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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Eloge de l'absence de m&#233;moire</title>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



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&lt;p&gt;voyez : L'histoire, plac&#233;e au service de la vie, se trouve au service d'une puissance non historique. &lt;br class='autobr' /&gt; Je n'ai jamais pens&#233; et je ne penserai jamais que rentrer en Italie, c'est r&#233;cup&#233;rer un h&#233;ritage. L'h&#233;ritage n'existe plus, l'h&#233;ritage s'est dissous et, comme cela arrive souvent dans ces grands patrimoines qui s'&#233;parpillent, les &#233;l&#233;ments qui en restent sont absolument marginaux et parfois pervers. II y a de nombreuses familles qui vivent des histoires d'&#233;normes h&#233;ritages dilapid&#233;s dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-III-" rel="directory"&gt;III.&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;voyez : &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/L-histoire-placee-au-service-de-la-vie-se-trouve-au-service-d-une-puissance-non' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'histoire, plac&#233;e au service de la vie, se trouve au service d'une puissance non historique.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je n'ai jamais pens&#233; et je ne penserai jamais que rentrer en Italie, c'est r&#233;cup&#233;rer un h&#233;ritage. L'h&#233;ritage n'existe plus, l'h&#233;ritage s'est dissous et, comme cela arrive souvent dans ces grands patrimoines qui s'&#233;parpillent, les &#233;l&#233;ments qui en restent sont absolument marginaux et parfois pervers. II y a de nombreuses familles qui vivent des histoires d'&#233;normes h&#233;ritages dilapid&#233;s dans la pathologie la plus compl&#232;te. Quand j'&#233;tais beaucoup plus jeune, il y a quinze ans, j'ai &#233;crit un &#233;loge de l'absence de m&#233;moire : en r&#233;alit&#233; il suffisait de lire l'article, ce n'&#233;tait pas tant un &#233;loge de l'absence de m&#233;moire qu'un &#233;loge de l'absence de patrimoine. Et c'est cela que je revendique encore. Mon retour en Italie ne sera certainement pas une tentative de faire revivre des ombres ou des fant&#244;mes. Ce ne sera pas non plus, &#224; la mani&#232;re de L&#233;opardi, le dialogue d'un vieux collectionneur avec ses momies. Ce que je chercherai &#224; faire, ce sera de comprendre une r&#233;alit&#233; compl&#232;tement transform&#233;e et dont il est faux de dire qu'en elle seul le n&#233;gatif triomphe - sur ce point, je suis en d&#233;saccord avec les Italiens que je connais. &#192; c&#244;t&#233; du pouvoir, il y a toujours la puissance. &#192; c&#244;t&#233; de la domination, il y a toujours l'insubordination. Et il s'agit de creuser, et de creuser encore, &#224; partir du point le plus bas : ce point, ce n'est pas la prison en tant que telle, c'est simplement l&#224; o&#249; les gens souffrent, l&#224; o&#249; ils sont les plus pauvres et les plus exploit&#233;s ; l&#224; o&#249; les langages et les sens sont le plus s&#233;par&#233;s de tout pouvoir d'action et o&#249; pourtant ils existent ; parce que tout cela, c'est la vie et non pas la mort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Po&#233;sie</title>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est une banalit&#233; de dire que la po&#233;sie peut recueillir ou anticiper des moments m&#233;taphysiques ou des moments d'analyse historique particuli&#232;rement forts. Pour ce qui est de L&#233;opardi, il s'agissait d'une grande m&#233;taphore sur les effets du probl&#232;me de la fin de la R&#233;volution fran&#231;aise. La r&#233;volution &#233;tait finie, mais &#224; la fin de la r&#233;volution triomphait un mode de vie compl&#232;tement r&#233;actionnaire. La nostalgie du po&#232;te cherche alors &#224; reconstruire d'autres valeurs et &#224; les projeter dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une banalit&#233; de dire que la po&#233;sie peut recueillir ou anticiper des moments m&#233;taphysiques ou des moments d'analyse historique particuli&#232;rement forts. Pour ce qui est de L&#233;opardi, il s'agissait d'une grande m&#233;taphore sur les effets du probl&#232;me de la fin de la R&#233;volution fran&#231;aise. La r&#233;volution &#233;tait finie, mais &#224; la fin de la r&#233;volution triomphait un mode de vie compl&#232;tement r&#233;actionnaire. La nostalgie du po&#232;te cherche alors &#224; reconstruire d'autres valeurs et &#224; les projeter dans le futur : il le fait &#224; partir de ce moment de passage, depuis ce d&#233;sert r&#233;actionnaire o&#249; les hommes ont &#233;t&#233; jet&#233;s. L&#233;opardi vit la p&#233;riode de la r&#233;action, il vit la Restauration qui succ&#232;de &#224; la r&#233;volution, et c'est &#224; l'int&#233;rieur de cette situation, et en tant qu'homme fondamentalement li&#233; non seulement &#224; une tradition mais &#224; une culture sp&#233;cifique et &#224; un langage r&#233;actionnaire - celui du baroque tardif -, qu'il agit et construit. II se livre &#224; une anticipation &#233;norme pour son &#233;poque, il creuse dans la Restauration pour red&#233;couvrir les valeurs qui ont &#233;t&#233; ni&#233;es et qui ne vivent plus ; il ne le fait pas de mani&#232;re nostalgique mais au contraire avec une capacit&#233; po&#233;tique &#224; cr&#233;er du futur, &#224; tel point qu'il. propose des horizons nouveaux m&#234;me du point de vue linguistique, et qu'il invente des nouvelles formes de communaut&#233; qui brisent et traversent avec puissance la p&#233;riode sombre dans laquelle il se trouve, et qui anticipent les mouvements de masse, les mouvements de d&#233;sir. L&#233;opardi se sert de la po&#233;sie comme d'un bistouri pour creuser l'Histoire et en faire sortir moins ce qui reste du pass&#233; que tout ce que l'on peut inventer du futur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'amour</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/L-amour</link>
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		<dc:date>2004-05-24T14:53:15Z</dc:date>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;finition mat&#233;rialiste de l'amour, c'est une d&#233;finition de communaut&#233;s, une construction de rapports affectifs qui s'&#233;tend &#224; travers la g&#233;n&#233;rosit&#233; et qui produit des agencements sociaux. L'amour ne peut pas &#234;tre quelque chose qui se referme sur le couple ou sur la famille, il doit s'ouvrir &#224; des communaut&#233;s plus vastes. Il doit construire, au cas par cas, des communaut&#233;s de savoir et de d&#233;sir, il doit devenir constructif de l'autre. L'amour, c'est fondamentalement aujourd'hui la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-III-" rel="directory"&gt;III.&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;finition mat&#233;rialiste de l'amour, c'est une d&#233;finition de communaut&#233;s, une construction de rapports affectifs qui s'&#233;tend &#224; travers la g&#233;n&#233;rosit&#233; et qui produit des agencements sociaux. L'amour ne peut pas &#234;tre quelque chose qui se referme sur le couple ou sur la famille, il doit s'ouvrir &#224; des communaut&#233;s plus vastes. Il doit construire, au cas par cas, des communaut&#233;s de savoir et de d&#233;sir, il doit devenir constructif de l'autre. L'amour, c'est fondamentalement aujourd'hui la destruction de toutes les tentatives de s'enfermer dans la d&#233;fense de quelque chose qui n'appartiendrait qu'&#224; soi. Je crois que l'amour est une clef essentielle pour transformer le propre en commun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Finitude</title>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je ne comprends pas bien lorsque tu dis : pessimisme de la volont&#233; ou optimisme de la raison. Je ne l'interpr&#232;te pas, ce renversement de la formule gramscienne, de la m&#234;me mani&#232;re que toi. Pour moi, l'optimisme de la raison est une conception spinozienne de l'&#234;tre comme &#233;ternit&#233;. Sur ce point, je crois que F&#233;lix Guattari &#233;tait compl&#232;tement d'accord. Et quand je pense au pessimisme de la volont&#233;, je pense au fait que la construction des luttes, des organisations, et m&#234;me celle des livres et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-III-" rel="directory"&gt;III.&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je ne comprends pas bien lorsque tu dis : pessimisme de la volont&#233; ou optimisme de la raison. Je ne l'interpr&#232;te pas, ce renversement de la formule gramscienne, de la m&#234;me mani&#232;re que toi. Pour moi, l'optimisme de la raison est une conception spinozienne de l'&#234;tre comme &#233;ternit&#233;. Sur ce point, je crois que F&#233;lix Guattari &#233;tait compl&#232;tement d'accord. Et quand je pense au pessimisme de la volont&#233;, je pense au fait que la construction des luttes, des organisations, et m&#234;me celle des livres et des raisonnements, passe toujours &#224; travers des obstacles qui peuvent &#234;tre surmont&#233;s : aussi bien des limites, des objets li&#233;s &#224; la finitude et &#224; l'ach&#232;vement, que des obstacles au sens propre, c'est-&#224;-dire des choses surmontables. La quantit&#233; ontologique d'&#234;tre, la d&#233;termination du possible, devient alors fondamentale. Dans la mort de F&#233;lix, il y a quelque chose qui correspond &#224; toutes les conversations que nous avons eu ensemble : j'&#233;tais tr&#232;s pol&#233;mique avec lui, c'&#233;tait une exasp&#233;ration due &#224; l'impossibilit&#233; de surmonter l'ach&#232;vement, la finitude, la limite. F&#233;lix Guattari faisait face &#224; une crise dont l'origine se trouvait - comme toujours - dans son travail d'analyse psychopathologique, parce qu'il se raccrochait &#224; la promesse folle de gu&#233;rir la femme qu'il avait &#233;pous&#233;e. En m&#234;me temps, il gardait face &#224; tout cela cet optimisme de la raison totale qui &#233;tait le sien. C'est comme cela qu'il s'est &#233;croul&#233; : je l'ai vu pleurer - il m'est arriv&#233; &#224; moi aussi de pleurer - en disant qu'il n'y arrivait plus et que cette finitude, cette d&#233;termination n&#233;gative &#233;taient insurmontables. C'&#233;tait un d&#233;fi qu'il s'&#233;tait lanc&#233;, et il s'&#233;croulait. Pourtant, F&#233;lix est &#233;ternel. Je crois que c'est l'une des personnes qui avait le plus de pr&#233;sence, de joie, et de facilit&#233; &#224; r&#233;cup&#233;rer les esprits vitaux que l'on trouve dans les m&#233;tropoles, le plus de capacit&#233; aussi &#224; jouir des choses vitales que ses amis lui communiquaient : l'une des plus belles personnes que j'ai jamais connues. Et puis il y a eu ce moment de d&#233;sespoir, il s'est fait prendre par la mort. C'est une contradiction entre ces deux choses dont nous parlions, l'optimisme de la raison et le pessimisme de la volont&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Eternit&#233;</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Eternite</link>
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		<dc:date>2004-05-24T14:51:36Z</dc:date>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La conception mat&#233;rialiste de l'&#233;ternit&#233;, c'est celle qui consiste &#224; ne renvoyer les actions qu'&#224; la responsabilit&#233; de ceux qui les accomplissent. Chaque action est singuli&#232;re, elle n'influe donc que sur elle-m&#234;me, et ne renvoie rien d'autre qu'aux relations qu'elle d&#233;termine et &#224; la continuit&#233; des rapports qu'elle entretient avec les autres. Chaque fois que l'on fait quelque chose, on en accepte la responsabilit&#233; : cette action vit pour toujours, dans l'&#233;ternit&#233;. Il ne s'agit pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-III-" rel="directory"&gt;III.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La conception mat&#233;rialiste de l'&#233;ternit&#233;, c'est celle qui consiste &#224; ne renvoyer les actions qu'&#224; la responsabilit&#233; de ceux qui les accomplissent. Chaque action est singuli&#232;re, elle n'influe donc que sur elle-m&#234;me, et ne renvoie rien d'autre qu'aux relations qu'elle d&#233;termine et &#224; la continuit&#233; des rapports qu'elle entretient avec les autres. Chaque fois que l'on fait quelque chose, on en accepte la responsabilit&#233; : cette action vit pour toujours, dans l'&#233;ternit&#233;. Il ne s'agit pas d'immortalit&#233; de l'&#226;me mais d'&#233;ternit&#233; des actions accomplies. C'est l'&#233;ternit&#233; du pr&#233;sent v&#233;cu &#224; chaque instant qui passe : une pl&#233;nitude compl&#232;te, sans transcendance possible, f&#251;t-elle logique ou morale. C'est cela, l'intensit&#233; de l'action et de sa responsabilit&#233;. On comprend alors pourquoi je peux, par exemple, dire &#224; une femme qui m'a trahie qu'elle est une salope : si je le disais dans l'immortalit&#233;, il n'y aurait aucune raison &#224; cela ; mais dans la responsabilit&#233; de l'acte que chacun s'assume, je peux bien &#234;tre un salaud, ou elle peut bien &#234;tre une salope, parce que chacun d'entre nous est un salaud ou une salope dans la responsabilit&#233; qu'il a de ses propres actes concrets. Il n'y a pas de renvoi de la responsabilit&#233; : chacun de nous est responsable de sa singularit&#233;, de son pr&#233;sent, de l'intensit&#233; de la vie, de la jeunesse et de la vieillesse qu'il y investit. Et c'est l'unique moyen d'&#233;viter la mort : il faut saisir le temps, le tenir, le remplir de responsabilit&#233;. Chaque fois qu'on perd cela &#224; cause de la routine, des habitudes, de la fatigue, de la d&#233;pression ou de la fureur, on perd le sens &#171; &#233;thique &#187; de la vie. L'&#233;ternit&#233;, c'est cela : notre responsabilit&#233; face au pr&#233;sent, &#224; chaque moment, &#224; chaque instant. Il s'agit d'une responsabilit&#233; &#233;thique complexe, &#224; l'int&#233;rieur de laquelle toute notre beaut&#233; int&#233;rieure - et parfois toute notre &#233;troitesse : l'important est que tout cela soit sinc&#232;re - doivent &#234;tre renvers&#233;es. Je ne propose rien d'autre qu'un franciscanisme la&#239;c et ath&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>De senectute</title>
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		<dc:date>2004-05-24T14:50:05Z</dc:date>
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		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Plus que sur le vieillissement, la r&#233;flexion de Deleuze quand il dit que ce qui le fascine dans le vieillissement c'est la diminution de la puissance d'agir, me semble porter sur la maladie. J'ai toujours eu l'impression que toutes les &#233;valuations de Deleuze &#233;taient des r&#233;flexions sur la maladie, en particulier quand il cite Spinoza - qui est un cas classique, dans la mesure o&#249; il est mort &#224; quarante ans de maladie, et non de vieillissement. Pour ce qui me concerne, je suis en parfaite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-III-" rel="directory"&gt;III.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plus que sur le vieillissement, la r&#233;flexion de Deleuze quand il dit que ce qui le fascine dans le vieillissement c'est la diminution de la puissance d'agir, me semble porter sur la maladie. J'ai toujours eu l'impression que toutes les &#233;valuations de Deleuze &#233;taient des r&#233;flexions sur la maladie, en particulier quand il cite Spinoza - qui est un cas classique, dans la mesure o&#249; il est mort &#224; quarante ans de maladie, et non de vieillissement. Pour ce qui me concerne, je suis en parfaite sant&#233;, on vient de me faire un check-up, on a v&#233;rifi&#233; que ma sant&#233; &#233;tait excellente &#224; tout point de vue. Le vieillissement, je l'attends, mais je pense en fait que c'est une chose compl&#232;tement diff&#233;rente : un &#233;largissement de la capacit&#233; d'agir, un &#233;largissement dans la simplicit&#233; et dans la douceur. Le vieillissement n'est pas une cessation mais, au contraire, une extension douce et apais&#233;e de la capacit&#233; d'agir. Au cours du vieillissement, la mort ne se pr&#233;sente pas comme un &#233;l&#233;ment interstitiel qui couperait la vie, mais plut&#244;t comme une chose que le sens de l'&#233;ternit&#233;, et donc l'intensit&#233; de la vie, peuvent toujours surmonter. Fondamentalement la mort n'existe pas : quand on existe, la mort n'existe pas, et quand la mort existe, on a fini d'exister. La possibilit&#233; de surmonter la mort n'est pas le grand r&#234;ve de la jeunesse mais celui de la vieillesse. R&#233;ussir &#224; organiser la vie pour surmonter la mort est un devoir de l'humanit&#233;, un devoir aussi important que celui de faire cesser l'exploitation, qui est une cause de mort. Surmonter la mort est un grand progr&#232;s. La mort n'est pas n&#233;cessaire &#224; la vie, c'est quelque chose qui est en plus de la vie. Tout comme la vieillesse n'est pas une approche de la mort mais une jouissance diff&#233;rente de la vie, &#224; tous les points de vue - du point de vue intellectuel, du point de vue sexuel, dans les rapports sociaux... Je suis un grand admirateur de tous ceux qui ont &#233;crit des &lt;i&gt;De Senectute&lt;/i&gt;, non pas que les vieux soient plus sages, mais simplement parce que dans la vieillesse on peut vivre davantage. J'ai toujours &#233;t&#233; d&#233;go&#251;t&#233; par les rapports sexuels et l'&#233;rotisme des jeunes, avec leur rapidit&#233;, leur violence de d&#233;sirs animaux. Ce qui me pla&#238;t c'est la douceur, c'est le temps ; c'est l'intellectualit&#233;, l'immat&#233;rialit&#233; des rapports. On ne commence &#224; avoir ce type de rapports que lorsqu'on a un certain &#226;ge. Et quand on a men&#233; un certain type de r&#233;flexion. C'est un h&#233;donisme, mais un h&#233;donisme sup&#233;rieur, que les gens appellent vieillesse et qui est en r&#233;alit&#233; la forme la plus &#233;lev&#233;e de la vie, une forme qu'il faut compl&#232;tement r&#233;cup&#233;rer. Je le fais en m'opposant &#224; des conceptions terriblement irrationnelles et idiotes de la vie et de la mort, de la jeunesse et de la vieillesse, qui ont &#233;t&#233; invent&#233;es lorsque le rythme de la vie &#233;tait diff&#233;rent, et quand l'esp&#233;rance de vie moyenne ne d&#233;passait pas trente-cinq/quarante ans. Nous pensons encore comme si nous &#233;tions des hommes de l'Antiquit&#233;, alors que nous appartenons &#224; un monde o&#249; vivre jusque cent ans est un minimum. De ce point de vue, il me semble que tous les vieux devraient continuer &#224; travailler, parce que la retraite est une chose absurde. On touche vraiment l&#224; &#224; quelque chose qui rel&#232;ve d'un changement radical de l'ontologie du pr&#233;sent. Et pourtant, il me semble que sur le probl&#232;me du vieillissement on ne r&#233;p&#232;te que des lieux communs, m&#234;me dans les phrases de Deleuze...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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