<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.caute.lautre.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Caute@lautre.net</title>
	<link>https://www.caute.lautre.net/</link>
	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://www.caute.lautre.net/spip.php?id_rubrique=191&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Caute@lautre.net</title>
		<url>http://www.caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH25/siteon0-61142.png?1772222329</url>
		<link>https://www.caute.lautre.net/</link>
		<height>25</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Hasard et monotonie du travail &#224; l'usine</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Hasard-et-monotonie-du-travail-a-l-usine</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.caute.lautre.net/Hasard-et-monotonie-du-travail-a-l-usine</guid>
		<dc:date>2004-10-07T19:54:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Weil, Simone</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Voyez, sur La condition ouvri&#232;re, de Simone Weil : . &lt;br class='autobr' /&gt; La monotonie d'une journ&#233;e de travail &#224; l'usine, m&#234;me si aucun changement de travail ne vient la rompre, est m&#233;lang&#233;e de mille petits incidents qui peuplent chaque journ&#233;e et en font une histoire neuve ; mais, comme pour le changement de travail, ces incidents blessent plus souvent qu'ils ne r&#233;confortent. Ils correspondent toujours &#224; une diminution de salaire dans le cas du travail aux pi&#232;ces, de sorte qu'on ne peut les souhaiter. Mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Weil-Simone-" rel="directory"&gt;Weil (Simone)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voyez, sur &lt;i&gt;La condition ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, de Simone Weil : &lt;a href=&#034;http://www.adpf.asso.fr/adpf-publi/folio/weil/05.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.adpf.asso.fr/adpf-publi/...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La monotonie d'une journ&#233;e de travail &#224; l'usine, m&#234;me si aucun changement de travail ne vient la rompre, est m&#233;lang&#233;e de mille petits incidents qui peuplent chaque journ&#233;e et en font une histoire neuve ; mais, comme pour le changement de travail, ces incidents blessent plus souvent qu'ils ne r&#233;confortent. Ils correspondent toujours &#224; une diminution de salaire dans le cas du travail aux pi&#232;ces, de sorte qu'on ne peut les souhaiter. Mais souvent ils blessent aussi par eux-m&#234;mes ; l'angoisse r&#233;pandue diffuse sur tous les moments de travail s'y concentre, l'angoisse de ne pas aller assez vite, et quand, comme c'est souvent le cas, on a besoin d'autrui pour pouvoir continuer, d'un contrema&#238;tre, d'un magasinier, d'un r&#233;gleur, le sentiment de la d&#233;pendance, de l'impuissance, et de compter pour rien aux yeux de qui on d&#233;pend, peut devenir douloureux au point d'arracher des larmes aux yeux des hommes comme des femmes. La possibilit&#233; continuelle des incidents, machine arr&#234;t&#233;e, caisse introuvable, et ainsi de suite, loin de diminuer le poids de la monotonie, lui &#244;te le rem&#232;de qu'en g&#233;n&#233;ral elle porte en elle-m&#234;me, le pouvoir d'assoupir et de bercer les pens&#233;es de mani&#232;re &#224; cesser, dans une certaine mesure, d'&#234;tre sensible ; une l&#233;g&#232;re angoisse emp&#234;che cet effet d'assoupissement et force &#224; avoir conscience de la monotonie, bien qu'il soit intol&#233;rable d'en avoir conscience. Rien n'est pire que le m&#233;lange de la monotonie et du hasard ; ils s'aggravent l'un l'autre, du moins quand le hasard est angoissant. Il est angoissant, dans l'usine, du fait qu'il n'est pas reconnu ; th&#233;oriquement, bien que tout le monde sache qu'il n'en est rien, les caisses o&#249; mettre les pi&#232;ces usin&#233;es ne manquent jamais, les r&#233;gleurs ne font jamais attendre, et tout ralentissement dans la production est une faute de l'ouvrier. La pens&#233;e doit constamment &#234;tre pr&#234;te &#224; la fois &#224; suivre le cours monotone des gestes ind&#233;finiment r&#233;p&#233;t&#233;s et &#224; trouver en elle-m&#234;me des ressources pour rem&#233;dier &#224; l'impr&#233;vu. Obligation contradictoire, impossible, &#233;puisante. Le corps est parfois &#233;puis&#233;, le soir, au sortir de l'usine, mais la pens&#233;e l'est toujours davantage. Quiconque a &#233;prouv&#233; cet &#233;puisement et ne l'a pas oubli&#233; peut le lire dans les yeux de presque tous les ouvriers qui d&#233;filent le soir hors de l'usine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Simone Weil, &lt;strong&gt;La condition ouvri&#232;re&lt;/strong&gt;, p. 333-334, folio essais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Merci &#224; AB d'avoir communiqu&#233; ce texte).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
