combattre pour leur propre bien-&#234;tre, qu'ils sacrifient enfin leur puissance et leurs plaisirs au Sujet supr&#234;me et originel, Dieu, dont l'amour pour eux, &#224; ce qu'ils imaginent, s'accro&#238;t &#224; la mesure de leur souffrance ? (on reconna&#238;tra ici quelques-uns des th&#232;mes majeurs de l'essai d'Althusser &lt;i&gt;Id&#233;ologie et appareils id&#233;ologiques d'&#201;tat&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, le domaine de la th&#233;orie politique a connu r&#233;cemment une reviviscence massive du lib&#233;ralisme : la soci&#233;t&#233; en tant qu'association volontaire d'individus originellement libres et &#233;gaux dont le seul consentement est la fondation l&#233;gitime de toute collectivit&#233;, d'individus autonomes calculant rationnellement leurs b&#233;n&#233;fices sp&#233;cifiques, et la politique des lois et des droits ont connu une r&#233;surgence &#224; gauche comme &#224; droite. Le marxisme universitaire anglo-am&#233;ricain, en particulier, a embrass&#233; avec grand enthousiasme le cadre de la pens&#233;e juridico-politique des XVIIe et XVIIIe si&#232;cles. L'&#201;tat, qui nagu&#232;re repr&#233;sentait, au moins pour certains, ce qui devait &#234;tre aboli si la lib&#233;ration humaine venait &#224; accomplissement, est devenu maintenant une n&#233;cessit&#233; perp&#233;tuelle ; non plus un obstacle &#224; la d&#233;mocratie r&#233;elle, mais, selon des philosophes politiques comme John Rawls, l'institution qui, par la m&#233;diation des conflits d'int&#233;r&#234;ts des individus et des groupes constituant la soci&#233;t&#233; civile, va &#224; elle seule garantir la libert&#233; et la justice d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, Spinoza est &#224; nouveau anomal, mais d'une anomalie qui par sa radicale ext&#233;riorit&#233; &#224; la probl&#233;matique lib&#233;rale rend possible une critique de celle-ci. Premi&#232;rement, Spinoza refuse toute dissociation du droit et de la puissance : il n'y a aucun sens &#224; parler d'un droit qu'on poss&#233;derait de faire ce que nous n'avons pas le pouvoir de faire. Une fois qu'on a con&#231;u la politique comme puissance, l'individu cesse d'&#234;tre une unit&#233; d'analyse signifiante. Car la puissance d'un individu consid&#233;r&#233; comme s&#233;par&#233; et autonome est th&#233;oriquement n&#233;gligeable. Mais la critique spinoziste du lib&#233;ralisme est moins un rejet total de ses postulats que, comme Balibar l'a soutenu, une mani&#232;re de faire travailler de l'int&#233;rieur les conflits constitutifs de la th&#233;orie politique lib&#233;rale. Ainsi, Spinoza parle, dans le &lt;i&gt;Tractatus Theologico-Politicus&lt;/i&gt;, d'un contrat ou pacte (Factum) entre le souverain et le peuple, alors m&#234;me qu'il prive la notion de contrat de toute fonction normative ou d'une existence id&#233;ale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contrat devient pour lui un concept explicatif qui nous permet de comprendre le rapport de force pr&#233;cis sur lequel une soci&#233;t&#233; donn&#233;e repose &#224; un moment donn&#233; de son histoire : chaque contrat est singulier en ce qu'il explique les rapports de forces sp&#233;cifiques qui constituent une soci&#233;t&#233; donn&#233;e. S'agit-il d'un cas o&#249; le langage de l'ennemi est retourn&#233; contre l'ennemi, comme le sugg&#232;re Althusser, d'une subversion de la pens&#233;e juridique dans les termes des concepts juridiques, ou d'une &#233;tape n&#233;cessaire dans le d&#233;veloppement de Spinoza ? Il est difficile de le dire. On peut affirmer n&#233;anmoins avec certitude que la notion de contrat est totalement absente de sa derni&#232;re oeuvre, le &lt;i&gt;Tractatus Politicus &lt;/i&gt;inachev&#233;. Il ne peut pas y avoir de contrat parce qu'il n'y a pas d'&#233;tat pr&#233;social, &#233;tat de nature peupl&#233; d'individus dissoci&#233;s tel que l'avait imagin&#233; Hobbes. Parce que des individus isol&#233;s ne poss&#232;dent m&#234;me pas la puissance suffisante &#224; assurer leur propre subsistance, la soci&#233;t&#233; existe toujours d&#233;j&#224; sous quelque forme. Il n'y a donc aucune transition d'un &#233;tat de nature &#224; l'&#233;tat social, pas plus qu'il n'y a un moment fondateur ou constitutionnel dans la vie d'une soci&#233;t&#233;. La politique n'est plus centr&#233;e sur la relation, harmonieuse ou conflictuelle, entre les individus et l'&#201;tat ; non que les individus aient disparu dans la nuit noire du social, mais parce que les individus se combinent in&#233;vitablement avec d'autres individus, que ce soit par l'&#171; imitation des affects &#187; qui les lie ensemble ou par les effets socialisant des appareils religieux et politiques (processus qui op&#232;rent tous deux ind&#233;pendamment de la volont&#233; des individus) pour former des entit&#233;s ou des individus nouveaux, plus puissants. La force du travail de Negri vient de ce qu'il reconna&#238;t en Spinoza le premier philosophe &#224; voir la soci&#233;t&#233; comme &#171; constitu&#233;e &#187; par la puissance des masses &lt;i&gt;(multitudo) &lt;/i&gt;et donc le premier &#224; entreprendre une investigation plut&#244;t qu'une d&#233;nonciation de la multitude. Pour le meilleur ou pour le pire, c'est la multitude, sujette &#224; toute la variabilit&#233; de la fortune, dont les luttes vont d&#233;terminer la possibilit&#233; d'un progr&#232;s historique (la diminution de la superstition, la propension &#224; faire dominer les &#233;motions actives sur les passives, et l'accroissement de la puissance et du plaisir du corps) et cela en l'absence de tout but, fin, ou destin&#233;e et, plus important encore, sans aucune garantie. Ainsi, selon Matheron, la d&#233;mocratie, le &#171; pouvoir du peuple &#187; (au sens physique, la force que le peuple, ne serait-ce qu'en vertu de son nombre, exerce en acte) est la cause immanente de toute soci&#233;t&#233;, quelle qu'elle soit : m&#234;me le sort d'un tyran repose entre les mains de la multitude dont l'approbation ou l'acquiescement lui permet de r&#233;gner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois points nodaux semblent d&#233;finir la probl&#233;matique sp&#233;cifique du spinozisme tel qu'il est reconstruit &#224; notre &#233;poque : un Spinoza nouveau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Warren Montag, Extraits de la Pr&#233;face de &lt;strong&gt;The new Spinoza&lt;/strong&gt;, University of Minnesota Press, coll. &#171; Theory out of bound &#187;, n&#176;11, 1998)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#034;L'&#233;v&#233;nement Spinoza&#034;, par J&#233;r&#244;me Ceccaldi</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/L-evenement-Spinoza-par-Jerome-Ceccaldi</link>
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		<dc:date>2004-05-02T10:57:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ceccaldi, J&#233;r&#244;me</dc:creator>



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&lt;p&gt;1. &lt;br class='autobr' /&gt;
Actualit&#233; de Spinoza ? Si le champ philosophique se partage, comme on le dit, entre la ph&#233;nom&#233;nologie et la philosophie analytique, en laissant quelques m&#232;tres carr&#233;s au n&#233;o-kantisme et aux postmodernes, Spinoza est incontestablement de trop. Mettre &#224; l'honneur Spinoza, comme nous le faisons dans ce num&#233;ro, est en soi un acte de r&#233;sistance et d'affirmation intempestive. C'est affirmer l'exc&#232;s de l'&#234;tre sur la conscience et le langage, l'inefficace des prescriptions d'une raison pure (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Actualite-de-Spinoza-" rel="directory"&gt;Actualit&#233; de Spinoza&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Actualit&#233; de Spinoza ? Si le champ philosophique se partage, comme on le dit, entre la ph&#233;nom&#233;nologie et la philosophie analytique, en laissant quelques m&#232;tres carr&#233;s au n&#233;o-kantisme et aux postmodernes, Spinoza est incontestablement de trop. Mettre &#224; l'honneur Spinoza, comme nous le faisons dans ce num&#233;ro, est en soi un acte de r&#233;sistance et d'affirmation intempestive. C'est affirmer l'exc&#232;s de l'&#234;tre sur la conscience et le langage, l'inefficace des prescriptions d'une raison pure pratique, l'effectivit&#233; du d&#233;sir, comme r&#233;alit&#233; et production d'effets.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas pour autant de remplacer une h&#233;g&#233;monie par une autre, de faire advenir un royaume. Nous ne sommes pas les soldats du Spinozisme. Ni refuge, ni ancre de salut, ni nouvelle &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt;. &#202;tre spinoziste n'est pas une position de repli ou de d&#233;fense, c'est une attitude positive de production, c'est actualiser, &#224; l'infini et sous diff&#233;rentes formes, les potentialit&#233;s des &#233;nonc&#233;s spinoziens, activer une disposition g&#233;n&#233;rale de la pens&#233;e, des r&#232;gles de formation des &#233;nonc&#233;s, pour reprendre le vocabulaire de Foucault. Une mineure sur Spinoza &#233;tait n&#233;cessaire pour manifester clairement, au-del&#224; de notre amour des textes, une m&#233;thode de recherche et de r&#233;flexion : affirmer la subversion comme processus r&#233;el, enraciner la transformation dans l'&#234;tre, renouer les liens de la politique et de l'ontologie, contre les artifices du devoir-&#234;tre et de l'utopie.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans sa contribution &#224; notre dossier sur le biopouvoir et la biopolitique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Spinoza donc, par m&#233;thode. &lt;i&gt;Multitudes &lt;/i&gt;y reviendra souvent avec t&#233;nacit&#233;. Dans son prochain num&#233;ro, pour commencer. On y trouvera l'exceptionnel entretien d'Alexandre Matheron avec Laurent Bove et Pierre-Fran&#231;ois Moreau. Car ce rapport privil&#233;gi&#233;, nous le devons fortement &#224; une certaine relecture des textes initi&#233;e, autour de 1968, principalement par Matheron et Deleuze. Depuis 1968, notre Spinoza n'est plus celui de Hegel, ni celui des romantiques allemands, c'est celui red&#233;couvert par Matheron et Deleuze. Toute la recherche spinoziste, dans sa grande diversit&#233;, s'est d&#233;ploy&#233;e, depuis lors, dans l'espace ouvert par ces deux commentateurs. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; l'institution, kantis&#233;e jusqu'&#224; l'os, rab&#226;che souvent un Spinoza post-cart&#233;sien, ou, pire encore, n&#233;osto&#239;cien (avec les concepts en plus), il est amusant de rappeler que, d&#232;s 68, deux commentateurs avaient saisi l'originalit&#233; d'une philosophie de la &lt;i&gt;potentia&lt;/i&gt; et de ses variations.&lt;i&gt; Individu et communaut&#233;&lt;/i&gt; s'ouvre sur la d&#233;finition du &lt;i&gt;conatus&lt;/i&gt;, et la reconnaissance de son r&#244;le fondateur dans l'&#233;thique et la politique ; le chapitre XVI de &lt;i&gt;Spinoza et le probl&#232;me de l'expression&lt;/i&gt; d&#233;crit un monde &#233;thique o&#249; les diff&#233;rences de puissance sont le seul principe discriminant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous serons fiers de publier cet entretien o&#249; Alexandre Matheron raconte cette p&#233;riode h&#233;ro&#239;que des commencements, et o&#249; sont repris certains points essentiels de l'interpr&#233;tation. On y apprend aussi qu'Althusser aurait dit : &#171; Dans Gu&#233;roult, il y a toutes les propositions de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;, m&#234;me celles que Spinoza a oubli&#233;es. Mais entre Gu&#233;roult et Spinoza, il ne se passe rien. Tandis qu'entre Matheron et Spinoza, il se passe quelque chose &#187;. Spinoza, c'est une lecture-&#233;v&#233;nement, et &#171; rien n'existe sans que de sa nature ne s'ensuive quelque effet &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;thique, I, proposition 36.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Negri r&#233;interroge le rapport de Spinoza &#224; la tradition mat&#233;rialiste, sur le probl&#232;me pr&#233;cis de la libert&#233;. Spinoza fait &#233;v&#233;nement dans l'histoire du mat&#233;rialisme, qui se remet enfin de l'inoubliable &#171; humiliation &#187; du &lt;i&gt;clinamen&lt;/i&gt; inflig&#233;e par Lucr&#232;ce. L'innovation est enfin pensable, non plus comme suspension de la n&#233;cessit&#233; du monde, mais dans le monde, comme transformation du r&#233;el. Pour nous introduire dans cette gigantomachie conceptuelle, Negri choisit la petite porte d'une petite exp&#233;rience affective : le rire. L'&lt;i&gt;hilaritas &lt;/i&gt;est manifestation en acte de l'indistinction, affirm&#233;e d&#232;s le d&#233;but&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;thique, I, d&#233;finition VII : &#171; Est dite libre la chose qui agit par la seule (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;, entre libert&#233; et n&#233;cessit&#233;. Avant d'&#234;tre un prestigieux probl&#232;me philosophique, la conjonction libert&#233;-n&#233;cessit&#233; s'exp&#233;rimente, se vit, est saisissable sous la forme de ce que Negri appelle &#171; une voie de subjectivation &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Negri restitue, enfin, &#224; partir de cette analyse du rire, toute la dimension constituante et productive de la libert&#233;, dans une confrontation inattendue avec Wittgenstein et Joyce. La libert&#233; n'est pas l'acceptation sto&#239;cienne du monde, pas m&#234;me la simple affirmation de soi, elle est pleinement innovation, cr&#233;ation, surplus, exc&#232;s ontologique. Ni apathie, ni ataraxie, ni exp&#233;dient du &lt;i&gt;clinamen &lt;/i&gt; : il se passe quelque chose dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le dernier article de ce dossier analyse le r&#244;le des cat&#233;gories temporelles dans la production d'ob&#233;issance et d'asservissement. Nicolas Isra&#235;l nous montre comment la production de crainte et d'espoir (par l'imagination d'un mal pass&#233; ou d'un bien futur promis) est une technique d'asservissement bien plus efficace que l'invocation d'un pacte originel.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a insist&#233;, &#224; juste titre, sur le caract&#232;re apor&#233;tique de la r&#233;flexion spinozienne sur la multitude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#201;tienne Balibar, La crainte des masses, &#171; Spinoza, l'anti-Orwell &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Spinoza est partag&#233; entre une crainte de la&lt;i&gt; &lt;/i&gt;pl&#232;be, toujours pr&#234;te &#224; soutenir les pires tyrans et &#224; massacrer les sages (d'o&#249; un certain r&#233;alisme machiav&#233;lien) et l'affirmation radicale qu'il n'y a pas de souverainet&#233; hors de la &lt;i&gt;multitudo&lt;/i&gt;. D&#233;calage d&#233;sesp&#233;rant entre une multitude id&#233;alement libre et raisonnable et une foule r&#233;ellement ignorante et &#171; terrible, quand elle est sans crainte &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Trait&#233; politique, Chapitre VII, &#167; 27.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? On a pas fini d'explorer cet aspect hautement probl&#233;matique de la pens&#233;e de Spinoza. Mais sans doute peut-on s'accorder sur quelques points.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point essentiel nous semble &#234;tre qu'il n'y a pas d'essence atemporelle de la multitude chez Spinoza. La multitude n'est pas par essence, naturellement, monarchiste ou d&#233;mocrate, une masse ignorante et dangereuse, un mouvement &#224; contenir, un probl&#232;me pour les dirigeants, ou un individu raisonnable, capable de rechercher son utile propre, capable de souverainet&#233;. La multitude se comporte comme une foule dans un cadre institutionnel pr&#233;cis. Le superstitieux est produit par l'institution. Si la superstition repose bien sur des affects naturels difficilement &#233;vitables, elle est aussi d&#233;termin&#233;e par des structures sociales qui la fabriquent et l'utilisent pour asseoir ses dispositifs de pouvoir. La vraie question devient d&#232;s lors politique : dans quelles institutions les hommes ne sont que pl&#232;be, foule ? &#171; Il n'est pas surprenant non plus que la pl&#232;be ignore la v&#233;rit&#233; et qu'elle n'ait pas de jugement, puisque les affaires importantes de l'&#201;tat sont tenues secr&#232;tes [...] Vouloir tout cacher aux citoyens, puis escompter qu'ils ne portent point cependant de jugements erron&#233;s et ne soup&#231;onnent point le pire, c'est faire preuve d'une incons&#233;quence extr&#234;me ! &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La multitude n'est rien de fixe, de d&#233;termin&#233;, c'est une puissance variable : &#171; &lt;i&gt;potentia multitudinis &lt;/i&gt; &#187;. Si sa puissance d'agir et de penser peut diminuer jusqu'&#224; la superstition, la haine, la derni&#232;re des barbaries, elle peut aussi augmenter et tendre vers la raison. Il ne faut pas penser des essences fixes mais des processus possibles, toujours inachev&#233;s. C'est pourquoi la d&#233;mocratie spinozienne est davantage un processus essentiellement inachev&#233; de lib&#233;ration, un devenir libre, plut&#244;t qu'une forme de gouvernement id&#233;al. Une tendance du r&#233;el, une transformation en acte de soi et des choses. La multitude n'est pas un &#234;tre, c'est un passage. Dans la multitude, l&#224; encore, il se passe quelque chose. De ce point de vue, Spinoza fait encore &#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/Biopolitique-ou-politique-par-Jacques-Ranciere' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sa contribution &#224; notre dossier sur le biopouvoir et la biopolitique&lt;/a&gt; &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/spip.php?page=site&amp;id_syndic=101'&gt;&lt;i&gt;Multitudes&lt;/i&gt; n&#176; 1&lt;/a&gt;, Jacques Ranci&#232;re a tr&#232;s clairement rep&#233;r&#233; cette m&#233;thode, ce dispositif spinozien de pens&#233;e, &#224; l'&#339;uvre dans certaines de nos hypoth&#232;ses sur la biopolitique. Interrog&#233; sur la pertinence de l'usage mouvementiste ou revendicatif du concept foucaldien, Jacques Ranci&#232;re r&#233;pond : &#171; Cela revient pour moi &#224; une tentative d'identifier la question de la subjectivation politique &#224; celle des formes de l'individuation, personnelle et collective. Or je ne crois pas que rien se d&#233;duise d'une ontologie de l'individuation &#224; une th&#233;orisation des sujets politiques &#187; (p. 91).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href='http://www.caute.lautre.net/EI-Proposition-36' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;, I, proposition 36&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href='http://www.caute.lautre.net/EI-Definition-7' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;, I, d&#233;finition VII&lt;/a&gt; : &#171; Est dite libre la chose qui agit par la seule n&#233;cessit&#233; de sa nature, et se d&#233;termine par soi seule &#224; agir : et n&#233;cessaire, ou plut&#244;t contrainte, celle qu'autre chose d&#233;termine &#224; exister et &#224; op&#233;rer de fa&#231;on pr&#233;cise et d&#233;termin&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#201;tienne Balibar, &lt;i&gt;La crainte des masses&lt;/i&gt;, &#171; Spinoza, l'anti-Orwell &#187;, Galil&#233;e, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href='http://www.caute.lautre.net/Traite-politique-VII-p27' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Trait&#233; politique&lt;/i&gt;, Chapitre VII, &#167; 27&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href='http://www.caute.lautre.net/Traite-politique-VII-p27' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Multitudes&lt;/i&gt; n&#176;2 : mai 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOURCE : &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/spip.php?page=site&amp;id_syndic=101'&gt;site 101&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Actualit&#233; de Spinoza&#034;, par Saverio Ansaldi</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Actualite-de-Spinoza-par-Saverio-Ansaldi</link>
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		<dc:date>2004-05-02T10:41:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ansaldi, Saverio</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;I. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; Dans l'histoire de la pratique collective, il y a des moments o&#249; l'&#234;tre d&#233;passe le devenir. L'actualit&#233; de Spinoza consiste avant tout en ceci : l'&#234;tre ne veut pas s'assujettir &#224; un devenir qui ne d&#233;tient pas la v&#233;rit&#233; &#034; (A. Negri, Spinoza subversif. Variations (in) actuelles, Paris, Kim&#233;, 1994, p.9). Plac&#233;e au c&#339;ur du XVIIe si&#232;cle - le si&#232;cle de la crise baroque, du d&#233;senchantement po&#233;tique et de la mise en question des fondements de la politique classique -, la pens&#233;e de Spinoza est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Actualite-de-Spinoza-" rel="directory"&gt;Actualit&#233; de Spinoza&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#034; Dans l'histoire de la pratique collective, il y a des moments o&#249; l'&#234;tre d&#233;passe le devenir. L'actualit&#233; de Spinoza consiste avant tout en ceci : l'&#234;tre ne veut pas s'assujettir &#224; un devenir qui ne d&#233;tient pas la v&#233;rit&#233; &#034; (A. Negri, &lt;i&gt;Spinoza subversif. Variations (in) actuelles&lt;/i&gt;, Paris, Kim&#233;, 1994, p.9). Plac&#233;e au c&#339;ur du XVIIe si&#232;cle - le si&#232;cle de la crise baroque, du d&#233;senchantement po&#233;tique et de la mise en question des fondements de la politique classique -, la pens&#233;e de Spinoza est n&#233;gation ontologique de la crise et affirmation de la puissance de l'&#234;tre, &#034;elle est le plein de l'&#234;tre contre le vide du devenir. Spinoza est de nouveau &lt;i&gt;Ursprung&lt;/i&gt;, source, saut originel, et non plus anomalie. L'horizon actuel de la crise modifie en effet tous les termes du travail th&#233;orique &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Negri, op. cit., p. 11.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Permanence de la crise, donc ; et, par cons&#233;quent, permanence de Spinoza : avec sa machine ontologique et son appareil conceptuel. Spinoza n'est plus anomalie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;f&#233;rence est bien &#233;videmment au texte de A. Negri, L'anomalie sauvage. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais, bien plus profond&#233;ment, &lt;i&gt;actualit&#233;&lt;/i&gt; ind&#233;passable, expression r&#233;elle du travail de lib&#233;ration accompli par l'&#233;thique, par la production de sens, singuli&#232;re et collective, qui est la raison d'&#234;tre de toute &#233;thique de lib&#233;ration. (Voir aussi, sur ce th&#232;me de l'actualit&#233;, P. Macherey, &lt;i&gt;L'actualit&#233; philosophique de Spinoza. Heidegger, Adorno, Foucault, &lt;/i&gt;dans P. Macherey, &lt;i&gt;Avec Spinoza&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1992). Chez Spinoza, nous assistons ainsi &#224; la fondation d'une ontologie radicale qui devient l'horizon m&#234;me de la constitution de la puissance politique ; c'est ce que A. Negri montre &#224; propos du TP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Negri, Spinoza subversif, cit., en particulier le chapitre II, pp. 19- 38.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est-&#224;-dire dans l'ouvrage o&#249; Spinoza pose &#034; la fondation de la pens&#233;e politique d&#233;mocratique de l'Europe moderne&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 19.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une d&#233;mocratie ax&#233;e sur le concept de &lt;i&gt;multitudo&lt;/i&gt; et qui se d&#233;ploie avant tout comme expression de la puissance collective ; c'est une d&#233;mocratie &#034; qui fonde une action collective dans le d&#233;veloppement des puissances individuelles, qui construit sur cette base des rapports politiques et qui lib&#232;re imm&#233;diatement de l'esclavage des rapports de production. En formant le monde, la puissance des individus forme &#233;galement le monde social et politique. La d&#233;mocratie, c'est la fondation du politique &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 22&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la lecture de Negri, donc, le concept de d&#233;mocratie chez Spinoza constitue la r&#233;ponse la plus radicale &#224; la cat&#233;gorie de crise, v&#233;ritable norme de la pens&#233;e politique moderne, et cela car &#034; la d&#233;mocratie est la forme d'expression la plus haute de la soci&#233;t&#233;. Elle est la forme la plus vaste dans laquelle la soci&#233;t&#233; naturelle s'exprime comme soci&#233;t&#233; politique&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 51.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'est pas possible, selon Negri, de s&#233;parer, chez Spinoza, l'&#233;thique et la politique : en effet, &#034; le spinozisme politique reste une &#233;thique - une &#233;thique de la puissance, une politique du contre-pouvoir, un projet de construction juridique et constitutionnelle qui vise la destruction de toute n&#233;gativit&#233; et la construction positive de la libert&#233; de tous&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 136.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est la puissance collective de la &lt;i&gt;multitudo &lt;/i&gt;qui alimente sans cesse l'horizon ouvert de la d&#233;mocratie, comme &#034; source continue de soi-m&#234;me&#034;, affirmation et production de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de remarquer, &#224; ce propos, comme cette id&#233;e de d&#233;mocratie, en tant que &lt;i&gt;potestas constituens&lt;/i&gt;, est pr&#233;sente chez un auteur apparemment tr&#232;s &#233;loign&#233; de Spinoza comme C. Schmitt ; en effet, comme le montre M. Walter (&lt;i&gt;Carl Schmitt et Baruch Spinoza&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;Spinoza au XXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, sous la direction de O. Bloch, Paris, PUF, 1993), &#034; dans la pens&#233;e de Spinoza, Schmitt retient surtout le mouvement, toujours inachev&#233; dans son principe, &lt;i&gt;de bas en haut&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire de la puissance de la multitude jusqu'aux institutions politiques. Il la d&#233;marque aussi de celle de Hobbes - ce qui ne cadre pas avec la vision que l'on a ordinairement du rapport entre Hobbes et Spinoza dans l'histoire des id&#233;es politiques&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Walter, op. cit., p. 365.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon M. Walther, le concept de puissance, tel que l'&#233;labore Spinoza, repr&#233;sente un arri&#232;re-plan th&#233;orique d'une importance consid&#233;rable afin de comprendre l'interpr&#233;tation schmittienne de la d&#233;mocratie moderne, comme th&#233;orie de la souverainet&#233; du peuple. Et ce n'est pas un hasard si Spinoza intervient, sans &#234;tre cit&#233;, dans la troisi&#232;me &#233;dition de &lt;i&gt;Der Begriff des Politischen&lt;/i&gt; (1933), juste apr&#232;s la prise du pouvoir par Hitler, autrement dit apr&#232;s une profonde crise politique marqu&#233;e, d'une mani&#232;re d&#233;cisive, par la dichotomie ami - ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, toujours dans les ann&#233;es '30 en Allemagne, nous assistons &#224; un silence paradoxal sur Spinoza, en particulier chez Heidegger ; et pourtant, selon&lt;br /&gt;
E. Balibar, &#034; il y avait pour lui, chez Spinoza, ample mati&#232;re &#224; r&#233;flexion et &#224; discussion &#034; (E. Balibar, &lt;i&gt;Heidegger et Spinoza&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;Spinoza au XXe si&#232;cle&lt;/i&gt;, op. cit.). Pourquoi donc ce silence ? Pourquoi ne pas inclure Spinoza dans l'histoire de la m&#233;taphysique occidentale ou dans la critique syst&#233;matique de l'ontoth&#233;ologie ? Le seul texte dans lequel Heidegger consid&#232;re la pens&#233;e de Spinoza d'une mani&#232;re suffisamment approfondie est le cours sur &lt;i&gt;Schelling&lt;/i&gt; (1936). Et cela effectivement n'est pas &#233;tonnant, puisque la philosophie de la libert&#233; de Schelling se construit et se d&#233;ploie dans une confrontation directe avec la pens&#233;e de Spinoza. Ce que Heidegger retient de Spinoza est avant tout la notion de syst&#232;me, dont le philosophe hollandais a fourni la forme la plus achev&#233;e de la philosophie moderne ; toutefois, continue Heidegger, le syst&#232;me de Spinoza, en &#233;tant un syst&#232;me &lt;i&gt;&#233;thique&lt;/i&gt;, est &lt;i&gt;r&#233;gressif&lt;/i&gt; par rapport &#224; Descartes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Balibar, op. cit., p. 335.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est-&#224;-dire qu'il n'appartient pas &#224; la grande ligne m&#233;taphysique de saint Thomas, Suarez, Descartes, Leibniz et Kant. De cette mani&#232;re, la philosophie de Spinoza repr&#233;sente, pour Heidegger, un syst&#232;me d&#233;termin&#233; dans le cadre de l'ontologie moderne, qui se situe &#224; c&#244;t&#233; du d&#233;veloppement r&#233;el de l'ontoth&#233;ologie occidentale. Et, de l'avis de E. Balibar, c'est justement cette position de Heidegger vis-&#224;-vis de Spinoza qui nous permet de tirer deux conclusions : &#034;N&#233;gativement : la non-r&#233;f&#233;rence &#224; Spinoza est bel et bien la pierre de touche de sa pr&#233;sentation tendancieuse de l'histoire de la m&#233;taphysique. Positivement : ceci n'est cependant que l'ouverture d'une question, car si Spinoza... est innommable par Heidegger, n'est-ce pas justement parce qu'&#224; sa fa&#231;on il est le &lt;i&gt;seul&lt;/i&gt; &#224; d&#233;signer &lt;i&gt;critiquement&lt;/i&gt; la constitution de la m&#233;taphysique comme une onthoth&#233;ologie, en se proposant de la faire passer de l'&#233;l&#233;ment du finalisme dans celui d'une pens&#233;e radicalement causale ?&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 341. Sur Heidegger et Spinoza, cfr encore Spinoza l Heidegger : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela confirme sans doute encore le double enjeu - anomalie / actualit&#233; - de la philosophie de Spinoza puissance &lt;i&gt;th&#233;orique&lt;/i&gt; qui r&#233;siste au mouvement dialectique de la pens&#233;e moderne et, en m&#234;me temps, &lt;i&gt;pratique&lt;/i&gt; ontologique qui fonde et ouvre un espace totalement nouveau et diff&#233;rent &#224; l'int&#233;rieur de notre &lt;i&gt;exp&#233;rience&lt;/i&gt; m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#034;Apr&#232;s que l'exp&#233;rience m'eut enseign&#233; que tout ce qui arrive fr&#233;quemment dans la vie commune est vain et futile...&#034; ; ainsi commence le &lt;i&gt;Trait&#233; de la R&#233;forme de l'Entendement&lt;/i&gt;, avec le r&#233;cit apparent d'une exp&#233;rience. Mais quel est le sens, ici, du terme &lt;i&gt;exp&#233;rience&lt;/i&gt; ? Est-elle celle du narrateur ? Ou celle commune et partag&#233;e par tous ? Ou encore, celle que nous avons acquise au terme d'un parcours de recherche morale et philosophique ? C'est &#224; partir de ces questions pos&#233;es par le prologue du &lt;i&gt;Trait&#233; de la R&#233;forme&lt;/i&gt; que P.F. Moreau propose une lecture du syst&#232;me spinoziste fond&#233;e justement sur la notion d'exp&#233;rience (P.F. Moreau, &lt;i&gt;Spinoza. L'exp&#233;rience et l'&#233;ternit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1994). L'interpr&#233;tation de Moreau traverse la pens&#233;e de Spinoza dans son ensemble, afin d'en d&#233;gager, dans les diff&#233;rents ouvrages, les concepts se r&#233;f&#233;rant &#224; cette notion de base. Il s'agit tout d'abord de d&#233;finir le &#034; statut du prologue &#034; du &lt;i&gt;TIE&lt;/i&gt;, &#224; travers sa forme et son contenu. &#034; Il faut souligner, &#233;crit Moreau, en premier lieu le &lt;i&gt;ton&lt;/i&gt; particulier du &lt;i&gt;proemium&lt;/i&gt;, &#224; la fois par rapport &#224; l'ouvrage qu'il introduit - le &lt;i&gt;Trait&#233; de la R&#233;forme de l'Entendement&lt;/i&gt; - et par rapport au reste de l'&#339;uvre. Trois traits le caract&#233;risent : &lt;i&gt;simplicit&#233;, tension, singularit&#233;&lt;/i&gt; &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. P.F. Moreau, op. cit., p. 17.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, ce texte est &#233;crit dans un langage courant et familier, assez loin des subtilit&#233;s de l'&lt;i&gt;&#201;thique &lt;/i&gt;ou du &lt;i&gt;TTP &lt;/i&gt; ; mais, en m&#234;me temps, le r&#233;cit est parcouru par une tension profonde, par une sorte de mise en suspens, une attente d'un choix radical et ultime. Et, enfin, nous y retrouvons la pr&#233;sence personnelle du narrateur, qui d&#233;crit une singularit&#233; bien concr&#232;te et r&#233;elle. &#034; Simplicit&#233; et familiarit&#233;, insistance qui va jusqu'&#224; la tension passionn&#233;e, singularit&#233; assum&#233;e du r&#233;cit : autant de traits, donc, qui conf&#232;rent &#224; ces quatre pages une originalit&#233; absolue dans l'&#339;uvre spinozienne&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 25.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Maintenant nous devons affronter l'&#233;tape suivante, c'est-&#224;-dire : quel est le sens de l'exp&#233;rience dont il est ici question ? Le premier objectif &#224; atteindre consiste &#224; &#034; faire appara&#238;tre la structure m&#234;me de l'itin&#233;raire, qui est l'ensemble dans lequel les termes et les arguments prennent leur sens rigoureusement ; c'est donc l'itin&#233;raire qui est comme la trame et la chair de l'exp&#233;rience&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 67.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, cette structure se constitue autour du crit&#232;re de la &lt;i&gt;certitude&lt;/i&gt;, qui conf&#232;re un sens et une consistance &#224; l'exp&#233;rience. C'est la certitude qui d&#233;termine les diverses &#233;tapes de l'itin&#233;raire d&#233;crites dans le &lt;i&gt;proemium&lt;/i&gt; : celle de la &lt;i&gt;communis vita&lt;/i&gt;, celle de l'enseignement de l'exp&#233;rience, celle de l'ind&#233;cision et, enfin, celle de la r&#233;solution dans la recherche du vrai Bien. Au terme de ces quatre &#233;tapes, que Moreau interpr&#232;te en relation &#233;troite avec la notion de certitude chez Descartes, nous pouvons d&#233;terminer le fond sur lequel se d&#233;ploie l'analyse de la certitude : &#034; le fond de la certitude et de son combat renvoie &#224; l'analyse des biens : ce sont eux, plus que le narrateur, qui fournissent l'occasion du changement de statut de la certitude, eux aussi dont la possession, la perte, l'amour constituent les objets de la certitude m&#234;me&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 103.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horizon de la recherche du vrai Bien devient ainsi celui de la vie commune et des biens p&#233;rissables, dans le cadre d'une opposition qui donne un sens et une direction &#224; la d&#233;marche &#233;thique dont il est question dans le &lt;i&gt;TIE&lt;/i&gt;. Mais qu'est-ce que la &#034;vie commune &#034; ? &#034;La vie commune est toujours l&#224;. Elle est incontournable ; elle n'est pas un choix de vie ; il y a peut-&#234;tre une d&#233;cision d'en sortir ; il n'y a pas de d&#233;cision d'y entrer ; elle est l&#224; d&#232;s que nous sommes l&#224; ; elle est la forme spontan&#233;e de notre condition ; il n'y a donc pas &#224; regretter ses limites, si elle en a ; c'est ainsi ... &lt;i&gt;In vita communi&lt;/i&gt; : il faut donc entendre : dans la vie telle qu'elle est donn&#233;e, avant d'avoir r&#233;fl&#233;chi &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., pp. 107-108&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La vie commune n'est donc pas un espace ou un &#034; cadre de vie &#034;, mais elle est plut&#244;t un &#034; champ de forces &#034;, o&#249; agissent et s'engendrent nos diff&#233;rentes activit&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 110.&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et c'est sur ce fond d&#233;termin&#233; par la vie commune que se d&#233;tachent les biens p&#233;rissables, c'est-&#224;-dire les biens que l'exp&#233;rience nous offre directement. Les bien p&#233;rissables sont au nombre de trois : richesses, honneurs, plaisirs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le montre Moreau, Spinoza se r&#233;f&#232;re ici &#224; la culture rh&#233;torique-philosophi&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; or, c'est justement &#224; partir de ces trois biens que nous pouvons entamer la recherche du vrai Bien, selon un itin&#233;raire qui &#034; tient &#224; la positivit&#233; des biens de la vie commune : s'ils comportent une part d'illusion en ce que nous les prenons pour le Souverain Bien, ils comportent aussi une part de positivit&#233; ; c'est cette part de positivit&#233; qui pr&#233;figure le vrai bien, ou plut&#244;t qui en donne l'id&#233;e parce qu'elle est en continuit&#233; avec lui &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 150.&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le vrai bien est donc le &lt;i&gt;r&#233;sultat&lt;/i&gt; de l'itin&#233;raire, lequel se d&#233;veloppe selon un chemin ax&#233; sur la promesse, la menace et la mesure : &#034; telles sont les trois figures possibles de la relation entre le vrai bien et ceux qui apparaissent successivement comme ses ant&#233;c&#233;dents, ses concurrents ou ses instruments &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 161.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au juste, comment se d&#233;finit-il, le vrai bien ? Au terme de l'itin&#233;raire, il se pr&#233;sente sous le terme de &lt;i&gt;remedium&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire que &#034; le vrai bien est ce qui pr&#233;serve notre &#234;tre. Il n'est plus seulement un rem&#232;de &#224; la maladie, ou un rem&#232;de &#224; la crise ; il est un rem&#232;de &lt;i&gt;ad nostrum esse conservandum&lt;/i&gt;. Le vrai bien est ainsi dot&#233; d'un contenu et d'un pouvoir positifs &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 164.&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, au terme de l'itin&#233;raire, nous pouvons nous demander : quel est le contenu de l'exp&#233;rience ? Sous quelle forme se pr&#233;sente-t-elle ? Le &lt;i&gt;TIE&lt;/i&gt; nous livre une conception de l'exp&#233;rience comme recherche d'une &#233;thique radicale - la possession du vrai bien -, mais cette recherche reste fond&#233;e sur une notion &#034;faible &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 222.&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de la singularit&#233; humaine. C'est une exp&#233;rience qui se construit au fur et &#224; mesure &#224; partir des donn&#233;es de la vie commune, sans pouvoir &#224; la fin sortir du cercle renferm&#233; de son propre itin&#233;raire. On comprend d&#232;s lors pourquoi &#034; le &lt;i&gt;TIE&lt;/i&gt; n'ait pas &#233;t&#233; repris. Sans &#234;tre p&#233;rim&#233;, il commen&#231;ait sur des bases d&#233;pass&#233;es &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 222.&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'ouvre ainsi, dans le syst&#232;me de Spinoza, un autre champ d'interrogation, dans lequel l'exp&#233;rience acquiert un tout autre sens : &#034; d&#233;tach&#233;e de l'itin&#233;raire, elle subsiste, mais en quelque sorte lib&#233;r&#233;e : il n'y a plus d'&#233;thique radicale ; il n'y a plus de cercles de l'exp&#233;rience ; mais il y a des champs ouverts, o&#249; elle peut se d&#233;ployer et confirmer, singulariser, doubler un discours rationnel auquel elle n'introduit plus&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 224.&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience dont parle ici P.F.Moreau n'est donc pas l'exp&#233;rience vague, ni l'exp&#233;rimentation scientifique ni l'exp&#233;rience mystique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'analyse de ces trois diff&#233;rents concepts d'exp&#233;rience, cfr pp. 245-293.&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; elle appartient plut&#244;t au domaine des modes finis (comme l'indique la &lt;i&gt;Lettre X&lt;/i&gt; &#224; Simon de Vries), elle est n&#233;cessaire l&#224; o&#249; l'existence est distincte de l'essence. Cela signifie qu'elle rev&#234;t plusieurs fonctions &#034;&lt;i&gt;Elle trie&lt;/i&gt; : elle &#233;monde ce qui dans l'individu est purement individuel. Elle d&#233;gage les &lt;i&gt;notions communes &lt;/i&gt;au sens pr&#233;spinoziste du terme. Elle ne saisit le commun qu'immerg&#233; dans la multiplicit&#233; de la perception. &lt;i&gt;Elle sert de cl&#244;ture et de barrage&lt;/i&gt; : l'exp&#233;rience utilise comme mat&#233;riaux des id&#233;es certes confuses et inad&#233;quates, mais dont la seule existence suffit pour fermer certaines voies &#224; la r&#233;flexion, pour interdire certaines hypoth&#232;ses en rendant visible leur absurdit&#233;. &lt;i&gt;Elle instruit&lt;/i&gt; : ce qui implique qu'elle ne trompe jamais. L'exp&#233;rience est toujours r&#233;elle ; ce qui est faux, c'est l'interpr&#233;tation qu'on en donne &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., pp. 301-302.&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle notion d'exp&#233;rience, nous pouvons l'appliquer &#224; un contexte tr&#232;s large, &#224; diff&#233;rents domaines de la r&#233;flexion, parce que justement elle ne se r&#233;duit pas &#224; un concept abstrait et formel, mais elle se r&#233;alise plut&#244;t dans les champs et les chantiers les plus vari&#233;s de l'existence. Parmi ces diff&#233;rents champs, P.F.Moreau en choisit trois pour analyser le r&#244;le qu'y joue l'exp&#233;rience : le langage, les passions et l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si Spinoza n'a jamais &#233;crit un ouvrage consacr&#233; sp&#233;cialement &#224; la philosophie du langage, il n'en reste pas moins que le th&#232;me du langage est bien pr&#233;sent dans ses oeuvres : il suffit de penser au &lt;i&gt;Compendium Grammatices Hebraeae Linguae&lt;/i&gt; ou &#224; certains chapitres du &lt;i&gt;TTP&lt;/i&gt;. On peut dire que, pour Spinoza, du &lt;i&gt;TIE&lt;/i&gt; jusqu'&#224; l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;, &#034; les mots sont des mouvements corporels. Comme il n'y a pas d'interaction entre l'&#226;me et le corps, ces mouvements n'ont rien &#224; voir avec les id&#233;es, qui, relevant de la pens&#233;e, n'enveloppent aucunement la notion de l'&#233;tendue. Les mots sont des images n&#233;es dans le corps &#224; l'occasion de rencontres dans l'ordre du corps. Le lien fondateur du langage n'est donc ni la constitution d'une similitude r&#233;elle, ni un acte d'institution ; c'est un effet d'association&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 310.&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le langage, et surtout son usage, appartiennent directement &#224; l'usage de la vie, &#224; ses causes et &#224; ses effets ; le langage est une r&#233;alit&#233; qui est toujours - d&#233;j&#224; donn&#233;e, bien avant notre utilisation. Ce qui est important, affirme Moreau, c'est de &#034;saisir l'importance de la dimension collective du langage. Derri&#232;re la langue il y a une communaut&#233;. On voit donc en quoi le langage r&#233;f&#232;re non au g&#233;om&#233;trique mais &#224; l'exp&#233;rientiel. Tenant de partout aux conditions d'existence et non d'essence, il ne peut que s'appuyer sur le r&#244;le constitutif de l'exp&#233;rience. Donc le philosophe devra faire le d&#233;tour par celle-ci pour le comprendre et travailler sur lui pour se faire comprendre. Le syst&#232;me spinoziste use, dans sa constitution m&#234;me, de cette notion v&#233;hicul&#233;e par le savoir rh&#233;torique et l'exp&#233;rience commune &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., pp. 347-348.&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le langage est donc un &#034;fait d'exp&#233;rience &#034;, enracin&#233; dans notre vie commune, dans laquelle il puise les r&#232;gles de sa constitution et les lois de son expression, en tant qu'instruments conceptuels de son usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui concerne les passions et leur rapport avec l'exp&#233;rience, nous avons affaire, en outre, &#224; tous les th&#232;mes li&#233;s &#224; la d&#233;finition de l'individualit&#233;, au droit naturel, aux fondements de l'&#201;tat. Nous savons que Spinoza a consacr&#233; le IIIe et le IVe livre de l'&lt;i&gt;&#201;thique &lt;/i&gt;&#224; l'analyse et &#224; la d&#233;finition des affects, dans le but d'en d&#233;duire une anthropologie g&#233;n&#233;rale ; en cela, il appartient de plein droit au XVIIe si&#232;cle, tout comme Descartes, Hobbes ou Graci&#224;n. Comme le montre Moreau, nous pouvons retrouver, dans l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;, une v&#233;ritable th&#233;orie de l'individualit&#233; en tant qu'&lt;i&gt;ingenium&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire en tant que &#034; n&#339;ud passionnel irr&#233;ductible, dont la g&#233;om&#233;trie d&#233;signe la place sans pouvoir assigner la figure &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 396. Sur la notion d'ingenium, cfr aussi pp.397-404.&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui, par contre, diff&#233;rencie Spinoza de ses contemporains, et de Hobbes en particulier, r&#233;side dans la consid&#233;ration du rapport entre passions et droit naturel ; en effet, &#034; lorsque Spinoza parle de droit naturel, il ne parle pas tout &#224; fait de la m&#234;me chose que Hobbes : il parle en effet &#224; la fois du droit et de la th&#233;orie des passions ; la critique spinoziste adress&#233;e au droit de Hobbes consiste &#224; dire qu'il est trop formel, trop s&#233;par&#233; de la r&#233;alit&#233; naturelle des passions ; il prend cette r&#233;alit&#233; en consid&#233;ration dans l'&#233;tat de nature et l'oublie d&#232;s que le pacte est constitu&#233;, alors que pour Spinoza le pacte ne l'interrompt nullement &lt;i&gt;puisque dans le fond des choses le droit naturel n'est rien d'autre qu'un complexe passionnel&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 411. Sur Hobbes-Spinoza, cfr aussi P. Macherey, Sur les diff&#233;rences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette d&#233;marche interpr&#233;tative permet &#224; Moreau d'analyser le r&#244;le jou&#233; par les passions non seulement dans la d&#233;finition spinozienne du droit naturel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., pp. 412-426.&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi dans la constitution politique de l'&#201;tat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., pp.427-459.&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est justement &#224; l'int&#233;rieur de l'individu-&#201;tat que nous voyons agir le complexe passionnel dans un rapport &#233;troit avec l'exp&#233;rience, parce qu'elle permet de sortir de la g&#233;om&#233;trie du pacte et de commencer &#224; penser les probl&#232;mes que masque celui-ci : l'identit&#233; collective, la menace de dissolution de l'&#201;tat, l'identification des individus : toute une logique de l'adh&#233;sion que - hors du spinozisme - l'&#226;ge classique n'avait gu&#232;re connue&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 465.&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre champ d'exp&#233;rience est celui repr&#233;sent&#233; par l'histoire, dans laquelle nous assistons &#224; l'action de la fortune sur les activit&#233;s des hommes. Or, celle-ci est oppos&#233;e par Spinoza &#224; la vertu, &#224; l'activit&#233; qui d&#233;coule d'une connaissance des rapports n&#233;cessaires au sein de la Nature. Comme dans les cas pr&#233;c&#233;dents, les exp&#233;riences nous permet de saisir une s&#233;rie de lois, de d&#233;finir &#034;une description possible de l'esp&#232;ce humaine et des comportements, qui correspond &#224; des motifs constants &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 485.&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; partir desquels nous pouvons lire et interpr&#233;ter les effets r&#233;els de la fortune dans l'histoire des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage, les passions et l'histoire sont les champs dans lesquels s'exerce l'exp&#233;rience, lorsqu'elle est s&#233;par&#233;e de l'essence. Mais, affirme Moreau, outre les exp&#233;riences comparative et constitutive, celles que nous avons analys&#233;es, il reste encore une troisi&#232;me genre d'exp&#233;rience : l'indicative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette classification de trois genres d'exp&#233;rience est celle donn&#233;e par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est en d&#233;finissant ce type d'exp&#233;rience que P.F. Moreau nous livre une interpr&#233;tation des livres I, II et V de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt; fond&#233;e sur la notion d'&#233;ternit&#233;. En effet, la m&#233;taphysique du livre I et la th&#233;orie de la connaissance du livre II aboutissent, selon Moreau, &#224; d&#233;gager une id&#233;e d'&#233;ternit&#233;, dont &#034; le contenu premier est la puissance d'exister, non pas le simple fait d'exister, mais la pl&#233;nitude affirmative de l'existence. &#202;tre &#233;ternel, c'est tirer imm&#233;diatement son existence de la puissance d'exister du premier principe &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. F. Moreau, op. cit., pp. 509 - 510.&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous avons affaire, en m&#234;me temps, &#224; une &lt;i&gt;connaissance&lt;/i&gt; du n&#233;cessaire et &#224; une &lt;i&gt;exp&#233;rience&lt;/i&gt; de la n&#233;cessit&#233;, qui d&#233;terminent, dans leur diff&#233;rence, le statut de notre finitude. &#034; Le sentiment de la finitude est la condition du sentiment de l'&#233;ternit&#233; et m&#234;me, en un sens, il &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; le sentiment de l'&#233;ternit&#233;. Dans sa limitation m&#234;me, la finitude joue donc un r&#244;le intens&#233;ment positif : elle dessine les lin&#233;aments du n&#233;cessaire et induit &#224; l'assumer comme &#233;ternel. J'&#233;prouve ma finitude, donc mon &#233;ternit&#233; &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., pp. 544 -548.&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le syst&#232;me de Spinoza, l'exp&#233;rience se r&#233;v&#232;le comme &#034; une des formes principales de prise en compte de la r&#233;alit&#233;, en m&#234;me temps qu'une voie d'acc&#232;s essentielle pour comprendre la r&#233;flexion spinoziste sur le langage, les passions et l'histoire. Elle ne se borne plus d&#233;sormais &#224; composer un itin&#233;raire : elle permet bien de d&#233;fricher des territoires entiers du monde humain : sur un mode confirmatif lorsqu'elle enseigne autrement ce que l'ordre g&#233;om&#233;trique a d&#233;montr&#233; ; sur un mode constitutif l&#224; o&#249; le jeu des existences prolonge les lois de la nature dans les r&#233;seaux du singulier &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 552.&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'exp&#233;rience, telle que Moreau la d&#233;finit, se pr&#233;sente comme une sorte de &lt;i&gt;relais&lt;/i&gt;, qui permet d'agencer les diff&#233;rents champs du r&#233;el, pour que rien ne puisse &#233;chapper &#224; l'activit&#233; de la Raison ; &#034; c'est pourquoi on peut affirmer sans paradoxe que c'est parce que le spinozisme fait appel &#224; l'exp&#233;rience qu'il m&#233;rite le nom de rationalisme absolu : elle lui permet en effet de compl&#233;ter le travail de la Raison, afin que soient pris en compte tous les domaines o&#249; se manifeste la rationalit&#233; du r&#233;el - c'est-&#224;-dire pr&#233;cis&#233;ment le r&#233;el dans sa totalit&#233; &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 555.&#034; id=&#034;nh2-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La notion d'&#233;ternit&#233;, en particulier celle du livre V de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;, nous pouvons aussi la concevoir dans son rapport avec le concept de &lt;i&gt;production de lib&#233;ration dans l'histoire&lt;/i&gt; (A. Tosel, &lt;i&gt;Du mat&#233;rialisme. De Spinoza&lt;/i&gt;, Paris, Kim&#233;, 1994). L'amour intellectuel de Dieu, aboutissement de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;, augmente la puissance d'agir de notre corps, c'est-&#224;-dire que &#034; d&#232;s que nous rapportons &#224; Dieu tous les &#233;v&#233;nements qui nous arrivent, la transformation de la passion en action peut se produire et reproduire ; elle peut faire cercle. Chacune de nos affections nous renvoie &#224; un seul et unique &#202;tre r&#233;el qui est l'infinie productivit&#233; de la nature infinie dont nous sommes une partie et une affirmation &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Tosel, op. cit., pag. 44.&#034; id=&#034;nh2-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Notre puissance productive va de pair avec notre connaissance : plus nous connaissons, plus nous agissons. Notre modalit&#233; finie se d&#233;finit alors en termes de puissance productive, d'augmentation de notre &lt;i&gt;conatus&lt;/i&gt;. &#034; La connaissance des choses naturelles par leur cause immanente - qui est connaissance de &#034;Dieu&#034; puisque nous connaissons les effets par leurs causes - r&#233;alise notre puissance d'agir &#224; son niveau qualitatif le plus &#233;lev&#233;. Et cette qualit&#233; est infinitivement extensive et intensive&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 52.&#034; id=&#034;nh2-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est ainsi que notre puissance devient une joie : joie de conna&#238;tre, de produire, de nous actualiser. A. Tosel situe pr&#233;cis&#233;ment &#224; ce stade-l&#224; - celui de la b&#233;atitude -la &#034;politique du troisi&#232;me genre&#034;, celle qui correspond &#224; notre puissance d'agir maximale. &#034; La politique du troisi&#232;me genre a pour horizon le rapport de composition des corps humains hors de relations de domination coercitive impos&#233;es par des int&#233;r&#234;ts dominants encore passionnels. Il faut avoir d&#233;velopp&#233; la possibilit&#233; de cette politique du troisi&#232;me genre pour pouvoir traiter toutes les conjonctures id&#233;ologiques et politiques, pour pouvoir les transformer dans la perspective d'une fin politique de ce qui reste &#233;tatique&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 73.&#034; id=&#034;nh2-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la lecture de A. Tosel, le sujet du troisi&#232;me genre de connaissance (et de politique) est l'humanit&#233; elle-m&#234;me, dans son processus d'appropriation de la nature et de lib&#233;ration de sa propre puissance ; la fin de l'activit&#233; productive du mode fini au sein de la nature reste celle de la formation d'un corps collectif, m&#251; par la joie, dans lequel s'unissent le maximum d'individualisation et le maximum de joie, c'est-&#224;-dire d'&#233;ternit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la cinqui&#232;me partie de l'&#201;thique et la notion d'&#233;ternit&#233;, cfr aussi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre domaine de l'exp&#233;rience dans lequel s'exerce la puissance est repr&#233;sent&#233; par la &lt;i&gt;religion&lt;/i&gt;, v&#233;ritable chantier th&#233;orique &#224; partir duquel Spinoza, dans le &lt;i&gt;TTP&lt;/i&gt;, a mis &#224; l'&#233;preuve la r&#233;sistance de son syst&#232;me (H. Laux, &lt;i&gt;Imagination et Religion chez Spinoza. La potentia dans l'histoire&lt;/i&gt;, Paris, Vrin, 1993). A travers la critique de la proph&#233;tie et du miracle, Spinoza illustre le pouvoir et la fonction de l'imagination dans la constitution de la religion et dans l'interpr&#233;tation de l'&#201;criture. A. Laux analyse d'une mani&#232;re tr&#232;s d&#233;taill&#233;e le r&#244;le jou&#233; par l'imagination dans la d&#233;finition de la figure historique du proph&#232;te. En effet, &#034; la connaissance proph&#233;tique par voie imaginative a pour enjeu la &lt;i&gt;fonction&lt;/i&gt; du proph&#232;te dans le corps social. Le proph&#232;te n'imagine pas n'importe quoi, son imagination est r&#233;gul&#233;e par l'appartenance &#224; une communaut&#233; morale, et s'il peut se tromper, cela ne fait que confirmer la contingence de sa condition ; c'est parce qu'il provient de cette communaut&#233; qu'il trouve le langage de r&#233;duction des affects contraires &#224; l'utilit&#233; commune &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Laux, op. cit., p. 47.&#034; id=&#034;nh2-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#234;me le miracle rev&#234;t une fonction d&#233;cisive &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233;, c'est-&#224;-dire qu'il &#034; doit &#234;tre compris dans un champ socio-&#233;pist&#233;mologique. Ce champ est structur&#233; par une imagination qui se d&#233;ploie dans un triple registre : registre d'une figure sociale d'abord, &lt;i&gt;le vulgaire&lt;/i&gt; - d'un &lt;i&gt;syst&#232;me explicatif&lt;/i&gt; ensuite, d'une modalit&#233; particuli&#232;re d'effectuation enfin, &lt;i&gt;le r&#233;cit&lt;/i&gt;. Dans l'interrelation du vulgaire, de l'explication et du r&#233;cit, se constitue le miracle et s'exacerbe une forme particuli&#232;re du religieux &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 50.&#034; id=&#034;nh2-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. - A la forme religieuse fond&#233;e sur cet usage de l'imagination - qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; la crainte -, H. Laux oppose une forme &#034;lib&#233;r&#233;e&#034;, dans laquelle l'imagination accro&#238;t la puissance constitutive du mode fini. C'est une forme qui s'appuie sur une lecture &#034;fondatrice&#034; de l'&#201;criture, de mani&#232;re &#224; d&#233;gager de celle-ci non pas un syst&#232;me clos, qui engendre l'impuissance, mais au contraire un syst&#232;mepratiquecapablede d&#233;velopper des normes &#233;thico-politiques. Il se d&#233;finit ainsi une communaut&#233; religieuse dans laquelle agissent des lecteurs-citoyens : &#034; si le syst&#232;me de l'imagination int&#233;rieur &#224; la religion peut &#224; ce point pr&#233;cis de son d&#233;veloppement se dire constitutif, c'est parce qu'il diffuse une ob&#233;issance g&#233;n&#233;ratrice de paix : une paix fond&#233;e sur la stabilisation des rapports interindividuels, distincte d'une m&#233;canique de la coercition. En sa dimension politique, la foi v&#233;rifi&#233;e par l'ob&#233;issance fournit au consensus le principe et le moyen d'une puissance accrue &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ib., p. 193.&#034; id=&#034;nh2-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'interpr&#233;tation du &lt;i&gt;TTP &lt;/i&gt;de H. Laux nous permet de saisir le double statut de la religion chez Spinoza : forme de contrainte et de limitation du &lt;i&gt;conatus&lt;/i&gt;, mais aussi principe d'affirmation de la puissance cognitive &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons mesurer la radicalit&#233; de la pens&#233;e de Spinoza non seulement, comme on a vu, dans le domaine de la politique ou de la pratique, mais aussi dans celui de la m&#233;taphysique tout court. C'est ce qui &#233;merge, par exemple, si nous confrontons son syst&#232;me avec celui de Leibniz (R. Bouveresse, &lt;i&gt;Spinoza et Leibniz. L'id&#233;e d'animisme universel&lt;/i&gt;, Paris, Vrin 1992). En effet, Leibniz et Spinoza expriment tous deux une m&#233;taphysique bas&#233;e sur une notion de vie comme source infinie de puissance au sein de la Nature. Toutefois, &#034; Spinoza part de l'id&#233;e de la vie en Dieu, et ne voit dans celle de l'homme ou des autres &#234;tres vivants qu'un cas particulier - mieux : qu'une expression de cette Vie. Leibniz, au contraire, de m&#234;me qu'il arrive au panpsychisme &#224; partir d'une analogie des substance simples avec l'&#226;me humaine, part d'une extension de la notion biologique d'organisation, pour affirmer que tout est organis&#233;. D&#233;marche inverse, on le voit : pour Spinoza production n&#233;cessaire, spontan&#233;e, d&#233;termin&#233;e et sans contrainte tout &#224; la fois - notion m&#233;taphysique - ; pour Leibniz organisation, c'est-&#224;-dire, ordre et artifice, - notion biologique&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Bouveresse, op. cit., p. 131.&#034; id=&#034;nh2-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence entre les deux philosophes r&#233;side pr&#233;cis&#233;ment dans le fait que, pour Spinoza, l'&#234;tre fini se caract&#233;rise, par son &lt;i&gt;conatus&lt;/i&gt;, par un degr&#233; d&#233;fini et sp&#233;cifique de la puissance universelle de la Nature, tandis que, pour Leibniz, c'est la notion de l'&#226;me comme vie qui permet de concevoir la vie de la nature dans son ensemble&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la diff&#233;rence entre Leibniz et Spinoza, cfr encore V. Morfino, Spinoza (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette diff&#233;rence nous permet aussi de fixer un autre point de d&#233;saccord : la doctrine du &lt;i&gt;conatus&lt;/i&gt; conduit Spinoza &#224; formuler une critique radicale de l'id&#233;e de finalit&#233; (le &lt;i&gt;conatus&lt;/i&gt; exprime une partie seulement de la puissance infinie de la Nature, qui ne suit aucune finalit&#233; dans ses productions) ; &lt;i&gt;l'ent&#233;l&#233;chie&lt;/i&gt; de la monade leibnizienne se constitue, par contre, dans son effort constant vers une fin d&#233;j&#224;. d&#233;termin&#233;e : des perceptions toujours plus claires et plus distinctes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Bouveresse, op. cit , pp. 162-174. Cfr aussi les appendices &#224; la fin du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confrontation des syst&#232;mes de Leibniz et de Spinoza nous indique les possibilit&#233;s, diff&#233;rentes et oppos&#233;es, de penser le salut du mode fini dans l'horizon de la science et de la politique modernes : ou foi dans l'ordre raisonnable de l'&#234;tre - th&#233;odic&#233;e de toutes les contradictions -, ou pratique ontologique de lib&#233;ration - puissance n&#233;cessaire de la nature.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Negri, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La r&#233;f&#233;rence est bien &#233;videmment au texte de A. Negri, &lt;i&gt;L'anomalie sauvage. Puissance et pouvoir chez Spinoza&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Negri, &lt;i&gt;Spinoza subversif&lt;/i&gt;, cit., en particulier le chapitre II, pp. 19- 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 22&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 136.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Walter, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 365.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Balibar, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 335.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 341. Sur Heidegger et Spinoza, cfr encore Spinoza l Heidegger : l'enjeu d'une alternative ?, dans Spinoza : puissance et ontologie, sous la direction de M. Revault d'Allones et H. Rizk, Paris, Kim&#233;, 1994, avec des contributions de H. Rizk, J.A. Barash et J.M. Vaysse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. P.F. Moreau, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 103.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., pp. 107-108&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme le montre Moreau, Spinoza se r&#233;f&#232;re ici &#224; la culture rh&#233;torique-philosophique classique et moderne, en particulier &#224; Aristote, S&#233;n&#232;que et Descartes. Cfr pp. 127-137.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 150.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 161.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 222.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., p. 222.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., p. 224.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour l'analyse de ces trois diff&#233;rents concepts d'exp&#233;rience, cfr pp. 245-293.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, pp. 301-302.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., p. 310.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, pp. 347-348.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 396. Sur la notion d'&lt;i&gt;ingenium&lt;/i&gt;, cfr aussi pp.397-404.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 411. Sur Hobbes-Spinoza, cfr aussi P. Macherey, &lt;i&gt;Sur les diff&#233;rences entre les philosophies de Hobbes et de Spinoza&lt;/i&gt;, dans P. Macherey, &lt;i&gt;Avec Spinoza&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., pp. 412-426.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, pp.427-459.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., p. 465.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib.&lt;/i&gt;, p. 485.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette classification de trois genres d'exp&#233;rience est celle donn&#233;e par Spinoza dans la lettre &#224; Simon de Vries ( &lt;i&gt;Ep. X&lt;/i&gt; ).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. F. Moreau, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., pp. 509 - 510.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., pp. 544 -548.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., p. 552.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., p. 555.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Tosel, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., pag. 44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., p. 52.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., p. 73.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la cinqui&#232;me partie de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt; et la notion d'&#233;ternit&#233;, cfr aussi &lt;i&gt;Revue Philosophique de la France et de l'&#233;tranger&lt;/i&gt;, n&#176;1, janvier-mars 1994, Paris, PUF Il s'agit d'un num&#233;ro enti&#232;rement consacr&#233; &#224; Spinoza.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Laux, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ib&lt;/i&gt;., p. 193.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Bouveresse, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 131.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la diff&#233;rence entre Leibniz et Spinoza, cfr encore V. Morfino, &lt;i&gt;Spinoza contra Leibniz. Documenti di uno scontro intellettuale ( 1676 - 1678 )&lt;/i&gt;, Milan, Unicopli, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Bouveresse, &lt;i&gt;op. cit &lt;/i&gt;, pp. 162-174. Cfr aussi les appendices &#224; la fin du texte, contenant les &lt;i&gt;Notes &#224; l'&lt;/i&gt;&#201;thique &lt;i&gt;de Leibniz&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;in &lt;i&gt;Futur Ant&#233;rieur&lt;/i&gt; 23-24 : 1994/3-4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOURCE : &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/spip.php?page=site&amp;id_syndic=101'&gt;site 101&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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