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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Le jugement esth&#233;tique (Kant)</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Le-jugement-esthetique-Kant</link>
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		<dc:date>2006-06-04T18:56:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Derrien</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Kant s'efforce de montrer la sp&#233;cificit&#233; du jugement esth&#233;tique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cela, il faut le distinguer d'autres jugements : &lt;br class='autobr' /&gt;
1) le jugement portant sur l'AGR&#201;ABLE 2) le jugement portant sur l'UTILE 3) le jugement portant le BIEN 4) le jugement portant sur le VRAI L'examen de la sp&#233;cificit&#233; du jugement sur le Beau nous conduit &#224; 4 paradoxes, &#233;nonc&#233;s par Kant. &lt;br class='autobr' /&gt;
A. Une satisfaction d&#233;sint&#233;ress&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#339;uvre d'art apporte une satisfaction, presqu'un &#034;plaisir&#034;, mais cette satisfaction ne d&#233;pend pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Juger-" rel="directory"&gt;Juger&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Kant s'efforce de montrer la sp&#233;cificit&#233; du jugement esth&#233;tique.&lt;br /&gt;
Pour cela, il faut le distinguer d'autres jugements : &lt;br /&gt;
1) le jugement portant sur l'AGR&#201;ABLE&lt;BR /&gt;
2) le jugement portant sur l'UTILE&lt;BR /&gt;
3) le jugement portant le BIEN&lt;BR /&gt;
4) le jugement portant sur le VRAI&lt;BR /&gt;
L'examen de la sp&#233;cificit&#233; du jugement sur le Beau nous conduit &#224; 4 paradoxes, &#233;nonc&#233;s par Kant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A. Une satisfaction d&#233;sint&#233;ress&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre d'art apporte une satisfaction, presqu'un &#034;plaisir&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut distinguer les plaisirs physiques (agr&#233;able) qui proviennent pour un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais cette satisfaction ne d&#233;pend pas de l'existence m&#234;me de l'objet.&lt;br /&gt;
Dans la contemplation d'une &#339;uvre d'art, on ne cherche pas &#224; s'approprier l'objet ; dans sa puret&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;dans sa puret&#233; : on isole l&#224; ce qui n'appartient qu'&#224; la perception (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle n'est pas d&#233;sir de l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on veut savoir si une chose est belle, on ne pr&#234;te pas attention &#224; son existence ou &#224; sa possession. Seuls comptent le pur spectacle de la chose et l'&#233;tat d'esprit qui l'accompagne. L'&#233;tat d'esprit qui est le n&#244;tre devant une chose jug&#233;e belle n'est pas celui du collectionneur d'objets d'art.&lt;br /&gt;
Le jugement esth&#233;tique est pur quand l'objet n'est pas d&#233;sir&#233;. Si on d&#233;finit l'int&#233;r&#234;t comme le fait Kant : &#171; la satisfaction que nous lions avec la repr&#233;sentation de l'existence de l'objet. Elle a donc toujours une relation avec la facult&#233; de d&#233;sirer, que celle-ci soit son principe d&#233;terminant, ou soit n&#233;cessairement li&#233; &#224; celui-ci. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. KANT, Critique de la facult&#233; de juger, Vrin, p. 50.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, alors on peut donner une premi&#232;re d&#233;finition du Beau :&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; Le go&#251;t est la facult&#233; de juger d'un objet ou d'un mode de repr&#233;sentation, &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;sans aucun int&#233;r&#234;t&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, par une satisfaction ou une insatisfaction. On appelle &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;beau&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; l'objet d'une telle satisfaction. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kant, Ibid., p.55&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Si la satisfaction &#233;prouv&#233;e devant un objet jug&#233; beau est ainsi d&#233;sint&#233;ress&#233;e, alors le Beau se distingue :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) de l'agr&#233;able&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voyez : Kant, L'agr&#233;able et le beau..&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Est agr&#233;able ce qui pla&#238;t aux sens dans la sensation. &#187;&lt;/strong&gt; Je ne peux pas &#233;prouver une sensation agr&#233;able si aucun objet ne m'est donn&#233; dans la perception. Donc le plaisir de la sensation d&#233;pend enti&#232;rement de l'existence de l'objet et tend, pour se prolonger, &#224; renouveler le contact avec l'objet. Je d&#233;sire l'existence sensible de l'objet que je trouve agr&#233;able, et je d&#233;sire l'utiliser pour mon agr&#233;ment. Dons ce qui m'est agr&#233;able me procure une satisfaction purement int&#233;ress&#233;e.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) de l'utile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est utile est utile &#224; quelque chose. L'utile est ce dont nous d&#233;sirons l'existence en vue d'une fin &#224; atteindre. Le jugement d'utilit&#233; est int&#233;ress&#233;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) du bien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est jug&#233; bon en soi ce qu'on d&#233;sire comme fin &#224; atteindre. L&#224; encore la satisfaction li&#233;e au bien est int&#233;ress&#233;e : elle d&#233;pend de la valeur m&#234;me de l'objet atteint.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;B. Une universalit&#233; sans concept.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
Un jugement de connaissance consiste &#224; subsumer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est-&#224;-dire penser un individu comme compris sous un concept, ou un fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; un individu sous un concept. Par exemple : &#171; le ciel est bleu &#187;. Un tel jugement est Vrai ou Faux, selon que l'individu est bien compris sous le concept ou non.&lt;br /&gt;
Or dans le jugement esth&#233;tique, on ne d&#233;tient pas le concept de l'objet jug&#233; beau, ni celui de la Beaut&#233;.&lt;br /&gt;
Pourtant il y a pr&#233;tention du jugement esth&#233;tique &#224; l'universalit&#233; : je cherche &#224; convaincre autrui de la justesse de mon jugement ; je cherche &#224; le faire comprendre.&lt;br /&gt;
Contrairement &#224; l'agr&#233;able qui n'est que subjectif et ne pr&#233;tend pas d&#233;passer cette subjectivit&#233;, le Beau lui se donne comme universel. Mais cette universalit&#233; n'a pas un fondement objectif ( &#224; la diff&#233;rence d'un jugement vrai), mais subjectif : un certain &#233;tat d'esprit du sujet, suppos&#233; universel.&lt;br /&gt;
&#192; la diff&#233;rence de l'objet agr&#233;able (ce qui ne se discute pas), l'&#339;uvre d'art ouvre un espace de dialogue.&lt;br /&gt;
D'o&#249; la deuxi&#232;me d&#233;finition qu'on peut donner :&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; Est &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;beau&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; ce qui pla&#238;t universellement sans concept. &#187;, ou encore : &#171; Le Beau est ce qui est repr&#233;sent&#233; sans concept comme objet d'une satisfaction universelle. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C. Une finalit&#233; sans fin.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
Un bel objet donne l'impression d'avoir &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; ou produit en fonction d'une intention. Mais ce qu'a voulu l'artiste, le spectateur n'en sait rien. Il ne d&#233;tient pas le concept de la chose qui a pr&#233;sid&#233; &#224; sa production. Le concept de l'objet reste inaccessible : on a sous les yeux un objet qu'on ne peut subsumer sous un concept donn&#233; pr&#233;alablement d'apr&#232;s lequel il aurait &#233;t&#233; produit. Ainsi, est beau ce qui appara&#238;t comme le r&#233;sultat d'un agencement de moyens, sans qu'il soit possible de pr&#233;ciser le but ou la fin vis&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rupture avec l'esth&#233;tique classique ( Cf. Platon) : le crit&#232;re classique de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la troisi&#232;me d&#233;finition :&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; La &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;beaut&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; est la forme de la &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;finalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; la causalit&#233; d'un concept par rapport &#224; son objet est la finalit&#233;. &#187; ( (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; d'un objet, en tant qu'elle est per&#231;ue en celui-ci sans &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;repr&#233;sentation d'une fin&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;De l&#224; la distinction &#224; &#233;tablir entre deux types de beaut&#233;s.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;a- La beaut&#233; &#034;adh&#233;rente&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose belle adh&#232;re &#224; son concept. Cette beaut&#233; correspond &#224; un jugement de perfection, &#224; la conception classique de la beaut&#233;. Un tel jugement est un jugement de connaissance, et non un pur jugement esth&#233;tique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Juger de la perfection d'un objet n'ajoute rien &#224; sa beaut&#233; ; de m&#234;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;b- La beaut&#233; &#034;libre&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#171; ne pr&#233;suppose aucun concept de ce que l'objet doit &#234;tre.&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kant, op. cit.,p.71&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Elle pla&#238;t par elle-m&#234;me, imm&#233;diatement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que la beaut&#233; adh&#233;rente suppose qu'on passe (m&#233;diation ) par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sans qu'il soit possible de lui attribuer une signification ou une finalit&#233; quelconque. Je n'ai pas, avant la rencontre avec l'&#339;uvre, le concept de ce qu'elle doit &#234;tre.&lt;br /&gt;
La beaut&#233; libre l'est en deux sens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a- Elle est ind&#233;pendante de toute signification, de tout concept. Elle &#233;chappe &#224; la d&#233;finition : la richesse de sens de l'&#339;uvre d&#233;passe toute d&#233;finition ext&#233;rieure. L'entendement qui cherche &#224; d&#233;terminer un concept auquel l'&#339;uvre corresponde est toujours d&#233;pass&#233; par l'imagination qui pr&#233;sente l'&#339;uvre. La beaut&#233; est l'ind&#233;finissable, l'ind&#233;termin&#233;.&lt;br /&gt;
b- La Beaut&#233; est la condition de la libert&#233; de l'esprit : elle a sa place dans le jeu - sans les concepts, entre les concepts et avec eux . Elle favorise la libert&#233; du jeu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeu : 1) gratuit&#233; du jeu (( utilit&#233; ) 2) jeu comme mouvement r&#233;gulier d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'esprit. Elle n'est pas, comme la V&#233;rit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;adequatio rei et intellectus&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, attach&#233;e au concept.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D. Une satisfaction n&#233;cessaire, mais sans concept&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
Au fond, on ne comprend pas qu'autrui puisse ne pas juger beau ce que nous jugeons tel. Mais on ne peut imposer notre jugement puisqu'on n'a pas le concept de la chose jug&#233;e belle. &lt;br /&gt;
D'o&#249; la quatri&#232;me d&#233;finition :&lt;br /&gt;
&#171; Est beau, ce qui est reconnu sans concept comme l'objet d'une satisfaction universelle. &#187;&lt;br /&gt;
Ce paradoxe est proche du second : Universalit&#233; et n&#233;cessit&#233; sont les caract&#233;ristiques des jugements de connaissance et des lois scientifiques et de la loi morale.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;E. Conclusion sur les paradoxes du jugements esth&#233;tique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
Le jugement esth&#233;tique n'est pas une esp&#232;ce de connaissance. Il en a la forme subjective (universalit&#233; et n&#233;cessit&#233;), mais sans la r&#233;f&#233;rence objective. Le jugement esth&#233;tique n'est pas une esp&#232;ce de d&#233;sir. Il en a la forme (satisfaction et finalit&#233;), mais sans les limites : int&#233;r&#234;t &#224; satisfaire et fin &#224; atteindre.&lt;br /&gt;
Ainsi, le paradoxe du jugement sur une &#339;uvre d'art, c'est qu'en lui, &lt;strong&gt;&#171; la satisfaction de chacun est &#233;nonc&#233;e comme r&#232;gle pour tout autre. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kant, op. cit., p.116&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
Il simule &#224; la fois l'objectivit&#233; de la connaissance et la subjectivit&#233; empirique ; il n'est pas d&#233;terminable par des raisons d&#233;monstratives, mais il ne se r&#233;duit pas au simple plaisir purement subjectif. En lui, la satisfaction se partage avec d'autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La moralit&#233; consiste au contraire &#224; soumettre la volont&#233; particuli&#232;re &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la contemplation de l'&#339;uvre, le spectateur s'ouvre &#224; un espace commun avec d'autres. L'&#339;uvre cr&#233;e les conditions d'une lutte contre la dispersion.&lt;br /&gt;
Mais dans la contemplation esth&#233;tique, il n'y a pas soumission &#224; une loi transcendante, mais recherche inachev&#233; d'un accord. Contrairement,&lt;br /&gt;
1) A la d&#233;marche scientifique dans laquelle l'esprit invente des lois auxquelles les ph&#233;nom&#232;nes doivent se soumettre,&lt;br /&gt;
2) A la morale dans laquelle la Raison impose sa loi &#224; la volont&#233;,&lt;br /&gt;
dans la contemplation esth&#233;tique, il y a rencontre avec un objet qui, parce qu'il est essentiellement mati&#232;re, ne peut se soumettre &#224; l'esprit, objet radicalement &#233;tranger auquel l'esprit tente d'imposer sa forme - c'est l&#224; l'humanit&#233; - mais sans pouvoir y parvenir.&lt;br /&gt;
Et dans cette rencontre s'op&#232;re une autre rencontre, avec autrui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autrui, alter ego, et alter ego.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui n'est pas identification de deux volont&#233;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes dans une m&#234;me loi morale, ni identificarion de deux intelligences dans une connaissance, mais rencontre, dans un troisi&#232;me terme &#233;tranger.&lt;br /&gt;
L'&#233;tude de l'&#339;uvre d'art, qui en a montr&#233; l'essentielle dualit&#233;, &lt;br /&gt;
ni mati&#232;re ni forme, et donc c&#233;l&#233;bration de l'humain, ni corps ni esprit,&lt;br /&gt;
ni fantaisie pure, ni r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure frustrante,&lt;br /&gt;
ni simple concept, ni simple constat d'un plaisir subjectif qu'est le beau,&lt;br /&gt;
aura mis en valeur ce qui fait l'enjeu de son examen philosophique : la mise en valeur de sa paradoxalit&#233;. &lt;br /&gt;
A cette occasion, et pour conclure on pourra op&#233;rer un rapprochement entre l'&#339;uvre d'art et la personne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#339;uvre d'art ressemble &#224; la personne humaine.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut distinguer les plaisirs physiques (agr&#233;able) qui proviennent pour un sujet soit de certaines propri&#233;t&#233;s des corps per&#231;us par les sens externes (couleurs, sons, impressions tactiles, saveurs, odeurs), soit du corps propre (jeu libre des organes, plaisir sexuel,...), et les plaisirs moraux, dans lesquels les &#233;l&#233;ments d'ordre intellectuel, spirituel, social, sont pr&#233;dominants par rapport aux &#233;l&#233;ments sensibles et physiologiques, et r&#233;sultent le plus souvent d'une activit&#233; sup&#233;rieure de l'esprit qu s'&#233;l&#232;ve qu-dessus de lui-m&#234;me dans la mesure m&#234;me o&#249; il est actif. Par exemple le plaisir de la musique qui va de la participation compr&#233;hensive chez l'amateur ou l'ex&#233;cutant &#224; la cr&#233;ation chez le compositeur. Plut&#244;t que de plaisir, on pourra alors parler de JOIE : sentiment de totale satisfaction du sujet, de nature essentiellement morale. Le concept de joie sera repris dans l'examen des passions avec la distinction spinozienne d'affects passifs et actifs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;dans sa puret&#233;&lt;/i&gt; : on isole l&#224; ce qui n'appartient qu'&#224; la perception esth&#233;tique, &#224; son essence. Cela n'exclut pas que dans le fait, le jugement esth&#233;tique soit m&#234;l&#233; : &#233;couter de la musique est aussi agr&#233;able.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. KANT, &lt;i&gt;Critique de la facult&#233; de juger&lt;/i&gt;, Vrin, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kant, &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.55&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voyez : Kant, &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/L-agreable-et-le-beau' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'agr&#233;able et le beau.&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire penser un individu comme compris sous un concept, ou un fait comme l'application d'une loi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rupture avec l'esth&#233;tique classique ( Cf. Platon) : le crit&#232;re classique de perfection ( ach&#232;vement, ad&#233;quation de la chose et du concept ) est perdu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; la causalit&#233; d'un concept par rapport &#224; son objet est la finalit&#233;. &#187; ( Ibid., p.63 )&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Juger de la perfection d'un objet n'ajoute rien &#224; sa beaut&#233; ; de m&#234;me l'absence de perfection ne lui enl&#232;ve rien. L'&#339;uvre inachev&#233;e peut &#234;tre belle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kant, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;,p.71&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alors que la beaut&#233; adh&#233;rente suppose qu'on passe (m&#233;diation ) par le concept de la chose.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jeu : 1) gratuit&#233; du jeu (( utilit&#233; ) 2) jeu comme mouvement r&#233;gulier d'un m&#233;canisme ( le jeu du piston dans cylindre ) 3) jeu comme espace am&#233;nag&#233; entre deux pi&#232;ce pour leur permettre de se mouvoir librement 4) d&#233;faut de serrage entre deux pi&#232;ces d'un m&#233;canisme (avoir du jeu)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;adequatio rei et intellectus&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kant, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p.116&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La moralit&#233; consiste au contraire &#224; soumettre la volont&#233; particuli&#232;re &#224; l'universalit&#233; de la loi morale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Autrui, &lt;i&gt;alter&lt;/i&gt; ego, et alter &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href='http://www.caute.lautre.net/L-oeuvre-d-art-ressemble-a-la-personne-humaine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'&#339;uvre d'art ressemble &#224; la personne humaine&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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