<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.caute.lautre.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Caute@lautre.net</title>
	<link>https://www.caute.lautre.net/</link>
	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.caute.lautre.net/spip.php?id_mot=202&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Caute@lautre.net</title>
		<url>https://www.caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH25/siteon0-61142.png?1772222329</url>
		<link>https://www.caute.lautre.net/</link>
		<height>25</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le Corps et l'Esprit (Ethique, III, prop.2)</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Le-Corps-et-l-Esprit-Ethique-III</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/Le-Corps-et-l-Esprit-Ethique-III</guid>
		<dc:date>2003-08-15T22:08:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Spinoza, Baruch</dc:creator>


		<dc:subject>libert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>volont&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>animal</dc:subject>
		<dc:subject>ignorance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Corps ne peut d&#233;terminer l'Esprit &#224; penser, ni l'Esprit d&#233;terminer le Corps au mouvement, ni au repos, ni &#224; quelque chose d'autre (si &#231;a existe). &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#201;MONSTRATION &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les mani&#232;res de penser ont pour cause Dieu, en tant qu'il est chose pensante, et non en tant qu'il s'explique par un autre attribut (par la Prop. 6 p. 2) ; ce qui donc d&#233;termine l'Esprit &#224; penser, c'est une mani&#232;re de penser, non de l'&#201;tendue, c'est-&#224;-dire (par la D&#233;fin. 1 p. 2), ce n'est pas le Corps : Ce qui &#233;tait le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Spinoza-" rel="directory"&gt;Spinoza&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-liberte-+" rel="tag"&gt;libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-volonte-+" rel="tag"&gt;volont&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-animal-+" rel="tag"&gt;animal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-ignorance-+" rel="tag"&gt;ignorance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Corps ne peut d&#233;terminer l'Esprit &#224; penser, ni l'Esprit d&#233;terminer le Corps au mouvement, ni au repos, ni &#224; quelque chose d'autre (si &#231;a existe).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#201;MONSTRATION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes les mani&#232;res de penser ont pour cause Dieu, en tant qu'il est chose pensante, et non en tant qu'il s'explique par un autre attribut (&lt;i&gt;par la Prop. 6 p. 2&lt;/i&gt;) ; ce qui donc d&#233;termine l'Esprit &#224; penser, c'est une mani&#232;re de penser, non de l'&#201;tendue, c'est-&#224;-dire (&lt;i&gt;par la D&#233;fin. 1 p. 2&lt;/i&gt;), ce n'est pas le Corps : Ce qui &#233;tait le premier point. Ensuite, le mouvement et le repos du Corps doit na&#238;tre d'un autre corps, qui a lui aussi &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; au mouvement ou au repos par un autre, et, absolument parlant, tout ce qui na&#238;t dans un corps a d&#251; na&#238;tre de Dieu, en tant qu'on le consid&#232;re affect&#233; d'une certaine mani&#232;re de l'&#201;tendue, et non d'une certaine mani&#232;re de penser (&lt;i&gt;par la m&#234;me Prop. 6 p. 2&lt;/i&gt;), c'est-&#224;-dire, ne peut pas na&#238;tre de l'Esprit, lequel (&lt;i&gt;par la Prop. 11 p. 2&lt;/i&gt;) est une mani&#232;re de penser : Ce qui &#233;tait le second point. Donc le Corps ne peut d&#233;terminer l'Esprit, etc. CQFD.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;SCOLIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela se comprend plus clairement par ce qu'on a dit dans le Scolie de la Proposition 7 p. 2, &#224; savoir que, l'Esprit et le Corps, c'est une seule et m&#234;me chose, qui se con&#231;oit sous l'attribut tant&#244;t de la Pens&#233;e, tant&#244;t de l'&#201;tendue. D'o&#249; vient que l'ordre ou encha&#238;nement des choses est un, qu'on con&#231;oive la nature sous l'un ou l'autre de ces attributs, par cons&#233;quent que l'ordre des actions et passions de notre Corps va par nature de pair avec l'ordre des actions et passions de notre Esprit : Ce qui ressort &#233;galement de la mani&#232;re dont nous avons d&#233;montr&#233; la Proposition 12 de la Deuxi&#232;me Partie. Or, encore que les choses soient telles qu'il ne reste pas de raison de douter, j'ai pourtant peine &#224; croire que, &#224; moins de prouver la chose par l'exp&#233;rience, je puisse induire les hommes &#224; examiner cela d'une &#226;me &#233;gale, tant ils sont fermement persuad&#233;s que c'est sous le seul commandement de l'Esprit que le Corps, tant&#244;t se meut, tant&#244;t est en repos, et fait un tr&#232;s grand nombre de choses qui d&#233;pendent de la seule volont&#233; de l'Esprit et de l'art de penser. Et, de fait, ce que peut le Corps, personne jusqu'&#224; pr&#233;sent ne l'a d&#233;termin&#233;, c'est-&#224;-dire, l'exp&#233;rience n'a appris &#224; personne jusqu'&#224; pr&#233;sent ce que le Corps peut faire par les seules lois de la nature en tant qu'on la consid&#232;re seulement comme corporelle, et ce qu'il ne peut faire &#224; moins d'&#234;tre d&#233;termin&#233; par l'Esprit. Car personne jusqu'&#224; pr&#233;sent n'a connu la structure du Corps si pr&#233;cis&#233;ment qu'il en p&#251;t expliquer toutes les fonctions, pour ne rien dire ici du fait que, chez les B&#234;tes, on observe plus d'une chose qui d&#233;passe de loin la sagacit&#233; humaine, et que les somnambules, dans leurs r&#234;ves, font un tr&#232;s grand nombre de choses qu'ils n'oseraient faire dans la veille ; ce qui montre assez que le Corps lui-m&#234;me, par les seules lois de sa nature, peut bien des choses qui font l'admiration de son Esprit. Ensuite, personne ne sait de quelle fa&#231;on, ou par quels moyens, l'Esprit meut le Corps, ni combien de degr&#233;s de mouvement il peut attribuer au Corps, et &#224; quelle vitesse il peut le mouvoir. D'o&#249; suit que, quand les hommes disent que telle ou telle action du Corps na&#238;t de l'Esprit, qui a un empire sur le Corps, ils ne savent ce qu'ils disent, et ils ne font qu'avouer, en termes sp&#233;cieux, qu'ils ignorent sans l'admirer la vraie cause de cette action. Mais ils vont dire, qu'ils sachent ou non par quels moyens l'Esprit meut le. Corps, que pourtant ils savent d'exp&#233;rience que, si l'Esprit n'&#233;tait pas apte &#224; penser, le Corps serait inerte. Qu'ensuite, ils savent d'exp&#233;rience qu'il est au seul pouvoir de l'Esprit tant de parler que de se taire, et bien d'autres choses qui, par suite, d&#233;pendent, &#224; ce qu'ils croient, du d&#233;cret de l'Esprit. Mais, pour ce qui touche au premier point, je leur demande si l'exp&#233;rience n'enseigne pas aussi que, si le Corps, inversement, est inerte, l'Esprit en m&#234;me temps est inapte &#224; penser ? Car, quand le Corps repose dans le sommeil, l'Esprit en m&#234;me temps que lui demeure endormi, et n'a pas le pouvoir de penser comme dans la veille. Ensuite, tout le monde a, je crois, fait l'exp&#233;rience que l'Esprit n'est pas toujours &#233;galement apte &#224; penser sur le m&#234;me objet ; mais que, selon que le Corps est plus apte &#224; ce que s'excite en lui l'image de tel ou tel objet, ainsi l'Esprit est plus apte &#224; contempler tel ou tel objet. Mais ils vont dire que, des seules lois de la nature, consid&#233;r&#233;e seulement en tant que corporelle, il ne peut pas se faire que l'on puisse d&#233;duire les causes des &#233;difices, des peintures et des choses de ce genre, qui se font par le seul art des hommes, et que le Corps humain, &#224; moins d'&#234;tre d&#233;termin&#233; et guid&#233; par l'Esprit, ne serait pas capable d'&#233;difier un temple. Mais j'ai d&#233;j&#224; montr&#233;, quant &#224; moi, qu'ils ne savent pas ce que peut le Corps, ou ce qu'on peut d&#233;duire de la seule contemplation de sa nature, et qu'ils ont l'exp&#233;rience d'un tr&#232;s grand nombre de choses qui se font par les seules lois de la nature et qu'ils n'auraient jamais cru pouvoir se faire sauf sous la direction de l'Esprit, comme sont celles que font les somnambules en dormant, et qu'ils admirent eux-m&#234;mes quand ils sont &#233;veill&#233;s. J'ajoute ici la structure m&#234;me du Corps humain, laquelle d&#233;passe de tr&#232;s loin en artifice toutes celles qu'a fabriqu&#233;es l'art des hommes, pour ne rien dire ici du fait, comme je l'ai montr&#233; plus haut, que de la nature, consid&#233;r&#233;e sous n'importe quel attribut, il suit une infinit&#233; de choses. Pour ce qui touche, en outre, au second point, les choses humaines iraient &#224; coup s&#251;r bien plus heureusement s'il &#233;tait tout autant au pouvoir de l'homme de se taire que de parler. Or l'exp&#233;rience enseigne plus que suffisamment qu'il n'est rien que les hommes aient moins en leur pouvoir que leur langue, et rien qu'ils puissent moins ma&#238;triser que leurs app&#233;tits ; d'o&#249; vint qu'ils croient, pour la plupart, que nous ne faisons librement que ce &#224; quoi nous aspirons l&#233;g&#232;rement, parce que l'app&#233;tit pour ces choses peut ais&#233;ment &#234;tre r&#233;duit par le souvenir d'autre chose que nous nous rappelons fr&#233;quemment, et que nous ne faisons pas du tout librement ce &#224; quoi nous aspirons avec un grand affect et que le souvenir d'autre chose ne peut apaiser. Mais &#224; vrai dire, si d'exp&#233;rience ils ne savaient que nous faisons plus d'une chose dont nous nous repentons ensuite, et que, souvent, quand nous sommes en proie &#224; des affects contraires, nous voyons le meilleur et nous faisons le pire, rien n'emp&#234;cherait qu'ils croient que nous faisons tout librement. Ainsi croit le b&#233;b&#233; aspirer librement au lait, et l'enfant en col&#232;re vouloir la vengeance, et le peureux la fuite. L'homme ivre, ensuite, croit que c'est par un libre d&#233;cret de l'Esprit qu'il dit ce que, redevenu sobre, il voudrait avoir tu : ainsi le d&#233;lirant, la bavarde, l'enfant, et bien d'autres de cette farine, croient que c'est par un libre d&#233;cret de l'Esprit qu'ils parlent, alors pourtant qu'ils ne peuvent contenir l'impulsion qu'ils ont &#224; parler ; si bien que l'exp&#233;rience elle-m&#234;me montre, non moins clairement que la raison, que les hommes se croient libres pour la seule raison qu'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes par quoi elles sont d&#233;termin&#233;es ; et, en outre, que les d&#233;crets de l'Esprit ne sont rien d'autre que les app&#233;tits eux-m&#234;mes, et pour cette raison varient en fonction de l'&#233;tat du Corps. Car chacun r&#232;gle toute chose &#224; partir de son propre affect, et, en outre, ceux qui sont en proie &#224; des affects contraires ne savent pas ce qu'ils veulent ; et, quant &#224; ceux qui n'en ont point, il suffit de tr&#232;s peu pour les pousser ici ou l&#224;. Toutes choses qui montrent assur&#233;ment clairement que tant le d&#233;cret que l'app&#233;tit de l'Esprit, et la d&#233;termination du Corps, vont de pair par nature, ou plut&#244;t sont une seule et m&#234;me chose, que nous appelons D&#233;cret quand on la consid&#232;re sous l'attribut de la Pens&#233;e, et qu'elle s'explique par lui et que nous appelons D&#233;termination quand on la consid&#232;re sous l'attribut de l'&#201;tendue, et qu'elle se d&#233;duit des lois du mouvement et du repos ; ce qui se verra plus clairement encore &#224; partir de ce qui reste &#224; dire maintenant. Car il y a autre chose que je voudrais ici noter tout particuli&#232;rement, c'est qu'il n'est rien que nous puissions faire par d&#233;cret de l'Esprit &#224; moins de nous en souvenir. Par ex., nous ne pouvons pas dire un mot &#224; moins de nous en souvenir. Ensuite, il n'est pas au libre pouvoir de l'Esprit de se souvenir d'une chose ou bien de l'oublier. Et donc, ce que l'on croit &#234;tre au pouvoir de l'Esprit, c'est seulement de pouvoir par d&#233;cret de l'Esprit ou bien dire ou bien taire la chose dont nous nous souvenons. Mais, lorsque nous r&#234;vons que nous parlons, nous croyons parler par un libre d&#233;cret de l'Esprit alors que pourtant nous ne parlons pas, ou, si nous parlons, cela se fait par un mouvement spontan&#233; du Corps. Ensuite, quand il nous arrive de r&#234;ver que nous cachons des choses aux hommes, c'est par le m&#234;me d&#233;cret de l'Esprit que celui par lequel, &#224; l'&#233;tat de veille, nous taisons ce que nous savons. Et enfin il nous arrive de r&#234;ver que nous faisons, par d&#233;cret de l'Esprit, des choses qu'en &#233;tat de veille nous n'oserions pas faire. Et par suite je voudrais bien savoir s'il y a dans l'Esprit deux genres de d&#233;crets, les Oniriques, et les Libres ? Que si l'on ne veut pas &#234;tre fou &#224; ce point-l&#224;, il faut n&#233;cessairement accorder que ce d&#233;cret de l'Esprit, qu'on croit libre, ne se distingue pas de l'imagination ou m&#233;moire elle-m&#234;me, et n'est rien d'autre que l'affirmation qu'enveloppe n&#233;cessairement l'id&#233;e, en tant qu'elle est id&#233;e (&lt;i&gt;voir Prop. 49 p. 2&lt;/i&gt;). Et par suite ces d&#233;crets de l'Esprit naissent dans l'Esprit avec la m&#234;me n&#233;cessit&#233; que les id&#233;es des choses existant en acte. Ceux donc qui croient qu'ils parlent, ou se taisent, ou font quoi que ce soit, par un libre d&#233;cret de l'Esprit, r&#234;vent les yeux ouverts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'abeille et l'architecte</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/L-abeille-et-l-architecte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/L-abeille-et-l-architecte</guid>
		<dc:date>2003-08-15T08:43:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marx, Karl</dc:creator>


		<dc:subject>technique</dc:subject>
		<dc:subject>nature humaine</dc:subject>
		<dc:subject>animal</dc:subject>
		<dc:subject>culture</dc:subject>
		<dc:subject>raison</dc:subject>
		<dc:subject>anthropologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le travail est de prime abord un acte qui se passe entre l'homme et la nature. L'homme y joue lui-m&#234;me vis-&#224;-vis de la nature le r&#244;le d'une puissance naturelle. Les forces dont son corps est dou&#233;, bras et jambes, t&#234;te et mains, il les met en mouvement, afin de s'assimiler des mati&#232;res en leur donnant une forme utile &#224; sa vie. En m&#234;me temps qu'il agit par ce mouvement sur la nature ext&#233;rieure et la modifie, il modifie sa propre nature, et d&#233;veloppe les facult&#233;s qui y sommeillent. Nous ne nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Marx-et-Engels-" rel="directory"&gt;Marx (et Engels)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-technique-180-+" rel="tag"&gt;technique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-nature-humaine-+" rel="tag"&gt;nature humaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-animal-+" rel="tag"&gt;animal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-culture-+" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-raison-+" rel="tag"&gt;raison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-anthropologie-+" rel="tag"&gt;anthropologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le travail est de prime abord un acte qui se passe entre l'homme et la nature. L'homme y joue lui-m&#234;me vis-&#224;-vis de la nature le r&#244;le d'une puissance naturelle. Les forces dont son corps est dou&#233;, bras et jambes, t&#234;te et mains, il les met en mouvement, afin de s'assimiler des mati&#232;res en leur donnant une forme utile &#224; sa vie. En m&#234;me temps qu'il agit par ce mouvement sur la nature ext&#233;rieure et la modifie, il modifie sa propre nature, et d&#233;veloppe les facult&#233;s qui y sommeillent. Nous ne nous arr&#234;tons pas &#224; cet &#233;tat primordial du travail o&#249; il n'a pas encore d&#233;pouill&#233; son mode purement instinctif. Notre point de d&#233;part c'est le travail sous une forme qui appartient exclusivement &#224; l'homme. Une araign&#233;e fait des op&#233;rations qui ressemblent &#224; celles du tisserand, et l'abeille confond par la structure de ses cellules de cire l'habilet&#233; de plus d'un architecte. Mais ce qui distingue d&#232;s l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa t&#234;te avant de la construire dans la ruche. Le r&#233;sultat auquel le travail aboutit, pr&#233;existe id&#233;alement dans l'imagination du travailleur. Ce n'est pas qu'il op&#232;re seulement un changement de forme dans les mati&#232;res naturelles ; il y r&#233;alise du m&#234;me coup son propre but dont il a conscience, qui d&#233;termine comme loi son mode d'action, et auquel il doit subordonner sa volont&#233;. Et cette subordination n'est pas momentan&#233;e. L'oeuvre exige pendant toute sa dur&#233;e, outre l'effort des organes qui agissent, une attention soutenue, laquelle ne peut elle-m&#234;me r&#233;sulter que d'une tension constante de la volont&#233;. Elle l'exige d'autant plus que, par son objet et son mode d'ex&#233;cution, le travail entra&#238;ne moins le travailleur, qu'il se fait moins sentir &#224; lui, comme le libre jeu de ses forces corporelles et intellectuelles ; en un mot, qu'il est moins attrayant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marx, &lt;strong&gt;Le Capital&lt;/strong&gt;, Ed. Sociales, Livre I, Chap.7, p.136-137&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;thique et la d&#233;finition n&#233;gative et victimaire de l'homme.</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/L-ethique-et-la-definition,74</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/L-ethique-et-la-definition,74</guid>
		<dc:date>2003-08-10T15:09:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Badiou, Alain</dc:creator>


		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>morale</dc:subject>
		<dc:subject>dignit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>sujet</dc:subject>
		<dc:subject>humain</dc:subject>
		<dc:subject>homme</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>victime</dc:subject>
		<dc:subject>vie</dc:subject>
		<dc:subject>animal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un d&#233;bat sur l'humanitaire. &lt;br class='autobr' /&gt; 3. L'homme : animal vivant, ou singularit&#233; immortelle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le c&#339;ur de la question est la supposition d'un Sujet humain universel, capable d'ordonner l'&#233;thique aux droits de l'homme et aux actions humanitaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons vu que l'&#233;thique subordonne l'identification de ce sujet &#224; l'universelle reconnaissance du mal qui lui est fait. L'&#233;thique d&#233;finit donc l'homme comme une victime. On dira : &#171; Mais non ! Vous oubliez le sujet actif celui qui intervient contre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Badiou-" rel="directory"&gt;Badiou&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-mort-+" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-morale-24-+" rel="tag"&gt;morale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-dignite-+" rel="tag"&gt;dignit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-sujet-+" rel="tag"&gt;sujet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-humain-+" rel="tag"&gt;humain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-homme-+" rel="tag"&gt;homme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-ethique-+" rel="tag"&gt;&#233;thique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-victime-+" rel="tag"&gt;victime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-vie-201-+" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-animal-+" rel="tag"&gt;animal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.caute.lautre.net/-Un-debat-sur-l-humanitaire-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un d&#233;bat sur l'humanitaire.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. L'homme : animal vivant, ou singularit&#233; immortelle ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur de la question est la supposition d'un Sujet humain universel, capable d'ordonner l'&#233;thique aux droits de l'homme et aux actions humanitaires.&lt;br /&gt;
Nous avons vu que l'&#233;thique subordonne l'identification de ce sujet &#224; l'universelle reconnaissance du mal qui lui est fait. L'&#233;thique d&#233;finit donc l'homme &lt;i&gt;comme une victime&lt;/i&gt;. On dira : &#171; Mais non ! Vous oubliez le sujet actif celui qui intervient contre la barbarie ! &#187; Soyons pr&#233;cis en effet : l'homme &lt;i&gt;est ce qui est capable de se reconna&#238;tre soi-m&#234;me comme victime.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette d&#233;finition qu'il faut d&#233;clarer inacceptable. Et cela pour trois raisons principales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Tout d'abord, parce que l'&#233;tat de victime, de b&#234;te souffrante, de mourant d&#233;charn&#233;, assimile l'homme &#224; sa substructure animale, &#224; sa pure et simple identit&#233; de vivant (la vie, comme le dit Bichat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;decin, anatomiste et physiologiste fran&#231;ais du XVIII&#232; si&#232;cle.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'est que &#171; l'ensemble des fonctions qui r&#233;sistent &#224; la mort &#187;). Certes, l'humanit&#233; est une esp&#232;ce animale. Elle est mortelle et pr&#233;datrice. Mais ni l'un ni l'autre de ces r&#244;les ne peuvent la singulariser dans le monde du vivant. En tant que bourreau, l'homme est une abjection animale, mais il faut avoir le courage de dire qu'en tant que victime, il ne vaut en g&#233;n&#233;ral pas mieux. Tous les r&#233;cits de tortur&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henri Alleg, La Question, 1958. Il n'est pas mauvais de se r&#233;f&#233;rer &#224; des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de rescap&#233;s l'indiquent avec force : si les bourreaux et bureaucrates des cachots et des camps peuvent traiter leurs victimes comme des animaux promis &#224; l'abattoir, et avec lesquels eux, les criminels bien nourris, n'ont rien de commun, C'est que les victimes sont bel et bien devenues de tels animaux. On a fait ce qu'il fallait pour &#231;a. Que certaines cependant soient encore des hommes, et en t&#233;moignent, est un fait av&#233;r&#233;. Mais justement, c'est toujours par un effort inou&#239;, salu&#233; par ses t&#233;moins - qu'il &#233;veille &#224; une reconnaissance radieuse - comme une r&#233;sistance presque incompr&#233;hensible, en eux, &lt;i&gt;de ce qui ne co&#239;ncide pas avec l'identit&#233; de victime&lt;/i&gt;. L&#224; est l'Homme, si on tient &#224; le penser : dans ce qui fait, comme le dit Varlam Chalamov dans ses &lt;i&gt;R&#233;cits de la vie des camps&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Varlam Chalamov, Kolyma. R&#233;cits de la vie des camps, Masp&#233;ro-La D&#233;couverte, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'il s'agit d'une b&#234;te autrement r&#233;sistante que les chevaux, non par son corps fragile, mais par son obstination &#224; demeurer ce qu'il est, C'est-&#224;-dire, pr&#233;cis&#233;ment, autre chose qu'une victime, autre chose qu'un &#234;tre-pour-la-mort, et donc &lt;i&gt;- autre chose qu'un mortel&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un immortel : voil&#224; ce que les pires situations qui puissent lui &#234;tre inflig&#233;es d&#233;montrent qu'est il Homme, pour autant qu'il se singularise dans le flot multiforme et rapace de la vie. Pour penser quoi que ce soit concernant l'Homme, c'est de l&#224; qu'il faut partir. En sorte que s'il existe des &#171; droits de l'homme &#187;, ce ne sont s&#251;rement pas des droits de la vie contre la mort, ou des droits de la survie contre la mis&#232;re. Ce sont les droits de l'Immortel, s'affirmant pour eux-m&#234;mes, ou les droits de l'Infini exer&#231;ant leur souverainet&#233; sur la contingence de la souffrance et de la mort. Qu'&#224; la fin nous mourrions tous et qu'il y ait que poussi&#232;re ne change rien &#224; l'identit&#233; de l'Homme comme immortel, dans l'instant o&#249; il affirme ce qu'il est au rebours du vouloir-&#233;tre-un-animal auquel la circonstance l'expose. Et chaque homme, on le sait, impr&#233;visiblement, est &lt;i&gt;capable&lt;/i&gt;, d'&#234;tre cet immortel, dans de grandes ou de petites circonstances, pour une importante ou secondaire v&#233;rit&#233;, peu importe. Dans tous les cas, la subjectivation est immortelle, et fait l'Homme. En dehors de quoi existe une esp&#232;ce biologique, un &#171; bip&#232;de sans plumes &#187; dont le charme n'est pas &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne part pas de l&#224; (ce qui se dit, tr&#232;s simplement l'Homme pense, l'Homme est tiss&#233; de quelques v&#233;rit&#233;s), si on identifie l'Homme &#224; sa pure r&#233;alit&#233; de vivant, on en vient in&#233;vitablement au contraire r&#233;el de ce que le principe semble indiquer. Car ce &#171; vivant &#187; est en r&#233;alit&#233; m&#233;prisable, et &lt;i&gt;on le m&#233;prisera&lt;/i&gt;. Qui ne voit que dans les exp&#233;ditions humanitaires, les ing&#233;rences, les d&#233;barquements de l&#233;gionnaires caritatifs, le suppos&#233; Sujet universel est scind&#233; ? Du c&#244;t&#233; des victimes, l'animal hagard qu'on expose sur l'&#233;cran. Du c&#244;t&#233; du bienfaiteur, la conscience et l'imp&#233;ratif Et pourquoi cette scission met-elle toujours les m&#234;mes dans les m&#234;mes r&#244;les ? Qui ne sent que cette &#233;thique pench&#233;e sur la mis&#232;re du monde cache, derri&#232;re son Homme-victime, l'Homme-bon, l'Homme-blanc ? Comme la barbarie de la situation n'est r&#233;fl&#233;chie qu'en termes de &#171; droits de l'homme &#187;, - alors qu'il s'agit toujours d'une situation politique, appelant une pens&#233;e-pratique politique, et dont il y a sur place, toujours, d'authentiques acteurs -, elle est per&#231;ue, du haut de notre paix civile apparente, comme l'incivilis&#233;e qui exige du civilis&#233; une intervention civilisatrice. Or, toute intervention au nom de la civilisation &lt;i&gt;exige &lt;/i&gt;un m&#233;pris premier de la situation toute enti&#232;re, victimes comprises. Et c'est pourquoi l'&#171; &#233;thique &#187; est contemporaine, apr&#232;s des d&#233;cennies de courageuses critiques du colonialisme et de l'imp&#233;rialisme, d'une sordide auto-satisfaction des &#171; Occidentaux &#187;, de la th&#232;se martel&#233;e selon laquelle la mis&#232;re du tiers-monde est le r&#233;sultat de son imp&#233;ritie, de sa propre inanit&#233;, bref : de sa &lt;i&gt;sous-humanit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Deuxi&#232;mement, parce que si le &#171; consensus &#187; &#233;thique se fonde sur la reconnaissance du Mal, il en r&#233;sulte que toute tentative de rassembler les hommes autour d'une id&#233;e positive du Bien, et plus encore d'identifier l'Homme par un tel projet, est en r&#233;alit&#233; &lt;i&gt;la v&#233;ritable source du mal lui-m&#234;me&lt;/i&gt;. C'est ce qu'on nous inculque depuis maintenant quinze ans : tout projet de r&#233;volution, qualifi&#233; d'&#171; utopique &#187;, tourne, nous dit-on, au cauchemar totalitaire. Toute volont&#233; d'inscrire une id&#233;e de la justice ou de l'&#233;galit&#233; tourne au pire. Toute volont&#233; collective du Bien fait le Mal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Glucksmann, Les Ma&#238;tres Penseurs, Grasset, 1977. Glucksmann est celui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, cette sophistique est d&#233;vastatrice. Car s'il ne s'agit que de faire valoir, contre un Mal reconnu &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, l'engagement &#233;thique, d'o&#249; proc&#233;dera qu'on envisage une transformation quelconque de ce qui est ? O&#249; l'homme puisera-t-il la force d'&#234;tre l'immortel qu'il est ? Quel sera le destin de la pens&#233;e, dont on sait bien qu'elle est invention affirmative, ou quelle n'est pas ? En r&#233;alit&#233;, le prix pay&#233; par l'&#233;thique est &lt;i&gt;un conservatisme &lt;/i&gt;&#233;pais. La conception &#233;thique de l'homme, outre qu'elle est en fin de compte soit biologique (images des victimes), soit &#171; occidentale &#187; (contentement du bienfaiteur arm&#233;), interdit toute vision positive large des possibles. Ce qui nous est ici vant&#233;, ce que l'&#233;thique l&#233;gitime, est en r&#233;alit&#233; la conservation, par le pr&#233;tendu &#171; Occident &#187;, de ce qu'il poss&#232;de. C'est assise sur cette possession (possession mat&#233;rielle, mais aussi possession de son &#234;tre) que l'&#233;thique d&#233;termine le Mal comme, d'une certaine mani&#232;re, ce qui n'est pas ce dont elle jouit. Or &lt;i&gt;l'Homme, comme immortel, se soutient de l'incalculable et de l'imposs&#233;d&#233;. Il se soutient du non-&#233;tant&lt;/i&gt;. Pr&#233;tendre lui interdire de se repr&#233;senter le Bien, d'y ordonner ses pouvoirs collectifs, de travailler &#224; l'av&#232;nement de possibles insoup&#231;onn&#233;s, de penser ce qui peut &#234;tre, en rupture radicale avec ce qui est, c'est lui interdire, tout simplement, l'humanit&#233; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Enfin, par sa d&#233;termination n&#233;gative et &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;du Mal l'&#233;thique s'interdit de penser la singularit&#233; des situations, ce qui est le d&#233;but oblig&#233; de toute action proprement humaine. Ainsi, le m&#233;decin ralli&#233; &#224; l'id&#233;ologie &#171; &#233;thique &#187; m&#233;ditera en r&#233;union et commission toutes sortes de consid&#233;rations sur &#171; les malades &#187;, consid&#233;r&#233;s exactement comme l'est, par le partisan des droits de l'homme, la foule indistincte des victimes : totalit&#233; &#171; humaine &#187; de r&#233;els sous-hommes. Mais le m&#234;me m&#233;decin ne verra nul inconv&#233;nient &#224; ce que &lt;i&gt;cette&lt;/i&gt; personne ne soit pas soign&#233;e &#224; l'h&#244;pital, et avec tous les moyens n&#233;cessaires, parce qu'elle est sans papiers, ou non immatricul&#233;e &#224; la S&#233;curit&#233; sociale. Responsabilit&#233; &#171; collective &#187;, encore une fois, oblige ! Ce qui est ici ratur&#233;, c'est qu'il n'y a qu'une seule situation m&#233;dicale : la situation clinique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C&#233;cile Winter, Qu'en est-il de l'historicit&#233; actuelle de la clinique ? (A (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et qu'il n'y a besoin de nulle &#171; &#233;thique &#187; (mais seulement d'une vision claire de &lt;i&gt;cette &lt;/i&gt;situation) pour savoir qu'en la circonstance le m&#233;decin n'est m&#233;decin que s'il traite la situation sous la r&#232;gle du possible maximal : soigner cette personne &lt;i&gt;qui le lui demande &lt;/i&gt;(pas d'ing&#233;rence, ici !) jusqu'au bout, avec tout ce qu'il sait, tous les moyens dont il sait qu'ils existent, et sans rien consid&#233;rer d'autre. Et si on veut lui interdire de soigner pour cause de budget de l'&#201;tat, de statistique de la morbidit&#233; ou de lois sur les flux migratoires, qu'on lui envoie la gendarmerie ! Encore son strict devoir hippocratique serait-il de lui tirer dessus. Les &#171; commissions d'&#233;thique &#187; et autres ruminations sur les &#171; d&#233;penses de sant&#233; &#187; et la &#171; responsabilit&#233; gestionnaire &#187;, &#233;tant radicalement ext&#233;rieures &#224; l'unique situation proprement m&#233;dicale, ne peuvent en r&#233;alit&#233; qu'interdire qu'on lui soit &lt;i&gt;fid&#232;le&lt;/i&gt;. Car lui &#234;tre fid&#232;le voudrait dire : traiter le possible de cette situation &lt;i&gt;jusqu'au bout&lt;/i&gt;. Ou, si l'on veut, faire advenir, dans la mesure du possible, ce que cette situation contient d'humanit&#233; affirmative, soit tenter d'&#234;tre l'immortel de cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la m&#233;decine bureaucratique sous id&#233;ologie &#233;thique a besoin &#171; des malades &#187; comme victimes indistinctes ou statistiques, mais est rapidement encombr&#233;e par toute situation effective et singuli&#232;re de demande. De l&#224; que la m&#233;decine &#171; gestionnaire &#187;, &#171; responsable &#187; et &#171; &#233;thique &#187; en est r&#233;duite &#224; l'abjection de d&#233;cider quels malades le &#171; syst&#232;me de sant&#233; fran&#231;ais &#187; peut soigner, et lesquels il doit renvoyer, puisque le Budget et l'opinion l'exigent, mourir dans les faubourgs de Kinshasa.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Quelques Principes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut rejeter le dispositif id&#233;ologique de l'&#171; &#233;thique &#187;, ne rien conc&#233;der &#224; la d&#233;finition n&#233;gative et victimaire de l'homme. Ce dispositif identifie l'homme &#224; un simple animal mortel, il est le sympt&#244;me d'un inqui&#233;tant conservatisme, et, par sa g&#233;n&#233;ralit&#233; abstraite et statistique, interdit de penser la singularit&#233; des situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lui opposera trois th&#232;ses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Th&#232;se 1 &lt;/i&gt; : L'Homme s'identifie par sa pens&#233;e affirmative, par les v&#233;rit&#233;s singuli&#232;res dont il est capable, par l'Immortel qui fait de lui le plus r&#233;sistant et le plus paradoxal des animaux.&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;- Th&#232;se 2 &lt;/i&gt; : C'est &#224; partir de la capacit&#233; positive au Bien, donc au traitement &#233;largi des possibles et au refus du conservatisme, f&#251;t-il la conservation de l'&#234;tre, qu'on d&#233;termine le Mal, et non inversement.&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;- Th&#232;se 3 &lt;/i&gt; : Toute humanit&#233; s'enracine dans l'identification en pens&#233;e de situations singuli&#232;res. Il n'y a pas d'&#233;thique en g&#233;n&#233;ral. Il n'y a - &#233;ventuellement - qu'&#233;thique de processus par lesquels on traite les possibles d'une situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surgit alors l'homme de l'&#233;thique raffin&#233;e, qui murmure : &#171; Contre-sens ! depuis le d&#233;but. L'&#233;thique ne se fonde nullement sur l'identit&#233; du Sujet, pas m&#234;me son identit&#233; comme victime reconnue. D&#232;s le principe, l'&#233;thique est &#233;thique &lt;i&gt;de l'autre, &lt;/i&gt;elle est ouverture principale &#224; l'autre, elle subordonne l'identit&#233; &#224; la diff&#233;rence. &#187;&lt;br /&gt;
Examinons cette piste. Mesurons sa nouveaut&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#233;decin, anatomiste et physiologiste fran&#231;ais du XVIII&#232; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henri Alleg, &lt;i&gt;La Question&lt;/i&gt;, 1958. Il n'est pas mauvais de se r&#233;f&#233;rer &#224; des &#233;pisodes de torture bien de chez nous, syst&#233;matiquement organis&#233;s par l'arm&#233;e fran&#231;aise entre 1954 et 1962.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Varlam Chalamov, &lt;i&gt;Kolyma. R&#233;cits de la vie des camps&lt;/i&gt;, Masp&#233;ro-La D&#233;couverte, 1980. ce livre, proprement admirable, donne forme d'art &#224; l'&#233;thique vraie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Glucksmann, &lt;i&gt;Les Ma&#238;tres Penseurs&lt;/i&gt;, Grasset, 1977. Glucksmann est celui qui a le plus insist&#233; sur la priorit&#233; absolue de la conscience du Mal, et sur l'id&#233;e que le primat catastrophique du Bien &#233;tait une cr&#233;ation de la philosophie. L'id&#233;ologie &#171; &#233;thique &#187; a ainsi une part de ses racines chez les &#171; nouveaux philosophes &#187; de la fin des ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C&#233;cile Winter, &lt;i&gt;Qu'en est-il de l'historicit&#233; actuelle de la clinique ? (A partir d'une m&#233;ditation de Foucault)&lt;/i&gt;. A para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Extraits de &lt;strong&gt;L'&#233;thique&lt;/strong&gt; de Alain Badiou, (ch. 3-4)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
