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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title> Racisme d'&#201;tat et racisme intellectuel</title>
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		<dc:date>2016-10-23T12:08:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Badiou, Alain</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend bien des gens. On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d'en bas, des provinciaux &#233;gar&#233;s, des ouvriers, des sous-&#233;duqu&#233;s, effray&#233;e par la mondialisation, le recul du pouvoir d'achat, la d&#233;structuration des territoires, la pr&#233;sence &#224; leurs portes d'&#233;tranges &#233;trangers, veut se replier sur le nationalisme et la x&#233;nophobie. C'est d&#233;j&#224; du reste cette France &#171; retardataire &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Badiou-" rel="directory"&gt;Badiou&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend bien des gens. On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d'en bas, des provinciaux &#233;gar&#233;s, des ouvriers, des sous-&#233;duqu&#233;s, effray&#233;e par la mondialisation, le recul du pouvoir d'achat, la d&#233;structuration des territoires, la pr&#233;sence &#224; leurs portes d'&#233;tranges &#233;trangers, veut se replier sur le nationalisme et la x&#233;nophobie. C'est d&#233;j&#224; du reste cette France &#171; retardataire &#187; qu'on accusait d'avoir vot&#233; &#171; non &#187; au r&#233;f&#233;rendum sur l'Europe. On l'opposait aux classes moyennes urbaines &#233;duqu&#233;es et modernes, qui font tout le sel social de notre d&#233;mocratie bien temp&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons que cette France d'en bas est quand m&#234;me, en la circonstance, le baudet de la fable, le pel&#233; et le galeux &#171; populiste &#187; d'o&#249; nous vient tout le mal lep&#233;niste. Etrange, au demeurant, cette hargne politico-m&#233;diatique contre le &#171; populisme &#187;. Le pouvoir d&#233;mocratique, dont nous sommes si fiers, serait-il allergique &#224; ce qu'on se soucie du peuple ? C'est l'avis du dit peuple, en tout cas, et de plus en plus. A la question &#171; les responsables politiques se pr&#233;occupent-ils de ce que pensent les gens comme vous ? &#187;, la r&#233;ponse enti&#232;rement n&#233;gative &#171; pas du tout &#187; est pass&#233;e de 15% de l'ensemble en 1978 &#224; 42% en 2010 ! Quant au total des r&#233;ponses positives (&#171; beaucoup &#187; ou &#171; assez &#187;), il est pass&#233; de 35% &#224; 17%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On se reportera, pour cette indication statistique et d'autres d'un tr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La relation entre le peuple et l'Etat n'est pas faite de confiance, c'est le moins qu'on puisse dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il conclure que notre Etat n'a pas le peuple qu'il m&#233;rite, et que le sombre vote lep&#233;niste atteste cette insuffisance populaire ? Il faudrait alors, pour renforcer la d&#233;mocratie, changer le peuple, comme le proposait ironiquement Brecht...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma th&#232;se est plut&#244;t que deux autres grands coupables doivent &#234;tre mis en avant : les responsables successifs du pouvoir d'Etat, de gauche comme de droite, et un ensemble non n&#233;gligeable d'intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, ce ne sont pas les pauvres de nos provinces qui ont d&#233;cid&#233; de limiter autant que faire se peut le droit &#233;l&#233;mentaire d'un ouvrier de ce pays, quelle que soit sa nationalit&#233; d'origine, de vivre ici avec sa femme et ses enfants. C'est une ministre socialiste, et tous ceux de droite ensuite qui se sont engouffr&#233;s dans la br&#232;che. Ce n'est pas une campagnarde sous-&#233;duqu&#233;e qui a proclam&#233; en 1983, que les gr&#233;vistes de Renault &#8211; en effet majoritairement alg&#233;riens ou marocains &#8211; &#233;taient des &#171; travailleurs immigr&#233;s [...] agit&#233;s par des groupes religieux et politiques qui se d&#233;terminent en fonction de crit&#232;res ayant peu &#224; voir avec les r&#233;alit&#233;s sociales fran&#231;aises &#187;. C'est un premier ministre socialiste, bien entendu &#224; la grande joie de ses &#171; ennemis &#187; de la droite. Qui a eu la bonne id&#233;e de d&#233;clarer que Le Pen posait les vrais probl&#232;mes ? Un militant alsacien du Front National ? Non, c'est un premier ministre sous Mitterrand. Ce ne sont pas des sous-d&#233;velopp&#233;s de l'int&#233;rieur qui ont cr&#233;&#233; les centres de r&#233;tention pour y emprisonner, hors de tout droit r&#233;el, ceux qu'ils privaient par ailleurs de la possibilit&#233; d'acqu&#233;rir les papiers l&#233;gaux de leur pr&#233;sence. Ce ne sont pas non plus des banlieusards exc&#233;d&#233;s qui ont ordonn&#233;, partout dans le monde, qu'on ne d&#233;livre aux gens des visas pour la France qu'au compte-goutte, pendant qu'on fixait ici m&#234;me des quotas d'expulsions que devait &#224; tout prix r&#233;aliser la police. La succession des lois restrictives, attaquant, sous pr&#233;texte d'&#233;tranget&#233;, la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; de millions de gens qui vivent et travaillent ici, n'est pas l'&#339;uvre de &#171; populistes &#187; d&#233;chain&#233;s. A la man&#339;uvre de ces forfaits l&#233;gaux, on trouve l'Etat, tout simplement. On trouve tous les gouvernements successifs, d&#232;s Mitterrand, et sans r&#233;pit par la suite. En la mati&#232;re, et ce ne sont que deux exemples, le socialiste Jospin a fait savoir d&#232;s sa venue au pouvoir qu'il n'&#233;tait pas question d'abolir les lois x&#233;nophobes de Pasqua ; le socialiste Hollande fait savoir qu'on ne d&#233;cidera pas les r&#233;gularisations de sans-papiers autrement sous lui que sous Sarkozy. La continuit&#233; dans cette direction ne fait aucun doute. C'est cet encouragement obstin&#233; de l'Etat dans la vilenie qui fa&#231;onne l'opinion r&#233;active et racialiste, et non l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne crois pas &#234;tre suspect d'ignorer que Sarkozy et sa clique ont &#233;t&#233; constamment sur la br&#232;che du racisme culturel, levant haut le drapeau de la &#171; sup&#233;riorit&#233; &#187; de notre ch&#232;re civilisation occidentale et faisant voter une interminable succession de lois discriminatoires dont la sc&#233;l&#233;ratesse nous consterne. Mais enfin, nous ne voyons pas que la gauche se soit lev&#233;e pour s'y opposer avec la force que demandait un pareil acharnement r&#233;actionnaire. Elle a m&#234;me bien souvent fait savoir qu'elle &#171; comprenait &#187; cette demande de &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, et a vot&#233; sans &#233;tat d'&#226;me des d&#233;cisions pers&#233;cutoires flagrantes, comme celles qui tentent d'expulser de l'espace public telle ou telle femme sous le pr&#233;texte qu'elle se couvre les cheveux ou enveloppe son corps. Ses candidats annoncent partout qu'ils m&#232;neront une lutte sans merci, non tant contre les pr&#233;varications capitalistes et la dictature des budgets asc&#233;tiques que contre les ouvriers sans papiers et les mineurs r&#233;cidivistes, surtout s'ils sont noirs ou arabes. Dans ce domaine, droite et gauche confondues ont pi&#233;tin&#233; tout principe. Ce fut et c'est, pour ceux qu'on prive de papiers, non l'Etat de droit, mais l'Etat d'exception, l'Etat de non-droit. Ce sont eux qui sont en &#233;tat d'ins&#233;curit&#233;, et non les nationaux nantis. S'il fallait, ce qu'&#224; Dieu ne plaise, se r&#233;signer &#224; expulser des gens, il serait pr&#233;f&#233;rable qu'on choisisse nos gouvernants plut&#244;t que les tr&#232;s respectables ouvriers marocains ou maliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et derri&#232;re tout cela, de longue date, depuis plus de vingt ans, qui trouve-t-on ? Qui sont les glorieux inventeurs du &#171; p&#233;ril islamique &#187;, en passe selon eux de d&#233;sint&#233;grer notre belle soci&#233;t&#233; occidentale et fran&#231;aise ? Sinon des intellectuels, qui consacrent &#224; cette t&#226;che inf&#226;me des &#233;ditoriaux enflamm&#233;s, des livres retors, des &#171; enqu&#234;tes &#187; sociologiques truqu&#233;es ? Est-ce un groupe de retrait&#233;s provinciaux et d'ouvriers des petites villes d&#233;sindustrialis&#233;es qui a mont&#233; patiemment toute cette affaire du &#171; conflit des civilisations &#187;, de la d&#233;fense du &#171; pacte r&#233;publicain &#187;, des menaces sur notre magnifique &#171; la&#239;cit&#233; &#187;, du &#171; f&#233;minisme &#187; outrag&#233; par la vie quotidienne des dames arabes ? N'est-il pas f&#226;cheux qu'on cherche des responsables uniquement du c&#244;t&#233; de la droite extr&#234;me &#8211; qui en effet tire les marrons du feu &#8211; sans jamais mettre &#224; nu la responsabilit&#233; &#233;crasante de ceux, bien souvent &#8211; disaient-ils &#8211; &#171; de gauche &#187;, et plus souvent professeurs de &#171; philosophie &#187; que caissi&#232;res de supermarch&#233;, qui ont passionn&#233;ment soutenu que les arabes et les noirs, notamment les jeunes, corrompaient notre syst&#232;me &#233;ducatif, pervertissaient nos banlieues, offensaient nos libert&#233;s et outragaient nos femmes ? Ou qu'ils &#233;taient &#171; trop nombreux &#187; dans nos &#233;quipes de foot ? Exactement comme on disait nagu&#232;re des juifs et des &#171; m&#233;t&#232;ques &#187; que par eux la France &#233;ternelle &#233;tait menac&#233;e de mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a eu, certes, l'apparition de groupuscules fascistes se r&#233;clamant de l'Islam. Mais il y a tout aussi bien eu des mouvements fascistes se r&#233;clamant de l'occident et du Christ-roi. Cela n'emp&#234;che aucun intellectuel islamophobe de vanter &#224; tout bout de champ notre sup&#233;rieure identit&#233; &#171; occidentale &#187; et de parvenir &#224; loger nos admirables &#171; racines chr&#233;tiennes &#187; dans le culte d'une la&#239;cit&#233; dont Marine Le Pen, devenue une des plus acharn&#233;es pratiquantes de ce culte, r&#233;v&#232;le enfin de quel bois politique il se chauffe.&lt;br class='autobr' /&gt;
En v&#233;rit&#233;, ce sont des intellectuels qui ont invent&#233; la violence antipopulaire, singuli&#232;rement dirig&#233;e contre les jeunes des grandes villes, qui est le vrai secret de l'islamophobie. Et ce sont les gouvernements, incapables de b&#226;tir une soci&#233;t&#233; de paix civile et de justice, qui ont livr&#233; les &#233;trangers, et d'abord les ouvriers arabes et leurs familles, en p&#226;ture &#224; des client&#232;les &#233;lectorales d&#233;sorient&#233;es et craintives. Comme toujours, l'id&#233;e, fut-elle criminelle, pr&#233;c&#232;de le pouvoir, qui &#224; son tour fa&#231;onne l'opinion dont il a besoin. L'intellectuel, fut-il d&#233;plorable, pr&#233;c&#232;de le ministre, qui construit ses suiveurs. Le livre, fut-il &#224; jeter, vient avant l'image propagandiste, laquelle &#233;gare au lieu d'instruire. Et trente ans de patients efforts dans l'&#233;criture, l'invective et la comp&#233;tition &#233;lectorale sans id&#233;e, trouvent leur sinistre r&#233;compense dans les consciences fatigu&#233;es comme dans le vote moutonnier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Honte aux gouvernements successifs, qui ont tous rivalis&#233; sur les th&#232;mes conjoints de la s&#233;curit&#233; et du &#171; probl&#232;me immigr&#233; &#187;, pour que ne soit pas trop visible qu'ils servaient avant tout les int&#233;r&#234;ts de l'oligarchie &#233;conomique ! Honte aux intellectuels du n&#233;o-racialisme et du nationalisme bouch&#233;, qui ont patiemment recouvert le vide laiss&#233; dans le peuple par la provisoire &#233;clipse de l'hypoth&#232;se communiste d'un manteau d'inepties sur le p&#233;ril islamique et la ruine de nos &#171; valeurs &#187; ! Ce sont eux qui doivent aujourd'hui rendre des comptes sur l'ascension d'un fascisme rampant dont ils ont encourag&#233; sans rel&#226;che le d&#233;veloppement mental.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On se reportera, pour cette indication statistique et d'autres d'un tr&#232;s grand int&#233;r&#234;t, au num&#233;ro hors s&#233;rie de la revue La Pens&#233;e titr&#233; &#171; Le peuple, la crise et la politique &#187;, et r&#233;alis&#233; par Guy Michelat et Michel Simon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Article paru le 5 mai 2012 dans Le Monde, sous le titre (de la r&#233;daction) &#034;Le racisme des intellectuels&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
SOURCE : &lt;a href=&#034;https://www.editions-lignes.com/Racisme-d-Etat-et-racisme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.editions-lignes.com/Racisme-d-Etat-et-racisme.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'&#233;thique et la d&#233;finition n&#233;gative et victimaire de l'homme.</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/L-ethique-et-la-definition,74</link>
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		<dc:creator>Badiou, Alain</dc:creator>


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&lt;p&gt;Un d&#233;bat sur l'humanitaire. &lt;br class='autobr' /&gt; 3. L'homme : animal vivant, ou singularit&#233; immortelle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le c&#339;ur de la question est la supposition d'un Sujet humain universel, capable d'ordonner l'&#233;thique aux droits de l'homme et aux actions humanitaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons vu que l'&#233;thique subordonne l'identification de ce sujet &#224; l'universelle reconnaissance du mal qui lui est fait. L'&#233;thique d&#233;finit donc l'homme comme une victime. On dira : &#171; Mais non ! Vous oubliez le sujet actif celui qui intervient contre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-mort-+" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-morale-24-+" rel="tag"&gt;morale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-dignite-+" rel="tag"&gt;dignit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-sujet-+" rel="tag"&gt;sujet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-humain-+" rel="tag"&gt;humain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-homme-+" rel="tag"&gt;homme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-ethique-+" rel="tag"&gt;&#233;thique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-victime-+" rel="tag"&gt;victime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-vie-201-+" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-animal-+" rel="tag"&gt;animal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.caute.lautre.net/-Un-debat-sur-l-humanitaire-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un d&#233;bat sur l'humanitaire.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. L'homme : animal vivant, ou singularit&#233; immortelle ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur de la question est la supposition d'un Sujet humain universel, capable d'ordonner l'&#233;thique aux droits de l'homme et aux actions humanitaires.&lt;br /&gt;
Nous avons vu que l'&#233;thique subordonne l'identification de ce sujet &#224; l'universelle reconnaissance du mal qui lui est fait. L'&#233;thique d&#233;finit donc l'homme &lt;i&gt;comme une victime&lt;/i&gt;. On dira : &#171; Mais non ! Vous oubliez le sujet actif celui qui intervient contre la barbarie ! &#187; Soyons pr&#233;cis en effet : l'homme &lt;i&gt;est ce qui est capable de se reconna&#238;tre soi-m&#234;me comme victime.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette d&#233;finition qu'il faut d&#233;clarer inacceptable. Et cela pour trois raisons principales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Tout d'abord, parce que l'&#233;tat de victime, de b&#234;te souffrante, de mourant d&#233;charn&#233;, assimile l'homme &#224; sa substructure animale, &#224; sa pure et simple identit&#233; de vivant (la vie, comme le dit Bichat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;decin, anatomiste et physiologiste fran&#231;ais du XVIII&#232; si&#232;cle.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'est que &#171; l'ensemble des fonctions qui r&#233;sistent &#224; la mort &#187;). Certes, l'humanit&#233; est une esp&#232;ce animale. Elle est mortelle et pr&#233;datrice. Mais ni l'un ni l'autre de ces r&#244;les ne peuvent la singulariser dans le monde du vivant. En tant que bourreau, l'homme est une abjection animale, mais il faut avoir le courage de dire qu'en tant que victime, il ne vaut en g&#233;n&#233;ral pas mieux. Tous les r&#233;cits de tortur&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henri Alleg, La Question, 1958. Il n'est pas mauvais de se r&#233;f&#233;rer &#224; des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de rescap&#233;s l'indiquent avec force : si les bourreaux et bureaucrates des cachots et des camps peuvent traiter leurs victimes comme des animaux promis &#224; l'abattoir, et avec lesquels eux, les criminels bien nourris, n'ont rien de commun, C'est que les victimes sont bel et bien devenues de tels animaux. On a fait ce qu'il fallait pour &#231;a. Que certaines cependant soient encore des hommes, et en t&#233;moignent, est un fait av&#233;r&#233;. Mais justement, c'est toujours par un effort inou&#239;, salu&#233; par ses t&#233;moins - qu'il &#233;veille &#224; une reconnaissance radieuse - comme une r&#233;sistance presque incompr&#233;hensible, en eux, &lt;i&gt;de ce qui ne co&#239;ncide pas avec l'identit&#233; de victime&lt;/i&gt;. L&#224; est l'Homme, si on tient &#224; le penser : dans ce qui fait, comme le dit Varlam Chalamov dans ses &lt;i&gt;R&#233;cits de la vie des camps&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Varlam Chalamov, Kolyma. R&#233;cits de la vie des camps, Masp&#233;ro-La D&#233;couverte, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'il s'agit d'une b&#234;te autrement r&#233;sistante que les chevaux, non par son corps fragile, mais par son obstination &#224; demeurer ce qu'il est, C'est-&#224;-dire, pr&#233;cis&#233;ment, autre chose qu'une victime, autre chose qu'un &#234;tre-pour-la-mort, et donc &lt;i&gt;- autre chose qu'un mortel&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un immortel : voil&#224; ce que les pires situations qui puissent lui &#234;tre inflig&#233;es d&#233;montrent qu'est il Homme, pour autant qu'il se singularise dans le flot multiforme et rapace de la vie. Pour penser quoi que ce soit concernant l'Homme, c'est de l&#224; qu'il faut partir. En sorte que s'il existe des &#171; droits de l'homme &#187;, ce ne sont s&#251;rement pas des droits de la vie contre la mort, ou des droits de la survie contre la mis&#232;re. Ce sont les droits de l'Immortel, s'affirmant pour eux-m&#234;mes, ou les droits de l'Infini exer&#231;ant leur souverainet&#233; sur la contingence de la souffrance et de la mort. Qu'&#224; la fin nous mourrions tous et qu'il y ait que poussi&#232;re ne change rien &#224; l'identit&#233; de l'Homme comme immortel, dans l'instant o&#249; il affirme ce qu'il est au rebours du vouloir-&#233;tre-un-animal auquel la circonstance l'expose. Et chaque homme, on le sait, impr&#233;visiblement, est &lt;i&gt;capable&lt;/i&gt;, d'&#234;tre cet immortel, dans de grandes ou de petites circonstances, pour une importante ou secondaire v&#233;rit&#233;, peu importe. Dans tous les cas, la subjectivation est immortelle, et fait l'Homme. En dehors de quoi existe une esp&#232;ce biologique, un &#171; bip&#232;de sans plumes &#187; dont le charme n'est pas &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne part pas de l&#224; (ce qui se dit, tr&#232;s simplement l'Homme pense, l'Homme est tiss&#233; de quelques v&#233;rit&#233;s), si on identifie l'Homme &#224; sa pure r&#233;alit&#233; de vivant, on en vient in&#233;vitablement au contraire r&#233;el de ce que le principe semble indiquer. Car ce &#171; vivant &#187; est en r&#233;alit&#233; m&#233;prisable, et &lt;i&gt;on le m&#233;prisera&lt;/i&gt;. Qui ne voit que dans les exp&#233;ditions humanitaires, les ing&#233;rences, les d&#233;barquements de l&#233;gionnaires caritatifs, le suppos&#233; Sujet universel est scind&#233; ? Du c&#244;t&#233; des victimes, l'animal hagard qu'on expose sur l'&#233;cran. Du c&#244;t&#233; du bienfaiteur, la conscience et l'imp&#233;ratif Et pourquoi cette scission met-elle toujours les m&#234;mes dans les m&#234;mes r&#244;les ? Qui ne sent que cette &#233;thique pench&#233;e sur la mis&#232;re du monde cache, derri&#232;re son Homme-victime, l'Homme-bon, l'Homme-blanc ? Comme la barbarie de la situation n'est r&#233;fl&#233;chie qu'en termes de &#171; droits de l'homme &#187;, - alors qu'il s'agit toujours d'une situation politique, appelant une pens&#233;e-pratique politique, et dont il y a sur place, toujours, d'authentiques acteurs -, elle est per&#231;ue, du haut de notre paix civile apparente, comme l'incivilis&#233;e qui exige du civilis&#233; une intervention civilisatrice. Or, toute intervention au nom de la civilisation &lt;i&gt;exige &lt;/i&gt;un m&#233;pris premier de la situation toute enti&#232;re, victimes comprises. Et c'est pourquoi l'&#171; &#233;thique &#187; est contemporaine, apr&#232;s des d&#233;cennies de courageuses critiques du colonialisme et de l'imp&#233;rialisme, d'une sordide auto-satisfaction des &#171; Occidentaux &#187;, de la th&#232;se martel&#233;e selon laquelle la mis&#232;re du tiers-monde est le r&#233;sultat de son imp&#233;ritie, de sa propre inanit&#233;, bref : de sa &lt;i&gt;sous-humanit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Deuxi&#232;mement, parce que si le &#171; consensus &#187; &#233;thique se fonde sur la reconnaissance du Mal, il en r&#233;sulte que toute tentative de rassembler les hommes autour d'une id&#233;e positive du Bien, et plus encore d'identifier l'Homme par un tel projet, est en r&#233;alit&#233; &lt;i&gt;la v&#233;ritable source du mal lui-m&#234;me&lt;/i&gt;. C'est ce qu'on nous inculque depuis maintenant quinze ans : tout projet de r&#233;volution, qualifi&#233; d'&#171; utopique &#187;, tourne, nous dit-on, au cauchemar totalitaire. Toute volont&#233; d'inscrire une id&#233;e de la justice ou de l'&#233;galit&#233; tourne au pire. Toute volont&#233; collective du Bien fait le Mal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Glucksmann, Les Ma&#238;tres Penseurs, Grasset, 1977. Glucksmann est celui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, cette sophistique est d&#233;vastatrice. Car s'il ne s'agit que de faire valoir, contre un Mal reconnu &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, l'engagement &#233;thique, d'o&#249; proc&#233;dera qu'on envisage une transformation quelconque de ce qui est ? O&#249; l'homme puisera-t-il la force d'&#234;tre l'immortel qu'il est ? Quel sera le destin de la pens&#233;e, dont on sait bien qu'elle est invention affirmative, ou quelle n'est pas ? En r&#233;alit&#233;, le prix pay&#233; par l'&#233;thique est &lt;i&gt;un conservatisme &lt;/i&gt;&#233;pais. La conception &#233;thique de l'homme, outre qu'elle est en fin de compte soit biologique (images des victimes), soit &#171; occidentale &#187; (contentement du bienfaiteur arm&#233;), interdit toute vision positive large des possibles. Ce qui nous est ici vant&#233;, ce que l'&#233;thique l&#233;gitime, est en r&#233;alit&#233; la conservation, par le pr&#233;tendu &#171; Occident &#187;, de ce qu'il poss&#232;de. C'est assise sur cette possession (possession mat&#233;rielle, mais aussi possession de son &#234;tre) que l'&#233;thique d&#233;termine le Mal comme, d'une certaine mani&#232;re, ce qui n'est pas ce dont elle jouit. Or &lt;i&gt;l'Homme, comme immortel, se soutient de l'incalculable et de l'imposs&#233;d&#233;. Il se soutient du non-&#233;tant&lt;/i&gt;. Pr&#233;tendre lui interdire de se repr&#233;senter le Bien, d'y ordonner ses pouvoirs collectifs, de travailler &#224; l'av&#232;nement de possibles insoup&#231;onn&#233;s, de penser ce qui peut &#234;tre, en rupture radicale avec ce qui est, c'est lui interdire, tout simplement, l'humanit&#233; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Enfin, par sa d&#233;termination n&#233;gative et &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;du Mal l'&#233;thique s'interdit de penser la singularit&#233; des situations, ce qui est le d&#233;but oblig&#233; de toute action proprement humaine. Ainsi, le m&#233;decin ralli&#233; &#224; l'id&#233;ologie &#171; &#233;thique &#187; m&#233;ditera en r&#233;union et commission toutes sortes de consid&#233;rations sur &#171; les malades &#187;, consid&#233;r&#233;s exactement comme l'est, par le partisan des droits de l'homme, la foule indistincte des victimes : totalit&#233; &#171; humaine &#187; de r&#233;els sous-hommes. Mais le m&#234;me m&#233;decin ne verra nul inconv&#233;nient &#224; ce que &lt;i&gt;cette&lt;/i&gt; personne ne soit pas soign&#233;e &#224; l'h&#244;pital, et avec tous les moyens n&#233;cessaires, parce qu'elle est sans papiers, ou non immatricul&#233;e &#224; la S&#233;curit&#233; sociale. Responsabilit&#233; &#171; collective &#187;, encore une fois, oblige ! Ce qui est ici ratur&#233;, c'est qu'il n'y a qu'une seule situation m&#233;dicale : la situation clinique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C&#233;cile Winter, Qu'en est-il de l'historicit&#233; actuelle de la clinique ? (A (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et qu'il n'y a besoin de nulle &#171; &#233;thique &#187; (mais seulement d'une vision claire de &lt;i&gt;cette &lt;/i&gt;situation) pour savoir qu'en la circonstance le m&#233;decin n'est m&#233;decin que s'il traite la situation sous la r&#232;gle du possible maximal : soigner cette personne &lt;i&gt;qui le lui demande &lt;/i&gt;(pas d'ing&#233;rence, ici !) jusqu'au bout, avec tout ce qu'il sait, tous les moyens dont il sait qu'ils existent, et sans rien consid&#233;rer d'autre. Et si on veut lui interdire de soigner pour cause de budget de l'&#201;tat, de statistique de la morbidit&#233; ou de lois sur les flux migratoires, qu'on lui envoie la gendarmerie ! Encore son strict devoir hippocratique serait-il de lui tirer dessus. Les &#171; commissions d'&#233;thique &#187; et autres ruminations sur les &#171; d&#233;penses de sant&#233; &#187; et la &#171; responsabilit&#233; gestionnaire &#187;, &#233;tant radicalement ext&#233;rieures &#224; l'unique situation proprement m&#233;dicale, ne peuvent en r&#233;alit&#233; qu'interdire qu'on lui soit &lt;i&gt;fid&#232;le&lt;/i&gt;. Car lui &#234;tre fid&#232;le voudrait dire : traiter le possible de cette situation &lt;i&gt;jusqu'au bout&lt;/i&gt;. Ou, si l'on veut, faire advenir, dans la mesure du possible, ce que cette situation contient d'humanit&#233; affirmative, soit tenter d'&#234;tre l'immortel de cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la m&#233;decine bureaucratique sous id&#233;ologie &#233;thique a besoin &#171; des malades &#187; comme victimes indistinctes ou statistiques, mais est rapidement encombr&#233;e par toute situation effective et singuli&#232;re de demande. De l&#224; que la m&#233;decine &#171; gestionnaire &#187;, &#171; responsable &#187; et &#171; &#233;thique &#187; en est r&#233;duite &#224; l'abjection de d&#233;cider quels malades le &#171; syst&#232;me de sant&#233; fran&#231;ais &#187; peut soigner, et lesquels il doit renvoyer, puisque le Budget et l'opinion l'exigent, mourir dans les faubourgs de Kinshasa.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Quelques Principes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut rejeter le dispositif id&#233;ologique de l'&#171; &#233;thique &#187;, ne rien conc&#233;der &#224; la d&#233;finition n&#233;gative et victimaire de l'homme. Ce dispositif identifie l'homme &#224; un simple animal mortel, il est le sympt&#244;me d'un inqui&#233;tant conservatisme, et, par sa g&#233;n&#233;ralit&#233; abstraite et statistique, interdit de penser la singularit&#233; des situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lui opposera trois th&#232;ses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Th&#232;se 1 &lt;/i&gt; : L'Homme s'identifie par sa pens&#233;e affirmative, par les v&#233;rit&#233;s singuli&#232;res dont il est capable, par l'Immortel qui fait de lui le plus r&#233;sistant et le plus paradoxal des animaux.&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;- Th&#232;se 2 &lt;/i&gt; : C'est &#224; partir de la capacit&#233; positive au Bien, donc au traitement &#233;largi des possibles et au refus du conservatisme, f&#251;t-il la conservation de l'&#234;tre, qu'on d&#233;termine le Mal, et non inversement.&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;- Th&#232;se 3 &lt;/i&gt; : Toute humanit&#233; s'enracine dans l'identification en pens&#233;e de situations singuli&#232;res. Il n'y a pas d'&#233;thique en g&#233;n&#233;ral. Il n'y a - &#233;ventuellement - qu'&#233;thique de processus par lesquels on traite les possibles d'une situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surgit alors l'homme de l'&#233;thique raffin&#233;e, qui murmure : &#171; Contre-sens ! depuis le d&#233;but. L'&#233;thique ne se fonde nullement sur l'identit&#233; du Sujet, pas m&#234;me son identit&#233; comme victime reconnue. D&#232;s le principe, l'&#233;thique est &#233;thique &lt;i&gt;de l'autre, &lt;/i&gt;elle est ouverture principale &#224; l'autre, elle subordonne l'identit&#233; &#224; la diff&#233;rence. &#187;&lt;br /&gt;
Examinons cette piste. Mesurons sa nouveaut&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#233;decin, anatomiste et physiologiste fran&#231;ais du XVIII&#232; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henri Alleg, &lt;i&gt;La Question&lt;/i&gt;, 1958. Il n'est pas mauvais de se r&#233;f&#233;rer &#224; des &#233;pisodes de torture bien de chez nous, syst&#233;matiquement organis&#233;s par l'arm&#233;e fran&#231;aise entre 1954 et 1962.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Varlam Chalamov, &lt;i&gt;Kolyma. R&#233;cits de la vie des camps&lt;/i&gt;, Masp&#233;ro-La D&#233;couverte, 1980. ce livre, proprement admirable, donne forme d'art &#224; l'&#233;thique vraie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Glucksmann, &lt;i&gt;Les Ma&#238;tres Penseurs&lt;/i&gt;, Grasset, 1977. Glucksmann est celui qui a le plus insist&#233; sur la priorit&#233; absolue de la conscience du Mal, et sur l'id&#233;e que le primat catastrophique du Bien &#233;tait une cr&#233;ation de la philosophie. L'id&#233;ologie &#171; &#233;thique &#187; a ainsi une part de ses racines chez les &#171; nouveaux philosophes &#187; de la fin des ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C&#233;cile Winter, &lt;i&gt;Qu'en est-il de l'historicit&#233; actuelle de la clinique ? (A partir d'une m&#233;ditation de Foucault)&lt;/i&gt;. A para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Extraits de &lt;strong&gt;L'&#233;thique&lt;/strong&gt; de Alain Badiou, (ch. 3-4)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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