<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.caute.lautre.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Caute@lautre.net</title>
	<link>https://www.caute.lautre.net/</link>
	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.caute.lautre.net/spip.php?id_mot=302&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Caute@lautre.net</title>
		<url>https://www.caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH25/siteon0-61142.png?1772222329</url>
		<link>https://www.caute.lautre.net/</link>
		<height>25</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Fantaisie, art et satisfaction</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Fantaisie-art-et-satisfaction</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/Fantaisie-art-et-satisfaction</guid>
		<dc:date>2003-09-17T19:24:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Freud, Sigmund</dc:creator>


		<dc:subject>r&#233;alit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;el</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>imagination</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les questions que nous venons de traiter nous obligent &#224; examiner de plus pr&#232;s le probl&#232;me de l'origine et du r&#244;le de cette activit&#233; spirituelle qui a nom &#171; fantaisie &#187;. Celle-ci, vous le savez, jouit d'une grande consid&#233;ration, sans qu'on ait une id&#233;e exacte de la place qu'elle occupe dans la vie psychique. Voici ce que je puis vous dire sur ce sujet. Sous l'influence de la n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure l'homme est amen&#233; peu &#224; peu &#224; une appr&#233;ciation exacte de la r&#233;alit&#233;, ce qui lui apprend &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-L-individu-" rel="directory"&gt;L'individu&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-realite-+" rel="tag"&gt;r&#233;alit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-reel-+" rel="tag"&gt;r&#233;el&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-desir-+" rel="tag"&gt;d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-imagination-+" rel="tag"&gt;imagination&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les questions que nous venons de traiter nous obligent &#224; examiner de plus pr&#232;s le probl&#232;me de l'origine et du r&#244;le de cette activit&#233; spirituelle qui a nom &#171; fantaisie &#187;. Celle-ci, vous le savez, jouit d'une grande consid&#233;ration, sans qu'on ait une id&#233;e exacte de la place qu'elle occupe dans la vie psychique. Voici ce que je puis vous dire sur ce sujet. Sous l'influence de la n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure l'homme est amen&#233; peu &#224; peu &#224; une appr&#233;ciation exacte de la r&#233;alit&#233;, ce qui lui apprend &#224; conformer sa conduite &#224; ce que nous avons appel&#233; le &#171; principe de r&#233;alit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir Principe de plaisir et principe de r&#233;alit&#233;&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;et &#224; renoncer, d'une mani&#232;re provisoire ou durable, &#224; diff&#233;rents objets et buts de ses tendances h&#233;doniques, y compris la tendance sexuelle. Ce renoncement au plaisir a toujours &#233;t&#233; p&#233;nible pour l'homme ; et il ne le r&#233;alise pas sans une certaine sorte de compensation. Aussi s'est-il r&#233;serv&#233; une activit&#233; psychique, gr&#226;ce &#224; laquelle toutes les sources de plaisirs et tous les moyens d'acqu&#233;rir du plaisir auxquels il a renonc&#233; continuent d'exister sous une forme qui les met &#224; l'abri des exigences de la r&#233;alit&#233; et de ce que nous appelons l'&#233;preuve de la r&#233;alit&#233;. Toute tendance rev&#234;t aussit&#244;t la forme qui la repr&#233;sente comme satisfaite, et il n'est pas douteux qu'en se complaisant aux satisfactions imaginaires de d&#233;sirs, on &#233;prouve une satisfaction que ne trouble d'ailleurs en rien la conscience de son irr&#233;alit&#233;. Dans l'activit&#233; de sa fantaisie, l'homme continue donc &#224; jouir, par rapport &#224; la contrainte ext&#233;rieure, de cette libert&#233; &#224; laquelle il a &#233;t&#233; oblig&#233; depuis longtemps de renoncer dans la vie r&#233;elle. Il a accompli un tour de force qui lui permet d'&#234;tre alternativement un animal de joie et un &#234;tre raisonnable. La maigre satisfaction qu'il peut arracher &#224; la r&#233;alit&#233; ne fait pas son compte. &#171; Il est impossible de se passer de constructions auxiliaires &#187;, dit quelque part Th. Fontane. La cr&#233;ation du royaume psychique de la fantaisie trouve sa compl&#232;te analogie dans l'institution de &#171; r&#233;serves naturelles &#187; l&#224; o&#249; les exigences de l'agriculture, des communications, de l'industrie menacent de transformer, jusqu'&#224; le rendre m&#233;connaissable, l'aspect primitif de la terre. La &#171; r&#233;serve naturelle &#187; perp&#233;tue cet &#233;tat primitif qu'on a &#233;t&#233; oblig&#233;, souvent &#224; regret, de sacrifier partout ailleurs &#224; la n&#233;cessit&#233;. Dans ces r&#233;serves, tout doit pousser et s'&#233;panouir sans contrainte, tout, m&#234;me ce qui est inutile et nuisible. Le royaume psychique de la fantaisie constitue une r&#233;serve de ce genre, soustraite au principe de r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les productions les plus connues de la fantaisie sont les &#171; r&#234;ves &#233;veill&#233;s &#187; dont nous avons d&#233;j&#224; parl&#233;, satisfactions imagin&#233;es de d&#233;sirs ambitieux, grandioses, &#233;rotiques, satisfactions d'autant plus compl&#232;tes, d'autant plus luxurieuses que la r&#233;alit&#233; commande davantage la modestie et la patience. On reconna&#238;t avec une nettet&#233; frappante, dans ces r&#234;ves &#233;veill&#233;s, l'essence m&#234;me du bonheur imaginaire qui consiste &#224; rendre l'acquisition de plaisir ind&#233;pendante de l'assentiment de la r&#233;alit&#233;. Nous savons que ces r&#234;ves &#233;veill&#233;s forment le noyau et le prototype des r&#234;ves nocturnes. Un r&#234;ve nocturne n'est, au fond, pas autre chose que le r&#234;ve &#233;veill&#233;, rendu plus souple gr&#226;ce &#224; la libert&#233; nocturne des tendances, d&#233;form&#233; par l'aspect nocturne de l'activit&#233; psychique. Nous sommes d&#233;j&#224; familiaris&#233;s avec l'id&#233;e que le r&#234;ve &#233;veill&#233; n'est pas n&#233;cessairement conscient, qu'il y a des r&#234;ves &#233;veill&#233;s inconscients. Ces r&#234;ves &#233;veill&#233;s inconscients peuvent donc &#234;tre la source aussi bien des r&#234;ves nocturnes que des sympt&#244;mes n&#233;vrotiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici ce qui sera de nature &#224; vous faire comprendre le r&#244;le de la fantaisie dans la formation de sympt&#244;mes. Je vous avais dit que dans les cas de privation la libido, accomplissant une marche r&#233;gressive, vient r&#233;occuper les positions qu'elle avait d&#233;pass&#233;es, non sans toutefois y avoir laiss&#233; une certaine partie d'elle-m&#234;me. Sans vouloir retrancher quoi que ce soit &#224; cette affirmation, sans vouloir y, apporter une correction quelconque, je tiens cependant &#224; introduire un anneau interm&#233;diaire. Comment la libido trouve-t-elle le chemin qui doit la conduire &#224; ces points de fixation ? Eh bien, les objets et directions abandonn&#233;s par la libido ne le sont pas d'une fa&#231;on compl&#232;te et absolue. Ces objets et directions ou leurs d&#233;riv&#233;s, persistent encore avec une certaine intensit&#233; dans les repr&#233;sentations de la fantaisie. Aussi suffit-il &#224; la libido de se reporter &#224; ces repr&#233;sentations pour retrouver le chemin qui doit la conduire &#224; toutes ces fixations refoul&#233;es. Ces repr&#233;sentations imaginaires avaient joui d'une certaine tol&#233;rance, il ne s'est pas produit de conflit entre elles et le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;, quelque forte que p&#251;t &#234;tre leur opposition avec celui-ci, mais cela tant qu'une certaine condition &#233;tait observ&#233;e, condition de nature &lt;i&gt;quantitative&lt;/i&gt; et qui ne se trouve troubl&#233;e que du fait du reflux de la libido vers les objets imaginaires. Par suite de ce reflux, la quantit&#233; d'&#233;nergie inh&#233;rente &#224; ces objets se trouve augment&#233;e au point qu'ils deviennent exigeants et manifestent une pouss&#233;e vers la r&#233;alisation. Il en r&#233;sulte un conflit entre eux et le &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;. Qu'ils fussent autrefois conscients ou pr&#233;conscients, ils subissent &#224; pr&#233;sent un refoulement de la part du &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; et sont livr&#233;s &#224; l'attraction de l'inconscient. Des fantaisies maintenant inconscientes, la libido remonte jusqu'&#224; leurs origines dans l'inconscient, jusqu'&#224; ses propres points de fixation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gression de la libido vers les objets imaginaires, ou fantaisies, constitue une &#233;tape interm&#233;diaire sur le chemin qui conduit &#224; la formation de sympt&#244;mes. Cette &#233;tape m&#233;rite, d'ailleurs, une d&#233;signation sp&#233;ciale. C. G. Jung avait propos&#233; &#224; cet effet l'excellente d&#233;nomination d'&lt;i&gt;introversion&lt;/i&gt;, &#224; laquelle il a d'ailleurs fort mal &#224; propos fait d&#233;signer aussi autre chose. Quant &#224; nous, nous d&#233;signons par &lt;i&gt;introversion&lt;/i&gt; l'&#233;loignement de la libido des possibilit&#233;s de satisfaction r&#233;elle et son d&#233;placement sur des fantaisies consid&#233;r&#233;es jusqu'alors comme inoffensives. Un introverti, sans &#234;tre encore un n&#233;vros&#233;, se trouve dans une situation instable ; au premier d&#233;placement des forces, il pr&#233;sentera des sympt&#244;mes n&#233;vrotiques s'il ne trouve pas d'autre issue pour sa libido refoul&#233;e. En revanche, le caract&#232;re irr&#233;el de la satisfaction n&#233;vrotique et l'effacement de la diff&#233;rence entre la fantaisie et la r&#233;alit&#233; existent d&#232;s la phase de l'introversion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez sans doute remarqu&#233; que, dans mes derni&#232;res explications, j'ai introduit dans l'encha&#238;nement &#233;tiologique un nouveau facteur : la quantit&#233;, la grandeur des &#233;nergies consid&#233;r&#233;es. C'est l&#224; un facteur doit- nous devons partout tenir compte. L'analyse purement qualitative des conditions &#233;tiologiques n'est pas exhaustive. Ou, pour nous exprimer autrement, une conception purement &lt;i&gt;dynamique&lt;/i&gt; des processus psychiques qui nous int&#233;ressent est insuffisante : nous avons encore besoin de les envisager au point de vue &lt;i&gt;&#233;conomique&lt;/i&gt;. Nous devons nous dire que le, conflit entre deux tendances n'&#233;clate qu'&#224; partir d&#251; moment o&#249; certaines intensit&#233;s se trouvent atteintes, alors m&#234;me que l&#233;s conditions d&#233;coulant des contenus de ces tendances existent depuis longtemps. De m&#234;me, l'importance pathog&#233;nique des facteurs constitutionnels d&#233;pend de la pr&#233;dominance quantitative de l'une ou de l'autre des tendances partielles en rapport avec la disposition constitutionnelle. On peut m&#234;me dire que toutes les pr&#233;dispositions humaines sont qualitativement identiques et ne diff&#232;rent entre elles - que par leurs proportions quantitatives. Non moins d&#233;cisif est le facteur quantitatif au point de vue de la r&#233;sistance &#224; de nouvelles affections n&#233;vrotiques. Tout d&#233;pend &lt;i&gt;de la quantit&#233;&lt;/i&gt; de la libido inemploy&#233;e qu'une personne est capable de contenir &#224; l'&#233;tat de suspension, et &lt;i&gt;de la fraction plus ou moins grande&lt;/i&gt; de cette libido qu'elle est capable de d&#233;tourner de la voie sexuelle pour l'orienter vers-la sublimation. Le but final de l'activit&#233; psychique qui, au point de vue qualitatif, peut &#234;tre d&#233;crit comme une tendance &#224; acqu&#233;rir du plaisir et &#224; &#233;viter la peine, appara&#238;t, si on l'envisage au point de vue &#233;conomique, comme un effort pour ma&#238;triser les masses (grandeurs) d'excitations ayant leur si&#232;ge dans l'appareil psychique et d'emp&#234;cher la peine pouvant r&#233;sulter de leur stagnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; tout ce que je m'&#233;tais propos&#233; de vous dire concernant la formation de sympt&#244;mes dans les n&#233;vroses. Mais je tiens &#224; r&#233;p&#233;ter une fois de plus et de la fa&#231;on la plus explicite que tout ce que j'ai dit ne se rapporte qu'&#224; la formation de sympt&#244;mes dans l'hyst&#233;rie. D&#233;j&#224; dans la n&#233;vrose obsessionnelle la situation est diff&#233;rente, les faits fondamentaux restant d'ailleurs les m&#234;mes. Les r&#233;sistances aux impulsions d&#233;coulant des tendances, r&#233;sistances dont nous avons &#233;galement parl&#233; &#224; propos de l'hyst&#233;rie, viennent, dans la n&#233;vrose obsessionnelle, occuper le premier plan et dominent le tableau clinique en tant que formations dites &#171; r&#233;actionnelles &#187;. Nous retrouvons les m&#234;mes diff&#233;rences et d'autres, plus profondes encore, dans les autres n&#233;vroses qui attentent encore que les recherches relatives &#224; leurs m&#233;canismes de formation de sympt&#244;mes soient achev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de terminer cette le&#231;on, je voudrais encore attirer votre attention sur un c&#244;t&#233; des plus int&#233;ressants de la vie imaginative. Il existe notamment un chemin de retour qui conduit de la fantaisie &#224; la r&#233;alit&#233; : c'est l'art. L'artiste est en m&#234;me temps un introverti qui frise la n&#233;vrose. Anim&#233; d'impulsions et de tendances extr&#234;mement fortes, il voudrait conqu&#233;rir honneurs, puissance, richesses, gloire et amour des femmes. Mais les moyens lui manquent de se procurer ces satisfactions. C'est pourquoi, comme tout homme insatisfait, il se d&#233;tourne de la r&#233;alit&#233; et concentre tout son int&#233;r&#234;t, et aussi sa libido, sur les d&#233;sirs cr&#233;&#233;s par sa vie Imaginative, ce qui peut le conduire facilement &#224; la n&#233;vrose. Il faut beaucoup de circonstances favorables pour que son d&#233;veloppement n'aboutisse pas &#224; ce r&#233;sultat ; et l'on sait combien sont nombreux les artistes qui souffrent d'un arr&#234;t partiel de leur activit&#233; par suite de n&#233;vroses. Il est possible que leur constitution comporte une grande aptitude &#224; la sublimation et une certaine faiblesse &#224; effectuer des refoulements susceptibles de d&#233;cider du conflit. Et voici comment l'artiste retrouve le chemin de la r&#233;alit&#233;. Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il n'est pas le seul &#224; vivre d'une vie imaginative. Le domaine interm&#233;diaire de la fantaisie jouit de la faveur g&#233;n&#233;rale de l'humanit&#233;, et tous ceux qui sont priv&#233;s de quelque chose y viennent chercher compensation et consolation. Mais les profanes ne retirent des sources de la fantaisie qu'un plaisir limit&#233;. Le caract&#232;re implacable de leurs refoulements les oblige &#224; se contenter des rares r&#234;ves &#233;veill&#233;s dont il faut encore qu'ils se rendent conscients. Mais le v&#233;ritable artiste peut davantage. Il sait d'abord donner &#224; ses r&#234;ves &#233;veill&#233;s une forme telle qu'ils perdent tout caract&#232;re personnel susceptible de rebuter les &#233;trangers, et deviennent une source de jouissance pour les autres. Il sait &#233;galement les embellir de fa&#231;on &#224; dissimuler compl&#232;tement leur origine suspecte. Il poss&#232;de en outre le pouvoir myst&#233;rieux de modeler des mat&#233;riaux donn&#233;s jusqu'&#224; en faire l'image fid&#232;le de la repr&#233;sentation existant dans sa fantaisie et de rattacher &#224; cette repr&#233;sentation de sa fantaisie inconsciente une somme de plaisir suffisante pour masquer ou supprimer, provisoirement du moins, les refoulements. Lorsqu'il a r&#233;ussi &#224; r&#233;aliser tout cela, il procure &#224; d'autres le moyen de puiser &#224; nouveau soulagement et consolation dans les sources de jouissances, devenues inaccessibles, de leur propre inconscient ; il s'attire leur reconnaissance et leur admiration et a finalement conquis &lt;i&gt;par&lt;/i&gt; sa fantaisie ce qui auparavant n'avait exist&#233; que &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; sa fantaisie : honneurs, puissance et amour des femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;voir &lt;a href='https://www.caute.lautre.net/Principe-de-plaisir-et-principe-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Principe de plaisir et principe de r&#233;alit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Freud, &lt;strong&gt;Introduction &#224; la psychanalyse&lt;/strong&gt;,PBP, 1981, pp.350-355&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'All&#233;gorie de la Caverne.</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/L-Allegorie-de-la-Caverne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/L-Allegorie-de-la-Caverne</guid>
		<dc:date>2003-08-13T19:39:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Platon</dc:creator>


		<dc:subject>libert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>bien</dc:subject>
		<dc:subject>philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>naissance</dc:subject>
		<dc:subject>nature humaine</dc:subject>
		<dc:subject>connaissance</dc:subject>
		<dc:subject>&#226;me</dc:subject>
		<dc:subject>intelligence</dc:subject>
		<dc:subject>savoir</dc:subject>
		<dc:subject>ignorance</dc:subject>
		<dc:subject>caverne</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>soleil</dc:subject>
		<dc:subject>image</dc:subject>
		<dc:subject>opinion</dc:subject>
		<dc:subject>prisonnier</dc:subject>
		<dc:subject>lumi&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>ombre</dc:subject>
		<dc:subject>feu</dc:subject>
		<dc:subject>marionettes</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;el</dc:subject>
		<dc:subject>apparence</dc:subject>
		<dc:subject>artifice</dc:subject>
		<dc:subject>sensible</dc:subject>
		<dc:subject>intelligible</dc:subject>
		<dc:subject>illusion</dc:subject>
		<dc:subject>v&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>embarras</dc:subject>
		<dc:subject>aporie</dc:subject>
		<dc:subject>oeil</dc:subject>
		<dc:subject>vision</dc:subject>
		<dc:subject>voir</dc:subject>
		<dc:subject>aveuglement</dc:subject>
		<dc:subject>aveugle</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;blouissement</dc:subject>
		<dc:subject>g&#233;n&#233;ration</dc:subject>
		<dc:subject>corruption</dc:subject>
		<dc:subject>contemplation</dc:subject>
		<dc:subject>all&#233;gorie</dc:subject>
		<dc:subject>rire</dc:subject>
		<dc:subject>moquerie</dc:subject>
		<dc:subject>&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>dessin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voir La ligne droite divis&#233;e pour un expos&#233; de la distinction entre le visible et l'intelligible. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Socrate : Maintenant, repr&#233;sente-toi de la fa&#231;on que voici l'&#233;tat de notre nature relativement &#224; l'instruction et &#224; l'ignorance. Consid&#232;re ceci : des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne. Celle-ci poss&#232;de en guise d'entr&#233;e un long passage menant vers le haut, vers la lumi&#232;re du jour, et en direction duquel toute la caverne se rassemble. Les hommes sont l&#224; depuis leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Platon-" rel="directory"&gt;Platon&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-liberte-+" rel="tag"&gt;libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-bien-+" rel="tag"&gt;bien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-philosophie-+" rel="tag"&gt;philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-naissance-+" rel="tag"&gt;naissance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-nature-humaine-+" rel="tag"&gt;nature humaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-connaissance-+" rel="tag"&gt;connaissance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-ame-+" rel="tag"&gt;&#226;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-intelligence-+" rel="tag"&gt;intelligence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-savoir-+" rel="tag"&gt;savoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-ignorance-+" rel="tag"&gt;ignorance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-caverne-+" rel="tag"&gt;caverne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-education-293-+" rel="tag"&gt;&#233;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-soleil-+" rel="tag"&gt;soleil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-image-+" rel="tag"&gt;image&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-opinion-+" rel="tag"&gt;opinion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-prisonnier-+" rel="tag"&gt;prisonnier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-lumiere-+" rel="tag"&gt;lumi&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-ombre-+" rel="tag"&gt;ombre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-feu-+" rel="tag"&gt;feu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-marionettes-+" rel="tag"&gt;marionettes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-reel-+" rel="tag"&gt;r&#233;el&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-apparence-+" rel="tag"&gt;apparence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-artifice-+" rel="tag"&gt;artifice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-sensible-+" rel="tag"&gt;sensible&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-intelligible-+" rel="tag"&gt;intelligible&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-illusion-+" rel="tag"&gt;illusion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-verite-+" rel="tag"&gt;v&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-embarras-+" rel="tag"&gt;embarras&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-aporie-+" rel="tag"&gt;aporie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-oeil-+" rel="tag"&gt;oeil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-vision-+" rel="tag"&gt;vision&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-voir-+" rel="tag"&gt;voir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-aveuglement-+" rel="tag"&gt;aveuglement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-aveugle-+" rel="tag"&gt;aveugle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-eblouissement-+" rel="tag"&gt;&#233;blouissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-generation-+" rel="tag"&gt;g&#233;n&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-corruption-+" rel="tag"&gt;corruption&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-contemplation-+" rel="tag"&gt;contemplation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-allegorie-+" rel="tag"&gt;all&#233;gorie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-rire-+" rel="tag"&gt;rire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-moquerie-+" rel="tag"&gt;moquerie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-etre-+" rel="tag"&gt;&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-dessin-+" rel="tag"&gt;dessin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voir &lt;a href='https://www.caute.lautre.net/La-ligne-droite-divisee' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La ligne droite divis&#233;e&lt;/a&gt; pour un expos&#233; de la distinction entre le visible et l'intelligible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;854&#034; height=&#034;480&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/d2afuTvUzBQ&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; Socrate :&lt;/i&gt; Maintenant, repr&#233;sente-toi de la fa&#231;on que voici l'&#233;tat de notre nature relativement &#224; l'instruction et &#224; l'ignorance. Consid&#232;re ceci : des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne. Celle-ci poss&#232;de en guise d'entr&#233;e un long passage menant vers le haut, vers la lumi&#232;re du jour, et en direction duquel toute la caverne se rassemble. Les hommes sont l&#224; depuis leur enfance, les jambes et le cou encha&#238;n&#233;s, de sorte qu'ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la cha&#238;ne les emp&#234;chant de tourner la t&#234;te. Une lumi&#232;re leur vient d'un feu allum&#233; sur une hauteur, au loin derri&#232;re eux. Entre le feu et les prisonniers passe un chemin &#233;lev&#233;. Imagine que le long de ce chemin est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_25 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH263/caverne1-e6790.png?1772278064' width='500' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Caverne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;Glaucon : &lt;/i&gt;Je vois cela, dit-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Imagine donc comment, le long de ce petit mur, des hommes passent, portant toutes sortes de choses qui sont visibles au-dessus du mur, statues et autres figures de pierre ou de bois, et toutes sortes d'objets fabriqu&#233;s par la main de l'homme. Comme on pouvait s'y attendre, de tous ces porteurs, les uns parlent entre eux et les autres se taisent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Voil&#224;, s'&#233;cria-t-il, un &#233;trange tableau et d'&#233;tranges prisonniers.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Ils nous ressemblent, r&#233;pondis-je. Qu'en penses-tu ? Jamais encore de tels hommes n'ont vu, soit d'eux-m&#234;mes, soit de leurs compagnons, autre chose que les ombres projet&#233;es par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Comment en serait-il autrement, s'ils sont forc&#233;s de rester la t&#234;te immobile durant toute leur vie ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et pour les objets qui d&#233;filent, n'en est-il pas de m&#234;me ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Sans contredit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Si donc ils pouvaient s'entretenir entre eux de ce qu'ils voient, ne penses-tu pas que, ce qu'ils voient, ils le prendraient pour ce qui est ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;N&#233;cessairement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et qu'arriverait-il si cette prison avait en outre un &#233;cho, venant de la paroi qui fait face aux captifs ? Chaque fois qu'un des porteurs dirait un mot, les prisonniers attribueraient-ils ce mot &#224; autre chose qu'&#224; l'ombre qui passe devant eux ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Non, par Zeus, dit-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Donc, pour les hommes ainsi encha&#238;n&#233;s, les ombres des objets seraient la v&#233;rit&#233; et ils ne la verraient absolument que l&#224;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;C'est de toute n&#233;cessit&#233;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Consid&#232;re alors comment ces hommes pourraient &#234;tre d&#233;livr&#233;s de leurs cha&#238;nes et gu&#233;ris de leur &#233;garement : quelle forme celui-ci prendrait-il, s'il leur arrivait ce que je vais dire ? Chaque fois que l'un d'eux serait d&#233;livr&#233; de ses cha&#238;nes et oblig&#233; tout d'un coup de se lever, de tourner la t&#234;te, de se mettre en marche et de regarder en haut vers la lumi&#232;re, tous ces actes le feraient souffrir et l'&#233;clat de la lumi&#232;re l'emp&#234;cherait de voir les choses dont il observait pr&#233;c&#233;demment les ombres. Que r&#233;pondrait-il, &#224; ton avis, si quelqu'un lui affirmait qu'il n'avait vu jusqu'alors que des riens sans consistance, mais qu'il &#233;tait maintenant beaucoup plus pr&#232;s de ce qui est et que, tourn&#233; d&#233;sormais vers des choses ayant plus d'&#234;tre, il voyait aussi d'une fa&#231;on plus exacte ? Et si quelqu'un lui montrait alors chacune des choses transport&#233;es et l'obligeait &#224; dire ce que c'est, ne crois-tu pas qu'il serait bien embarrass&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;dans &#034; l'aporie &#034; ( aporia ).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qu'il estimerait que ce qu'il voyait auparavant &#233;tait plus vrai que ce qu'on lui montrerait &#224; pr&#233;sent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Beaucoup plus vraies, reconnut-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et si on le for&#231;ait &#224; regarder le feu lui-m&#234;me, ses yeux n'en seraient-ils pas bless&#233;s et ne voudrait-il pas se d&#233;tourner pour retourner aux choses qu'il est dans ses forces de regarder ? Et ne croira-t-il pas que ces derni&#232;res sont en fait plus claires que celles qu'on lui montre ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Assur&#233;ment.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et si, repris-je, quelqu'un, le saisissant, le tra&#238;nait par force sur le chemin montant, raboteux et escarp&#233; de la caverne et qu'il ne le l&#226;ch&#226;t pas avant qu'il l'e&#251;t amen&#233; &#224; la lumi&#232;re du soleil, ne souffrirait-il pas vivement, et ne se plaindrait-il pas de ces violences ? Et, une fois parvenu &#224; la lumi&#232;re du jour, pourrait-il, les yeux tout &#233;blouis par son &#233;clat, distinguer une seule des choses qu'on lui pr&#233;senterait maintenant comme v&#233;ritables ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Il ne le pourrait pas, r&#233;pondit-il ; du moins pas tout de suite.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Il est clair, &#224; mon avis, qu'une accoutumance serait n&#233;cessaire, s'il devait parvenir &#224; voir ce qui est en haut. D'abord ce seraient les ombres qu'il pourrait regarder le plus facilement, puis les images des hommes et des autres choses refl&#233;t&#233;es dans l'eau, et plus tard seulement les hommes et les choses elles-m&#234;mes. Et parmi celles-ci, il contemplerait sans doute plus facilement, pendant la nuit, les choses du ciel et le ciel lui-m&#234;me, tournant son regard vers la lumi&#232;re des astres et de la lune, qu'il ne le ferait pendant le jour du soleil et de son &#233;clat.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Sans doute.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;A la fin, j'imagine, ce serait le soleil - non ses vaines images r&#233;fl&#233;chies dans les eaux ou en quelque autre milieu - mais le soleil lui-m&#234;me en son lieu propre, qu'il pourrait voir et contempler tel qu'il est.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;N&#233;cessairement, dit-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et, apr&#232;s toutes ces &#233;preuves, il pourrait rassembler ses pens&#233;es au sujet du soleil, et juger que c'est lui qui fait les saisons et les ann&#233;es, qui gouverne tout ce qui se trouve dans le lieu d&#233;sormais contempl&#233; &#224; la lumi&#232;re du jour, et qui, d'une certaine mani&#232;re, est la cause de tout ce qu'il voyait avec ses compagnons dans la caverne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Manifestement, il parviendrait &#224; ces pens&#233;es apr&#232;s qu'il aurait laiss&#233; derri&#232;re lui ce qui n'est qu'ombre et reflet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Or donc, se souvenant de sa premi&#232;re demeure, du &#034;savoir&#034; qu'on y professe, et de ceux qui y furent ses compagnons de captivit&#233;, ne crois-tu pas qu'il se r&#233;jouirait du changement et aurait piti&#233; de ces derniers ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Si, certes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et maintenant, s'ils se d&#233;cernaient entre eux honneurs et louanges, s'ils avaient des r&#233;compenses pour celui qui discernerait le mieux le passage des ombres, qui se rappellerait le mieux celles qui ont coutume de se pr&#233;senter les premi&#232;res ou les derni&#232;res, ou ensemble, et qui par l&#224; serait le plus habile &#224; deviner leur apparition, penses-tu que notre homme envierait ces distinctions, et qu'il voudrait rivaliser avec les plus honor&#233;s et les plus puissants d'entre eux ? Ou bien ne pr&#233;f&#233;rerait-il pas prendre sur lui, comme dit Hom&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Odyss&#233;e, XI, 489-490.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et, &#034; valet de boeufs, vivre en service chez un pauvre fermier &#034;, et ne supporterait-il pas n'importe quoi, plut&#244;t que de s'abandonner aux opinions admises dans la caverne et de vivre comme il vivait ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Je suis de ton avis, dit-il ; il pr&#233;f&#233;rera tout souffrir plut&#244;t que de vivre de cette fa&#231;on l&#224;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Consid&#232;re encore ceci : si l'homme ainsi sorti de la caverne y redescendait pour s'asseoir &#224; nouveau &#224; son ancienne place, est-ce que ses yeux, &#224; lui qui vient de quitter le soleil, ne se rempliraient pas de t&#233;n&#232;bres ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Assur&#233;ment si, dit-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;Et s'il lui fallait de nouveau entrer en comp&#233;tition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n'ont pas quitt&#233; leurs cha&#238;nes, et cela alors qu'il voit mal, ses yeux n'&#233;tant pas encore accoutum&#233;s &#224; l'obscurit&#233;, ce qui ne demande pas peu de temps, ne serait-il pas livr&#233; l&#224;-bas au ridicule et ne lui ferait-on pas comprendre que son voyage l&#224;-haut ne lui a rien rapport&#233; d'autre que de revenir dans la caverne avec des yeux ruin&#233;s et qu'il ne vaut donc pas la peine de chercher &#224; s'&#233;lever sur le chemin ? Et si quelqu'un entreprenait de les d&#233;livrer de leurs cha&#238;nes et de les conduire vers le haut, et qu'il leur soit possible de se saisir de lui et de le tuer, ne le tueraient-ils pas ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;G : &lt;/i&gt;Sans aucun doute, r&#233;pondit-il.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L491xH512/Caverne2-24422.jpg?1772278064' width='491' height='512' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Caverne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;in, Atlas de la philosophie, &#233;d. La Pochoth&#232;que, 1993, p. 40.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Socrate : &lt;/i&gt;Maintenant, mon cher Glaucon, repris-je, il faut appliquer point par point cette image &#224; ce que nous avons dit plus haut, comparer le monde que nous d&#233;couvre la vue au s&#233;jour de la prison, et la lumi&#232;re du feu qui l'&#233;claire &#224; la puissance du soleil. Quant &#224; la mont&#233;e dans la r&#233;gion sup&#233;rieure et &#224; la contemplation de ses objets, si tu la consid&#232;res comme l'ascension de l'&#226;me vers le lieu intelligible, tu ne te tromperas pas sur ma pens&#233;e, puisque aussi bien tu d&#233;sires la conna&#238;tre. Dieu sait si elle est vraie. Pour moi, telle est mon opinion : dans le monde intelligible l'id&#233;e du bien est per&#231;ue la derni&#232;re et avec peine, mais on ne la peut percevoir sans conclure qu'elle est la cause de tout ce qu'il y a de droit et de beau en toutes choses ; qu'elle a, dans le monde visible, engendr&#233; la lumi&#232;re et le souverain et le souverain de la lumi&#232;re ; que, dans le monde intelligible, c'est elle-m&#234;me qui est souveraine et dispense la v&#233;rit&#233; et l'intelligence ; et qu'il faut la voir pour se conduire avec sagesse dans la vie priv&#233;e et dans la vie publique.(...) Ne t'&#233;tonne [donc] pas que ceux qui se sont &#233;lev&#233;s &#224; ces hauteurs ne veuillent plus s'occuper des affaires humaines, et que leurs &#226;mes aspirent sans cesse &#224; demeurer l&#224;-haut. Cela est bien naturel si notre all&#233;gorie est exacte.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	G : &lt;/i&gt; C'est en effet bien naturel, dit-il.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	S : &lt;/i&gt; Mais quoi ? penses-tu qu'il soit &#233;tonnant qu'un homme qui passe de contemplations divines aux mis&#233;rables choses humaines ait mauvaise gr&#226;ce et paraisse tout &#224; fait ridicule lorsque, ayant encore la vue troubl&#233;e et n'&#233;tant pas suffisamment accoutum&#233; aux t&#233;n&#232;bres environnantes, il est oblig&#233; d'entrer en dispute, devant les tribunaux ou ailleurs, sur des ombres de justice ou sur les images qui projettent ces ombres, et de combattre les interpr&#233;tations qu'en donnent ceux qui n'ont jamais vu la justice elle-m&#234;me ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	G : &lt;/i&gt; Il n'y a l&#224; rien d'&#233;tonnant. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	S :&lt;/i&gt; En effet, un homme sens&#233; se rappellera que les yeux peuvent &#234;tre troubl&#233;s de deux mani&#232;res et par deux causes oppos&#233;es : par le passage de la lumi&#232;re &#224; l'obscurit&#233;, et par celui de l'obscurit&#233; &#224; la lumi&#232;re ; et, ayant r&#233;fl&#233;chi qu'il en est de m&#234;me pour l'&#226;me, quand il en verra une troubl&#233;e et embarrass&#233;e pour discerner certains objets, il n'en rira pas sottement, mais examinera plut&#244;t si, venant d'une vie plus lumineuse, elle est, faute d'habitude, offusqu&#233;e par les t&#233;n&#232;bres, ou si passant de l'ignorance &#224; la lumi&#232;re, elle est &#233;blouie de son trop vif &#233;clat ; dans le premier cas il l'estimera heureuse en raison de ce qu'elle &#233;prouve et de la vie qu'elle m&#232;ne ; dans le second, il la plaindra, et s'il voulait rire &#224; ses d&#233;pens, ses moqueries seraient moins ridicules que si elles s'adressaient &#224; l'&#226;me qui redescend du s&#233;jour de la lumi&#232;re. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	G :&lt;/i&gt; C'est parler avec beaucoup de sagesse. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	S :&lt;/i&gt; Il nous faut donc, si tout cela est vrai, en conclure ceci : l'&#233;ducation n'est point ce que certains proclament qu'elle est : car ils pr&#233;tendent l'introduire dans l'&#226;me, o&#249; elle n'est point, comme on donnerait la vue &#224; des yeux aveugles. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	G :&lt;/i&gt; Ils le pr&#233;tendent en effet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	S : &lt;/i&gt;Or, repris-je, le pr&#233;sent discours montre que chacun poss&#232;de la facult&#233; d'apprendre et l'organe destin&#233; &#224; cet usage, et que, semblable &#224; des yeux qui ne pourraient se tourner qu'avec le corps tout entier des t&#233;n&#232;bres vers la lumi&#232;re, cet organe doit aussi se d&#233;tourner avec l'&#226;me tout enti&#232;re de ce qui na&#238;t, jusqu'&#224; ce qu'il devienne capable de supporter la vue de l'&#234;tre et de ce qu'il y a de plus lumineux dans l'&#234;tre ; et cela nous l'appelons le bien, n'est-ce pas ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	G :&lt;/i&gt; Oui.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;S : &lt;/i&gt;L'&#233;ducation est donc l'art qui se propose ce but, la conversion de l'&#226;me, et qui cherche les moyens les plus efficaces de l'op&#233;rer ; elle ne consiste pas &#224; donner la vue &#224; l'organe de l'&#226;me, puisqu'il l'a d&#233;j&#224; ; mais comme il est mal tourn&#233; et ne regarde pas o&#249; il faudrait, elle s'efforce de l'amener dans la bonne direction. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.agora.crosemont.qc.ca/dphilo/intradoc/phi103/caverne.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques dessins repr&#233;sentant la Caverne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;dans &#034; l'aporie &#034; ( aporia ).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt;, XI, 489-490.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Platon, &lt;strong&gt;La R&#233;publique ( POLITEIA )&lt;/strong&gt;, Livre VII, 514a-518a&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
