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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>La &#034;stultitia&#034; chez S&#233;n&#232;que</title>
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&lt;p&gt;S&#233;n&#232;que, De la tranquillit&#233; de l'&#226;me &lt;br class='autobr' /&gt; S&#233;r&#233;nus expose son cas &#224; S&#233;n&#232;que (Prologue) : &#171; (&#8230;) Dans l'&#233;tat que je saisis le plus souvent en moi (pourquoi ne pas te dire la v&#233;rit&#233; comme on la dit &#224; un m&#233;decin ?), je ne suis ni franchement d&#233;livr&#233; de mes craintes et de mes haines d'antan, ni en butte &#224; ces passions ; la situation o&#249; je me trouve, sans &#234;tre la pire de toutes, est surtout g&#233;missante et chagrine ; je ne suis ni malade, ni bien portant (&#8230;). Cette faiblesse d'une &#226;me, h&#233;sitante entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Seneque-" rel="directory"&gt;S&#233;n&#232;que&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;S&#233;n&#232;que, &lt;i&gt;De la tranquillit&#233; de l'&#226;me&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;r&#233;nus expose son cas &#224; S&#233;n&#232;que (Prologue) :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) Dans l'&#233;tat que je saisis le plus souvent en moi (pourquoi ne pas te dire la v&#233;rit&#233; comme on la dit &#224; un m&#233;decin ?), je ne suis ni franchement d&#233;livr&#233; de mes craintes et de mes haines d'antan, ni en butte &#224; ces passions ; la situation o&#249; je me trouve, sans &#234;tre la pire de toutes, est surtout g&#233;missante et chagrine ; je ne suis ni malade, ni bien portant (&#8230;). Cette faiblesse d'une &#226;me, h&#233;sitante entre les deux partis, qui ne tend avec force ni au bien ni au mal, je ne puis te dire d'un coup en quoi elle consiste, je puis te la montrer en d&#233;tail. Je vais te dire les sympt&#244;mes et tu trouveras un nom &#224; la maladie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Suit une description, par S&#233;r&#233;nus, de ses &#171; sympt&#244;mes &#187; : il aime la simplicit&#233;, aussi bien dans ses v&#234;tements, dans sa nourriture, dans l'ameublement de sa maison. Et pourtant (Prologue, 9-18)&lt;/i&gt; : &#171; Moi qui sort d'un long s&#233;jour du c&#244;t&#233; de la sobri&#233;t&#233;, ce luxe avec tout son &#233;clat m'enveloppe et m'&#233;tourdit. Sa vue m'&#233;blouit quelque peu ; il m'est plus facile d'en supporter la pens&#233;e que d'y porter mes regards. Aussi je rentre chez moi non pas corrompu mais pr&#233;occup&#233; ; je ne m'avance plus d'une fa&#231;on aussi alti&#232;re au milieu de mes pauvres meubles ; une secr&#232;te morsure s'insinue en moi ; je me demande si ces belles choses ne valent pas mieux ; il n'en est aucune qui me transforme, il n'en est pourtant pas une qui ne m'&#233;branle (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi, si tu as quelque rem&#232;de pour arr&#234;ter ce flottement en moi, je te demande de croire que je m&#233;rite de te devoir la tranquillit&#233;. Ces mouvements de l'&#226;me ne sont pas vraiment dangereux et n'ont rien d'alarmant, je le sais bien. Pour t'exprimer par une image pr&#233;cise ce dont je me plains, je ne suis pas en butte &#224; la temp&#234;te, mais je souffre du mal de mer (&#8230;) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;n&#232;que d&#233;crit le mode de vie de S&#233;r&#233;nus (II, 6-7) :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tous sont dans le m&#234;me cas, ceux qui sont perp&#233;tuellement en proie aux sautes d'humeur et au d&#233;go&#251;t, qui changent continuellement de dessein, et qui pr&#233;f&#232;rent toujours ce qu'ils ont quitt&#233;, aussi bien que les engourdis et les indolents. Ajoutes-y ceux qui se tournent et se retournent comme les gens qui ont le sommeil difficile ; ils pressent une position, puis une autre, jusqu'&#224; ce que la fatigue leur fasse trouver le repos ; ils inaugurent successivement plusieurs genres de vie et ils s'installent finalement dans celui o&#249; les surprend non pas la r&#233;pugnance pour le changement mais la vieillesse, qui n'a plus l'&#233;nergie d'innover (&#8230;). Innombrables sont ces sympt&#244;mes ; mais ils ont un seul effet, c'est le m&#233;contentement de soi. Cela na&#238;t d'un d&#233;s&#233;quilibre de l'&#226;me, de d&#233;sirs timides et sans succ&#232;s, chez les gens qui n'osent pas ou qui n'obtiennent pas autant qu'ils d&#233;sirent ; se donnant tout entiers &#224; l'espoir, ils sont changeant et mobiles, comme il sied &#224; des esprits en &#233;quilibre instable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;n&#232;que r&#233;pond (II, 3-4) :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce que tu cherches, c'est une grande chose, une chose souveraine, toute proche de la divinit&#233;, c'est d'&#234;tre in&#233;branlable ; c'est cette assiette stable de l'&#226;me, appel&#233;e en grec euthymia (&#8230;). Et que j'appelle tranquillit&#233;. Nous allons donc chercher comment l'&#226;me peut avoir une d&#233;marche &#233;gale et avancer d'un cours heureux, comment elle peut s'accorder sa propre estime et envisager avec contentement tout ce qui lui appartient, comment elle peut &#233;prouver une joie ininterrompue et persister dans cet &#233;tat paisible, sans s'exalter ni se d&#233;primer : ce sera l&#224; la tranquillit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La vie heureuse s'&#233;tablit sur un jugement droit et s&#251;r.</title>
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		<dc:creator>S&#233;n&#232;que</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Voyez : Le d&#233;sir nous d&#233;tourne-t-il de ce qui existe ?. &lt;br class='autobr' /&gt; Vous voyez &#224; quel mis&#233;rable esclavage sera r&#233;duit l'homme que domineront tour &#224; tour les plaisirs et les douleurs, ces ma&#238;tres les plus capricieux et les plus absolus. Il faut donc s'&#233;lancer vers la libert&#233; ; on ne la trouve que dans l'indiff&#233;rence pour la fortune. Alors na&#238;tra cet inestimable bien, le calme de l'esprit plac&#233; dans un asile s&#251;r et sa haute &#233;l&#233;vation. Quand les terreurs seront bannies, la connaissance du vrai procurera (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Seneque-" rel="directory"&gt;S&#233;n&#232;que&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voyez : &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/Le-desir-nous-detourne-t-il-de-ce' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le d&#233;sir nous d&#233;tourne-t-il de ce qui existe ?&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous voyez &#224; quel mis&#233;rable esclavage sera r&#233;duit l'homme que domineront tour &#224; tour les plaisirs et les douleurs, ces ma&#238;tres les plus capricieux et les plus absolus. Il faut donc s'&#233;lancer vers la libert&#233; ; on ne la trouve que dans l'indiff&#233;rence pour la fortune. Alors na&#238;tra cet inestimable bien, le calme de l'esprit plac&#233; dans un asile s&#251;r et sa haute &#233;l&#233;vation. Quand les terreurs seront bannies, la connaissance du vrai procurera une satisfaction grande et stable, la bienveillance et l'&#233;panouissement de l'&#226;me, jouissances qui pour le sage ne seront pas des biens, mais des produits de son bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Je puis ajouter que l'homme heureux est celui qui, gr&#226;ce &#224; la raison, ne d&#233;sire et ne craint rien. Les pierres et les b&#234;tes sont &#224; l'abri de la crainte et de la tristesse ; ce n'est pas n&#233;anmoins un motif pour appeler heureux des &#234;tres qui n'ont pas l'intelligence du bonheur. Dites-en autant des hommes qui ont raval&#233; au rang de b&#234;tes et de brutes une nature d&#233;grad&#233;e et l'ignorance de soi-m&#234;me. Point de diff&#233;rence entre les premiers et ces derni&#232;res. Celles-ci n'ont pas de raison, tandis que chez ceux-l&#224; elle est d&#233;prav&#233;e, ing&#233;nieuse &#224; leur nuire et &#224; les jeter dans l'erreur. Nul ne saurait &#234;tre appel&#233; heureux s'il est jet&#233; hors de la v&#233;rit&#233;. La vie heureuse est donc celle qui s'&#233;tablit sur un jugement droit et s&#251;r, celle qui est immuable. L'esprit est pur et d&#233;livr&#233; de tout mal quand il a &#233;chapp&#233; non seulement aux d&#233;chirures, mais m&#234;me aux moindres atteintes ; il se tiendra toujours au point o&#249; il s'est arr&#234;t&#233;, et d&#233;fendra son poste contre le courroux et les attaques de la fortune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;S&#233;n&#232;que, &lt;i&gt;De la vie heureuse&lt;/i&gt;, trad. d'un professeur de philosophie, 1883,&lt;br class='autobr' /&gt;
Librio, 2005, p. 18-19.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Se d&#233;plaire &#224; soi-m&#234;me.</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Se-deplaire-a-soi-meme</link>
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		<dc:date>2005-12-04T19:29:35Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;n&#232;que</dc:creator>



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&lt;p&gt;Vous comparer la position de S&#233;n&#232;que avec d'autres ici : Le d&#233;sir nous d&#233;tourne-t-il de ce qui existe ?. &lt;br class='autobr' /&gt; Le vice est infini dans ses vari&#233;t&#233;s, mais uniforme en son r&#233;sultat, qui consiste &#224; se d&#233;plaire &#224; soi-m&#234;me. Cela na&#238;t de la mauvaise direction de l'&#226;me, et des d&#233;sirs qu'elle forme avec irr&#233;solution ou sans succ&#232;s ; car, ou l'on n'ose pas tout ce que l'on voudrait, ou on l'ose sans r&#233;ussir ; et toujours l'on se trouve sous l'empire d'esp&#233;rances trompeuses et mobiles ; &#233;tat f&#226;cheux, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Seneque-" rel="directory"&gt;S&#233;n&#232;que&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vous comparer la position de S&#233;n&#232;que avec d'autres ici :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='http://www.caute.lautre.net/Le-desir-nous-detourne-t-il-de-ce' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le d&#233;sir nous d&#233;tourne-t-il de ce qui existe ?&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le vice est infini dans ses vari&#233;t&#233;s, mais uniforme en son r&#233;sultat, qui consiste &#224; se d&#233;plaire &#224; soi-m&#234;me. Cela na&#238;t de la mauvaise direction de l'&#226;me, et des d&#233;sirs qu'elle forme avec irr&#233;solution ou sans succ&#232;s ; car, ou l'on n'ose pas tout ce que l'on voudrait, ou on l'ose sans r&#233;ussir ; et toujours l'on se trouve sous l'empire d'esp&#233;rances trompeuses et mobiles ; &#233;tat f&#226;cheux, mais in&#233;vitable d'une &#226;me qui ne con&#231;oit que des d&#233;sirs vagues, ind&#233;termin&#233;s. Toute la vie de certains hommes se passe dans une &#233;ternelle ind&#233;cision ; ils s'instruisent et se forcent &#224; des actions honteuses et p&#233;nibles ; et quand leur effort ne trouve point sa r&#233;compense, ils regrettent, avec amertume, un d&#233;shonneur sans profit ; ils ne sont pas f&#226;ch&#233;s d'avoir voulu le mal, mais de l'avoir voulu en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ils se trouvent partag&#233;s entre le repentir d'avoir commenc&#233; et la crainte de recommencer. &#201;galement incapables d'ob&#233;ir ou de commander &#224; leurs d&#233;sirs, ils se voient en butte &#224; l'agitation d'un esprit engag&#233; dans un d&#233;dale sans issue, &#224; l'embarras d'une vie arr&#234;t&#233;e, pour ainsi dire, dans son cours, et &#224; la honteuse langueur d'une &#226;me tromp&#233;e dans tous ses v&#339;ux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces sympt&#244;mes s'aggravent encore lorsque le d&#233;pit d'un malheur, si p&#233;niblement achet&#233;, les jette dans le repos et dans les studieux loisirs de la retraite, qui sont incompatibles avec un esprit pr&#233;occup&#233; des affaires publiques, tourment&#233; du besoin d'agir, inquiet par sa nature, et qui ne peut trouver en lui-m&#234;me aucune consolation. De sorte que, se voyant priv&#233; des distractions que les affaires m&#234;mes procurent aux gens occup&#233;s, on ne peut supporter sa maison, sa solitude, son int&#233;rieur ; et l'&#226;me, livr&#233;e &#224; elle-m&#234;me, ne peut s'envisager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; cet ennui, ce m&#233;contentement de soi-m&#234;me, cette agitation d'une &#226;me qui ne se repose sur rien, enfin la tristesse et cette inqui&#232;te impatience de l'inaction ; et comme on n'ose avouer la cause de son mal, la honte fait refluer ces angoisses dans l'int&#233;rieur de l'&#226;me ; et les d&#233;sirs, renferm&#233;s &#224; l'&#233;troit dans un lieu sans issue, se livrent d'affreux combats. De l&#224; la m&#233;lancolie, les langueurs et les mille fluctuations d'une &#226;me ind&#233;cise, toujours en doute de ce qu'elle va faire, et m&#233;contente de ce qu'elle a fait ; de l&#224; cette malheureuse disposition &#224; maudire son repos, &#224; se plaindre de n'avoir rien &#224; faire ; de l&#224; cette jalousie ennemie jur&#233;e des succ&#232;s d'autrui. En effet, l'aliment le plus actif de l'envie est l'oisivet&#233; m&#233;contente ; l'on voudrait voir tout le monde tomber parce qu'on n'a pu s'&#233;lever.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;S&#233;n&#232;que, &lt;i&gt;De la tranquillit&#233; de l'&#226;me&lt;/i&gt;, trad. Charpentier et Lemaistre, 1860 (Librio, 2005, pp. 57-58).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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