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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>&#034;Introduction au Trait&#233; th&#233;ologico-politique de Spinoza&#034;, par F. Akkerman, J. Lagr&#233;e et P.-F. Moreau</title>
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		<dc:date>2004-12-30T22:50:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Akkerman, Fokke, Lagr&#233;e, Jacqueline, Moreau, Pierre-Fran&#231;ois</dc:creator>



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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Theologie-" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie&lt;/a&gt;


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		<title>&#034;Spinoza et l'ath&#233;isme&#034;, par Antonio Crivotti</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Spinoza-et-l-atheisme-par-Antonio-Crivotti</link>
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		<dc:date>2004-06-14T10:04:21Z</dc:date>
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		<dc:creator>Crivotti, Antonio</dc:creator>



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&lt;p&gt;I &lt;br class='autobr' /&gt; Se mettre &#224; l'abri du soup&#231;on d'ath&#233;isme &#233;tait, &#224; l'&#233;poque de Spinoza, une exigence premi&#232;re pour quiconque voulait tenter de transmettre sa propre pens&#233;e. M&#234;me dans cette Hollande o&#249; avaient trouv&#233; refuge et une relative libert&#233; de culte tant de r&#233;fugi&#233;s d'origines et de religions diverses, et, en particulier, ce groupe des Juifs provenant du Portugal qui constituait &#224; Amsterdam la communaut&#233; dans l'environnement de laquelle Spinoza &#233;tait n&#233; et s'&#233;tait form&#233;, l'accusation d'ath&#233;isme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se mettre &#224; l'abri du soup&#231;on d'ath&#233;isme &#233;tait, &#224; l'&#233;poque de Spinoza, une exigence premi&#232;re pour quiconque voulait tenter de transmettre sa propre pens&#233;e. M&#234;me dans cette Hollande o&#249; avaient trouv&#233; refuge et une relative libert&#233; de culte tant de r&#233;fugi&#233;s d'origines et de religions diverses, et, en particulier, ce groupe des Juifs provenant du Portugal qui constituait &#224; Amsterdam la communaut&#233; dans l'environnement de laquelle Spinoza &#233;tait n&#233; et s'&#233;tait form&#233;, l'accusation d'ath&#233;isme &#233;tait dangereuse et infamante. Dangereuse parce que m&#234;me si la Hollande faisait partie d'une des nations les plus tol&#233;rantes de l'&#233;poque, la f&#233;d&#233;ration des provinces, constitu&#233;e en 1579 au trait&#233; d'Utrecht, dont l'article 13 garantissait que &#171; tout individu doit &#234;tre libre dans sa propre religion, et personne ne doit &#234;tre molest&#233; ou inqui&#233;t&#233; pour des questions de culte &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Steven Nadler : Spinoza, Bayard &#233;ditions/Centurion, 2003&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette libert&#233; de principe &#233;tait de fait sujette &#224; restrictions. En particulier quand en 1619, la cit&#233; d'Amsterdam finalement reconnut officiellement aux Juifs le droit de pratiquer leur religion, elle leur imposa de maintenir une stricte observance de leur orthodoxie, d'adh&#233;rer scrupuleusement &#224; la loi mosa&#239;que et de ne pas tol&#233;rer de d&#233;viations de la foi en un &#171; Dieu cr&#233;ateur tout puissant &#187;, ni de doutes quant &#224; l'affirmation &#171; que Mo&#239;se et les proph&#232;tes r&#233;v&#233;l&#232;rent la v&#233;rit&#233; sous inspiration divine et qu'il y a une autre vie apr&#232;s la mort dans laquelle les bons recevront une r&#233;compenses et les mauvais un ch&#226;timent. &#187; &#201;taient donc tol&#233;r&#233;es des religions diff&#233;rentes parmi lesquelles pr&#233;dominait le calvinisme, mais chacune &lt;i&gt;dans sa propre orthodoxie&lt;/i&gt; qui devait affirmer et d&#233;fendre les croyances communes au christianisme et au juda&#239;sme . On n'&#233;chappait pas aux sanctions et aux condamnations, par exemple un autre Juif d'origine portugaise, Uriel da Costa, arr&#234;t&#233; par les autorit&#233;s d'Amsterdam et condamn&#233; &#224; une amende pour un de ses livres consid&#233;r&#233; comme un affront au christianisme et au juda&#239;sme, excommuni&#233; de la communaut&#233; juive locale, se suicida en 1640, alors que Spinoza &#233;tait &#226;g&#233; de huit ans, &#224; la suite d'indicibles humiliations inflig&#233;es par cette m&#234;me communaut&#233; pour lui conc&#233;der la r&#233;admission qu'il avait demand&#233;e. Spinoza, lui non plus, ne s'y est pas soustrait, qui en 1656 dut s'&#233;loigner d'Amsterdam apr&#232;s avoir subi &#224; son tour l'expulsion de cette m&#234;me communaut&#233; juive, dans laquelle, jusqu'&#224; ce moment, il avait grandi et joui de l'admiration et du respect pour son &#233;rudition pr&#233;coce et son exceptionnelle intelligence. L'acte d'excommunication (&lt;i&gt;kherem&lt;/i&gt;) qui en dit long sur l'espace laiss&#233; &#224; la dissension dans les communaut&#233;s religieuses de toutes confessions, l'accuse par-dessus tout d'avoir enseign&#233; &#171; d'abominables h&#233;r&#233;sies &#187;. Pour en r&#233;v&#233;ler le ton, cet extrait des mal&#233;dictions qui suivent la motivation suffit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que [Baruch de Espinoza ] ...soit maudit de jour et maudit de nuit ; maudit soit-il quand il est alit&#233; et malade, et maudit soit-il quand il se l&#232;ve. Maudit soit-il quand il sort et maudit soit-il quand il rentre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisse le Seigneur ne pas lui pardonner et l'accueillir jamais. Puissent la col&#232;re et la r&#233;probation du Seigneur br&#251;ler dor&#233;navant contre cet homme, le charger de toutes les mal&#233;dictions &#233;crites dans le livre des lois, et radier son nom sous tous les cieux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le document se conclut avec l'avis que &#8216;personne ne doit communiquer avec lui (qui, &#224; la diff&#233;rence de Da Costa, ne demanda jamais sa r&#233;admission dans la communaut&#233;) ni par &#233;crit, ni en lui accordant des faveurs, ni en lisant quelque trait&#233; compos&#233; par lui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il n'y a pas de b&#251;cher comme pour Giordano Bruno &#224; l'or&#233;e du si&#232;cle, un b&#251;cher encore longtemps en vogue dans les &#201;tats soumis &#224; l'Inquisition : mais, la derni&#232;re interdiction sp&#233;cialement, celle de &lt;i&gt;lire tout trait&#233; qu'il a &#233;crit&lt;/i&gt;, ne pouvait que sonner comme une menace terrible pour un homme de pens&#233;e non dispos&#233; &#224; renoncer &#224; la diffusion de ses id&#233;es, qui en serait rest&#233; &#233;touff&#233;, si les autorit&#233;s civiles s'&#233;taient charg&#233;es de l'application rigide de cette interdiction. Cela suffit &#224; expliquer la prudence de Spinoza qui, &#224; la seule exception de ses le&#231;ons sur les &lt;i&gt;Principes de la philosophie de Descartes&lt;/i&gt;, n'a rien publi&#233; de son vivant sous son v&#233;ritable nom et a pr&#233;f&#233;r&#233; confier &#224; un ami la publication posthume de la partie la plus importante de son &#339;uvre. Une autre prudence, non moins importante, &#233;tant donn&#233; que la paternit&#233; de ses &#339;uvres anonymes ou circulant sous un autre nom pouvait &#234;tre identifi&#233;e (comme cela est arriv&#233; en fait), &#233;tait de ne pas se rendre imputable au moins de la plus grave h&#233;r&#233;sie pour toutes les religions, l'&lt;i&gt;ath&#233;isme&lt;/i&gt; justement, que m&#234;me la &#171; tol&#233;rante &#187; Hollande n'aurait pu tol&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien infamante &#233;tait la qualification d'&#171; ath&#233;e &#187; en ces temps, et encore au si&#232;cle suivant des Lumi&#232;res (et peut-&#234;tre encore aujourd'hui dans certains milieux), cela est efficacement illustr&#233;, quel que soit le niveau d'ironie qu'on veuille lui attribuer, par les phrases suivantes de la conclusion des articles &#171; ath&#233;e, ath&#233;isme &#187; du &lt;i&gt;Dictionnaire philosophique &lt;/i&gt;de Voltaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelle conclusion tirerons-nous de ceci ? Que l'ath&#233;isme est un monstre tr&#232;s pernicieux dans ceux qui gouvernent ; qu'il l'est aussi dans les gens de cabinet, quoique leur vie soit innocente, parce que de leur cabinet ils peuvent percer jusqu'&#224; ceux qui sont en place ; que, s'il n'est pas si funeste que le fanatisme, il est presque toujours fatal &#224; la vertu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute avec la rabelaisienne exag&#233;ration &#171; un monstre &#187;, le tr&#232;s sceptique Voltaire se moque des bien-pensants, en nous transmettant un reflet significatif de leurs dispositions &#224; l'&#233;gard de l'ath&#233;isme. L'explication suivante demi-s&#233;rieuse est encore plus significative : y transpara&#238;t une aversion &#224; l'&#233;gard de l'ath&#233;isme non pas tant d'ordre m&#233;taphysique que d'ordre moral, pour les pr&#233;sum&#233;es implications du manque, dans l'ath&#233;isme, de la crainte d'une r&#233;compense ou d'un ch&#226;timent. Le Dieu que l'irr&#233;v&#233;rent Voltaire serait dispos&#233;, si n&#233;cessaire, &#224; inventer est purement instrumental : un instrument dans les mains des hommes cultiv&#233;s (lesquels, &#224; ce que l'on semble comprendre, pourraient, pour eux-m&#234;mes, s'en passer) &#224; utiliser pour tenir sous contr&#244;le les hommes de pouvoir et les gens du commun, consid&#233;r&#233;s comme incapables de rester vertueux en l'absence d'une &#171; crainte de Dieu &#187; ad&#233;quate. Ainsi, on remarque une acception du qualificatif &#171; ath&#233;e &#187; impliquant dans la perception commune (et peut-&#234;tre un peu aussi dans celle m&#234;me de Voltaire) : &#171; &#233;go&#239;ste &#187;, &#171; dissolu &#187; ; &#171; subversif &#187;, en somme absolument ou potentiellement &#171; immoral &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Spinoza, qui n'&#233;tait certainement pas ath&#233;e dans cette acception impropre, mais l'&#233;tait substantiellement dans le sens litt&#233;ral et plus courant du terme, il fallait se mettre &#224; l'abri de ce qualificatif et, pour sa part, il y parvint sans amoindrir, &lt;i&gt;formellement&lt;/i&gt;, la coh&#233;rence logique de son syst&#232;me de pens&#233;e (m&#234;me si son ath&#233;isme substantiel ne pouvait pas &#233;chapper, ni aux rabbins qui d&#233;cr&#233;t&#232;rent son excommunication, ni &#224; la majeure partie de ses commentateurs, hostiles ou non, en son temps et aux &#233;poques suivantes.)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle meilleure mani&#232;re de se mettre &#224; l'abri de la suspicion d'ath&#233;isme que d'ouvrir le discours avec une d&#233;monstration &lt;i&gt;more geometrico&lt;/i&gt; de l'existence de Dieu ? Dans une &#339;uvre de jeunesse, &lt;i&gt;Korte Verhanderling van God, de Mens en de zelfs Welstand &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Court trait&#233; de Dieu, de l'homme et sa b&#233;atitude&lt;/i&gt;), qui est une s&#233;rie de notes recueillies par des &#233;l&#232;ves, la premi&#232;re partie, &#171; De Dieu &#187;, commence par un chapitre intitul&#233; &#171; Sur le fait que Dieu existe &#187;. Et voici les premiers mots du texte : &#171; Commen&#231;ons par le premier point : y a-t-il un Dieu ? Nous affirmons pouvoir le d&#233;montrer. &#187; Suit une d&#233;monstration &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; en cinq lignes, une seconde d&#233;monstration en trois lignes, une d&#233;monstration &lt;i&gt;a posteriori&#184;&lt;/i&gt; etc. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la grande &#339;uvre de la maturit&#233;, l'&lt;i&gt;Ethica ordine geometrico demonstrata&lt;/i&gt; (&#201;thique d&#233;montr&#233;e selon l'ordre g&#233;om&#233;trique), incomparablement plus organis&#233;e que le&lt;i&gt; Court Trait&#233;&lt;/i&gt; commence par une partie consacr&#233;e &#224; la d&#233;finition de Dieu et &#224; la d&#233;monstration de son existence. Il est difficile de ne pas croire que ces deux ouvertures ne soient pas entendues, un peu trop bri&#232;vement dans le premier cas, comme visant &#224; confondre m&#234;me les plus suspicieux des inquisiteurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais est-il possible r&#233;ellement de &lt;i&gt;d&#233;montrer&lt;/i&gt; l'existence de Dieu, de fa&#231;on coh&#233;rente et sans ironie, pour un philosophe honn&#234;te et qui ne croit pas en Dieu ? Spinoza y r&#233;ussit, comme lui seul pouvait le faire, avec une strat&#233;gie consistante, dont le premier pas est de &lt;i&gt;d&#233;finir&lt;/i&gt; Dieu d'une mani&#232;re telle que son existence en r&#233;sulte incontestable logiquement. Ensuite, il s'arr&#234;te sur les propri&#233;t&#233;s que son Dieu poss&#232;de en cons&#233;quence de la d&#233;finition, renvoyant &#224; plus tard l'indication des propri&#233;t&#233;s que son Dieu n'a pas (et ce n'est qu'&#224; ce point qu'appara&#238;t l'ath&#233;isme substantiel de Spinoza, et l'incompatibilit&#233; de ses vues avec celles des religions institutionnalis&#233;es).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre VII du &lt;i&gt;Court Trait&#233;&lt;/i&gt; est intitul&#233; &#171; Des attributs qui n'appartiennent pas &#224; Dieu &#187;, et ceux-ci comprennent le fait d'&#234;tre &#171; omniscient, mis&#233;ricordieux, sage, etc. &#187; et le fait d'&#234;tre &#171; le bien supr&#234;me &#187;. En particulier, Spinoza nie ce dernier attribut parce qu'il pr&#233;supposerait que &#171; l'homme lui -m&#234;me et non Dieu est cause de ses p&#233;ch&#233;s et de son mal, ce qui, d'apr&#232;s ce que nous avons d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233;, ne peut pas &#234;tre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Court Trait&#233;, &#338;uvres I, &#233;dition GF-Flammarion, traduction Ch. Appuhn, page 78&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier pas de la strat&#233;gie spinoziste est coh&#233;rent avec les vues &#233;pist&#233;mologiques expos&#233;es dans le &lt;i&gt;Tractatus de Intellectus Emendatione&lt;/i&gt; (Trait&#233; du perfectionnement de l'intellect&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fran&#231;ais : Trait&#233; de la r&#233;forme de l'entendement (trad. Appuhn) ou Trait&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'appelle impossible une chose dont la nature implique qu'il y a une contradiction &#224; en poser l'existence ; n&#233;cessaire une chose dont la nature implique qu'il y a une contradiction &#224; n'en pas poser l'existence ; possible une chose dont l'existence, par sa nature m&#234;me, n'implique pas qu'il y ait &#224; en poser l'existence ou la non-existence, la n&#233;cessit&#233; ou l'impossibilit&#233; de l'existence de cette chose d&#233;pendant de causes qui nous sont inconnues de tout le temps que nous forgeons l'id&#233;e qu'elle existe. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Trait&#233; de la r&#233;forme de l'entendement, &#167;34, traduction Appuhn. Le texte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce passage d'avant-garde, ad&#233;quatement traduit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour cette traduction, je propose la correspondance suivante : Impossible &#8594; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] dans le langage d'aujourd'hui n'est pas autre chose que l'affirmation, logiquement irr&#233;prochable, que dans un syst&#232;me axiomatique on peut distinguer trois types de propositions : celles qui sont vraies et d&#233;montrables (c'est-&#224;-dire d&#233;ductibles des axiomes et des d&#233;finitions au moyen des r&#232;gles d'inf&#233;rence), les fausses dont la fausset&#233; est d&#233;montrable (c'est-&#224;-dire celles dont la n&#233;gation est d&#233;ductible des axiomes) et celles dont la v&#233;rit&#233; ou la fausset&#233; &lt;i&gt;n'est pas d&#233;cidable&lt;/i&gt; sans l'apport d'&#233;l&#233;ments &#233;trangers au syst&#232;me d'axiomes qu'on utilise. Les propositions d&#233;montrables sont des tautologies et ne peuvent ajouter aucune connaissance que celle qui &#233;tait implicitement contenue dans les axiomes et les d&#233;finitions de leurs termes. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Spinoza &#233;pist&#233;mologue sait donc tr&#232;s bien que la v&#233;rit&#233; de la proposition &#171; Dieu existe &#187; d&#233;montr&#233;e &#224; partir des axiomes et d'une d&#233;finition du terme &#171; Dieu &#187;, choisis &#171; ad hoc &#187; pour que la proposition soit d&#233;montrable, n'ajoute rien sur le plan de la connaissance au contenu donn&#233; &lt;i&gt;par d&#233;finition&lt;/i&gt; (c'est-&#224;-dire conventionnellement) au mot &#171; Dieu &#187;. Et &lt;i&gt;grosso modo&lt;/i&gt;, comme je chercherai &#224; le montrer dans la deuxi&#232;me partie, Spinoza d&#233;finit Dieu comme l'ensemble des choses qui existent, de telle sorte qu'il suffit d'imposer que le concept d'existence satisfait l'axiome tr&#232;s naturel affirmant que &#171; que tout ensemble dont les &#233;l&#233;ments sont des choses existantes existe &#187; pour pouvoir conclure que Dieu existe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, &#224; sa mani&#232;re, anticipant Voltaire, Spinoza aussi s'est &#171; invent&#233; &#187; son Dieu, mais tr&#232;s diff&#233;rent du Dieu dispensateur de r&#233;compenses et de ch&#226;timents dont Voltaire avertissait de l'utilit&#233; pour contr&#244;ler les impulsions vicieuses des hommes, et pour des motifs bien diff&#233;rents. Tr&#232;s diff&#233;rent aussi du Dieu et des dieux desquels, en tous temps, sorciers, oracles, rabbins, pr&#234;tres, pasteurs, imams et ayatollahs ont tir&#233; leur autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Spinoza non seulement &#233;tait ath&#233;e, mais enseignait l'ath&#233;isme &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voltaire, Dictionnaire philosophique.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette opinion de Voltaire est partag&#233;e par de nombreux commentateurs. Et pourtant le mot &#171; Dieu &#187; parcourt l'&#339;uvre du philosophe toute enti&#232;re et l'existence de l'entit&#233; d&#233;not&#233;e par ce terme est continuellement r&#233;affirm&#233;e. La cl&#233; de la solution de ce paradoxe ne peut se trouver que dans la signification que Spinoza attribue au mot &#171; Dieu &#187;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attentif &#224; d&#233;finir ses termes, comme il est oblig&#233; dans un discours conduit &lt;i&gt;more geometrico&lt;/i&gt;, Spinoza montre qu'il attribue aux d&#233;finitions en g&#233;n&#233;ral une valeur purement conventionnelle, comme on en use en logique et en math&#233;matique, et il l'affirme sans &#233;quivoque dans la phrase qui suit la d&#233;finition des mots &#171; possible &#187; et &#171; contingent &#187; dans les &lt;i&gt;Pens&#233;es m&#233;taphysiques&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'un appendice aux Principes de la philosophie de Descartes.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et si on veut appeler &lt;i&gt;contingent&lt;/i&gt; ce que j'appelle possible et, au contraire, &lt;i&gt;possible&lt;/i&gt; ce que j'appelle &lt;i&gt;contingent&lt;/i&gt;, je ne m'y opposerai pas, n'ayant pas l'habitude de discuter des mots. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition spinoziste de &#171; Dieu &#187; sonne plut&#244;t difficilement &#224; une oreille moderne : &#171; Par Dieu, j'entends un &#234;tre absolument infini, c'est-&#224;-dire une substance consistant en une infinit&#233; d'attributs, dont chacun exprime une essence &#233;ternelle et infinie. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;finition peut &#234;tre rendue &lt;i&gt;formellement&lt;/i&gt; intelligible &#224; travers une analyse purement syntaxique, c'est-&#224;-dire un examen des termes essentiels de la d&#233;finition qui la composent, bas&#233; sur les d&#233;finitions que Spinoza lui-m&#234;me nous fournit de ces termes, accompagn&#233; d'un examen analogue des d&#233;finitions des termes d&#233;finitoires, et ainsi de suite jusqu'&#224; remonter &#224; ceux que Spinoza, s'il avait &#233;crit trois si&#232;cles plus tard, n'aurait pas h&#233;sit&#233; &#224; reconna&#238;tre comme des &#171; termes primitifs &#187; (c'est-&#224;-dire non d&#233;finis) de son discours.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse suffirait pour se convaincre que &lt;i&gt;quelle que soit la signification qu'on veut attribuer &#224; la propri&#233;t&#233; d&#233;nomm&#233;e &#171; existence &#187;&lt;/i&gt;, l'entit&#233; d&#233;nomm&#233;e &#171; Dieu &#187; ainsi d&#233;finie a cette propri&#233;t&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En d'autres termes, dans la conception spinoziste, l'existence de Dieu est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse est facilit&#233;e par un minimum de formalisation aujourd'hui possible gr&#226;ce &#224; l'existence d'un langage et de concepts qui n'existaient pas au temps de Spinoza ou n'&#233;taient pas suffisamment d&#233;velopp&#233;s.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit essentiellement du langage de la th&#233;orie des ensembles, qui dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Nous en ferons usage sans aucune pr&#233;tention de rigueur, avec seulement le propos de clarifier les &#233;l&#233;ments du discours spinoziste qui ici nous int&#233;ressent, avec la pleine conscience du caract&#232;re arbitraire qu'une telle proposition d'interpr&#233;tation comporte.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition de &#171; Dieu &#187; rapport&#233;e ci-dessus, que, par bri&#233;vet&#233;, nous appelerons &#171; d&#233;finition D &#187;, est constitu&#233;e en r&#233;alit&#233; de deux d&#233;finitions que l'auteur nous propose comme &#233;quivalentes :&lt;br /&gt;
une premi&#232;re d&#233;finition br&#232;ve (que nous indiquerons par Db) : &#171; &lt;strong&gt;&#234;tre absolument infini&lt;/strong&gt; &#187;, et une seconde plus longue (que nous indiquerons par Dl) : &#171; substance consistant en une infinit&#233; d'attributs, dont chacun exprime une essence &#233;ternelle et infinie &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par l'analyse de la seconde. En pr&#233;liminaire, Spinoza avait d&#233;fini le terme &#171; substance &#187; comme &#171; ce qui est en soi et se con&#231;oit par soi, c'est-&#224;-dire ce dont le concept n'a pas besoin d'une autre chose pour &#234;tre form&#233;. &#187; Plus que d'une d&#233;finition, il s'agit, et on ne pourrait pas l'exprimer mieux, de l'affirmation que &#171; substance &#187; est un concept primitif, et puisque du contexte de la d&#233;finition D on comprend qu'on peut consid&#233;rer diverses substances, nous pouvons convenir d'user du symbole &lt;i&gt;S&lt;/i&gt; pour d&#233;noter une substance g&#233;n&#233;rique et des symboles &lt;i&gt;S',S'', S'''&lt;/i&gt;, etc., pour lister des substances diff&#233;rentes, et le symbole &lt;strong&gt; &lt;i&gt;S &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;pour indiquer l'ensemble de toutes les substances.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imm&#233;diatement apr&#232;s la substance, Spinoza d&#233;finit l'&#171; attribut &#187; comme &#171; ce que l'intellect per&#231;oit de la substance comme constituant son essence &#187;. Le terme &#171; essence &#187; n'est pas explicitement d&#233;fini, mais, compte tenu de l'usage qui en est fait dans d'autres parties du texte, le discours se peut formaliser en consid&#233;rer un second ensemble &lt;strong&gt; &lt;i&gt;A&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; dont les &#233;l&#233;ments sont des entit&#233;s primitives d&#233;nomm&#233;es &#171; attributs &#187;, repr&#233;sent&#233;es par les symboles &lt;i&gt;a,b,c &lt;/i&gt;etc.. &#192; toute substance &lt;i&gt;S&lt;/i&gt; on doit penser &#224; associer un sous-ensemble de &lt;strong&gt; &lt;i&gt;A&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; dont les &#233;l&#233;ments sont dits &#171; attributs de &lt;i&gt;S&lt;/i&gt; &#187;, et ce sous-ensemble d&#233;finit (provisoirement) &#171; l'essence &#187; de la substance &lt;i&gt;S&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour poursuivre l'analyse de la d&#233;finition Dl, on doit comprendre ce que Spinoza entend par &#171; infini &#187;. Il se d&#233;duit de la d&#233;finition pr&#233;liminaire de &#171; fini en son genre &#187; : &#171; on dit finie en son genre, une chose qui peut &#234;tre limit&#233;e par une autre de m&#234;me nature. Par exemple, un corps est dit fini parce que nous en concevons toujours un autre plus grand... &#187; Il est clair que, dans notre langage, si la &#171; chose &#187; est un ensemble dont les &#233;l&#233;ments jouissent de certaines propri&#233;t&#233;s qui en d&#233;terminent la &#171; nature &#187;, pour Spinoza (mais non dans le sens moderne), l'ensemble &lt;i&gt;est fini&lt;/i&gt; s'il est partie propre d'un ensemble de m&#234;me nature&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est-&#224;-dire s'il en est un sous-ensemble distinct de l'ensemble lui-m&#234;me.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par conversion, au sens spinoziste, l'ensemble se devrait entendre &lt;i&gt;infini&lt;/i&gt; s'il est &#171; maximal &#187; relativement aux propri&#233;t&#233;s qui en d&#233;finissent la nature, c'est-&#224;-dire s'il n'est partie propre d'aucun ensemble de la m&#234;me nature.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition Dl consid&#232;re une &#171; infinit&#233; d'attributs &#187;, associ&#233;s &#224; la substance qu'on veut d&#233;finir (&#171; Dieu &#187;), chacun desquels exprime une &#171; essence &#233;ternelle et infinie &#187;. Ici par &#171; attribut &#187;, il nous semble qu'on ne peut pas entendre autre chose que &#171; l'ensemble des attributs qui caract&#233;risent une substance &#187;, et la phrase Dl pr&#233;suppose que l'ensemble des attributs qui caract&#233;risent une substance peut inclure des ensembles des attributs caract&#233;ristiques (essence) d'autres substances. &#192; ce point, se pr&#233;sentent deux probl&#232;mes interpr&#233;tatifs qui rel&#232;vent de la structure pour notre proposition de formalisation :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on caract&#233;riser une substance &#224; travers un choix compl&#232;tement arbitraire de ses attributs ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quel sens une nouvelle substance peut-elle &#234;tre d&#233;termin&#233;e &#224; partir d'une autre substance pr&#233;liminairement assign&#233;e, comme le requiert la d&#233;finition Dl ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la premi&#232;re question, r&#233;pond n&#233;gativement une importante r&#233;serve contenue dans l'explication qui suit imm&#233;diatement la d&#233;finition D dans le texte de Spinioza. L'explication concerne l'expression &#171; absolument infini &#187;, c'est-&#224;-dire la d&#233;finition br&#232;ve Db et contient la phrase :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; mais pour ce qui est absolument infini, tout ce qui exprime une essence et n'enveloppe aucune n&#233;gation appartient &#224; son essence. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, il est clair, pour que la phrase ait du sens, que &#171; ce qui exprime une essence &#187; doit pouvoir en un sens &#171; appartenir &#187; &#224; l'essence d'une autre chose, ce qui nous ram&#232;ne &#224; la question 2). Mais la r&#233;ponse n&#233;gative &#224; la question 1) est implicite dans la condition &#171; et n'enveloppe aucune n&#233;gation &#187;, qui d&#233;note des pr&#233;suppositions de &lt;i&gt;compatibilit&#233;&lt;/i&gt; &#224; respecter dans l'association de ses attributs &#224; une substance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pouvoir introduire des axiomes qui incluent des conditions ad&#233;quates de compatibilit&#233; et pour r&#233;pondre de mani&#232;re pr&#233;cise &#224; la question 2), il convient de raffiner un peu notre sch&#233;ma en consid&#233;rant tout substance &lt;i&gt;S&lt;/i&gt; comme un ensemble, associant &#224; chaque &#233;l&#233;ment &lt;i&gt;s&lt;/i&gt; de cet ensemble un sous-ensemble de &lt;strong&gt; &lt;i&gt;A&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, et en red&#233;finissant l'&lt;i&gt;essence&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;S &lt;/i&gt;comme l'ensemble &lt;i&gt;(&lt;i&gt;s,a&lt;/i&gt;)&lt;/i&gt; de tous les couples (&lt;i&gt;s,a&lt;/i&gt;) obtenus par la variation de &lt;i&gt;s&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;S &lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; dans l'ensemble des attributs de &lt;i&gt;s&lt;/i&gt;. En termes plus discursifs, les attributs ne sont plus attribu&#233;s &#224; la substance &lt;i&gt;S&lt;/i&gt; mais aux &#233;l&#233;ments de &lt;i&gt;S&lt;/i&gt;, et l'essence de &lt;i&gt;S&lt;/i&gt; est constitu&#233;e par la totalit&#233; des attributs de ses &#233;l&#233;ments en m&#234;me temps que la sp&#233;cification des &#233;l&#233;ments qui les poss&#232;dent. La &#171; nature &#187; d'une substance est constitu&#233;e des attributs communs &#224; tous ses &#233;l&#233;ments.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unique type de condition de compatibilit&#233; qui int&#233;resse notre propos s'impose en adoptant l'axiome suivant : sont donn&#233;s en &lt;strong&gt; &lt;i&gt;A&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; deux attributs indiqu&#233;s par les symboles &lt;i&gt;e&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;e'&lt;/i&gt;, respectivement &#171; existence &#187; et &#171; non existence &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de termes purement conventionnels auxquels, pour l'instant, on (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tels que si &lt;i&gt;e &lt;/i&gt;est attribu&#233; &#224; un &#233;l&#233;ment d'une substance &lt;i&gt;S&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;e'&lt;/i&gt; n'est pas attribu&#233; au m&#234;me &#233;l&#233;ment et vice-versa. De mani&#232;re &#233;quivalente, quel que soit l'&#233;l&#233;ment &lt;i&gt;s&lt;/i&gt; d'une substance &lt;i&gt;S&lt;/i&gt;, les coupes (&lt;i&gt;s,e&lt;/i&gt;) et (&lt;i&gt;s,e'&lt;/i&gt;) ne peuvent pas ensemble appartenir &#224; l'essence de &lt;i&gt;S&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sch&#233;ma, il est facile de donner une r&#233;ponse &#224; la question 2). Une substance &lt;i&gt;S&lt;/i&gt; se dira la composition de deux substances ou plus &lt;i&gt;S, S', S''&lt;/i&gt; ... si son essence est l'union des essences de ces substances&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avons d&#233;fini les essences comme des ensembles et ici &#171; union &#187; est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et la possibilit&#233; de construire une nouvelle substance &#224; partir de substances donn&#233;es peut &#234;tre assur&#233;e en adoptant l'axiome suivant : &#171; pour quelque choix que ce soit d'autant d'&#233;l&#233;ments de &lt;strong&gt; &lt;i&gt;S&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; qu'on le veut, il existe un &#233;l&#233;ment de &lt;strong&gt; &lt;i&gt;S&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; qui est la composition des &#233;l&#233;ments choisis. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Axiome en rien restrictif parce que s'il n'est satisfait, on peut toujours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter l'analyse de Dl, nous devons encore nous occuper du terme &#171; &#233;ternel &#187;, et Spinoza nous en fournit l'explication suivante : &#171; Par &#233;ternit&#233; j'entends l'existence elle-m&#234;me, en tant qu'elle est con&#231;ue comme d&#233;rivant n&#233;cessairement de la seule d&#233;finition d'une chose &#233;ternelle. &#187; La premi&#232;re proposition identifie le terme &#171; &#233;ternit&#233; &#187; avec le terme &#171; existence &#187;, et le reste de la phrase dit en substance qu'il s'agit d'un concept primitif (que nous avons d&#233;j&#224; introduit dans le sch&#233;ma formel avec l'introduction de l'&#233;l&#233;ment &lt;i&gt;e&lt;/i&gt; dans l'ensemble &lt;strong&gt; &lt;i&gt;A&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; des attributs.)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons maintenant tous les &#233;l&#233;ments pour traduire Dl dans notre langage : toute &#171; substance &#233;ternelle et infinie &#187; est un ensemble qui, parmi les attributs qui en d&#233;finissent la nature, comprend l'&#233;l&#233;ment &lt;i&gt;e&lt;/i&gt; (existence) et est maximale relativement aux propri&#233;t&#233;s qui en d&#233;finissent la nature. L'union de tous ces ensembles (&#171; tous &#187; parce qu'un &#171; infini &#187; au sens de Spinoza) est la substance qu'on veut d&#233;finir, et qui pour cela &#233;merge associ&#233;e &#224; l'ensemble dont les &#233;l&#233;ments sont tous les &#233;l&#233;ments, et exclusivement les &#233;l&#233;ments, des substances pr&#233;sentes dans le sch&#233;ma et dont les &#233;l&#233;ments poss&#232;dent tous l'attribut d'existence. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la m&#234;me conception porte la d&#233;finition br&#232;ve Db, compte tenu du soulignement qui suit imm&#233;diatement la d&#233;finition &lt;i&gt;D&lt;/i&gt; dans le texte de Spinoza : &#171; Je dis absolument infini, et pas seulement en son genre &#187;, d&#233;finition implicite de &#171; absolument infini &#187; qui peut se traduire dans notre langage par &#171; maximale relativement au seul attribut d'existence &#187;, laissant de c&#244;t&#233; les autres attributs qui distinguent les &#171; natures &#187; des diff&#233;rentes substances prises en consid&#233;ration.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse pr&#233;c&#233;dente montre que la d&#233;finition spinoziste du terme &#171; Dieu &#187; banalise la d&#233;monstration de son existence, quelle que soit la signification que l'on d&#233;cide d'attribuer aux termes primitifs (parmi lesquels le terme &#171; existence &#187;), ou m&#234;me si ces termes sont consid&#233;r&#233;s simplement comme symboles priv&#233;s de signification. La banalisation demeure si les termes sont interpr&#233;t&#233;s, comme le fait tacitement Spinoza depuis le d&#233;but, &#224; travers une correspondance avec les &#233;l&#233;ments de l'univers effectif, entendu comme &#171; la totalit&#233; des choses existantes, connues et inconnues, et l'environnement spatial ind&#233;fini dans lequel elles sont accueillies &#187; et, en ce cas, &#233;quivaut &#224; identifier Dieu avec l'univers lui-m&#234;me (comprenant les &#234;tres mat&#233;riels, les &#234;tres vivants, la pens&#233;e et les sentiments avec leurs diff&#233;rentes formes d'expression, les lois de la nature, etc.).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est proprement aux multiples aspects de l'univers effectif que s'applique pour la plus grande partie l'entreprise intellectuelle de Spinoza, lequel montre pour la th&#233;ologie et la m&#233;taphysique un int&#233;r&#234;t somme toute rare et m&#234;me un certain m&#233;pris : en ouverture de ses &lt;i&gt;Pens&#233;es m&#233;taphysiques&lt;/i&gt;, lui si m&#233;ticuleux quand il le veut, ne gratifie m&#234;me pas le terme principal caract&#233;ristique du titre d'une d&#233;finition :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; je ne dis rien de la d&#233;finition de cette science ni de l'objet qu'elle &#233;tudie ; mon intention est simplement d'expliquer bri&#232;vement les questions les plus obscures et qui sont trait&#233;es ici et l&#224; par des auteurs dans leurs &#233;crits m&#233;taphysiques. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part la plus important de l'&#339;uvre spinoziste est expos&#233;e dans &lt;i&gt;L'&#201;thique&lt;/i&gt; (et le choix du titre d&#233;note de mani&#232;re significative les int&#233;r&#234;ts pr&#233;valents du philosophe) et elle est aussi d&#233;velopp&#233;e dans le &lt;i&gt;Trait&#233; du perfectionnement de l'intellect&lt;/i&gt; et dans le &lt;i&gt;Trait&#233; th&#233;ologico-politique.&lt;/i&gt; La partie proprement th&#233;ologique de toute l'&#339;uvre se r&#233;duit en substance &#224; pas beaucoup plus que ce nous avons cherch&#233; &#224; interpr&#233;ter dans cet article, et il est difficile de ne pas y voir une certaine dose de malice raffin&#233;e, un &lt;i&gt;escamotage&lt;/i&gt; d&#233;fensif qui lui permet de parler de tout et d'enseigner l'ath&#233;isme en se r&#233;f&#233;rant contin&#251;ment &#224; Dieu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me qu'il n'avait pas l'habitude de &#171; discuter sur les mots &#187;, s&#251;rement Spinoza n'attribuait pas une valeur cognitive indue aux aspects purement formels de la structure du discours. Son adoption de la pr&#233;sentation &lt;i&gt;more geometrico&lt;/i&gt; nous appara&#238;t surtout comme une mani&#232;re inessentiellede se conformer &#224; l'esprit nouveau des temps, un choix de style d'exposition auquel on reconna&#238;t des m&#233;rites, non pas tant pour la d&#233;couverte de choses nouvelles que pour la clarification et la v&#233;rification de la coh&#233;rence des connaissances d&#233;j&#224; acquises. Et ce sont proprement les buts de clart&#233; et de coh&#233;rence qui guident la construction du grandiose syst&#232;me philosophique de Spinoza qui embrasse la th&#233;orie de la connaissance, les sciences de la nature, la psychologie, l'&#233;thique et la politique, qui fonde ses racines dans l'Antiquit&#233; classique et dans la tradition juive et chr&#233;tienne, qui recueille, justifie et syst&#233;matise les conqu&#234;tes intellectuelles de l'humanisme et des sciences &#233;mergentes, et appara&#238;t en pr&#233;curseur des Lumi&#232;res et du positivisme. Un syst&#232;me qui, outre qu'il ne laisse aucun espace au surnaturel, &#224; l'occulte, &#224; quelque forme d'absolutisme et &#224; la conception d'un Dieu anthropomorphe consciemment impliqu&#233; dans les affaires humaines, d&#233;nonce - et en connaissance de cause - les intol&#233;rances, les sectarismes et les fanatismes que cette conception contribue &#224; g&#233;n&#233;rer et &#224; alimenter.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Steven Nadler : &lt;i&gt;Spinoza&lt;/i&gt;, Bayard &#233;ditions/Centurion, 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Court Trait&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#338;uvres I&lt;/i&gt;, &#233;dition GF-Flammarion, traduction Ch. Appuhn, page 78&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En fran&#231;ais : &lt;i&gt;Trait&#233; de la r&#233;forme de l'entendement&lt;/i&gt; (trad. Appuhn) ou &lt;i&gt;Trait&#233; de l'amendement de l'intellect&lt;/i&gt; (traduction B.Pautrat).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Trait&#233; de la r&#233;forme de l'entendement&lt;/i&gt;, &#167;34, traduction Appuhn. Le texte latin dit &#171; &lt;i&gt;sed cuius existentiae necessitas aut impossibilitas pendet a causis nobis ignotis, quamdiu ipsius existentiam fingimus&lt;/i&gt; &#187;. La traduction Franc&#232;s sur laquelle s'appuie l'auteur est plus proche du latin et dit &#171; aussi longtemps que nous en feignons l'existence &#187;. (NdT)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour cette traduction, je propose la correspondance suivante :&lt;br class='autobr' /&gt;
Impossible &#8594; dont on peut d&#233;montrer la fausset&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessaire &#8594; dont on peut d&#233;montrer la v&#233;rit&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
possible &#8594; avec une valeur de v&#233;rit&#233; non d&#233;ductible des axiomes adopt&#233;s ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; ne pas poser l'existence &#187; &#8594; &#171; poser l'inexistence &#187; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; tant qu'on en imagine l'existence par fiction &#187; &#8594; &#171; tant que nous n'adoptons pas des axiomes additionnels qui rendent d&#233;cidable sa valeur de v&#233;rit&#233; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avant-derni&#232;re des correspondances est probablement comprise comme variant par rapport &#224; l'interpr&#233;tation du texte latin dans la traduction fran&#231;aise que j'ai utilis&#233;e. [Remarque ult&#233;rieure de l'auteur, communiqu&#233;e au traducteur : Je voulais simplement exprimer la supposition que le texte latin, dont je ne disposais pas lorsque j'&#233;crivais l'article, admette directement la traduction &#171; poser l'inexistence &#187; au lieu de &#171; ne pas poser l'existence &#187;, &#224; l'avantage de la coh&#233;rence du discours. Maintenant je suis convaincu que ma supposition &#233;tait juste, le texte latin &#233;tant : &#171; &lt;i&gt;Rem impossibilem voco, cujus natura &lt;in existendo&gt; implicat contradictionem, ut ea existat ; necessariam, cujus natura implicat contradictionem,ut ea non existat ; possibilem,cujus quidem existentia, ipsa sua natura, non implicat contradictionem, ut existat, aut non existat, ....&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voltaire, &lt;i&gt;Dictionnaire philosophique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit d'un appendice aux &lt;i&gt;Principes de la philosophie de Descartes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En d'autres termes, dans la conception spinoziste, l'existence de Dieu est inh&#233;rente la structure formelle du discours, ind&#233;pendamment de la s&#233;mantique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit essentiellement du langage de la th&#233;orie des ensembles, qui dans les consid&#233;rations qui suivent est consid&#233;r&#233; comme m&#233;talangage, pour parler de cette partie du langage ordinaire que Spinoza cherche &#224; rendre suffisamment pr&#233;cise pour pouvoir y construire des d&#233;ductions logiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire s'il en est un sous-ensemble distinct de l'ensemble lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit de termes purement conventionnels auxquels, pour l'instant, on n'attribue aucune signification particuli&#232;re, choisis seulement en vue d'une suivante et pour notre propos inessentielle interpr&#233;tation du formalisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous avons d&#233;fini les essences comme des ensembles et ici &#171; union &#187; est entendu au sens de la th&#233;orie des ensembles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Axiome en rien restrictif parce que s'il n'est satisfait, on peut toujours penser &#224; &#233;largir S de mani&#232;re &#224; construire un nouveau syst&#232;me qui le satisfasse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;(Traduit de l'italien par Denis Collin - traduction revue par l'auteur)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://perso.wanadoo.fr/denis.collin/Spinoza-atheisme.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://perso.wanadoo.fr/denis.colli...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; pour la premi&#232;re fois sur le site &lt;a href=&#034;http://www.fogliospinoziano.it/Spinozalug.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Foglio@spinoziano &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Spinoza et la question de La tol&#233;rance &#034;, par Jacqueline Lagr&#233;e</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Spinoza-et-la-question-de-La-tolerance-par-Jacqueline-Lagree</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.caute.lautre.net/Spinoza-et-la-question-de-La-tolerance-par-Jacqueline-Lagree</guid>
		<dc:date>2004-05-04T13:42:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lagr&#233;e, Jacqueline</dc:creator>



		<description>

-
&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Theologie-" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie&lt;/a&gt;


		</description>


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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;La proph&#233;tie&#034;, par Pierre-Fran&#231;ois Moreau</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/La-prophetie-par-Pierre-Francois-Moreau</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.caute.lautre.net/La-prophetie-par-Pierre-Francois-Moreau</guid>
		<dc:date>2004-05-04T13:14:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Moreau, Pierre-Fran&#231;ois</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Introduction : &lt;br class='autobr' /&gt;
Spinoza veut soutenir que la libert&#233; de philosopher ne met en danger ni la religion ni l'&#201;tat. Pour cela, il r&#233;pond &#224; deux objections, constamment oppos&#233;es &#224; la revendication de la libert&#233; de penser, de conduire &#224; l'impi&#233;t&#233; et &#224; la subversion. Il cherchera &#224; montrer qu'&#224; l'inverse, le contr&#244;le que le pouvoir politique cherche &#224; exercer sur les pens&#233;es est une perp&#233;tuelle source de tension, voire de conflits politiques. Un &#201;tat prudent laissera donc &#224; ses citoyens toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Theologie-" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Spinoza veut soutenir que la libert&#233; de philosopher ne met en danger ni la religion ni l'&#201;tat. Pour cela, il r&#233;pond &#224; deux objections, constamment oppos&#233;es &#224; la revendication de la libert&#233; de penser, de conduire &#224; l'impi&#233;t&#233; et &#224; la subversion. Il cherchera &#224; montrer qu'&#224; l'inverse, le contr&#244;le que le pouvoir politique cherche &#224; exercer sur les pens&#233;es est une perp&#233;tuelle source de tension, voire de conflits politiques. Un &#201;tat prudent laissera donc &#224; ses citoyens toute libert&#233; de penser.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;*&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A. Pr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale du Trait&#233; Th&#233;ologico-Politique :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Pr&#233;face part d'une constatation : la Fortune joue un grand r&#244;le dans la vie humaine. L'incertitude de l'avenir am&#232;ne chacun &#224; passer par des alternances de crainte et d'espoir et pousse &#224; la fuite dans la religion : solution imaginaire &#224; nos inqui&#233;tudes. Tout le monde sait cela depuis toujours. Mais personne ne s'applique ces constatations. Les lois de la Nature sont partout unes et les m&#234;mes, et la vie affective de tout un chacun y ob&#233;it. Mais tout le monde s'en excepte et met, par exemple, les comportements d'autrui moins sur le compte de ses inqui&#233;tudes et de son impuissance relative que sur celui d'une malveillance d&#233;lib&#233;r&#233;e. Et ainsi les hommes deviennent-ils tout naturellement ennemis les uns des autres, et les rapports humains sont souvent marqu&#233;s par la peur et la haine. Cette Pr&#233;face enracine toute l'enqu&#234;te dans une conception de l'opacit&#233; de la nature humaine, fond&#233;e sur la conscience imm&#233;diate - partielle et confuse - que nous en avons. Nos croyances ne font qu'exprimer ce mode de vie courant, fait d'impuissance, d'incompr&#233;hension, de peur et de haine de nos semblables.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza va alors mener successivement deux enqu&#234;tes, pour &#233;carter l'accusation d'impi&#233;t&#233; et de subversion port&#233;e contre la revendication de la libert&#233; de penser.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;1 &#176; La libert&#233; de philosopher est-elle contraire &#224; la pi&#233;t&#233; et &#224; la vraie religion ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza part, pour en juger, des textes sacr&#233;s. Et cette premi&#232;re partie fournit donc aussi les bases d'une lecture &#034;philosophique&#034; de la Bible.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Chapitre I &#224; VI.&lt;/i&gt; Les instruments de la r&#233;v&#233;lation : proph&#233;ties, miracles....&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il met largement &#224; contribution l'&#201;criture. Cet examen l'am&#232;ne &#224; tirer comme cons&#233;quence que les miracles, par exemple, ne nous apprennent rien et qu'ils visent moins &#224; instruire qu'&#224; frapper l'imagination, pour nous amener &#224; l'ob&#233;issance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Chapitre VII &#224; XI&lt;/i&gt; :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur pr&#233;sente une m&#233;thode d'interpr&#233;tation de l'&#201;criture, qu'il applique &#224; l'&#233;tude de la Bible. Les comparaisons qu'il fait des divers textes composant l'&#201;criture, l'am&#232;nent &#224; montrer qu'ils n'ont pas &#233;t&#233; &#233;crits par ceux que l'on dit, - que ce n'est pas la parole de Dieu, mais que ces textes sont largement l'expression des croyances des H&#233;breux, plus que celle de la pens&#233;e divine, - que beaucoup de textes des H&#233;breux ne sont pas dans l'&#201;criture, ou ont &#233;t&#233; largement alt&#233;r&#233;s. Le noyau du texte reste cependant relativement ind&#233;pendant des pertes et des alt&#233;rations : il y a donc un fond sur lequel on peut s'appuyer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Chapitre XII &#224; XV&lt;/i&gt; :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il tire de ce fond la le&#231;on que transmet l'&#201;criture : c'est un message de charit&#233; et de justice. Le message est donc simple. Mais les th&#233;ologiens pr&#233;f&#232;rent garder la lettre, souvent obscure et incoh&#233;rente, au d&#233;triment de l'esprit, simple et parfaitement clair, de ce message biblique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc distinguer la &#034;th&#233;ologie&#034;, connaissance du message biblique (justice et charit&#233;), et les &#034;th&#233;ologiens&#034;, qui brouillent tout. De m&#234;me, on peut distinguer la &#034;th&#233;ologie&#034; et la &#034;philosophie&#034; : elles renvoient &#224; deux domaines diff&#233;rents, qui donc n'ont pas de raison d'&#234;tre en conflit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie renvoie &#224; l'ensemble des connaissances acquises, alors que les philosophies sont souvent une multitude de sectes en conflits, o&#249; chacun vise &#224; l'emporter sur le concurrent. Les th&#233;ologiens chr&#233;tiens ont import&#233; dans la th&#233;ologie, en en d&#233;formant donc le message, toutes les querelles des philosophies grecques, et ont ainsi fait d&#233;g&#233;n&#233;rer la religion. D'o&#249; : h&#233;r&#233;sies diverses, schismes, guerres de religion...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;2 &#176; La libert&#233; de philosopher est-elle dangereuse pour la paix civile ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res constatations, qui montrent comment des conflits d'id&#233;es deviennent des conflits arm&#233;s, incitent &#224; examiner ce point de tr&#232;s pr&#232;s.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chapitres XVI &#224; XX&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza esquisse, &#224; partir de la conception d'un droit naturel, une th&#233;orie des fondements de l'&#201;tat. Puis il examine les rapports de l'&#201;tat et des &#201;glises. Sa th&#232;se est simple : l'&#201;tat doit strictement contr&#244;ler les &#201;glises, comme institutions. Il raisonne ainsi &#224; la mani&#232;re de Hobbes, pour qui le Souverain est aussi le dirigeant de l'&#201;glise. Mais en m&#234;me temps Spinoza soutient que la plus grande libert&#233; doit &#234;tre laiss&#233;e aux citoyens. Et que l'&#201;tat doit se garder de d&#233;fendre des points de dogmes particuliers (pas de &#034;religion officielle&#034; donc).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat contr&#244;le et arbitre pour &#233;viter les querelles. Son r&#244;le s'arr&#234;te l&#224;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre, il faut se reporter &#224; la situation de la Hollande de cette &#233;poque. Les Calvinistes (qui ont partie li&#233;e avec les monarchistes) revendiquent une totale libert&#233; de l'&#201;glise, l'&#201;tat &#233;tant finalement mis &#224; son service. Les R&#233;publicains pr&#244;nent que l'&#201;glise soit soumise &#224; l'&#201;tat, et ils plaident la cause de la supr&#233;matie du politique sur le religieux. Il y a en Hollande, pendant plus d'un si&#232;cle, des querelles tr&#232;s vives sur ces questions, allant jusqu'&#224; des assassinats. Ce sont l&#224; des signes que la religion peut mettre en p&#233;ril l'ordre civil.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza adopte la position des R&#233;publicains. Il se revendique d'ailleurs, dans sa propre vie, citoyen Hollandais plut&#244;t que d'&#234;tre membre de telle ou telle religion. Mais selon lui, le contr&#244;le de l'&#201;tat sur les collectivit&#233;s et les institutions religieuses (les &#201;glises donc) doit s'accompagner de la libert&#233; pour les citoyens. Le contr&#244;le de la libert&#233; d'expression rend l'&#201;tat violent et le met en danger, en transformant les conflits d'id&#233;es en conflits politiques.. L'&#201;tat doit contr&#244;ler les paroles s&#233;ditieuses pour sa propre sauvegarde, mais pas le reste, sous peine de se mettre lui-m&#234;me en danger. Il faut donc s&#233;parer politique et religion, des deux c&#244;t&#233;s.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;*&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;B. La proph&#233;tie.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me de la &#034;proph&#233;tie&#034; est tr&#232;s pr&#233;sent dans les deux premiers chapitres de l'ouvrage et revient souvent tout au long du texte. La proph&#233;tie est li&#233;e &#233;troitement aux religions et elle touche beaucoup la foule. Mais toutes les religions ne croient pas aux m&#234;mes proph&#233;ties. D'o&#249; de fr&#233;quents reproches d'ath&#233;isme. Mais ces ath&#233;es (bien diff&#233;remment de l'ath&#233;isme de notre si&#232;cle) s'occupent beaucoup de Dieu. Cette accusation d&#233;nonce plut&#244;t l'&#233;cart par rapport &#224; une religion donn&#233;e : l'ath&#233;e, c'est toujours l'autre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en ce XVII &#176; si&#232;cle, la Physique commence &#224; ne plus renvoyer &#224; Dieu que comme origine du mouvement (cf. Descartes). Le Dieu de la Physique n'a rien &#224; voir avec le Dieu d'Isaac, d'Abraham et de Jacob : le Dieu de l'&#201;criture (cf. Pascal). Le n&#339;ud de la controverse est de savoir si Dieu est un &#034;Moteur&#034;, ou un Dieu Providence et Juge : l'opposition est entre un Dieu &#034;rationalis&#233;&#034; et le Dieu de la Bible et des religions. Le Dieu des religions est un Dieu r&#233;v&#233;l&#233;, Juge du Bien et du Mal. D'o&#249; les questions de Spinoza sur ce que la r&#233;v&#233;lation nous apprend. Ce que Spinoza dit de la m&#233;thode de lecture de la Bible, de m&#234;me que sa th&#232;se sur la libert&#233; de philosopher... ne sera pas repris. On ne retiendra, dans ces d&#233;bats th&#233;ologiques incessants, que sa critique des miracles et de la valeur de la r&#233;v&#233;lation. Et comme les religions s'appuient l&#224;-dessus, il sera accus&#233; d'ath&#233;isme. Mais les Lettres 51 et 52 r&#233;pondent &#224; cette accusation, en disant qu'on n'a qu'&#224; appr&#233;cier sa conduite pour voir qu'il n'est pas ath&#233;e. Et en effet, si le message religieux est simplement de charit&#233; et de justice, Spinoza n'en est pas l'ennemi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XVII &#176; si&#232;cle est le si&#232;cle des proph&#232;tes (cf. dans les C&#233;vennes, &#224; la fin du si&#232;cle), du succ&#232;s de l'Apocalypse, des Sorci&#232;res et des messes noires... &#199;a n'est pas un si&#232;cle tr&#232;s rationnel, mais bien superstitieux. &#192; Amsterdam, du vivant de Spinoza, on s'embarque pour la Palestine, &#224; l'annonce de l'arriv&#233;e d'un Messie. Entre temps, celui-ci se convertit &#224; l'Islam. Et toute une th&#233;ologie d&#233;lirante se construit l&#224;-dessus, justifiant la conversion du Messie. Tous ces gens, fascin&#233;s par les probl&#232;mes religieux, ne sont pas des ignorants ou des marginaux. C'est par exemple Oldenbourg, un des correspondants de Spinoza, qui pr&#233;side l'Acad&#233;mie Royale. Voil&#224; donc des hommes qui font avancer la Physique, et qui en m&#234;me temps sont obs&#233;d&#233;s par ces bruits de fin des temps...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les gens du XVII &#176; si&#232;cle, les proph&#233;ties renvoient &#224; des faits qui leur sont contemporains : ils lisent leur &#233;poque et les &#233;v&#233;nements &#224; travers la grille des proph&#233;ties. D'o&#249; Spinoza devra d&#233;noncer les faux proph&#232;tes contemporains, soutenir que ceux qui comptent sont les proph&#232;tes de la Bible et qu'ils parlent pour leur temps. En ce XVII &#176; si&#232;cle les &#034;proph&#233;ties&#034; et les &#034;proph&#232;tes&#034; sont li&#233;s &#224; toutes sortes de mouvements politiques de subversion et le r&#244;le des proph&#233;ties (&#8224; . . . &#8224; ??) est tr&#232;s r&#233;pandu. Ainsi les Coll&#233;giants, ces chr&#233;tiens &#233;clair&#233;s dont Spinoza est proche, croient &#224; l'inspiration individuelle (proph&#233;tique) autant qu'en la Raison et les Lumi&#232;res.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza passe vite sur les proph&#233;ties de la Bible (Chapitre IX). Il examine plus longuement le r&#244;le des proph&#232;tes dans l'&#201;tat des H&#233;breux. Si la Bible est la parole de Dieu, alors l'&#201;tat des H&#233;breux est un mod&#232;le parfait qu'il faut r&#233;tablir : il faut donc changer l'&#201;tat existant aujourd'hui pour le rapprocher de ce mod&#232;le (discours de toutes les int&#233;grismes). Et comme dans cet &#201;tat - mod&#232;le le pouvoir est soumis &#224; la religion, alors il faut soumettre l'&#201;tat actuel aussi. Sous la plume des H&#233;breux, les r&#233;f&#233;rences aux proph&#232;tes servent toujours de support &#224; une action pour changer le fonctionnement de l'&#201;tat, pour pr&#244;ner la domination de l'&#201;glise...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les th&#233;ologiens interpr&#232;tent les proph&#233;ties de la Bible et ils &#233;tudient toujours les m&#234;mes passages : sur le signe auquel reconna&#238;tre le proph&#232;tes, sur les faux proph&#232;tes, sur les vrais et sur les faux miracles... Mais personne ne s'accorde, si bien qu'il ne reste plus que le recours &#224; l'autorit&#233; pour trancher entre des interpr&#233;tations qui vont de l'affirmation que la proph&#233;tie est la connaissance la plus haute et la plus vraie, jusqu'&#224; la condamnation des proph&#232;tes comme des imposteurs qu'il ne faut pas croire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza introduit le r&#244;le de l'imagination, pour &#233;clairer ce qu'est la proph&#233;tie. On peut lire dans le corps et la parole des proph&#232;tes, ce qu'ils ignorent sur eux-m&#234;mes. La proph&#233;tie n'apporte rien &#224; l'entendement. Elle parle &#224; l'imagination et par l'imagination.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le montrer, Spinoza prend la Bible comme une source d'informations, comme un document. Qu'est-ce qui se passe lors de la r&#233;v&#233;lation ? On entend des voix, on a des visions de lumi&#232;re, on ressent un souffle... Il y a l&#224; un mat&#233;riel &#224; analyser. Non pas pour faire le tri des proph&#232;tes (par exemple, Mo&#239;se serait le plus grand proph&#232;te, parce qu'il a vu Dieu directement et face &#224; face). Mais on peut retenir de ces t&#233;moignages, qu'il y a une transmission par le corps et les perceptions, r&#233;elles ou imaginaires. Une proph&#233;tie n'est jamais la cons&#233;quence d'un raisonnement, ni une intuition. Au fond, l'esprit y est moins prioritairement concern&#233; que ne l'est le corps. C'est l'imaginaire qui parle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les visions sont-elles rapport&#233;es ? Par des m&#233;taphores et des images qui renvoient surtout aux caract&#233;ristiques du proph&#232;te. Le discours du proph&#232;te manifeste ce qu'il est et montre l'inscription de son corps dans un &#034;hic et nunc&#034;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui voient dans la proph&#233;tie le savoir le plus vrai et le plus haut disent que les proph&#232;tes sont inspir&#233;s par &#034;l'esprit de Dieu&#034;. Mais qu'est-ce &#224; dire ? &#034;Esprit&#034; renvoie dans la Bible du plus physique (un souffle, un vent) jusqu'au plus intellectuel. &#034;De Dieu&#034;, &#034;divin&#034; a lui aussi plusieurs sens. C'est souvent pris au sens de &#034;tr&#232;s grand&#034; : une montagne &#034;divine&#034; est une tr&#232;s haute montagne. De m&#234;me, dans la Bible, on ram&#232;ne tout, y compris l'anodin, &#224; Dieu : &#034;Dieu a fait que...&#034; Ce qui fait que la r&#233;f&#233;rence &#224; Dieu n'a pas un sens tr&#232;s fort, ni tr&#232;s pr&#233;cis. Alors comment comprendre &#034;esprit de Dieu&#034; ? Les proph&#232;tes avaient une complexion singuli&#232;re et une vive imagination. Ils &#233;taient conduits par la vertu et la pi&#233;t&#233;. &#034;Inspir&#233;s par l'esprit de Dieu&#034; a alors une signification plus morale qu'intellectuelle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance &#034;naturelle&#034; s'appuie sur l'intelligence et proc&#232;de par raisonnement. La connaissance &#034;proph&#233;tique&#034; s'appuie sur l'imagination et parle en images. La connaissance naturelle donne des &#034;certitudes&#034; (comme les math&#233;matiques par exemple). La connaissance proph&#233;tique donne plut&#244;t des convictions morales. C'est l&#224; l'opposition de deux types d'attitudes, intelligence et imagination, qui s'excluent l'une l'autre. L'int&#233;r&#234;t de la proph&#233;tie n'est pas de l'ordre du vrai. Les proph&#232;tes sont souvent des ignorants et c'est leur ignorance qui leur fait voir des prodiges. L'int&#233;r&#234;t des proph&#232;tes est leur message de justice et de pi&#233;t&#233;. Ils admonestent leurs contemporains, et ils attribuent &#224; Dieu leurs admonestations et parlent en son nom.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proph&#233;tie renvoie aux qualit&#233;s du proph&#232;te, mais on peut &#234;tre attentif au message qui est ainsi adress&#233; aux hommes : il faut plus de justice et de charit&#233;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces d&#233;buts du Trait&#233; Th&#233;ologico-Politique, la proph&#233;tie n'appara&#238;t pas au sens d'annonce de l'avenir. Alors que c'est essentiellement ce que nous entendons par &#034;proph&#233;tie&#034;. Pour Spinoza, le proph&#232;te est quelqu'un qui appelle &#224; la r&#233;forme morale, &#231;a n'est pas un oracle. Simplement, le proph&#232;te cherche un signe qui lui montrerait qu'il a bien re&#231;u un message de Dieu. D'o&#249; la recherche des prodiges. De m&#234;me il doit donner &#224; son public, le signe du caract&#232;re divin de son inspiration. D'o&#249; au besoin il annonce l'avenir, ou fait des miracles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinant les textes, Spinoza conteste que le Pentateuque soit de la main de Mo&#239;se. Il le consid&#232;re plut&#244;t comme un ensemble de textes assez disparates rassembl&#233;s pour les besoins de l'&#233;dition. De m&#234;me pour les livres des proph&#232;tes : ce sont des recueils qui rassemblent apr&#232;s coup certains de leurs messages consid&#233;r&#233;s comme les plus significatifs. Mais tous les textes n'ont pas &#233;t&#233; conserv&#233;s, ni rassembl&#233;s. Enfin, ce que disent les livres des proph&#232;tes est assez pauvre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se tourne alors vers les &#201;vangiles, en utilisant beaucoup les donn&#233;es de la tradition. Il pense qu'ils ont d'abord &#233;t&#233; &#233;crits en aram&#233;en, puis traduits en grec. Spinoza disposait d'un texte en grec, en syriaque et en latin. Il fait souvent comme si le texte syriaque &#233;tait le texte original, alors que nous savons d&#233;sormais qu'il est assez r&#233;cent. Le texte des &#201;vangiles &#034;h&#233;bra&#239;se&#034; en grec, finalement, transmettant dans cette nouvelle langue les habitudes culturelles de la langue d'origine.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il cherche alors &#224; d&#233;terminer ce que sont les Ap&#244;tres : des proph&#232;tes ou des docteurs ? Un docteur appuie son autorit&#233; sur l'entendement. Quand les Ap&#244;tres &#233;crivent leurs &#201;p&#238;tres (en fait, c'est surtout vrai pour Paul), ils se comportent en docteurs et ils raisonnent. Paul argumente, explique d'o&#249; il tire son autorit&#233;, donne ses sources interpr&#232;te les textes... Il se soucie m&#234;me des rapports avec son public, comme tout bon rh&#233;teur. Les proph&#232;tes, pour leur part, parlent brutalement et consid&#232;rent que Dieu parle directement par leur bouche : pas besoin de justification ni d'explication... Quand les Ap&#244;tres parlaient &#224; la foule, sans doute proph&#233;tisent-ils, faisant appel &#224; l'imagination... Dans les moments o&#249; ils ne proph&#233;tisaient pas, ils se servent de leur entendement. Leur propos s'articule entre entendement et imagination.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de l'ouvrage (Chapitres XVI &#224; XX) revient &#224; l'&#233;tude de l'&#201;tat des H&#233;breux. Il montre que dans ces &#201;tats, lorsque la situation politique est stable, les pr&#234;tres sont contr&#244;l&#233;s par le pouvoir politique. Mais la stabilit&#233; peut dispara&#238;tre et l'&#233;poque &#234;tre plus troubl&#233;e. Ainsi (dans le livre des Rois) il y a des proph&#232;tes qui se sont r&#233;volt&#233;s contre les rois et ont cr&#233;&#233; par l&#224; des d&#233;sordres. Souvent un roi, m&#234;me reconnu comme tr&#232;s pieux, a mis des proph&#232;tes en prison, parce qu'il ne devaient pas se m&#234;ler de politique. Le proph&#232;te peut donc dire des v&#233;rit&#233;s utiles &#224; la communaut&#233;, et rappelant les exigences de justice et de charit&#233;. Mais s'il cr&#233;e des d&#233;sordres, le pouvoir politique peut le r&#233;primer et le mettre en prison.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut juger de tout cela &#224; partir de consid&#233;rations proprement politiques. Et Spinoza passe alors &#224; une critique plus s&#233;v&#232;re des proph&#232;tes, au nom du danger qu'ils repr&#233;sentent pour l'ordre civil. Mais comment un discours de justice et de charit&#233; peut-il devenir source de haine et de d&#233;sordre ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l' &#034;&#233;tat de nature&#034;, tout est permis sauf ce qui m&#232;ne &#224; la destruction de l'individu. Dans cet &#233;tat de nature, les hommes peuvent se repr&#233;senter ce qui am&#233;liorerait leur situation d'ins&#233;curit&#233;, et concevoir ainsi le lien social. Mais peu arrivent &#224; concevoir cela, et peu comprennent que le lien social am&#233;liore leur &#233;tat. Quand l'&#201;tat se met &#224; exister, c'est &#224; lui de r&#233;aliser ce qui a &#233;t&#233; l'aspiration de ceux qui r&#233;fl&#233;chissent : c'est &#224; l'&#201;tat de faire justice. L'&#201;tat introduit pour cela des r&#232;gles, et il faut les respecter. Avant l'existence de l'&#201;tat, il y a des exigences normatives utiles. Mais quand l'&#201;tat existe, c'est &#224; lui de formuler les normes et de les r&#233;aliser.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut appliquer cela au cas des proph&#232;tes. Le proph&#232;te exprime l'exigence de justice et de charit&#233;. Mais quand c'est un &#201;tat l&#233;gitime qui fonctionne, ces exigences ne lui sont pas ext&#233;rieures : il cherche m&#234;me &#224; les r&#233;aliser. Le proph&#232;te n'a plus alors la m&#234;me fonction : il peut &#234;tre un simple trublion qu'il faut punir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;*&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La plupart des hommes sont &#224; mi-chemin entre l'entendement et l'imagination, entre Euclide et &#201;z&#233;chiel. Ce qui d&#233;cide du d&#233;veloppement de l'une ou de l'autre de ces composantes, c'est la situation collective. La Monarchie, qui veut des sujets ob&#233;issants, d&#233;veloppe plut&#244;t l'imagination, en y recourant sans cesse. Dans un &#201;tat d&#233;mocratique, on fait davantage usage du raisonnement et de la raison : il y a donc davantage de possibilit&#233;s d'y d&#233;velopper la raison.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les proph&#232;tes manifestent l'&#233;tat de fonctionnement de leur communaut&#233;, et ainsi le poids de l'imagination chez les hommes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat r&#233;publicain interdira la proph&#233;tie, &#224; cause des risques qu'elle fait courir &#224; l'ordre civil, mais aussi parce qu'elle contribue &#224; renforcer l'imagination. Parce qu'il se veut rationnel, il doit favoriser le d&#233;veloppement de la raison (libre exercice de la philosophie, donc), - pas celui de l'imagination !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;SOURCE : &lt;a href=&#034;http://crdp.ac-lille.fr/philo/confermoreau.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://crdp.ac-lille.fr/philo/confe...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Spinoza et la conception scolastique de Dieu dans le contexte hollandais&#034;, par Gunther Coppens</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Spinoza-et-la-conception-scolastique-de-Dieu-dans-le-contexte-hollandais-par</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.caute.lautre.net/Spinoza-et-la-conception-scolastique-de-Dieu-dans-le-contexte-hollandais-par</guid>
		<dc:date>2004-05-04T12:13:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Coppens, Gunther </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Descartes n'&#233;crivit jamais une vraie th&#233;ologie bien structur&#233;e. Par contre, il a r&#233;dig&#233; des Meditationes de Prima Philosophia ou, comme l'indique la traduction fran&#231;aise, des M&#233;ditations M&#233;taphysiques. Ce point de d&#233;part fait qu'on ne trouve pas une description bien &#233;labor&#233;e des attributs de Dieu chez Descartes. Parfois, il d&#233;crit Dieu d'une mani&#232;re tr&#232;s concise. Dans les M&#233;ditations il pr&#233;cise que : &#034;par le nom de Dieu on entend une substance infinie, &#233;ternelle, immuable, ind&#233;pendante, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Theologie-" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Descartes n'&#233;crivit jamais une vraie th&#233;ologie bien structur&#233;e. Par contre, il a r&#233;dig&#233; des &lt;i&gt;Meditationes de Prima Philosophia &lt;/i&gt;ou, comme l'indique la traduction fran&#231;aise, des &lt;i&gt;M&#233;ditations M&#233;taphysiques. &lt;/i&gt;Ce point de d&#233;part fait qu'on ne trouve pas une description bien &#233;labor&#233;e des attributs de Dieu chez Descartes. Parfois, il d&#233;crit Dieu d'une mani&#232;re tr&#232;s concise. Dans les M&#233;ditations il pr&#233;cise que : &#034;par le nom de Dieu on entend une substance infinie, &#233;ternelle, immuable, ind&#233;pendante, toute connaissant, toute puissante et par laquelle, moi-m&#234;me &amp; toutes les autres choses qui sont ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es &amp; produites.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Descartes, R., Oeuvres, Paris, 1996, AT IX, Med. III, p. 35-36&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; D'ailleurs, dans &lt;i&gt;le Discours de la M&#233;thode &lt;/i&gt;on lit presque la m&#234;me chose. Dieu est &#034;infini, &#233;ternel, immuable, tout connaissant, tout puissant &amp; enfin avoir toutes les perfections ... &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Descartes, R., Oeuvres, Paris, 1996, AT VI, Disc. d/1 M&#233;th., p. 35&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; En rapport avec ce dernier extrait du &lt;i&gt;Discours de la M&#233;thode, &lt;/i&gt;(italique) Gilson r&#233;f&#232;re &#224; des passages de saint Thomas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas, Sentent., lib. I, prolog. Q. I, art. 2 en Disp. II, Q. I, art. 2&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, si on tient compte de &lt;i&gt;l'index scolastico-cart&#233;sien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gilson, E., Index scolastico-cart&#233;sien, Paris, 1979 [1913&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] &lt;/i&gt;, les &#233;tudes de savants comme Garin, Goudriaan, Ariew ou Des Chene&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Garin, P., Th&#232;ses cart&#233;siennes et th&#232;ses Thomistes, Paris,	1958 ; Goudriaan (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous devons reconna&#238;tre que Descartes n'est plus le commencement absolu de la philosophie moderne. &#034;Nous avons trop longtemps cru au &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mythe cart&#233;sien', &#224; ce&lt;/code&gt;commencement absolu', qui aurait inaugur&#233; la pens&#233;e moderne&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dalbiez, R, mythe' isol&#233;. Mais, que Spinoza ait &#233;t&#233; influenc&#233; par ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des manuels scolastiques comme le &lt;i&gt;Dialectica &lt;/i&gt;(1566) du professeur Hunnaeus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prantl, Hunnaeus' in Bibliographie Nationale de Belgique, IX, p. 711 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (1521-1578) et le &lt;i&gt;Physica &lt;/i&gt;(1566) du professeur Valerius&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dibon, P., L Enseignement philosophique dans les universit&#233;s n&#233;erlandaises &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (1522-1578) &#233;taient en usage. En 1582, le s&#233;nat d&#233;cida, suite &#224; la proposition des &#233;tudiants, qu'&#224; l'avenir, lors des coll&#232;ges, les textes d'Aristote lui-m&#234;me seraient utilis&#233;s. C'&#233;tait avec des professeurs comme P. Bertius&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bosch, L., Petrus Bertius 1565-1629, Phd. Diss. Nijmegen, 1979 ; Allard, H., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (1565-1629) et G. Vossius&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rademaker, C., Leven en werk van Gerardus Joannes Vossius (1577-1649), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (1577-1649) que les &#233;tudiants analysaient ces textes pour les transformer en disputes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au synode de Dordrecht, en 1618, le protestantisme hollandais prenait corps. Ce fut le moment o&#249; des th&#233;ologiens comme J. Maccovius&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kuyper, A., Johannes Maccovius, Leiden, 1899 ; Bell, M.D., Propter (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (1588-1644) et G. Voetius&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Duker, A.C., Gilbertus Yoetius, Leiden, 1893-1915 / Reprint : Leiden, 1989 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (1589-1676) utilis&#232;rent la m&#233;taphysique typique de la scolastique pour parvenir &#224; une th&#233;ologie r&#233;form&#233;e avec un cachet aristot&#233;licien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sassen, Geschiedenis van de Wijsbegeerte in Nederland, p. 122-123&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La philosophie r&#233;form&#233;e n'avait pas de forme concr&#232;te &#224; cette &#233;poque et des sources scolastiques pouvaient rendre cette structure n&#233;cessaire. Un philosophe comme Suarez &#233;tait tr&#232;s appropri&#233; pour cela parce que son oeuvre, en fait un sommaire clair de la philosophie ancienne, jouait un r&#244;le-cl&#233; comme interm&#233;diaire entre la philosophie m&#233;di&#233;vale et la philosophie nouvelle du dix-septi&#232;me si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Asselt, van W./ Dekker, E. (red.), De scholastieke Yoetius, Zoetermeer, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il nous semble &#233;vident que ces philosophes r&#233;form&#233;s utilisaient des sources scolastiques pour parvenir &#224; leurs fins, mais en r&#233;alit&#233; l'utilisation des sources catholiques dans des milieux protestants impliquait une r&#233;novation. Car, il ne faut pas oublier que Luther avait, &#224; c&#244;t&#233; de ses fameuses 95 th&#232;ses du 31 octobre 1517, &#233;crit 97 th&#232;ses contre la th&#233;ologie scolastique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disputatio contra scholasticam theologiam ; Van der Woude, C., Op de grens (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Naturellement, pour les catholiques, c'&#233;tait tout le contraire. En 1545, &#224; la Sorbonne, Pierre Galland croyait encore qu' &#034;attaquer Aristote, ce n'est pas une erreur, c'est un crime.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Van der Woude, C., Op de grens van reformatie en scholastiek, Kampen, 1964, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
Le professeur Jacchaeus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacchaeus, Gilbertus (1578-1628), De libero arbitrio (1603), De peccato (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (1578-1628), un savant &#233;cossais, vint remplir un poste vacant &#224; l'universit&#233; de Leyde. Comme d&#233;fenseur de l'aristot&#233;lisme, il fit de Suarez un point central dans l'histoire d'id&#233;e scolastique &#224; Leyde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Selon le professeur de th&#233;ologie d'Utrecht G. Voetius, Jacchaeus dictait dans ses coll&#232;ges un compendium compos&#233; de C. Martini, Chynaeus, J. Martini, Javelli, Fonseca et surtout Francesco Suarez.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robbers, Suarez r&#233;form&#233;'. En 1643, il donna &#224; cette occasion un sommaire des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on compare la table des mati&#232;res des &lt;i&gt;Pens&#233;es m&#233;taphysiques II, &lt;/i&gt;par exemple avec celles de Suarez, de Burgersdijk et de Heereboord, comme l'a fait Freudenthal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freudenthal, 'Spinoza und die Scholastik', p. 110&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on remarque qu'il n'y a pas de grandes diff&#233;rences. Spinoza traite des attributs de Dieu suivants : l'&#233;ternit&#233;, l'unit&#233;, l'immensit&#233;, l'immutabilit&#233;, la simplicit&#233;, la vie, l'entendement, la volont&#233;, la puissance, la cr&#233;ation, le concours divin et l'&#226;me humaine. Cette table de mati&#232;res est semblable au contenu des &lt;i&gt;Institutiones Metaphysicae &lt;/i&gt;de Burgersdijk, varie sur quelques points de celle du &lt;i&gt;Pneumatica &lt;/i&gt;de Heereboord et diff&#232;re de la table des mati&#232;res des &lt;i&gt;Disputationes Metaphysicae &lt;/i&gt;de Suarez car elle traite de l'entendement de Dieu, alors que Suarez parle de science, de la puissance alors que Suarez consid&#232;re l'omnipotence, et du concours divin qui ne fait pas l'objet d'un point particulier chez Suarez. On peut rapidement constater, en regardant la table des mati&#232;res, que les &lt;i&gt;Pens&#233;es m&#233;taphysiques &lt;/i&gt;sont assez scolastiques. Cela vaut alors la peine de rechercher les sources scolastiques des &lt;i&gt;Pens&#233;es. &lt;/i&gt;Comme &#224; l'&#233;poque Suarez &#233;tait tr&#232;s populaire et Thomas &#224; supprimer encore tr&#232;s actuel, j'ai choisi ces deux philosophes comme point de d&#233;part. Mais comme Burgersdijk et Heereboord ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme des philosophes voguant dans le sillage de Suarez, il &#233;tait n&#233;cessaire de les prendre aussi en consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza commence la deuxi&#232;me partie des &lt;i&gt;Pens&#233;es m&#233;taphysiques &lt;/i&gt;par &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;l'&#233;ternit&#233; de Dieu'. Pour Spinoza l'&#233;ternit&#233; est, comme pour Descartes, un attribut principal. Dans les premi&#232;res phrases de ce chapitre de la deuxi&#232;me partie, il rappelle que Descartes avait dit que dans la nature, il n'y a rien d'autre que substances et modes. Spinoza nous dit directement que nous n'entendrons pas parler des&lt;/code&gt;formes substantielles' et des &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;accidents r&#233;els'. Comme nous l'avons d&#233;j&#224; fait remarquer, Descartes lui-m&#234;me utilisait aussi de la terminologie scolastique. Les termes&lt;/code&gt;formes substantielles' et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;accidents r&#233;els' attestent de nouveau cette th&#232;se. D'ailleurs, le terme&lt;/code&gt;attribut' employ&#233; comme synonyme des qualit&#233;s de Dieu renvoie de nouveau &#224; la scolastique. Dans &lt;i&gt;l'Ethique &lt;/i&gt;ce terme a un autre sens. Ici Spinoza entend attribut &#034;ce que l'intellect per&#231;oit d'une substance comme constituant son essence&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, &#201;thique, &#201;d. Du Seuil, Paris, 1999, [1988], p. 15&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Ce qui rend int&#233;ressant le th&#232;me de l'&#233;ternit&#233; est qu'il revient dans d'autres travaux de Spinoza. L'&#233;tude de ce th&#232;me a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par Prelorentzos Yannis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Temps, dur&#233;e et &#233;ternit&#233; dans les Principes de la philosophie de Descartes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Chantal Jaquet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jaquet, Ch., Sub specie Aeternitatis, &#201;tudes des concepts de temps, dur&#233;e et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce premier chapitre, Spinoza tient l'&#233;ternit&#233; de Dieu comme un fait simple. Comme la dur&#233;e est une affection de l'existence, non de l'essence, ce qu'il avait d&#233;j&#224; not&#233; dans la premi&#232;re partie des &lt;i&gt;Pens&#233;es M&#233;taphysiques, &lt;/i&gt;on ne peut pas attribuer de dur&#233;e &#224; Dieu. A cause de cela on l'appelle &#233;ternel. Un raisonnement simple car l'existence de Dieu est ins&#233;parable de son essence. La relation entre la dur&#233;e et l'&#233;ternit&#233; n'est pas comparable &#224; l'id&#233;e de cette relation chez Suarez. Suarez divise la dur&#233;e en dur&#233;e cr&#233;&#233;e et dur&#233;e incr&#233;&#233;e. La dur&#233;e incr&#233;&#233;e est pour Suarez synonyme d'&#233;ternit&#233;. Dieu poss&#232;de alors une dur&#233;e &#233;ternelle, ce qui est pour Spinoza une &lt;i&gt;contradictio in terminis. &lt;/i&gt;Saint Thomas attribue l'&#233;ternit&#233; &#224; Dieu sur la base de son immutabilit&#233; et en plus, il reconna&#238;t un temps avec un commencement mais sans fin, ce qu'il appelle &lt;i&gt;l'aevum &lt;/i&gt;et qu'il applique aux anges. Terme ou id&#233;e que l'on ne retrouve plus chez Spinoza. La critique de Spinoza concernant &#034;les Auteurs qui ont attribu&#233; &#224; Dieu la dur&#233;e&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, [Appuhn], Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I&#8222; Paris, 1964, p. 358&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; consistent &#224; dire qu'ils d&#233;finissent l'&#233;ternit&#233; sans &#233;gard &#224; Dieu et ils attribuent uniquement de la dur&#233;e aux choses sujettes &#224; des changements continuels. De plus, ils ont distingu&#233; l'existence de Dieu de son essence, comme s'il s'agissait d'une chose cr&#233;&#233;e. La cause de l'erreur de ces auteurs est tout d'abord &#034;qu'ils ne connurent pas ce qu'&#233;tait l'&#233;ternit&#233; mais la consid&#233;r&#232;rent comme un certain aspect de la dur&#233;e.&#034; En outre, &#034;ils ne purent facilement trouver la diff&#233;rence entre la dur&#233;e des choses et l'&#233;ternit&#233; de Dieu.&#034; Et pour finir, ils ont distingu&#233; l'existence de Dieu de son essence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 358&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette critique est en fait directement adress&#233;e &#224; Suarez et &#224; la philosophie scolastique. Par &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;&#233;ternit&#233;' Spinoza luim&#234;me entend une&lt;/code&gt;existence actuellement &#233;ternelle'. Cette forme d'existence est d&#233;duite par Spinoza du mouvement de conservation des choses cr&#233;&#233;es par Dieu, propre &#224; la philosophie cart&#233;sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'unit&#233;, ou plut&#244;t l'unicit&#233;, de Dieu, il d&#233;plore que certains auteurs essaient de prouver l'unit&#233; de Dieu par des arguments qui en fait n'en sont pas. Ce type d'argument consiste &#224; dire que &#034;Si un seul Dieu a pu cr&#233;er le monde, les autres seraient inutiles ; si toutes choses concourent &#224; une m&#234;me fin, elles ont &#233;t&#233; produites par un seul constructeur&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 360&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ce style d'argumentation remonte &#224; Burgersdijk&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Burgersdijk, Inst. Met. (1, vi)&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Burgersdijk suppose que Dieu est le seul en &#233;tat de produire un pouvoir infini n&#233;cessaire pour cr&#233;er le monde. De plus, il dit, qu'une chose finie ne peut jamais produire une chose infinie. Heereboord &#233;crit la m&#234;me chose sur cette question&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heereboord, Meletemata, p. 11 : &#034;Unde si quae esset diff&#233;rentia, per quam (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Spinoza fait valoir que si plusieurs dieux existaient, tous infiniment parfaits, cela voudrait dire qu'ils auraient tous une intelligence absolue, il y aurait un probl&#232;me de connaissance de soi-m&#234;me. Un &#234;tre absolument parfait avec l'intelligence la plus haute doit &#234;tre ind&#233;pendant parce que la d&#233;pendance signifie l'imperfection. Mais il n'y a place que pour un seul &#234;tre absolument parfait dans ce sc&#233;nario car &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;il faut qu'il se connaisse lui-m&#234;me et connaisse les autres, d'o&#249; suivrait qu'une perfection de chacun, &#224; savoir l'entendement, serait en partie de lui, en partie d'un autre.' Alors, &#034;un &#234;tre tenant de lui-m&#234;me non d'un autre toute sa perfection&#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 360]] ne correspond pas avec notre id&#233;e d'un seul Dieu infiniment parfait. Cette&lt;/code&gt;preuve' montre l'unicit&#233; de Dieu, mais pas l'unit&#233;. L'unit&#233; nous dit Spinoza doit &#234;tre conclue de l'essence m&#234;me de Dieu.&lt;br /&gt;
Au d&#233;but du traitement de l'immensit&#233; de Dieu Spinoza remarque directement que &#034;l'immensit&#233; n'est attribu&#233;e &#224; Dieu qu'en un sens relatif, car elle n'appartient pas &#224; Dieu en tant qu'on le consid&#232;re absolument comme un &#234;tre parfait au supr&#234;me degr&#233; mais en tant qu'on le consid&#232;re comme premi&#232;re cause. &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 361&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Mais, de nouveau il y a des &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;auteurs' qui, quand il s'agit de l'immensit&#233; de Dieu,&lt;/code&gt;semblent attribuer &#224; Dieu une quantit&#233;' ce qui r&#233;sulte pour ces auteurs de l'omnipr&#233;sence de Dieu. &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Ils' confondent les termes&lt;/code&gt;immensit&#233;' et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;infinit&#233;'. Par&lt;/code&gt;les auteurs&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Spinoza renvoie de nouveau &#224; Burgersdijk. Quand on met le texte de Burgersdijk et celui de Spinoza c&#244;te &#224; c&#244;te, comme le fait Freudenthal, on voit directement la ressemblance. Burgersdijk[[Burgersdijk, Inst. Met. p. 267]] : &#034;Tertio, Deus est actus purus, ergo infmitus est et ubique; nain si non sit ubique. Aut non poterit esse ubicunque vult esse, aut necessario moveri debet.&#034; Spinoza[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 362: &#034;Si Dieu, disent-ils, est acte pur, comme il l'est r&#233;ellement, il est n&#233;cessaire qu'il soit aussi partout et infini ; car s'il n'&#233;tait point partout, ou bien (qu'on prenne garde &#224; ceci) il devrait n&#233;cessairement se mouvoir.&#034;]] : &#034;Si Deus, ajunt, actus est purus, ut revera est, Necessario est ubique et infinitus ; nain si non {esset ubique, aut non poterit }Esse, ubicunque vult esse, aut necessario moveri debebit. &#034;&lt;br /&gt;
En ce qui concerne l'omnipr&#233;sence il faut remarquer que Spinoza, comme Descartes d'ailleurs, l'accepte sans critique parce que l'omnipr&#233;sence fait partie de la nature de Dieu dont on ne peut rien savoir parce que l'entendement humain est trop limit&#233;. Pour Descartes la raison de l'omnipr&#233;sence doit &#234;tre cherch&#233;e dans la cr&#233;ation continu&#233;e. Comme saint Thomas l'affirmait, Dieu doit toujours &#234;tre pr&#233;sent afin qu'une chose puisse persister dans son existence[[Thomas, Summa Theologica, I, Q. VIII, art. 1]]. Saint Thomas le compare m&#233;taphoriquement avec la lumi&#232;re du soleil. Il n'est pas suffisant que le soleil ait rayonn&#233; dans le pass&#233; pour qu'on re&#231;oive encore les rayonnements. La lumi&#232;re du soleil doit &#234;tre maintenue. Spinoza remarque que quelques-uns admettent que {l'Immensit&#233; }de Dieu est triple[[Kirchmann fait la distinction entre omnipr&#228;sentia operativa en omnipr&#228;sentia essentialis ce qui m&#232;ne a l'actio in distans. (Kirchmann, v. J., Erl&#228;uterungen zu Benedict von Spinoza's Bearbeitung der Prinzipien der Philosophie des R. Descartes, Berlin, 1871, p. 95)]], &#224; savoir l'immensit&#233; de l'essence, celle de la puissance et enfin de la pr&#233;sence. Spinoza se borne &#224; &#233;crire que &#034;ceux-l&#224; disent des niaiseries, car ils ont l'air de distinguer l'essence de Dieu et sa puissance. &#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 362]] Le fait est que Spinoza a bien lu saint Thomas parce que celui-ci fait la distinction entre l'essence et la puissance de Dieu[[Thomas, Summa Theologica I, Q. VIII, art. 3]]. Heereboord[[Heereboord, Meletemata, p. 101: &#034;Deus est in omnibus per essentiam, quatenus substantia ejus ab omnibus habetur, quatenus omnibus intime illabitur; per praesentiam. Quatenus omnia sunt in ejus prospectu, &amp; nuda atque aperta oculis ejus, sicut aliquis dicitur esse praesens in domo, cum omnia, quae sunt in domo, sunt in conspectu illius, per potentiam, quatenus omnia facit &amp; conservat, sicut rex dicitur esse in tot regno per potentiam, quia potestas ejus ubique operatur, quatenus regit omnia : duo hi posteriores modi sunt improprii &amp; huc non pertinent, sed primus tantum.&#034;]] compare la situation de Dieu, comme l'a fait saint Thomas, &#224; celle d'un roi qui r&#232;gne dans son royaume. Il ne doit pas &#234;tre physiquement pr&#233;sent dans tous les trous perdus de son pays pour y &#234;tre pr&#233;sent partout. Sa puissance fait qu'il est partout. Spinoza en conclut que c'est &#034;certes une grande absurdit&#233; dans laquelle on est tomb&#233;, parce qu'on a confondu l'entendement de Dieu avec l'humain, et qu'on a compar&#233; souvent sa puissance &#224; celle des rois.&#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 363]] Le chapitre suivant traite de l'immutabilit&#233; de Dieu. C'est une section relativement courte. Nous pouvons seulement remarquer que la proposition selon laquelle Dieu n'est chang&#233; ni par un autre &#234;tre, ni par lui-m&#234;me, vient de saint Thomas[[Thomas, Summa Theologica, I, Q IX, art. 2]]. Freudenthal nous indique que c'est probablement encore plus chez Heereboord[[Heereboord, A., Meletemata, p. 134 f]]. Apr&#232;s le traitement de l'unit&#233; de Dieu, le chapitre cinq traite la simplicit&#233; de Dieu. Spinoza commence par nommer explicitement Descartes, ce qui n'arrive que deux fois dans les {Pens&#233;es. II }remet en m&#233;moire la premi&#232;re partie des {Principes }de Descartes les articles 48, 49, - sur la substance et les modes - 60, 61 et 62 - sur la triple distinction des choses d'o&#249; viennent les combinaisons. Concernant cette triple distinction des choses, Freudenthal renvoie &#224; Heereboord[[Heereboord, A., Meletemata, p. 320 ff]]. D'abord il y a la distinction r&#233;elle ou la distinction entre deux substances qui peuvent &#234;tre pens&#233;es de fa&#231;on ind&#233;pendante l'unedel'autre, ce qui nous donne une combinaison de deux ou plusieurs substances. L'exemple classique est naturellement l'homme qui est constitu&#233; d'un corps et d'un esprit). La distinction modale op&#232;re une distinction entre le mode et la substance d'une part et entre deux, ou plusieurs modes d'une m&#234;me substance d'autre part. La combinaison que cela nous donne est celle d'une union de modes. La troisi&#232;me enfin est la distinction de raison par laquelle la distinction entre la substance et l'attribut se fait. En fait, ceci n'est qu'une distinction illusoire con&#231;ue par la raison pour faire mieux entendre une chose car entre la substance et l'attribut n'y a pas de vraie distinction. Il est alors impossible de former une combinaison avec cette derni&#232;re. Chaque partie d'une chose compos&#233;e existe, logiquement, avant la chose compos&#233;e m&#234;me. II est alors simple de voir que Dieu ne peut pas du tout &#234;tre compos&#233;, mais qu'il est simple. &#034;Car chacune, (substance) pouvant exister par elle-m&#234;me, devra exister d'elle-m&#234;me et, par suite, aura aussi la force de se donner toutes les perfections que nous avons montr&#233;es qui sont en Dieu, etc. [...] Comme il ne se peut rien dire de plus absurde, nous concluons que Dieu n'est pas compos&#233; d'un assemblage et d'une union de substances. &#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 367]], Spinoza fonde son argumentation concernant la simplicit&#233; de Dieu sur des concepts modernes de la philosophie de Descartes, compl&#232;tement diff&#233;rents de l'argumentation classique. Par exemple, Saint Thomas prouve que Dieu est simple de trois mani&#232;res toutes bas&#233;es sur l'immat&#233;rialit&#233; de Dieu. Premi&#232;rement, Dieu est le moteur immobile d'o&#249; vient qu'il est immat&#233;riel car un corps ne peut pas mouvoir quelque chose sans bouger lui-m&#234;me. Deuxi&#232;mement, en Dieu tout est en acte et rien n'y peut &#234;tre en puissance d'o&#249; vient de nouveau qu'il est immat&#233;riel parce qu'un corps contient toujours une sorte d'&#234;tre en puissance. Troisi&#232;mement, Dieu est l'&#234;tre le plus noble il est donc impossible qu'il soit corporel. Comme Spinoza l'avait d&#233;j&#224; remarqu&#233; cette argumentation ne fait pas de diff&#233;rence entre quantit&#233; et qualit&#233;.&lt;br /&gt;
Le sixi&#232;me chapitre traite de la vie de Dieu. Spinoza commence par examiner &#034;ce que les philosophes entendent commun&#233;ment par vie. &#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 367]] Aristote entend par vie &#8216;la persistance de l'&#226;me nutritive avec la chaleur'[[Aristote, Trait&#233; de la respiration, livre I, chap. VIII]] et&lt;/code&gt;l'acte de l'entendement'&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristote, M&#233;taphysique, livre XI, cap. VII&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De nouveau il suit la philosophie m&#233;caniste de Descartes au lieu de la philosophie ancienne. II interpr&#232;te la distinction entre les trois sortes d'&#226;mes, la v&#233;g&#233;tative, la sensitive et la pensante, comme une absurdit&#233; et ne la critique pas davantage, parce qu'il a d&#233;j&#224; montr&#233; &#034;qu'il n'y a rien dans la mati&#232;re sinon des assemblages et des op&#233;rations m&#233;caniques. &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 368&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#199;a nous fait penser aux Passions &lt;i&gt;de l'&#226;me &lt;/i&gt;quand Descartes nous explique quelle est la diff&#233;rence entre un corps vivant et un corps mort. La vie selon Descartes ne peut pas &#244;t&#233;e par le retrait de l'&#226;me mais la cause de la mort est plut&#244;t un dysfonctionnement de la machine du corps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Descartes, Oeuvres, Paris, 1996, AT XI, Passions de l'&#226;me, I, art. 6, p. 330-331&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le probl&#232;me d'une d&#233;finition de la &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;vie' selon laquelle une &#226;me est unie &#224; un corps est raisonnable pour l'homme et pour les animaux &#224; la rigueur, mais pas pour Dieu, nous dit Spinoza. Dieu n'a pas de vie, il {est }la vie.&lt;br /&gt;
Suarez voit la vie de Dieu comme une vie intellectuelle comme une substance vivante[[cfr. Suarez, Disputationes Metaphysicae II, New York, [1866], 1998, Disp. XXX, sect. 14, p. 167: &#034;Vitam Dei intellectualem esse.&#034;]]. Saint Thomas au contraire pense dans la tradition aristot&#233;licienne et consid&#232;re une chose qui remue par elle-m&#234;me comme une chose &#224; laquelle on peut adjuger la vie. Comme Dieu est le premier, moteur immobile il est l'&#234;tre le plus parfait. Au d&#233;but du septi&#232;me chapitre, Spinoza &#233;voque l'omniscience de Dieu par rapport &#224; la perfection de Dieu d'o&#249; suit qu'il n'y a rien hors de la pens&#233;e divine. S'il y avait des choses hors de sa pens&#233;e, cela signifierait qu'il y aurait des essences ind&#233;pendantes de Dieu. En d'autres termes, il y aurait des choses pr&#233;existant &#224; l'entendement de Dieu ce qui est absurde. &#034;Certains&#034;, &#233;crit Spinoza, &#034;ont admis en effet qu'il existait en dehors de Dieu une mati&#232;re, &#224; lui co-&#233;ternelle, existant par elle-m&#234;me et que, suivant les uns, Dieu disposerait seulement dans un certain ordre, tandis que, selon d'autres, il lui imposerait en outre certaines formes. &#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 370]] Il est clair que cette critique est dirig&#233;e vers le premier, moteur immobile d'Aristote. Mais s'il n'y a rien hors de l'entendement divin, alors les p&#233;ch&#233;s et les &#234;tres de raison sont &#233;galement connus par Dieu ? Spinoza r&#233;pond que Dieu doit effectivement conna&#238;tre les choses dont il est la cause, mais &#034;puis donc les maux et les p&#233;ch&#233;s ne sont rien dans les choses, mais sont seulement dans l'esprit humain comparant les choses entre elles, il s'ensuit que Dieu ne les conna&#238;t pas en dehors de l'esprit humain. &#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 370]] Ces questions concernant Dieu comme l'&#233;ventuelle source des p&#233;ch&#233;s et des &#234;tres de raison sont plut&#244;t classiques. On peut se r&#233;f&#233;rer &#224; Saint Thomas et Suarez, mais aussi &#224; Burgersdijk et Heereboord, qui citent aussi Saint Thomas et Suarez.[[Saint Thomas, Summa Theologica I, Q. XIV, Disp. XXX, sect. 15; Burgersdijk, Inst. Meta.1. II c.8; Heereboord, Meletemata, p. 144 f.]] Descartes lui-m&#234;me a trait&#233; ce sujet dans ses {Principes[[&#034;Car il [Dieu] ne veut point la malice du pech&#233;, pource qu'elle n'est rien.&#034; (Descartes, Oeuvres, Paris, 1996, AT IX, Principes I, art. 23, p. 35)]]}.&lt;br /&gt;
Comme il n'y a pas d'essence hors de Dieu il faut accepter qu'il y ait en lui une seule et simple id&#233;e. La science de Dieu est par l&#224;, la seule science et elle contient toutes les perfections intellectuelles. Ce sont alors les hommes qui morc&#232;lent cette science unique en plusieurs sciences. Curley se r&#233;f&#232;re ici &#224; Suarez[[Suarez, Disputationes Metaphysicae II, p. 180 : &#034;In Deo una tantum est scientia, eaque simplicissima, formaliter et eminenter continens omnem perfectionem simpliciter intellectualis virtutis, secundum quam in plures scientias per rationem, et conceptus inadaequatos a nobis distinguitur.&#034; En verder &#034;Item, quia haec scientia Dei, ut versatur circa ipsum Deum, quod est simplicissimum objectum, una est et simplex.&#034;]]. Saint Thomas indiquait d&#233;j&#224; qu'en principe toutes les choses doivent &#234;tre compr&#233;hensibles dans la mesure o&#249; ce sont des actes. Dieu est acte supr&#234;me et est alors compl&#232;tement compr&#233;hensible. Mais l'entendement humain est trop limit&#233; pour comprendre l'essence de Dieu. Le probl&#232;me est que si l'homme est incapable de conna&#238;tre Dieu il est impossible de trouver la b&#233;atitude. Et ces bienheureux qui ont les capacit&#233;s de se rapprocher de Dieu ne vont pas voir Dieu lui-m&#234;me mais seulement une sorte de lumi&#232;re naturelle[[Saint Thomas, Summa Theologica, I, Q XII, art. 2]]. Dans le chapitre huit, sur la volont&#233; de Dieu, Spinoza nous &#233;crit que &#034;L'Ecriture n'enseigne rien qui r&#233;pugne &#224; la Lumi&#232;re Naturelle. &#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 374]] Hormis la citation de quelques passages bibliques il n'en parle pas dans ce chapitre. Wielenga remarque d'ailleurs que c'est plut&#244;t normal car chez Descartes il n'y a pas de vraie volont&#233; de Dieu. Ceci suppose naturellement que Spinoza suit incontestablement Descartes. Le chapitre neuf nous offre un trait&#233; sur la puissance de Dieu. D'abord il doit &#234;tre clair que&lt;/code&gt;si les hommes connaissaient clairement tout l'ordre de la Nature, ils trouveraient toutes choses aussi n&#233;cessaires que toutes celles dont il est trait&#233; dans la Math&#233;matique.'&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 375-376&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette remarque implique que &#034;ou bien il faut dire que Dieu ne peut rien parce que toutes choses sont r&#233;ellement n&#233;cessaires ; ou bien Dieu peut tout et la n&#233;cessit&#233; que nous trouvons dans les choses provient du seul d&#233;cret de Dieu.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 376&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Wielenga remarque qu'ici la puissance de Dieu n'est pas du tout d&#233;crite d'une mani&#232;re classique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wielenga, B., Spinozas ordonn&#233;e' et ordinaire' et 'extra-ordinaire'. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ces questions, qu'on retrouve d'ailleurs chez Saint Thomas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cfr. Saint Thomas, Summa Theologica, I, Q. XXV, art. 4 - 6.&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sont, selon Freudenthal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freudenthal, 'Spinoza und die Scholastik', p. 114&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, litt&#233;ralement reprises de Heereboord&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heereboord, Meletemata, p.354-357 : &#034;Utrum ad praeterita sit Dei potentia&#034; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La cr&#233;ation&#034;, &#233;crit Spinoza dans le dixi&#232;me chapitre, &#034;est une op&#233;ration &#224; laquelle ne concourent d'autres causes que l'efficiente, C'est-&#224;-dire qu'une chose cr&#233;&#233;e est une chose qui pour exister ne suppose avant elle rien que Dieu. &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 377&#034; id=&#034;nh2-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Des d&#233;finitions comparables peuvent &#234;tre trouv&#233;es chez Saint Thomas et Suarez&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas, Summa Theologica, la, Q XLV, art. 1 ; Suarez, Disputationes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La premi&#232;re remarque que Spinoza a effectu&#233; sur cette d&#233;finition de la &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;cr&#233;ation' est qu'il a laiss&#233; les mots&lt;/code&gt;du n&#233;ant', souvent utilis&#233;s dans les d&#233;finitions vulgaires consciemment de c&#244;t&#233;. On fait comme si le n&#233;ant est quelque chose et on para&#238;t oublier que le n&#233;ant est au contraire une n&#233;gation de la r&#233;alit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cfr. Suarez, Disputationes Metaphysicae, I, p. 745 : &#034;Significat ergo (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette premi&#232;re remarque est en effet une r&#233;action contre Heereboord qui d&#233;finit la cr&#233;ation le fait de tirer quelque chose du n&#233;ant. Cette d&#233;finition de Heereboord n'est pas unique, mais est plut&#244;t une sorte d'h&#233;ritage de Saint Thomas. Chez Thomas la cr&#233;ation du n&#233;ant ne doit pas &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme mat&#233;rielle, mais comme une mise en ordre du premier, moteur immobile. Dans ce sens Saint Thomas entend par cr&#233;ation une &#233;manation de la cause universelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas, Summa Theologica, la, Q XLV, art. 1&#034; id=&#034;nh2-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza ne prend pas la peine de r&#233;agir contre ceux qui croient que le monde 83&lt;br /&gt;
est aussi &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;&#233;ternel' que Dieu[[83 CE Suarez, Disputationes Metaphysicae, I, Disp XX, sect. 17, p. 749]], mais il commence directement par examiner l'expression&lt;/code&gt;de toute &#233;ternit&#233;'. &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;il faut prendre garde de ne pas confondre l'&#233;ternit&#233; de Dieu avec ce terme&lt;/code&gt;de toute &#233;ternit&#233;'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous n'entendons rien ici que la dur&#233;e, sans commencement de la dur&#233;e.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 380&#034; id=&#034;nh2-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette d&#233;finition nous fait penser &#224; Faevum' de Saint Thomas. Mais, nous ne devons pas oublier que &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;de toute &#233;ternit&#233;' est une forme de dur&#233;e qui est si grande qu'elle ressemble &#224; l'&#233;ternit&#233;, tout en restant toujours dur&#233;e. La nature de Dieu suppose qu'il n'existe rien de plus grand que Dieu-m&#234;me d'o&#249; la conclusion qu'une dur&#233;e plus grande ou aussi grande que Dieu est impossible. Il y a d'ailleurs des philosophes qui persistent dans leur croyance d'une 'dur&#233;e &#233;ternelle', comme le fait Suarez. Selon Curley Spinoza fait allusion &#224; Pereira, ce que Spinoza a de Heereboord[[Heereboord, Meletemata, p. 68-69]]. Ces auteurs commettent deux fautes dans leur argumentation nous dit Spinoza. &#034;De ce que Dieu est &#233;ternel, il ne suit pas que ses effets puissent &#234;tre de toute &#233;ternit&#233;&#034; et &#034;si Dieu agissait par n&#233;cessit&#233;, il n'aurait pas une vertu infinie. &#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 381; cf. Heereboord, Meletemata, p. 69]] Pour donner plus de vigueur &#224; l'argumentation&lt;/code&gt;ils' donnent l'exemple du fils de Dieu. Mais, nous dit Spinoza, &#034;cette m&#234;me &#233;ternit&#233; qu'ils attribuent au fils de Dieu, ils admettent qu'elle puisse appartenir aux cr&#233;atures. &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 381&#034; id=&#034;nh2-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; De m&#234;me ils s'imaginent qu'il y avait du temps et de la dur&#233;e avant la cr&#233;ation du monde. Par cons&#233;quent il devrait exister de la dur&#233;e hors des choses cr&#233;&#233;es ce qui est rejet&#233; ici dans un sens cart&#233;sien. Dans ce contexte, un philosophe comme Heereboord all&#232;gue la possibilit&#233; de la simultan&#233;it&#233; de la cause et la chose cr&#233;&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freudenthal, 'Spinoza und die Scholastik', p. 115-116 ; CM II, cap. X, s. 13 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Wielenga, le but final de ce chapitre est la n&#233;gation de la possibilit&#233; d'une mati&#232;re co-&#233;ternelle &#224; Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wielenga, B., Spinoza's spinoziste' des Pens&#233;es M&#233;taphysique.&#034; id=&#034;nh2-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me du chapitre onze, du concours de Dieu a &#233;t&#233; d&#233;j&#224; discut&#233; &#224; quelques occasions dans des chapitres pr&#233;c&#233;dents. Au regard de la philosophie scolastique nous pouvons remarquer que Spinoza rejette ici la division courante des attributs souvent adopt&#233;e par les &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Auteurs'. II parle alors de &#034;ceux qui divisent les attributs de Dieu en incommunicables et communicables&#034; et &#034;pour dire la v&#233;rit&#233;, elle me semble plus nominale que r&#233;elle.&#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 384]] Heereboord croit que les attributs communicables - la bont&#233;, la volont&#233;, l'intelligence, etc. - peuvent parfois &#234;tre retrouv&#233;s dans les cr&#233;atures. Les attributs incommunicables - l'&#233;ternit&#233;, l'intelligence, etc. - au contraire, sont introuvables chez des cr&#233;atures. Au d&#233;but du {Meletemata }Heereboord traite de la relation entre les&lt;/code&gt;persona' et les attributs communicables et incommunicables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Meletemata, p. 8&#034; id=&#034;nh2-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon Freudenthal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freudenthal, 'Spinoza und die Scholastik', p. 116&#034; id=&#034;nh2-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; la diff&#233;rence entre les attributs telle qu'elle est d&#233;crite dans les &lt;i&gt;Meletemata &lt;/i&gt;et le &lt;i&gt;Pneumatica&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Heereboord, Meletemata, Pneum., p. 964 : &#034;solent Dei attributa dividi in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; de&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Heereboord est bas&#233;e sur les &#233;crits de Saint Thomas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas, C. gent. l c. 50 : l'&#226;me humaine ne vient point d'un interm&#233;diaire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi la relation entre les &lt;i&gt;Pens&#233;es m&#233;taphysiques et &lt;/i&gt;la scolastique n'est qu'un point de d&#233;part permettant de jeter une lumi&#232;re sur la valeur des &lt;i&gt;Pens&#233;es m&#233;taphysiques &lt;/i&gt;pour la constitution de la philosophie spinoziste et son histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Descartes, R., Oeuvres, Paris, 1996, AT IX, Med. III, p. 35-36&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Descartes, R., Oeuvres, Paris, 1996, AT VI, Disc. d/1 M&#233;th., p. 35&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thomas, Sentent., lib. I, prolog. Q. I, art. 2 en Disp. II, Q. I, art. 2&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gilson, E., Index scolastico-cart&#233;sien, Paris, 1979 [1913&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Garin, P., Th&#232;ses cart&#233;siennes et th&#232;ses Thomistes, Paris,	1958 ; Goudriaan A., Philosophische Gotteserkenntnis bei Suarez und Descartes im Zusammenhang mit der niederlaendischen reformierten Theologie und Philosophie des 17. .Zahrhunderts, Leiden, 1999 ; Ariew R., Descartes and the last scholastics, Cornell University Press, Ithaca-London, 1999 ; Des Chene D., Physiologia, Cornell University Press, Ithaca, London, 1996&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dalbiez, R, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Les sources scolastiques de la th&#233;orie cart&#233;sienne de l'&#234;tre objectif a propos du 'Descartes' de M. Gilson' in Revue d'histoire de la philosophie, vol. 3, 1929, [P. 464-472], p. 472]] nous dit Dalbiez dans les ann&#233;es vingt du vingti&#232;me si&#232;cle. Mais ce qui doit &#234;tre clair, apr&#232;s des d&#233;cennies d'&#233;tudes cart&#233;siennes, est que Descartes subit &#233;galement une influence importante de ces pr&#233;curseurs philosophiques et des donn&#233;es de son temps. Comme Descartes Spinoza a &#233;t&#233; souvent interpr&#233;t&#233; comme un&lt;/code&gt;mythe' isol&#233;. Mais, que Spinoza ait &#233;t&#233; influenc&#233; par ses contemporains et par la philosophie &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;ancienne' est un fait certain si l'on regarde son premier livre, publi&#233; en 1663 sous son propre nom, intitul&#233; {Les Principes de la Philosophie de Descartes }avec un appendice les {Pens&#233;es M&#233;taphysiques. }Le livre est essentiellement un sommaire des trois premi&#232;res parties des {Principes }de Descartes. L'appendice, d'ailleurs, fait souvent penser &#224; la philosophie scolastique. Mais quelle est la valeur de la philosophie scolastique pour cet appendice? Et, quelle &#233;tait absolument la valeur de la philosophie scolastique au temps o&#249; Spinoza travaillait? Dans les paragraphes suivants, j'essaierai d'abord de d&#233;crire la situation de la philosophie scolastique au sein des universit&#233;s hollandaises. Ensuite, je chercherai dans quelle mesure on peut caract&#233;riser les {Pens&#233;es m&#233;taphysiques }comme une oeuvre d'inclination scolastique. Pour pouvoir d&#233;voiler le&lt;/code&gt;mythe spinoziste' il est n&#233;cessaire de se poser des questions sur les conditions intellectuelles dans lesquelles Spinoza commen&#231;a &#224; travailler sur sa philosophie. Avant de se poser des questions sur la relation entre les &lt;i&gt;Pens&#233;es m&#233;taphysiques et &lt;/i&gt;la philosophie scolastique, il nous faut d&#233;crire la situation scolastique de l'&#233;poque.&lt;br /&gt;
A l'universit&#233; de Leyde[[Fond&#233;e en 1575&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Prantl, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Hunnaeus' in Allg. Deutsche Bibliographie, XIII, p. 415 ; Reusens, E.,&lt;/code&gt;Hunnaeus' in Bibliographie Nationale de Belgique, IX, p. 711 ; Dibon, P., L'Enseignement philosophique dans les universit&#233;s n&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;cart&#233;sienne (1575-1650), p. 12-13, 99-100, ; Sassen, F., Geschiedenis van de Wijsbegeerte in Nederland, p. 98, 123&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dibon, P., L Enseignement philosophique dans les universit&#233;s n&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;cart&#233;sienne (1575-1650), p. 10-13, ; Sassen, F., Geschiedenis van de Wijsbegeerte in Nederland, p. 98, 109, 123&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bosch, L., Petrus Bertius 1565-1629, Phd. Diss. Nijmegen, 1979 ; Allard, H., Petrus Bertius, Hoogleraar aan de Leidsche Academie, s-Hertogenbosch, 1870 ; Combertus, P., 'De tabulae contractae van Petrus Bertius' in Het Boek 19, 's-Gravenhage, 1930, p. 301-320 ; Dibon, P., L'Enseignement philosophique dans les universit&#233;s n&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;cart&#233;sienne (1575-1650) ; Sassen, F., Geschiedenis van de Wijsbegeerte in Nederland, p. 123,214&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rademaker, C., Leven en werk van Gerardus Joannes Vossius (1577-1649), Hilversum, 1999 ; Wickenden, N., G.J Vossius and the humanist concept of history, Assen, 1993 ; ABW, XIX, p. 408-415 ; Romein, J., In Vossius voetspoor, Jb., UA, 1948/49, p. 60-73 ; Roldanus, C., Gerard Johannes Vossius, DG, CXII (1949/II), p. 43-59 ; Dibon, P., L'Enseignement philosophique dans les universit&#233;s n&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;cart&#233;sienne (1575-1650), p. 220-240&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kuyper, A., Johannes Maccovius, Leiden, 1899 ; Bell, M.D., Propter potestatem, scientiam, ac beneplacitum dei : the doctrine of the object of predestination in the theology of Johannes Maccovius, Ph.d. Diss. Westminster Theological Seminary, 1986 ; Dibon, P., L'Enseignement philosophique dans les universit&#233;s n&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;cart&#233;sienne (1575-1650), p. 148-154&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Duker, A.C., Gilbertus Yoetius, Leiden, 1893-1915 / Reprint : Leiden, 1989 (4 vol.) ; Asselt, W.J., / Dekker, E. (red.), De Scholastieke Yoetius, Zoetermeer, 1995 ; Oort, van J., Graafland, C.,Groot, de A., Jong, de O.J., (eds.), De onbekende Yoetius, voordrachten wetenschappelijk symposium Utrecht 3 maart 1989, Kampen, 1989 ; Ruler, van J.A., The crisis of causality, Leiden, 1995 ; Dibon, P., L'Enseignement philosophique dans les universit&#233;s n&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;cart&#233;sienne (1575-1650) ; Sassen, F., Geschiedenis van de Wijsbegeerte in Nederland ; Van Bunge, W., From Stevin to Spinoza, p. 37-41 ; Verbeek, T., La querelle d'Utrecht, Paris, 1988&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sassen, Geschiedenis van de Wijsbegeerte in Nederland, p. 122-123&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Asselt, van W./ Dekker, E. (red.), De scholastieke Yoetius, Zoetermeer, 1995, p. 10&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Disputatio contra scholasticam theologiam ; Van der Woude, C., Op de grens van reformatie en scholastiek, Kampen, 1964, p. 6&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Van der Woude, C., Op de grens van reformatie en scholastiek, Kampen, 1964, p. 6-7 ; Waddington, Ch., Ramus, sa vie, ses &#233;crits et ses opinions, Paris, 1855, p. 95&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacchaeus, Gilbertus (1578-1628), De libero arbitrio (1603), De peccato originali (1603), Institutiones physicae (1615), Primae philosophiae institutiones (1616), Institutiones medicae (1624) ; Platt, J., Reformed Thought and scholasticism, Leiden, 1982, p. 229-230 ; Van Bunge, W., From Stevin to Spinoza, p. 31 ; Dibon, P., L Enseignement philosophique dans les n&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;cart&#233;sienne (1575-1650), p. 31-116 ; Sassen, F., Geschiedenis van de Wijsbegeerte in Nederland, p. 124-126&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robbers, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;De Spaans-scholastieke wijsbegeerte op de Noord-Nederlandse universiteiten in de eerste helft der 17e eeuw' in Tijdschrift voor Philosophie en Theologie, XVII 1965, afl. 1, [p. 26-55], p. 29; Voetius, Disputationes Selectae V 458, [Duker, Gisbertus Voetius, 3 vol., Leiden 1897-1915, vol l, p. 76, nt 4]] Cependant, on ne peut conserver de Jacchaeus l'image d'un disciple servile de Suarez. En ce qui concerne, par exemple la question de l'analogie, il est clair que Jacchaeus pr&#233;f&#232;re dans ses {Primae Philosophiae Institutiones (1616), }plut&#244;t le point de vue de saint Thomas &#224; celui de Suarez. De ce fait, on peut d&#233;j&#224; en conclure que ce n'&#233;tait pas seulement le populaire Suarez qui comptait &#224; l'&#233;poque, mais que saint Thomas n'&#233;tait pas du tout oubli&#233;. Peu de temps apr&#232;s Jacchaeus fut suspendu de sa fonction en {1619 }et Franco Burgersdijk {(1590-1635)[[Krop, H., Bos, E.P, (ed.), Franco Burgersdijk (1590-1635), studies in the history of ideas in the low countries (Amsterdam, 1993); Van Bunge, W., Front Stevin to Spinoza, p. 30-34; Dibon, P., L'Enseignement philosophique dans les universit&#233;s n&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;cart&#233;sienne (1575-1650), p. 90-127; Sassen, F., Geschiedenis van de Wijsbegeerte in Nederland, p. 125-127]] }remplit le poste vacant. Il y enseigna logique et &#233;thique apr&#232;s quelques ann&#233;es d'enseignement &#224; Saumur. D&#232;s {1628 il }devint professeur de philosophie. Non seulement, il fut trois fois {rector magnificus }de l'universit&#233; de Leyde[[1629, 1630 en 1634]] mais ses livres furent lus partout en Europe. Dans son {Idea Philosophiae Naturalis (1624) }Zabarella, Peyrera, Toletus, Suarez et les {Conimbricenses }sont cit&#233;s plusieurs fois. Comme dans son {Idea Philosophiae Moralis (1623) }l'esprit de Suarez est pr&#233;sent dans son oeuvre principale, les {Institutiones Metaphysicae, }publi&#233;e &#224; titre posthume en {1640. }Selon Dibon, le m&#233;rite de Burgersdijk est sa contribution au d&#233;veloppement de la m&#233;taphysique calviniste qui la lib&#232;re des influences n&#233;o-scolastiques espagnoles et luth&#233;riens[[Dibon, L'enseignement philosophique dans les Universit&#233;s N&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;-cart&#233;sienne (1575-1650), p. 116]]. Des &#233;tudes r&#233;centes[[Ruler, Van H., &#034;Franco Petri Burgersdijk and the case of Calvinism within the neo-scholastic tradition&#034; in Krop, H., Bos, E.P (eds.), Franco Burgersdijk (1590-1635), studies in the history of ideas in the low countries, Amsterdam, 1993, p. 52-55]] ont pourtant montr&#233; que Burgersdijk ne cherchait pas de confrontations avec les th&#233;ologiens, ce qui explique pourquoi de vraies propositions th&#233;ologiques ne se retrouvent pas dans son oeuvre. Au contraire, il essaya de s&#233;parer les discussions philosophiques des discussions th&#233;ologiques[[Ibid. , p. 52]]. Des figures comme Voetius faisaient tout le contraire, en utilisant la philosophie &#224; des fins th&#233;ologiques. Mais, contrairement aux propositions de Dibon, il faut constater que ni chez Burgersdijk, ni chez Voetius la recherche d'une m&#233;taphysique calviniste ne co&#239;ncide &#224; (avec) une &#233;ventuelle lib&#233;ration des sources n&#233;o-scolastiques[[Ibid., p. 53]]. De m&#234;me, Wundt dit que dans {l'Institutio Metaphysicae }de Burgersdijk on peut reconna&#238;tre des &#233;l&#233;ments du {Schulmetaphysik }allemand[[Ibid., p. 53; Cfr. Wundt, Die deutsche Schulmetaphysik des 17. Jahrhunderts, T&#252;bingen, 1939, p. 88]] mais de nouveau des &#233;tudes r&#233;centes l'ont contest&#233;[[CE : Ruler, Van H., &#034;Franco Petri Burgersdijk and the case of Calvinism within the neoscholastic tradition&#034; in Krop, H., Bos, E.P (eds.), Franco Burgersdijk (1590-1635), studies in the history of ideas in the low countries, Amsterdam, 1993.]]. D'ailleurs, l'usage de Suarez doit &#233;galement &#234;tre vu sous une perspective p&#233;dagogique. Burgersdijk, en tant que p&#233;dagogue, s'int&#233;ressait &#224; l'&#233;criture de livres d'&#233;tude m&#233;taphysique o&#249; se trouvait un r&#233;sum&#233; de la philosophie traditionnelle. A cette fin, Suarez &#233;tait tr&#232;s commode &#224; utiliser car sa philosophie &#233;tait une synth&#232;se de la philosophie m&#233;di&#233;vale, scolastique. La facilit&#233; avec laquelle la philosophie de Suarez &#233;tait applicable &#224; l'enseignement fut en fait responsable de son grand succ&#232;s. Gr&#226;ce &#224; la vente des {Disputationes Metaphysicae (1597) }le coll&#232;ge des J&#233;suites de Salamanca fut en &#233;tat de construire une aile compl&#232;tement nouvelle[[Asselt, van W./ Dekker, E. (red.), De scholastieke Voetius, Zoetermeer, 1995, p. 11 n 28]].&lt;br /&gt;
C'est un fait certain, si l'on s'int&#233;resse &#224; Revius {(1586-1658)[[Posthumus Meyjes, E., Jacobus Revius, zijn leven en werken, Phd. Diss., Utrecht, Amsterdam, 1895;Thijssen-Schoute, L., Nederlands Cartesianisme, p. 459-461; Sassen, F., Geschiedenis van de Wijsbegeerte in Nederland, p. 160-162]]}, un &#233;l&#232;ve de Jacchaeus, qu'il existait aussi une attitude ambigu&#235; dans le milieu orthodoxe calviniste, opposant Suarez. Selon Sassen, Revius voulait r&#233;fl&#233;chir &#224; un&lt;/code&gt;Suarez r&#233;form&#233;'. En &lt;i&gt;1643, il &lt;/i&gt;donna &#224; cette occasion un sommaire des &lt;i&gt;Disputationes Metaphysicae &lt;/i&gt;dans son livre &lt;i&gt;Suarez Repurgatus. II &lt;/i&gt;est vrai que Sassen l'appelle en premi&#232;re instance le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;chasseur d'h&#233;r&#233;tiques', mais ce qui doit &#234;tre clair est le fait que Revius a toujours voulu neutraliser l'influence de la N&#233;o-scolastique espagnole[[Sassen, F., Geschiedenis van de Wijsbegeerte in Nederland, p. 150]]. Par exemple, Revius n'acceptait pas l'id&#233;e de la possibilit&#233; pour un simple concept d'&#234;tre applicable aussi bien &#224; Dieu qu'aux choses cr&#233;&#233;es. Il refusait d'accepter cette id&#233;e parce qu'il partait du principe qu'il &#233;tait impossible de distinguer l'&#234;tre de Dieu de son ind&#233;pendance intrins&#232;que tout comme il &#233;tait impossible de distinguer l'&#234;tre des choses cr&#233;&#233;es de sa d&#233;pendance de Dieu[[&#034;Revius&#034; in The Dictionnary of Seventeenth and Eighteenth-century Dutch Philosophers, Bristol, [a para&#238;tre]]]. Que la philosophie scolastique ait &#233;t&#233; compl&#232;tement actuelle au dix-septi&#232;me si&#232;cle dans un pays en majorit&#233;) calviniste est une r&#233;alit&#233; ind&#233;niable. Comme on l'a vu, m&#234;me Voetius, que Descartes appelait &#034;le plus franc p&#233;dant de la terre&#034;, fut influenc&#233; par le n&#233;o-aristot&#233;lisme qui r&#233;gnait &#224; l'&#233;poque &#224;&lt;br /&gt;
Leiden[[Voetius utilisait pour ses &#233;tudes des livres de Fr. Toletus, la Logica de Zabarella et les commentaires des Conimbricenses sur De Physica de Aristote, parmi lesquelles on peut compter aussi Fonseca; Duker 1, p. 52-55; Duker II, p. 200]]. Ce n'&#233;tait &#233;videmment plus l'Aristote du moyen-&#226;ge qu'on utilisait, mais il s'agissait d'un n&#233;o-aristot&#233;lisme revu par la m&#233;thode n&#233;oscolastique. Mais Voetius indiquait aussi, dans son {Theologia Scholastica }(1640) que la forme de scolastique qu'il utilisait, &#233;tait pr&#233;f&#233;rable &#224; celle du moyen-age. Voetius appr&#233;ciait les &#233;l&#233;ments didactiques et apolog&#233;tiques. L'aspect formel, la m&#233;thode scolastique, &#233;tait tr&#232;s attractif pour Voetius, plus que son contenu[[Asselt, van W.,&lt;/code&gt;Gisbertus Voetius, Gereformeerd scholasticus' dans Groot, de A., Vier eeuwen theologie in Utrecht : Bijdragen tot de geschiedenis van de theologie, Zoetermeer, 2001, p.102-103&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freudenthal, 'Spinoza und die Scholastik', p. 110&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, &#201;thique, &#201;d. Du Seuil, Paris, 1999, [1988], p. 15&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Temps, dur&#233;e et &#233;ternit&#233; dans les Principes de la philosophie de Descartes de Spinoza, Paris, 1996&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jaquet, Ch., Sub specie Aeternitatis, &#201;tudes des concepts de temps, dur&#233;e et &#233;ternit&#233; chez Spinoza Paris, 1997&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, [Appuhn], Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I&#8222; Paris, 1964, p. 358&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 358&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 360&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Burgersdijk, Inst. Met. (1, vi)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Heereboord, Meletemata, p. 11 : &#034;Unde si quae esset diff&#233;rentia, per quam constitueretur Deus in hac specie entis, illa non est Deus ; at nihil est in Deo, quod non sit ipse Deus ; cum enim, quicquid praeter Deum est, sit creatum quid, si non esset Deus, quod est in Deo, Deus ab aliquo creato haberet ultimam perfectionem ...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 361&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aristote, M&#233;taphysique, livre XI, cap. VII&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 368&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Descartes, Oeuvres, Paris, 1996, AT XI, Passions de l'&#226;me, I, art. 6, p. 330-331&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 375-376&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 376&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wielenga, B., Spinozas &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Cogitata Metaphysica' als Anhang zu seiner Darstellung der Cartesianischen Prinzipienlehre, p. 35]].&lt;br /&gt;
Ensuite, Spinoza divise la puissance de Dieu en&lt;/code&gt;ordonn&#233;e' et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;absolue'. Cette division traditionnelle peut d&#233;j&#224; &#234;tre trouv&#233;e chez Petrus Lombardus (1100-1164) et jouait un r&#244;le important dans les discussions et controverses sur Guillaume d'Occam (1284-1349). On parle de puissance absolue si l'on consid&#232;re l'omnipotence de Dieu sans avoir &#233;gard &#224; ses d&#233;crets, de puissance ordonn&#233;e quand on a &#233;gard &#224; ses d&#233;crets[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 376]]. Spinoza fait encore la distinction entre la puissance&lt;/code&gt;ordinaire' et 'extra-ordinaire'. &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Ordinaire' est celle par laquelle Dieu conserve le monde dans un ordre d&#233;termin&#233; et 'extra-ordinaire' celle dont il use quand il fait quelque chose en dehors de l'ordre de la nature, distinction que Spinoza trouve tr&#232;s douteuse. On peut retrouver cette sorte de division chez saint Thomas et Suarez comme chez Burgersdijk et Heereboord[[Saint Thomas, Summa Theologica, I, Q. XXV, art. 5; Suarez, Disputationes Metaphysicae, Disp. XXX, s. 17, p. 150 ; Burgersdijk, Inst. Meta. II, c. 9; Heereboord, Meletemata, p. 346]]. En fin, Spinoza cite encore les questions qui sont&lt;/code&gt;traditionnellement' trait&#233;es dans ce contexte &#224; savoir : &#034;si la puissance de Dieu s'&#233;tend au pass&#233;, s'il peut faire les choses meilleures qu'il ne les fait ; s'il peut faire beaucoup plus de choses qu'il n'en a fait. &#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 377&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cfr. Saint Thomas, Summa Theologica, I, Q. XXV, art. 4 - 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freudenthal, 'Spinoza und die Scholastik', p. 114&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Heereboord, Meletemata, p.354-357 : &#034;Utrum ad praeterita sit Dei potentia&#034; (p. 354) ; &#034;An Deus possit facere alia quam fait&#034; (p. 356) ; &#034;An possit meliora facere ea quae fecit&#034;(p. 357)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 377&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thomas, Summa Theologica, la, Q XLV, art. 1 ; Suarez, Disputationes Metaphysicae, I, p. 745&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cfr. Suarez, Disputationes Metaphysicae, I, p. 745 : &#034;Significat ergo creatio effectionem alicujus rei ex nihilio Theologi definiunt. Illa auteur particular, ex nihilio, ut distinguat hanc actionem ab aliis, excludit omnem concursum causae materialis, et dependentiam rei, quae creatur, ab aliquo subjecto, ut recte exponit Anselm ita ut idem sit dictum, ex nihilio, quod ex nullo subjecto ;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thomas, Summa Theologica, la, Q XLV, art. 1&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 380&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 381&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freudenthal, 'Spinoza und die Scholastik', p. 115-116 ; CM II, cap. X, s. 13 &#034;Argumentatur 2. quod Deus quum libere agat non minoris sit potentiae quam quum agit necessario ; at si Deus necessario ageret, quum sit infinitae virtutis, mundum ab aeterno creare debuisset.&#034; Heereboord cite Pereira : &#034;quia Deus agit libere, cum sit infinitae virtutis , non est minoris potentiae, quam si esset agens ex necessitate naturae ; sed si ageret ex necessitate naturae, produxisset mundum ab aeterno&#034; (Heereboord, Meletemata, p. 107)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wielenga, B., Spinoza's &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Cogitata Metaphysica' als Anhang zu seiner Darstellung der Cartesianischen Prinzipienlehre, p. 38]]. Au sujet du concept de cr&#233;ation on trouvera en g&#233;n&#233;ral trois opinions : La premi&#232;re, consiste &#224; dire le monde est &#233;ternel et existe par cons&#233;quent co-&#233;ternellement &#224; Dieu, la deuxi&#232;me, soutient que le monde a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; il y a six mille ans, la derni&#232;re, affirme que le monde est une cons&#233;quence de la n&#233;cessit&#233; de l'&#234;tre de Dieu. Pour Wielenga, il est clair que Spinoza est plut&#244;t en d'accord avec la derni&#232;re interpr&#233;tation[[Il ne faut pas oublier que Wielenga defend une interpretation&lt;/code&gt;spinoziste' des Pens&#233;es M&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Meletemata, p. 8&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Freudenthal, 'Spinoza und die Scholastik', p. 116&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Heereboord, Meletemata, Pneum., p. 964 : &#034;solent Dei attributa dividi in communicabilia et incommunicabilia.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thomas, C. gent. l c. 50 : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Quod Deus habet propriam cognitionem de omnibus rebus']]. Spinoza lui-m&#234;me divise les attributs comme suit: &#034;Il y a des attributs de Dieu qui expliquent son essence active; il y en a d'autres qui n'exposent rien de son action mais bien son mode d'existence. De ce dernier genre sont l'unit&#233;, l'&#233;ternit&#233;, la n&#233;cessit&#233;, etc. Du premier la connaissance, la volont&#233;, la vie, l'omnipotence, etc. &#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 384-385]] Freudenthal[[Freudenthal, 'Spinoza und die Scholastik', p. 116]] remarque que la source de Spinoza a d&#251; &#234;tre Heereboord, chez qui on lit: &#034;Alii adhuc attributa Dei dividunt in operativa et non operativa; illa vocant quae Deo competunt sine ullo respectu operandi extra se, ut est aeternitas, immortalitas, unitas etc.; haec dicuntur, quae Deo conveniuntin ordine ad operationem extra se, ut potentia Dei, voluntas, esse creatorem etc.&#034;[[Heereboord, Meletemata, Pneum., p. 964]] Dans le dernier chapitre, sur l'&#226;me humaine, il faut signaler que Heereboord est non seulement la source de Spinoza lorsqu'il &#233;crit&lt;/code&gt;l'&#226;me humaine ne vient point d'un interm&#233;diaire, mais est cr&#233;&#233;e par Dieu', mais qu'il est explicitement cit&#233; et nomm&#233; par lui)Par &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;interm&#233;diaire' il faut comprendre, nous dit Curley, &#034;une forme de reproduction des &#226;mes d'un ou des deux parents.&#034;[[Spinoza, Collected works [Curley], p. 341, n.38]] Freudenthal situe d&#233;j&#224; cette discussion chez Saint Thomas[[Thomas, C. gent. II, c. 84 - 85 et Summa Theologica, l, Q. CXVIII, art. 2]]. L'argument utilis&#233; par Spinoza pour montrer l'immortalit&#233; de l'&#226;me, &#224; savoir que Dieu ne fait jamais de choses contre la nature, mais au-dessus de la nature, peut aussi se retrouver chez Saint Thomas[[Summa Theol. III, Q. 4, art. 2; Freudenthal, 'Spinoza und die Scholastik', p. 117]] et Albertus Magnus[[Summa Theol. 1, tr. 19, Q. 78, m. 2, art. 2; Summa Theol. II, tr. 8, Q. 31, m. 2; Freudenthal, 'Spinoza und die Scholastik', p. 117]]. La discussion finale du chapitre et du livre a pour sujet&lt;/code&gt;la volont&#233;'. Qu'est-ce que la volont&#233; ? &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Ce sont ces actes de pens&#233;e qui n'ont aucune autre cause que l'&#226;me humaine que nous appelons des {volitions. }Pour l'&#226;me humaine, en tant qu'elle est con&#231;ue comme cause suffisant &#224; produire de tels actes, elle s'appelle {volont&#233;', }&#224; supprimer &#233;crit Spinoza[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 388]]. Cette volont&#233; est d'ailleurs libre, bien qu'il y ait des gens qui avancent des contre-arguments. Le premier argument prouve selon Spinoza qu'il y a des gens qui confondent la volont&#233; avec l'app&#233;tit. Le second argument est suivi de la phrase &#034;Telles sont les propres paroles de Heereboord, professeur &#224; Leyde, par o&#249; il montre assez qu'il entend par volont&#233; non l'&#226;me elle-m&#234;me, mais quelque chose d'autre, hors de l'&#226;me, ...&#034;[[Spinoza, Pens&#233;es M&#233;taphysiques, Oeuvres I, p. 389-390; Heereboord, Meletemata, p. 713]]&lt;br /&gt;
Comme on peut le voir, Spinoza n'a pas seulement repris les termes scolastiques que Descartes utilisait encore, mais il a vraiment lu les auteurs scolastiques comme Suarez et Thomas et les auteurs semi-scolastiques semimodernes comme Burgersdijk et Heereboord. Parfois il fait des remarques plut&#244;t cart&#233;siennes, parfois plus spinozistes. Mais partout il effectue une critique qui annonce ce que sera sa propre philosophie dont on ne sait dans quelle mesure elle prenait d&#233;j&#224; corps &#224; l'&#233;poque. II faut remarquer &#224; cet &#233;gard que Gueroult, dans son oeuvre consacr&#233;e aux deux premi&#232;res parties de {l'&#201;thique, }cite beaucoup Burgersdijk et Heereboord dans les notes en base de page, mais n'en fait pas d'autre usage. II peut &#234;tre non seulement int&#233;ressant de situer les {Pens&#233;es m&#233;taphysiques }dans l'&#339;uvre compl&#232;te de Spinoza mais &#233;galement de les comparer avec des textes de la m&#234;me p&#233;riode sur le m&#234;me sujet afin d'&#233;lucider le&lt;/code&gt;mythe spinoziste'[[Souvent il s'agit alors de disputes comme celle de Heidanus intitul&#233;e `De attributis Dei in Specie'.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;in&lt;/strong&gt; : Jaquet Chantal (red.), &lt;strong&gt;Les Pens&#233;es M&#233;taphysiques de Spinoza&lt;/strong&gt;, Publications de la Sorbonne, Paris, 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://spinoza.mine.nu/Microsoft Word - Spinoza et la conception scolastique de Dieu.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://spinoza.mine.nu/Microsoft Wo...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Spinoza et Boxel. Une histoire de fant&#244;mes&#034;, par Gunther Coppens</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Spinoza-et-Boxel-Une-histoire-de-fantomes-par-Gunther-Coppens</link>
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		<dc:date>2004-05-04T09:29:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Coppens, Gunther </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le contexte historique &lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de l'ann&#233;e 1672, l'arm&#233;e hollandaise, sous le commandement de Guillaume III, &#233;tait en train de perdre la guerre. Des tas de villes se rendaient. Le 13 juin de cette ann&#233;e, la ville d'Utrecht capitulait. En novembre 1673, la ville fut prise par les troupes fran&#231;aises du Prince de Cond&#233;. Le pouvoir y &#233;tait exerc&#233; par Jean-Baptiste Stouppa qui fut nomm&#233; commandeur de la ville et qui avait aussi &#233;crit un livre sur La religion des hollandais. Par ce livre, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Theologie-" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contexte historique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'ann&#233;e 1672, l'arm&#233;e hollandaise, sous le commandement de Guillaume III, &#233;tait en train de perdre la guerre. Des tas de villes se rendaient. Le 13 juin de cette ann&#233;e, la ville d'Utrecht capitulait. En novembre 1673, la ville fut prise par les troupes fran&#231;aises du Prince de Cond&#233;. Le pouvoir y &#233;tait exerc&#233; par Jean-Baptiste Stouppa qui fut nomm&#233; commandeur de la ville&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nadler, S., Spinoza, Amsterdam, 2001, p. 400&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui avait aussi &#233;crit un livre sur &lt;i&gt;La religion des hollandais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Stouppa, J.-B., De religie van de Hollanders, vertoont in diversche brieven, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;/i&gt;Par ce livre, Stouppa, qui &#233;tait lui-m&#234;me d'origine fran&#231;aise protestante, voulait convaincre les th&#233;ologiens suisses qu'il n'&#233;tait pas entrain de combattre des coreligionnaires. Les Hollandais ne semblaient &#234;tre que des Chr&#233;tiens pieux. En r&#233;alit&#233;, nous disait Stouppa, ils sont trop indolents vis-&#224;-vis des libres-penseurs, des sectes et des ath&#233;es. L'exemple que Stouppa donna pour appuyer sa raison &#233;tait celui de Spinoza. N&#233;anmoins, il &#233;tait en m&#234;me temps impressionn&#233; par ce philosophe &#233;rudit. En juin 1673, Stouppa accompagna Spinoza, qui avait &#233;t&#233; invit&#233; par le Prince de Cond&#233;, &#224; Utrecht. Il ne parla probablement jamais au Prince de Cond&#233; car celui-ci &#233;tait ailleurs pour affaires, mais &#224; Utrecht, Spinoza fut en bonne compagnie. II semble qu'il ait rencontr&#233; Van Velthuysen et Graevius, deux de ses critiques. C'est probablement &#226; cette occasion que, selon certains biographes, Spinoza dut rencontrer Hugo Boxel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui &#233;tait Hugo Boxel ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais, qui est cet Hugo Boxel, l'&#233;crivain des lettres sur les spectres ? Dans les notes sur la correspondance des &#338;uvres Compl&#232;tes de Spinoza on lit &#034;qu'on ne sait presque rien de lui, sinon qu'il fit ses &#233;tudes &#224; Leyde en 1668. II est donc jeune quand il &#233;crit ces lettres. Elles n'ont gu&#232;re d'int&#233;r&#234;t - vu le peu d'intelligence de leur auteur, - mais les r&#233;ponses de Spinoza sont remarquables.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, [Caillois, Franc&#232;s, Misrahi], Paris, 1954&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ces propos ne sont pas tout &#224; fait vrais, pour le dire poliment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas exactement quand Hugo Boxel est n&#233;. Certaines sources nous disent en 1607&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;KB catalogus&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'autres disent qu'il est n&#233; en 1612 &#224; Heusden, la commune o&#249; Gisbertus Voetius (1589-1676), plus tard le plus grand adversaire de Descartes &#224; Utrecht, &#233;tait n&#233; et ou celui &#233;tait ministre en 1617&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.familysearch.org&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le fr&#232;re de Voetius y &#233;tait directeur de l'&#233;cole latine. Boxel s'y maria avec Anna Ewouts van Waelwijck le 30 juin 1637&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hugo Boxel avait cinq enfants : Daniel 91639), Pieter (1640), Johannes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La famille Boxel d&#233;m&#233;nagea &#224; Gorcum ou Gorinchem o&#249;, dans les archives de la ville, on ne retrouve pas beaucoup le nom de Hugo, mais plut&#244;t le nom de son fr&#232;re Adriaen. C'&#233;tait aussi &#224; Gorcum que Hugo, qui &#233;tait en m&#234;me temps r&#233;pertori&#233; comme avocat de la cour d'Hollande, fut secr&#233;taire de la ville de 1634 &#224; 1645 et de 1655 &#224; 1659, et pensionnaire de 1660 &#224; 1671. En 1672, l'ann&#233;e de la r&#233;volte des Pays Bas, il fut dispens&#233; comme pensionnaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Telders, A., Alfabetische naamlijst van de leden van de stedelijke regering (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1652, Adriaen devint diacre de la commune de Gorcum. Deux ans plus tard, en 1654, Hugo devint &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;ouderling', ancien, et le resta jusqu'&#224; 1659. Dans les archives de l'&#233;glise protestante de Gorcum, son nom est r&#233;guli&#232;rement mentionn&#233;. A la m&#234;me &#233;poque, &#224; Gorcum il existait &#233;galement une communaut&#233; de catholiques qui ne respectait pas toujours les r&#232;gles du Sabbat. Ils organisaient des march&#233;s o&#249; ils vendaient du geni&#232;vre ce qui donnait souvent lieu &#224; des sc&#232;nes d'ivresse, des engueulades contre les r&#233;form&#233;s, des insultes. C'&#233;tait &#224; ces occasions que Hugo avait le r&#244;le d'apaiser les gens. Mais Hugo Boxel &#233;tait aussi &#233;rudit. Dans un livre de 1743 sur l'histoire de la ville de Heusden on lit que &#034;M. Hugo Boxel, secr&#233;taire de la ville de Gorinchem, {Magister Artium et Philosophiae} &#224; Leyde, et {Doctor Juris} en France, qui a fait des &#233;tudes dans les langues grecque et h&#233;bra&#239;que, la po&#233;sie, la philosophie, la th&#233;ologie et le droit.&#034;[[Oudenhoven, J. van, Beschryvinge der stadt Heusden, Amsterdam, 1743]] De ses &#233;tudes de droits en France, on ne retrouve plus rien. De ses &#233;tudes &#224; Leyde, au contraire, il reste davantage. On sait par exemple qu'il &#233;tudiait chez Franco Burgersdijk et qu'il y d&#233;fendait des disputes. En 1624, il d&#233;fendait deux disputes sub {praeside }de Burgersdijk : le 10 juillet une dispute {De Mundo et Coelo} et le 30 novembre {De sensu interno, de appetitu sensitivo et locomotivo[[Dibon, P., L Enseignement philosophique dans les universit&#233;s n&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;cart&#233;sienne (1575-1650), p. 125]]. }Le 19 mai 1626 il re&#231;oit[[Le NNBW signale que la promotion a eu lieu le 14 juillet 1626.]] sa promotion &#224; la ma&#238;trise des arts[[Dibon, P., L Enseignement philosophique dans les universit&#233;s n&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;cart&#233;sienne (1575-1650), p. 121]]. Aujourd'hui sa dispute inaugurale est conserv&#233;e au British Library[[Boxel, H., Disputatio inauguralis continens assertiones miscellaneas philosophicas, etc, Lugduni Batavorum, 1626, [British Library, recueil 534. C. 36 (62)]]]. Pour le reste, on peut signaler qu'il y a deux livres de Hugo Boxel. Le premier est une &#233;dition annot&#233;e et comment&#233;e de Hector Felicius {De communione et Societate deque lucro et quaestu[[Boxel, H., Felicius, H., De communione et Societate deque lucro et quaestu, Gorinchem, 1666.]]. }Le deuxi&#232;me est une &#233;tude de Cornelius Neostadius intitul&#233; {De Foedi Juris Scripti, &amp; Hollandici, West-Frisicique successione }&#224; laquelle Boxel a collabor&#233;. En fait, il &#233;crivit presque trois-quarts de ce livre dans lequel il r&#233;v&#232;le parfois ses sympathies politiques[[Klever, W., &#034;De spoken van Hugo Boxel&#034;, in BZZLETINLiterair Magazine, no. 204, [p. 53-64], p. 64]]. Il y faisait l'&#233;loge de Jean de Witt, le pensionnaire d'&#233;tat de Hollande. II n'y a donc rien d'&#233;tonnant au fait que Guillaume III le cong&#233;dia en 1672[[Neostadius , C., Boxelius , H., De feudi juris scripti, &amp; Hollandici, West-Frisicique successione, Gorinchemi, 1670, p. 191]]. {{{Le contenu de la correspondance}}} Analysons maintenant de plus pr&#232;s le texte de la correspondance. Hugo Boxel &#233;crivit sa premi&#232;re lettre le 14 septembre 1674. Il y demandait &#224; Spinoza ce qu'il pensait des apparitions, des spectres et des revenants. &#034;Croyez-vous qu'ils existent ? Combien de temps dure leur existence &#224; votre avis? &#034;[[Spinoza, &#338;uvre Compl&#232;tes, ed. Caillois, Franc&#232;s, Misrahi Paris, 1954, p. 1231]] Quand on lit ces questions que pose Boxel il faut bien comprendre que le contexte du dix-septi&#232;me si&#232;cle &#233;tait diff&#233;rent du n&#244;tre. Boxel croyait &#224; l'existence des spectres. Voyant le caract&#232;re philosophique de Spinoza, Boxel insistait d&#232;s sa premi&#232;re lettre sur le fait qu'il n'&#233;tait pas le seul &#224; le croire. &#034;Une chose est certaine&#034; il &#233;crit, &#034;les Anciens y ont cru. Les th&#233;ologiens et les philosophes modernes admettent jusqu'&#224; pr&#233;sent l'existence de pareilles cr&#233;atures, bien qu'ils ne soient pas d'accord sur leur essence. Les uns les croient constitu&#233;s d'une mati&#232;re tr&#232;s subtile, les autres pr&#233;tendent que ce sont des &#234;tres spirituels.&#034;[[Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1232]] Depuis le premier paragraphe de la premi&#232;re lettre, on peut se demander pourquoi Boxel &#233;crivait ces lettres &#224; Spinoza. II &#233;tait convaincu de l'existence des spectres et il pouvait compter sur l'autorit&#233; des {Anciens }et des {Th&#233;ologiens et philosophes modernes. }Pourquoi alors poser encore la question &#224; quelqu'un dont on sait d'avance qu'il n'est pas &#224; convaincre? Ou Boxel est na&#239;f et croit que Spinoza est encore &#224; sauver, ce qui n'est pas &#233;vident &#233;tant donner que Boxel a du rencontrer Spinoza. A la base de l'atmosph&#232;re des lettres, il faut plut&#244;t croire que Boxel savait bien quel sorte de philosophe Spinoza &#233;tait et que c'&#233;tait juste &#224; cause de cela qu'il lui &#233;crivit une lettre sur cette affaire. Boxel l'admet d'ailleurs directement quand il &#233;crit qu'ils sont peut-&#234;tre enti&#232;rement en d&#233;saccord parce qu'il est douteux que Spinoza aille reconna&#238;tre l'existence des spectres. La r&#233;ponse de Spinoza &#224; cette premi&#232;re lettre est conforme &#224; l'attitude d'un homme correct, mais n&#233;anmoins tr&#232;s clair et direct. Spinoza trouve que&lt;/code&gt;les niaiseries et les imaginations peuvent lui &#234;tre aussi utiles' que les choses vraies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1232&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il demande d'abord &#224; Boxel de lui donn&#233; deux histoires qui prouvent l'existence des spectres. Mais il ajoute directement qu'il n'a jamais &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;connu d'auteur digne de foi pour en prouver clairement l'existence.' Spinoza admet qu'il y a des choses inexplicables, mais appeler ces&lt;/code&gt;choses' des spectres est irrationnel car il y a tas de choses inexplicables &#224; d&#233;faut de connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite , Spinoza re&#231;oit la r&#233;ponse de Boxel. Boxel lui donne quatre arguments par lesquels des spectres doivent exister. &#034;D'abord, parce que cela importe &#224; la beaut&#233; et &#224; la perfection de l'univers. Secondement, parce qu'il est vraisemblable que le Cr&#233;ateur a cr&#233;&#233; ces &#234;tres qui lui ressemblent plus que les cr&#233;atures corporelles. Troisi&#232;mement, parce qu'il existe une &#226;me sans corps aussi bien qu'un corps sans &#226;me. Enfin, parce que, je crois que, dans les hautes r&#233;gions de l'air, dans le lieu ou l'espace le plus &#233;lev&#233;, il n'y a pas de corps inconnu qui n'ait ses habitants et, par cons&#233;quent, que l'immense espace compris entre nous et les astres n'est pas vide mais rempli d'habitants spirituels.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1234&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Boxel y ajoute encore qu'il croit qu'il y a des esprits de tout genre, sauf peut-&#234;tre du sexe f&#233;minin. Pour montrer que ce n'est pas lui qui doit d&#233;fendre ses id&#233;es, mais que c'est Spinoza qui doit prouver sa raison il cite Plutarque, Su&#233;tone, Wierus, Lavater, Cardan et m&#234;me Melanchton, th&#233;ologien r&#233;formateur bien connu, comme autorit&#233;s. Plutarque et Su&#233;tone sont bien connus. Wierus (1515-1588) &#233;tait un m&#233;decin renomm&#233; qui s'opposait fort &#224; des proc&#232;s de sorci&#232;res. Il croyait que les sorci&#232;res &#233;taient en fait des personnes mentalement troubl&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, Briefwisseling, p. 492 ; Cobben, J., De opvatting van .Iohannes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lavater (1527-1586) &#233;tait ministre &#224; Z&#252;rich et ses &#233;crits sur les spectres &#233;taient traduits en n&#233;erlandais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lavater, L., De spectris, lemuribus et magnis atque insolitis fragoribus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin Cardan (1501-1576) qui avait d&#251; abandonner son professorat &#224; Bologne &#224; cause d'une description astrologique de la vie de J&#233;sus qu'il avait &#233;crit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cardanus, De rerum varietate libri XVII Bazel, 1557 ; De subtilitate libri (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boxel confessait que sa croyance n'&#233;tait pas seulement bas&#233;e sur les autorit&#233;s philosophiques mais qu'il parlait m&#234;me d'exp&#233;rience personnelle. A cette occasion, il nous raconte l'histoire d'un bourgmestre, connaissance personnelle de Boxel, qui avait vu des fant&#244;mes dans la brasserie de sa m&#232;re. A la fin de la lettre, il donne encore les noms d'autorit&#233;s antiques pour convaincre Spinoza qu'on n'en parle pas pour la premi&#232;re fois : Pline le Jeune, Su&#233;tone et Val&#232;re Maxime. Boxel choisissait ces auteurs en particuliers parce qu'il pensait qu c'&#233;tait plus facile pour Spinoza de contr&#244;ler les oeuvres indiqu&#233;es. Petite remarque, Boxel parle de Pline le jeune et sa &lt;i&gt;Lettre &lt;/i&gt;&#224; Sura. Cette lettre commence par : &#034;Le loisir dont nous jouissons vous permet d'enseigner et me permet d'apprendre. Je voudrais donc bien savoir si les fant&#244;mes ont quelque chose de r&#233;el, s'ils ont une vraie figure, si ce sont des g&#233;nies, ou si ce ne sont que de vaines images qui se tracent dans une imagination troubl&#233;e par la crainte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il semble que Boxel, qui &#233;tait &#224; ses loisirs, ait &#233;t&#233; inspir&#233; surtout par cette lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa r&#233;ponse, Spinoza commence par s'excuser pour sa r&#233;ponse tardive, car il n'avait pas eu directement la possibilit&#233; de consulter les livres cit&#233;s par Boxel. N&#233;anmoins Spinoza trouva les livres de Pline et Su&#233;tone et fut tr&#232;s vite convaincu de l'absurdit&#233; de l'argumentation de ces auteurs. Spinoza ne dit pas que ces auteurs sont des sots, au contraire, il s'&#233;tonne que des hommes sages gaspillent leurs talents &#224; des sujets pareils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les phrases suivantes, Spinoza se moque du fait que Boxel croit qu'il y a des spectres masculins, mais pas de spectres f&#233;minins. Dans ce sens, il ajoute : &#034;Je vois que vos raisons vous paraissent in&#233;branlables et si bien fond&#233;es que nul, d'apr&#232;s vous du moins, ne les peut r&#233;futer, sinon celui qui croirait, &#224; tort, que le monde est un produit du hasard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1237&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est clair que Spinoza ait exig&#233; d'expliquer son point de vue sur ce th&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les paragraphes suivants, Spinoza r&#233;pond aux arguments de Boxel. Le premier argument est que&#034;d'abord, cela importe &#224; la beaut&#233; et &#224; la perfection de l'univers&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1234&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Spinoza nous dit que la beaut&#233; est en fait relative. La question est alors de savoir si Dieu a cr&#233;&#233; le monde en faveur de la beaut&#233; perceptible par nos yeux ou que Dieu a cr&#233;&#233; nos yeux en faveur de la beaut&#233; du monde. En plus, nous devons bien savoir qu'une chose d'une grande beaut&#233; peut &#234;tre affreuse si nous le mettons sous un microscope. Le deuxi&#232;me argument dont Boxel fait usage est : &#034;Qu'il est vraisemblable que le Cr&#233;ateur a cr&#233;&#233; ces &#234;tres qui lui ressemblent plus que les cr&#233;atures corporelles.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Spinoza y r&#233;pond en r&#233;torquant qu'il ne sait pas dans quelle mesure les spectres expriment Dieu mieux que les autres cr&#233;atures. Il fait alors la remarque qu'il n'y a d'ailleurs pas de comparaison possible entre l'infini et le fini. Il continue alors en ajoutant qu'on ne peut pas comparer Dieu avec les autres cr&#233;atures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me argument est con&#231;u ainsi : &#034;Il existe une &#226;me sans corps aussi bien qu'un corps sans &#226;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Spinoza le trouve simplement non valable, car est-ce qu'on doit alors supposer des sens sans corps ? Cet argument plut&#244;t cart&#233;sien est vite pass&#233; par Spinoza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique sur le premier argument est la m&#234;me que pour le quatri&#232;me et dernier argument &#034;Enfin, dans les hautes r&#233;gions de l'air, dans le lieu ou l'espace le plus &#233;lev&#233;, il n'y a pas de corps inconnu qui n'ait ses habitants et, par cons&#233;quent, que l'immense espace compris entre nous et les astres n'est pas vide mais rempli d'habitants spirituels.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034; Spinoza se demande qui sont ces cr&#233;atures mentionn&#233;es par Boxel. Et d'autre part, il remarque qu'on ne peut pas supposer que le monde est le centre de l'univers. Ce point est int&#233;ressant car le copernicanisme pr&#233;c&#233;dait de vingt ans un grand point de discussion. Spinoza ridiculise les autorit&#233;s cit&#233;es par Boxel comme il ridiculise l'histoire du bourgmestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lettre suivante de Boxel mentionne d'abord que Spinoza est en faute. Selon Boxel, il ne faut pas faire de diff&#233;rence entre n&#233;cessit&#233; et fortuit, mais entre n&#233;cessit&#233; et libert&#233;. Boxel compare alors le myst&#232;re de Dieu avec l'incompr&#233;hensibilit&#233; de l'action de notre &#226;me. Une vision traditionnelle, pas du tout spinoziste, est exprim&#233;e ici. Mais l'impr&#233;voyance de Boxel est claire quand celui-ci dit que : &#034;Si vous mettez en Dieu la n&#233;cessit&#233;, que vous le priviez de volont&#233; et de libre choix, on se demande si vous ne peignez pas et ne repr&#233;sentez pas l'&#234;tre infiniment parfait comme un monstre.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1242&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034; Il nous semble que Boxel ne comprend pas tout &#224; fait la diff&#233;rence entre la n&#233;cessit&#233; et le fortuit, le paradoxe de la volont&#233; libre et la n&#233;cessit&#233;, et la diff&#233;rence entre la volont&#233; humaine et la volont&#233; divine. Ensuite, Boxel d&#233;fend de nouveau sa position, mais ne fait plus vraiment de remarques intelligentes ou int&#233;ressantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair pour Spinoza que Boxel ne le comprend pas toujours : &#034;Je ne vois pas pour quelle raison vous voulez me persuader que le fortuit et le n&#233;cessaire ne s'opposent pas l'un &#224; l'autre. Sit&#244;t que je per&#231;ois que les trois angles d'un triangle sont n&#233;cessairement &#233;gaux &#224; deux droits, je nie que ce soit par hasard. Semblablement, d&#232;s que j'aper&#231;ois que la chaleur est un effet n&#233;cessaire du feu, je nie que cela arrive par hasard. Que le n&#233;cessaire et le libre s'opposent l'un &#224; l'autre, cela n'est pas moins absurde et me para&#238;t contraire &#224; la raison.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1245&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement peut-on lire encore un hymne sur D&#233;mocrite quand Spinoza&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Barbaras, F., 'Spinoza et Democrite' dans Studia Spinozana, vol. 12, 1996&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;crit que les grandes autorit&#233;s comme Platon, Aristote, Socrate, etc. n'on pas grands poids pour lui. &#034;Rien d'&#233;tonnant &#224; ce que des hommes qui ont cru aux qualit&#233;s occultes, aux esp&#232;ces intentionnelles, aux formes substantielles et mille autres niaiseries aient imagin&#233; des spectres et des esprits et cru les vieilles femmes pour affaiblir l'autorit&#233; de D&#233;mocrite.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1248&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Pays-Bas et le monde enchant&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'opinion de Boxel nous semble peut-&#234;tre un peu bizarre, m&#234;me un peu stupide. Quelqu'un croyant si fort en des choses superstitieuses &#224; l'&#233;poque de la m&#233;canisation de la vision du monde ? On doit bien savoir qu'il n'y avait rien d'anormal au fait de croire aux choses superstitieuses &#224; l'&#233;poque. M&#234;me Voetius d&#233;fendait la croyance des choses pareilles. Il &#233;crivait qu'il n'avait pas beaucoup de sympathie pour la mani&#232;re cruelle dont les Allemands agissaient au proc&#232;s de sorcelleries, mais qu'au fond les sorci&#232;res &#233;taient coupables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, il y a l'exemple du coll&#233;giant socinien Frans Kuyper, &#233;diteur de la &lt;i&gt;Bibliotheca fratrum Polonorum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kuyper, F., Bibliotheca fratrum Polonorum quos unitarios vocant, Amsterdam, 1668&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;/i&gt;pour qui la r&#233;alit&#233; du diable et son occupation avec les hommes &#233;tait un fait &#233;tabli&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kuyper, F., Korte Verhandeling van de Duyvelen, Rotterdam, 1676 ; Kuyper, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; D'autres, au contraire, pr&#233;sument que la philosophie de saint Thomas, par exemple, &#233;tait en fait une philosophie aussi l&#233;gitime pour contester la superstition que la nouvelle philosophie m&#233;caniste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Easlea, B., Witch-hunting, Magic and the New Philosophy : An introduction to (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une troisi&#232;me possibilit&#233; nous a propos&#233; le liseur de Newton et Boyle, Richard Bentley au d&#233;but du dix-huiti&#232;me si&#232;cle : &#034;Ce n'&#233;tait pas la libre pens&#233;e qui a gu&#233;ri la foi de la sorcellerie, mais c'&#233;tait plut&#244;t la croissance g&#233;n&#233;rale de la philosophie et les m&#233;decines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;It was not freethinking which has cured belief in witchcraft, but rather (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour ce qui concerne tous les choses ne touchant pas l'&#201;criture sainte l'homme sera adjuger au bon sens, mais tout ce qui concerne l'&#201;criture sainte est compr&#233;hensible par l'emploi de la Raison dans des &#233;tudes comparative des diverses parties de la Bible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Raison et l'&#201;criture sainte nous apprennent des choses diff&#233;rentes. La nature - pour Bekker &#233;quivalent de la Raison - nous montre par exemple qu &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;il y a un Dieu, mais l'&#201;criture nous montre qu'il y a qu'un Dieu de qui Bekker assume qu'il est - suivant Descartes - incorporel. La Raison naturelle nous fait comprendre qu'il y a des esprits. L'&#201;criture confirme qu'il y en existe. En plus, nous dit Bekker, il ne faut pas oublier qu'il y a une distinction radicale entre le corps et l'esprit bien que l'&#201;criture ne soit pas tout &#224; fait claire et distinct sur ce point. Enfin Bekker pr&#233;sume que l'&#226;me humaine peut persister dans son existence hors du corps humain. On voit bien que Bekker sympathise avec le cart&#233;sianisme et cherche pour la confirmation de ses id&#233;es dans l'&#201;criture sainte. Par rapport aux esprits Bekker &#233;crit, de la m&#234;me mani&#232;re, qu'on n'en peut pas conclure beaucoup par la nature et que l'&#201;criture nous dit presque rien sur leur origine. D'ailleurs, l'&#201;criture ne rapporte que de&lt;/code&gt;bons g&#233;nies' et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;d'esprits malins'. Mais en fait qu'est-ce que c'est un esprit? &#034;Par esprit on comprend un &#234;tre qui est incorporel et qui n'a rien du tout en commun avec une chose corporelle.&#034;[[&#034;Door Geest verstaan wij dan een wezen dat in alles onlichamelijk is en de minste gemeenschap met een lichaam niet en heeft.&#034; (Bekker, De Betoverde Wereld, Rotterdam, 1691-1694, boek II, p. 5)]] Bekker veut, par cette d&#233;finition, cr&#233;er une univocit&#233; en rapport avec ce qu'on comprend g&#233;n&#233;ralement par&lt;/code&gt;esprits'. Cette univocit&#233; doit enfin &#233;viter des discussions d'origine terminologiques car le terme &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;esprit' a connu plusieurs interpr&#233;tation au cours de l'histoire. Sur ce point l'interpr&#233;tation de {Socrate - }l'esprit comme {daimon - }est peut-&#234;tre encore le plus connu. Bekker insiste, dans les pages suivantes, que s'il y a encore la moindre comparaison possible &#224; remarquer entre le corps et l'esprit on n'y peut plus parler d'un esprit. L'esprit est alors con&#231;u comme une autonomie pensante de m&#234;me fa&#231;on que le corps comme une autonomie &#233;tendue. Bekker s'y r&#233;f&#232;re explicitement &#224; Descartes[[Bekker, De Betoverde Wereld, boek 11, p. 7]]. Bekker indique qu'il faut distinguer de diff&#233;rentes sortes d'esprits. II y a par exemple l'esprit humain qu'on appelle&lt;/code&gt;l'&#226;me'. Les anges par contre sont des esprits qui ne poss&#232;dent pas de corps, qui on m&#234;me pas un lien avec un corps. Les bons g&#233;nies on appelle des &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;anges' ; les malins g&#233;nies sont appeler des&lt;/code&gt;d&#233;mons'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est int&#233;ressant pour notre histoire est le fait que Bekker exclue la possibilit&#233; de l'existence de fant&#244;mes comme d&#233;crit par Boxel. Premi&#232;rement, parce que l'esprit n'a rien &#224; faire avec des caract&#233;ristiques corporelles. En cons&#233;quence il faut admettre que ces esprits ne peuvent avoir aucun effet sur des choses corporelles car seulement un corps peut avoir effet sur un autre corps. Deuxi&#232;mement, Bekker fait une distinction entre &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;l'&#226;me, laquelle est {lier[[52 Ce qui en outre ne signifie pas que l'&#226;me re&#231;oit tout &#224; coup des caract&#233;ristiques corporelles par ce que si &#231;a &#233;tait pareil on y parlera plus d'un esprit mais d'un corps.]] }&#224; un corps, et les anges, qui n'ont rien &#224; voir avec des choses corporelles. L'esprit travaillant le nuit dans la brasserie de la m&#232;re du bourgmestre, d&#233;peint par Boxel dans la lettre LIII, ressemble, au contraire de la conception d'un esprit comme con&#231;u dans la d&#233;finition cart&#233;sienne, plut&#244;t &#224; un homme qu'&#224; un fant&#244;me. Comme dit, on a la combinaison de l'&#226;me et du corps qui r&#233;sulte dans l'homme et les anges qui sont des esprits&lt;/code&gt;purs'. Premi&#232;rement, il y a pas de place pour quelque chose planant entre l'homme et les anges et deuxi&#232;mement, cette chose planant a sans doute besoin d'un corps afin de pouvoir &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;travailler' dans une brasserie. Que les spectres sont les &#226;mes de personnes mortes tra&#238;nant dans notre monde corporel est aussi une question irrationnelle pour Bekker. Il croit bien que l'&#226;me humaine soit immortelle, mais en ce qui concerne alors la m&#233;tempsycose, consid&#233;rer au cinqui&#232;me chapitre du deuxi&#232;me livre, il indique que ni l'&#233;criture sainte, ni la Raison a quelque chose &#224; dire l&#224;-dessus. La possibilit&#233; de l'existence de spectres peut alors &#234;tre examiner en profitant de certaines exp&#233;riences ou &#224; base de la nature des choses. Dans le quatri&#232;me livre Bekker parle de plusieurs&lt;/code&gt;exp&#233;riences spectrales'. Il nous donne quelques histoires de revenants, des histoires d&#233;moniaques, magiques, spectrales, etc., mais toute fois Bekker nous indique o&#249; se trouve la difficult&#233;. Il indique que beaucoup de ces histoires sont n&#233;es des pr&#233;jug&#233;s et de la peur. II arrive quelque chose d'inexplicable et on conclut par le surnaturel. Comme Spinoza, il argumente que ce n'est pas parce qu'une chose est inexplicable qu'il faut l'appeler spectral. Que la croyance en toutes les fables est toujours d'origine pa&#239;enne est logique car ni l'exp&#233;rience, ni la nature des choses nous donnent des indications pour l'existence des spectres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Knuttel, p. 204 ; Bekker / Bunge, W, van, p. 27&#034; id=&#034;nh3-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus il faut remarquer que l'omnipotence de Dieu n'est pas la question ici. Sinon, on peut se poser la question &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Est-ce qu'un cheval peut voler ?' Alors qu'il y aura sans doute des gens qui diront&lt;/code&gt;Oui, si Dieu le veut', mais ceci n'est pas une r&#233;ponse valable pour Bekker, car &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;voler' ne fait pas partie de l'essence du cheval. Comme dit, le but final de Bekker, en &#233;crivant ce livre, a toujours &#233;t&#233; de purifier la foi de mensonges et de fausset&#233;s. Dans le chapitre XXXIII du quatri&#232;me livre la conclusion est con&#231;u comme il n'y existe pas de ph&#233;nom&#232;nes de fant&#244;mes, ni de divination, ni de sorcellerie. Bekker en conclue&lt;/code&gt;&#233;loignez-vous du blasph&#232;me et du comm&#233;rage afin qu'on s'exerce dans la pi&#233;t&#233;'&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;Van al hetgene dat tot hiertoe is geleerd, is het einde van de sake : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, l'exemple de Bekker nous montre que m&#234;me au fin du dix-septi&#232;me si&#232;cle le cart&#233;sianisme mod&#233;r&#233; de ce ministre, tout &#224; fait orthodoxe, cr&#233;a un scandale &#233;norme dans le monde calviniste et ceci un demi-si&#232;cle apr&#232;s l'introduction du cart&#233;sianisme aux Pays-Bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre on peut faire la conclusion que Bekker et Spinoza ont eu le m&#234;me motif pour leur critique sur la superstition, mais Bekker &#233;tait th&#233;ologien, Spinoza philosophe. Comme on l'a vu, Spinoza et Bekker utilisent m&#234;me parfois des arguments comparables. Mais sur deux arguments de Boxel, &#224; savoir qu'il doit exister un corps sans esprit, comme il y a un esprit sans corps et que les spectres doivent exister car ils lui ressemblent plus que les cr&#233;atures corporelles, Bekker r&#233;ponde, contrairement &#224; Spinoza, par un argument dualiste. C'est &#224; dire, Bekker r&#233;ponde sans doute qu'il s'agit alors de deux substances s&#233;par&#233;es et qu'il n'y a pas de comparaison possible entre Dieu, la substance corporelle et la substance intellectuelle. Spinoza argumente au contraire de Bekker qu'il n'y a pas de comparaison possible entre Dieu et le monde, entre l'infini et le fini&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cfr. Suarez&#034; id=&#034;nh3-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza n'&#233;tait pas le seul &#224; combattre la superstition, mais il est clair que sa position est assez unique. Il est philosophe et pas th&#233;ologien comme l'est par exemple Bekker. En plus, comme on a pu constater, il n'utilise pas de notions reform&#233;es, catholiques, m&#234;me pas cart&#233;siennes, mais il fait usage de ses propres notions spinoziste. Ce qui ne veut pas, par contre, dire que le contexte historique, dans lequel cette histoire philosophique a &#233;t&#233; form&#233;e, est diff&#233;rent. Que quelqu'un comme Spinoza ait &#233;t&#233; vu dans le contexte hollandais du dix-septi&#232;me si&#232;cle comme un ath&#233;e, est en fait assez normal. M&#234;me un ministre calviniste qui osait utiliser le cart&#233;sianisme &#233;tait trait&#233; comme un ath&#233;e &#224; l'&#233;poque. Il est aussi bien clair que dans l'argumentation spinoziste il ne s'agissait plus de quelques adaptions minimales sur les conceptions existantes, mais plut&#244;t de r&#233;novations illuminantes. Mais avant tout il faut &#233;viter de cr&#233;er ou de soutenir l'image de la `mythe' spinoziste qui n'est qu'une d&#233;contextualisation ou radicalisation de la philosophie spinoziste en ignorant les donn&#233;es historiques. Les id&#233;es de Spinoza &#233;taient bien illumin&#233;es, mais les questions, desquelles ceux mentionn&#233;s dans la correspondance avec Boxel sont un exemple, restaient de son temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nadler, S., Spinoza, Amsterdam, 2001, p. 400&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Stouppa, J.-B., De religie van de Hollanders, vertoont in diversche brieven, 1673&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, [Caillois, Franc&#232;s, Misrahi], Paris, 1954&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;KB catalogus&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.familysearch.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.familysearch.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hugo Boxel avait cinq enfants : Daniel 91639), Pieter (1640), Johannes (1645), Hugo (1647) Elias (1649).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Telders, A., Alfabetische naamlijst van de leden van de stedelijke regering van Gorinchem, Gorinchem, 1959-1968&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1232&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1234&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, Briefwisseling, p. 492 ; Cobben, J., De opvatting van .Iohannes Wier over bezetenheid, hekserij en magie, Assen, 1960&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lavater, L., De spectris, lemuribus et magnis atque insolitis fragoribus etpraesagitionibus quae obitumn hominum, clades mutationesque imperiorum praecedunt, Gen&#232;ve, 1570&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cardanus, De rerum varietate libri XVII Bazel, 1557 ; De subtilitate libri XXI, Bazel, 1560&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://verso.wanadoo.fr/charles.kempf/rs1859/18590306.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://verso.wanadoo.fr/charles.kempf/rs1859/18590306.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1237&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1234&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1242&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1245&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Barbaras, F., 'Spinoza et Democrite' dans Studia Spinozana, vol. 12, 1996&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, &#338;uvres Compl&#232;tes, p. 1248&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kuyper, F., Bibliotheca fratrum Polonorum quos unitarios vocant, Amsterdam, 1668&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kuyper, F., Korte Verhandeling van de Duyvelen, Rotterdam, 1676 ; Kuyper, F., Filosofisch en Historiaal Bewijs dat &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;er Duyvelen zijn, Rotterdam, 1678]]. N&#233;anmoins, les proc&#232;s de sorcellerie ont eu beaucoup moins de succ&#232;s au Pays Bas que dans des autres pays[[Collins, A discourse of Free-Thinking, London, 1713]]. La derni&#232;re ex&#233;cution date de 1608, la derni&#232;re accusation juridique de 1643 et apr&#232;s 1660 le sujet n'&#233;tait m&#234;me plus un point de discussion au niveau du synode de l'&#233;glise r&#233;form&#233;e. Apr&#232;s 1670, il n'y eut en fait plus d'accusations de sorcellerie aux Pays Bas[[Fix, A., Fallen angels: Balthasar Bekker, spirit belief and confessionalism in the seventeenth century Dutch republic, Dordrecht, 1999, p. 4 n.3]]. Il y a des historiens qui pr&#233;sument que la diminution des proc&#232;s et des accusations est attribuable &#224; la d&#233;marche de la nouvelle conception de monde &#233;tant rationnelle et scientifique et dans lesquelles il n y avait plus de places pour des sorci&#232;res, d&#233;mons et spectres. Le&lt;/code&gt;monde enchant&#233;' devenait plus m&#233;canis&#233;.[[Cfr. Dijksterhuis, E., De mechanisering van het wereldbeeld, Amsterdam, 1950&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Easlea, B., Witch-hunting, Magic and the New Philosophy : An introduction to Debates of the Scientific Revolution 14501750, Sussex, 1980&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;It was not freethinking which has cured belief in witchcraft, but rather the general &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;growth of philosophy and medicine&#034; / Bentley, R., Remarks upon a late Discourse of Free-Thinking, London, 1713, 32, 4; Israel, J., Radical Enlightenment. Philosophy and the making of Modernity, 1650 -1750, Oxford, 2001, p. 377]].&#034; Ce Bentley remarque encore que les deux livres les plus vigoureux par rapport &#224; la superstition qu'il ait lu en Hollande &#233;taient de la main de ministres. L'un s'appelait Balthasar Bekker, l'autre &#233;tait un Docteur, mais Bentley ne se souvenait plus de son nom[[Probablement il s'agit du m&#233;decin m&#233;nnonite Anthonie van Dale, l'auteur du De Oraculis, qu'&#233;tait d'ailleurs ami intime de Bekker. Dale, A. van, De oraculis ethnicorum dissertationes dure, Amsterdam, 1683]]. {{{Spinoza et Bekker}}} Balthasar Bekker (1634-1698)[[Fix, A., Fallen angels: Balthasar Bekker, spirit belief and confessionalism in the seventeenth century Dutch republic, Dordrecht, 1999; Fix, A., &#034;Bekker and Spinoza&#034; dans: Bunge, W. van / Klever, W, Disguised and overt Spinozism around 1700, Leiden, 1996, p. 23-40; Bekker, B. / Bunge, W. van, Die Bezauberte Welt (1693), Stuttgart, 1997; Israel, J., Radical Enlightenment. Philosophy and the making of Modernity, 1650 -1750, Oxford, 2001, p. 377- 395.]] est n&#233; en 1634 dans le village Frison de Metslawier o&#249; il &#233;tait le fils du ministre. Il alla &#233;tudier la th&#233;ologie et la philosophie &#224; Groningen dans les ann&#233;es cinquante. C'est le moment o&#249; les querelles sur le cart&#233;sianisme &#233;taient encore tr&#232;s vivantes. Bekker commen&#231;a alors sa carri&#232;re comme ministre r&#233;form&#233;&lt;/code&gt;cart&#233;sien'. Dans son livre sur le cart&#233;sianisme intitul&#233; &lt;i&gt;De Philosophia Cartesiana admonitio &lt;/i&gt;(1668), il d&#233;fendait l'id&#233;e que la philosophie cart&#233;sienne n'&#233;tait pas un danger pour la foi reform&#233;e. Le raisonnement de Bekker &#233;tait que la philosophie et la th&#233;ologie avaient leur propre plan. La philosophie jouait un r&#244;le dans le domaine de la Raison et la th&#233;ologie dans celui de la r&#233;v&#233;lation. L'&#233;criture sainte r&#233;v&#232;le des choses pour lesquelles la philosophie &#233;tait incomp&#233;tente. Bekker, qui avait &#233;t&#233; accus&#233; de spinozisme, a toujours dit qu'il n'&#233;tait pas d'accord avec la th&#233;orie spinoziste juste parce que Spinoza n'appliquait pas de diff&#233;rence claire entre la th&#233;ologie et la philosophie. N&#233;anmoins par le fait que dans un de ses livres Bekker appelle la philosophie de Spinoza une philosophie &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;absurde'[[Bekker, B., Kort Begryp der Algemeine Kerkelyke Historien, Zedert het Jaar 1666 daar Hornius eindigt, tot den .lare 1684, Amsterdam, 1739, p. 38]], une &#233;tude nous a d&#233;j&#224; montr&#233; que Bekker et Spinoza &#233;taient assez proches en ce qui concernait l'id&#233;e de l'herm&#233;neutique biblique[[Bunge, W. van, &#034;Balthasar Bekker's Cartesian Hermeneutics and the Chalenge of Spinozism&#034;, The British Journal for the history of Philosophy 1, 1993, p. 55-79]]. Bekker admettait qu'il ne comprend pas tout ce que Descartes avait &#233;crit, mais il comprenait bien tout ce qu'il avait &#233;crit sur la doctrine de l'&#233;glise. Bekker nous montrait alors que Descartes n'&#233;tait pas un ath&#233;e et que nous ne devions pas oublier que la philosophie est d'une nature humaine ce qui impliquait que c'est toujours am&#233;liorable. En 1691-1693 Bekker publiait en quatre parties son chef d'oeuvre intitul&#233;e {De betoverde Wereld, }&lt;/code&gt;le monde enchant&#233;'. La publication de ce livre provoqua pr&#232;s de 300 pamphlets et livres, en g&#233;n&#233;ral d'adversaires de Bekker. Il fut alors relev&#233; de ses fonctions de ministre &#224; Amsterdam et, &#224; Utrecht, et le 24 septembre 16921e livre fut effectivement prohib&#233;. Malgr&#233; cela, il y eut 8000 exemplaires vendus en deux ans, un succ&#232;s sans pareil[[Bunge, W. van, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Du betoverde weereld au monde enchant&#233;. Traces de Bekker dans les premi&#232;res lumi&#232;res fran&#231;aises' dans Materia Actuosa, Antiquit&#233;, &#194;ge classique, Lumi&#232;res, Paris, 2000, p .453-471, p. 454-455]]. D&#233;j&#224; dans l'introduction du livre. Bekker montre clairement qu'il utilise la th&#233;orie cart&#233;sienne pour prouver l'irrationalit&#233; de la superstition. Dans cette introduction Bekker renvoie aussi bien &#224; Spinoza qu'&#224; Descartes en disant que celui qui lira son livre avec un esprit objective peuvent voir qu'il a en commun avec Descartes tout ce qui concerne la distinction entre l'esprit et le corps, mais qu'il n'a rien &#224; faire avec ce philosophe Spinoza qui confond Dieu et le monde[[&#034;So wie dit boek met een opmerkend en onzijdig hart doorlezen wil, hij zal er dat in zien. Hoewel ik gerust ben, zo weet ik echter, dat zoveel het gebruik der Rede hier aanbelangt, ik diegene het minst zal voldoen, die Descartes' grond gans verwerpen ; waama ik geest en lichaam van elkaar onderscheidt : invoegen dat met een dulle doling van Spinoza, die God en de wereld ondereen vermengt te krachtigsten weersproken wordt.&#034; (Bekker, B., De Betoverde Wereld, Rotterdam, 1691-1694, boek 1, voorrede, p. 1)]]. Il est bien clair que Bekker a l'intention d'utiliser la philosophie cart&#233;sienne pour atteindre son but final &#224; savoir la purification de la foi par la contestation de la superstition. Cette forme d'assimilation de la philosophie de Descartes est en fait contradictoire aux sentiments anti-cart&#233;siens &#224; l'&#233;poque au monde protestante. On ne peut pas oublier que des figures puissantes, comme par exemple Gisbertus Voetius[[Duker, A.C., Gisbertus Voetius, Leiden, 1893-1915 / Reprint: Leiden, 1989 (4 vol.); Asselt, W.J., / Dekker, E. (red.), De Scholastieke Voetius, Zoetermeer, 1995; Oort, van J., Graafland, C.,Groot, de A., Jong, de O.J., (eds.), De onbekende Voetius, voordrachten wetenschappelijk symposium Utrecht 3 maart 1989, Kampen, 1989; Ruler, van J.A., The crisis of causality, Leiden, 1995; Dibon, P., L'Enseignement philosophique dans les universit&#233;s n&#233;erlandaises &#224; l'&#233;poque pr&#233;cart&#233;sienne (1575-1650); Sassen, F., Geschiedenis van de Wijsbegeerte in Nederland; Van Bunge, W., From Stevin to Spinoza, p. 37-41; Verbeek, T., La querelle d'Utrecht, Paris, 1988]], s'engageaient publiquement dans la lutte contre le cart&#233;sianisme. De m&#234;me des pasteurs de campagne pr&#234;chaient contre le cart&#233;sianisme. Pensons &#224; Jacobus du Bois (1607-1661)[[Bunge, Wiep van, From Stevin to Spinoza: An Essay on Philosophy in the Seventeenth-Century Dutch Republic, Leiden, 2001; McGahagan, T.A., Cartesianism in the Netherlands, 1639-1676; the new science and the Calvinist counterreformation (Diss.), Pennsylvania, 1976; Vermij, Rienk, The Calvinist Copernicans. The reception of the new astronomy in the Dutch Republic, 1575-1750, Amsterdam, 2002]] l'auteur de plusieurs pamphlets contre le copernicanisme et le cart&#233;sianisme. Ces pamphlets &#233;taient des vraies engeuelades contre cet ath&#233;e papale nomm&#233; Descartes[[Naecktheyt van de Cartesiaensche philosophie, ontbloot in een antwoort op een Cartesiaensch libel, genaemt: Bewys, dat het gevoelven van die gene, die leeren der sonne-stilstandt, en des aerdtrijcks beweging niet is met Gods woort [van Lambert van Velthuysen] (Utrecht, 1655) ; Den ingetoomden Cartesiaen, ofte korte antwoordt op een Cartesiaensch libel, genaemt Wiskonstich bewijs van d'onnoselheyt, &amp;c. (Leiden, 1656) ; Schadelichheyt van de Cartesiaensche philosophie, ofte Klaer bewijs, hoe schadelick die philosophie is, soo in het los maecken van Godes h. woordt, als in het invoeren van nieuwe schadelicke leeringen ... (Utrecht, 1656)]]. Bien au contraire Bekker utilisait les id&#233;es de la philosophie cart&#233;sienne pour purifier la foi. Les affaires th&#233;ologiques restaient d'ailleurs toujours privil&#232;ge aux th&#233;ologiens. Dans son livre Bekker lui-m&#234;me y en porte l'attention. II insiste qu'il fait usage de la {Raison }pour combattre la superstition, mais, nous dit-il, on ne peut pas faire l'erreur de confondre la Raison avec l'&#201;criture sainte et alors sans encore parler des discussions dans lesquelles on d&#233;fend, par exemple que la Raison aurait plus de v&#233;rit&#233; que l'&#201;criture sainte ce qui parle d'une idiotie. Comme dit, le&lt;/code&gt;monde enchant&#233;' est constitu&#233; de quatre livres. Pour comprendre ce qu'est la croyance aux diables et spectres, il faut d'abord &#234;tre conscient de ce que cette croyance est en r&#233;alit&#233;. Pour cela le premier livre d&#233;crit l'histoire de diff&#233;rentes religions et cultures en rapport avec la croyance aux diables et aux spectres. Pour ceci, Bekker montre qu'il est lettr&#233; et nous raconte d'abord la croyance des juifs, des musulmans et enfin du christianisme. Il en conclut que beaucoup d'&#233;l&#233;ments superstitieux ont gliss&#233; dans la foi par la croyance pa&#239;enne, mais pour Bekker l'&#233;glise catholique est aussi bien coupable car elle a toujours laiss&#233; croire aux gens l'existence du purgatoire pour des raisons politiques. N&#233;anmoins, il est aussi dispos&#233; &#224; admettre que m&#234;me les protestantes d&#233;fendent parfois la superstition, comme le faisait le roi Jacques I d'Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette occasion que Bekker &#233;crit au d&#233;but du premier livre que le vrai chr&#233;tien ne renonce pas la Raison &#224;causede sa foi. Bien au contraire, le chr&#233;tien ferme se concentre de plus sur et perfectionne sa raison. Il ne faut d'ailleurs pas oublier, nous dit Bekker, que la Raison nous donne plus de perspicacit&#233; par rapport &#224; l'&#201;criture sainte[[&#034;Een Kristen heeft door het geloof het gebruik van de gezonde rede niet afgestaan, doch als hij vastberaden is, nog versterkt en verbeterd. Zulks doet hij - de Kristen - door de schrift, van God ingegeven, en aan de Rede voorgesteld ; om door haar ingeschapen licht te zien dat ze - de Rede - van God is.&#034; (Bekker, De Betoverde Wereld, Rotterdam, 1691-1694, boek II, p. 1)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Knuttel, p. 204 ; Bekker / Bunge, W, van, p. 27&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Van al hetgene dat tot hiertoe is geleerd, is het einde van de sake : Verwerpt d'ongoddelike en oudwijfsche fabelen, en oefent uselven tot Godsaligheid.&#034; (Bekker, De Betoverde Wereld, boek IV, p. 272)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cfr. Suarez&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revue de M&#233;taphysique et de Morale&lt;/strong&gt;, 4, Paris, 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://spinoza.mine.nu/Microsoft Word - Spinoza et Boxel.html.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://spinoza.mine.nu/Microsoft Wo...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;&#201;tablissement du texte du Tractatus theologico politicus de Spinoza, suivi de quatre interpr&#233;tations&#034;, par Fokke Akkerman</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Etablissement-du-texte-du-Tractatus-theologico-politicus-de-Spinoza-suivi-de</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.caute.lautre.net/Etablissement-du-texte-du-Tractatus-theologico-politicus-de-Spinoza-suivi-de</guid>
		<dc:date>2004-05-03T14:13:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Akkerman, Fokke</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sans exag&#233;rer on peut dire que l'&#233;tude de la gen&#232;se et de la transmission des textes de Spinoza a pris un retard consid&#233;rable sur l'interpr&#233;tation historique et syst&#233;matique de son oeuvre. Jusqu'&#224; 1986 il n'existait m&#234;me pas une &#233;dition critique de niveau vraiment scientifique pour un seul de ses &#233;crits. Une &#233;dition critique doit &#234;tre bas&#233;e sur de solides &#233;tudes de toutes les sources disponibles et sur un choix bien r&#233;fl&#233;chi d'un texte de base. Elle doit pr&#233;senter un texte clair et bien (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Theologie-" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sans exag&#233;rer on peut dire que l'&#233;tude de la gen&#232;se et de la transmission des textes de Spinoza a pris un retard consid&#233;rable sur l'interpr&#233;tation historique et syst&#233;matique de son oeuvre. Jusqu'&#224; 1986 il n'existait m&#234;me pas une &#233;dition critique de niveau vraiment scientifique pour un seul de ses &#233;crits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il va sans dire que l'&#339;uvre de Carl Gebhardt a &#233;t&#233; d'une valeur inestimable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une &#233;dition critique doit &#234;tre bas&#233;e sur de solides &#233;tudes de toutes les sources disponibles et sur un choix bien r&#233;fl&#233;chi d'un texte de base. Elle doit pr&#233;senter un texte clair et bien compr&#233;hensible, et elle doit indiquer toutes les variantes pertinentes qui se trouvent dans toutes les sources non choisies et toutes les corrections sens&#233;es du texte qui ont &#233;t&#233; propos&#233;es par les &#233;rudits modernes. Pour parvenir &#224; un texte distinct et simple &#224; lire, il faut appliquer une typographie moderne et une ponctuation prudente. Il est n&#233;cessaire de placer les variantes au bas de la page m&#234;me o&#249; le texte se trouve et, en outre, de les indiquer de mani&#232;re sommaire, compl&#232;te en tant que pertinente, dans un apparat critique. En dernier lieu, il est souhaitable d'ajouter une annotation concise de parall&#232;les, de citations, de r&#233;f&#233;rences, de petites explications lexicales ou grammaticales. Elle doit aussi &#234;tre plac&#233;e de pr&#233;f&#233;rence aux pages m&#234;mes du texte auquel elle se rapporte. Du reste, l'&#233;dition doit contenir quelques index utiles et une bibliographie, et, naturellement, une introduction, dans laquelle l'&#233;diteur justifie ses choix et d&#233;cisions. Comme mod&#232;le d'une bonne &#233;dition moderne d'un auteur n&#233;o-latin on pourrait citer quelques tomes des &lt;i&gt;Opera omnia &lt;/i&gt;d'Erasme, qui viennent de para&#238;tre ces derni&#232;res ann&#233;es. Je suis convaincu que si nous avions de pareilles &#233;ditions pour Spinoza, les recherches scientifiques changeraient consid&#233;rablement. Eh bien, pour le TTP une telle &#233;dition n'existe pas et ce fait seul met de grands obstacles &#224; toute oeuvre de traduction ou d'interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la br&#232;ve p&#233;riode dont je disposais pour pr&#233;parer cette conf&#233;rence, je n'ai pas pu faire beaucoup, mais cependant, j'ai tir&#233; d'un travail un peu h&#233;t&#233;rog&#232;ne des conclusions peut-&#234;tre int&#233;ressantes. J'ai relu et &#233;valu&#233; toutes les annotations de critique textuelle des cinq derniers chapitres du TTP dans quelques &#233;ditions modernes du texte latin. Tout d'abord celles de la rubrique &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Textgestaltung' &#224; la fin du tome III de l'&#233;dition du TTP, publi&#233;e par Carl Gebhardt en 1925[[Carl Gebhardt, Spinoza Opera, Heidelberg 1925,&lt;/code&gt;1972, vol. III, 380-382.]]. Ce sont au total pas plus de 27 annotations qui occupent &#224; peine plus de deux pages, tandis que le texte m&#234;me de Spinoza des chapitres XVI-XX comprend 59 pages. A premi&#232;re vue on pourrait conclure, que le texte du TTP ne pose pas beaucoup ou gu&#232;re de probl&#232;mes. Et certainement, on n'a pas longtemps &#224; chercher un texte qui doive servir de base pour une &#233;dition : c'est la premi&#232;re &#233;dition imprim&#233;e de 1669/70 (Gebhardt I, Bamberger TI)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gebhardt, vol. III, 363-364 ; Fritz Bamberger, 'The Early Editions of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon l'avis commun toutes les &#233;ditions du XVII' si&#232;cle qui succ&#232;dent &#224; la premi&#232;re, ont &#233;t&#233; d&#233;riv&#233;es de celle-ci sans que l'auteur lui-m&#234;me s'en soit encore occup&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quelque r&#233;serve est observ&#233;e par J. Kingma/A.K. Offenberg, Textgestaltung' (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; alors la le&#231;on de I-III n'est pas tout &#224; fait impossible. Dans un autre cas Gebhardt adopte &#233;galement une conjecture de Bruder : 204.25 &lt;i&gt;agnoscor &lt;/i&gt;au lieu de la le&#231;on des &#233;ditions du XVIIe si&#232;cle &lt;i&gt;cognoscor, &lt;/i&gt;tout en reconnaissant que la faute pourrait &#234;tre attribu&#233;e &#224; Spinoza lui-m&#234;me. Dans ce cas est-il permis de corriger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. En g&#233;n&#233;ral on doit agir avec pr&#233;caution en adoptant telle ou telle conjecture propos&#233;e. J'en cite deux qui sont bien attirantes, mais que j'h&#233;siterais &#224; adopter l'une et l'autre ; 217.10 Van Vloten et Land ont corrig&#233; &lt;i&gt;audet &lt;/i&gt;en &lt;i&gt;audebat, &lt;/i&gt;et Gebhardt a adopt&#233; cette conjecture ; mais en consid&#233;rant, avec Bruder, la phrase &lt;i&gt;Nemo ... audet &lt;/i&gt;comme parenth&#232;se, on peut bien retenir la le&#231;on des anciennes &#233;ditions. Plus difficile &#224; d&#233;cider est 245.15-16 &lt;i&gt;Nemo sane ex eadem [sc. nece honestorum] exemplum capere potest, nisi ad imitandum, vel saltem ad adulandum. Ici &lt;/i&gt;Van Vloten-Land, Gebhardt et Wernham retiennent la le&#231;on des &#233;ditions. N&#233;anmoins, on a essay&#233; des conjectures diverses au lieu de &lt;i&gt;adulandum : admirandum &lt;/i&gt;(Kirchmann), &lt;i&gt;aemulandum &lt;/i&gt;(Bernays), &lt;i&gt;laudandum &lt;/i&gt;(Wernham). Cette derni&#232;re para&#238;t tr&#232;s s&#233;duisante : le compositeur aurait embrouill&#233; la suite des quatre premi&#232;res lettres du mot. Dans le contexte du raisonnement &lt;i&gt;ad adulandum &lt;/i&gt;sugg&#232;re un bon sens : la terreur politique cr&#233;e des h&#233;ros &lt;i&gt;(ad imitandum) &lt;/i&gt;ou des flatteurs &lt;i&gt;(ad adulandum).&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Regardons maintenant un moment l'&#233;dition de A.G. Wernham. Les cinq chapitres que j'examine (XVI-XX) sont en totalit&#233; dans ce livre, qui du reste ne comporte que les parties du TTP consid&#233;r&#233;es comme formant la doctrine politique de Spinoza. A la page droite se trouve une traduction en anglais, &#224; gauche nous avons le texte latin. En bas on peut consulter deux cat&#233;gories de notes : &#224; droite, en dessous de la traduction, des notes explicatives, et &#224; gauche les notes critiques portant sur la transmission du texte. J'approuve fort cette s&#233;paration des notes, seulement j'ai mes r&#233;serves en voyant que les notes explicatives renvoient &#224; la traduction. A mon avis toutes les notes doivent toujours renvoyer au texte m&#234;me de l'auteur, texte qu'on veut justifier ou commenter. Une traduction est en elle-m&#234;me une explication et interpr&#233;tation. Wernham s'est donn&#233; beaucoup de peine pour pr&#233;senter un texte correct. Il a consult&#233; toutes les sources dans les &#233;ditions anciennes et aussi dans les modernes ant&#233;rieures &#224; la sienne, ce qui a pour effet qu'il peut donner un beaucoup plus grand nombre d'annotations critiques que Gebhardt : 73 contre 37. Cependant, le livre de Wernham laisse &#224; d&#233;sirer. Wernham indique m&#234;me les coquilles sans aucune importance, qu'on rencontre &#231;a et l&#224; dans les &#233;ditions ant&#233;rieures ; il reprend presque toutes les solutions fausses de Gebhardt ; plus d'une fois il adopte un texte corrig&#233; par un &#233;diteur ant&#233;rieur sans indiquer l'auteur de la correction. D'autre part, il a plusieurs corrections de lui-m&#234;me, et, en g&#233;n&#233;ral, il a lu les sources &#224; fond et d'une mani&#232;re tr&#232;s scrupuleuse ; il a donn&#233; ses annotations en termes concis. Bien que son &#233;dition ne pr&#233;sente pas un texte et un apparat critique absolument id&#233;al du point de vue technique, elle offre beaucoup plus de mati&#232;res que celle de Gebhardt, et elle marque donc un grand pas en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; en sommes-nous pour l'&#233;tablissement du texte et la r&#233;daction d'un apparat critique du TTP ? L'histoire des tirages du XVIIe si&#232;cle est tr&#232;s compliqu&#233;e, mais, heureusement, elle a &#233;t&#233; s&#233;rieusement &#233;tudi&#233;e et &#233;claircie par Land&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.P.N. Land, Convegno Internazionale, L'Aquila 20-23 ottobre 1987'. [ = Dio, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; au XIXe si&#232;cle on s'est arr&#234;t&#233; de mettre des accents dans les &#233;ditions de texte. Il vaut donc mieux qu'on les omette &#233;galement dans une &#233;dition moderne de Spinoza. Sinon, on devrait concevoir soi-m&#234;me un syst&#232;me cons&#233;quent d'accentuation. Les signes diacritiques dans les &#233;ditions de XVIIe si&#232;cle n'offrent pas d'aide v&#233;ritable pour la lecture du latin. Une bonne ponctuation moderne est bien de la premi&#232;re importance. Par exp&#233;rience je sais comme il est difficile, m&#234;me pour les &#233;tudiants avanc&#233;s dans les langues classiques, de lire un texte latin du XVI' ou XVIIe si&#232;cle avec la ponctuation originale. Il faut aider le lecteur &#224; lire le texte latin et ne pas le g&#234;ner par une ponctuation d&#233;su&#232;te. Dans toutes les grandes &#233;ditions scientifiques des textes latins de l'&#233;poque moderne : celle des &lt;i&gt;Opera omnia &lt;/i&gt;d'Erasme, de Thomas More, de Hugo Grotius, des lettres de Poggio Bracciolini, et de Juste Lipse, on omet les accents &#233;ventuels et on modernise la ponctuation. A mon avis, il n'y a pas de motifs d&#233;cisifs pour un &#233;diteur de Spinoza de s'&#233;carter de cette pratique. Dans leurs &#233;ditions du TTP Gebhardt a trop de signes de ponctuation et Wernham trop peu. Wernham a modernis&#233; radicalement, peut-&#234;tre en suivant les usages anglais, Gebhardt a fait le contraire : par principe il a suivi les &#233;ditions anciennes, mais avec mod&#233;ration, donc en intervenant dans certains cas. Le r&#233;sultat, chez lui, est une ponctuation mixte, qui plus d'une fois embarrasse la compr&#233;hension. Selon la m&#233;thode que Steenbakkers et moi avons d&#233;velopp&#233;e pour l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;, il faut moderniser la ponctuation d'une mani&#232;re bien r&#233;fl&#233;chie et cons&#233;quente, c'est-&#224;-dire selon des r&#232;gles fixes, bas&#233;es sur le style et la grammaire de l'auteur. Il va sans dire, que l'invention et l'application cons&#233;quente de ces r&#232;gles exigent une attention concentr&#233;e sur le fond et la forme de chaque phrase. &#201;diter un texte est in&#233;vitablement l'interpr&#233;ter pour une part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe aussi qu'on fasse une bonne division en alin&#233;as. Comme l'&#233;diteur doit bien comprendre le texte en d&#233;tail pour pouvoir y ajouter une ponctuation soign&#233;e, il doit bien p&#233;n&#233;trer dans la macrostructure du discours pour pouvoir faire une division en alin&#233;as. De m&#234;me que la plupart des auteurs de la Renaissance et du Baroque, Spinoza a tr&#232;s soigneusement construit ses textes ; probablement il avait dress&#233; d'avance un plan de la succession des sujets &#224; traiter et il en avait d&#233;termin&#233; l'&#233;tendue. Il doit avoir travaill&#233; tout comme les architectes ou les peintres, qui font d'abord une esquisse ou un dessin. On peut le constater pr&#233;cis&#233;ment par exemple dans le chapitre XVI du TTP. Ce chapitre traite de trois cat&#233;gories de ius : le &lt;i&gt;ius naturale, &lt;/i&gt;le &lt;i&gt;ius civile &lt;/i&gt;et le &lt;i&gt;ius sacrum &lt;/i&gt;ou&lt;i&gt; divinum. &lt;/i&gt;Mais entre le traitement du premier et du second l'auteur a mis deux parties qui traitent de la fondation de l'&#233;tat civil et du r&#233;gime qui r&#232;gnera dans l'&#233;tat id&#233;al. Ces deux insertions s'expliquent facilement : d'abord il fallait r&#233;pondre &#224; la question : comment doit-on se figurer la transition du &lt;i&gt;ius naturale &lt;/i&gt;au &lt;i&gt;ius civile, &lt;/i&gt;et puis : comment faut-il s'imaginer le ius organis&#233; dans le meilleur &#233;tat ? C'est ainsi que le chapitre XVI a &#233;t&#233; construit en cinq parties :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. le droit de l'individu dans le &lt;i&gt;status naturalis : &lt;/i&gt;G. 189.12-191.10 ;&lt;br /&gt;
Il. la transition de l'&#233;tat naturel &#224; l'&#233;tat civil : G. 191.11-193.18 ;&lt;br /&gt;
III. l'organisation du droit dans l'&#233;tat civil : G. 193.19-195.34 ;&lt;br /&gt;
IV. le droit de l'individu dans l'&#233;tat civil : G. 195.35-198.3 ;&lt;br /&gt;
V. le droit concernant le culte ext&#233;rieur, le &lt;i&gt;ius divinum : &lt;/i&gt;G. 198.4-200.26.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur a certainement s&#233;lectionn&#233; d'avance ces cinq sujets comme &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;topoi' n&#233;cessaires &#224; son argumentation, il a esquiss&#233; la construction du chapitre et il s'est propos&#233; de traiter les cinq sujets en parties approximativement de m&#234;me &#233;tendue. Aussi s'en est-il tenu &#224; ce plan. Les cinq parties varient en longueur de 67 lignes au minimum &#224; 91 lignes au maximum dans le texte de Gebhardt. L'&#233;diteur doit d&#233;couvrir cette construction et en tenir compte quand il arrange le texte en alin&#233;as. D'autre part, il ne faut pas imposer des structures, v&#233;ritables ou suppos&#233;es, au texte par des moyens aussi rigoureux que des lignes blanches ou des ast&#233;risques. On peut discerner encore de plus grandes structures: les chapitres XVI &#224; XX forment &#233;ventuellement une {politica }en cinq parties, dont le chapitre XVI constitue un {exordium }th&#233;orique et rationnel, quoique pr&#233;sent&#233; d'une mani&#232;re rh&#233;torique[[V. F. Akkerman, Le caract&#232;re rh&#233;torique du Trait&#233; Th&#233;ologico-Politique. In: Spinoza entre Lumi&#232;res et Romantisme. Les Cahiers de Fontenay 1985, 381-389, v. 383-384.]], les chapitres XVII, XVIII et XIX une {argumentatio }en trois parties, &#224; base de situations et d&#233;veloppements historiques, et le chapitre XX une {conclusio, }dans laquelle est montr&#233; que la th&#232;se principale du livre a &#233;t&#233; prouv&#233;e. Cette structure, bien s&#251;r, ne peut plus &#234;tre indiqu&#233;e par des moyens typographiques, mais, &#224; mon avis, c'est bien une des t&#224;ches de l'&#233;diteur de la signaler au lecteur. Je voudrais conclure ce bref examen de l'&#233;tat des recherches textuelles du TTP par quatre {miscellanea, }qui se sont pr&#233;sent&#233;es pendant la pr&#233;paration de cette conf&#233;rence et au cours du colloque m&#234;me.&lt;br /&gt;
I. Par rapport au bilinguisme de Spinoza et du cercle de ses amis, on a cit&#233; souvent un passage du journal de voyage du savant allemand Gottlieb Stolle et de son compagnon Hallmann. En fait, l'auteur du passage cit&#233; &#233;tait Hallmann seul, pas Stolle; cela ressort des textes publi&#233;s par Freudenthal. Mignini l'a rappel&#233; r&#233;cemment avec insistance. Dans ces phrases Hallmann notait que Jan Rieuwertsz, fils de l'&#233;diteur de Spinoza, lui avait montr&#233; un manuscrit du livre que nous connaissons maintenant, selon toute vraisemblance, sous le titre de {Korte Verhandeling... }etc:&lt;/code&gt;Nach diesem brachte Er ein ander Mscriptum hervor, so gleichfalls sein Vater aber von Spinoza eigener Hand abgeschrieben ; dieses war die Ethic und zwar Niederl&#228;ndisch, wie sie Spinoza anfangs verferttiget&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Freudenthal, Die Lebensgeschichte Spinoza's in Quellenschriften, Urkunden (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.' On a toujours interpr&#233;t&#233; ce texte en ce sens que Spinoza, selon Hallmann, aurait &#233;crit sa KV &#224; l'origine en n&#233;erlandais. Dans un article de 1967 Rudolf Boehm a m&#234;me essay&#233; de prouver que cette affirmation est vraie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rudolf Boehm, Ce fut l'&#201;thique, comme Spinoza l'avait &#233;crite &#224; l'origine - (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Mais n'est-ce pas l&#233;gitime de poser la question, de qui ou d'o&#249; Stolle avait acquis cette information ? Dans ces quelques lignes il n'y a rien de plus par rapport aux communications de Hallmann. Ce sont essentiellement les m&#234;mes choses, mais moins compl&#232;tes et moins pr&#233;cises. N'est-il pas tout &#224; fait logique, qu'il les e&#251;t prises de la m&#234;me source o&#249; nous les lisons toujours, c'est-&#224;-dire du journal de voyage de Hallmann ? Les notes de Hallmann que nous lisons chez Freudenthal (donc les passages pris du ms. W) font voir que Hallmann a rendu quelques visites &#224; Rieuwertsz sans &#234;tre accompagn&#233; par Stolle ou d'autres voyageurs. Ainsi il &#233;tait le seul pr&#233;sent &#224; l'entretien avec Rieuwertsz, lorsque celui-ci montrait le manuscrit de la KV, car, un peu plus loin, il &#233;crit : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Sonst wies er mir noch das Msscptum ... ', tandis qu'ailleurs on lit plusieurs fois, autant en U qu'en W:&lt;/code&gt;wir' et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;uns'. En fait, on peut &#233;tablir exactement &#224; l'aide de ces indications des pronoms, quelles visites ont &#233;t&#233; rendues par Hallmann seul et lesquelles en compagnie d'autres voyageurs. Ainsi on lit dans un autre passage du ms. W: 'Der mehr erwehnte Rieuwertsz erzehlte mir, als ich ihn wieder Besuchte... [[V. Freudenthal, 227, ligne 38; 231, lignes 6-7.]]' C'est &#224; cause de Freudenthal que ces choses sont si difficiles &#224; rattraper. Il a mis en avant le Dr Gottlieb Stolle, professeur &#224; Jena, comme celui qui avait fourni les informations les plus importantes, et mis au second plan l'inconnu Hallmann. Et puis, d'une fa&#231;on inadmissible, il a donn&#233; les deux sources entrem&#234;l&#233;es, traitant l'une comme seulement auxiliaire de l'autre[[V. Freudenthal, 301; le seul crit&#232;re que Freudenthal avance pour d&#233;cider que le ms. U est &#224; pr&#233;f&#233;rer au ms. W, est que U est&lt;/code&gt;sorgsamer geschrieben'. Les rapports exacts entre U et W ne sont plus &#224; &#233;tablir sur la base des informations de Freudenthal.]]. Il aurait d&#251; les citer toutes les deux &lt;i&gt;in extenso, &lt;/i&gt;l'une &#224; c&#244;t&#233; de l'autre. Si les manuscrits en question existent encore, il faudrait un jour reprendre les recherches dans ces textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. En choisissant &#224; la fin de ma conf&#233;rence les mots &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;situations et d&#233;veloppements historiques' j'ai essay&#233; de traduire une expressioncurieuseque l'on trouve deux fois dans les chapitres XVII et XVIII du TTP: {Hebraeorum historias, &amp; successus (G. }203.8-9) et {Hebraeorum successus, &amp; historias (G. }222.12-13). Plusieurs traducteurs traitent cette expression en hendiadys:&lt;/code&gt;die Geschichte der Hebr&#228;er in ihrem Verlaufe' (Gebhardt, une fois) ; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;les &#233;tapes successives de l'histoire des H&#233;breux' (&#233;d. Pl&#233;iade, une fois); 'the course of Jewish history' (Wernham, deux fois). Autant que je sache, Spinoza est le premier &#224; chercher un terme en latin pour&lt;/code&gt;d&#233;veloppement historique'. Il n'existe pas un mot latin pour &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;d&#233;veloppement'; pour exprimer ce concept on devrait se d&#233;brouiller &#224; l'aide de p&#233;riphrases avec {gradus ou successus ou progressus. }Le mot {historia, }dans la litt&#233;rature humaniste, constitue tout d'abord une narration ou un expos&#233; ou une analyse d'un tout, dans laquelle les &#233;l&#233;ments existent c&#244;te &#224; c&#244;te. On en trouve une discussion tr&#232;s claire dans un discours de Marc-Antoine Muret de 1578[[Marc. Ant. Muretus, Orationes et epistolae, ed. J.E. Kappius e.a., Hannovre 1825-1826, v. Orationes, 11, 408-415. Pour historia dans les textes de Spinoza, v. G.1, 246.30-32; 111.92.5-13; 95.7; 98.22; 117.30; IV.189.7. Cf. la note de Ch. Appuhn, Spinoza &#338;uvres, 1965, vol. 2, 364.]], qui donne deux d&#233;finitions du concept, l'une plus large que l'autre:&lt;/code&gt;Historias nomen... non tantum rerum gestarum, sed quarumlibet rerum narrationem expositionemque significat.' Dans ce sens le terme peut figurer dans les titres de quelques livres d'Aristote, de Th&#233;ophraste et de Pline. L'autre d&#233;finition se rapporte &#224; l'histoire proprement dite : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Historia est rerum publice gestarum diffusa et continuata narratio.' III. A la suite du colloque un d&#233;bat public a eu lieu entre les professeurs Etienne Balibar et Paolo Cristofolini. Pendant ce d&#233;bat s'&#233;leva une discussion sur l'authenticit&#233; d'un passage du {Trait&#233; Politique, }ch. I, par. 4 (= G.III, 274.23-26):&lt;/code&gt;C&#249;m igitur animum ad Politicam applicuerim, nihil quod novum, vel inauditum est, sed tantum ea, quae cum praxi optim&#232; conveniunt, cert&#226;, &amp; indubitat&#226; ratione demonstrare, aut ex ips&#226; humanae nature conditione deducere, intendi.' C'est ce qu'on lit dans l'&#233;dition posthume de ce Trait&#233; dans les &lt;i&gt;Opera posthuma &lt;/i&gt;de 1677, mais simultan&#233;ment fut publi&#233;e la traduction n&#233;erlandaise dans &lt;i&gt;De nagelate schriften &lt;/i&gt;o&#249; on trouve pour le mot &lt;i&gt;aut : en, &lt;/i&gt;comme si le traducteur aurait &lt;i&gt;lu et. &lt;/i&gt;Comme le traducteur peut bien avoir traduit d'apr&#232;s le manuscrit de Spinoza, lui et l'&#233;diteur du texte latin sont probablement deux t&#233;moins ind&#233;pendants de l'autographe disparu. Si l'on peut en conclure que les deux sources du texte sont d'&#233;gale valeur pour d&#233;cider de l'authenticit&#233;, il faut avoir d'autres arguments pour placer &lt;i&gt;aut ou et &lt;/i&gt;dans le texte. M. Cristofolini choisit &lt;i&gt;aut &lt;/i&gt;en renvoyant &#224; la fin du chapitre, o&#249; on lit (par. 7) : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;... ideo imperii causas, &amp; fundamenta naturalia non ex rationis documentis petenda, sed ex hominum communi naur&#226;, seu conditione deducenda sunt ... '. Il y a donc dans la pens&#233;e et dans le texte de Spinoza une diff&#233;rence nette, voire une opposition, entre une th&#233;orie politique d&#233;duite de la {ratio }et une autre d&#233;duite de la nature humaine. Cette opposition a effray&#233;, para&#238;t-il, la plupart des traducteurs, car le plus souvent ils ont traduit dans le passage cit&#233; du par. 4 les mots ... {ex ips&#226; humance nature conditione deducere ... }comme une esp&#232;ce d'explication de {cert&#226;, &amp; indubitabat&#226; ratione demonstrare ... }Mais je crois que le renvoi au par. 7 de M. Cristofolini r&#232;gle le probl&#232;me. On peut y ajouter deux remarques de nature philologique: 1. La traduction de Glazemaker n'est pas, a priori, de valeur &#233;gale au texte latin du point de vue de l'authenticit&#233;. La priorit&#233; revient au dernier. Dans ce cas particulier il faut admettre que Glazemaker est tr&#232;s n&#233;gligent avec de petits mots, comme conjonctions, pronoms, etc. Il n'h&#233;site pas &#224; traduire {sive }par {en (et); et }par {maar }(mais) ou par {of (ou) ; -que }par of; {vel }par {en; nec }par {of niet }(ou pas) etc.[[Cf. F. Akkerman, Studies in the Posthumous Works of Spinoza, Groningen 1980, 143.]] Je suppose qu'&#224; cet endroit, Glazemaker a pens&#233;, comme presque tous les traducteurs modernes, que&lt;/code&gt;d&#233;duire de la nature humaine' est une sorte d'explication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les traducteurs modernes ont tendance &#224; forcer le sens du verbe &lt;i&gt;demonstrare, &lt;/i&gt;qu'ils traduisent trop exclusivement par &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;d&#233;montrer' ou&lt;/code&gt;prouver'. Le sens ici est &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;exposer' ou&lt;/code&gt;expliquer' ou &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;montrer'; {demonstrare }est souvent synonyme de {ostendere }et {explicare. }On peut comparer dans un contexte semblable de celui du TP I, par. 4: VI, par. 8 (= G. 299.27); VII, par. 1 (= G. 307.15); VII, par. 26 (G. 319.15); dans ces trois cas il s'agit d'exposer les {fundamenta Imperii Monarchici; }l'auteur emploie sans aucune distinction les trois verbes {ostendere, explicare }et {demonstrare.&lt;br /&gt;
}IV. Dans l'introduction de son livre capital sur la {Korte Verhandeling }Mignini a attach&#233; une grande importance &#224; la fin de {Epistola }6 de Spinoza, notamment au passage suivant:&lt;/code&gt;quod autem ad novam tuam quaestionem attinet. quomodo scil. res coeperint esse, et quo nexu a prima causa dependeant : de hac re et etiam de emendatione intellectus integrum opusculum composui, in cuius descriptione, et emendatione occupatus sum.' L'ample interpr&#233;tation que Mignini donne de ce passage ne m'a pas convaincu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mignini, Breve Trattato, 1986, 17-19 ; 91-99.&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle revient &#224; la th&#232;se que Spinoza, au moment qu'il &#233;crivait cette lettre, avait d&#233;j&#224; achev&#233; un livre complet et homog&#232;ne dont nous poss&#233;dons une traduction en n&#233;erlandais, la &lt;i&gt;Korte Verhandeling, &lt;/i&gt;et puis, que les mots... &lt;i&gt;et etiam de emendatione intellectus ... &lt;/i&gt;n'ont rien &#224; voir avec le trait&#233; que nous connaissons sous le titre &lt;i&gt;Tractatus de intellectus emendatione&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La formule ne para&#238;t pas seulement dans le titre du Trait&#233;, mais aussi dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;/i&gt;mais il ne prouve pas son point de vue. Spinoza, en tout cas, n'appelle nulle part cette partie de son oeuvre de cette mani&#232;re. Au contraire, il ressort des paragraphes 14 &#224; 18 du TIE (G.II, 8-10), autant que de la Pr&#233;face de &lt;i&gt;l'Ethique V &lt;/i&gt;(G.II, 277)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;... I have written a whole booklet on this subject and also on the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais ce serait plus s&#251;r d'admettre que Spinoza n'avait pas encore un plan pr&#233;sent &#224; l'esprit sur la fa&#231;on dont il voudrait int&#233;grer ces mati&#232;res dans un seul opuscule ou comment il pourrait les distribuer sur deux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il va sans dire que l'&#339;uvre de Carl Gebhardt a &#233;t&#233; d'une valeur inestimable pour l'&#233;tude des textes de Spinoza. En 1986 la parution de Spinoza, Korte Verhandeling. Breve Trattato par Filippo Mignini, L'Aquila 1986, a inaugur&#233; une nouvelle &#232;re dans les &#233;tudes spinoziennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gebhardt, vol. III, 363-364 ; Fritz Bamberger, 'The Early Editions of Spinoza's Tractatus Theologico-Politicus. A Bibliohistorical Reexamimation'. In : Studies in Bibliography and Booklore V (1961) 9-33, v. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quelque r&#233;serve est observ&#233;e par J. Kingma/A.K. Offenberg, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Bibliography of Spinoza's Works up to 1800'.In: Studia Rosenthaliana, XI, 1 (1977) 1-32, v. 6.]]. (Je passe sur les {Adnotationes qui }ont une tradition sp&#233;ciale.) Il n'y a pas de manuscrits. Les traductions de l'&#233;poque ont &#233;t&#233; faites &#224; partir des &#233;ditions imprim&#233;es, et n'ont donc pas de valeur autonome pour l'&#233;tablissement du texte. Autre fait important: la premi&#232;re &#233;dition doit avoir &#233;t&#233; faite par l'auteur lui-m&#234;me ou du moins sous sa surveillance, et nous savons de quels soins scrupuleux Spinoza fit preuve en r&#233;digeant ses textes. Tout consid&#233;r&#233;, deux pages de critique textuelle sur 59 pages de texte para&#238;traient beaucoup. Et en effet, on peut rassembler la valeur informative r&#233;elle des remarques critiques de Gebhardt sur moins d'une demi-page. Qu'il y a-t-il de trop dans ses observations? Quel en est le d&#233;faut? Qu'est-ce qui peut &#234;tre expliqu&#233; d'une fa&#231;on plus concise? Un certain nombre de cas peuvent illustrer les objections contre la mani&#232;re de r&#233;diger l'apparat critique dans l'&#233;dition du TTP de Gebhardt. A. Des remarques sur le langage de Spinoza, qui n'affectent pas l'&#233;tablissement du texte, ne sont pas &#224; leur place dans un apparat critique. Il faut les ins&#233;rer dans les notes explicatives, ou plut&#244;t, il faut incorporer une notice sur le langage de Spinoza dans l'introduction et s'y r&#233;f&#233;rer si l'occasion se pr&#233;sente. Ainsi le type de phrase, o&#249; le pronom relatif n'est pas r&#233;p&#233;t&#233;, m&#234;me si le cas change, n'a pas de pertinence pour l'&#233;tablissement du texte: Gebh. 200.7-9 ... {excepto eo, cui Deus certa revelatione singulare contra Tyrannum promiserit auxilium, vel nominatim exceptum voluit; }dans sa&lt;/code&gt;Textgestaltung' Gebhardt renvoie &#224; deux autres passages, o&#249; le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne se pr&#233;sente, notamment &#224; 175.15 et 205.32. Mais il y en a aussi des exemples dans les textes classiques[[V. Leumann-Hofmann-Szantyr, Lateinische Grammatik. Zweiter Band, Syntax und Stilistik, M&#252;nchen 1965, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;1972, p. 565 (par. 305, b).]]. Une autre note de nature grammaticale est plac&#233;e par Gebhardt &#224; propos de 243.35 sq. {impotentes animi}, o&#249; il se demande si l'on ne devait remplacer {animi} par {animo}; mais le g&#233;nitif est aussi classique que l'ablatif[[Ernout-Thomas, Syntaxe Latine, Paris 1951, 21953, pp. 56 et 96 (par. 69 et 117b).]]; le renvoi de Gebhardt &#224; 298.7 ... {nemo tain potenti, tamque integro} {animo fuit... }est d&#233;plac&#233;, car l'ablatif dans cette phrase est d'une autre cat&#233;gorie. B. A mon avis il ne faut pas surcharger l'apparat critique de simples fautes d'impression qui figurent dans les &#233;ditions modernes, comme Gebhardt les signale &#224; 223.27 {(habeant Vl.-L.); }235.19 {(nec de pace }om. Vl.-L.); 244.21 {(quot }Marchand). C. Gebhardt n'a pas de syst&#232;me de {sigla, }ce qui provoque une certaine prolixit&#233; dans sa&lt;/code&gt;Textgestaltung', par exemple &#224; 197.21, o&#249; il s'agit de la fausse le&#231;on &lt;i&gt;acceptum &lt;/i&gt;au lieu d'&lt;i&gt;arreptum&lt;/i&gt; ; Gebhardt &#233;crit : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Die Ed. pr. und der zweite Druck haben richtig arreptum, der dritte und vierte Druck statt dessen acceptum und diese falsche Lesart haben alle Ausgaben, auch Vloten-Land'. Plus simple serait: arreptum I, II : acceptum III, IV, {edd. }On constate la m&#234;me prolixit&#233; dans les annotations &#224; 207.18; 213.8; 213.20; 218.35; 244.33. D. Il faut s'imposer &#233;galement des restrictions pour ce qui est de l'histoire de certaines fautes dans les &#233;ditions successives. Gebhardt emploie trop de place en citant les fautes et corrections &#224; 213.20 et 218.35. On ne doit pas non plus estimer toutes les &#233;ditions de la m&#234;me importance. J'ai l'impression que pour le TTP, Bruder a fait un travail consid&#233;rable en ce qui concerne le texte, de m&#234;me que Van Vloten et Land, et Gebhardt. En g&#233;n&#233;ral on devrait se restreindre dans l'apparat critique &#224; ces trois &#233;ditions, et bien s&#251;r, aux plus modernes, comme celles de Wernham et de Gawlick[[A.G. Wernham, Benedict de Spinoza. The Political Works, Oxford 1958; Spinoza, Tractatus Theologico-Politicus. Theologisch-Politischer Traktat. Herausgegeben von G&#252;nther Gawlick und Friedrich Niew&#244;hner, Darmstadt 1979.]].&lt;br /&gt;
Quant aux autres, comme Paulus, Gfroerer, Ginsberg, on peut les citer quand ils offrent quelque chose d'int&#233;ressant.&lt;br /&gt;
La conclusion qu'il faut tirer de ces quatre remarques sera donc qu'on doit formuler l'apparat critique d'une mani&#232;re plus concise, plus s&#233;lective et plus claire, et - il va sans dire - qu'on le cite &#224; la page m&#234;me du texte. Passons maintenant &#224; quelques remarques portant sur le contenu des annotations de Gebhardt et d'autres &#233;diteurs. E. Dans les &#233;ditions du XIXe si&#232;cle on a souvent corrig&#233; des&lt;/code&gt;fautes' qui proviennent probablement de l'auteur et non pas des &#233;diteurs de son texte. Il faut les signaler, mais pas toujours les corriger. Seulement si elles obscurcissent l'intention de l'auteur, il faut prot&#233;ger Spinoza contre lui-m&#234;me. Dans notre si&#232;cle les &#233;diteurs n'ont pas su se d&#233;tacher de cette pratique regrettable. Spinoza &#233;crit en latin, mais ce n'est pas un auteur classique. De temps &#224; autre une phrase est boiteuse ou une construction n'est pas correcte. Il lui arrive d'&#233;crire de mani&#232;re plus rapide et plus moderne, moins stricte que les auteurs de l'antiquit&#233;. Et puis le n&#233;o-latin de son temps a d&#233;velopp&#233; un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;usus' qui s'&#233;loigne parfois du latin classique. Comme exemple on peut citer de la premi&#232;re &#233;dition (G. 202.21-24): ... {adeoque ille maxime sub alterius imperio est, qui alteri integro animo ad omnia ejus mandata obtemperare deliberat, &amp; consequenter eum maximun tenere imperio, qui in subditorum animos regnat. }Vl.-L. ont voulu corriger {consequenter }en {consequitur, }mais autant que je sache, Spinoza n'emploie jamais {consequitur }au sens impersonnel&lt;/code&gt;il suit'. La conjecture de Vl.-L. a &#233;t&#233; adopt&#233;e par tous les &#233;diteurs post&#233;rieurs. Autres corrections que je voudrais d&#233;conseiller : 193.9-15 (anacoluthe) ; 213.11 &lt;i&gt;(Macedonas, &lt;/i&gt;accusatif de d&#233;sinence grecque ; forme normale chez Quinte Curce) ; 223.11 &lt;i&gt;animadverteretur &lt;/i&gt;(sens impersonnel) ; 230.26 (suplicio, orthographe spinozienne, v. Gebh. &lt;i&gt;ad &lt;/i&gt;48.21) ; 238.33 &lt;i&gt;(non &lt;/i&gt;ins&#233;r&#233; dans le texte par Gebhardt) ; 242.18 &lt;i&gt;reverto &lt;/i&gt;(la forme active est possible, m&#234;me en latin classique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Les citations dans le texte constituent un cas particulier du ph&#233;nom&#232;ne que je viens de traiter ; dans les chapitres XVI-XX du TTP il s'agit surtout de citations extraites de l' &#339;uvre de Quinte Curce et de Tacite. En cas de divergence entre une citation chez Spinoza et le texte d'un auteur classique, il va sans dire qu'on doit d'abord remonter aux &#233;ditions de l'auteur dont Spinoza pourrait avoir dispos&#233;, et puis, on ne peut pas exclure la possibilit&#233; que Spinoza fasse une citation incorrecte, n&#233;gligente, ou qu'il cite plus au moins par c&#339;ur. Gebhardt ins&#232;re sans h&#233;siter ce qu'il qualifie 'der richtige Curtius-Text' dans le livre de Spinoza. Un exemple : 205.2 &lt;i&gt;Majestatis enim salutis esse tutelam I, II, III : Majestatem enim salutis esse tutelam IV, edd. ; Majestatem enim imperii salutis esse tutelam &lt;/i&gt;Bruder, Gebhardt. Cette le&#231;on-ci est celle des &#233;ditions de Quinte Curce du XVIIe si&#232;cle, que j'ai pu consulter. Vl.-L. retiennent le texte de I-III, et citent le texte de Curce dans une note. C'est peut-&#234;tre le plus prudent. &lt;i&gt;Majestas &lt;/i&gt;pourrait signifier chez Spinoza la personnification du pouvoir d'&#201;tat[[V. TTP, Gebh. III, 197.15-198.3 ; 228.7 ; TP, Gebh. III, 293.25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J.P.N. Land, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Over vier drukken met het jaartal 1670 van Spinoza's Tractatus Theologico-Politicus'. In: Verslagen en Mededeelingen der Koninklijke Akademie van Wetenschappen, Afdeeling Letterkunde, Tweede Reeks, Elfde Deel, Amsterdam, 1882, 148-158.]], Gebhardt, Bamberger et par Kingma et Offenberg. Mais nous ne poss&#233;dons pas encore une &#233;dition critique qui refl&#232;te toute cette histoire d'une mani&#232;re compl&#232;te et claire. Gebhardt, qui &#233;tait au courant de la transmission du texte et la prenait au s&#233;rieux, ne fut pas &#224; m&#234;me de la reproduire d'une mani&#232;re satisfaisante. Ce qui lui manque notamment, est un syst&#232;me simple de {sigla, }pour renvoyer &#224; l'ensemble des anciennes &#233;ditions, ou &#224; chaque &#233;dition en particulier. Puis il faudrait aussi un compte-rendu des traductions du XVIIe si&#232;cle, en tout cas des traductions n&#233;erlandaises. Bien qu'elles aient &#233;t&#233; compos&#233;es d'apr&#232;s les textes imprim&#233;s, elle sont pourtant des t&#233;moins contemporains du texte, et en tant que tels une interpr&#233;tation toute premi&#232;re. Pour cette raison donc elles ne sont pas sans int&#233;r&#234;t. L' oeuvre de Mignini sur la KV nous a fait comprendre une fois de plus, que l'&#339;uvre de Spinoza s'est produite dans une situation bilingue. Chaque oeuvre a &#233;t&#233; traduite presque imm&#233;diatement en n&#233;erlandais. Pour les ann&#233;es &#224; venir, l'&#233;tude s&#233;rieuse et profonde des traductions continuera &#224; &#234;tre une tache importante. Quant au TTP nous disposons de trois versions d'une traduction n&#233;erlandaise du XVIIe si&#232;cle, dont la d&#233;pendance mutuelle ou l'ind&#233;pendance n'a pas encore suffisamment &#233;t&#233; &#233;tablie. Il y a beaucoup de points communs dans ces trois textes, mais aussi de s&#233;rieuses diff&#233;rences. Ils se trouvent respectivement dans le manuscrit dans la Biblioth&#232;que Royale &#224; La Haye, celui m&#234;me dont la {Korte Verhandeling }fait partie, et dans deux &#233;ditions imprim&#233;es de 1693 et 1694. Sur les rapports entre ces trois versions on trouve des opinions tr&#232;s divergentes et m&#234;me contradictoires entre eux chez Gebhardt, Mme Thijssen-Schoute, Mignini et, r&#233;cemment, chez le n&#233;erlandiciste Gerrit Jongeneelen[[Koninklijke Bibliotheek Den Haag, ms. 75 G 15; les deux &#233;ditions imprim&#233;es chez
Kingma/Offenberg: nos. 22 et 23; sur les rapports v. Gebhardt, Chronicum Spinozanum, vol. 4 (1926) 271-278; C.L. Thijssen-Schoute, Uit de Republiek der Letteren, 's-Gravenhage 1967, 259-261; Mignini, Breve Trattato, 1986, 16-17; Jongeneelen, 'The rewriter of the Korte Verhandeling', &#224; para&#238;tre dans les actes du&lt;/code&gt;Convegno Internazionale, L'Aquila 20-23 ottobre 1987'. [ = Dio, l'uomo, la libert&#224;. Studi sul &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Breve Trattato' di Spinoza, a cura di F. Mignini, L'Aquila-Roma 1990, 483-490. Red.]]]. Il me semble qu'on n'a pas encore dit le dernier mot sur les questions et probl&#232;mes que posent ces traductions. L'int&#233;r&#234;t de ces &#233;tudes est &#233;vident: les traducteurs, les&lt;/code&gt;rewriters' &#233;ventuels, les &#233;diteurs et leurs mandants ont tous appartenu aux cercles d'amis et d'&#233;l&#232;ves du philosophe ou du moins de gens int&#233;ress&#233;s &#224; sa philosophie, et plus on conna&#238;t ces hommes et leur mani&#232;re de lire Spinoza, mieux on comprend ses textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite un mot bref sur la ponctuation et les accents. Pour ce qui est de l'orthographe, mieux vaut ne rien changer &#224; l'&#233;gard du texte de base, sauf quand on croit que les &#233;diteurs ont fait une faute. M&#234;me quand la premi&#232;re &#233;dition &#233;crit &lt;i&gt;suplicium &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Babilonia, &lt;/i&gt;on pr&#233;f&#233;rerait le maintenir s'il y a raison de croire que Spinoza lui-m&#234;me orthographiait les mots de cette mani&#232;re. Les accents, ou plut&#244;t les signes diacritiques, ne sont pas de Spinoza lui-m&#234;me. Ils sont plus rares dans l'&#233;dition du TTP que dans celle de l'&#233;dition des &lt;i&gt;Opera posthuma &lt;/i&gt;et il serait int&#233;ressant de savoir quelle en est la raison. Un autre r&#233;dacteur du texte, ou un autre compositeur ? Pendant des si&#232;cles on a connu l'usage d'&#233;crire et d'imprimer les accents dans les textes latins, mais un syst&#232;me v&#233;ritablement cons&#233;quent, accept&#233; &#233;galement par tout le monde, ne s'est jamais d&#233;velopp&#233;. On ne conna&#238;t pas l'usage dans l'Antiquit&#233; &#224; part quelques propositions fa&#238;tes avec h&#233;sitation[[V. Quintilien, Inst. or. 1.4.10 ; 1.7.2-3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Freudenthal, Die Lebensgeschichte Spinoza's in Quellenschriften, Urkunden und nichtamtlichen Nachrichten. Leipzig 1899, 227.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rudolf Boehm, &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Dieses war die Ethic und zwar Niederl&#228;ndisch, wie sie Spinoza anfangs verferttiget' etc. In: Studia Philosophica Gandensia 5 (1967) 176-206.]]. Aujourd'hui personne n'y croit plus, mais on interpr&#232;te toujours les mots du journal comme Boehm et ses pr&#233;d&#233;cesseurs le faisaient[[Cf. F. Mignini, Breve Trattato, 1986, 21-23; 71-76.]]. A mon avis ce n'est pas n&#233;cessaire. L'allemand du journal n'a pas encore la rigueur de syntaxe de la langue moderne et permet tr&#232;s bien une interpr&#233;tation comme suit:&lt;/code&gt;Ce fut l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;, comme Spinoza l'avait &#233;crite &#224; l'origine - et bien en n&#233;erlandais.' Cela voudrait seulement dire que cette version, que Rieuwertsz et Hallmann avaient sous les yeux et dans les mains, &#233;tait en n&#233;erlandais. On dirait que le probl&#232;me de l'authenticit&#233; de la langue les int&#233;resse beaucoup moins que celui du texte. La suite du passage cit&#233; s'accorde parfaitement avec l'interpr&#233;tation que je voudrais avancer : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Diese Ethic war gantz anders eingerichtet, als die gedruckte.' Stolle fut le premier &#224; publier (en 1718 et 1728) l'information selon laquelle Spinoza aurait &#233;crit son Ethique &#224; l'origine en n&#233;erlandais, et cette fois sans l'&#233;quivoque dont souffrent les mots de Hallmann:&lt;/code&gt;Spinoza bat seinen Atheismum in seiner Ethica vorgetragen. Er hatte sie anfangs in Holl&#228;ndischer Sprache nach der gemeinen M&#233;thode aufgesetzt, in welcher sie auch noch in MSto vorhanden. Nachgehends aber hat er sie more geometrico demonstriret, und Lateinisch abgefasst... ' etc.[[V. Gebhardt, vol. 1, 410 ; Mignini, 1986, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mignini, Breve Trattato, 1986, 17-19 ; 91-99.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La formule ne para&#238;t pas seulement dans le titre du Trait&#233;, mais aussi dans le texte : G.II, 9.34-35 : &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;... ad primum, quod ante omnia faciendum est, me accingam, ad emendandum scilicet intellectum ... '.]], }mais se rapportent &#224; la deuxi&#232;me partie de la KV. A mon avis Mignini, pour soutenir cette th&#232;se, s'est trop d&#233;tach&#233; du contexte stylistique et psychologique, dans lequel le passage a &#233;t&#233; &#233;crit et il a forc&#233; les mots &#224; dire quelque chose qu'ils n'admettent pas. Je voudrais faire trois remarques &#224; ce sujet: 1. La question d'Oldenburg entamait un sujet, dont l'ampleur est telle qu'un traitement dans une lettre est hors de toute consid&#233;ration. C'est en face de cette question que Spinoza met en jeu le topos fort r&#233;pandu dans la litt&#233;rature &#233;pistolaire des humanistes, qui distingue entre les sujets dont on peut traiter dans une lettre, et ceux qui r&#233;clameraient un livre entier. Dans ce sens il faut prendre les mots {integrum opusculum, }que Mignini cite &#224; maintes reprises pour prouver que Spinoza a d&#233;j&#224; achev&#233; son ouvrage. Le mot {integer }ne signifie pas&lt;/code&gt;achev&#233;' ou &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;termin&#233;', ce qui serait en latin {absolutum, perfectum, confectum, consummatum; integer }d&#233;signe&lt;/code&gt;pas encore atteint, diminu&#233;, affaibli' &#187; (syn. &lt;i&gt;incolumis) &lt;/i&gt;ou &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;entier',&lt;/code&gt;tout' (syn. &lt;i&gt;omnis, totus). &lt;/i&gt;La phrase &lt;i&gt;integrum opusculum composui &lt;/i&gt;n'exprime donc rien sur l'ach&#232;vement, seulement sur la longueur de l'ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Il para&#238;t &#233;trange que les mots ... &lt;i&gt;et etiam de intellectus emendatione ... &lt;/i&gt;se rapportent &#224; une partie de la KV, dans laquelle les sujets dont Oldenburg s'&#233;tait inform&#233;, n'&#233;taient pas trait&#233;s. Il y avait, cependant, d'autres choses qui pouvaient int&#233;resser Oldenburg en sa qualit&#233; de (futur) secr&#233;taire de la Royal Society : ce sont les livres en cours de pr&#233;paration. Spinoza a pris soin d'annoncer chaque oeuvre qu'il &#233;crivait &#224; ses amis, surtout &#224; Oldenburg, bien avant une publication &#233;ventuelle. Il para&#238;t donc logique qu'ici, &#224; la fin de la lettre o&#249; il parlait de son propre travail, Spinoza ait voulu faire savoir &#224; Oldenburg qu'il &#233;tait en train de traiter deux sujets diff&#233;rents, l'un de m&#233;taphysique, l'autre de logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Mignini veut qu'on regarde la deuxi&#232;me partie de la KV comme une &lt;i&gt;emendatio intellectus ou medicina mentis[[Mignini, Breve Trattato, 1986, 92-95.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Quomodo autem, &amp; qu&#226; vi&#226; debeat intellectus perfici, &amp; qu&#226; deinde arte Corpus sit curandum, ut possit suo officio rect&#232; fungi, huc non pertinet; hoc enim ad Medicinam, illud autem ad Logicam spectat.' Spinoza, Ethique V, Pr&#233;f. (G.II, 277.12-16).]], que Spinoza emploie les expressions {mederi, purgare, emendare, perficere }avec comme compl&#233;ment {intellectum }toujours dans le sens limit&#233; (f&#251;t-il un sens beaucoup plus large au 17e si&#232;cle qu'aujourd'hui) de {Logica. }Tout essentielle que soit {l'intellectus emendatio }pour la fin ultime de la philosophie, la {beatitudo }ou la {summa humana perfectio, }les deux ne co&#239;ncident pas, du moins pas sur le plan terminologique. Il faut donc conclure du passage cit&#233; de {l'Epistola }6, que Spinoza a voulu annoncer &#224; Oldenburg qu'il travaillait &#224; deux sujets. Ce serait meme l&#233;gitime de traduire la phrase en question comme l'a fait Wolf:&lt;/code&gt;... I have written a whole booklet on this subject and also on the Improvement of the Understanding...'[[V. A. Wolf, The Correspondence of Spinoza. London 1966, 98.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.ub.rug.nl/eldoc/bookshelves/akkerman/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.ub.rug.nl/eldoc/bookshel...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Le caract&#232;re rh&#233;torique du Trait&#233; th&#233;ologico politique&#034;, par Fokke Akkerman</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Le-caractere-rhetorique-du-Traite-theologico-politique-par-Fokke-Akkerman</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.caute.lautre.net/Le-caractere-rhetorique-du-Traite-theologico-politique-par-Fokke-Akkerman</guid>
		<dc:date>2004-05-03T12:41:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Akkerman, Fokke</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D'abord quelques mots sur le progr&#232;s de la nouvelle &#233;dition en n&#233;erlandais projet&#233;e par l'Association Het Spinozahuis. Jusqu'ici la correspondance et les Principes de la Philosophie et Pens&#233;es M&#233;taphysiques ont &#233;t&#233; traduits de nouveau et publi&#233;s en 1977 et 1982. Dans le dernier volume paru se trouvent aussi de nouvelles &#233;ditions des textes n&#233;erlandais du Court Trait&#233; et des petits &#233;crits sur l'arc-en-ciel et sur le calcul des probabilit&#233;s. Le volume que nous pr&#233;parons maintenant contiendra (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Theologie-" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord quelques mots sur le progr&#232;s de la nouvelle &#233;dition en n&#233;erlandais projet&#233;e par l'Association Het Spinozahuis. Jusqu'ici la correspondance et les &lt;i&gt;Principes de la Philosophie &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Pens&#233;es M&#233;taphysiques &lt;/i&gt;ont &#233;t&#233; traduits de nouveau et publi&#233;s en 1977 et 1982. Dans le dernier volume paru se trouvent aussi de nouvelles &#233;ditions des textes n&#233;erlandais du &lt;i&gt;Court Trait&#233; &lt;/i&gt;et des petits &#233;crits sur l'arc-en-ciel et sur le calcul des probabilit&#233;s. Le volume que nous pr&#233;parons maintenant contiendra le T.T.P. et le T.P. Une r&#233;daction provisoire de la traduction du T.T.P. est &#224; peu pr&#232;s achev&#233;e. Le volume ne sera publi&#233; qu'en 1986 ou 1987&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Door het onverwacht overlijden, op 7 oktober 1986, van prof. dr H.G. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On ne s'est pas encore d&#233;cid&#233; &#224; une nouvelle traduction de l'&lt;i&gt;&#201;thique &lt;/i&gt;et du T.I.E. L'entreprise n'est pas exclusivement la r&#233;alisation d'un id&#233;al personnel. Le traducteur vise un certain public auquel il pense en travaillant, un &#233;diteur investit beaucoup d'argent dans le travail et un employeur d&#233;sire voir des r&#233;sultats du projet dans un certain d&#233;lai. Il va sans dire que ces obligations et engagements du traducteur influencent le caract&#232;re de la traduction et de l'appareil critique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le traducteur devant le texte du T.T.P.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La rencontre avec le texte du T.T.P. peut &#234;tre vue sous trois aspects : rencontre avec sa latinit&#233;, son historicit&#233; et sa syst&#233;maticit&#233;. Je voudrais dire quelques mots sur chacun de ces trois aspects, mais c'est &#224; la syst&#233;maticit&#233; que je pr&#232;terai le plus d'attention.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La latinit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
La latinit&#233; de Spinoza fait partie d'un style scientifique du 17e si&#232;cle, qu'il faut conna&#238;tre le mieux possible. Il ne faut donc pas n&#233;gliger le peu qu'on a publi&#233; &#224; ce sujet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un livre utile : Margareta Benner and Emin Tengstr&#246;m, On the interpretation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Son latin, du reste, ne pose pas de grands probl&#232;mes au traducteur. La syntaxe en est simple, le vocabulaire limit&#233;, la s&#233;mantique des mots peu vari&#233;e. Mais le style du T.T.P. est sensiblement diff&#233;renci&#233; selon les diverses m&#233;thodes de raisonnement appliqu&#233;es par l'auteur, et c'est sur cette diversification que le traducteur doit r&#233;agir alertement. Les vraies difficult&#233;s sont caus&#233;es par certains concepts et termes qui touchent au syst&#232;me, ou bien refl&#232;tent une mani&#232;re de penser qui nous est devenue &#233;trang&#232;re, ce qui appara&#238;t par exemple par des termes comme &lt;i&gt;imperium, societas, ius, res publica, pietas, religio, speculatio, philosophia &lt;/i&gt;etc. Personnellement je pr&#233;f&#232;re traduire &#171; na&#239;vement &#187; et litt&#233;ralement, au lieu d'essayer de rendre la valeur d'un mot dont le contenu a chang&#233; au cours du temps, ou la signification qu'il a dans le syst&#232;me, par des d&#233;tours compliqu&#233;s. Il vaut mieux attirer l'attention du lecteur sur ces difficult&#233;s au moyen de notes. Le traducteur d'un texte historique doit d'ailleurs &#234;tre modeste ; son travail de restructuration du syst&#232;me de pens&#233;e du texte-source est destin&#233; &#224; vieillir in&#233;vitablement dans une ou deux g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'historicit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Mis &#224; part ces questions linguistiques, l'historicit&#233;, bien s&#251;r, joue son r&#244;le un peu partout dans le texte. Je ne veux en parler ici que sous un seul aspect. A mon avis il est indispensable d'informer le lecteur sur les m&#233;thodes et les r&#233;sultats de la critique biblique de Spinoza. Il doit &#234;tre mis en &#233;tat de mesurer la distance entre les connaissances de Spinoza sur ce point et celles de ses contemporains et pr&#233;d&#233;cesseurs et, d'autre part, entre les connaissances de Spinoza et celles des sp&#233;cialistes modernes. Je pense &#224; de courtes notes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A la mani&#232;re de la note du prof. H.G. Hubbeling sur le salp&#234;tre, dans F. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour mettre le lecteur au courant des d&#233;veloppements les plus importants de la science biblique. Il ne faut pas oublier que Spinoza compte parmi les fondateurs de cette science, le lecteur a donc droit &#224; de telles informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La syst&#233;maticit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la syst&#233;maticit&#233;, il faut observer tout d'abord que le T.T.P. contient un &#233;l&#233;ment tr&#232;s important de rh&#233;torique. Je ne me sers pas de ce mot &#171; rh&#233;torique &#187; dans un sens p&#233;joratif. La rh&#233;torique &#233;tait une m&#233;thode ou un but du discours, et une discipline qu'on enseignait dans toutes les &#233;coles de l'Europe depuis l'Antiquit&#233; jusqu'&#224; la moiti&#233; du 19e si&#232;cle. On peut exhiber la structure du livre par l'analyse de quelques textes sp&#233;cimens. D'abord j'analyse le d&#233;but du chapitre 12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza commence le chapitre en introduisant ses adversaires : ils &#171; ne manqueront pas de clamer que j'ai commis le p&#233;ch&#233; contre le Saint-Esprit en jugeant la parole de Dieu menteuse, tronqu&#233;e, falsifi&#233;e et incoh&#233;rente ... etc. &#187;. Ces adversaires sont les th&#233;ologiens, qui voient dans la Bible une lettre de Dieu envoy&#233;e du ciel aux hommes. Mais cette interpr&#233;tation de la Bible aussi bien que l'accusation port&#233;e contre Spinoza sont erron&#233;es, et c'est ce que l'auteur entreprend de d&#233;montrer dans ce chapitre. Il va donc d'une part d&#233;couvrir quelques-uns des pr&#233;jug&#233;s courants des th&#233;ologiens, d'autre part se d&#233;fendre soi-m&#234;me contre les imputations d'impi&#233;t&#233;. Il s'agit l&#224; de deux objectifs du T.T.P. que Spinoza a relev&#233;s dans la lettre 30 &#224; Oldenburg. L'attaque et la d&#233;fense litt&#233;raire appartiennent toutes les deux &#224; la m&#234;me cat&#233;gorie de textes. Elles s'adressent &#224; un public d&#233;termin&#233; dont elles veulent changer les opinions ou les actions. La th&#233;orie moderne parle de textes persuasifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. James L. Kinneavy, A theory of discourse. The aims of discourse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la tradition antique dans laquelle Spinoza pense et travaille, de textes rh&#233;toriques. Au but rh&#233;torique s'adaptent des moyens rh&#233;toriques, qui sont enseign&#233;s dans les &#233;coles et dans les manuels. Dans le chapitre 12 on s'en rend compte tout de suite. Les adversaires de Spinoza ne parlent pas, ils clament. Ils se servent de proc&#233;d&#233;s de style vigoureux : une s&#233;rie de trois adjectifs &lt;i&gt;mendosum&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;truncatum&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;adulteratum&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A propos de la traduction que je viens de citer, qui est celle de Charles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont le dernier n'est pas seulement le plus long, conform&#233;ment &#224; la loi du &#171; &lt;i&gt;tricolon crescendo&lt;/i&gt; &#187;, mais contient aussi un climax s&#233;mantique. Le &lt;i&gt;tricolon&lt;/i&gt; est d'ailleurs encore amplifi&#233; d'un quatri&#232;me membre. Spinoza de son c&#244;t&#233;, fait appel sans d&#233;lai &#224; la fois &#224; la raison et aux proph&#232;tes et aux ap&#244;tres. Ces autorit&#233;s parleront pour lui, ou plut&#244;t ils clameront clairement, car l'auteur prend soin de r&#233;p&#233;ter le verbe &lt;i&gt;clamare&lt;/i&gt;. Spinoza promet donc des raisonnements scientifiques dignes de foi selon deux m&#233;thodes : la m&#233;thode rationaliste, d&#233;ductive, et la m&#233;thode empirique, inductive. Et, en effet, dans ce chapitre 12, suivront, apr&#232;s le d&#233;but pol&#233;mique (G. 158.21-160.2) qui fonctionne comme une pr&#233;face, d'abord un avis qui annonce la mati&#232;re trait&#233;e (la propositio en termes de rh&#233;torique) (G. 160.2-10), et puis l'argumentation qui prend la forme d'une d&#233;finition, une d&#233;monstration et une proposition (160.11-32) ou bien se d&#233;veloppe selon la m&#233;thode empirique et inductive, c'est-&#224;-dire en invoquant l'autorit&#233; des textes bibliques (160.32 ss.). Il semble donc que le chapitre 12 contient trois mani&#232;res de raisonner, trois m&#233;thodes du discours : l'une pol&#233;mique et rh&#233;torique, surtout dans la bouche de l'adversaire, les deux autres rationaliste et empirique. Mais il ne faut pas se tromper. La d&#233;finition rationaliste du sacr&#233; et du divin (160.11 ss.) explique ces deux termes par deux autres, &lt;i&gt;pietas &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;religio &lt;/i&gt;qui ne sont expliqu&#233;s nulle part et qui ont &#233;t&#233; emprunt&#233;s, comme aussi les mots &lt;i&gt;impius, immundus, profanus, &#224; &lt;/i&gt;la langue commune sans que l'auteur essaie de les d&#233;duire de notions plus simples. Il est difficile d'admettre ces termes comme &lt;i&gt;notiones clarae et distinctae. &lt;/i&gt;En outre, la d&#233;monstration elle-m&#234;me (160.16 ss.) repose d'abord sur un exemple tir&#233; de la Bible (160.16-20), ensuite sur un autre tir&#233; de l'exp&#233;rience (160.20-30). Bref, tout le raisonnement de 160.11-32 a l'air d'une d&#233;monstration rationaliste, mais ne l'est certainement pas au degr&#233; &#233;lev&#233; que nous connaissons de &lt;i&gt;l'&#201;thique. &lt;/i&gt;C'est qu'il a toutes les caract&#233;ristiques de la d&#233;monstration rh&#233;torique telle qu'Aristote l'a d&#233;crite dans sa &lt;i&gt;Rh&#233;torique. &lt;/i&gt;Cette structure n'est nulle part lointaine dans le T.T.P., ce qui ne doit pas nous &#233;tonner. Le livre a pour but de persuader un certain public ; il veut intervenir dans la situation religieuse et politique des Pays-Bas, un objectif qui demande l'emploi de moyen rh&#233;toriques. C'est ainsi que par exemple, le chapitre 7, d'un ton assez strict quand il s'agit de fonder une nouvelle m&#233;thode d'ex&#233;g&#232;se biblique, commence par une pr&#233;face particuli&#232;rement v&#233;h&#233;mente. Il fallait &#233;videmment d'abord d&#233;blayer le terrain, avant qu'il soit possible d'&#233;riger un nouveau b&#226;timent. Dans la suite du livre Spinoza renvoie deux fois express&#233;ment &#224;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;cette pr&#233;face&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans les chap. XII et XIV : Gebh. 159.14 (in praefatione Cap. VII) et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui montre clairement qu'il accorde une valeur sp&#233;ciale &lt;i&gt;&#224; &lt;/i&gt;ce d&#233;but rh&#233;torique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est point le seul cas d'un chapitre qui commence par une sorte de pr&#233;face pol&#233;mique. Voir les chapitres 3, 13, 14. Et les nombreux passages pol&#233;miques dans le T.T.P. n'&#233;puisent pas la composante rh&#233;torique du livre. On peut y trouver aussi des textes laudatifs, p.e. dans les chapitres 4 et 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre proc&#233;d&#233; rh&#233;torique : dans le chapitre d&#233;ductif sur les fondements de l'&#201;tat, le chapitre 16, des &#233;l&#233;ments rh&#233;toriques sont ajout&#233;s avec une grande habilet&#233;. Au milieu du raisonnement rationaliste l'auteur s&#232;me une poign&#233;e d'images, de comparaisons, d'exemples historiques, qui pour le lecteur moins enclin &#224;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;un discours trop abstrait concr&#233;tisent les d&#233;ductions. D&#233;tach&#233;s de leur entourage abstrait ils forment une cha&#238;ne dont les anneaux pr&#233;sentent une rationalit&#233; croissante : en premier lieu, il y a l'exemple des poissons dans l'eau qui se mangent entre-eux avec le plus grand droit de la nature, un topos qui &#233;tait d&#233;j&#224; devenu proverbial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Grandibus exigui sunt pisces piscibus esca &#187;, devise d'un embl&#232;me qui se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; l'image qui suit est celle du chat, qui n'est pas oblig&#233; de vivre conform&#233;ment aux lois auxquelles ob&#233;it un lion. Puis nous avons l'exemple du brigand qui extorque &#224; sa victime un contrat par la violence. La position du sujet vis-&#224;-vis des autorit&#233;s dans un &#233;tat d&#233;mocratique est compar&#233;e &#224; la position de l'enfant envers ses parents. Deux pages plus loin le pouvoir absolu des autorit&#233;s politiques est illustr&#233; par l'histoire du soldat qui quitte son poste, attaque et bat l'ennemi de sa propre initiative, sauve la patrie par cette action, mais est n&#233;anmoins condamn&#233; &#224; mort pour avoir d&#233;sob&#233;i, un topos qui appartenait d&#233;j&#224; au stock d'exemples dans la rh&#233;torique ancienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On rencontre l'histoire chez Tite Live 4.29.5 et 8.7. Elle est devenue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A la fin du chapitre sont cit&#233;s d'abord deux exemples pris dans l'histoire juive pour illustrer deux attitudes possibles du croyant vis-&#224;-vis des autorit&#233;s pa&#239;ennes : conclure un pacte avec ces autorit&#233;s, comme l'ont fait la plupart des juifs pendant l'exil, ou bien se r&#233;volter et attendre le pire, comme l'a fait El&#233;azar dans sa lutte contre Antiochus. Le dernier exemple nous ram&#232;ne non seulement &#224; la r&#233;alit&#233; politique contemporaine, mais aussi au plus haut degr&#233; de rationalit&#233; : l'exemple des Hollandais qui convenaient avec les Japonais de s'abstenir dans leur enclave de toute manifestation publique de leur culte. Et en dehors de ces moyens explicites de rh&#233;torique, le raisonnement dans le chapitre n'est pas non plus tr&#232;s rigoureux. Des propositions qui sont prouv&#233;es &lt;i&gt;ordine geometrico &lt;/i&gt;dans &lt;i&gt;l'&#201;thique, &lt;/i&gt;sont pr&#233;sent&#233;es ici comme des lois de la nature, &#233;videntes en soi (189.25 ss. ; 191.34 ss.). Naturellement tout cela ne veut pas dire que le T.T.P. soit moins vrai que &lt;i&gt;l'&#201;thique. &lt;/i&gt;La rh&#233;torique ne vise pas &#224; une v&#233;rit&#233; moindre ou &#224; une v&#233;rit&#233; diff&#233;rente, elle fait usage d'autres moyens, puisqu'elle a un autre but que le raisonnement scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon affirmation que la structure du T.T.P. est domin&#233;e par la rh&#233;torique, para&#238;t &#234;tre soutenue par le style, la m&#233;thode et la composition de la Pr&#233;face. Je voudrais donc m'arr&#234;ter un moment sur ce texte, qui, autant que je sache, n'a jamais &#233;t&#233; analys&#233; &#224; fond. La pr&#233;face se compose de cinq parties qui r&#233;pondent r&#233;guli&#232;rement aux parties d'un discours antique. Ces parties sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	L'&lt;i&gt;exordium&lt;/i&gt;, qui contient une partie th&#233;orique sur la &lt;i&gt;supersitio&lt;/i&gt; (Gebh. p. 5 - p. 7, ligne 5).&lt;br /&gt;
2.	La &lt;i&gt;propositio&lt;/i&gt;, o&#249; le th&#232;me du livre est d&#233;duit de la th&#233;orie pr&#233;c&#233;dente (Gebh. p. 7, ligne 6 - ligne 35).&lt;br /&gt;
3.	La &lt;i&gt;narratio&lt;/i&gt;, qui expose les faits ou circonstances qui ont pouss&#233; l'auteur &#224; &#233;crire le livre (Gebh. p. 8 - p. 9, ligne 15).&lt;br /&gt;
4.	La &lt;i&gt;divisio&lt;/i&gt;, c.-&#224;-d. un r&#233;sum&#233; et subdivision des arguments qui serviront, dans les 20 chapitres du livre, &#224; prouver la &lt;i&gt;propositio&lt;/i&gt; (Gebh. p. 9, ligne 16 - p. 12, ligne 2).&lt;br /&gt;
5.	L'&lt;i&gt;epilogus &lt;/i&gt;ou la &lt;i&gt;peroratio&lt;/i&gt;, dans laquelle l'auteur entre en contact direct avec son public (Gebh. p. 12, ligne 2 - fin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons ces cinq parties d'un peu plus pr&#232;s. La premi&#232;re contient la th&#232;se suivante : tous les hommes sont sujets de nature &#224; la superstition (6.18-19) &lt;i&gt;(omnes homines &lt;/i&gt;natura &lt;i&gt;superstitioni esse obnoxios), &lt;/i&gt;les causes de cette v&#233;rit&#233; (la th&#232;se est donc prouv&#233;e) et les cons&#233;quences de ces causes pour la vie politique et religieuse. On pourrait &#234;tre tent&#233; de transformer la th&#233;orie en ordre g&#233;om&#233;trique en y voyant une proposition, une d&#233;monstration, un corollaire, un scolie peut-&#234;tre. Mais l'ordre de ces &#233;l&#233;ments dans la Pr&#233;face est diff&#233;rent : nous avons d'abord la d&#233;monstration dont est d&#233;duite la proposition. La d&#233;monstration est double : la premi&#232;re partie est d&#233;ductive et part de certaines notions &#233;l&#233;mentaires concernant la nature humaine, la seconde partie est inductive : &#224; partir d'un exemple historique, Alexandre le Grand, la m&#234;me proposition est d&#233;duite. Mais les notions &#233;l&#233;mentaires sont emprunt&#233;es &#224; la langue et &#224; l'exp&#233;rience communes. A partir du d&#233;but nous rencontrons des termes comme &lt;i&gt;consilium, fortuna&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;superstitio&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;spes&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;metus&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;affectus&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;religio vexa aut vana&lt;/i&gt; etc. qui ne sont ni expliqu&#233;s ni d&#233;finis. Les termes cit&#233;s et tout le raisonnement de l'exorde sont, conform&#233;ment &#224; la structure rh&#233;torique de la Pr&#233;face, emprunt&#233;s &#224; la vie quotidienne et &#224; l'exp&#233;rience commune ; par exemple une phrase : &#171; personne en effet n'a v&#233;cu parmi les hommes sans avoir observ&#233; ... etc. &#187;. Bien s&#251;r, Spinoza se pr&#233;pare &#224; interpr&#233;ter ces mots et conceptions sur la base de sa propre philosophie. Par son raisonnement il entra&#238;ne ses lecteurs avec lui dans la m&#234;me direction, mais il vient les chercher avec leurs mots et leurs id&#233;es l&#224; o&#249; ils se trouvent, c'est-&#224;-dire dans le domaine de tous les jours. C'est pourquoi plus d'une fois les termes dans le T.T.P. ont quelque chose d'ambigu ; leur sens oscille entre le sens pr&#233;cis qu'ils ont dans &lt;i&gt;l'&#201;thique, &lt;/i&gt;et le sens plut&#244;t vague de la langue quotidienne. On pourrait dire que certains mots et termes sont en quelque sorte suspendus dans un vide qu'il faut combler. C'est par l&#224; que le ton de la pr&#233;face ressemble aux textes classiques ; je pense entre autres aux pr&#233;faces de Salluste. Pour le traducteur ou le commentateur il importe de ne pas r&#233;duire ces notions imm&#233;diatement au syst&#232;me de &lt;i&gt;l'&#201;thique, &lt;/i&gt;on pourrait m&#234;me dire il importe de ne pas trop intellectualiser le langage : le traducteur doit respecter le cadre rh&#233;torique, ou, si vous voulez, litt&#233;raire, du texte. Revenons au texte. Les pr&#233;misses de la th&#233;orie contenues dans l'exorde, par ce proc&#233;d&#233; rh&#233;torique, manquent d'&#233;vidence, cela va sans dire ; elles ne sont que vraisemblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde partie de la d&#233;monstration, celle que j'ai appel&#233;e inductive, et reposant sur un seul exemple historique, ne peut pas non plus donner autre chose que de la probabilit&#233;. En outre tout le raisonnement de l'exorde emprunte un semblant de certitude &#224; des allusions litt&#233;raires. La premi&#232;re ligne contient une citation de l'Eunuque de T&#233;rence, quelques lignes plus loin il y a un emprunt &#224; une autre pi&#232;ce du m&#234;me auteur, l'Andria. Tacite, Quinte-Curce, Cic&#233;ron, peut-&#234;tre Lucr&#232;ce figurent tous dans ce fragment de la Pr&#233;face&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;r. Eun. 57-58 (Gebh. 5.20) ; Andr. 266 (G. 5.7-8) ; Quinte-Curce V. 3.12 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Spinoza n'a &#233;t&#233; nulle part dans son oeuvre plus prodigue de son &#233;rudition qu'ici. Eh bien, tout ce que je viens de noter en passant : la succession d&#233;monstration -proposition, d&#233;duction induction, allusions litt&#233;raires, exemple historique, appel &#224; l'exp&#233;rience, usage des mots communs, se trouve d&#233;crit (et prescrit) dans la &lt;i&gt;Rh&#233;torique &lt;/i&gt;d'Aristote comme caract&#233;ristique de la th&#233;orie et d&#233;monstration rh&#233;toriques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. Arist. Rh&#233;t. Il. chap. 18-26.&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage de l'exorde &#224; la deuxi&#232;me partie de la Pr&#233;face est tr&#232;s heureux. Les rem&#232;des qu'on a invent&#233;s dans les monarchies contre les mauvaises cons&#233;quences de la superstition sont d&#233;peints comme pire que leurs causes. Les Turcs sont arriv&#233;s sous ce rapport au comble de la mis&#232;re. Imm&#233;diatement apr&#232;s, par une sorte de saut antith&#233;tique, Spinoza passe aux circonstances r&#233;gnant dans sa patrie, et qu'il estime tr&#232;s favorables &#224; son entreprise. Naturellement, la Hollande n'&#233;tait pas une d&#233;mocratie id&#233;ale, et Spinoza ne le dit pas non plus. Pour peu qu'elle le f&#251;t, on n'aurait pas eu besoin du livre que l'auteur va &#233;crire. Mais en tout cas la libert&#233; religieuse y &#233;tait garantie par le trait&#233; qui a fond&#233; l'&#201;tat, l'Union d'Utrecht de 1579&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article 13 : &#171; ... pourvu que chacun, en personne priv&#233;e, reste libre en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les autorit&#233;s respectaient le plus souvent cette libert&#233;, par principe et par n&#233;cessit&#233;. Pour citer un seul aspect, en Hollande on pouvait se contenter du mariage civil, de d&#233;clarer les naissances et les d&#233;c&#232;s aux autorit&#233;s civils, bref, il &#233;tait possible de vivre en dehors de toute &#201;glise sans rencontrer de difficult&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. A.Th. van Deursen, o.c., vol. II, Volkskultuur, Assen/Amsterdam 1978, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'&#233;tait l&#224; une exp&#233;rience collective de la communaut&#233; des Provinces unies (j'insiste sur le mot &lt;i&gt;nobis, p. &lt;/i&gt;7, 1. 21) ; de cette communaut&#233; se d&#233;tache ensuite le &#171; moi &#187; du citoyen et philosophe Spinoza (cf. &lt;i&gt;me, p. &lt;/i&gt;7, 1. 24) qui s'impose la tache souhaitable et utile &lt;i&gt;(rem non ingratam, neque inutilem, ibid.) &lt;/i&gt;de d&#233;fendre la th&#232;se que la libert&#233; de philosopher peut &#234;tre accord&#233;e... etc., proposition qui se trouve aussi sur la page de garde du livre (p. 7, 11. 21-25). Dans le climat politique de la Hollande il valait la peine d'essayer de gagner les gens &#224; sa cause, c'est-&#224;-dire de faire usage de la rh&#233;torique dans sa pleine et v&#233;ritable fonction.&lt;br /&gt;
Ce sentiment s'impose surtout dans la partie du discours qui suit, la narration, dans laquelle l'auteur expose de mani&#232;re dramatique la situation religieuse actuelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les fonctions de la narratio v. Aristote, Rh&#233;t. 111. 16 (1416b-1417b) : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cette partie du discours, il fallait montrer, par la mani&#232;re de pr&#233;senter les faits et circonstances de la cause, ses propres points de vue sous un jour favorable. Il s'agissait donc de faire ressortir les traits d&#233;favorables de l'adversaire, et aussi, de cette fa&#231;on, de se caract&#233;riser soi-m&#234;me. Dans la narration, le public &#233;tait invit&#233; &#224; se ranger par sympathie du c&#244;t&#233; de l'orateur et des points de vue de ce dernier. C'est pourquoi, pour Spinoza, la v&#233;h&#233;mence, voire l'agressivit&#233;, &#233;tait prescrite ici par l'art qu'il pratiquait dans ce livre. La rh&#233;torique, en fin de compte, c'est une strat&#233;gie de guerre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; ... all rhetoric exists in a situational context of nonagreemnt which the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cette partie, la preuve &#233;thique (l'argument du caract&#232;re) et la preuve path&#233;tique (l'argument &#233;motionnel) s'ajoutent, selon la th&#233;orie du discours, &#224; la preuve logique, qui est dans notre Pr&#233;face pr&#233;sente dans l'exorde. Ainsi se constitue un ensemble de trois formes de la d&#233;monstration persuasive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. Kinneavy, o.c., pp. 236-263.&#034; id=&#034;nh5-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Spinoza arrive &#224; son but &#224; force de puiser profond&#233;ment dans la topique anti-dogmatique, et anti-eccl&#233;siastique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;K.O. Meinsma a cit&#233; des exemples frappants cette topique dans les po&#232;mes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui &#233;tait sans doute fort r&#233;pandue dans son temps et son pays, et que l'on rencontrait parmi les groupes religieux &#233;trangers &#224; l'&#233;glise r&#233;form&#233;e, et aussi parmi les cercles dirigeants, les r&#233;gents. N'oublions pas que les r&#233;gents &#233;taient souvent en opposition aux consistoires protestants. L'existence d'un sol fertile pour les opinions religieuses de Spinoza est prouv&#233;e par cette &lt;i&gt;narratio &lt;/i&gt;de la Pr&#233;face. La rh&#233;torique ne fonctionne pas, si elle ne croit pas trouver un &#233;cho dans le public auquel elle s'adresse. Le succ&#232;s du T.T.P. est d'ailleurs indiqu&#233; par le refus des autorit&#233;s politiques d'interdire effectivement le livre, malgr&#233; les protestations des pasteurs. A partir des derniers jours de l'ann&#233;e 1669 jusqu'au mois de juin de 1678, elles ont ferm&#233; les yeux sur les activit&#233;s de Jan Rieuwertsz, qui avec audace et habilet&#233; pendant ces 8 ans et demi a r&#233;pandu le livre dans toute l'Europe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. Fritz Bamberger, &#171; The early editions of Spinoza's Tractatus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S'ils l'avaient vraiment voulu, les magistrats auraient pu mettre fin &#224; ses activit&#233;s chaque jour de cette p&#233;riode. Il vaut la peine d'observer que l'ann&#233;e 1672 ne constitue gu&#232;re une rupture. Les r&#233;gents ont laiss&#233; le T.T.P. en paix, aussi bien pendant les 2 ans et demi qui restaient sous le pensionnat de Jean de Witt, que pendant les premiers 6 ans de la principaut&#233; de Guillaume d'Orange&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est seulement apr&#232;s la publication des Opera Posthuma (en Latin et en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pense pas n&#233;cessaire d'insister sur la quatri&#232;me partie de la Pr&#233;face, la &lt;i&gt;divisio. Il &lt;/i&gt;est clair sans doute que cette partie, de nouveau, a un tout autre caract&#232;re que la pr&#233;c&#233;dente ; elle repr&#233;sente un autre mode de texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la cinqui&#232;me partie, l'&#233;pilogue, Spinoza n'y r&#233;alise qu'un ou deux des objectifs pr&#233;vus par Aristote pour cette partie du discours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. Arist. Rh&#233;t. III. 19 ; Kinneavy, o.c. 272.&#034; id=&#034;nh5-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tout cas il fait valoir de nouveau l'argument &#233;thique. Ensuite il emploie l'&#233;pilogue pour entrer en contact direct avec son public, ou pour mieux dire, pour choisir lui-m&#234;me son public. C'est le lecteur philosophe, le lecteur avec un go&#251;t pour la science et la philosophie, et aussi les hommes politiques, ceux-l&#224; m&#234;me que Spinoza appelle les &lt;i&gt;prudentiores &lt;/i&gt;dans la lettre 30 &#224; Oldenburg. Une cat&#233;gorie de gens qu'on ne doit pas se figurer trop petite, comme le justifient les innombrables livres d'&#233;rudition parus en Hollande pendant la deuxi&#232;me moiti&#233; du si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La grande activit&#233; des traducteurs Hollandais en t&#233;moigne ; v. par exemple (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;]. C'est cette cat&#233;gorie que l'auteur veut faire &lt;i&gt;liberius philosophari (p. &lt;/i&gt;12,1. 17).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rapports entre l'&#201;thique et le T.T.P.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce caract&#232;re rh&#233;torique du T.T.P. une fois d&#233;termin&#233;, on peut de nouveau r&#233;fl&#233;chir sur les rapports entre &lt;i&gt;l'&#201;thique &lt;/i&gt;et le T.T.P. Le plus souvent on a cherch&#233; des causes ext&#233;rieures qui auraient conduit Spinoza &#224; interrompre son travail sur &lt;i&gt;l'&#201;thique &lt;/i&gt;pour &#233;crire d'abord le T.T.P., p.e. la politique du pensionnaire Jean de Witt, qu'il aurait voulu soutenir, l'agressivit&#233; croissante des pasteurs r&#233;form&#233;s, qu'il voulait combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois cependant qu'il faut d'abord chercher une motivation d'ordre philosophique ou m&#233;thodologique. &lt;i&gt;L'&#201;thique &lt;/i&gt;n'est pas un livre qui appelle &#224; l'action, mais elle est bien un livre d'un fort dynamisme qui d&#233;montre que le salut de l'homme ne peut se r&#233;aliser que par sa participation &#224; la vie publique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. par exemple Eth. VI, prop. 18. scolie ; prop. 73.&#034; id=&#034;nh5-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si l'on accepte cette gen&#232;se philosophique de l'id&#233;e du T.T.P., qui d'ailleurs ne contredit point les causes religieuses ou politiques ext&#233;rieures, on a donc dans l'&#339;uvre de Spinoza une triple motivation pour &#233;crire le livre. D'abord celle de &lt;i&gt;l'&#201;thique &lt;/i&gt;sur le plan le plus &#233;lev&#233; de la construction rationaliste, &#233;nonc&#233;e selon l'ordre g&#233;om&#233;trique, ensuite celle de la Pr&#233;face du T.T.P., dans la &lt;i&gt;narratio, &lt;/i&gt;sur le plan rh&#233;torique du livre m&#234;me, qui prend ici la forme d'un appel du citoyen des Provinces Unies &#224; ceux parmi ses concitoyens qui sont pr&#234;ts &#224; se lib&#233;rer des pr&#233;jug&#233;s eccl&#233;siastiques et, enfin, la motivation de la lettre 30, au plan de l'auteur comme individu et comme savant, exprim&#233;e devant un ami et coll&#232;gue-savant. Chacune de ces motivations s'exprime dans le cadre m&#233;thodologique du texte qui la contient. Ces motivations ne se contredisent point&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il n'y a pas de contradiction p.e. entre l'intention de se d&#233;fendre soi-m&#234;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais ne se confondent pas non plus. Le T.T.P. n'est pas en premier lieu destin&#233; &#224; un autre public que &lt;i&gt;l'&#201;thique, il &lt;/i&gt;sert &#224; un autre but, il enseigne deux autres disciplines, qui exigent une autre m&#233;thode. On peut supposer que Spinoza s'est rendu compte de cette situation au cours de l'ann&#233;e 1665. Une situation qui &#233;tait personnelle aussi : s'il voulait se lib&#233;rer soi-m&#234;me, il fallait tirer du c&#339;ur de &lt;i&gt;l'&#201;thique, &lt;/i&gt;elle-m&#234;me fond&#233;e sur la m&#233;taphysique et la physique, deux autres disciplines : la th&#233;ologie et la politique ; celles-ci devraient op&#233;rer pratiquement dans la communaut&#233;. Ces disciplines cependant ne cadreraient pas du tout avec la m&#233;thode rationaliste et d&#233;ductive de &lt;i&gt;l'&#201;thique. &lt;/i&gt;Elles demanderaient un cadre de rh&#233;torique, et donc un autre trait&#233;. De la sorte les deux ouvrages de Spinoza feraient partie d'un seul syst&#232;me philosophique, qui au moyen de cinq disciplines diff&#233;rentes pr&#234;te au monde une structure rationaliste et en m&#234;me temps le pousse dans une autre direction. Il convient donc de consid&#233;rer le T.T.P. comme un compl&#233;ment n&#233;cessaire de &lt;i&gt;l'&#201;thique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce point de vue il existe, &#224; mon avis, quelques indications ext&#233;rieures :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Le fait surprenant que Spinoza dans le T.T.P. ne renvoie jamais &#224; &lt;i&gt;l'&#201;thique &lt;/i&gt;ni inversement dans &lt;i&gt;l'&#201;thique &lt;/i&gt;au T.T.P. Ailleurs il n'&#233;vite nulle part ces renvois &#224; ses autres ouvrages, ni dans les lettres, ni dans le T.I.E., ni dans le T.P. C'est que dans le cas du T.T.P. et de &lt;i&gt;l'&#201;thique, &lt;/i&gt;la puret&#233; exig&#233;e des m&#233;thodes diff&#233;renci&#233;es rend les r&#233;f&#233;rences impossibles. Tout comme dans l'antiquit&#233; on &#233;tait au 17e si&#232;cle encore et de nouveau tr&#232;s conscient de l'incompatibilit&#233; des diverses m&#233;thodes du discours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au 17e si&#232;cle les rh&#233;toriciens (notamment le Hollandais G.J. Vossius) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Autrement dit et plus particuli&#232;rement dans le cas de Spinoza : il &#233;tait inutile pour lui de renvoyer un lecteur qu'il voulait &lt;i&gt;persuader &lt;/i&gt;de certaines v&#233;rit&#233;s &#224; un autre texte dans lequel il &lt;i&gt;d&#233;montre &lt;/i&gt;la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Lorsqu'il &#233;tait en train d'achever son &lt;i&gt;&#201;thique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En juin 1665 Spinoza avait avanc&#233; jusqu'&#224; Eth. IV, prop. 21, si du moins il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;/i&gt;Spinoza tout d'un coup se d&#233;cide &#224; &#233;crire d'abord un livre, se met &#224; l' &#339;uvre, accomplit ce dessein en quatre ann&#233;es, publie le livre, et seulement apr&#232;s cela m&#232;ne &#224; terme &lt;i&gt;l'&#201;thique. &lt;/i&gt;Pour un homme aussi conscient du but que Spinoza, cela ne peut que signifier que les deux livres feraient partie d'un m&#234;me syst&#232;me. Il doit avoir aussi tr&#232;s bien compris que le T.T.P. causerait des r&#233;actions violentes, tandis qu'il aurait pu publier probablement &lt;i&gt;l'&#201;thique &lt;/i&gt;sans que cela fasse beaucoup de bruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Spinoza ne parle pas d'un ouvrage de sa main portant le nom d'&lt;i&gt;&#201;thique &lt;/i&gt;avant l'ann&#233;e 1665 (Ep. 23, dat&#233;e le 13 mars). Auparavant, et plus tard vers le 1er juin de cette ann&#233;e &lt;i&gt;(Ep. &lt;/i&gt;28), il &#233;crit : &lt;i&gt;philosophia (mea) (nostra) (T.I.E., &lt;/i&gt;Gebh. 11, pp. 14, 15, 29, 31). On a l'impression qu'entre environ le premier juin &lt;i&gt;(Ep. &lt;/i&gt;28) et le premier octobre (lettre disparue, &lt;i&gt;v. Epp. &lt;/i&gt;29 et 30) il a compris non seulement que &lt;i&gt;l'&#201;thique &lt;/i&gt;deviendrait trop longue pour &#234;tre compl&#233;t&#233;e en trois parties, mais aussi que pour que sa philosophie soit effective, il devrait d'abord &#233;crire un autre livre, c'est-&#224;-dire le T.T.P., dont il n'avait jamais &#233;t&#233; question avant les lettres qu'&#233;changeaient Spinoza et Oldenburg vers le 1er octobre (v. &lt;i&gt;Epp. &lt;/i&gt;29 et 30).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La composition du T.T.P.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Finalement un mot sur la composition du T.T.P. Trois pi&#232;ces d'un int&#233;r&#234;t particulier se d&#233;gagent, selon moi, du texte entier. La Pr&#233;face, qui contient le th&#232;me de l'ouvrage, la position de l'auteur vis-&#224;-vis de la mati&#232;re, de sa patrie et de ses lecteurs, le chapitre 7 qui enseigne une nouvelle m&#233;thode pour &#233;tudier la Bible, et le chapitre 14, dans lequel Spinoza atteint son but : s&#233;parer d&#233;finitivement la th&#233;ologie et la philosophie, &#171; l'essentiel de ce que j'ai en vue dans ce trait&#233; &#187;, comme il dit lui-m&#234;me &lt;i&gt;(praecipua..., quae in hoc tractatu intendo &lt;/i&gt;(Gebh. III, p. 180)). Chaque ligne de ce chapitre 14 montre d'ailleurs qu'il pr&#233;sente pour l'auteur un int&#233;r&#234;t capital. Avec cela le livre entier consiste en 21 parties, une pr&#233;face et 20 chapitres, qui sont group&#233;es en trois s&#233;ries de 7, ou plut&#244;t en trois s&#233;ries d'une plus six. Il est hors de doute que le chapitre 7 a &#233;t&#233; rang&#233; &#224; dessein &#224; la place qu'il occupe. Or, Spinoza se sert de la nouvelle m&#233;thode pour &#233;tudier la Bible qu'il esquisse dans le septi&#232;me chapitre d&#232;s le premier chapitre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sylvain Zac a signal&#233; la place surprenante qu'occupe le chapitre VII dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le chapitre 14 aussi, du moins &#224; ce qu'il me semble, aurait trouv&#233; une place plus naturelle s'il avait &#233;t&#233; plac&#233; en conclusion de la s&#233;rie de chapitres qui traitent la th&#233;ologie. Cela ne me semble pas non plus un hasard si l'auteur est arriv&#233; &#224; un nombre rond de 20 chapitres. La Pr&#233;face a &#233;t&#233; construite en cinq parties, autre nombre favori de l'auteur. &lt;i&gt;L'&#201;thique &lt;/i&gt;compte cinq parties, mais avait &#233;t&#233; d'abord con&#231;ue en trois, comme c'&#233;tait le cas dans le &lt;i&gt;Court Trait&#233;. &lt;/i&gt;Dans &lt;i&gt;l'&#201;thique&lt;/i&gt; il y a trois disciplines en jeu, le m&#233;taphysique, la physique et l'&#233;thique proprement dite. Le traitement de cette derni&#232;re est de nouveau divis&#233; en trois parties. Les nombres trois et cinq dominent aussi le sceau de Spinoza. Depuis que M. Mignini nous a appris &#224; lire la langue embl&#233;matique du sceau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. F. Mignini. &#171; Il sigillo di Spinoza &#187;, dans La Cultura 19 (1981) 2, 351-389.&#034; id=&#034;nh5-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous savons que la rameau &#224; roses compte probablement cinq roses en diverses phases d'&#233;panouissement ; le nom du propri&#233;taire du sceau est indiqu&#233; par trois lettres, B.D.S., &#224; gauche, &#224; droite et en haut du sceau, le mot CAVTE en bas compte cinq lettres. Depuis l'antiquit&#233; jusqu'au 18e si&#232;cle on a aim&#233; &#224; composer des oeuvres litt&#233;raires sur la base de s&#233;ries de nombres. E.R. Curtius dans son livre &lt;i&gt;Europ&#228;ische Literatur und lateinisches Mittelalter &lt;/i&gt;a consacr&#233; &#224; ce sujet un tr&#232;s bel appendice&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;dition de 1969, pp. 491-498.&#034; id=&#034;nh5-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Personnellement je ne doute pas que Spinoza ait consciemment jou&#233; avec ces compositions num&#233;riques. S'agit-il d'un simple jeu intellectuel ou faut-il chercher des raisons plus s&#233;rieuses ? Y a-t-il une raison quelconque d'attribuer une valeur symbolique &#224; ces chiffres ? C'est l&#224; un tout autre probl&#232;me. Non qu'il n'y ait pas d'exemples d'un pareil symbolisme, ou qu'il soit difficile d'imaginer, dans le cas de Spinoza, des interpr&#233;tations possibles. Il faudrait pour cela qu'on soit s&#251;r qu'il a voulu exprimer quelque message par ces chiffres. Sp&#233;culons un moment : 7 et 3, qui d&#233;terminent le plan de construction du T.T.P., sont les nombres les plus sacr&#233;s de la Bible, de l'Ancien et du Nouveau Testament respectivement : 7 symbolise l'alliance de Dieu avec le monde, 3 indique la sainte Trinit&#233;. Et 20, le nombre des chapitres, est constitu&#233; par 2 fois 10, et 10 est le nombre de la pl&#233;nitude ; il y a deux disciplines dans ce livre qui sont trait&#233;es &#224; fond ou pleinement. Dix donc pour la perfection et l'int&#233;grit&#233; d'une discipline. &lt;i&gt;L'&#201;thique &lt;/i&gt;compte 5 parties, ce qui pourrait signifier que &lt;i&gt;l'&#201;thique &lt;/i&gt;en elle-m&#234;me n'est plus que la moiti&#233; de la &#171; &lt;i&gt;philosophia mea &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. Roland Caillois, dans l'introduction de l'&#233;dition de la Pl&#233;iade, p. XXXV.&#034; id=&#034;nh5-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;.Mais on risque tr&#232;s vite avec ces interpr&#233;tations de s'&#233;garer dans un marais de vaines sp&#233;culations. Abstraction faite de toute sp&#233;culation sur un symbolisme quelconque, l'ensemble des deux trait&#233;s compl&#233;mentaires de Spinoza pr&#233;sente, par son alternance de m&#233;thodes, de styles et de disciplines, une structure baroque, merveilleuse dans sa complexit&#233;, et que souligne le jeu de nombres appliqu&#233; dans la composition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je tiens &#224; exprimer ici mes sentiments tr&#232;s vifs de reconnaissance &#224; ma (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Door het onverwacht overlijden, op 7 oktober 1986, van prof. dr H.G. Hubbeling, die de annotatie mede voor zijn rekening zou hebben genomen, is de publikatie opgeschort. Vermoedelijk komt de vertaling nu in 1966 uit. Red.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un livre utile : Margareta Benner and Emin Tengstr&#246;m, On the interpretation of learned Neo-Latin. An explorative study based on some texts from Sweden (1611-1716). Studia Graeca et Latina Gothoburgensia XXXIX. Acta Universitatis Gothoburgensis, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A la mani&#232;re de la note du prof. H.G. Hubbeling sur le salp&#234;tre, dans F. Akkerman etc. Spinoza. Briefwisseling, Amsterdam 1977, pp. 441-444.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. James L. Kinneavy, A theory of discourse. The aims of discourse, Prentice-Hall 1971, pp. 212-218.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A propos de la traduction que je viens de citer, qui est celle de Charles Appuhn, le mot mendosum n'est pas traduit correctement par menteuse, et falsif&#233;e est certainement trop faible pour adulteratum. Spinoza prend soin de ne r&#233;p&#233;ter qu'une seule fois le mot adulteratum, ailleurs il se sert de synonymes plus sobres comme depravare, falsificare, corrumpere, profanare. Pour rendre au texte toute sa vivacit&#233;, je crois que le traducteur doit observer et traduire ces variantes avec soin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans les chap. XII et XIV : Gebh. 159.14 (in praefatione Cap. VII) et 175.4-5 (in initio Cap. VII).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Grandibus exigui sunt pisces piscibus esca &#187;, devise d'un embl&#232;me qui se trouve &#224; une estampe dans le Cabinet des Estampes &#224; Amsterdam, reproduite dans A.Th. van Deursen, Het kopergeld van de Gouden Eeuw, vol. 111, Volk en overheid, Assen 1979, p. 7. D&#233;j&#224; proverbiale dans les langues classiques, v. A. Otto, Die Sprichw&#246;rter der R&#246;mer, s.v. piscis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On rencontre l'histoire chez Tite Live 4.29.5 et 8.7. Elle est devenue exemple rh&#233;torique chez Val&#232;re Maxime 2.7.6 ; pour un emploi du topos, v. Salluste, Bellum Cat. 9.4. Je dois ces r&#233;f&#233;rences &#224; mon coll&#232;gue le Dr. J.A.R. Kemper.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;T&#233;r. Eun. 57-58 (Gebh. 5.20) ; Andr. 266 (G. 5.7-8) ; Quinte-Curce V. 3.12 (G. 6.4-5) ; idem VII. 7.30 (G. 6.7 ss.) ; idem IV 10.30 (G. 6.13 ; 30-31 ; 7.10) ; Tac. Ann. 2.36.2 (G. 7.6) ; idem, ibid. IV 34.2 (G. 7.19) ; Tac. Hist. I. 1.6 (G. 7.21-22) : idem, ibid. V. 13.1 (G. 5.22-23) ; Lucr. I. 101 (G. 5.34) ; Cic. De Nat. Deor. I. 117 e.a. (v. la note de A.S. Pease) (G. 5.23).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. Arist. Rh&#233;t. Il. chap. 18-26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Article 13 : &#171; ... pourvu que chacun, en personne priv&#233;e, reste libre en mati&#232;re de religion, et qu'on n'examine ni ne pers&#233;cute personne &#224; cause de sa religion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. A.Th. van Deursen, o.c., vol. II, Volkskultuur, Assen/Amsterdam 1978, p. 28 (le mariage) : idem, vol. IV, Hel en Hemel, Assen 1980, pp. 41-42 (l'enterrement et le bapt&#234;me). V. aussi p. 46 : on &#233;tait libre de devenir membre de l'Eglise r&#233;form&#233;e ou non.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les fonctions de la narratio v. Aristote, Rh&#233;t. 111. 16 (1416b-1417b) : Kinneavy, o.c., p. 267 s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; ... all rhetoric exists in a situational context of nonagreemnt which the rhetorician is attempting to bring to a state of identiication &#187;, Kenneth Burke, cit&#233; par Kinneavy, o.c. p. 221. Gagner de l'adh&#233;sion en battant l'ennemi est le but de la narratio de notre Pr&#233;face.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. Kinneavy, o.c., pp. 236-263.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;K.O. Meinsma a cit&#233; des exemples frappants cette topique dans les po&#232;mes de Jan Zoet, v. Spinoza en zijn kring, La Haye 1896, pp. 114-124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. Fritz Bamberger, &#171; The early editions of Spinoza's Tractatus Theologico-Politicus &#187;, dans Studies in Bibliography and Booklore (publ. by the Library of Hebrew Union College - Jewish Institute of Religion, Cincinnati, Ohio), V (1961) 9-33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est seulement apr&#232;s la publication des Opera Posthuma (en Latin et en Hollandais) que les autorit&#233;s sont intervenues effectivement ; celles de l'universit&#233; et de la commune de Leyde &#233;taient les premi&#232;res ; v. Freudenthal, Lebensgeschichte, p. 177 s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. Arist. Rh&#233;t. III. 19 ; Kinneavy, o.c. 272.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La grande activit&#233; des traducteurs Hollandais en t&#233;moigne ; v. par exemple le catalogue de l'&#339;uvre de J.H. Glazemaker : Glazemaker 1682-1982, Universiteitsbibliotheek van Amsterdam 1982. [Zie hierboven, pp. 42-46. - Red.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. par exemple Eth. VI, prop. 18. scolie ; prop. 73.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il n'y a pas de contradiction p.e. entre l'intention de se d&#233;fendre soi-m&#234;me en personne contre les accusations du vulgaire (v. Ep. 30) et la publication anonyme du T.T.P. adress&#233;e aux prudentiores. Sur le plan rh&#233;torique celle-ci peut bien &#234;tre une excellente d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au 17e si&#232;cle les rh&#233;toriciens (notamment le Hollandais G.J. Vossius) s&#233;paraient strictement les deux m&#233;thodes d'argumentation, les m&#233;thodes dialectique et rh&#233;torique. V. Marijke Spics, &#171; Argumentative aspects of rhetoric &#187;, dans Rhetoric revalued, &#233;d. Briand Vickers, New York 1982, p. 190.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En juin 1665 Spinoza avait avanc&#233; jusqu'&#224; Eth. IV, prop. 21, si du moins il n'a pas chang&#233; plus tard le nombre et l'ordre des propositions, c'est-&#224;-dire qu'il &#233;tait sur le point de traiter le bonheur humain et ses possibilit&#233;s et restrictions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sylvain Zac a signal&#233; la place surprenante qu'occupe le chapitre VII dans la construction du livre ; v. Signification et valeur de l'interpr&#233;tation de l'Ecriture chez Spinoza, Paris 1965, pp. 10-11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. F. Mignini. &#171; Il sigillo di Spinoza &#187;, dans La Cultura 19 (1981) 2, 351-389.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;dition de 1969, pp. 491-498.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. Roland Caillois, dans l'introduction de l'&#233;dition de la Pl&#233;iade, p. XXXV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je tiens &#224; exprimer ici mes sentiments tr&#232;s vifs de reconnaissance &#224; ma femme et &#224; mon coll&#232;gue le Dr. A.F. Rombout pour m'avoir aid&#233; avec la r&#233;daction du texte fran&#231;ais de cette contribution.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;F. Akkerman, &#034;Le caract&#232;re rh&#233;torique du &lt;strong&gt;Trait&#233; th&#233;ologico-politique&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Spinoza entre Lumi&#232;res et Romantisme&lt;/strong&gt;, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.ub.rug.nl/eldoc/bookshelves/akkerman/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ub.rug.nl/eldoc/bookshelves/akkerman/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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