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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>La fin ultime</title>
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&lt;p&gt;Il s'agit donc du but final que poursuit l'humanit&#233;, que l'Esprit se propose dans le monde et qu'il accomplit, pouss&#233; par une force infinie, absolue. Pour saisir cette fin ultime, il convient de se rappeler ce qui a &#233;t&#233; avanc&#233; au sujet de l'Esprit populaire. Nous avons dit que l'objet de l'Esprit n'est autre que lui-m&#234;me. Il n'y a rien de plus haut que l'Esprit, rien ne saurait &#234;tre plus digne que lui de devenir son objet. L'Esprit ne peut trouver la paix, il ne peut s'occuper de rien avant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Hegel-" rel="directory"&gt;Hegel&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il s'agit donc du but final que poursuit l'humanit&#233;, que l'Esprit se propose dans le monde et qu'il accomplit, pouss&#233; par une force infinie, absolue. Pour saisir cette fin ultime, il convient de se rappeler ce qui a &#233;t&#233; avanc&#233; au sujet de l'Esprit populaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Hegel, La raison dans l'histoire, &#171; Les peuples &#187;, 10/18, pp. 80-83 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous avons dit que l'objet de l'Esprit n'est autre que lui-m&#234;me. Il n'y a rien de plus haut que l'Esprit, rien ne saurait &#234;tre plus digne que lui de devenir son objet. L'Esprit ne peut trouver la paix, il ne peut s'occuper de rien avant de conna&#238;tre ce qu'il est. Cela est certes une pens&#233;e g&#233;n&#233;rale, abstraite, et il existe un ab&#238;me entre ce que nous disons &#234;tre l'int&#233;r&#234;t supr&#234;me de l'Esprit et ce qui, dans l'histoire, a &#233;veill&#233; l'int&#233;r&#234;t des peuples et des individus. Au point de vue empirique, nous constatons que les peuples se sont occup&#233;s pendant des si&#232;cles &#224; poursuivre des buts, des int&#233;r&#234;ts particuliers. Que l'on songe, par exemple, au conflit entre Rome et Carthage. Un ab&#238;me s&#233;pare tout cela de cet int&#233;r&#234;t essentiel que nous voulons reconna&#238;tre dans les ph&#233;nom&#232;nes historiques. Cette contradiction entre les int&#233;r&#234;ts qui se manifestent dans l'histoire et ce qui a &#233;t&#233; pos&#233; comme l'int&#233;r&#234;t absolu de l'Esprit, sera lev&#233;e plus tard. Disons pour le moment qu'il est ais&#233; de comprendre que l'Esprit libre se rapporte n&#233;cessairement &#224; lui-m&#234;me, que s'il en &#233;tait autrement, il serait non libre et d&#233;pendant. Son but est de parvenir &#224; la conscience de lui-m&#234;me ou, ce qui revient au m&#234;me, de rendre le monde ad&#233;quat &#224; lui-m&#234;me. Un effet, on peut dire, que l'Esprit doit s'approprier le monde objectif ou, inversement, que l'Esprit doit devenir ce qu'il est, expliciter et objectiver son concept. C'est dans l'objectivit&#233; qu'il prend conscience de sa propre f&#233;licit&#233;, car l&#224; o&#249; l'objectivit&#233; correspond &#224; l' &#171; exigence int&#233;rieure &#187;, l&#224; r&#233;side la libert&#233;. La fin ultime &#233;tant ainsi d&#233;finie, la progression historique cesse de signifier un simple accroissement quantitatif. Ajoutons que notre conscience ordinaire admet elle aussi que, pour pouvoir conna&#238;tre son essence, la conscience doit passer par certains stades de culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esprit doit donc parvenir au savoir de ce qu'il est vraiment et objectiver ce savoir, le transformer en un monde r&#233;el et se produire lui-m&#234;me objectivement. C'est l&#224; le but de l'histoire universelle. L'essentiel est ici que ce but soit un r&#233;sultat. L'Esprit n'est pas un &#234;tre naturel, comme l'animal qui est ce qu'il est imm&#233;diatement. L'Esprit se produit lui-m&#234;me, il se fait lui-m&#234;me ce qu'il est. Son &#234;tre n'est pas existence en repos, mais activit&#233; pure : son &#234;tre est d'avoir &#233;t&#233; produit par lui-m&#234;me, d'&#234;tre devenu pour lui-m&#234;me, de s'&#234;tre fait par soi-m&#234;me. Pour exister vraiment, il faut qu'il ait &#233;t&#233; produit par lui-m&#234;me : son &#234;tre est le processus absolu. Ce processus, m&#233;diation de lui-m&#234;me avec lui-m&#234;me et par lui-m&#234;me (et non par un autre), implique que l'Esprit se diff&#233;rencie en Moments distincts, se livre au mouvement et au changement et se laisse d&#233;terminer de diverses fa&#231;ons. Ce processus est aussi, essentiellement, un processus graduel, et l'histoire universelle est la manifestation du processus divin, de la marche graduelle par laquelle l'Esprit conna&#238;t et r&#233;alise sa v&#233;rit&#233;. Tout ce qui est historique est une &#233;tape de cette connaissance de soi. Le devoir supr&#234;me, l'essence de l'Esprit, est de se conna&#238;tre soi-m&#234;me et de se r&#233;aliser. C'est ce qu'il accomplit dans l'histoire : il se produit sous certaines formes d&#233;termin&#233;es, et ces formes sont les peuples historiques. Chacun de ces peuples exprime une &#233;tape, d&#233;signe une &#233;poque de l'histoire universelle. Plus profond&#233;ment : ces peuples incarnent les principes que l'Esprit a trouv&#233;s en lui et qu'il a d&#251; r&#233;aliser dans le monde. Il existe donc entre eux une connexion n&#233;cessaire qui n'exprime rien d'autre que la nature m&#234;me de l'Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire universelle est la manifestation du processus divin absolu de l'Esprit dans ses plus hautes figures : la marche graduelle par laquelle il parvient &#224; sa v&#233;rit&#233; et prend conscience de soi. Les peuples historiques, les caract&#232;res d&#233;termin&#233;s de leur &#233;thique collective, de leur constitution, de leur art, de leur religion, de leur science, constituent les configurations de cette marche graduelle. Franchir ces degr&#233;s, c'est le d&#233;sir infini et la pouss&#233;e irr&#233;sistible de l'Esprit du Monde, car leur articulation aussi bien que leur r&#233;alisation est son concept m&#234;me. Les principes des Esprits populaires, dans la s&#233;rie n&#233;cessaire de leur succession, ne sont eux-m&#234;mes que les moments de l'unique Esprit universel : gr&#226;ce &#224; eux, il s'&#233;l&#232;ve dans l'histoire &#224; une &lt;i&gt;totalit&#233;&lt;/i&gt; transparente &#224; elle-m&#234;me et apporte la conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette vision du processus par lequel l'Esprit r&#233;alise son but dans l'histoire, s'oppose l'id&#233;e qu'on se fait commun&#233;ment de la nature de l'Id&#233;al et de ses rapports avec le r&#233;el. Rien n'est plus fr&#233;quent aujourd'hui que d'entendre des plaintes au sujet des id&#233;aux - et il s'agit toujours d'id&#233;aux pos&#233;s par l'imagination ou par la raison - qui n'arrivent pas &#224; s'incarner dans la r&#233;alit&#233;. On d&#233;plore notamment que les id&#233;aux de la jeunesse d&#233;g&#233;n&#232;rent en r&#234;veries au contact de la froide r&#233;alit&#233;. Mais ces id&#233;aux qui, durant la travers&#233;e de la vie, se brisent sur l'&#233;cueil de la dure r&#233;alit&#233;, ne sont peut-&#234;tre que purement subjectifs. Peut-&#234;tre n'existent-ils qu'au regard de tel ou tel individu qui s'est pris pour ce qu'il y a de plus haut et de plus intelligent. En tout cas, ils ne nous regardent pas ici. Car ce que l'individu s'imagine dans son individualit&#233; ne peut faire loi pour l'universelle r&#233;alit&#233;, de m&#234;me que la loi universelle ne s'adresse pas exclusivement aux simples individus lesquels pourraient fort bien ne pas trop y trouver leur compte. L'individu se fait souvent des id&#233;es sur lui-m&#234;me, les grands desseins et les actes grandioses qu'il veut accomplir, l'importance de sa personne et sa contribution au salut de ce monde. Mais ces id&#233;es ne m&#232;nent pas loin. Les r&#234;ves que l'individu peut faire &#224; son propre sujet ne donnent qu'une id&#233;e exag&#233;r&#233;e de sa propre valeur. Pourtant il est fort possible que l'individu subisse une injustice - mais cela ne concerne pas l'histoire universelle et son progr&#232;s, dont les individus ne sont que les serviteurs, les instruments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les id&#233;aux, on compte aussi les id&#233;aux de la raison, les id&#233;es du Bien, du Vrai, du Meilleur - id&#233;es qui, elles, m&#233;ritent vraiment d'exiger leur satisfaction. A voir cette exigence rester inassouvie, on &#233;prouve le sentiment d'une injustice objective, et des po&#232;tes comme Schiller ont exprim&#233; d'une mani&#232;re &#233;mouvante la tristesse qui en d&#233;coule. Si nous disons en revanche que la Raison universelle se r&#233;alise dans le monde, nous ne nous r&#233;f&#233;rons certainement pas &#224; tel ou tel individu empirique : celui-ci peut se trouver plus ou moins bien ou mal du fait que, dans ce domaine, les hasards et la particularit&#233; ont re&#231;u du Concept le pouvoir d'exercer leur droit formidable. Lorsqu'on voit les faits particuliers, on peut se dire qu'il y a bien des choses injustes dans le monde. Il y aurait donc beaucoup &#224; redire en ce qui concerne les aspects individuels du monde ph&#233;nom&#233;nal. Mais il ne s'agit pas ici des particularit&#233;s empiriques : elles sont sujettes au hasard et ne nous concernent point. En outre, rien n'est plus facile que de critiquer et de croire qu'en critiquant on fait preuve de bonne volont&#233;, de meilleure connaissance des choses. La critique subjective qui ne vise que le particulier et ses d&#233;fauts, sans y reconna&#238;tre la Raison universelle, est chose facile ; elle autorise toutes les fanfaronnades de l'exhibitionnisme, dans la mesure o&#249; elle donne, avec les airs de la g&#233;n&#233;rosit&#233;, l'assurance de la d&#233;votion au bien g&#233;n&#233;ral. Lorsqu'on consid&#232;re les individus, les &#201;tats, l'ordre du monde, il est plus facile de voir leurs d&#233;fauts que de reconna&#238;tre leur vrai contenu. En critiquant n&#233;gativement, on se donne des airs distingu&#233;s et on survole d&#233;daigneusement la chose sans y avoir p&#233;n&#233;tr&#233;, c'est-&#224;-dire sans l'avoir saisie elle-m&#234;me, sans avoir saisi ce qu'il y a de positif en elle. Certes, la critique peut &#234;tre fond&#233;e, mais il est plus facile de d&#233;couvrir les d&#233;fauts que de trouver la substance : la mani&#232;re dont on critique les &#339;uvres d'art en est un exemple. Les hommes croient souvent qu'ils en ont fini avec telle chose d&#232;s qu'ils en ont trouv&#233; le v&#233;ritable d&#233;faut. Ils ont certes raison, mais ils ont &#233;galement tort parce qu'ils en m&#233;connaissent l'aspect positif. C'est la marque de la plus grande superficialit&#233; que de trouver en toute chose du mal et ne rien voir du bien positif qui s'y trouve. L'&#226;ge rend en g&#233;n&#233;ral plus cl&#233;ment ; la jeunesse est toujours m&#233;contente : c'est qu'avec l'&#226;ge le jugement m&#251;rit, et s'il accepte le mal, ce n'est pas par d&#233;sint&#233;ressement, mais parce qu'il a &#233;t&#233; instruit par le s&#233;rieux de la vie et a appris &#224; se diriger vers le fond substantiel et solide des choses. Ce n'est pas l&#224; accommodement bon march&#233;, mais une justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, en ce qui concerne le vrai Id&#233;al, c'est-&#224;-dire l'id&#233;e de la Raison, l'id&#233;e &#224; laquelle la philosophie doit aboutir, c'est que le monde r&#233;el est tel qu'il doit &#234;tre ; que la Volont&#233; de la Raison, le Bien, tel qu'il est concr&#232;tement, est r&#233;ellement la plus grande puissance : la puissance absolue qui se r&#233;alise. Le vrai Bien, la Raison divine universelle, est aussi la puissance capable de se r&#233;aliser. La repr&#233;sentation la plus concr&#232;te de ce Bien, de cette Raison, est Dieu. Ce Bien, non pas en tant que pens&#233;e g&#233;n&#233;rale,, mais comme force efficace, est ce que nous appelons Dieu. La perspective philosophique veut qu'aucune force ne puisse s'&#233;lever au-dessus de la Puissance du Bien, de Dieu ; qu'aucune force ne puisse lui faire obstacle ou s'affirmer ind&#233;pendante ; que Dieu poss&#232;de un Droit souverain ; que l'histoire ne soit rien d'autre que le Plan de sa Providence. Dieu gouverne le monde ; le contenu de son gouvernement, l'accomplissement de son plan est l'histoire universelle. Saisir ce plan, voil&#224; la t&#226;che de la philosophie de l'histoire, et celle-ci pr&#233;suppose que l'Id&#233;al se r&#233;alise, que seul ce qui est conforme &#224; l'Id&#233;e est r&#233;el. A la pure lumi&#232;re de cette Id&#233;e divine, laquelle n'est pas un simple id&#233;al, s'&#233;vanouit l'apparence que le monde est un devenir insens&#233;. La philosophie veut conna&#238;tre le contenu, la r&#233;alit&#233; de l'id&#233;e divine et justifier la r&#233;alit&#233; m&#233;pris&#233;e. Car la Raison est l'intellection de l'&#339;uvre divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on appelle &#171; r&#233;alit&#233; &#187; est sujet &#224; caution aux yeux de la philosophie : elle le consid&#232;re comme quelque chose qui peut para&#238;tre, mais qui n'est pas en soi et pour soi r&#233;el. On pourrait interpr&#233;ter cette conception comme une sorte de consolation face &#224; l'image qu'on se fait du malheur absolu et de la folie qui r&#232;gnent par le monde. Mais la consolation est une compensation factice d'un mal qui n'aurait pas d&#251; se produire ; son domaine est celui des choses finies. Aussi bien la philosophie n'est pas une consolation, elle est quelque chose de plus. Elle r&#233;concilie ; elle transfigure le r&#233;el qui para&#238;t injuste et l'&#233;l&#232;ve jusqu'au rationnel, en montrant qu'il est fond&#233; sur l'Id&#233;e elle-m&#234;me et en mesure de donner satisfaction &#224; la raison. Car c'est dans la Raison que r&#233;side le Divin. Le contenu de la Raison est l'Id&#233;e divine, essentiellement le Plan de Dieu. Consid&#233;r&#233;e comme histoire universelle, la Raison n'est pas la volont&#233; subjective, mais l'action de Dieu. Mais pour la repr&#233;sentation, la Raison est la perception de l'Id&#233;e ; et d&#233;j&#224;, &lt;i&gt;Logos&lt;/i&gt; signifie &#233;tymologiquement la perception de ce qui a &#233;t&#233; exprim&#233; - plus pr&#233;cis&#233;ment, la perception du Vrai. La v&#233;rit&#233; du vrai : c'est le monde cr&#233;&#233;. Dieu parle ; il n'exprime que lui-m&#234;me, et il est la puissance de s'exprimer, de devenir intelligible. Et c'est bien la v&#233;rit&#233; de Dieu, son image, que per&#231;oit la Raison. Voici donc la conclusion de la philosophie : ce qui est vide n'est pas un id&#233;al ; le seul id&#233;al est ce qui est r&#233;el - l'Id&#233;e se rend elle-m&#234;me perceptible dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Hegel, &lt;i&gt;La raison dans l'histoire&lt;/i&gt;, &#171; Les peuples &#187;, 10/18, pp. 80-83 (note jld).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hegel, &lt;strong&gt;La raison dans l'histoire&lt;/strong&gt;, 10/18, 1979, pp. 95-101&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Religion et philosophie.</title>
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&lt;p&gt;La religion est le mode de la conscience suivant lequel la v&#233;rit&#233; est pour tous les hommes, pour les hommes de toute culture ; mais la connaissance scientifique de la v&#233;rit&#233; est une esp&#232;ce particuli&#232;re de leur conscience, esp&#232;ce dont le travail n'est pas entrepris par tous, mais bien plut&#244;t seulement par quelques-uns. Le contenu consistant est le m&#234;me, mais comme Hom&#232;re dit de certaines &#233;toiles qu'elles ont deux noms, l'un dans la langue des dieux, l'autre dans la langue des hommes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Hegel-" rel="directory"&gt;Hegel&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La religion est le mode de la conscience suivant lequel la v&#233;rit&#233; est pour tous les hommes, pour les hommes de toute culture ; mais la connaissance scientifique de la v&#233;rit&#233; est une esp&#232;ce particuli&#232;re de leur conscience, esp&#232;ce dont le travail n'est pas entrepris par tous, mais bien plut&#244;t seulement par quelques-uns. Le contenu consistant est le m&#234;me, mais comme Hom&#232;re dit de certaines &#233;toiles qu'elles ont deux noms, l'un dans la langue des dieux, l'autre dans la langue des hommes &#233;ph&#233;m&#232;res, il y a pour ce contenu deux langages, l'un, du sentiment, de la repr&#233;sentation et de la pens&#233;e d'entendement qui fait son nid dans des cat&#233;-gories finies et des abstractions unilat&#233;rales, l'autre, du concept concret. Si l'on veut &#224; partir de la religion discuter et juger aussi de la philosophie, il est requis davantage que d'avoir seulement l'habitude du langage de la conscience &#233;ph&#233;-m&#232;re. Le fondement de la connaissance scientifique est le contenu consistant int&#233;rieur, l'Id&#233;e demeurant en lui et la vitalit&#233; agile de celle-ci dans l'esprit, comme , d'une fa&#231;on non moindre, la religion est une &#226;me sentante travaill&#233;e de part en part, un esprit &#233;veill&#233; &#224; la connaissance, un contenu consistant &#233;labor&#233;. Dans les tout derniers temps, la religion a contract&#233; de plus en plus l'&#233;tendue cultiv&#233;e de son contenu et s'est retir&#233;e dans l'&#234;tre intensif de la pi&#233;t&#233; ou en-core du sentiment, et souvent d'un sentiment manifestant une teneur essentielle tr&#232;s indigente et d&#233;garnie. Tant qu'elle a encore un Credo, une doctrine, une dogmatique, elle a ce dont la philosophie peut s'occuper et ce en quoi elle-m&#234;me comme telle peut se r&#233;unir avec la religion. Ce qu'il ne faut pourtant pas prendre &#224; nouveau suivant l'entendement s&#233;parateur, le mauvais entendement, dans lequel la religiosit&#233; moderne se trouve prise et suivant lequel elle les repr&#233;sente toutes deux d'une mani&#232;re telle qu'elles s'excluraient l'une l'autre ou seraient d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale &#224; tel point s&#233;parables qu'elles ne s'uniraient ensuite que de l'ex-t&#233;rieur. Il est bien plut&#244;t impliqu&#233; aussi dans ce qui a &#233;t&#233; dit jusqu'&#224; pr&#233;sent, que si la religion peut bien &#234;tre sans la philosophie, la philosophie ne peut &#234;tre sans la religion, mais inclut bien plut&#244;t celle-ci en elle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hegel, &lt;i&gt;Encyclop&#233;die des sciences philosophiques&lt;/i&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;face de la seconde &#233;dition (1827).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'universalit&#233; du besoin d'art</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/L-universalite-du-besoin-d-art</link>
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		<dc:creator>Hegel, Georg Wilhelm Friedrich</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'universalit&#233; du besoin d'art ne tient pas &#224; autre chose qu'au fait que l'homme est un &#234;tre pensant et dou&#233; de conscience. En tant que dou&#233; de conscience, l'homme doit se placer en face de ce qu'il est, de ce qu'il est d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, et en faire un objet pour soi. Les choses de la nature se contentent d'&#234;tre, elles sont simples, ne sont qu'une fois, mais l'homme, en tant que conscience, se d&#233;double : il est une fois, mais il est pour lui-m&#234;me. Il chasse devant lui ce qu'il est ; il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Hegel-" rel="directory"&gt;Hegel&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'universalit&#233; du besoin d'art ne tient pas &#224; autre chose qu'au fait que l'homme est un &#234;tre pensant et dou&#233; de conscience. En tant que dou&#233; de conscience, l'homme doit se placer en face de ce qu'il est, de ce qu'il est d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, et en faire un objet pour soi. Les choses de la nature se contentent d'&lt;i&gt;&#234;tre&lt;/i&gt;, elles sont simples, ne sont qu'une fois, mais l'homme, en tant que conscience, se d&#233;double : il &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; &lt;i&gt;une &lt;/i&gt;fois, mais il est &lt;i&gt;pour lui-m&#234;me&lt;/i&gt;. Il chasse devant lui ce qu'il est ; il se contemple, se repr&#233;sente lui-m&#234;me. Il faut donc chercher le besoin g&#233;n&#233;ral qui provoque une oeuvre d'art dans la pens&#233;e de l'homme, puisque l'&#339;uvre d'art est un moyen &#224; l'aide duquel l'homme ext&#233;riorise ce qu'il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;conscience de lui-m&#234;me&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette conscience de lui-m&#234;me, l'homme l'acquiert de deux mani&#232;res : th&#233;oriquement, en prenant conscience de ce qu'il est int&#233;rieurement, de tous les mouvements de son &#226;me, de toutes les nuances de ses sentiments, en cherchant &#224; se repr&#233;senter &#224; lui-m&#234;me, tel qu'il se d&#233;couvre par la pens&#233;e, et &#224; se reconna&#238;tre dans cette repr&#233;sentation qu'il offre &#224; ses propres yeux. Mais l'homme est &#233;galement engag&#233; dans des rapports pratiques avec le monde ext&#233;rieur, et de ces rapports na&#238;t &#233;galement le besoin de transformer ce monde, comme lui-m&#234;me, dans la mesure o&#249; il en fait partie, en lui imprimant son cachet personnel. Et il le fait, pour encore se reconna&#238;tre lui-m&#234;me dans la forme des choses, pour jouir de lui-m&#234;me comme d'une r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure. On saisit d&#233;j&#224; cette tendance dans les premi&#232;res impulsions de l'enfant : il veut voir des choses dont il soit lui-m&#234;me l'auteur, et s'il lance des pierres dans l'eau, c'est pour voir ces cercles qui se forment et qui sont son oeuvre dans laquelle il retrouve comme un reflet de lui-m&#234;me. Ceci s'observe dans de multiples occasions et sous les formes les plus diverses, jusqu'&#224; cette sorte de reproduction de soi-m&#234;me qu'est une oeuvre d'art. A travers les objets ext&#233;rieurs, il cherche &#224; se retrouver lui-m&#234;me. Il ne se contente pas de rester lui-m&#234;me tel qu'il est : il se couvre d'ornements. Le barbare pratique des incisions &#224; ses l&#232;vres, &#224; ses oreilles ; il se tatoue. Toutes ces aberrations, quelque barbares et absurdes et contraires au bon go&#251;t qu'elles soient, d&#233;formantes ou m&#234;me pernicieuses, comme le supplice qu'on inflige aux pieds des femmes chinoises, n'ont qu'un but : l'homme ne veut pas rester tel que la nature l'a fait. Chez les civilis&#233;s, c'est par la culture spirituelle que l'homme cherche &#224; rehausser sa valeur, car c'est seulement chez les civilis&#233;s que les changements de forme, de comportement et de tous les autres aspects ext&#233;rieurs sont des produits de culture spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le besoin d'art g&#233;n&#233;ral a donc ceci de rationnel que l'homme, en tant que conscience, s'ext&#233;riorise, se d&#233;double, s'offre &#224; sa propre contemplation et &#224; celle des autres. Par l'&#339;uvre d'art, l'homme qui en est l'auteur cherche a exprimer la conscience qu'il a de lui-m&#234;me. C'est une grande n&#233;cessit&#233; qui d&#233;coule du caract&#232;re rationnel de l'homme, source et raison de l'art, comme de toute action et de tout savoir. Nous verrons plus loin en quoi ce besoin d'art, d'activit&#233; artistique, diff&#232;re de toutes les autres activit&#233;s, politique et morale, des repr&#233;sentations religieuses et de la connaissance scientifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hegel, &lt;strong&gt;Esth&#233;tique&lt;/strong&gt;, I - &#171; Introduction &#224; l'esth&#233;tique &#187;, trad. Jank&#233;l&#233;vitch, Flammarion, coll. Champs, pp. 61-62.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La reconnaissance d'autrui : le ma&#238;tre et son serviteur.</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/La-reconnaissance-d-autrui-le-maitre-et-son-serviteur</link>
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		<dc:date>2005-09-15T13:50:29Z</dc:date>
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&lt;p&gt;&#167; 30. Une conscience de soi qui est pour une autre conscience de soi n'est pas seulement pour elle comme pur objet, mais comme son autre soi. Le Je n'est pas une universalit&#233; abstraite, qui ne comporte, comme telle, aucune distinction ou d&#233;termination. Le Je &#233;tant ainsi objet pour le Je, il est pour lui, &#224; cet &#233;gard, comme le m&#234;me Je qu'il est lui-m&#234;me. En l'autre, c'est de lui-m&#234;me qu'il a l'intuition. &lt;br class='autobr' /&gt; &#167; 31. 1&#176; Cette intuition que l'un des Je a de lui-m&#234;me dans l'autre Je est le moment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#167; 30. Une conscience de soi qui est pour une autre conscience de soi n'est pas seulement pour elle comme pur objet, mais comme &lt;i&gt;son autre soi&lt;/i&gt;. Le Je n'est pas une universalit&#233; abstraite, qui ne comporte, comme telle, aucune distinction ou d&#233;termination. Le Je &#233;tant ainsi objet pour le Je, il est pour lui, &#224; cet &#233;gard, comme le m&#234;me Je qu'il est lui-m&#234;me. En l'autre, c'est de lui-m&#234;me qu'il a l'intuition.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 31. 1&#176; Cette intuition que l'un des Je a de lui-m&#234;me dans l'autre Je est le moment abstrait de la &lt;i&gt;m&#234;met&#233;&lt;/i&gt;. 2&#176; Mais la destination de chacun est aussi de se manifester ph&#233;nom&#233;nalement pour l'autre &#224; titre d'objet ext&#233;rieur et, dans cette mesure, &#224; titre de &lt;i&gt;pr&#233;sence concr&#232;te&lt;/i&gt; sensible. 3&#176; En face l'un de l'autre, chacun est absolument pour lui-m&#234;me et singulier, et il exige, en outre, d'&#234;tre tel pour l'autre et d'&#234;tre tenu pour tel par l'autre, d'avoir dans l'autre intuition de sa propre libert&#233; comme libert&#233; d'un &#233;tant-en-soi, - c'est-&#224;-dire d'&#234;tre reconnu par l'autre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 32. Pour se faire valoir et &#234;tre reconnue comme &lt;i&gt;libre&lt;/i&gt;, il faut que la conscience de soi se &lt;i&gt;repr&#233;sente&lt;/i&gt; pour une autre comme &lt;i&gt;lib&#233;r&#233;e de la r&#233;alit&#233; naturelle pr&#233;sente&lt;/i&gt;. Ce moment n'est pas moins n&#233;cessaire que celui qui correspond &#224; la libert&#233; de la conscience de soi en elle-m&#234;me. L'&#233;galit&#233; absolue du Je par rapport &#224; lui-m&#234;me n'est pas une &#233;galit&#233; essentiellement imm&#233;diate, mais une &#233;galit&#233; qui se constitue en supprimant l'imm&#233;diatet&#233; sensible et qui, de la sorte, s'impose aussi &#224; un autre Je comme libre et ind&#233;pendante du sensible. Ainsi la conscience de soi se r&#233;v&#232;le conforme &#224; son concept et, puisqu'elle donne r&#233;alit&#233; au Je, il est impossible qu'elle ne soit pas reconnue.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 33. Mais&lt;i&gt; l'autonomie&lt;/i&gt; est moins la libert&#233; qui &lt;i&gt;sort&lt;/i&gt; de la pr&#233;sence sensible imm&#233;diate et qui se &lt;i&gt;d&#233;tache&lt;/i&gt; d'elle que, bien plut&#244;t, la libert&#233; au sein de cette pr&#233;sence. Ce moment est aussi n&#233;cessaire que l'autre, mais ils ne sont pas d'&#233;gale valeur. Par suite de &lt;i&gt;l'in&#233;galit&#233;&lt;/i&gt; qui tient &#224; ce que, pour l'une des deux consciences de soi, la libert&#233; a plus de valeur que la r&#233;alit&#233; sensible pr&#233;sente, tandis que, pour l'autre, cette pr&#233;sence assume, au regard de la libert&#233;, valeur de r&#233;alit&#233; essentielle, c'est alors que s'&#233;tablit entre elles, avec l'obligation r&#233;ciproque d'&#234;tre reconnues dans la r&#233;alit&#233; effective et d&#233;termin&#233;e, la relation&lt;i&gt; ma&#238;trise-servitude&lt;/i&gt;, ou absolument parlant, &lt;i&gt;service-ob&#233;issance&lt;/i&gt;, dans la mesure o&#249; cette diff&#233;rence d'autonomie est donn&#233;e par le rapport naturel imm&#233;diat.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 34. Puisqu'il est n&#233;cessaire que chacune des deux consciences de soi, qui s'opposent l'une &#224; l'autre, s'efforce de se manifester et de s'affirmer, devant l'autre et pour l'autre, comme un &#234;tre-pour-soi absolu, par l&#224; m&#234;me celle qui a &lt;i&gt;pr&#233;f&#233;r&#233; la vie &#224; la libert&#233;&lt;/i&gt;, et qui se r&#233;v&#232;le impuissante &#224; faire, par elle-m&#234;me et pour assurer son ind&#233;pendance, abstraction de sa r&#233;alit&#233; sensible pr&#233;sente, entre ainsi dans le rapport de &lt;i&gt;servitude&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 35. Cependant, cette libert&#233; purement n&#233;gative, qui consiste &#224; faire abstraction de la r&#233;alit&#233; naturelle pr&#233;sente, ne correspond pas au concept de la libert&#233;, car cette derni&#232;re est l'&#233;galit&#233; &#224; soi-m&#234;me dans l'alt&#233;rit&#233;, celle, d'une part, de l'intuition de son soi en un autre soi, celle, d'autre part, de la libert&#233;, non par rapport &#224; la r&#233;alit&#233; pr&#233;sente mais dans cette r&#233;alit&#233; m&#234;me, absolument parlant, - une libert&#233; qui ait elle-m&#234;me une r&#233;alit&#233; pr&#233;sente. Le &lt;i&gt;serviteur&lt;/i&gt; est d&#233;pourvu de soi ; son soi est un autre soi, en sorte que, dans le ma&#238;tre, il s'ali&#232;ne et se supprime comme Je singulier et qu'il a en lui l'intuition de son soi essentiel comme d'un autre soi. Au contraire, dans le serviteur, le ma&#238;tre a l'intuition de l'autre Je comme d'un Je supprim&#233;, et celle de &lt;i&gt;son propre vouloir singulier comme d'un vouloir conserv&#233;&lt;/i&gt;. (Histoire de Robinson et de Vendredi.)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 36. Mais, &#224; consid&#233;rer la chose de fa&#231;on plus pr&#233;cise, le vouloir propre et singulier du serviteur se d&#233;fait, absolument parlant, dans la &lt;i&gt;crainte&lt;/i&gt; qu'il &#233;prouve &#224; l'&#233;gard du &lt;i&gt;ma&#238;tre&lt;/i&gt;, dans son sentiment int&#233;rieur de sa propre n&#233;gativit&#233;. Son &lt;i&gt;travail&lt;/i&gt; au service d'un autre est, d'un cot&#233;, en lui-m&#234;me&lt;i&gt; une ali&#233;nation de son vouloir&lt;/i&gt;, mais en m&#234;me temps, d'un autre cot&#233;, avec la n&#233;gation de son d&#233;sir propre, le &lt;i&gt;fa&#231;onnage&lt;/i&gt; positif des choses ext&#233;rieures par le travail, en ceci que, par lui, le soi fait de ses d&#233;terminations la forme des choses et que, dans son ouvrage, il a l'intuition de lui-m&#234;me comme r&#233;alit&#233; objectale. L'ali&#233;nation de &lt;i&gt;l'arbitraire inessentiel&lt;/i&gt; constitue le moment de la v&#233;ritable ob&#233;issance. (Pisistrate enseigna l'ob&#233;issance aux Ath&#233;niens. De la sorte il fit passer les lois de Solon sur le plan de l'effective r&#233;alit&#233;, et, une fois re&#231;u cet enseignement, les Ath&#233;niens n'eurent plus besoin de ma&#238;tre.)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 37. Cette ali&#233;nation de la singularit&#233; en tant que soi est le moment par lequel la conscience de soi op&#232;re le passage qui fait d'elle un vouloir universel, le passage &#224; la libert&#233; positive.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 38. La conscience universelle de soi est intuition d'elle-m&#234;me, non comme d'un soi particulier, distinct des autres, mais comme d'un &lt;i&gt;soi universel&lt;/i&gt;, qui est en lui-m&#234;me. Ainsi elle se reconna&#238;t elle-m&#234;me et reconna&#238;t en elle les autres consciences de soi et elle est reconnue par elles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; 39. La conscience de soi n'est r&#233;elle pour elle-m&#234;me, selon cette universalit&#233; essentielle qui est sienne, que dans la mesure o&#249; elle conna&#238;t son reflet dans d'autres consciences de soi ( je sais que d'autres ont de moi un savoir qui est un savoir d'eux-m&#234;mes ) et o&#249;, &#224; titre de pure universalit&#233; spirituelle, appartenant &#224; la famille, &#224; la patrie, etc., elle se conna&#238;t comme &lt;i&gt;soi essentiel&lt;/i&gt;. (Cette conscience de soi est le fondement de toutes les vertus, de l'honneur, de l'amiti&#233;, du courage, de tout sacrifice, de toute gloire, etc.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;HEGEL, &lt;i&gt;Prop&#233;deutique philosophique&lt;/i&gt;, pp.79-81.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;finition de l'histoire de la philosophie</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Definition-de-l-histoire-de-la-philosophie</link>
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		<dc:date>2004-10-04T13:41:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hegel, Georg Wilhelm Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de cette histoire peut se pr&#233;senter &#224; la r&#233;flexion sous de nombreux aspects. Si nous voulons en saisir le point central nous devrons le chercher dans le lien essentiel qui unit ce pass&#233; apparent au degr&#233; qu'a actuellement atteint la philosophie. Que ce lien n'est pas une de ces consid&#233;rations ext&#233;rieures qui peuvent &#234;tre relev&#233;es dans l'histoire de cette science, mais qu'il exprime plut&#244;t la nature int&#233;rieure de sa destination, que les &#233;v&#233;nements de cette histoire se poursuivent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Hegel-" rel="directory"&gt;Hegel&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de cette histoire peut se pr&#233;senter &#224; la r&#233;flexion sous de nombreux aspects. Si nous voulons en saisir le point central nous devrons le chercher dans le lien essentiel qui unit ce pass&#233; apparent au degr&#233; qu'a actuellement atteint la philosophie. Que ce lien n'est pas une de ces consid&#233;rations ext&#233;rieures qui peuvent &#234;tre relev&#233;es dans l'histoire de cette science, mais qu'il exprime plut&#244;t la nature int&#233;rieure de sa destination, que les &#233;v&#233;nements de cette histoire se poursuivent comme tous les &#233;v&#233;nements en des effets, mais qu'ils sont productifs d'une mani&#232;re particuli&#232;re, voil&#224; ce que l'on doit expliquer ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous pr&#233;sente l'histoire de la philosophie, c'est la succession des nobles esprits, la galerie des h&#233;ros de la &lt;i&gt;raison qui pense&lt;/i&gt;, lesquels gr&#226;ce &#224; cette raison ont p&#233;n&#233;tr&#233; dans l'essence des choses, de la nature et de l'esprit, dans l'&lt;i&gt;essence de Dieu &lt;/i&gt;et ont &#233;labor&#233; pour nous le tr&#233;sor supr&#234;me, le tr&#233;sor de la connaissance rationnelle. Les &#233;v&#233;nements et les actes de cette histoire sont, pas suite d'un genre qui fait que leur mati&#232;re et leur valeur sont distincts de la personnalit&#233; et du caract&#232;re individuel (tandis que, dans l'histoire politique, l'individu, selon la particularit&#233; de sa nature, de son g&#233;nie, de ses passions, de l'&#233;nergie ou de la faiblesse de son caract&#232;re, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale selon ce pourquoi il est cet &lt;i&gt;individu d&#233;termin&#233;&lt;/i&gt;, est le sujet des actions et des &#233;v&#233;nements), et m&#234;me les productions dans cette histoire sont d'autant plus excellentes qu'on peut moins les imputer &#224; l'individu particulier et moins lui en attribuer le m&#233;rite et qu'elles d&#233;pendent davantage au contraire de la pens&#233;e libre, du caract&#232;re g&#233;n&#233;ral de l'homme en tant qu'homme et que cette pens&#233;e d&#233;pourvue de particularit&#233; m&#234;me est le sujet qui produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actes de la pens&#233;e paraissent tout d'abord, &#233;tant historiques, &#234;tre l'affaire du pass&#233; et se trouver au-del&#224; de &lt;i&gt;notre r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt;. Mais en fait, ce que &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; sommes, nous le sommes aussi historiquement ou plus exactement : comme dans ce qui se trouve dans ce domaine, l'histoire de la pens&#233;e, le pass&#233; n'est qu'&lt;i&gt;un&lt;/i&gt; des aspects, de m&#234;me dans ce que nous sommes, l'&#233;l&#233;ment imp&#233;rissable commun &#224; tous est li&#233; indissolublement &#224; ce que historiquement nous sommes. Le tr&#233;sor de raison consciente d'elle-m&#234;me qui nous appartient, qui appartient &#224; l'&#233;poque contemporaine, ne s'est pas produit de mani&#232;re imm&#233;diate, n'est pas sorti du sol du temps pr&#233;sent, mais pour lui c'est essentiellement un h&#233;ritage, plus pr&#233;cis&#233;ment le &lt;i&gt;r&#233;sultat&lt;/i&gt; du travail et, &#224; vrai dire, du travail de toutes les g&#233;n&#233;rations ant&#233;rieures du genre humain. De m&#234;me que les arts de la vie ext&#233;rieure, la quantit&#233; de moyens et d&#233; proc&#233;d&#233;s habiles, les dispositions et les habitudes de la vie sociale et politique sont un r&#233;sultat de la r&#233;flexion, de l'invention, des besoins, de la n&#233;cessit&#233; et du malheur, de la volont&#233; et de la r&#233;alisation de l'histoire qui pr&#233;c&#232;de notre &#233;poque, de m&#234;me ce que nous sommes en fait de science et plus particuli&#232;rement de philosophie nous le devons &#224; la &lt;i&gt;tradition&lt;/i&gt; qui enlace tout ce qui est passager et qui est par suite pass&#233;, pareille &#224; une &lt;i&gt;cha&#238;ne sacr&#233;e&lt;/i&gt;, comme l'a appel&#233;e Herder, et qui nous a conserv&#233; et transmis tout ce qu'a cr&#233;&#233; le temps pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette tradition n'est pas seulement une m&#233;nag&#232;re qui se contente de garder fid&#232;lement ce qu'elle a re&#231;u et le transmet sans changement aux successeurs ; elle n'est pas une immobile statue de pierre, mais elle est vivante et grossit comme un fleuve puissant qui s'amplifie &#224; mesure qu'il s'&#233;loigne de sa source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu de cette tradition, c'est ce qu'a produit le monde intellectuel, et l'Esprit universel ne demeure pas en repos. C'est &#224; cet Esprit universel en effet +que nous avons affaire ici. Chez une nation particuli&#232;re, le cas peut bien se produire que sa culture, son art, sa science, sa facult&#233; intellectuelle demeurent stationnaires, comme cela parait &#234;tre celui des Chinois qui, il 'y a deux mille ans, furent sans doute aussi avanc&#233;s qu'aujourd'hui ; mais l'Esprit de l'Univers ne sombre pas dans ce calme indiff&#233;rent ; c'est ce qui r&#233;sult&#233; simplement de sa notion. &lt;i&gt;Sa vie est action.&lt;/i&gt; L'action pr&#233;sume une mati&#232;re existante qui est son objet ; non seulement elle l'amplifie, l'agrandit en y ajoutant de la mati&#232;re, mais essentiellement elle l'&lt;i&gt;&#233;labore &lt;/i&gt;et la &lt;i&gt;transforme&lt;/i&gt;. H&#233;riter est ici en m&#234;me temps recueillir et entrer en possession ; l'h&#233;ritage est abaiss&#233; au rang de mati&#232;re que l'Esprit m&#233;tamorphose. Ce que l'on a re&#231;u est ainsi transform&#233;, enrichi et en m&#234;me temps conserv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre position et notre activit&#233; - et celles de tous les temps - consistent &#224; &lt;i&gt;appr&#233;hender&lt;/i&gt; la science &lt;i&gt;existante&lt;/i&gt;, &#224; se former par elle et en elle-m&#234;me, continuer &#224; la former et &#224; la faire s'&#233;lever plus haut. En nous l'&lt;i&gt;appropriant&lt;/i&gt;, nous en faisons quelque chose qui nous appartient et qui s'oppose &#224; ce qu'elle &#233;tait pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se trouve par cons&#233;quent dans ce genre de formation, o&#249; se pr&#233;sume un monde intellectuel d&#233;j&#224; existant, que notre philosophie ne s'est produite essentiellement qu'en connexion avec la pr&#233;c&#233;dente et en est n&#233;cessairement issue ; et c'est l&#224; le cours de l'histoire qui ne nous pr&#233;sente pas le devenir de choses &#233;trang&#232;res, mais bien &lt;i&gt;notre devenir, le devenir de notre science&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la nature des conditions indiqu&#233;es d&#233;pendent les repr&#233;sentations et les questions qui peuvent se poser au sujet de la d&#233;finition de l'histoire de la philosophie. Le discernement de ces conditions nous renseigne en m&#234;me temps exactement sur la fin subjective l d'&#234;tre initi&#233; gr&#226;ce &#224; l'&#233;tude de l'histoire de cette science, &#224; la connaissance de cette science. En outre, les d&#233;terminations de la m&#233;thode &#224; apporter &#224; cette histoire se trouvent &#233;galement dans ces conditions dont l'explication pr&#233;cise sera un but capital de cette Introduction. Il faut &#233;videmment retenir et m&#234;me prendre comme fondement la notion de ce que la philosophie se propose ; et comme, ainsi qu'on l'a d&#233;j&#224; dit, l'analyse scientifique de cette notion ne peut trouver ici sa place, par suite l'explication &#224; fournir doit avoir seulement pour but, non de d&#233;montrer et de comprendre la nature de ce devenir, mais plut&#244;t d'en donner une repr&#233;sentation au, pr&#233;alable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e qui peut tout d'abord se pr&#233;senter &#224; nous &#224; propos d'une histoire de la philosophie, c'est que cet objet renferme une contradiction int&#233;rieure imm&#233;diate. Car la philosophie se propose de conna&#238;tre l'imp&#233;rissable, l'&#233;ternel, ce qui est en soi et pour soi sa fin est la &lt;i&gt;v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;. Mais l'histoire raconte ce qui a &#233;t&#233; &#224; une &#233;poque, mais qui a disparu &#224; une autre, &#233;cart&#233; par autre chose. Si nous partons de l&#224; que la v&#233;rit&#233; est &#233;ternelle, elle ne rentre pas dans la sph&#232;re de ce qui passe et n'a pas d'histoire. Or, si elle a une histoire et si l'histoire consiste seulement en une s&#233;rie de formes &#233;vanouies de la connaissance, on ne peut trouver chez elle la v&#233;rit&#233;, parce que la v&#233;rit&#233; n'est pas au pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait dire que ce raisonnement g&#233;n&#233;ral s'appliquerait tout aussi bien non seulement aux autres sciences, mais aussi &#224; la religion chr&#233;tienne et trouver contradictoire qu'il y ait une histoire de cette religion et des autres sciences ; il serait donc superflu d'examiner plus longtemps ce raisonnement, &#233;tant donn&#233; qu'il se trouve d&#233;j&#224; r&#233;fut&#233; par les faits puisque ces histoires existent. Pour serrer de plus pr&#232;s le sens de ce conflit, il faut faire une diff&#233;rence entre l'histoire de la destin&#233;e ext&#233;rieure d'une religion ou d'une science et l'histoire de l'objet lui-m&#234;me. Il faut ensuite consid&#233;rer qu'il en va autrement de l'histoire de la philosophie &#224; cause de la nature particuli&#232;re de son objet que des histoires d'un autre genre. Il est tout de suite &#233;vident que le conflit ci-dessus ne peut concerner l'histoire ext&#233;rieure, mais seulement l'histoire int&#233;rieure, celle du contenu. Le christianisme poss&#232;de une histoire de son extension, de la destin&#233;e de ses confesseurs, etc. ; et son existence s'&#233;tant d&#233;velopp&#233;e en &#201;glise, celle-ci comme telle a une existence ext&#233;rieure qui, aux prises dans le temps avec les contacts les plus vari&#233;s, a &#233;prouv&#233;, des fortunes diverses et a essentiellement une histoire. En ce qui concerne le dogme chr&#233;tien, il n'est assur&#233;ment pas sans histoire, mais il a n&#233;cessairement bient&#244;t atteint son d&#233;veloppement et acquis son expression d&#233;finitive, et cette ancienne profession de foi, de tout temps valable, doit passer encore aujourd'hui sans changement pour la v&#233;rit&#233;, m&#234;me si cette valeur qu'on lui attribue n'&#233;tait plus qu'une apparence et les mots une formule vide pour les l&#232;vres. Or, l'histoire de ce dogme dans sa plus grande extension ne contient que deux choses : d'une part, les additions les plus vari&#233;es et les d&#233;viations, de cette solide v&#233;rit&#233; et, d'autre part, la lutte contre ces d&#233;viations et la purification du fondement qui reste, d&#233;barrass&#233; des additions et le retour &#224; sa simplicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres sciences ont aussi une histoire ext&#233;rieure comme la religion, il en est de, m&#234;me de la philosophie. Elle a une histoire de son origine, de son extension, de sa floraison, de sa d&#233;cadence, de sa renaissance, une histoire de ses ma&#238;tres, de ses promoteurs, de ses antagonistes, de m&#234;me de son rapport ext&#233;rieur &#224; la religion, parfois aussi &#224; l'&#201;tat. Ce c&#244;t&#233; de son histoire fournit aussi l'occasion de poser des questions int&#233;ressantes, entre autres celle-ci : comment se fait-il que la philosophie, si elle est vraiment la doctrine de l'absolue v&#233;rit&#233;, se soit restreinte dans l'ensemble &#224; un petit nombre d'individus, &#224; des peuples particuliers, &#224; des p&#233;riodes particuli&#232;res ; de m&#234;me, par rapport au christianisme o&#249; la v&#233;rit&#233; rev&#234;t une forme bien plus g&#233;n&#233;rale que sous la forme philosophique, on a soulev&#233; cette difficult&#233;, &#224; savoir, si ce n'&#233;tait pas contradictoire que cette religion se soit produite &#224; une date si tardive et qu'elle soit encore aujourd'hui demeur&#233;e restreinte &#224; des peuples particuliers. Ces questions et d'autres de ce genre sont toutefois d'un caract&#232;re d&#233;j&#224; trop sp&#233;cial pour ne d&#233;pendre que du conflit plus g&#233;n&#233;ral qui a &#233;t&#233; soulev&#233;, et c'est seulement quand nous aurons insist&#233; davantage sur la nature particuli&#232;re de la connaissance philosophique, que nous pourrons entrer dans plus de d&#233;tails sur les parties qui se rapportent davantage &#224; l'existence ext&#233;rieure et &#224; l'histoire ext&#233;rieure de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en ce qui concerne la comparaison de l'histoire de la religion &#224; l'histoire de la philosophie quant au contenu int&#233;rieur, on n'accorde pas &#224; cette derni&#232;re, ainsi qu'on le fait pour la religion, comme contenu une v&#233;rit&#233; solidement &#233;tablie d&#232;s le d&#233;but, contenu emprunt&#233; &#224; l'histoire et invariable. Or, le contenu du christianisme, qui est la v&#233;rit&#233;, est demeur&#233; comme elle, inchang&#233; et n'a par suite pas, ou pour ainsi dire pas, d'histoire. Par suite, pour ce qui touche la religion, le conflit dont il a &#233;t&#233; question n'a pas sa raison d'&#234;tre d'apr&#232;s la disposition fondamentale qui en fait la religion chr&#233;tienne. D'ailleurs, les d&#233;viations et les adjonctions ne font pas difficult&#233; ; elles sont variables et d'un caract&#232;re absolument historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres sciences ont aussi une histoire d'apr&#232;s leur contenu ; elle renferme aussi une partie qui indique des modifications de ce contenu, un abandon de propositions jadis valables ; mais une grande partie, m&#234;me la plus grande partie du contenu est d'un genre tel qu'il a pu se conserver ; et les nouveaut&#233;s qui se sont produites ne sont pas des modifications de ce pr&#233;sent acquis ant&#233;rieurement, mais des additions et des accroissements. Ces sciences progressent par juxtaposition. Il se rectifie bien des choses avec le progr&#232;s en min&#233;ralogie, botanique, etc. ; mais la plus grande partie de ces sciences demeure stable et s'enrichit sans changements, gr&#226;ce aux adjonctions nouvelles. Lorsqu'il s'agit d'une science comme les math&#233;matiques, l'histoire a surtout l'agr&#233;able occupation de raconter des d&#233;veloppements et la g&#233;om&#233;trie &#233;l&#233;mentaire, par exemple, peut, &#233;tant donn&#233; l'ampleur avec laquelle Euclide l'a expos&#233;e, &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme sans histoire &#224; partir de ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la philosophie, au contraire, ne montre ni la persistance d'un contenu simple sans additions, ni, dans son cours, l'adjonction paisible de tr&#233;sors nouveaux aux anciennes acquisitions ; mais elle para&#238;t plut&#244;t offrir le spectacle de changements d'ensemble qui constamment se renouvellent et qui finalement n'ont m&#234;me plus pour lien commun le simple but. Bien plus, c'est m&#234;me l'objet abstrait, la connaissance rationnelle, qui s'efface et la construction de la science doit finalement partager, avec la place devenue vide, la pr&#233;tention &#224; la philosophie et son nom de celle-ci devenu chose vaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;G.W.F. Hegel, &lt;strong&gt;Le&#231;ons sur l'histoire de la philosophie&lt;/strong&gt;,&lt;br /&gt;
t.I, &#171; Introduction au cours de Heidelberg&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;but du cours le 28 octobre 1816&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;,&lt;br /&gt;
Gallimard (1954), Id&#233;es, pp.24-31&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Qui pense abstrait ?</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Qui-pense-abstrait</link>
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		<dc:date>2003-11-13T12:41:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hegel, Georg Wilhelm Friedrich</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pour lire le texte original (en allemand) : &lt;br class='autobr' /&gt; Penser ? Penser de fa&#231;on abstraite ? Rette sich, wer kann ! Sauve qui peut ! J'entends d&#233;j&#224; crier ainsi quelque tra&#238;tre, soudoy&#233; par l'ennemi, qui va clabaudant contre cet essai parce qu'il y sera question de m&#233;taphysique. Car m&#233;taphysique - tout comme abstrait, et m&#234;me penser - est un mot devant lequel chacun, plus ou moins, prend la fuite comme devant un pestif&#233;r&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais on n'est pas assez m&#233;chant pour vouloir expliquer ici ce qu'est penser (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Hegel-" rel="directory"&gt;Hegel&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour lire le texte original (en allemand) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.comlink.de/cl-hh/m.blumentritt/agr91.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.comlink.de/cl-hh/m.blume...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elg-halle.de/philo/text2.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.elg-halle.de/philo/text2.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Penser ? Penser de fa&#231;on abstraite ? &lt;i&gt;Rette sich, wer kann !&lt;/i&gt; Sauve qui peut ! J'entends d&#233;j&#224; crier ainsi quelque tra&#238;tre, soudoy&#233; par l'ennemi, qui va clabaudant contre cet essai parce qu'il y sera question de m&#233;taphysique. Car &lt;i&gt;m&#233;taphysique&lt;/i&gt; - tout comme &lt;i&gt;abstrait&lt;/i&gt;, et m&#234;me &lt;i&gt;penser&lt;/i&gt; - est un mot devant lequel chacun, plus ou moins, prend la fuite comme devant un pestif&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on n'est pas assez m&#233;chant pour vouloir expliquer ici ce qu'est penser et ce qu'est l'abstrait. Rien n'est plus insupportable au beau monde que les explications. Pour moi, il m'est suffisamment p&#233;nible d'entendre quelqu'un se lancer dans des explications, car au besoin je comprends tout moi-m&#234;me. De toutes fa&#231;ons, expliquer ce qu'est penser et ce qu'est l'abstrait semble ici parfaitement superflu ; car c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que le beau monde sait fort bien ce qu'est l'abstraction qu'il s'enfuit &#224; sa vue. Tout comme l'on ne d&#233;sire pas ce que l'on ne conna&#238;t pas, on ne peut pas le d&#233;tester. On ne se propose pas non plus de r&#233;concilier le beau monde avec la pens&#233;e et l'abstraction en les faisant toutes deux entrer en fraude sous l'apparence d'une conversation l&#233;g&#232;re, tant et si bien qu'elles se seraient gliss&#233;es furtivement parmi la compagnie, incognito, sans soulever le d&#233;go&#251;t ; que la compagnie elle-m&#234;me les aurait attir&#233;es insensiblement &#224; elle ou, comme disent les Souabes, &#171; parqu&#233;es &#187; sans s'en apercevoir ; sur quoi l'auteur de cet imbroglio d&#233;voilerait en pr&#233;sence de la soci&#233;t&#233; l'identit&#233; de cet h&#244;te &#233;tranger que sous une autre &#233;tiquette la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re avait reconnu et accept&#233; comme une vieille connaissance. Pareilles sc&#232;nes de retrouvailles, qui &#233;difient le monde contre son gr&#233;, ont le d&#233;faut impardonnable d'humilier, cependant que le machiniste cherche &#224; se fabriquer une petite r&#233;putation. Si bien que cette humiliation et cette vanit&#233; d&#233;truisent l'effet de la le&#231;on, dont le prix devient ainsi inacceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs un tel projet se verrait g&#226;t&#233; &#224; l'avance. Car sa mise en oeuvre exigerait que le mot de l'&#233;nigme ne fut pas donn&#233; explicitement au d&#233;but. Or il l'est d&#233;j&#224; dans le titre : si cet essai recourait &#224; une telle supercherie, le mot en question n'aurait pas d&#251; entrer en sc&#232;ne d&#232;s le premier acte, mais plut&#244;t, tel le ministre de la com&#233;die, jouer toute la pi&#232;ce envelopp&#233; dans un manteau, s'en d&#233;pouiller seulement &#224; la derni&#232;re sc&#232;ne et laisser appara&#238;tre dans tout son &#233;clat l'&#233;toile de la sagesse. Et &#224; d&#233;boutonner son manteau, la m&#233;taphysique ne ferait m&#234;me pas aussi bonne figure que le ministre : la r&#233;v&#233;lation se ram&#232;nerait &#224; quelques mots et le plus dr&#244;le de la farce serait justement que la soci&#233;t&#233; appara&#238;trait d&#233;tenir depuis longtemps la chose m&#234;me. Elle n'y gagnerait finalement que le nom, alors que l'&#233;toile du ministre signifie quelque chose de plus r&#233;el, &#224; savoir un sac d'&#233;cus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'est penser, ce qu'est l'abstrait, l'on suppose dans la bonne soci&#233;t&#233; que tous les pr&#233;sents le savent - et en bonne soci&#233;t&#233; nous nous trouvons. La seule question qui reste est celle-ci : qui est celui qui pense abstrait ? Nous n'avons nullement en t&#234;te - on s'en souvient - de r&#233;concilier la soci&#233;t&#233; avec ces choses, nous n'exigeons pas d'elle qu'elle s'adonne &#224; quelque difficile affaire, nous ne voulons pas lui faire la morale en lui expliquant que sa l&#233;g&#232;ret&#233; la conduirait &#224; n&#233;gliger quelque chose qui serait conforme au rang et &#224; l'&#233;tat d'un &#234;tre dou&#233; de raison. Nous nous proposons plut&#244;t de r&#233;concilier le beau monde avec lui-m&#234;me, si toutefois - sans se faire scrupule pour autant d'une telle n&#233;gligence - il &#233;prouve &#224; l'endroit de la pens&#233;e abstraite le respect que l'on a - fut-ce int&#233;rieurement - pour quelque chose de sublime, et qu'il d&#233;tourne son regard, non que pour lui ce quelque chose soit trop insignifiant, mais parce qu'il serait trop distingu&#233; ; ou, &#224; l'inverse, parce qu'il forme une &lt;i&gt;esp&#232;ce&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fran&#231;ais dans le texte.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'il semble &#234;tre quelque chose de particulier, quelque chose qui ne vous signale pas &#224; la soci&#233;t&#233; comme le ferait une nouvelle toilette, mais qui bien plut&#244;t vous en exclut ou vous rend ridicule comme le ferait un v&#234;tement mis&#233;rable, ou encore un v&#234;tement trop riche couvert de pierres pr&#233;cieuses mont&#233;es &#224; l'ancienne, ou une broderie toujours somptueuse mais devenue chinoise avec l'&#226;ge...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui pense abstrait ? L'homme inculte, non pas l'homme cultiv&#233;. Si la bonne soci&#233;t&#233; ne pense pas abstrait, c'est que c'est trop facile, ou trop vulgaire (mais non pas vulgaire selon la condition sociale) ; ce n'est pas en raison de quelque affectation vaine qui s'attacherait &#224; ce dont elle n'est pas capable ; mais en raison de la m&#233;diocrit&#233; intrins&#232;que de la chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;jug&#233;s, le respect pour la pens&#233;e abstraite sont si grands que les nez fins vont soup&#231;onner ici une satire, ou quelque ironie. Seulement, &#233;tant lecteurs du &lt;i&gt;Journal du mati&lt;/i&gt;n, ils savent bien qu'un prix est offert pour une satire et que je pr&#233;f&#233;rerais gagner ce prix et participer au concours dans ce but plut&#244;t que de d&#233;baller d&#233;j&#224; ici ma marchandise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qu'il me faut, c'est citer, &#224; l'appui de ma proposition, des exemples tels que chacun conviendra qu'ils la contiennent. Voici : un assassin est conduit au lieu d'ex&#233;cution. Pour le commun, il n'est rien d'autre qu'un assassin. Des dames hasardent peut-&#234;tre la remarque qu'il est b&#226;ti en force, qu'il est bel homme, qu'il est int&#233;ressant. Ce m&#234;me commun trouve la remarque atroce. Quoi ? Beau, un assassin ? Comment peut-on avoir l'esprit aussi mal tourn&#233; et trouver beau un assassin ? C'est &#224; croire que vous ne valez gu&#232;re mieux ! Voil&#224; bien la corruption morale qui r&#232;gne chez les gens distingu&#233;s, ajoutera peut-&#234;tre le pr&#234;tre qui conna&#238;t le fond des choses et des c&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un connaisseur des hommes ira rechercher le processus qui a achemin&#233; cet homme vers le crime, trouvera dans sa biographie, dans son &#233;ducation, des relations familiales difficiles entre le p&#232;re et la m&#232;re, un ch&#226;timent excessif &#224; la suite d'une peccadille de cet homme, rendu ainsi amer &#224; l'&#233;gard de l'ordre social, un premier geste en retour contre cet ordre, geste qui l'en a expuls&#233; et ne lui a laiss&#233; d&#233;sormais d'autre possibilit&#233; qu'une existence fond&#233;e sur le crime. Il peut bien se trouver des gens pour dire, en entendant de telles choses : &#171; Celui-l&#224; veut excuser l'assassin ! &#187; Je me souviens bien avoir entendu dans ma jeunesse un bourgmestre se plaindre que les &#233;crivains poussaient les choses trop loin, qu'ils cherchaient &#224; extirper compl&#232;tement le christianisme et l'honn&#234;tet&#233; : l'un d'entre eux avait &#233;crit une d&#233;fense du suicide, &#233;pouvantable, trop &#233;pouvantable ! Questionn&#233; plus avant, il apparut qu'il entendait par l&#224; &lt;i&gt;Les Souffrances du jeune Werther&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Titre d'un ouvrage de Goethe.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; ce qui s'appelle avoir la pens&#233;e abstraite : ne voir dans l'assassin rien d'autre que cette qualit&#233; abstraite qu'il est un assassin et d&#233;truire en lui, &#224; l'aide de cette simple qualit&#233;, tout le reste de son humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout autre est un monde raffin&#233;, sensible, comme on le trouve &#224; Leipzig. Ce monde-l&#224; parsema et festonna la roue, et le criminel qui y &#233;tait attach&#233;, de guirlandes de fleurs. Voici de nouveau une abstraction, mais l'abstraction contraire. Les chr&#233;tiens peuvent bien se faire Rose-Croix, ou plut&#244;t Croix-Roses, et entourer de roses la croix. La croix est la potence, la roue depuis longtemps sanctifi&#233;e. Elle a perdu sa signification unilat&#233;rale, celle d'instrument de peine infamante, et offre au contraire la repr&#233;sentation de la plus haute douleur, du plus profond opprobre en m&#234;me temps que de la joie la plus d&#233;lirante et de l'honneur divin. A l'oppos&#233;, la croix de Leipzig, ficel&#233;e de violettes et de coquelicots, est une r&#233;conciliation &#224; la Kotzebue, une sorte d'accommodement malhonn&#234;te de la sensiblerie avec le mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut tout autre chose quand j'entendis autrefois une femme du peuple, une vieille de l'hospice, mettre &#224; mort l'abstraction de l'assassin, puis le ressusciter dans l'honneur. Le chef tranch&#233; &#233;tait pos&#233; sur l'&#233;chafaud et il faisait soleil. &#171; Comme c'est beau, dit-elle, la gr&#226;ce du soleil de Dieu illumine la t&#234;te de Binder ! &#187; - &#171; Tu n'es pas digne que le soleil r&#233;pande sa lumi&#232;re sur toi &#187;, dit-on &#224; un vaurien contre qui on est en col&#232;re. Cette femme vit que le chef de l'assassin &#233;tait &#233;clair&#233; par le soleil, et donc qu'il en &#233;tait encore digne. Elle le fit passer de la justice &#224; la cl&#233;mence ensoleill&#233;e de Dieu, elle n'amena donc aucune r&#233;conciliation par ses violettes ou sa vaine sensiblerie. Elle le vit en un plus haut soleil, re&#231;u par Dieu en sa gr&#226;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La vieille, vos &#339;ufs sont pourris ! &#187; dit l'acheteuse &#224; la marchande des quatre-saisons. &#171; Quoi ? r&#233;torque-t-elle, pourris mes &#339;ufs ! Pourrie vous-m&#234;me ! C'est vous qui venez me dire &#231;a de mes &#339;ufs ? Hein, vous ! Et votre p&#232;re, les poux ne l'ont-ils pas bouff&#233; sur la grand-route ? Et votre m&#232;re, n'a-t-elle pas fichu le camp avec des Fran&#231;ais ? Et votre grand-m&#232;re, morte &#224; l'hospice ? Achetez-vous donc une chemise enti&#232;re avec votre fichu paillet&#233; ! On sait bien d'o&#249; il vient, son fichu, et son bonnet ! S'il n'y avait pas les officiers, il y en a beaucoup maintenant qui ne seraient pas si astiqu&#233;es. Et si les madames s'occupaient un peu plus de leur maison, il y en a beaucoup qui seraient derri&#232;re des barreaux. Allez donc repriser les trous de vos bas ! &#187; Bref, elle ne lui laisse pas un seul poil de sec. Elle a la pens&#233;e abstraite, elle fait dispara&#238;tre cette bonne femme derri&#232;re son fichu, son bonnet, sa chemise et tout le tremblement, tout comme derri&#232;re ses doigts ou d'autres parties du corps, ou encore son p&#232;re et toute la tribu, pour le seul crime d'avoir trouv&#233; les &#339;ufs pourris. Tout en elle prend d&#233;sormais la couleur des &#339;ufs pourris, cependant que ces officiers dont parlait la marchande (s'il y a quelque chose l&#224;-derri&#232;re, ce dont on peut douter) peuvent lui avoir trouv&#233; quelque chose de bien diff&#233;rent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour passer de la bonne au valet, il n'y a certainement pas de valet plus malheureux que celui qui sert un homme de petite condition et de petits moyens ; et plus le ma&#238;tre sera distingu&#233;, mieux il s'en trouvera. L'homme du commun, ici encore, a la pens&#233;e plus abstraite, il fait le distingu&#233; vis-&#224;-vis de son valet, et dans ses rapports avec lui ne conna&#238;t que le valet : il n'en retient que ce seul pr&#233;dicat. C'est chez les Fran&#231;ais que les valets sont le mieux trait&#233;s. L'homme distingu&#233; est familier avec son valet, le Fran&#231;ais est m&#234;me son ami. Quand ils sont seuls, le valet tient le crachoir ; voyez donc Jacques et son ma&#238;tre de Diderot, le ma&#238;tre ne fait rien d'autre que priser ou regarder sa montre et quant au reste laisse faire son valet. L'homme distingu&#233; sait que le valet n'est pas seulement un valet, mais qu'il sait les nouvelles de la ville, qu'il conna&#238;t les filles, qu'il a de bonnes id&#233;es en t&#234;te ; il le questionne, le valet a la libert&#233; de r&#233;pondre ce qu'il sait sur ce que lui demande son patron. Chez les ma&#238;tres fran&#231;ais, le valet n'a pas seulement cette libert&#233;, il am&#232;ne des affaires sur le tapis, donne son sentiment et le d&#233;fend, et si le ma&#238;tre veut quelque chose, ce n'est pas l'affaire d'un ordre, il doit d'abord lui donner ses raisons pour l'amener &#224; son opinion et lui parler gentiment pour la faire pr&#233;valoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vie militaire, on trouve la m&#234;me diff&#233;rence. Chez les Autrichiens, le soldat peut &#234;tre fouett&#233;, c'est donc qu'il est une canaille. Car celui qui a le droit passif d'&#234;tre fouett&#233; est une canaille. C'est ainsi qu'aux yeux de l'officier, le simple soldat compte pour son abstraction de sujet fouettable, dont doit s'occuper un ma&#238;tre qui a droit &#224; l'uniforme et au port de l'&#233;p&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fran&#231;ais dans le texte.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - ce qui est &#224; se donner au diable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Titre d'un ouvrage de Goethe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;G.W.F. HEGEL, &lt;strong&gt;Le Mercure de France&lt;/strong&gt;, traduit de l'allemand par E. de Dampierre, d&#233;cembre 1963, pp. 746-751 ; cit&#233; dans J. D'Hondt, &lt;strong&gt;Hegel&lt;/strong&gt;, LGF, 1984, pp.130-137.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La contradiction entre justice et vengeance</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/La-contradiction-entre-justice-et-vengeance</link>
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		<dc:date>2003-10-11T09:37:15Z</dc:date>
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		<dc:creator>Hegel, Georg Wilhelm Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La punition est juste aussi par rapport au criminel (&#167;100) &lt;br class='autobr' /&gt;
L'affliction qu'on impose au criminel n'est pas seulement juste en soi ; en tant que juste elle est aussi l'&#234;tre en soi de sa volont&#233;, une mani&#232;re d'exister de sa libert&#233;, son droit. Il faudra dire encore qu'elle est un droit par rapport au criminel lui-m&#234;me, qu'elle est d&#233;j&#224; impliqu&#233;e dans sa volont&#233; existante, dans son acte. Cette action, puisqu'elle vient d'un &#234;tre raisonnable, implique l'universalit&#233;, l'&#233;tablissement d'une loi, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Hegel-" rel="directory"&gt;Hegel&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La punition est juste aussi par rapport au criminel (&#167;100)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'affliction qu'on impose au criminel n'est pas seulement juste en soi ; en tant que juste elle est aussi l'&#234;tre en soi de sa volont&#233;, une mani&#232;re d'exister de sa libert&#233;, son droit. Il faudra dire encore qu'elle est un droit par rapport au criminel lui-m&#234;me, qu'elle est d&#233;j&#224; impliqu&#233;e dans sa volont&#233; existante, dans son acte. Cette action, puisqu'elle vient d'un &#234;tre raisonnable, implique l'universalit&#233;, l'&#233;tablissement d'une loi, qu'il a reconnue en elle pour soi-m&#234;me, &#224; laquelle il peut donc &#234;tre soumis comme &#224; son propre droit.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Remarque&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que Beccaria a contest&#233; &#224; l'&#201;tat le droit d'appliquer la peine de mort, sous pr&#233;texte qu'on ne peut pas pr&#233;sumer que le contrat social contienne le consentement des individus &#224; &#234;tre tu&#233;s, et qu'on doit bien plut&#244;t admettre le contraire. Mais l'&#201;tat, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, n'est pas un contrat (&#167; 75), et son essence substantielle n'est pas si exclusivement la protection et la s&#233;curit&#233; de la vie et d&#233; la propri&#233;t&#233; des individus isol&#233;s. Il est plut&#244;t la r&#233;alit&#233; sup&#233;rieure et m&#234;me il revendique cette vie et cette propri&#233;t&#233; et r&#233;clame qu'on les sacrifie. De plus, outre que l'&#201;tat doit maintenir en vigueur le concept du crime, ce qu'il a de rationnel ind&#233;pendamment de l'adh&#233;sion de l'individu, la rationalit&#233; formelle, le vouloir de l'individu se trouvent aussi d&#233;j&#224; dans l'action du criminel. En consid&#233;rant en ce sens que la peine contient son droit, on honore le criminel comme un &#234;tre rationnel. Cet honneur ne lui est pas accord&#233; si le concept et la mesure de sa peine ne sont pas emprunt&#233;s &#224; la nature de son acte - de m&#234;me lorsqu'il n'est consid&#233;r&#233; que comme un animal nuisible qu'il faut mettre hors d'&#233;tat de nuire ou qu'on cherche &#224; l'intimider ou &#224; l'amender. Enfin au point de vue des modalit&#233;s d'existence de la justice, la forme qu'elle a dans l'&#201;tat, c'est-&#224;-dire comme peine, n'est pas la seule et l'&#201;tat n'est pas la condition n&#233;cessaire de la justice en soi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La punition est r&#233;paration du crime (&#167;101)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La suppression du crime est remboursement selon le concept, parce qu'elle est violence &#224; la viole ce, et selon l'existence, lorsque le crime a une certaine grandeur qualitative et quantitative qui peut se retrouver dans sa n&#233;gation comme existence. Mais cette identit&#233; qui repose sur le concept n'est pas l'&#233;galit&#233; qualitative, c'est celle qui r&#233;sulte de la nature en soi de la faute - l'&#233;galit&#233; de valeur.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Remarque&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la science ordinaire, la d&#233;finition d'une essence (ici la peine) est emprunt&#233;e &#224; la repr&#233;sentation universelle de l'exp&#233;rience psychologique et celle-ci montrerait que le sentiment g&#233;n&#233;ral des peuples et des individus envers le crime est et a toujours &#233;t&#233; qu'il m&#233;rite punition et que le criminel doit supporter ce qu'il a fait. Il ne faut pas oublier que les sciences qui prennent la source de leurs d&#233;terminations dans la repr&#233;sentation universelle acceptent d'autre part des principes qui contredisent cette donn&#233;e soi-disant g&#233;n&#233;rale de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette condition d'&#233;galit&#233; met une grande difficult&#233; dans la repr&#233;sentation de la compensation : seulement la justice des dispositions p&#233;nales dans leur sp&#233;cification qualitative ou quantitative est post&#233;rieure au probl&#232;me de la substance m&#234;me de la peine. M&#234;me si l'on devait, pour cette d&#233;termination post&#233;rieure., admettre d'autres principes que le principe g&#233;n&#233;ral de la peine, celui-ci resterait. ce qu'il est. Aussi bien le concept lui-m&#234;me doit contenir &#233;minemment le principe qui permet de fonder les sp&#233;cifications. Cet aspect du concept, c'est justement cette liaison n&#233;cessaire qui fait que le. crime comme volont&#233; en soi n&#233;gative, implique sa n&#233;gation m&#234;me, qui appara&#238;t comme peine. C'est l'identit&#233; int&#233;rieure qui dans l'existence ext&#233;rieure se r&#233;fl&#233;chit pour l'entendement comme &#233;galit&#233;. La sp&#233;cification qualitative et quantitative du crime et de sa suppression passe maintenant. dans la sph&#232;re de l'ext&#233;riorit&#233; dans laquelle aucune d&#233;finition absolue n'est possible (cf. &#167; 49) ; dans le domaine du fini, elle reste une simple exigence que l'entendement doit toujours plus d&#233;finir, ce qui est de la plus haute importance, mais qui progresse &#224; l'infini et ne permet qu'une approximation perp&#233;tuelle. Si l'on oublie cette nature du fini et si, au contraire, on en reste &#224; l'&#233;galit&#233; abstraite et sp&#233;cifique, on rencontre une difficult&#233; insurmontable &#224; d&#233;terminer les peines (particuli&#232;rement lorsque la psychologie ajoute &#224; cela l'id&#233;e d'une grandeur des mobiles sensibles et d'une grandeur proportionnelle de la mauvaise volont&#233; ou inversement proportionnelle de la force d'&#226;me et de la libert&#233;). Il est tr&#232;s facile de montrer l'absurdit&#233; de la peine comme talion (ainsi vol pour vol, brigandage pour brigandage, oeil pour oeil, dent pour dent, qui nous repr&#233;sentent le criminel borgne et &#233;dent&#233;), mais le concept n'a rien &#224; voir avec cela, seule l'id&#233;e de cette &#233;galit&#233; sp&#233;cifique est responsable de ces images. La valeur, comme l'&#233;quivalence interne de choses qui dans leur existence externe sont sp&#233;cifiquement tr&#232;s diff&#233;rentes, est une notion qui appara&#238;t d&#233;j&#224; dans les contrats (cf. plus haut), ainsi que dans l'action civile contre le crime (&#167; 95) et par elle la repr&#233;sentation passe de la caract&#233;ristique imm&#233;diate de la chose &#224; l'universel. Dans le crime o&#249; le caract&#232;re ind&#233;fini de l'action est une d&#233;termination fondamentale, les distinctions sp&#233;cifiques ext&#233;rieures sont d'autant plus effac&#233;es, et l'&#233;galit&#233; ne peut plus &#234;tre la r&#232;gle que pour l'essence de ce que le criminel a m&#233;rit&#233;, mais non pour la forme ext&#233;rieure de cette peine. Ce n'est qu'au point de vue de cette derni&#232;re que la punition du vol et du brigandage, peine p&#233;cuniaire ou de prison, sont in&#233;gales mais quant &#224; leur valeur, &#224; leur propri&#233;t&#233; commune d'&#234;tre des dommages, ils sont comparables. C'est alors, on l'a vu, l'affaire de l'intelligence de chercher l'approximation de l'&#233;galit&#233; de valeur. Si l'on ne con&#231;oit pas la connexion interne virtuelle du crime et de l'acte qui l'abolit et que, par suite, on n'aper&#231;oive pas l'id&#233;e de la valeur et de la comparabilit&#233; selon la valeur, on en arrive &#224; ne voir dans une peine proprement dite que la liaison arbitraire d'un mal avec une action d&#233;fendue (Klein, &lt;i&gt;Principes de droit p&#233;nal&lt;/i&gt;, &#167; 9).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La loi a pourtant quelque chose de la vengeance (&#167;102)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'abolition du crime est d'abord, dans cette sph&#232;re du droit imm&#233;diat, la vengeance ; celle-ci est juste dans son contenu si elle est une compensation. Quant &#224; la forme, elle est l'action d'une volont&#233; subjective qui, dans chaque dommage qui se produit, met son ind&#233;fini, et dont par suite la justice est contingente. Et aux autres consciences elle appara&#238;t comme une volont&#233; particuli&#232;re. La vengeance devient une nouvelle -violence en tant qu'action positive d'une volont&#233; particuli&#232;re. Elle tombe par cette contradiction dans le processus de l'infini et se transmet de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration sans limite.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Remarque&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, o&#249; les crimes sont poursuivis et punis non comme &lt;i&gt;crimina publica&lt;/i&gt;, mais comme &lt;i&gt;privata&lt;/i&gt; (comme le vol et le brigandage chez les Juifs et les Romains et quelque peu encore chez les Anglais), la loi a en elle une partie au moins des caract&#232;res de la vengeance. L'exercice de la vengeance par les h&#233;ros, les chevaliers errants, est diff&#233;rent de la vengeance priv&#233;e. Elle appartient &#224; la naissance des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La contradiction entre justice et vengeance (&#167;103)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exiger la solution de cette contradiction (de m&#234;me que celle des autres injustices, &#167; 86 et &#167; 89), qui tient ici aux modalit&#233;s de l'abolition de la faute, c'est l'exigence d'une justice d&#233;pouill&#233;e de tout int&#233;r&#234;t, de tout aspect particulier et de la contingence de la force, qui ne venge pas mais qui punisse. C'est l&#224; l'exigence d'une volont&#233; qui, comme particuli&#232;re et subjective, voudrait l'universel comme tel. Mais c'est le concept de la moralit&#233; subjective qui n'est pas seulement un souhait mais un produit de ce mouvement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hegel, &lt;strong&gt;Principes de la philosophie du droit&lt;/strong&gt;, &#167;&#167;100-103&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce n'est qu'au d&#233;but du cr&#233;puscule que la chouette de Minerve prend son vol</title>
		<link>http://www.caute.lautre.net/Ce-n-est-qu-au-debut-du-crepuscule-que-la-chouette-de-Minerve-prend-son-vol</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.caute.lautre.net/Ce-n-est-qu-au-debut-du-crepuscule-que-la-chouette-de-Minerve-prend-son-vol</guid>
		<dc:date>2003-08-14T23:33:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hegel, Georg Wilhelm Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Hic Rhodus, hic saltus. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Concevoir ce qui est, est la t&#226;che de la philosophie, car ce qui est, c'est la raison. En ce qui concerne l'individu, chacun est le fils de son temps ; de m&#234;me aussi la philosophie, elle r&#233;sume son temps dans la pens&#233;e. Il est aussi fou de s'imaginer qu'une philosophie quelconque d&#233;passera le monde contemporain que de croire qu'un individu sautera au-dessus de son temps, franchira le Rhodus. Si une th&#233;orie, en fait, d&#233;passe ces limites, si elle construit un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.caute.lautre.net/-Hegel-" rel="directory"&gt;Hegel&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Hic Rhodus, hic saltus&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concevoir ce qui est, est la t&#226;che de la philosophie, car ce qui est, c'est la raison. En ce qui concerne l'individu, chacun est le fils de son temps ; de m&#234;me aussi la philosophie, elle r&#233;sume son temps dans la pens&#233;e. Il est aussi fou de s'imaginer qu'une philosophie quelconque d&#233;passera le monde contemporain que de croire qu'un individu sautera au-dessus de son temps, franchira le &lt;i&gt;Rhodus&lt;/i&gt;. Si une th&#233;orie, en fait, d&#233;passe ces limites, si elle construit un monde tel qu'il doit &#234;tre, ce monde existe bien, mais seulement dans son opinion, laquelle est un &#233;l&#233;ment inconsistant qui peut prendre n'importe quelle empreinte.&lt;br class='autobr' /&gt;
En la changeant quelque peu cette formule deviendrait expression :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Hier ist die Rose, hier tanze&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ici est la rose, ici il faut danser&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il y a entre la raison comme esprit conscient de soi, et la raison comme r&#233;alit&#233; donn&#233;e, ce qui s&#233;pare la premi&#232;re de la seconde, et l'emp&#234;che d'y trouver sa satisfaction, c'est qu'elle est encha&#238;n&#233;e &#224; l'abstraction dont elle ne se lib&#232;re pas pour atteindre le concept. Reconna&#238;tre la raison comme la rose dans la croix de la souffrance pr&#233;sente et se r&#233;jouir d'elle, c'est la vision rationnelle et m&#233;diatrice qui r&#233;concilie avec la r&#233;alit&#233;, c'est elle que procure la philosophie de ceux qui ont senti la n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure de concevoir et de conserver la libert&#233; subjective dans ce qui est substantiel, et de ne pas laisser la libert&#233; subjective dans le contingent et le particulier, de la mettre dans ce qui est en soi et pour soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi ce qui fait le sens concret de ce qui a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; plus haut d'une mani&#232;re abstraite comme unit&#233; de la forme et du contenu. En effet, dans sa signification la plus concr&#232;te, la forme est la raison comme connaissance conceptuelle, et le contenu est la raison comme essence substantielle de la r&#233;alit&#233; morale aussi bien que naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; consciente des deux est l'Id&#233;e philosophique. C'est un grand ent&#234;tement, un ent&#234;tement qui fait honneur &#224; l'homme, de ne rien vouloir reconna&#238;tre de nos sentiments qui ne soit justifi&#233; par la pens&#233;e, et cet ent&#234;tement est la caract&#233;ristique des temps modernes. C'est d'ailleurs le principe propre du protestantisme. Ce que Luther avait commenc&#233; &#224; saisir comme croyance dans le sentiment et dans le t&#233;moignage de l'esprit est ce que l'esprit ult&#233;rieurement m&#251;ri s'est efforc&#233; &#224; concevoir sous forme de concept pour se lib&#233;rer ainsi dans le pr&#233;sent, et s'y retrouver. Un mot c&#233;l&#232;bre dit qu'une demi-philosophie &#233;loigne de Dieu (c'est cette moiti&#233; qui fait consister le savoir dans une approximation de la v&#233;rit&#233;), mais que la vraie philosophie conduit &#224; Dieu. Il en est de m&#234;me avec l'&#201;tat. De m&#234;me, la raison ne se contente pas de l'approximation, car celle-ci n'est ni chaude ni froide et par suite doit &#234;tre vomie (&lt;i&gt;Apocalypse&lt;/i&gt;, III, 16). Elle ne veut pas non plus d'un d&#233;sespoir froid qui accorde que dans le temps tout va mal ou m&#233;diocrement, mais que justement il ne peut rien se produire de meilleur et qu'il faut maintenir la paix avec la r&#233;alit&#233; ; la vraie connaissance fait na&#238;tre une paix plus chaleureuse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_33 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L132xH200/shiboudasie-420e3.jpg?1773309786' width='132' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour dire encore un mot sur la pr&#233;tention d'enseigner comment doit &#234;tre le monde, nous remarquons qu'en tout cas, la philosophie vient toujours trop tard. En tant que pens&#233;e du monde, elle appara&#238;t seulement lorsque la r&#233;alit&#233; a accompli et termin&#233; son processus de formation. Ce que le concept enseigne, l'histoire le montre avec la m&#234;me n&#233;cessit&#233; : c'est dans la maturit&#233; des &#234;tres que l'id&#233;al appara&#238;t en face du r&#233;el et apr&#232;s avoir saisi le m&#234;me monde dans sa substance, le reconstruit dans la forme d'un empire d'id&#233;es. Lorsque la philosophie peint sa grisaille dans la grisaille, une manifestation de la vie ach&#232;ve de vieillir. On ne peut pas la rajeunir avec du gris sur du gris, mais seulement la conna&#238;tre. Ce n'est qu'au d&#233;but du cr&#233;puscule que la chouette de Minerve prend son vol.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hegel, &lt;strong&gt;Principes de la Philosophie du droit&lt;/strong&gt;, Pr&#233;face,&lt;br class='autobr' /&gt;
trad. Kaan, Gallimard, Id&#233;es, 1983&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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