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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>La volont&#233; bonne</title>
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		<dc:creator>Kant, Emmanuel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;De tout ce qu'il est possible de concevoir dans le monde, et m&#234;me en g&#233;n&#233;ral hors du monde, il n'est rien qui puisse sans restriction &#234;tre tenu pour bon, si ce n'est seulement une volont&#233; BONNE. L'intelligence, la finesse, la facult&#233; de juger, et les autres talents de l'esprit, de quelque nom qu'on les d&#233;signe, ou bien le courage, la d&#233;cision, la pers&#233;v&#233;rance dans les desseins, comme qualit&#233;s du temp&#233;rament, sont sans aucun doute &#224; bien des &#233;gards choses bonnes et d&#233;sirables ; mais ces dons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Morale-" rel="directory"&gt;Morale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De tout ce qu'il est possible de concevoir dans le monde, et m&#234;me en g&#233;n&#233;ral hors du monde, il n'est rien qui puisse sans restriction &#234;tre tenu pour bon, si ce n'est seulement une volont&#233; BONNE. L'intelligence, la finesse, la facult&#233; de juger, et les autres talents de l'esprit, de quelque nom qu'on les d&#233;signe, ou bien le courage, la d&#233;cision, la pers&#233;v&#233;rance dans les desseins, comme qualit&#233;s du temp&#233;rament, sont sans aucun doute &#224; bien des &#233;gards choses bonnes et d&#233;sirables ; mais ces dons de la nature peuvent devenir aussi extr&#234;mement mauvais et funestes si la volont&#233; qui doit en faire usage, et dont les dispositions propres s'appellent pour cela caract&#232;re, n'est point bonne. Il en est de m&#234;me des dons de la fortune. Le pouvoir, la richesse, la consid&#233;ration, m&#234;me la sant&#233; ainsi que le bien-&#234;tre complet et le contentement de son &#233;tat, ce qu'on nomme le bonheur, engendrent une confiance en soi qui souvent aussi se convertit en pr&#233;somption, d&#232;s qu'il n'y a pas une volont&#233; bonne pour redresser et tourner vers des fins universelles l'influence que ces avantages ont sur l'&#226;me, et du m&#234;me coup tout le principe de l'action ; sans compter qu'un spectateur raisonnable et impartial ne saurait jamais &#233;prouver de satisfaction &#224; voir que tout r&#233;ussisse perp&#233;tuellement &#224; un &#234;tre que ne rel&#232;ve aucun trait de pure et bonne volont&#233;, et qu'ainsi la volont&#233; bonne para&#238;t constituer la condition indispensable m&#234;me de la dignit&#233; &#224; &#234;tre heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, bien plus, des qualit&#233;s qui sont favorables &#224; cette volont&#233; bonne m&#234;me et qui peuvent rendre son &#339;uvre beaucoup plus ais&#233;e, mais qui malgr&#233; cela n'ont pas de valeur interne et inconditionn&#233;e, et qui au contraire supposent toujours encore une volont&#233; bonne. C'est l&#224; une condition qui limite la haute estime qu'on leur t&#233;moigne du reste avec raison, et qui ne permet pas de les tenir pour bonnes absolument. La mod&#233;ration dans les affections et les passions, la ma&#238;trise de soi, la puissance de calme r&#233;flexion ne sont pas seulement bonnes &#224; beaucoup d'&#233;gards, mais elles paraissent constituer une partie m&#234;me de la valeur interne de la personne ; cependant il s'en faut de beaucoup qu'on puisse les consid&#233;rer comme bonnes sans restriction (malgr&#233; la valeur inconditionn&#233;e que leur ont conf&#233;r&#233;e les anciens). Car sans les principes d'une volont&#233; bonne elles peuvent devenir extr&#234;mement mauvaises ; le sang-froid d'un sc&#233;l&#233;rat ne le rend pas seulement beaucoup plus dangereux ; il le rend aussi imm&#233;diatement &#224; nos yeux plus d&#233;testable encore que nous ne l'eussions jug&#233; sans cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait que la volont&#233; bonne est telle, ce ne sont pas ses &#339;uvres ou ses succ&#232;s, ce n'est pas son aptitude &#224; atteindre tel ou tel but propos&#233;, c'est seulement le vouloir ; c'est-&#224;-dire que c'est en soi qu'elle est bonne ; et, consid&#233;r&#233;e en elle-m&#234;me, elle doit sans comparaison &#234;tre estim&#233;e bien sup&#233;rieure &#224; tout ce qui pourrait &#234;tre accompli par elle uniquement en faveur de quelque inclination et m&#234;me, si l'on veut, de la somme de toutes les inclinations. Alors m&#234;me que, par une particuli&#232;re d&#233;faveur du sort ou par l'avare dotation d'une nature mar&#226;tre, cette volont&#233; serait compl&#232;tement d&#233;pourvue du pouvoir de faire aboutir ses desseins ; alors m&#234;me que dans son plus grand effort elle ne r&#233;ussirait &#224; rien ; alors m&#234;me qu'il ne resterait que la volont&#233; bonne toute seule (&#233;videmment non comme un simple v&#339;u, mais comme l'appel &#224; tous les moyens dont nous pouvons disposer), elle n'en brillerait pas moins, ainsi qu'un joyau, de son &#233;clat &#224; elle, comme quelque chose qui a en soi sa valeur tout enti&#232;re. L'utilit&#233; ou l'inutilit&#233; ne peut en rien accro&#238;tre ou diminuer cette valeur. L'utilit&#233; ne serait en quelque sorte que la sertissure qui permet de mieux manier le joyau dans la circulation courante ou qui peut attirer sur lui l'attention de ceux qui ne s'y connaissent pas suffisamment, mais qui ne saurait avoir pour effet de le recommander aux connaisseurs ni d'en d&#233;terminer le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a n&#233;anmoins dans cette id&#233;e de la valeur absolue de la simple volont&#233;, dans cette fa&#231;on de l'estimer sans faire entrer aucune utilit&#233; en ligne de compte, quelque chose de si &#233;trange que, malgr&#233; m&#234;me l'accord complet qu'il y a entre elle et la raison commune, un soup&#231;on peut cependant s'&#233;veiller : peut-&#234;tre n'y a-t-il l&#224; au fond qu'une transcendante chim&#232;re, et peut-&#234;tre est-ce comprendre &#224; faux l'intention dans laquelle la nature a d&#233;l&#233;gu&#233; la raison au gouvernement de notre volont&#233;. Aussi allons-nous, de ce point de vue. mettre cette id&#233;e &#224; l'&#233;preuve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Emmanuel KANT, &lt;strong&gt;Fondements de la m&#233;taphysique des m&#339;urs&lt;/strong&gt;, trad.Delbos revue Alqui&#233;, Vrin, 1980, pp.55-58&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> le bonheur comme id&#233;al de l'imagination</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Miette-2-Kant-et-le-bonheur-comme-ideal-de-l-imagination</link>
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		<dc:date>2020-03-19T13:57:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Kant, Emmanuel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le bonheur est la satisfaction de tous nos penchants (aussi bien extensive, quant &#224; leur vari&#233;t&#233;, qu'intensive, quant au degr&#233;, et que protensive, quant &#224; la dur&#233;e). &#187; (E.Kant, Critique de la Raison pure, P.U.F., p.544) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si la vie poursuit une fin, si celle-ci est simplement appr&#233;ci&#233;e selon ce dont on jouit (selon la fin naturelle de la somme de tous les penchants, &#224; savoir le bonheur), il est facile d'en d&#233;cider. La r&#233;alit&#233; d'une telle fin est nulle [...]. Ce que l'homme entend par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Morale-" rel="directory"&gt;Morale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le bonheur est la satisfaction de tous nos penchants (aussi bien extensive, quant &#224; leur vari&#233;t&#233;, qu'intensive, quant au degr&#233;, et que protensive, quant &#224; la dur&#233;e). &#187; (E.Kant, &lt;i&gt;Critique de la Raison pure&lt;/i&gt;, P.U.F., p.544)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si la vie poursuit une fin, si celle-ci est simplement appr&#233;ci&#233;e selon ce dont on jouit (selon la fin naturelle de la somme de tous les penchants, &#224; savoir le bonheur), il est facile d'en d&#233;cider. La r&#233;alit&#233; d'une telle fin est nulle [...]. Ce que l'homme entend par bonheur, ce qui est en r&#233;alit&#233; sa fin naturelle derni&#232;re (et non la fin de la libert&#233;), ne pourra jamais &#234;tre atteint car sa nature n'est pas de telle sorte qu'elle puisse s'arr&#234;ter quelque part dans la possession et la jouissance, et en &#234;tre satisfaite... . C'est la culture qui est donc la seule fin derni&#232;re, que l'on doit placer &#224; l'origine de la nature pour ce qui concerne le genre humain. &#187; (Kant, &lt;i&gt; Critique de la facult&#233; de juger&lt;/i&gt;, &#167;83, note)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a (&#8230;) une fin que l'on peut supposer r&#233;elle chez tous les &#234;tres raisonnables (&#8230;), par cons&#233;quent un but qui n'est pas pour eux une simple possibilit&#233;, mais dont on peut certainement admettre que tous se le proposent effectivement en vertu d'une n&#233;cessit&#233; naturelle, et ce but est le bonheur. (&#8230;) On peut donner le nom de prudence, en prenant ce mot dans son sens le plus &#233;troit, &#224; l'habilet&#233; dans le choix des moyens qui nous conduisent &#224; notre plus grand bien-&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Le concept du bonheur est un concept si ind&#233;termin&#233;, que, malgr&#233; le d&#233;sir qu'a tout homme d'arriver &#224; &#234;tre heureux, personne ne peut jamais dire en termes pr&#233;cis et coh&#233;rents ce que v&#233;ritablement il d&#233;sire et il veut. La raison en est que tous les &#233;l&#233;ments qui font partie du concept du bonheur sont dans leur ensemble empiriques, c'est-&#224;-dire qu'ils doivent &#234;tre emprunt&#233;s &#224; l'exp&#233;rience, et que cependant pour l'id&#233;e du bonheur un tout absolu, un maximum de bien-&#234;tre dans mon &#233;tat pr&#233;sent et dans toute ma condition future, est n&#233;cessaire. Or il est impossible qu'un &#234;tre fini, si perspicace et en m&#234;me temps si puissant qu'on le suppose, se fasse un concept d&#233;termin&#233; de ce qu'il veut ici v&#233;ritablement. Veut-il la richesse ? Que de soucis, que d'envie, que de pi&#232;ges ne peut-il pas par l&#224; attirer sur sa t&#234;te ! Veut-il beaucoup de connaissances et de lumi&#232;res ? Peut-&#234;tre cela ne fera-t-il que lui donner un regard plus p&#233;n&#233;trant pour lui pr&#233;senter d'une mani&#232;re d'autant plus terrible les maux qui jusqu'&#224; pr&#233;sent se d&#233;robent encore &#224; sa vue et qui sont pourtant in&#233;vitables, ou bien que charger de plus de besoins encore ses d&#233;sirs qu'il a d&#233;j&#224; bien assez de peine &#224; satisfaire. Veut-il une longue vie ? Qui lui r&#233;pond que ce ne serait pas une longue souffrance ? Veut-il du moins la sant&#233; ? Que de fois l'indisposition du corps a d&#233;tourn&#233; d'exc&#232;s o&#249; aurait fait tomber une sant&#233; parfaite, etc. ! Bref, il est incapable de d&#233;terminer avec une enti&#232;re certitude d'apr&#232;s quelque principe ce qui le rendrait v&#233;ritablement heureux : pour cela il lui faudrait l'omniscience. On ne peut donc pas agir, pour &#234;tre heureux, d'apr&#232;s des principes d&#233;termin&#233;s, mais seulement d'apr&#232;s des conseils empiriques, qui recommandent, par exemple, un r&#233;gime s&#233;v&#232;re, l'&#233;conomie, la politesse, la r&#233;serve, etc., toutes choses qui, selon les enseignements de l'exp&#233;rience, contribuent en moyenne pour la plus grande part au bien-&#234;tre. Il suit de l&#224; que les imp&#233;ratifs de la prudence, &#224; parler exactement, ne peuvent commander en rien, c'est-&#224;-dire repr&#233;senter des actions d'une mani&#232;re objective comme pratiquement n&#233;cessaires, qu'il faut les tenir plut&#244;t pour des conseils (consilia) que pour des commandements (praecepta) de la raison ; le probl&#232;me qui consiste &#224; d&#233;terminer d'une fa&#231;on s&#251;re et g&#233;n&#233;rale quelle action peut favoriser le bonheur d'un &#234;tre raisonnable est un probl&#232;me tout &#224; fait insoluble ; il n'y a donc pas &#224; cet &#233;gard d'imp&#233;ratif qui puisse commander, au sens strict du mot, de faire ce qui rend heureux, parce que le bonheur est un id&#233;al, non de la raison, mais de l'imagination, fond&#233; uniquement sur des principes empiriques, dont on attendrait vainement qu'ils puissent d&#233;terminer une action par laquelle serait atteinte la totalit&#233; d'une s&#233;rie de cons&#233;quences en r&#233;alit&#233; infinie. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Kant, &lt;i&gt;Fondements de la M&#233;taphysique des m&#339;urs&lt;/i&gt;, Vrin, p87 et 90-91)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'homme existe comme fin en soi</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/L-homme-existe-comme-fin-en-soi</link>
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		<dc:date>2011-10-11T21:33:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Kant, Emmanuel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mais suppos&#233; qu'il y ait quelque chose dont l'existence en soi-m&#234;me ait une valeur absolue, quelque chose qui, comme fin en soi, pourrait &#234;tre un principe de lois d&#233;termin&#233;es, c'est alors en cela et en cela seulement que se trouverait le principe d'un imp&#233;ratif cat&#233;gorique possible, c'est-&#224;-dire d'une loi pratique. Or je dis : l'homme, et en g&#233;n&#233;ral tout &#234;tre raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle ou telle volont&#233; puisse user &#224; son gr&#233; ; dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Morale-" rel="directory"&gt;Morale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais suppos&#233; qu'il y ait quelque chose dont l'existence en soi-m&#234;me ait une valeur absolue, quelque chose qui, comme fin en soi, pourrait &#234;tre un principe de lois d&#233;termin&#233;es, c'est alors en cela et en cela seulement que se trouverait le principe d'un imp&#233;ratif cat&#233;gorique possible, c'est-&#224;-dire d'une loi pratique. Or je dis : l'homme, et en g&#233;n&#233;ral tout &#234;tre raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle ou telle volont&#233; puisse user &#224; son gr&#233; ; dans toutes ses actions, aussi bien dans celles qui le concernent lui-m&#234;me que dans celles qui concernent d'autres &#234;tres raisonnables, il doit toujours &#234;tre consid&#233;r&#233; en m&#234;me temps comme fin. Tous les objets des inclinations n'ont qu'une valeur conditionnelle ; car si les inclinations et les besoins qui en d&#233;rivent n'existaient pas, leur objet serait sans valeur.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais les inclinations m&#234;mes, comme sources du besoin, ont si peu une valeur absolue qui leur donne le droit d'&#234;tre d&#233;sir&#233;es pour elles-m&#234;mes, que, bien plut&#244;t, en &#234;tre pleinement affranchi doit &#234;tre le souhait universel de tout &#234;tre raisonnable. Ainsi la valeur de tous les objets &#224; acqu&#233;rir par notre action est toujours conditionnelle. Les &#234;tres dont l'existence d&#233;pend, &#224; vrai dire, non pas de notre volont&#233;, mais de la nature, n'ont cependant, quand ce sont des &#234;tres d&#233;pourvus de raison, qu'une valeur relative, celle de moyens, et voil&#224; pourquoi on les nomme des choses ; au contraire, les &#234;tres raisonnables sont appel&#233;s des personnes, parce que leur nature les d&#233;signe d&#233;j&#224; comme des fins en soi, c'est-&#224;-dire comme quelque chose qui ne peut pas &#234;tre employ&#233; simplement comme moyen, quelque chose qui par suite limite d'autant toute facult&#233; d'agir comme bon nous semble (et qui est un objet de respect).&lt;br class='autobr' /&gt; Ce ne sont donc pas l&#224; des fins simplement subjectives, dont l'existence, comme effet de notre action, a une valeur pour nous : ce sont des fins objectives, c'est-&#224;-dire des choses dont l'existence est une fin en soi-m&#234;me, et m&#234;me une fin telle qu'elle ne peut &#234;tre remplac&#233;e par aucune autre, au service de laquelle les fins objectives devraient se mettre, simplement comme moyens. Sans cela, en effet, on ne pourrait trouver jamais rien qui e&#251;t une valeur absolue. Mais si toute valeur &#233;tait conditionnelle, et par suite contingente, il serait compl&#232;tement impossible de trouver pour la raison un principe pratique supr&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt; Si donc il doit y avoir un principe pratique supr&#234;me, et au regard de la volont&#233; humaine un imp&#233;ratif cat&#233;gorique, il faut qu'il soit tel que, par la repr&#233;sentation de ce qui, &#233;tant une fin en soi, est n&#233;cessairement une fin pour tout homme, il constitue un principe objectif de la volont&#233;, que par cons&#233;quent il puisse servir de loi pratique universelle. Voici le fondement de ce principe : la nature raisonnable existe comme fin en soi. L'homme se repr&#233;sente n&#233;cessairement ainsi sa propre existence ; c'est donc en ce sens un principe subjectif d'actions humaines. Mais tout autre &#234;tre raisonnable se pr&#233;sente &#233;galement ainsi son existence, en cons&#233;quence du m&#234;me principe rationnel qui vaut aussi pour moi ; c'est donc en m&#234;me temps un principe objectif dont doivent pouvoir &#234;tre d&#233;duites, comme d'un principe pratique supr&#234;me, toutes les lois de la volont&#233;. L'imp&#233;ratif sera donc celui ci : Agis de telle sorte que tu traites l'humanit&#233; aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en m&#234;me temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;KANT, &lt;i&gt;Fondements de la M&#233;taphysique des moeurs&lt;/i&gt;, Deuxi&#232;me section&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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