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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Le Corps et l'Esprit (Ethique, III, prop.2)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Spinoza, Baruch</dc:creator>


		<dc:subject>libert&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>ignorance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Corps ne peut d&#233;terminer l'Esprit &#224; penser, ni l'Esprit d&#233;terminer le Corps au mouvement, ni au repos, ni &#224; quelque chose d'autre (si &#231;a existe). &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#201;MONSTRATION &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les mani&#232;res de penser ont pour cause Dieu, en tant qu'il est chose pensante, et non en tant qu'il s'explique par un autre attribut (par la Prop. 6 p. 2) ; ce qui donc d&#233;termine l'Esprit &#224; penser, c'est une mani&#232;re de penser, non de l'&#201;tendue, c'est-&#224;-dire (par la D&#233;fin. 1 p. 2), ce n'est pas le Corps : Ce qui &#233;tait le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-ignorance-+" rel="tag"&gt;ignorance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Corps ne peut d&#233;terminer l'Esprit &#224; penser, ni l'Esprit d&#233;terminer le Corps au mouvement, ni au repos, ni &#224; quelque chose d'autre (si &#231;a existe).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#201;MONSTRATION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes les mani&#232;res de penser ont pour cause Dieu, en tant qu'il est chose pensante, et non en tant qu'il s'explique par un autre attribut (&lt;i&gt;par la Prop. 6 p. 2&lt;/i&gt;) ; ce qui donc d&#233;termine l'Esprit &#224; penser, c'est une mani&#232;re de penser, non de l'&#201;tendue, c'est-&#224;-dire (&lt;i&gt;par la D&#233;fin. 1 p. 2&lt;/i&gt;), ce n'est pas le Corps : Ce qui &#233;tait le premier point. Ensuite, le mouvement et le repos du Corps doit na&#238;tre d'un autre corps, qui a lui aussi &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; au mouvement ou au repos par un autre, et, absolument parlant, tout ce qui na&#238;t dans un corps a d&#251; na&#238;tre de Dieu, en tant qu'on le consid&#232;re affect&#233; d'une certaine mani&#232;re de l'&#201;tendue, et non d'une certaine mani&#232;re de penser (&lt;i&gt;par la m&#234;me Prop. 6 p. 2&lt;/i&gt;), c'est-&#224;-dire, ne peut pas na&#238;tre de l'Esprit, lequel (&lt;i&gt;par la Prop. 11 p. 2&lt;/i&gt;) est une mani&#232;re de penser : Ce qui &#233;tait le second point. Donc le Corps ne peut d&#233;terminer l'Esprit, etc. CQFD.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;SCOLIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela se comprend plus clairement par ce qu'on a dit dans le Scolie de la Proposition 7 p. 2, &#224; savoir que, l'Esprit et le Corps, c'est une seule et m&#234;me chose, qui se con&#231;oit sous l'attribut tant&#244;t de la Pens&#233;e, tant&#244;t de l'&#201;tendue. D'o&#249; vient que l'ordre ou encha&#238;nement des choses est un, qu'on con&#231;oive la nature sous l'un ou l'autre de ces attributs, par cons&#233;quent que l'ordre des actions et passions de notre Corps va par nature de pair avec l'ordre des actions et passions de notre Esprit : Ce qui ressort &#233;galement de la mani&#232;re dont nous avons d&#233;montr&#233; la Proposition 12 de la Deuxi&#232;me Partie. Or, encore que les choses soient telles qu'il ne reste pas de raison de douter, j'ai pourtant peine &#224; croire que, &#224; moins de prouver la chose par l'exp&#233;rience, je puisse induire les hommes &#224; examiner cela d'une &#226;me &#233;gale, tant ils sont fermement persuad&#233;s que c'est sous le seul commandement de l'Esprit que le Corps, tant&#244;t se meut, tant&#244;t est en repos, et fait un tr&#232;s grand nombre de choses qui d&#233;pendent de la seule volont&#233; de l'Esprit et de l'art de penser. Et, de fait, ce que peut le Corps, personne jusqu'&#224; pr&#233;sent ne l'a d&#233;termin&#233;, c'est-&#224;-dire, l'exp&#233;rience n'a appris &#224; personne jusqu'&#224; pr&#233;sent ce que le Corps peut faire par les seules lois de la nature en tant qu'on la consid&#232;re seulement comme corporelle, et ce qu'il ne peut faire &#224; moins d'&#234;tre d&#233;termin&#233; par l'Esprit. Car personne jusqu'&#224; pr&#233;sent n'a connu la structure du Corps si pr&#233;cis&#233;ment qu'il en p&#251;t expliquer toutes les fonctions, pour ne rien dire ici du fait que, chez les B&#234;tes, on observe plus d'une chose qui d&#233;passe de loin la sagacit&#233; humaine, et que les somnambules, dans leurs r&#234;ves, font un tr&#232;s grand nombre de choses qu'ils n'oseraient faire dans la veille ; ce qui montre assez que le Corps lui-m&#234;me, par les seules lois de sa nature, peut bien des choses qui font l'admiration de son Esprit. Ensuite, personne ne sait de quelle fa&#231;on, ou par quels moyens, l'Esprit meut le Corps, ni combien de degr&#233;s de mouvement il peut attribuer au Corps, et &#224; quelle vitesse il peut le mouvoir. D'o&#249; suit que, quand les hommes disent que telle ou telle action du Corps na&#238;t de l'Esprit, qui a un empire sur le Corps, ils ne savent ce qu'ils disent, et ils ne font qu'avouer, en termes sp&#233;cieux, qu'ils ignorent sans l'admirer la vraie cause de cette action. Mais ils vont dire, qu'ils sachent ou non par quels moyens l'Esprit meut le. Corps, que pourtant ils savent d'exp&#233;rience que, si l'Esprit n'&#233;tait pas apte &#224; penser, le Corps serait inerte. Qu'ensuite, ils savent d'exp&#233;rience qu'il est au seul pouvoir de l'Esprit tant de parler que de se taire, et bien d'autres choses qui, par suite, d&#233;pendent, &#224; ce qu'ils croient, du d&#233;cret de l'Esprit. Mais, pour ce qui touche au premier point, je leur demande si l'exp&#233;rience n'enseigne pas aussi que, si le Corps, inversement, est inerte, l'Esprit en m&#234;me temps est inapte &#224; penser ? Car, quand le Corps repose dans le sommeil, l'Esprit en m&#234;me temps que lui demeure endormi, et n'a pas le pouvoir de penser comme dans la veille. Ensuite, tout le monde a, je crois, fait l'exp&#233;rience que l'Esprit n'est pas toujours &#233;galement apte &#224; penser sur le m&#234;me objet ; mais que, selon que le Corps est plus apte &#224; ce que s'excite en lui l'image de tel ou tel objet, ainsi l'Esprit est plus apte &#224; contempler tel ou tel objet. Mais ils vont dire que, des seules lois de la nature, consid&#233;r&#233;e seulement en tant que corporelle, il ne peut pas se faire que l'on puisse d&#233;duire les causes des &#233;difices, des peintures et des choses de ce genre, qui se font par le seul art des hommes, et que le Corps humain, &#224; moins d'&#234;tre d&#233;termin&#233; et guid&#233; par l'Esprit, ne serait pas capable d'&#233;difier un temple. Mais j'ai d&#233;j&#224; montr&#233;, quant &#224; moi, qu'ils ne savent pas ce que peut le Corps, ou ce qu'on peut d&#233;duire de la seule contemplation de sa nature, et qu'ils ont l'exp&#233;rience d'un tr&#232;s grand nombre de choses qui se font par les seules lois de la nature et qu'ils n'auraient jamais cru pouvoir se faire sauf sous la direction de l'Esprit, comme sont celles que font les somnambules en dormant, et qu'ils admirent eux-m&#234;mes quand ils sont &#233;veill&#233;s. J'ajoute ici la structure m&#234;me du Corps humain, laquelle d&#233;passe de tr&#232;s loin en artifice toutes celles qu'a fabriqu&#233;es l'art des hommes, pour ne rien dire ici du fait, comme je l'ai montr&#233; plus haut, que de la nature, consid&#233;r&#233;e sous n'importe quel attribut, il suit une infinit&#233; de choses. Pour ce qui touche, en outre, au second point, les choses humaines iraient &#224; coup s&#251;r bien plus heureusement s'il &#233;tait tout autant au pouvoir de l'homme de se taire que de parler. Or l'exp&#233;rience enseigne plus que suffisamment qu'il n'est rien que les hommes aient moins en leur pouvoir que leur langue, et rien qu'ils puissent moins ma&#238;triser que leurs app&#233;tits ; d'o&#249; vint qu'ils croient, pour la plupart, que nous ne faisons librement que ce &#224; quoi nous aspirons l&#233;g&#232;rement, parce que l'app&#233;tit pour ces choses peut ais&#233;ment &#234;tre r&#233;duit par le souvenir d'autre chose que nous nous rappelons fr&#233;quemment, et que nous ne faisons pas du tout librement ce &#224; quoi nous aspirons avec un grand affect et que le souvenir d'autre chose ne peut apaiser. Mais &#224; vrai dire, si d'exp&#233;rience ils ne savaient que nous faisons plus d'une chose dont nous nous repentons ensuite, et que, souvent, quand nous sommes en proie &#224; des affects contraires, nous voyons le meilleur et nous faisons le pire, rien n'emp&#234;cherait qu'ils croient que nous faisons tout librement. Ainsi croit le b&#233;b&#233; aspirer librement au lait, et l'enfant en col&#232;re vouloir la vengeance, et le peureux la fuite. L'homme ivre, ensuite, croit que c'est par un libre d&#233;cret de l'Esprit qu'il dit ce que, redevenu sobre, il voudrait avoir tu : ainsi le d&#233;lirant, la bavarde, l'enfant, et bien d'autres de cette farine, croient que c'est par un libre d&#233;cret de l'Esprit qu'ils parlent, alors pourtant qu'ils ne peuvent contenir l'impulsion qu'ils ont &#224; parler ; si bien que l'exp&#233;rience elle-m&#234;me montre, non moins clairement que la raison, que les hommes se croient libres pour la seule raison qu'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes par quoi elles sont d&#233;termin&#233;es ; et, en outre, que les d&#233;crets de l'Esprit ne sont rien d'autre que les app&#233;tits eux-m&#234;mes, et pour cette raison varient en fonction de l'&#233;tat du Corps. Car chacun r&#232;gle toute chose &#224; partir de son propre affect, et, en outre, ceux qui sont en proie &#224; des affects contraires ne savent pas ce qu'ils veulent ; et, quant &#224; ceux qui n'en ont point, il suffit de tr&#232;s peu pour les pousser ici ou l&#224;. Toutes choses qui montrent assur&#233;ment clairement que tant le d&#233;cret que l'app&#233;tit de l'Esprit, et la d&#233;termination du Corps, vont de pair par nature, ou plut&#244;t sont une seule et m&#234;me chose, que nous appelons D&#233;cret quand on la consid&#232;re sous l'attribut de la Pens&#233;e, et qu'elle s'explique par lui et que nous appelons D&#233;termination quand on la consid&#232;re sous l'attribut de l'&#201;tendue, et qu'elle se d&#233;duit des lois du mouvement et du repos ; ce qui se verra plus clairement encore &#224; partir de ce qui reste &#224; dire maintenant. Car il y a autre chose que je voudrais ici noter tout particuli&#232;rement, c'est qu'il n'est rien que nous puissions faire par d&#233;cret de l'Esprit &#224; moins de nous en souvenir. Par ex., nous ne pouvons pas dire un mot &#224; moins de nous en souvenir. Ensuite, il n'est pas au libre pouvoir de l'Esprit de se souvenir d'une chose ou bien de l'oublier. Et donc, ce que l'on croit &#234;tre au pouvoir de l'Esprit, c'est seulement de pouvoir par d&#233;cret de l'Esprit ou bien dire ou bien taire la chose dont nous nous souvenons. Mais, lorsque nous r&#234;vons que nous parlons, nous croyons parler par un libre d&#233;cret de l'Esprit alors que pourtant nous ne parlons pas, ou, si nous parlons, cela se fait par un mouvement spontan&#233; du Corps. Ensuite, quand il nous arrive de r&#234;ver que nous cachons des choses aux hommes, c'est par le m&#234;me d&#233;cret de l'Esprit que celui par lequel, &#224; l'&#233;tat de veille, nous taisons ce que nous savons. Et enfin il nous arrive de r&#234;ver que nous faisons, par d&#233;cret de l'Esprit, des choses qu'en &#233;tat de veille nous n'oserions pas faire. Et par suite je voudrais bien savoir s'il y a dans l'Esprit deux genres de d&#233;crets, les Oniriques, et les Libres ? Que si l'on ne veut pas &#234;tre fou &#224; ce point-l&#224;, il faut n&#233;cessairement accorder que ce d&#233;cret de l'Esprit, qu'on croit libre, ne se distingue pas de l'imagination ou m&#233;moire elle-m&#234;me, et n'est rien d'autre que l'affirmation qu'enveloppe n&#233;cessairement l'id&#233;e, en tant qu'elle est id&#233;e (&lt;i&gt;voir Prop. 49 p. 2&lt;/i&gt;). Et par suite ces d&#233;crets de l'Esprit naissent dans l'Esprit avec la m&#234;me n&#233;cessit&#233; que les id&#233;es des choses existant en acte. Ceux donc qui croient qu'ils parlent, ou se taisent, ou font quoi que ce soit, par un libre d&#233;cret de l'Esprit, r&#234;vent les yeux ouverts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'All&#233;gorie de la Caverne.</title>
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&lt;p&gt;Voir La ligne droite divis&#233;e pour un expos&#233; de la distinction entre le visible et l'intelligible. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Socrate : Maintenant, repr&#233;sente-toi de la fa&#231;on que voici l'&#233;tat de notre nature relativement &#224; l'instruction et &#224; l'ignorance. Consid&#232;re ceci : des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne. Celle-ci poss&#232;de en guise d'entr&#233;e un long passage menant vers le haut, vers la lumi&#232;re du jour, et en direction duquel toute la caverne se rassemble. Les hommes sont l&#224; depuis leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-dessin-+" rel="tag"&gt;dessin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voir &lt;a href='https://www.caute.lautre.net/La-ligne-droite-divisee' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La ligne droite divis&#233;e&lt;/a&gt; pour un expos&#233; de la distinction entre le visible et l'intelligible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;854&#034; height=&#034;480&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/d2afuTvUzBQ&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; Socrate :&lt;/i&gt; Maintenant, repr&#233;sente-toi de la fa&#231;on que voici l'&#233;tat de notre nature relativement &#224; l'instruction et &#224; l'ignorance. Consid&#232;re ceci : des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne. Celle-ci poss&#232;de en guise d'entr&#233;e un long passage menant vers le haut, vers la lumi&#232;re du jour, et en direction duquel toute la caverne se rassemble. Les hommes sont l&#224; depuis leur enfance, les jambes et le cou encha&#238;n&#233;s, de sorte qu'ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la cha&#238;ne les emp&#234;chant de tourner la t&#234;te. Une lumi&#232;re leur vient d'un feu allum&#233; sur une hauteur, au loin derri&#232;re eux. Entre le feu et les prisonniers passe un chemin &#233;lev&#233;. Imagine que le long de ce chemin est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_25 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH263/caverne1-e6790.png?1772278064' width='500' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Caverne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;Glaucon : &lt;/i&gt;Je vois cela, dit-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Imagine donc comment, le long de ce petit mur, des hommes passent, portant toutes sortes de choses qui sont visibles au-dessus du mur, statues et autres figures de pierre ou de bois, et toutes sortes d'objets fabriqu&#233;s par la main de l'homme. Comme on pouvait s'y attendre, de tous ces porteurs, les uns parlent entre eux et les autres se taisent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Voil&#224;, s'&#233;cria-t-il, un &#233;trange tableau et d'&#233;tranges prisonniers.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Ils nous ressemblent, r&#233;pondis-je. Qu'en penses-tu ? Jamais encore de tels hommes n'ont vu, soit d'eux-m&#234;mes, soit de leurs compagnons, autre chose que les ombres projet&#233;es par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Comment en serait-il autrement, s'ils sont forc&#233;s de rester la t&#234;te immobile durant toute leur vie ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et pour les objets qui d&#233;filent, n'en est-il pas de m&#234;me ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Sans contredit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Si donc ils pouvaient s'entretenir entre eux de ce qu'ils voient, ne penses-tu pas que, ce qu'ils voient, ils le prendraient pour ce qui est ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;N&#233;cessairement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et qu'arriverait-il si cette prison avait en outre un &#233;cho, venant de la paroi qui fait face aux captifs ? Chaque fois qu'un des porteurs dirait un mot, les prisonniers attribueraient-ils ce mot &#224; autre chose qu'&#224; l'ombre qui passe devant eux ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Non, par Zeus, dit-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Donc, pour les hommes ainsi encha&#238;n&#233;s, les ombres des objets seraient la v&#233;rit&#233; et ils ne la verraient absolument que l&#224;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;C'est de toute n&#233;cessit&#233;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Consid&#232;re alors comment ces hommes pourraient &#234;tre d&#233;livr&#233;s de leurs cha&#238;nes et gu&#233;ris de leur &#233;garement : quelle forme celui-ci prendrait-il, s'il leur arrivait ce que je vais dire ? Chaque fois que l'un d'eux serait d&#233;livr&#233; de ses cha&#238;nes et oblig&#233; tout d'un coup de se lever, de tourner la t&#234;te, de se mettre en marche et de regarder en haut vers la lumi&#232;re, tous ces actes le feraient souffrir et l'&#233;clat de la lumi&#232;re l'emp&#234;cherait de voir les choses dont il observait pr&#233;c&#233;demment les ombres. Que r&#233;pondrait-il, &#224; ton avis, si quelqu'un lui affirmait qu'il n'avait vu jusqu'alors que des riens sans consistance, mais qu'il &#233;tait maintenant beaucoup plus pr&#232;s de ce qui est et que, tourn&#233; d&#233;sormais vers des choses ayant plus d'&#234;tre, il voyait aussi d'une fa&#231;on plus exacte ? Et si quelqu'un lui montrait alors chacune des choses transport&#233;es et l'obligeait &#224; dire ce que c'est, ne crois-tu pas qu'il serait bien embarrass&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;dans &#034; l'aporie &#034; ( aporia ).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qu'il estimerait que ce qu'il voyait auparavant &#233;tait plus vrai que ce qu'on lui montrerait &#224; pr&#233;sent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Beaucoup plus vraies, reconnut-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et si on le for&#231;ait &#224; regarder le feu lui-m&#234;me, ses yeux n'en seraient-ils pas bless&#233;s et ne voudrait-il pas se d&#233;tourner pour retourner aux choses qu'il est dans ses forces de regarder ? Et ne croira-t-il pas que ces derni&#232;res sont en fait plus claires que celles qu'on lui montre ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Assur&#233;ment.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et si, repris-je, quelqu'un, le saisissant, le tra&#238;nait par force sur le chemin montant, raboteux et escarp&#233; de la caverne et qu'il ne le l&#226;ch&#226;t pas avant qu'il l'e&#251;t amen&#233; &#224; la lumi&#232;re du soleil, ne souffrirait-il pas vivement, et ne se plaindrait-il pas de ces violences ? Et, une fois parvenu &#224; la lumi&#232;re du jour, pourrait-il, les yeux tout &#233;blouis par son &#233;clat, distinguer une seule des choses qu'on lui pr&#233;senterait maintenant comme v&#233;ritables ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Il ne le pourrait pas, r&#233;pondit-il ; du moins pas tout de suite.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Il est clair, &#224; mon avis, qu'une accoutumance serait n&#233;cessaire, s'il devait parvenir &#224; voir ce qui est en haut. D'abord ce seraient les ombres qu'il pourrait regarder le plus facilement, puis les images des hommes et des autres choses refl&#233;t&#233;es dans l'eau, et plus tard seulement les hommes et les choses elles-m&#234;mes. Et parmi celles-ci, il contemplerait sans doute plus facilement, pendant la nuit, les choses du ciel et le ciel lui-m&#234;me, tournant son regard vers la lumi&#232;re des astres et de la lune, qu'il ne le ferait pendant le jour du soleil et de son &#233;clat.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Sans doute.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;A la fin, j'imagine, ce serait le soleil - non ses vaines images r&#233;fl&#233;chies dans les eaux ou en quelque autre milieu - mais le soleil lui-m&#234;me en son lieu propre, qu'il pourrait voir et contempler tel qu'il est.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;N&#233;cessairement, dit-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et, apr&#232;s toutes ces &#233;preuves, il pourrait rassembler ses pens&#233;es au sujet du soleil, et juger que c'est lui qui fait les saisons et les ann&#233;es, qui gouverne tout ce qui se trouve dans le lieu d&#233;sormais contempl&#233; &#224; la lumi&#232;re du jour, et qui, d'une certaine mani&#232;re, est la cause de tout ce qu'il voyait avec ses compagnons dans la caverne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Manifestement, il parviendrait &#224; ces pens&#233;es apr&#232;s qu'il aurait laiss&#233; derri&#232;re lui ce qui n'est qu'ombre et reflet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Or donc, se souvenant de sa premi&#232;re demeure, du &#034;savoir&#034; qu'on y professe, et de ceux qui y furent ses compagnons de captivit&#233;, ne crois-tu pas qu'il se r&#233;jouirait du changement et aurait piti&#233; de ces derniers ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Si, certes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et maintenant, s'ils se d&#233;cernaient entre eux honneurs et louanges, s'ils avaient des r&#233;compenses pour celui qui discernerait le mieux le passage des ombres, qui se rappellerait le mieux celles qui ont coutume de se pr&#233;senter les premi&#232;res ou les derni&#232;res, ou ensemble, et qui par l&#224; serait le plus habile &#224; deviner leur apparition, penses-tu que notre homme envierait ces distinctions, et qu'il voudrait rivaliser avec les plus honor&#233;s et les plus puissants d'entre eux ? Ou bien ne pr&#233;f&#233;rerait-il pas prendre sur lui, comme dit Hom&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Odyss&#233;e, XI, 489-490.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et, &#034; valet de boeufs, vivre en service chez un pauvre fermier &#034;, et ne supporterait-il pas n'importe quoi, plut&#244;t que de s'abandonner aux opinions admises dans la caverne et de vivre comme il vivait ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Je suis de ton avis, dit-il ; il pr&#233;f&#233;rera tout souffrir plut&#244;t que de vivre de cette fa&#231;on l&#224;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Consid&#232;re encore ceci : si l'homme ainsi sorti de la caverne y redescendait pour s'asseoir &#224; nouveau &#224; son ancienne place, est-ce que ses yeux, &#224; lui qui vient de quitter le soleil, ne se rempliraient pas de t&#233;n&#232;bres ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Assur&#233;ment si, dit-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et s'il lui fallait de nouveau entrer en comp&#233;tition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n'ont pas quitt&#233; leurs cha&#238;nes, et cela alors qu'il voit mal, ses yeux n'&#233;tant pas encore accoutum&#233;s &#224; l'obscurit&#233;, ce qui ne demande pas peu de temps, ne serait-il pas livr&#233; l&#224;-bas au ridicule et ne lui ferait-on pas comprendre que son voyage l&#224;-haut ne lui a rien rapport&#233; d'autre que de revenir dans la caverne avec des yeux ruin&#233;s et qu'il ne vaut donc pas la peine de chercher &#224; s'&#233;lever sur le chemin ? Et si quelqu'un entreprenait de les d&#233;livrer de leurs cha&#238;nes et de les conduire vers le haut, et qu'il leur soit possible de se saisir de lui et de le tuer, ne le tueraient-ils pas ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Sans aucun doute, r&#233;pondit-il.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L491xH512/Caverne2-24422.jpg?1772278064' width='491' height='512' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Caverne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;in, Atlas de la philosophie, &#233;d. La Pochoth&#232;que, 1993, p. 40.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Socrate : &lt;/i&gt;Maintenant, mon cher Glaucon, repris-je, il faut appliquer point par point cette image &#224; ce que nous avons dit plus haut, comparer le monde que nous d&#233;couvre la vue au s&#233;jour de la prison, et la lumi&#232;re du feu qui l'&#233;claire &#224; la puissance du soleil. Quant &#224; la mont&#233;e dans la r&#233;gion sup&#233;rieure et &#224; la contemplation de ses objets, si tu la consid&#232;res comme l'ascension de l'&#226;me vers le lieu intelligible, tu ne te tromperas pas sur ma pens&#233;e, puisque aussi bien tu d&#233;sires la conna&#238;tre. Dieu sait si elle est vraie. Pour moi, telle est mon opinion : dans le monde intelligible l'id&#233;e du bien est per&#231;ue la derni&#232;re et avec peine, mais on ne la peut percevoir sans conclure qu'elle est la cause de tout ce qu'il y a de droit et de beau en toutes choses ; qu'elle a, dans le monde visible, engendr&#233; la lumi&#232;re et le souverain et le souverain de la lumi&#232;re ; que, dans le monde intelligible, c'est elle-m&#234;me qui est souveraine et dispense la v&#233;rit&#233; et l'intelligence ; et qu'il faut la voir pour se conduire avec sagesse dans la vie priv&#233;e et dans la vie publique.(...) Ne t'&#233;tonne [donc] pas que ceux qui se sont &#233;lev&#233;s &#224; ces hauteurs ne veuillent plus s'occuper des affaires humaines, et que leurs &#226;mes aspirent sans cesse &#224; demeurer l&#224;-haut. Cela est bien naturel si notre all&#233;gorie est exacte.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	G : &lt;/i&gt; C'est en effet bien naturel, dit-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	S : &lt;/i&gt; Mais quoi ? penses-tu qu'il soit &#233;tonnant qu'un homme qui passe de contemplations divines aux mis&#233;rables choses humaines ait mauvaise gr&#226;ce et paraisse tout &#224; fait ridicule lorsque, ayant encore la vue troubl&#233;e et n'&#233;tant pas suffisamment accoutum&#233; aux t&#233;n&#232;bres environnantes, il est oblig&#233; d'entrer en dispute, devant les tribunaux ou ailleurs, sur des ombres de justice ou sur les images qui projettent ces ombres, et de combattre les interpr&#233;tations qu'en donnent ceux qui n'ont jamais vu la justice elle-m&#234;me ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	G : &lt;/i&gt; Il n'y a l&#224; rien d'&#233;tonnant. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	S :&lt;/i&gt; En effet, un homme sens&#233; se rappellera que les yeux peuvent &#234;tre troubl&#233;s de deux mani&#232;res et par deux causes oppos&#233;es : par le passage de la lumi&#232;re &#224; l'obscurit&#233;, et par celui de l'obscurit&#233; &#224; la lumi&#232;re ; et, ayant r&#233;fl&#233;chi qu'il en est de m&#234;me pour l'&#226;me, quand il en verra une troubl&#233;e et embarrass&#233;e pour discerner certains objets, il n'en rira pas sottement, mais examinera plut&#244;t si, venant d'une vie plus lumineuse, elle est, faute d'habitude, offusqu&#233;e par les t&#233;n&#232;bres, ou si passant de l'ignorance &#224; la lumi&#232;re, elle est &#233;blouie de son trop vif &#233;clat ; dans le premier cas il l'estimera heureuse en raison de ce qu'elle &#233;prouve et de la vie qu'elle m&#232;ne ; dans le second, il la plaindra, et s'il voulait rire &#224; ses d&#233;pens, ses moqueries seraient moins ridicules que si elles s'adressaient &#224; l'&#226;me qui redescend du s&#233;jour de la lumi&#232;re. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	G :&lt;/i&gt; C'est parler avec beaucoup de sagesse. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	S :&lt;/i&gt; Il nous faut donc, si tout cela est vrai, en conclure ceci : l'&#233;ducation n'est point ce que certains proclament qu'elle est : car ils pr&#233;tendent l'introduire dans l'&#226;me, o&#249; elle n'est point, comme on donnerait la vue &#224; des yeux aveugles. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	G :&lt;/i&gt; Ils le pr&#233;tendent en effet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	S : &lt;/i&gt;Or, repris-je, le pr&#233;sent discours montre que chacun poss&#232;de la facult&#233; d'apprendre et l'organe destin&#233; &#224; cet usage, et que, semblable &#224; des yeux qui ne pourraient se tourner qu'avec le corps tout entier des t&#233;n&#232;bres vers la lumi&#232;re, cet organe doit aussi se d&#233;tourner avec l'&#226;me tout enti&#232;re de ce qui na&#238;t, jusqu'&#224; ce qu'il devienne capable de supporter la vue de l'&#234;tre et de ce qu'il y a de plus lumineux dans l'&#234;tre ; et cela nous l'appelons le bien, n'est-ce pas ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	G :&lt;/i&gt; Oui.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;L'&#233;ducation est donc l'art qui se propose ce but, la conversion de l'&#226;me, et qui cherche les moyens les plus efficaces de l'op&#233;rer ; elle ne consiste pas &#224; donner la vue &#224; l'organe de l'&#226;me, puisqu'il l'a d&#233;j&#224; ; mais comme il est mal tourn&#233; et ne regarde pas o&#249; il faudrait, elle s'efforce de l'amener dans la bonne direction. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.agora.crosemont.qc.ca/dphilo/intradoc/phi103/caverne.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques dessins repr&#233;sentant la Caverne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;dans &#034; l'aporie &#034; ( aporia ).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt;, XI, 489-490.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Platon, &lt;strong&gt;La R&#233;publique ( POLITEIA )&lt;/strong&gt;, Livre VII, 514a-518a&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



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