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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>L'homme est une fiction.</title>
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		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La plupart des gens, quoi qu'ils puissent penser et dire de leur &#171; &#233;go&#239;sme &#187;, ne font malgr&#233; tout, leur vie durant, rien pour leur ego et tout pour le fant&#244;me d'ego qui s'est form&#233; d'eux dans l'esprit de leur entourage qui le leur a ensuite communiqu&#233; ; - en cons&#233;quence ils vivent tous dans un brouillard d'opinions impersonnelles ou &#224; demi personnelles et d'appr&#233;ciations de valeur arbitraires et pour ainsi dire po&#233;tiques, toujours l'un dans l'esprit de l'autre qui, &#224; son tour, vit dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Sur-la-conscience-l-identite-personnelle-" rel="directory"&gt;Sur la conscience, l'identit&#233; personnelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La plupart des gens, quoi qu'ils puissent penser et dire de leur &#171; &#233;go&#239;sme &#187;, ne font malgr&#233; tout, leur vie durant, rien pour leur &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt; et tout pour le fant&#244;me d'&lt;i&gt;ego&lt;/i&gt; qui s'est form&#233; d'eux dans l'esprit de leur entourage qui le leur a ensuite communiqu&#233; ; - en cons&#233;quence ils vivent tous dans un brouillard d'opinions impersonnelles ou &#224; demi personnelles et d'appr&#233;ciations de valeur arbitraires et pour ainsi dire po&#233;tiques, toujours l'un dans l'esprit de l'autre qui, &#224; son tour, vit dans d'autres esprits : &#233;trange monde de fantasmes qui sait pourtant se donner une apparence si objective ! Ce brouillard d'opinions et d'habitudes s'accro&#238;t et vit presque ind&#233;pendamment des hommes qu'il recouvre ; de lui d&#233;pend la prodigieuse influence des jugements g&#233;n&#233;raux sur &#171; l'homme &#187; - tous ces hommes qui ne se connaissent pas eux-m&#234;mes croient &#224; cette abstraction exsangue, &#171; l'homme &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; une fiction ; et tout changement que les jugements d'individus puissants (tels les princes et les philosophes) entreprennent d'apporter &#224; cette abstraction exerce une influence extraordinaire et d'une ampleur irrationnelle sur la grande majorit&#233;, - tout cela pour la raison que chaque individu, dans cette majorit&#233;, ne peut opposer aucun &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt; v&#233;ritable qui lui soit accessible et qu'il ait approfondi lui-m&#234;me, &#224; la p&#226;le fiction g&#233;n&#233;rale qu'il d&#233;truirait de ce fait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Friedrich Nietzsche, &lt;strong&gt;Aurore&lt;/strong&gt; (1880), &#167; 105, trad. J. Hervier,&lt;br class='autobr' /&gt;
Gallimard, coll. &#171; Folio essais &#187;, 1980, p. 84.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le moi substantiel : une fiction grammaticale.</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Le-moi-substantiel-une-fiction-grammaticale</link>
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		<dc:date>2005-10-06T18:17:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; On pense : donc il y a quelque chose qui pense &#187;, &#224; cela se r&#233;duit l'argumentation de Descartes. Mais c'est l&#224; tenir d&#233;j&#224; pour &#171; vrai a priori &#187; notre croyance en l'id&#233;e de substance. - Dire que, lorsque l'on pense, il faut qu'il y ait quelque chose &#171; qui pense &#187; c'est simplement la formulation d'une habitude grammaticale qui, &#224; l'action, ajoute un acteur. Bref, on annonce ici d&#233;j&#224; un postulat logico-m&#233;taphysique - au lieu de se contenter de constater... Sur la voie indiqu&#233;e par Descartes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Sur-la-conscience-l-identite-personnelle-" rel="directory"&gt;Sur la conscience, l'identit&#233; personnelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; On pense : donc il y a quelque chose qui pense &#187;, &#224; cela se r&#233;duit l'argumentation de Descartes. Mais c'est l&#224; tenir d&#233;j&#224; pour &#171; vrai a priori &#187; notre croyance en l'id&#233;e de substance. - Dire que, lorsque l'on pense, il faut qu'il y ait quelque chose &#171; qui pense &#187; c'est simplement la formulation d'une habitude grammaticale qui, &#224; l'action, ajoute un acteur. Bref, on annonce ici d&#233;j&#224; un postulat logico-m&#233;taphysique - au lieu de se contenter de constater... Sur la voie indiqu&#233;e par Descartes on n'arrive pas &#224; une certitude absolue, mais seulement au fait d'une croyance tr&#232;s forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on r&#233;duit la proposition &#224; ceci : &#171; on pense, donc il y a des pens&#233;es &#187;, il en r&#233;sulte une simple tautologie, et, ce qui entre justement en question, la &#171; r&#233;alit&#233; de la pens&#233;e &#187; n'est pas touch&#233;e, - de sorte que, sous cette forme, on est forc&#233; de reconna&#238;tre l'&#171; apparence &#187; de la pens&#233;e. Mais ce que voulut Descartes, c'est que la pens&#233;e n'e&#251;t pas seulement une r&#233;alit&#233; apparente, mais qu'elle f&#251;t un en soi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nietzsche, &lt;strong&gt;La volont&#233; de puissance&lt;/strong&gt;, &#167;260, trad. H. Albert, LGE, p.287 (m&#234;me texte : &lt;strong&gt;La volont&#233; de puissance&lt;/strong&gt;, &#167;147, trad. Bianquis, Gallimard).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du &#171; G&#233;nie de l'Esp&#232;ce &#187;</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Du-Genie-de-l-Espece</link>
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		<dc:date>2005-09-14T18:02:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Du &#171; G&#233;nie de l'Esp&#232;ce &#187;. - Le probl&#232;me de la conscience (ou plus exactement de la conscience de soi) ne se pose &#224; nous que du moment o&#249; nous commen&#231;ons &#224; comprendre par o&#249; nous pourrions lui &#233;chapper et c'est &#224; ce d&#233;but que nous placent aujourd'hui physiologie et zoologie (il leur a donc fallu deux si&#232;cles pour rattraper la suspecte r&#233;putation qui les pr&#233;c&#233;dait depuis Leibniz). &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pourrions en effet penser, sentir, vouloir, nous souvenir ; nous pourrions &#233;galement &#171; agir &#187; dans toutes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Sur-la-conscience-l-identite-personnelle-" rel="directory"&gt;Sur la conscience, l'identit&#233; personnelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Du &#171; G&#233;nie de l'Esp&#232;ce &#187;&lt;/i&gt;. - Le probl&#232;me de la conscience (ou plus exactement de la conscience de soi) ne se pose &#224; nous que du moment o&#249; nous commen&#231;ons &#224; comprendre par o&#249; nous pourrions lui &#233;chapper et c'est &#224; ce d&#233;but que nous placent aujourd'hui physiologie et zoologie (il leur a donc fallu deux si&#232;cles pour rattraper la suspecte r&#233;putation qui les pr&#233;c&#233;dait depuis Leibniz).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions en effet penser, sentir, vouloir, nous souvenir ; nous pourrions &#233;galement &#171; agir &#187; dans toutes les acceptions du terme, sans avoir conscience de tout cela. La vie enti&#232;re pourrait passer sans se regarder dans ce miroir de la conscience ; et c'est ce qu'elle fait encore pour nous, effectivement, dans la plus grande partie de son activit&#233;, m&#234;me la plus haute, pens&#233;e, sentiment, volont&#233;, qui, si vexante que la chose puisse para&#238;tre &#224; un philosophe d'avant-hier, se d&#233;roule sans reflet, sans r&#233;flexion. A quoi bon la conscience si elle est superflue pour l'essentiel de l'existence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut pr&#234;ter attention &#224; ma r&#233;ponse et aux suppositions peut-&#234;tre un peu lointaines que me sugg&#232;re la question, je dirai que la force et l'acuit&#233; de la conscience me semblent toujours en raison directe de la &lt;i&gt;capacit&#233; &lt;/i&gt;de l'homme (ou de l'animal) &#224; &lt;i&gt;s'exprimer, &lt;/i&gt;et cette capacit&#233; elle-m&#234;me en proportion du &lt;i&gt;besoin de se communiquer. &lt;/i&gt;Je ne veux pas dire par l&#224; que de soit l'individu m&#234;me qui sait le mieux exprimer ses besoins et les faire comprendre aux autres, qui soit r&#233;duit le plus imp&#233;rieusement &#224; compter sur le secours d'autrui. Le ph&#233;nom&#232;ne se passerait sur des races enti&#232;res, sur des suites de g&#233;n&#233;rations ; voici comment : quand le besoin, quand la n&#233;cessit&#233; ont longtemps oblig&#233; les hommes &#224; se comprendre mutuellement, vite et finement, il s'est cr&#233;&#233; un exc&#233;dent de cet art et de cette force, une sorte de tr&#233;sor que le temps a entass&#233; et qui attend un h&#233;ritier qui le gaspille ; &#171; l'artiste &#187; est cet h&#233;ritier-l&#224; ; de m&#234;me l'orateur, le pr&#233;dicateur, ou l'&#233;crivain : tous hommes qui ne viennent jamais qu'au bout d'une longue s&#233;rie, des &#171; tard-venus &#187;, en un sens noble, et qui, de nature, sont des dissipateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette observation est juste, je me trouve en droit de supposer que la &lt;i&gt;conscience ne s'est d&#233;velopp&#233;e que sous la pression du besoin de communiquer ; &lt;/i&gt;qu'elle n'&#233;tait n&#233;cessaire et utile au d&#233;but que dans les rapports d'homme &#224; homme (notamment pour le commandement), et qu'elle ne s'est d&#233;velopp&#233;e que dans la mesure de cette utilit&#233;. La conscience n'est qu'un r&#233;seau de communications entre hommes ; c'est en cette seule qualit&#233; qu'elle a &#233;t&#233; forc&#233;e de se d&#233;velopper : l'homme qui vivait solitaire, en b&#234;te de proie, aurait pu s'en passer. Si nos actions, pens&#233;es, sentiments et mouvements parviennent - du moins en partie - &#224; la surface de notre conscience, c'est le r&#233;sultat d'une terrible n&#233;cessit&#233; qui a longtemps domin&#233; l'homme, le plus menac&#233; des animaux : il avait &lt;i&gt;besoin &lt;/i&gt;de secours et de protection, il avait &lt;i&gt;besoin &lt;/i&gt;de son semblable, il &#233;tait oblig&#233; de savoir dire ce besoin, de savoir se rendre intelligible ; et pour tout cela, en premier lieu, il fallait qu'il e&#251;t une &#171; conscience &#187;, qu'il &#171; s&#251;t &#187; lui-m&#234;me ce qui lui manquait, qu'il &#171; s&#251;t &#187; ce qu'il sentait, qu'il &#171; s&#251;t &#187; ce qu'il pensait. Car comme toute cr&#233;ature vivante, l'homme, je le r&#233;p&#232;te, pense constamment, mais il l'ignore ; la pens&#233;e qui devient &lt;i&gt;consciente &lt;/i&gt;ne repr&#233;sente que la partie la plus infime, disons la plus superficielle, la plus&lt;i&gt; &lt;/i&gt;mauvaise, de tout ce qu'il pense : car il n'y a que cette pens&#233;e qui &lt;i&gt;s'exprime en paroles, c'est-&#224;-dire en signes d'&#233;changes, &lt;/i&gt;ce qui r&#233;v&#232;le l'origine m&#234;me de la conscience. Bref le d&#233;veloppement du langage et le d&#233;veloppement de la conscience (&lt;i&gt;non &lt;/i&gt;de la raison, mais seulement de la raison qui devient consciente d'elle-m&#234;me), ces deux d&#233;veloppements vont de pair. Ajoutons que la langue n'est pas seule &#224; servir de pont d'homme &#224; homme, qu'il y a, aussi le regard, la pression, le geste ; nous avons pris des impressions de nos propres sens une conscience d'autant plus nette, nous avons acquis un pouvoir de les fixer et de les ext&#233;rioriser d'autant plus&lt;i&gt; &lt;/i&gt;grand que la n&#233;cessit&#233; se&lt;i&gt; &lt;/i&gt;faisait plus forte de les communiquer aux autres par des signes. L'inventeur de signes est en m&#234;me temps un homme qui ne cesse de devenir toujours plus conscient de lui-m&#234;me ; c'est seulement comme animal social que l'homme a appris &#224; devenir conscient de soi ; il le fait encore, et de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense, comme on le voit, que la conscience n'appartient pas essentiellement &#224; l'existence individuelle de l'homme, mais au contraire &#224; la partie de sa nature qui est commune &#224; tout le troupeau ; qu'elle n'est, en cons&#233;quence, subtilement d&#233;velopp&#233;e que dans la mesure de son utilit&#233; pour la communaut&#233;, le troupeau ; et qu'en d&#233;pit de la meilleure volont&#233; qu'il peut apporter &#224; &#171; se conna&#238;tre &#187;, percevoir ce qu'il a de plus individuel, nul de nous ne pourra jamais prendre conscience que de son c&#244;t&#233; non individuel et &#171; moyen &#187; ; que notre pens&#233;e elle-m&#234;me se trouve sans cesse en quelque sorte &#171; major&#233;e &#187; par le caract&#232;re de la conscience - par le &#171; g&#233;nie de l'esp&#232;ce &#187; qui commande en son sein - et retraduite dans la langue qu'impose la perspective du troupeau. Tous nos actes sont bien, au fond, supr&#234;mement personnels, uniques, individuels, incomparables, certainement ; mais d&#232;s que la conscience les traduit dans sa langue, ils &lt;i&gt;cessent de para&#238;tre tels... Voil&#224; &lt;/i&gt;le vrai ph&#233;nom&#233;nalisme, voil&#224; le vrai perspectivisme, le voil&#224;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;comme je le comprends : la nature de la conscience &lt;i&gt;animale &lt;/i&gt;fait que le monde dont nous pouvons devenir conscients n'est qu'un monde de surfaces et de signes, un monde g&#233;n&#233;ralis&#233;, vulgaris&#233; ; qu'en cons&#233;quence tout ce qui devient conscient devient par l&#224; m&#234;me superficiel, mince, relativement b&#234;te, devient une chose g&#233;n&#233;rale, un signe, un chiffre du troupeau, et que toute prise de conscience entra&#238;ne une corruption fonci&#232;re de son objet, une grande falsification, une &#171; superficialisation &#187;, une g&#233;n&#233;ralisation. En fin de compte l'accroissement de conscience est un danger, et qui vit au milieu d'Europ&#233;ens conscients sait m&#234;me qu'il est maladie. Ce n'est pas, comme on le devine, l'opposition sujet-objet qui me pr&#233;occupe en cet instant : j'abandonne cette distinction aux th&#233;oriciens de la connaissance qui restent encore accroch&#233;s dans les filets de la grammaire (cette m&#233;taphysique du peuple). C'est moins encore, &#224; plus forte raison, l'opposition de la &#171; chose en soi &#187; et de l'apparence ; car nous sommes loin de &#171; conna&#238;tre &#187; assez pour pouvoir faire jusqu'&#224; cette simple &#171; distinction &#187;. Il nous manque, en effet, un organe pour &lt;i&gt;conna&#238;tre, &lt;/i&gt;pour discerner la &#171; v&#233;rit&#233; &#187; : nous &#171; savons &#187; (nous croyons, nous nous imaginons) juste autant qu'il peut &#234;tre &lt;i&gt;utile &lt;/i&gt;au troupeau humain, &#224; l'esp&#232;ce ; encore &#171; l'utilit&#233; &#187; dont on parle &#224; ce propos n'est-elle elle-m&#234;me, au bout du compte, qu'une croyance, un produit de notre imagination, et peut-&#234;tre la plus fatale sottise, celle qui nous fera p&#233;rir un jour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;F. Nietzsche, &lt;strong&gt;Le gai savoir&lt;/strong&gt;, &#167;354 (trad. Vialatte).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'erreur : d'une fausse causalit&#233;</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/L-erreur-d-une-fausse-causalite</link>
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		<dc:date>2005-02-22T14:59:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De tout temps, on a cru savoir ce qu'&#233;tait une cause ; mais d'o&#249; tirions-nous notre science, ou plus exactement, notre pr&#233;tention &#224; savoir quelque chose sur ce point ? Du domaine de ces fameuses &#171; donn&#233;es internes &#187;, dont aucune, jusqu'&#224; pr&#233;sent, ne s'est av&#233;r&#233;e &#234;tre une &#171; donn&#233;e &#187; de fait. Nous pensions que nous &#233;tions nous-m&#234;mes, dans l'acte de volont&#233;, une causalit&#233; : l&#224;, du moins, nous pensions prendre la causalit&#233; sur le fait. De m&#234;me, on ne doutait pas que les antecedentia d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Sur-la-conscience-l-identite-personnelle-" rel="directory"&gt;Sur la conscience, l'identit&#233; personnelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De tout temps, on a cru savoir ce qu'&#233;tait une cause ; mais d'o&#249; tirions-nous notre science, ou plus exactement, notre pr&#233;tention &#224; savoir quelque chose sur ce point ? Du domaine de ces fameuses &#171; donn&#233;es internes &#187;, dont aucune, jusqu'&#224; pr&#233;sent, ne s'est av&#233;r&#233;e &#234;tre une &#171; donn&#233;e &#187; de fait. Nous pensions que nous &#233;tions nous-m&#234;mes, dans l'acte de volont&#233;, une causalit&#233; : l&#224;, du moins, nous pensions &lt;i&gt;prendre la causalit&#233; sur le fait&lt;/i&gt;. De m&#234;me, on ne doutait pas que les &lt;i&gt;antecedentia&lt;/i&gt; d'une action, ses causes, dussent &#234;tre cherch&#233;es dans la conscience et que, si on les cherchait, on les y retrouverait, sous forme de &#171; motifs &#187; : autrement, pour cette action, l'on n'aurait pas &#233;t&#233; libre, et l'on n'en aurait pas &#233;t&#233; responsable. Enfin, qui aurait contest&#233; qu'une pens&#233;e ait une cause ? Que le Moi cause la pens&#233;e ?... De ces trois &#171; donn&#233;es internes &#187; qui semblaient attester la causalit&#233;, la premi&#232;re et la plus convaincante est &lt;i&gt;la volont&#233; consid&#233;r&#233;e comme cause &lt;/i&gt; : la conception d'une conscience (&#171; esprit &#187;) en tant que cause, et, ult&#233;rieurement, celle du Moi (du &#171; sujet &#187;) en tant que cause, ne sont que cr&#233;&#233;es apr&#232;s coup, une fois admis comme un fait &#233;tabli, un fait d'&lt;i&gt;exp&#233;rience&lt;/i&gt;, le caract&#232;re causal de la volont&#233;... Depuis lors, nous y avons regard&#233; de plus pr&#232;s. Nous ne croyons maintenant plus un mot de tout cela. Le &#171; monde int&#233;rieur &#187; est plein de miras et de feux follets : volont&#233; est du nombre. La volont&#233; ne met plus rien en mouvement, et, par cons&#233;quent, n'explique plus rien non plus. Elle ne fait qu'accompagner des &#233;v&#233;nements, elle peut m&#234;me faire totalement d&#233;faut. Quant au pr&#233;tendu &#171; motif &#187; : autre erreur. Ce n'est qu'un ph&#233;nom&#232;ne superficiel de la conscience, un &#224;-c&#244;t&#233; de l'acte, qui dissimule les &lt;i&gt;ant&#233;c&#233;dents&lt;/i&gt; d'un acte plut&#244;t qu'il ne les repr&#233;sente. Et que dire du Moi ! Il est devenu une fable, une fiction, un jeu de mots : il a tout &#224; fait cess&#233; de penser, de sentir et de vouloir ! ... Qu'en d&#233;coule-t-il ? Il n'y a plus la moindre cause spirituelle ! Toute la pr&#233;tendue &#171; exp&#233;rience &#187; qui l'&#233;tablissait s'en va au diable ! &lt;i&gt;Voil&#224;&lt;/i&gt; ce qui en d&#233;coule ! - Et, nous avions commis de beaux abus avec cette &#171; exp&#233;rience &#187; ! Nous avions, &#224; partir d'elle, &lt;i&gt;cr&#233;&#233;&lt;/i&gt; le monde comme un monde causal, comme un monde de volont&#233;, comme un monde d'esprits. C'est la psychologie la plus ancienne et la plus durable qui &#233;tait &#224; l'&#339;uvre ici, elle n'a jamais rien fait d'autre : tout ce qui se produit &#233;tait pour elle un acte, tout acte la cons&#233;quence d'une volont&#233;, le monde &#233;tait devenu pour elle une multiplicit&#233; d' &#171; agents &#187;, un &#171; agent &#187; (un &#171; sujet &#187;) se glissait derri&#232;re chaque &#233;v&#233;nement produit. L'homme a projet&#233; hors de lui-m&#234;me les trois &#171; donn&#233;es internes &#187;, ce &#224; quoi il croyait le plus fermement, la volont&#233;, l'esprit, le moi. - Il a d'abord extrait la notion d'&#202;tre de la notion de Moi, il a pos&#233; les &#171; choses &#187; comme dou&#233;es d'&#202;tre, &#224; son image, d'apr&#232;s son id&#233;e du moi consid&#233;r&#233; comme cause. Faut-il s'&#233;tonner qu'il n'ait ensuite jamais retrouv&#233; dans les choses que &lt;i&gt;ce qu'il y avait mis&lt;/i&gt; ? La chose m&#234;me, r&#233;p&#233;tons-le, la notion de chose, est un simple reflet de la croyance en un moi qui serait une cause... Et m&#234;me votre Atome, Messieurs les M&#233;canistes et Physiciens, combien d'erreur, combien de psychologie rudimentaire subsiste encore, &#224; l'&#233;tat de survivance, dans votre Atome ! Sans m&#234;me parler de la &#171; chose en soi &#187;, cet &lt;i&gt;horrendum pudendum&lt;/i&gt; des m&#233;taphysiciens ! L'erreur de l'esprit consid&#233;r&#233; comme cause confondue avec la r&#233;alit&#233; ! Et &#233;tablie comme crit&#232;re de la r&#233;alit&#233; ! Et nomm&#233;e &lt;i&gt;Dieu &lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nietzsche, &lt;i&gt;Cr&#233;puscule des idoles&lt;/i&gt;, &#171; Les quatre grandes erreurs &#187;, &#167;3.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La conscience</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/La-conscience</link>
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		<dc:date>2004-12-05T11:47:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



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&lt;p&gt;La conscience est la derni&#232;re phase de l'&#233;volution du syst&#232;me organique, par cons&#233;quent aussi ce qu'il y a de moins achev&#233; et de moins fort dans ce syst&#232;me. C'est du conscient que proviennent une foule de m&#233;prises qui font qu'un animal, un homme p&#233;rissent plus t&#244;t qu'il ne,' serait n&#233;cessaire, &#171; en d&#233;pit du destin &#187;, comme Hom&#232;re disait. Si le lieu des instincts, ce lieu conservateur, n'&#233;tait pas tellement plus puissant que la conscience, s'il ne jouait pas, dans l'ensemble, un r&#244;le de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Sur-la-conscience-l-identite-personnelle-" rel="directory"&gt;Sur la conscience, l'identit&#233; personnelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La conscience est la derni&#232;re phase de l'&#233;volution du syst&#232;me organique, par cons&#233;quent aussi ce qu'il y a de moins achev&#233; et de moins fort dans ce syst&#232;me. C'est du conscient que proviennent une foule de m&#233;prises qui font qu'un animal, un homme p&#233;rissent plus t&#244;t qu'il ne,' serait n&#233;cessaire, &#171; en d&#233;pit du destin &#187;, comme Hom&#232;re disait. Si le lieu des instincts, ce lieu conservateur, n'&#233;tait pas tellement plus puissant que la conscience, s'il ne jouait pas, dans l'ensemble, un r&#244;le de r&#233;gulateur, l'humanit&#233; succomberait fatalement sous le poids de ses jugements absurdes, de ses divagations, de sa frivolit&#233;, de sa cr&#233;dulit&#233;, en un mot de son conscient : ou plut&#244;t il y a fort longtemps qu'elle n'existerait plus sans lui ! Tant qu'une fonction n'est pas m&#251;re, tant qu'elle n'a pas atteint son d&#233;veloppement parfait, elle est dangereuse pour l'organisme : c'est une grande chance qu'elle soit bien tyrannis&#233;e ! La conscience l'est s&#233;v&#232;rement, et ce n'est pas &#224; la fiert&#233; qu'elle le doit le moins. On pense que cette fiert&#233; fait le &lt;i&gt;noyau&lt;/i&gt; de l'&#234;tre humain ; que c'est son &#233;l&#233;ment durable, &#233;ternel, supr&#234;me, primordial ! On tient le conscient pour une constante ! On nie sa croissance, ses intermittences ! On le consid&#232;re comme &#171; l'unit&#233; de l'organisme &#187; ! On le surestime, on le m&#233;conna&#238;t ridiculement, ce qui a eu cette cons&#233;quence &#233;minemment utile d'emp&#234;cher l'homme d'en pousser le d&#233;veloppement trop h&#226;tivement. Croyant poss&#233;der la conscience, les hommes se sont donn&#233; peu de mal pour l'acqu&#233;rir ; et aujourd'hui ils en sont toujours l&#224; ! C'est encore une t&#226;che &#233;minemment actuelle, que l'&#339;il humain commence m&#234;me &#224; peine &#224; entrevoir, que celle de &lt;i&gt;s'incorporer&lt;/i&gt; le savoir, de le rendre instinctif chez l'homme ; une t&#226;che qu'aper&#231;oivent seuls ceux qui ont compris que jusqu'ici l'homme n'a incorpor&#233; que l'erreur, que toute notre conscience se rapporte &#224; elle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nietzsche, &lt;strong&gt;Le gai savoir&lt;/strong&gt;, &#167;11&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La superstition du &#034;Je&#034;</title>
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		<dc:date>2004-12-04T21:40:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la superstition des logiciens, je ne me lasserai jamais de souligner un petit fait que ces esprits superstitieux ne reconnaissent pas volontiers &#224; savoir qu'une pens&#233;e se pr&#233;sente quand &#171; elle &#187; veut, et non pas quand &#171; je &#187; veux ; de sorte que c'est falsifier la r&#233;alit&#233; que de dire : le sujet &#171; je &#187; est la condition du pr&#233;dicat &#171; pense &#187;. Quelque chose pense, mais que ce quelque chose soit justement l'antique et fameux &#171; je &#187;, voil&#224;, pour nous exprimer avec mod&#233;ration, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Sur-la-conscience-l-identite-personnelle-" rel="directory"&gt;Sur la conscience, l'identit&#233; personnelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour ce qui est de la superstition des logiciens, je ne me lasserai jamais de souligner un petit fait que ces esprits superstitieux ne reconnaissent pas volontiers &#224; savoir qu'une pens&#233;e se pr&#233;sente quand &#171; elle &#187; veut, et non pas quand &#171; je &#187; veux ; de sorte que c'est &lt;i&gt;falsifier&lt;/i&gt; la r&#233;alit&#233; que de dire : le sujet &#171; je &#187; est la condition du pr&#233;dicat &#171; pense &#187;. Quelque chose pense, mais que ce quelque chose soit justement l'antique et fameux &#171; je &#187;, voil&#224;, pour nous exprimer avec mod&#233;ration, une simple hypoth&#232;se, une assertion, et en tout cas pas une &#171; certitude imm&#233;diate &#187;. En d&#233;finitive, ce &#171; quelque chose pense &#187; affirme d&#233;j&#224; trop ; ce &#171; quelque chose &#187; contient d&#233;j&#224; une &lt;i&gt;interpr&#233;tation&lt;/i&gt; du processus et n'appartient pas au processus lui-m&#234;me. En cette mati&#232;re, nous raisonnons d'apr&#232;s la routine grammaticale : &#171; Penser est une action, toute action suppose un sujet qui l'accomplit, par cons&#233;quent... &#187; C'est en se conformant &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me sch&#233;ma que l'atomisme ancien s'effor&#231;a de rattacher &#224; l' &#171; &#233;nergie &#187; qui agit une particule de mati&#232;re qu'elle tenait pour son si&#232;ge et son origine, l'atome. Des esprits plus rigoureux nous ont enfin appris &#224; nous passer de ce reliquat de mati&#232;re, et peut-&#234;tre un jour les logiciens s'habitueront-ils eux aussi &#224; se passer de ce &#171; quelque chose &#187;, auquel s'est r&#233;duit le respectable &#171; je &#187; du pass&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nietzsche, &lt;strong&gt;Par-del&#224; bien et mal&lt;/strong&gt;, &#167;17&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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