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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Res gestae / Machinae</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Res-gestae-Machinae</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



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&lt;p&gt;Voir la fiche Sur la &#034;Fin de l'Histoire&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; On a beaucoup parl&#233;, ces derni&#232;res ann&#233;es, de la &#171; fin de l'histoire &#187;, et l'on a &#233;galement &#233;lev&#233; beaucoup d'objections contre les c&#233;l&#233;brations r&#233;actionnaires d'un ph&#233;nom&#232;ne suppos&#233; qui consid&#233;rerait le pr&#233;sent &#233;tat des choses comme &#233;ternel. Il est certainement vrai, n&#233;anmoins, que dans la modernit&#233;, le pouvoir du capital et de ses institutions de souverainet&#233; a poss&#233;d&#233; une solide emprise sur l'histoire et qu'il a exerc&#233; son contr&#244;le sur le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Fin-de-l-histoire-" rel="directory"&gt;Fin de l'histoire ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voir la fiche &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/Sur-la-Fin-de-l-Histoire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sur la &#034;Fin de l'Histoire&#034;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a beaucoup parl&#233;, ces derni&#232;res ann&#233;es, de la &#171; fin de l'histoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Francis Fukuyama, La Fin de l Histoire et le dernier homme, trad. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, et l'on a &#233;galement &#233;lev&#233; beaucoup d'objections contre les c&#233;l&#233;brations r&#233;actionnaires d'un ph&#233;nom&#232;ne suppos&#233; qui consid&#233;rerait le pr&#233;sent &#233;tat des choses comme &#233;ternel. Il est certainement vrai, n&#233;anmoins, que dans la modernit&#233;, le pouvoir du capital et de ses institutions de souverainet&#233; a poss&#233;d&#233; une solide emprise sur l'histoire et qu'il a exerc&#233; son contr&#244;le sur le processus historique. Les pouvoirs virtuels de la multitude, dans la postmodernit&#233;, marquent la fin de ce contr&#244;le et de ces institutions : cette &lt;i&gt;histoire-l&#224;&lt;/i&gt; est termin&#233;e. La direction capitaliste s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#234;tre une p&#233;riode transitoire. Et pourtant, si la t&#233;l&#233;ologie transcendante construite par la modernit&#233; capitaliste touche &#224; sa fin, comment la multitude peut-elle se d&#233;finir en substitution &#224; un &lt;i&gt;t&#233;los&lt;/i&gt; mat&#233;rialiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pourrons r&#233;pondre &#224; cette question qu'apr&#232;s avoir men&#233; une analyse ph&#233;nom&#233;nologique et historique du rapport entre virtualit&#233; et possibilit&#233;, c'est-&#224;-dire apr&#232;s avoir r&#233;pondu &#224; la question suivante : comment et quand la virtualit&#233; de la multitude d&#233;passe-t-elle la possibilit&#233; pour devenir r&#233;alit&#233; ? L'ontologie du possible est, en ce sens, le terrain central de l'analyse. Cette probl&#233;matique a &#233;t&#233; pos&#233;e par bien des auteurs, de Lukacs &#224; Benjamin, d'Adorno au dernier Wittgenstein, de Foucault &#224; Deleuze, et par presque tous ceux qui ont reconnu le cr&#233;puscule de la modernit&#233;. Dans tous ces cas, la question a &#233;t&#233; pos&#233;e contre d'&#233;normes obstacles m&#233;taphysiques ! Et l'on peut voir &#224; pr&#233;sent combien leurs r&#233;ponses ont &#233;t&#233; timides par rapport &#224; l'&#233;normit&#233; de la question. Ce qui est certain aujourd'hui, c'est que cette probl&#233;matique ne risque pas de r&#233;p&#233;ter les vieux mod&#232;les de la tradition m&#233;taphysique, m&#234;me les plus puissants. En fait, toute tradition m&#233;taphysique est aujourd'hui us&#233;e jusqu'&#224; la corde. S'il doit y avoir une solution au probl&#232;me, elle ne pourra &#234;tre que mat&#233;rielle et explosive. Alors que notre attention a d'abord &#233;t&#233; attir&#233;e sur l'intensit&#233; des &#233;l&#233;ments de virtualit&#233; qui constituaient la multitude, elle doit &#224; pr&#233;sent se concentrer sur l'hypoth&#232;se que ces virtualit&#233;s accumulent et atteignent un seuil de r&#233;alisation conforme &#224; leur pouvoir. Tel est le sens o&#249; nous parlons de l'intellect g&#233;n&#233;ral et de ses articulations dans la connaissance, l'affect et la coop&#233;ration ; et c'est aussi le sens o&#249; nous parlons des diverses formes de l'exode collectif de ces mouvements nomades de la multitude qui s'approprie l'espace et qui les renouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous traitons ici de deux passages. Le premier consiste dans le fait que la virtualit&#233; globalise le champ des &lt;i&gt;res gestae&lt;/i&gt;. La virtualit&#233; va de l'avant et d&#233;montre que la capacit&#233; de l'&lt;i&gt;historia rerum gestarum&lt;/i&gt; &#224; dominer les individualit&#233;s virtuelles actives a d&#233;finitivement expir&#233;. Celle-ci est l'&lt;i&gt;historia&lt;/i&gt; qui s'ach&#232;ve alors que les nouvelles virtualit&#233;s montent en puissance et se lib&#232;rent d'une existence investie par le capital h&#233;g&#233;monique et par ses institutions. Aujourd'hui, seules les &lt;i&gt;res gestae&lt;/i&gt; sont charg&#233;es de capacit&#233;s historiques, ou plut&#244;t il n'y a pas d'histoire, seulement de l'historicit&#233;. Le second passage consiste dans le fait que ces virtualit&#233;s singuli&#232;res deviennent aussi autovalorisantes en gagnant leur autonomie. Elles s'expriment comme machines d'innovation. Non seulement elles refusent d'&#234;tre domin&#233;es par les vieux syst&#232;mes de valeur et d'exploitation, mais elles cr&#233;ent r&#233;ellement leurs propres possibilit&#233;s irr&#233;ductibles. C'est l&#224; que se d&#233;finit le &lt;i&gt;t&#233;los&lt;/i&gt; mat&#233;rialiste, fond&#233; sur l'action des individualit&#233;s - une t&#233;l&#233;ologie qui est une r&#233;sultante des &lt;i&gt;res gestae&lt;/i&gt; et une figure de la logique machinique de la multitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;res gestae&lt;/i&gt; - les virtualit&#233;s singuli&#232;res qui op&#232;rent la connexion entre le possible et le r&#233;el - sont, dans le premier passage, hors mesure, et dans le second, au-del&#224; de la mesure. Ces virtualit&#233;s constituent la charni&#232;re entre possible et r&#233;el, et jouent les deux atouts : &#234;tre hors mesure en tant qu'arme destructrice (d&#233;constructrice en th&#233;orie et subversive en pratique) ; et &#234;tre au-del&#224; de la mesure en tant que pouvoir constituant. Le virtuel et le possible sont unis comme innovation irr&#233;ductible et machine r&#233;volutionnaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Francis Fukuyama, &lt;i&gt;La Fin de l Histoire et le dernier homme&lt;/i&gt;, trad. Denis-Armand Canal, Paris, Flammarion, 1992. (N.d.T)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Negri et Hardt, &lt;strong&gt;Empire&lt;/strong&gt;, pp.443-445.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Il n'y a plus d'ext&#233;rieur</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Il-n-y-a-plus-d-exterieur</link>
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		<dc:date>2006-10-31T00:10:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Negri, Toni</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Voir la fiche Sur la &#034;Fin de l'Histoire&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; Les domaines con&#231;us comme &#171; int&#233;rieur &#187; et &#171; ext&#233;rieur &#187;, et la relation entre eux, sont configur&#233;s diff&#233;remment dans une vari&#233;t&#233; de discours modernes. La configuration spatiale de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur, nous semble une caract&#233;ristique g&#233;n&#233;rale et fondamentale de la pens&#233;e moderne. Dans le passage du moderne au postmoderne et de l'imp&#233;rialisme &#224; l'Empire, il y a de moins en moins de distinction entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Fin-de-l-histoire-" rel="directory"&gt;Fin de l'histoire ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voir la fiche &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/Sur-la-Fin-de-l-Histoire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sur la &#034;Fin de l'Histoire&#034;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les domaines con&#231;us comme &#171; int&#233;rieur &#187; et &#171; ext&#233;rieur &#187;, et la relation entre eux, sont configur&#233;s diff&#233;remment dans une vari&#233;t&#233; de discours modernes. La configuration spatiale de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur, nous semble une caract&#233;ristique g&#233;n&#233;rale et fondamentale de la pens&#233;e moderne. Dans le passage du moderne au postmoderne et de l'imp&#233;rialisme &#224; l'Empire, il y a de moins en moins de distinction entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette transformation est particuli&#232;rement &#233;vidente lorsqu'elle est vue en termes de notion de souverainet&#233;. La souverainet&#233; moderne a g&#233;n&#233;ralement &#233;t&#233; con&#231;ue en termes de territoire (r&#233;el ou imagin&#233;) et de relation entre ce territoire et son ext&#233;rieur. Les premiers th&#233;oriciens sociaux modernes par exemple, de Hobbes &#224; Rousseau, entendaient l'ordre civil comme espace int&#233;rieur et limit&#233;, par opposition ou contraste avec l'ordre ext&#233;rieur de la nature. L'espace circonscrit de l'ordre civil - sa place - est d&#233;fini par sa s&#233;paration des espaces ext&#233;rieurs de la nature. De fa&#231;on analogue, les th&#233;oriciens de la psychologie moderne ont compris les pulsions, les passions, les instincts et l'inconscient m&#233;taphoriquement en termes spatiaux, comme un ext&#233;rieur &#224; l'esprit humain, une continuation de la nature, au profond de nous-m&#234;mes. La souverainet&#233; du Moi repose ici sur une relation dialectique entre l'ordre naturel des pulsions et l'ordre civil de la raison ou de la conscience. Enfin, les divers discours de l'anthropologie moderne sur les soci&#233;t&#233;s primitives fonctionnent comme l'ext&#233;rieur qui d&#233;finit les liens du monde civil. Dans tous ces contextes vari&#233;s, le processus de modernisation est l'int&#233;riorisation de l'ext&#233;rieur, c'est-&#224;-dire la &#171; civilisation &#187; de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde imp&#233;rial, cette dialectique de souverainet&#233; entre l'ordre civil et l'ordre naturel touche &#224; sa fin. C'est un des sens pr&#233;cis o&#249; le monde contemporain est postmoderne. Fredric Jameson nous dit ainsi : &#171; Le postmodernisme est ce que l'on a lorsque le processus de modernisation est achev&#233; et que la nature s'en est all&#233;e pour de bon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fredric Jameson, Postmodernism, or The Cultural Logic of Late Capitalism, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Nous avons &#233;videmment toujours des for&#234;ts, des criquets et des temp&#234;tes dans notre monde, et nous continuons &#224; comprendre nos &#226;mes comme mues par des instincts naturels et des passions ; mais nous n'avons plus de nature au sens o&#249; ces forces et ph&#233;nom&#232;nes ne sont plus compris comme ext&#233;rieurs, c'est-&#224;-dire qu'ils ne sont pas vus comme originaux et ind&#233;pendants des artifices de l'ordre civil. Dans un monde postmoderne, tous les ph&#233;nom&#232;nes et toutes les forces sont artificiels ou, comme pourraient le dire certains, partie de l'histoire. La dialectique moderne de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur a &#233;t&#233; remplac&#233;e par un jeu de degr&#233;s et d'intensit&#233;s, d'hybridation et d'artificialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ext&#233;rieur a &#233;galement d&#233;clin&#233; dans les termes d'une dialectique moderne passablement diff&#233;rente qui d&#233;finissait la relation entre public et priv&#233; dans la th&#233;orie politique lib&#233;rale. Les espaces publics de la soci&#233;t&#233; moderne - qui constituent le lieu de la politique lib&#233;rale - tendent &#224; dispara&#238;tre dans le monde postmoderne. Selon la tradition lib&#233;rale, l'individu moderne, chez lui dans ses espaces priv&#233;s, regarde le public comme son ext&#233;rieur. Celui-ci est par d&#233;finition l'espace propre &#224; la politique, o&#249; l'action de l'individu est expos&#233;e en pr&#233;sence des autres et o&#249; l'on cherche la reconnaissance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous pensons ici fondamentalement &#224; la notion du politique formul&#233;e par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toutefois, dans le processus de postmodernisation, ces espaces publics sont de plus en plus &#171; privatis&#233;s &#187;. Le paysage urbain passe du foyer moderne &#224; la place commune et de la rencontre du public aux espaces clos des rues pi&#233;tonni&#232;res, des autoroutes et des communaut&#233;s confin&#233;es. L'architecture et la planification de m&#233;galopoles comme Los Angeles et Sao Paulo tendent &#224; limiter les acc&#232;s et les interactions du public, de fa&#231;on &#224; &#233;viter les rencontres impr&#233;vues entre populations diff&#233;rentes, cr&#233;ant du m&#234;me coup des s&#233;ries d'int&#233;rieurs prot&#233;g&#233;s et d'espaces isol&#233;s. Inversement, nous voyons comment la banlieue de Paris est devenue une succession d'espaces amorphes et mal d&#233;finis qui favorisent l'isolement plut&#244;t que toute interaction ou communication. L'espace public a &#233;t&#233; privatis&#233; &#224; un degr&#233; tel qu'il est devenu absurde de comprendre l'organisation sociale dans les termes d'une dialectique entre espaces publics et espaces priv&#233;s, entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur. Le lieu de la politique lib&#233;rale moderne a disparu si bien que, dans cette perspective, notre soci&#233;t&#233; postmoderne et imp&#233;riale est caract&#233;ris&#233;e par un d&#233;ficit du politique. En effet, le lieu de la politique a &#233;t&#233; &#171; d&#233;-actualis&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, l'analyse faite par Guy Debord de la soci&#233;t&#233; du spectacle, plus de trente ans apr&#232;s son &#233;criture, semble toujours plus juste et plus pr&#233;gnante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Guy Debord, La Soci&#233;t&#233; du Spectacle, Paris, Buchet-Chastel, 1967.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la soci&#233;t&#233; imp&#233;riale, le spectacle est un lieu virtuel, ou plus pr&#233;cis&#233;ment un non-lieu de la politique. Le spectacle est &#224; la fois unifi&#233; et diffus, de telle fa&#231;on qu'il est impossible de distinguer l'int&#233;rieur de l'ext&#233;rieur, le naturel du social, le priv&#233; du public. La notion lib&#233;rale du public - le lieu ext&#233;rieur o&#249; nous agissons en pr&#233;sence des autres - a &#233;t&#233; &#224; la fois universalis&#233;e (puisque nous sommes en permanence sous le regard d'autrui, contr&#244;l&#233;s par les cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance omnipr&#233;sentes) et sublim&#233;e ou d&#233;r&#233;alis&#233;e dans les espaces virtuels du spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, il n'y a plus non plus d'ext&#233;rieur au sens militaire. Lorsque Francis Fukuyama proclame que l'&#233;volution historique contemporaine est d&#233;finie par &#171; la fin de l'histoire &#187;, il veut dire que l'&#232;re des grands conflits est termin&#233;e : le pouvoir souverain n'aura plus &#224; affronter son Autre ni son ext&#233;rieur, puisqu'il va progressivement &#233;tendre ses fronti&#232;res pour embrasser le monde entier comme son domaine propre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Francis Fukayama, La fin de l'histoire et le dernier homme, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'histoire des guerres imp&#233;rialistes, inter-imp&#233;rialistes et anti-imp&#233;rialistes est termin&#233;e. La fin de l'histoire a d&#233;bouch&#233; sur le r&#232;gne de la paix. Ou plut&#244;t, nous sommes entr&#233;s dans l'&#232;re des conflits secondaires et &#171; internes &#187;. Toute guerre imp&#233;riale est une guerre civile, une op&#233;ration de police - de Los Angeles &#224; Sarajevo en passant par Mogadiscio. En fait, la r&#233;partition des t&#226;ches entre les armes int&#233;rieures et ext&#233;rieures du pouvoir - entre arm&#233;e et police, entre CIA et FBI - est de plus en plus vague et ind&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre terminologie, la fin de l'histoire &#224; laquelle Fukuyama se r&#233;f&#232;re est la fin de la crise centrale de la modernit&#233;, le conflit coh&#233;rent et d&#233;finissant qui &#233;tait le fondement et la raison d'&#234;tre de la souverainet&#233; moderne. L'histoire s'est achev&#233;e pr&#233;cis&#233;ment et uniquement dans la mesure o&#249; elle est con&#231;ue en termes h&#233;g&#233;liens, c'est-&#224;-dire comme le mouvement d'une dialectique de contradictions, un jeu de n&#233;gations absolues et de subsomption. Les binarit&#233;s qui d&#233;finissaient le conflit moderne se sont estomp&#233;es ; l'Autre qui aurait pu d&#233;limiter un Moi souverain moderne s'est fragment&#233; dans l'indistinction et il n'y a plus d'ext&#233;rieur qui puisse limiter le lieu de la souverainet&#233;. L'ext&#233;rieur &#233;tait ce qui donnait sa coh&#233;rence &#224; la crise. Il est aujourd'hui de plus en plus difficile, pour les id&#233;ologues des &#201;tats-Unis, de nommer un seul ennemi unifi&#233; ; il semble plut&#244;t qu'il y ait partout de vagues ennemis secondaires. La fin de la crise de la modernit&#233; a donn&#233; naissance &#224; une prolif&#233;ration de petites crises mal d&#233;finies, ou si l'on pr&#233;f&#232;re &#224; une &#171; omni-crise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est utile de rappeler ici - et nous d&#233;velopperons ce point plus amplement dans la section III.1. - que le march&#233; capitaliste est une machine qui a toujours fonctionn&#233; contre toute division entre int&#233;rieur et ext&#233;rieur. Il est contrari&#233; par des barri&#232;res et des exclusions ; il s'efforce au contraire d'englober toujours davantage dans sa sph&#232;re. Le profit ne peut &#234;tre engendr&#233; que par le contact, l'engagement, l'&#233;change et le commerce. La r&#233;alisation du march&#233; mondial constituerait le point d'aboutissement de cette tendance. Sous sa forme id&#233;ale, il n'y a pas d'ext&#233;rieur au march&#233; mondial : le monde entier est son domaine. Nous pourrions ainsi utiliser la forme du march&#233; mondial comme mod&#232;le pour comprendre la souverainet&#233; imp&#233;riale. Peut-&#234;tre, tout comme Foucault reconnaissait le &lt;i&gt;panopticon&lt;/i&gt; carc&#233;ral comme le sch&#233;ma embl&#233;matique du pouvoir moderne, le march&#233; moderne pourrait-il servir ad&#233;quatement - m&#234;me si ce n'est pas une architecture, mais une anti-architecture - de sch&#233;ma au pouvoir imp&#233;rial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une excellente explication du concept de &#171; diagramme &#187; selon Foucault, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace r&#233;gl&#233; de la modernit&#233; construisait des &lt;i&gt;lieux&lt;/i&gt; qui &#233;taient continuellement engag&#233;s dans (et fond&#233;s sur) un jeu dialectique avec leurs ext&#233;rieurs. L'espace de la souverainet&#233; imp&#233;riale, au contraire, est lisse. Il pourrait para&#238;tre libre de divisions binaires et des lignes des fronti&#232;res modernes, mais il est en r&#233;alit&#233; quadrill&#233; par tant de lignes d'erreur qu'il appara&#238;t seulement comme un espace continu et uniforme. En ce sens, la crise de la modernit&#233;, clairement d&#233;finie, c&#232;de la place &#224; une &#171; omni-crise &#187; du monde imp&#233;rial. Dans cet espace lisse de l'Empire, il n'y pas de &lt;i&gt;lieu&lt;/i&gt; de pouvoir : celui-ci est &#224; la fois partout et nulle part. L'Empire est une &lt;i&gt;u-topia&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire un &lt;i&gt;non-lieu&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fredric Jameson, &lt;i&gt;Postmodernism, or The Cultural Logic of Late Capitalism&lt;/i&gt;, Durham, Duke University Press, 1991, p. IX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous pensons ici fondamentalement &#224; la notion du politique formul&#233;e par Hannah Arendt dans &lt;i&gt;Condition de l'homme moderne&lt;/i&gt;, trad. Georges Fradier, Paris, Calmann Levy, &#171; Agora &#187;, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Guy Debord, &lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; du Spectacle&lt;/i&gt;, Paris, Buchet-Chastel, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Francis Fukayama, &lt;i&gt;La fin de l'histoire et le dernier homme&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une excellente explication du concept de &#171; diagramme &#187; selon Foucault, Voir Gilles Deleuze, &lt;i&gt;Foucault&lt;/i&gt;, Minuit, 1968.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Negri et Hardt, &lt;strong&gt;Empire&lt;/strong&gt;, pp. 235-239&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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