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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>La philosophie sert &#224; attrister</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Deleuze, Gilles</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lorsque quelqu'un demande &#224; quoi sert la philosophie, la r&#233;ponse doit &#234;tre agressive, puisque la question se veut ironique et mordante. La philosophie ne sert pas &#224; l'&#201;tat ni &#224; l'&#201;glise, qui ont d'autres soucis. Elle ne sert aucune puissance &#233;tablie. La philosophie sert &#224; attrister. Une philosophie qui n'attriste personne et ne contrarie personne n'est pas une philosophie. Elle sert &#224; nuire &#224; la b&#234;tise, elle fait de la b&#234;tise quelque chose de honteux. Elle n'a pas d'autre usage que celui-ci (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Deleuze-" rel="directory"&gt;Deleuze&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque quelqu'un demande &#224; quoi sert la philosophie, la r&#233;ponse doit &#234;tre agressive, puisque la question se veut ironique et mordante. La philosophie ne sert pas &#224; l'&#201;tat ni &#224; l'&#201;glise, qui ont d'autres soucis. Elle ne sert aucune puissance &#233;tablie. La philosophie sert &#224; &lt;i&gt;attrister&lt;/i&gt;. Une philosophie qui n'attriste personne et ne contrarie personne n'est pas une philosophie. Elle sert &#224; nuire &#224; la b&#234;tise, elle fait de la b&#234;tise quelque chose de honteux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.caute.lautre.net/Nuire-a...&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle n'a pas d'autre usage que celui-ci : d&#233;noncer la bassesse de la pens&#233;e sous toutes ses formes. Y a-t-il une discipline, hors la philosophie, qui se propose la critique de toutes les mystifications, quels qu'en soient la source et le but ? D&#233;noncer toutes les fictions sans lesquelles les forces r&#233;actives ne l'emporteraient pas. D&#233;noncer dans la mystification ce m&#233;lange de bassesse et de b&#234;tise, qui forme aussi bien l'&#233;tonnante complicit&#233; des victimes et des auteurs. Faire enfin de la pens&#233;e quelque chose d'agressif, d'actif et d'affirmatif. Faire des hommes libres, c'est-&#224;-dire des hommes qui ne confondent pas les fins de la culture avec le profit de l'&#201;tat, de la morale ou de la religion. Combattre le ressentiment, la mauvaise conscience qui nous tiennent lieu de pens&#233;e. Vaincre le n&#233;gatif et ses faux prestiges. Qui a int&#233;r&#234;t &#224; cela, sauf la philosophie ? La philosophie comme critique nous dit le plus positif d'elle-m&#234;me : entreprise de d&#233;mystification. Et qu'on ne se h&#226;te pas de proclamer &#224; cet &#233;gard l'&#233;chec de la philosophie. Si grandes qu'elles soient,la b&#234;tise et la bassesse seraient encore plus grandes, si ne subsistait un peu de philosophie qui les emp&#234;che &#224; chaque &#233;poque d'aller aussi loin qu'elles voudraient... &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.caute.lautre.net/Nuire-a-la-betise&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;http://www.caute.lautre.net/Nuire-a...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Deleuze, &lt;i&gt;Nietzsche et la philosophie&lt;/i&gt;, pp. 120-121&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A chaque soci&#233;t&#233; correspond un type de machines</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/A-chaque-societe-correspond-un-type-de-machines</link>
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		<dc:date>2011-09-21T08:32:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Deleuze, Gilles</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il est facile de faire correspondre &#224; chaque soci&#233;t&#233; des types de machines, non pas que les machines soient d&#233;terminantes, mais parce qu'elles expriment les formes sociales capables de leur donner naissance et de s'en servir. Les vieilles soci&#233;t&#233;s de souverainet&#233; maniaient des machines simples, leviers, poulies, horloges ; mais les soci&#233;t&#233;s disciplinaires r&#233;centes avaient pour &#233;quipement des machines &#233;nerg&#233;tiques, avec le danger passif de l'entropie, et le danger actif du sabotage ; les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Deleuze-" rel="directory"&gt;Deleuze&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est facile de faire correspondre &#224; chaque soci&#233;t&#233; des types de machines, non pas que les machines soient d&#233;terminantes, mais parce qu'elles expriment les formes sociales capables de leur donner naissance et de s'en servir. Les vieilles soci&#233;t&#233;s de souverainet&#233; maniaient des machines simples, leviers, poulies, horloges ; mais les soci&#233;t&#233;s disciplinaires r&#233;centes avaient pour &#233;quipement des machines &#233;nerg&#233;tiques, avec le danger passif de l'entropie, et le danger actif du sabotage ; les soci&#233;t&#233;s de contr&#244;le op&#232;rent par machines de troisi&#232;me esp&#232;ce, machines informatiques et ordinateurs dont le danger passif est le brouillage, et l'actif, le piratage et l'introduction de virus. Ce n'est pas une &#233;volution technologique sans &#234;tre plus profond&#233;ment une mutation du capitalisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;G. Deleuze, &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/Post-scriptum-sur-les-societes-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Post-scriptum sur les soci&#233;t&#233;s de contr&#244;le&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autrui est l'expression d'un monde possible.</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Autrui-est-l-expression-d-un-monde-possible</link>
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		<dc:date>2007-12-02T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Deleuze, Gilles</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lisez, de Deleuze : La contradiction de l'amour ; et aussi l'article de St&#233;phane LL&#233;res, &#034;Autrui et l'image de la pens&#233;e chez Gilles Deleuze&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; Le premier effet d'autrui, c'est, autour de chaque objet que je per&#231;ois ou de chaque id&#233;e que je pense, l'organisation d'un monde marginal, d'un manchon, d'un fond, o&#249; d'autres objets, d'autres id&#233;es peuvent sortir suivant des lois de transition qui r&#232;glent le passage des uns aux autres. Je regarde un objet, puis je me d&#233;tourne, je le laisse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Deleuze-" rel="directory"&gt;Deleuze&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lisez, de Deleuze : &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/La-contradiction-de-l-amour' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La contradiction de l'amour&lt;/a&gt; ; et aussi l'article de St&#233;phane LL&#233;res, &lt;a href=&#034;http://multitudes.samizdat.net/spip.php?article2532&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Autrui et l'image de la pens&#233;e chez Gilles Deleuze&#034;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le premier effet d'autrui, c'est, autour de chaque objet que je per&#231;ois ou de chaque id&#233;e que je pense, l'organisation d'un monde marginal, d'un manchon, d'un fond, o&#249; d'autres objets, d'autres id&#233;es peuvent sortir suivant des lois de transition qui r&#232;glent le passage des uns aux autres. Je regarde un objet, puis je me d&#233;tourne, je le laisse rentrer dans le fond, en m&#234;me temps que sort du fond un nouvel objet de mon attention. Si ce nouvel objet ne me blesse pas, s'il ne vient pas me heurter avec la violence d'un projectile (comme lorsqu'on se cogne contre quelque chose qu'on n'a pas vu), c'est parce que le premier objet disposait de toute une marge o&#249; je sentais d&#233;j&#224; la pr&#233;existence des suivants, de tout un champ de virtualit&#233;s et de potentialit&#233;s que je savais d&#233;j&#224; capable de s'actualiser. Or un tel savoir ou sentiment de l'existence marginale n'est possible que par autrui. &#171; Autrui est pour nous un puissant facteur de distraction, non seulement parce qu'il nous d&#233;range sans cesse et nous arrache &#224; notre pens&#233;e intellectuelle, mais aussi parce que la seule possibilit&#233; de sa survenue jette une vague lueur sur un univers d'objets situ&#233;s en marge de notre attention, mais capable &#224; tout instant d'en devenir le centre. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique, Gallimard, folio, p. 36.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La partie de l'objet que je ne vois pas, je la pose en m&#234;me temps comme visible pour autrui ; si bien que, lorsque j'aurai fait le tour pour atteindre &#224; cette partie cach&#233;e, j'aurai rejoint autrui derri&#232;re l'objet pour en faire une totalisation pr&#233;visible. Et les objets derri&#232;re mon dos, je les sens qui bouclent et forment un monde, pr&#233;cis&#233;ment parce que visibles et vus par autrui. Et cette &lt;i&gt;profondeur &lt;/i&gt;pour moi, d'apr&#232;s laquelle les objets empi&#232;tent ou mordent les uns sur les autres ; et se cachent les uns derri&#232;re les autres, je la vis aussi comme &#233;tant une &lt;i&gt;largeur possible &lt;/i&gt;pour autrui, largeur o&#249; ils s'alignent et se pacifient (du point de vue d'une autre profondeur). Bref, autrui assure les marges et transitions dans le monde. Il est la douceur des contigu&#239;t&#233;s et des ressemblances. Il r&#232;gle les transformations de la forme et du fond, les variations de profondeur. Il emp&#234;che les assauts par-derri&#232;re. Il peuple le monde d'une rumeur bienveillante. Il fait que les choses se penchent les unes vers les autres, et de l'une &#224; l'autre trouvent des compl&#233;ments naturels. Quand on se plaint de la m&#233;chancet&#233; d'autrui, on oublie cette autre m&#233;chancet&#233; plus redoutable encore, celle qu'auraient les choses s'il n'y avait pas d'autrui. Il relativise le non-su, le non-per&#231;u ; car autrui pour moi introduit le signe du non-per&#231;u dans ce que je per&#231;ois, me d&#233;terminant &#224; saisir ce que je ne per&#231;ois pas comme perceptible pour autrui. En tous ces sens, c'est toujours par autrui que passe mon d&#233;sir, et que mon d&#233;sir re&#231;oit un objet. Je ne d&#233;sire rien qui ne soit vu, pens&#233;, poss&#233;d&#233; par un autrui possible. C'est l&#224; le fondement de mon d&#233;sir. C'est toujours autrui qui rabat mon d&#233;sir sur l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il quand autrui fait d&#233;faut dans la structure du monde ? Seule r&#232;gne la brutale opposition du soleil et de la terre, d'une lumi&#232;re insoutenable et d'un ab&#238;me obscur : &#171; la loi sommaire du tout ou rien &#187;. Le su et le non-su, le per&#231;u et le non-per&#231;u s'affrontent absolument, dans un combat sans nuances ; &#171; ma vision de l'&#238;le est r&#233;duite &#224; elle-m&#234;me, ce que je n'en vois pas est un inconnu absolu, partout o&#249; je ne suis pas actuellement r&#232;gne une nuit insondable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.54&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Monde cru et noir, sans potentialit&#233;s ni virtualit&#233;s : c'est la cat&#233;gorie du possible qui s'est &#233;croul&#233;e. Au lieu de formes relativement harmonieuses sortant d'un fond pour y rentrer suivant un ordre de l'espace et du temps, plus rien que des lignes abstraites, lumineuses et blessantes, plus rien qu'un sans-fond, rebelle et happant. Rien que des &#201;l&#233;ments. Le sans-fond et la ligne abstraite ont remplac&#233; le model&#233; et le fond. Tout est implacable. Ayant cess&#233; de se tendre et de se ployer les uns vers les autres, les objets se dressent mena&#231;ants ; nous d&#233;couvrons alors des m&#233;chancet&#233;s qui ne sont plus celles de l'homme. On dirait que chaque chose, ayant d&#233;pos&#233; son model&#233;, r&#233;duite &#224; ses lignes les plus dures, nous gifle ou nous frappe par-derri&#232;re. L'absence d'autrui, c'est quand on se cogne, et que nous est r&#233;v&#233;l&#233;e la vitesse stup&#233;fiante de nos gestes. (...) Il n'y a plus de transitions ; finie la douceur des contigu&#239;t&#233;s et des ressemblances qui nous permettaient d'habiter le monde. Plus rien ne subsiste que des profondeurs infranchissables, des distances et des diff&#233;rences absolues, ou bien au contraire d'insupportables r&#233;p&#233;titions, comme des longueurs exactement superpos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comparant les premiers effets de sa pr&#233;sence et ceux de son absence, nous pouvons dire ce qu'est autrui. Le tort des th&#233;ories philosophiques, c'est de le r&#233;duire tant&#244;t &#224; un objet particulier, tant&#244;t &#224; un autre sujet (et m&#234;me une conception comme celle de Sartre se contentait, dans &lt;i&gt;L'&#202;tre et le N&#233;ant, &lt;/i&gt;de r&#233;unir les deux d&#233;terminations, faisant d'autrui un objet sous mon regard, quitte &#224; ce qu'il me regarde &#224; son tour et me transforme en objet). Mais autrui n'est ni un objet dans le champ de ma perception ni un sujet qui me. Per&#231;oit : c'est d'abord une structure du champ perceptif, sans laquelle ce champ dans son ensemble ne fonctionnerait pas comme il le fait. Que cette structure soit effectu&#233;e par des personnages r&#233;els, par des sujets variables, moi pour vous, et vous pour moi, n'emp&#234;che pas qu'elle pr&#233;existe, comme condition d'organisation en g&#233;n&#233;ral, aux termes qui l'actualisent dans chaque champ perceptif organis&#233; - le v&#244;tre, le mien. Ainsi &lt;i&gt;Autrui-a priori &lt;/i&gt;comme structure absolue fonde la relativit&#233; des autruis comme termes effectuant la structure dans chaque champ. Mais quelle est cette structure ? C'est celle du possible. Un visage effray&#233;, c'est l'expression d'un monde possible effrayant, ou de quelque chose d'effrayant dans le monde, que je ne vois pas encore. Comprenons que le possible n'est pas ici une cat&#233;gorie abstraite d&#233;signant quelque chose qui n'existe pas : le monde possible exprim&#233; existe parfaitement, mais il n'existe pas (actuellement) hors de ce qui l'exprime. Le visage terrifi&#233; ne ressemble pas &#224; la chose terrifiante, il l'implique, il l'enveloppe comme quelque chose d'autre, dans une sorte de torsion qui met l'exprim&#233; dans l'exprimant. Quand je saisis &#224; mon tour et pour mon compte la r&#233;alit&#233; de ce qu'autrui exprimait, je ne fais rien qu'expliquer autrui, d&#233;velopper et r&#233;aliser le monde possible correspondant. Il est vrai qu'autrui donne d&#233;j&#224; une certaine r&#233;alit&#233; aux possibles qu'il enveloppe : en parlant, pr&#233;cis&#233;ment. Autrui, c'est l'existence du possible envelopp&#233;. Le langage, c'est la r&#233;alit&#233; du possible en tant que tel. Le moi, c'est le d&#233;veloppement, l'explication des possibles, leur processus de r&#233;alisation dans l'actuel. D'Albertine aper&#231;ue, Proust dit qu'elle enveloppe ou exprime la plage et le d&#233;ferlement des flots : &#171; Si elle m'avait vu, qu'avais-je pu lui repr&#233;senter ? Du sein de quel univers me distinguait-elle ? &#187; L'amour ; la jalousie seront la tentative de d&#233;velopper, de d&#233;plier ce monde possible nomm&#233; Albertine. Bref, autrui comme structure, c'est &lt;i&gt;l'expression d'un monde possible, &lt;/i&gt;c'est l'exprim&#233; saisi comme n'existant pas encore hors de ce qui l'exprime.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique, Gallimard, folio, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p.54&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;G. Deleuze, &#171; Michel Tournier et le monde sans autrui &#187;,&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Logique du sens&lt;/strong&gt;, Minuit, 1969, pp.354-357.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Morale, ou Ethique ?</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Morale-ou-Ethique</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.caute.lautre.net/Morale-ou-Ethique</guid>
		<dc:date>2007-12-01T08:43:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Deleuze, Gilles</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Voil&#224; donc que l'&#201;thique, c'est-&#224;-dire une typologie des modes d'existence immanents, remplace la Morale, qui rapporte toujours l'existence &#224; des valeurs transcendantes. La morale, c'est le jugement de Dieu, le syst&#232;me du Jugement. Mais l'&#201;thique renverse le syst&#232;me du jugement. A l'opposition des valeurs (Bien-Mal), se substitue la diff&#233;rence qualitative des modes d'existence (bon-mauvais). L'illusion des valeurs ne fait qu'un avec l'illusion de la conscience : parce que la conscience est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Deleuze-" rel="directory"&gt;Deleuze&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Voil&#224; donc que l'&#201;thique, c'est-&#224;-dire une typologie des modes d'existence immanents, remplace la Morale, qui rapporte toujours l'existence &#224; des valeurs transcendantes. La morale, c'est le jugement de Dieu, le &lt;i&gt;syst&#232;me du Jugement. &lt;/i&gt;Mais l'&#201;thique renverse le syst&#232;me du jugement. A l'opposition des valeurs (Bien-Mal), se substitue la diff&#233;rence qualitative des modes d'existence (bon-mauvais). L'illusion des valeurs ne fait qu'un avec l'illusion de la conscience : parce que la conscience est essentiellement ignorante, parce qu'elle ignore l'ordre des causes et des lois, des rapports et de leurs compositions, parce qu'elle se contente d'en attendre et d'en recueillir l'effet, elle m&#233;conna&#238;t toute la Nature. Or il suffit de ne pas comprendre pour moraliser. Il est clair qu'une loi, d&#232;s que nous ne la comprenons pas, nous appara&#238;t sous l'esp&#232;ce morale d'un &#171; Il faut &#187;. Si nous ne comprenons pas la r&#232;gle de trois, nous l'appliquons, nous l'observons comme un devoir. Si Adam ne comprend pas la r&#232;gle du rapport de son corps avec le fruit, il entend la parole de Dieu comme une d&#233;fense. Bien plus, la forme confuse de la loi morale a tellement compromis la loi de nature que le philosophe ne doit pas parler de loi de nature, mais seulement de v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles : &#171; C'est par analogie que le mot de loi se voit appliqu&#233; aux choses naturelles, et commun&#233;ment, par loi, on n'entend pas autre chose qu'un commandement... .&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, Trait&#233; th&#233;ologico-politique, chap.4&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Comme dit Nietzsche &#224; propos de la chimie, c'est-&#224;-dire de la science des antidotes et des poisons, il faut se garder du mot loi, il a un arri&#232;re-go&#251;t moral. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, &lt;i&gt;Trait&#233; th&#233;ologico-politique&lt;/i&gt;, chap.4&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Gilles Deleuze, &lt;i&gt;Spinoza, philosophie pratique&lt;/i&gt;, pp.35-36&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La contradiction de l'amour</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/La-contradiction-de-l-amour</link>
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		<dc:date>2005-09-12T14:30:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Deleuze, Gilles</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lisez aussi : Autrui est l'expression d'un monde possible.. &lt;br class='autobr' /&gt; Devenir amoureux, c'est individualiser quelqu'un par les signes qu'il porte ou qu'il &#233;met. C'est devenir sensible &#224; ces signes, en faire l'apprentissage (...). Il se peut que l'amiti&#233; se nourrisse d'observation et de conversation, mais l'amour na&#238;t et se nourrit d'interpr&#233;tation silencieuse. L'&#234;tre aim&#233; appara&#238;t comme un signe, une &#171; &#226;me &#187;, il exprime un monde possible inconnu de nous. L'aim&#233; implique, enveloppe, emprisonne un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Deleuze-" rel="directory"&gt;Deleuze&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lisez aussi : &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/Autrui-est-l-expression-d-un-monde-possible' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Autrui est l'expression d'un monde possible.&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Devenir amoureux, c'est individualiser quelqu'un par les signes qu'il porte ou qu'il &#233;met. C'est devenir sensible &#224; ces signes, en faire l'apprentissage (...). Il se peut que l'amiti&#233; se nourrisse d'observation et de conversation, mais l'amour na&#238;t et se nourrit d'interpr&#233;tation silencieuse. L'&#234;tre aim&#233; appara&#238;t comme un signe, une &#171; &#226;me &#187;, il exprime un monde possible inconnu de nous. L'aim&#233; implique, enveloppe, emprisonne un monde, qu'il faut d&#233;chiffrer, c'est-&#224;-dire interpr&#233;ter. Il s'agit m&#234;me d'une pluralit&#233; de mondes ; le pluralisme de l'amour ne concerne pas seulement la multiplicit&#233; des &#234;tres aim&#233;s, mais la multiplicit&#233; des &#226;mes ou des mondes en chacun d'eux. Aimer, c'est chercher &#224; expliquer, &#224; d&#233;velopper ces mondes inconnus qui restent envelopp&#233;s dans l'aim&#233;. C'est pourquoi il nous est si facile de tomber amoureux de femmes qui ne sont pas de notre &#171; monde &#187;, ni m&#234;me de notre type. C'est pourquoi aussi les femmes aim&#233;es sont souvent li&#233;es &#224; des paysages, que nous connaissons assez pour souhaiter leur reflet dans les yeux d'une femme, mais qui se refl&#232;tent alors d'un point de vue si myst&#233;rieux que ce sont pour nous comme des pays inaccessibles, inconnus (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une contradiction de l'amour. Nous ne pouvons pas interpr&#233;ter les signes d'un &#234;tre aim&#233; sans d&#233;boucher dans ces mondes qui ne nous ont pas attendu pour se former, qui se form&#232;rent avec d'autres personnes, et o&#249; nous ne sommes d'abord qu'un objet parmi les autres. L'amant souhaite que l'aim&#233; lui consacre ses pr&#233;f&#233;rences, ses gestes et ses caresses. Mais les gestes de l'aim&#233;, au moment m&#234;me o&#249; ils s'adressent &#224; nous et nous sont d&#233;di&#233;s, expriment encore ce monde inconnu qui nous exclut. L'aim&#233; nous donne des signes de pr&#233;f&#233;rence ; mais comme ces signes sont les m&#234;mes que ceux qui expriment des mondes dont nous ne faisons pas partie, chaque pr&#233;f&#233;rence dont nous profitons dessine l'image du monde possible o&#249; d'autres seraient ou sont pr&#233;f&#233;r&#233;s. (...) La contradiction de l'amour consiste en ceci : les moyens sur lesquels nous comptons pour nous pr&#233;server de la jalousie sont les moyens m&#234;mes qui d&#233;veloppent cette jalousie, lui donnant une esp&#232;ce d'autonomie, d'ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de notre amour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Gilles DELEUZE, &lt;strong&gt;Proust et les signes&lt;/strong&gt;, P.U.F.,&#171; Quadrige &#187;, 2003, p. 14-15.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'opinion dans son essence est volont&#233; de majorit&#233;</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/L-opinion-dans-son-essence-est-volonte-de-majorite</link>
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		<dc:date>2004-09-06T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Deleuze, Gilles, Guattari, F&#233;lix</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce que l'opinion propose, c'est un certain rapport entre une perception ext&#233;rieure comme &#233;tat d'un sujet et une affection int&#233;rieure comme passage d'un &#233;tat &#224; un autre (exo et endo-r&#233;f&#233;rence). Nous d&#233;gageons une qualit&#233; suppos&#233;e commune &#224; plusieurs objets que nous percevons, et une affection suppos&#233;e commune &#224; plusieurs sujets qui l'&#233;prouvent et saisissent avec nous cette qualit&#233;. L'opinion est la r&#232;gle de correspondance de l'une &#224; l'autre, c'est une fonction ou une proposition dont les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Deleuze-" rel="directory"&gt;Deleuze&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce que &lt;i&gt;l'opinion&lt;/i&gt; propose, c'est un certain rapport entre une perception ext&#233;rieure comme &#233;tat d'un sujet et une affection int&#233;rieure comme passage d'un &#233;tat &#224; un autre (exo et endo-r&#233;f&#233;rence). Nous d&#233;gageons une qualit&#233; suppos&#233;e commune &#224; plusieurs objets que nous percevons, et une affection suppos&#233;e commune &#224; plusieurs sujets qui l'&#233;prouvent et saisissent avec nous cette qualit&#233;. L'opinion est la r&#232;gle de correspondance de l'une &#224; l'autre, &lt;i&gt;c'est une fonction ou une proposition dont les arguments sont des perceptions et des affections&lt;/i&gt;, en ce sens fonction du v&#233;cu. Par exemple, nous saisissons une qualit&#233; perceptive commune aux chats, ou aux chiens, et un certain sentiment qui nous fait aimer, ou ha&#239;r, les uns, ou les autres : pour un groupe d'objets, on peut extraire beaucoup de qualit&#233;s diverses, et former beaucoup de groupes de sujets tr&#232;s diff&#233;rents, attractifs ou r&#233;pulsifs (&#171; soci&#233;t&#233; &#187; de ceux qui aiment les chats, ou de ceux qui les d&#233;testent...), si bien que les opinions sont essentiellement l'objet d'une lutte ou d'un &#233;change. C'est la conception populaire d&#233;mocratique occidentale de la philosophie, o&#249; celle-ci se propose de fournir d'agr&#233;ables ou agressives conversations de d&#238;ner chez M. Rorthy. Des opinions rivalisent &#224; la table du banquet, n'est-ce pas l'Ath&#232;nes &#233;ternelle, notre mani&#232;re d'&#234;tre encore des Grecs ? Les trois caract&#232;res sous lesquels on rapportait la philosophie &#224; la cit&#233; grecque, c'&#233;taient pr&#233;cis&#233;ment la soci&#233;t&#233; des amis, la table d'immanence et les opinions qui s'affrontent. On objectera que les philosophes grecs n'ont cess&#233; de d&#233;noncer la doxa, et d'y opposer une &#233;pist&#233;m&#233; comme savoir seul ad&#233;quat &#224; la philosophie. Mais c'est une affaire embrouill&#233;e, et les philosophes, n'&#233;tant que des amis et non pas des sages, ont bien de la peine &#224; quitter la doxa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;doxa &lt;/i&gt;est un type de proposition qui se pr&#233;sente de la fa&#231;on suivante : &#233;tant donn&#233; une situation v&#233;cue perceptive-affective (par exemple, on apporte du fromage &#224; la table du banquet), quelqu'un en extrait une qualit&#233; pure (par exemple, odeur puante) ; mais en m&#234;me temps qu'il abstrait la qualit&#233;, il s'identifie lui-m&#234;me &#224; un sujet g&#233;n&#233;rique &#233;prouvant une affection commune (la soci&#233;t&#233; de ceux qui d&#233;testent le fromage - rivalisant &#224; ce titre avec ceux qui l'aiment, le plus souvent en fonction d'une autre qualit&#233;). La &#171; discussion &#187; porte donc sur le choix de la qualit&#233; perceptive abstraite, et sur la puissance du sujet g&#233;n&#233;rique affect&#233;. Par exemple, d&#233;tester le fromage, est-ce se priver d'&#234;tre un bon vivant ? Mais, &#171; bon vivant &#187;, est-ce une affection g&#233;n&#233;riquement enviable ? Ne faut-il pas dire que ceux qui aiment le fromage, et tous les bons vivants, puent eux-m&#234;mes ? A moins que ce ne soient les ennemis du fromage qui puent. C'est comme l'histoire que racontait Hegel, la marchande &#224; qui l'on a dit : &#171; Vos veufs sont pourris, la vieille &#187;, et qui r&#233;pond : &#171; Pourri vous-m&#234;me, et votre m&#232;re, et votre grand-m&#232;re &#187; : l'opinion est une pens&#233;e abstraite, et l'injure joue un r&#244;le efficace dans cette abstraction, parce que l'opinion exprime les fonctions g&#233;n&#233;rales d'&#233;tats particuliers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la pens&#233;e abstraite et le jugement populaire, cf. le court texte de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle tire de la perception une qualit&#233; abstraite et de l'affection une puissance g&#233;n&#233;rale : toute opinion est d&#233;j&#224; politique en ce sens. C'est pourquoi tant de discussions peuvent s'&#233;noncer ainsi : &#171; moi en tant qu'homme, j'estime que toutes les femmes sont infid&#232;les &#187;, &#171; moi en tant que femme je pense que les hommes sont des menteurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opinion est une pens&#233;e qui se moule &#233;troitement sur la forme de la recognition : recognition d'une qualit&#233; dans la perception (contemplation), recognition d'un groupe dans l'affection (r&#233;flexion), recognition d'un rival dans la possibilit&#233; d'autres groupes et d'autres qualit&#233;s (communication). Elle donne &#224; la recognition du vrai une extension et des crit&#232;res qui sont par nature ceux d'une &#171; orthodoxie &#187; : sera vraie une opinion qui co&#239;ncide avec celle du groupe auquel on appartiendra en la disant. On le voit bien dans certains concours : vous devez dire votre opinion, mais vous &#171; gagnez &#187; (vous avez dit vrai) si vous avez dit la m&#234;me chose que la majorit&#233; de ceux qui participent au concours. L'opinion dans son essence est volont&#233; de majorit&#233;, et parle d&#233;j&#224; au nom d'une majorit&#233;. M&#234;me l'homme du &#171; paradoxe &#187; ne s'exprime avec tant de clins d'&#339;il, et de sottise s&#251;re de soi, que parce qu'il pr&#233;tend exprimer l'opinion secr&#232;te de tout le monde, et &#234;tre le porte-parole de ce que les autres n'osent pas dire. Encore n'est-ce que le premier pas du r&#232;gne de l'opinion : celle-ci triomphe quand la qualit&#233; retenue cesse d'&#234;tre la condition de constitution d'un groupe, mais n'est plus que l'image ou la &#171; marque &#187; du groupe constitu&#233; qui d&#233;termine lui-m&#234;me le mod&#232;le perceptif et affectif, la qualit&#233; et l'affection que chacun doit acqu&#233;rir. Alors le marketing appara&#238;t comme le concept m&#234;me : &#171; nous, les concepteurs... &#187;. Nous sommes &#224; l'&#226;ge de la communication, mais toute &#226;me bien n&#233;e fuit et rampe au loin chaque fois qu'on lui propose une petite discussion, un colloque, une simple conversation, Dans toute conversation, c'est toujours le sort de la philosophie qui s'agite, et beaucoup de discussions philosophiques en tant que telles ne d&#233;passent pas celle sur le fromage, injures comprises et affrontement de conceptions du monde. La philosophie de la communication s'&#233;puise dans la recherche d'une opinion universelle lib&#233;rale comme consensus, sous lequel on retrouve les perceptions et affections cyniques du capitaliste en personne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la pens&#233;e abstraite et le jugement populaire, cf. le court texte de Hegel, &lt;a href='http://www.caute.lautre.net/Qui-pense-abstrait' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Qui pense abstrait ?&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (S&#228;mtliche Werke, XX, p. 445-450).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Deleuze et Guattari, &lt;i&gt;Qu'est-ce que la philosophie ?&lt;/i&gt;, Minuit, 1991, pp.137-139&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Sant&#233;</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Sante</link>
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		<dc:date>2004-03-15T13:58:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bessis, Rapha&#235;l</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; L'artiste ou le philosophe ont souvent une petite sant&#233; fragile, un
&lt;br class='autobr' /&gt;
organisme faible, un &#233;quilibre mal assur&#233; [.] . Mais ce n'est pas la mort
&lt;br class='autobr' /&gt;
qui les brise, c'est plut&#244;t l'exc&#232;s de vie qu'ils ont vu, &#233;prouv&#233;, pens&#233;.
&lt;br class='autobr' /&gt;
(Gilles Deleuze, Pourparlers 1972-1990, Ed. de Minuit, 1990, pp. 195-196.)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Elements-d-un-petit-vocabulaire-" rel="directory"&gt;El&#233;ments d'un petit vocabulaire deleuzien&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'artiste ou le philosophe ont souvent une petite sant&#233; fragile, un&lt;br class='autobr' /&gt;
organisme faible, un &#233;quilibre mal assur&#233; [.] . Mais ce n'est pas la mort&lt;br class='autobr' /&gt;
qui les brise, c'est plut&#244;t l'exc&#232;s de vie qu'ils ont vu, &#233;prouv&#233;, pens&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Gilles Deleuze, &lt;i&gt;Pourparlers 1972-1990&lt;/i&gt;, Ed. de Minuit, 1990, pp. 195-196.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Monde (croire au _)</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Monde-croire-au-_</link>
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		<dc:date>2004-03-15T13:39:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bessis, Rapha&#235;l</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Croire au monde, c'est ce qui nous manque le plus ; nous avons tout &#224; fait
&lt;br class='autobr' /&gt;
perdu le monde, on nous en a d&#233;poss&#233;d&#233;. Croire au monde, c'est aussi bien
&lt;br class='autobr' /&gt;
susciter des &#233;v&#233;nements m&#234;me petits qui &#233;chappent au contr&#244;le, ou faire
&lt;br class='autobr' /&gt;
na&#238;tre de nouveaux espaces-temps, m&#234;me de surface ou de volume r&#233;duits. (.)
&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est au niveau de chaque tentative que se jugent la capacit&#233; de r&#233;sistance
&lt;br class='autobr' /&gt;
ou au contraire la soumission &#224; un contr&#244;le. &#187; (Gilles Deleuze, Pourparlers
&lt;br class='autobr' /&gt;
1972-1990, Ed. de Minuit, 1990, p. 239.)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Elements-d-un-petit-vocabulaire-" rel="directory"&gt;El&#233;ments d'un petit vocabulaire deleuzien&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Croire au monde, c'est ce qui nous manque le plus ; nous avons tout &#224; fait&lt;br class='autobr' /&gt;
perdu le monde, on nous en a d&#233;poss&#233;d&#233;. Croire au monde, c'est aussi bien&lt;br class='autobr' /&gt;
susciter des &#233;v&#233;nements m&#234;me petits qui &#233;chappent au contr&#244;le, ou faire&lt;br class='autobr' /&gt;
na&#238;tre de nouveaux espaces-temps, m&#234;me de surface ou de volume r&#233;duits. (.)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est au niveau de chaque tentative que se jugent la capacit&#233; de r&#233;sistance&lt;br class='autobr' /&gt;
ou au contraire la soumission &#224; un contr&#244;le. &#187; (Gilles Deleuze, &lt;i&gt;Pourparlers&lt;br class='autobr' /&gt;
1972-1990&lt;/i&gt;, Ed. de Minuit, 1990, p. 239.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Communication</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Communication</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.caute.lautre.net/Communication</guid>
		<dc:date>2004-03-15T13:38:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bessis, Rapha&#235;l</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Nous ne manquons pas de communication, au contraire nous en avons trop,
&lt;br class='autobr' /&gt;
nous manquons de cr&#233;ation. Nous manquons de r&#233;sistance au pr&#233;sent. &#187; (Gilles
&lt;br class='autobr' /&gt;
Deleuze et F&#233;lix Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?, Ed. Minuit, 1991,
&lt;br class='autobr' /&gt;
p. 104.)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Elements-d-un-petit-vocabulaire-" rel="directory"&gt;El&#233;ments d'un petit vocabulaire deleuzien&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Nous ne manquons pas de communication, au contraire nous en avons trop,&lt;br class='autobr' /&gt;
nous manquons de cr&#233;ation. Nous manquons de r&#233;sistance au pr&#233;sent. &#187; (Gilles&lt;br class='autobr' /&gt;
Deleuze et F&#233;lix Guattari, &lt;i&gt;Qu'est-ce que la philosophie ?&lt;/i&gt;, Ed. Minuit, 1991,&lt;br class='autobr' /&gt;
p. 104.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mot de passe</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Mot-de-passe</link>
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		<dc:date>2004-03-15T13:33:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bessis, Rapha&#235;l</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Il y a des mots de passe sous les mots d'ordre. Des mots qui seraient
&lt;br class='autobr' /&gt;
comme de passage, des composantes de passage, tandis que les mots d'ordre
&lt;br class='autobr' /&gt;
marquent des arr&#234;ts, des compositions stratifi&#233;es, organis&#233;es. La m&#234;me
&lt;br class='autobr' /&gt;
chose, le m&#234;me mot, a sans doute cette double nature : il faut extraire l'une
&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'autre - transformer les compositions d'ordre en composantes de
&lt;br class='autobr' /&gt;
passages. &#187; (Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari, Capitalisme et schizophr&#233;nie,
&lt;br class='autobr' /&gt;
tome 2 : Mille plateaux, Ed. de Minuit, 1980, p. 139.)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Elements-d-un-petit-vocabulaire-" rel="directory"&gt;El&#233;ments d'un petit vocabulaire deleuzien&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Il y a des mots de passe sous les mots d'ordre. Des mots qui seraient&lt;br class='autobr' /&gt;
comme de passage, des composantes de passage, tandis que les mots d'ordre&lt;br class='autobr' /&gt;
marquent des arr&#234;ts, des compositions stratifi&#233;es, organis&#233;es. La m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
chose, le m&#234;me mot, a sans doute cette double nature : il faut extraire l'une&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'autre - transformer les compositions d'ordre en composantes de&lt;br class='autobr' /&gt;
passages. &#187; (Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari, &lt;i&gt;Capitalisme et schizophr&#233;nie&lt;/i&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
tome 2 : &lt;i&gt;Mille plateaux&lt;/i&gt;, Ed. de Minuit, 1980, p. 139.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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