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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>La croisade dans le texte </title>
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		<dc:creator>Offenstadt, Nicolas </dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Aux sources d'un id&#233;al qui fut souvent lu comme conqu&#233;rant avant d'&#234;tre plus sobrement pr&#233;sent&#233; comme p&#233;nitentiel, les r&#233;flexions actuelles de Jean Flori, comme l'anthologie republi&#233;e de Jean Richard, restaurent la complexit&#233; d'une &#034;guerre sainte&#034; toujours d&#233;battue.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.caute.lautre.net/Peut-il-etre-juste-de-vouloir-la-guerre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La guerre sainte&lt;/i&gt; de Jean Flori, Aubier, &#034;Collection historique&#034;, 406 p., 159F (24,24 &#8364;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire contemporaine n'est pas seule &#224; susciter de fortes pol&#233;miques interpr&#233;tatives. Celle du Moyen &#194;ge aussi conna&#238;t ses d&#233;chirements internes : qu'il suffise de rappeler les d&#233;bats autour de la &#034;mutation de l'an mil&#034;. Non sans enjeux id&#233;ologiques et politiques, l'analyse des croisades fait partie de ces terres d'affrontement. Elle charrie avec elle un ensemble de notions d'usage d&#233;licat, la guerre sainte au premier chef, qui ont de fortes r&#233;sonances actuelles, notamment &#224; travers le jihad si souvent invoqu&#233; et convoqu&#233; par les acteurs et les commentateurs. En conclusion de &lt;i&gt;La Guerre sainte&lt;/i&gt;, Jean Flori se livre &#224; une comparaison tr&#232;s &#233;clairante entre ces deux concepts. Mais tel n'est pas son propos principal. L'auteur prend clairement parti dans les disputes historiographiques. Il entend r&#233;&#233;valuer l'interpr&#233;tation des croisades comme &#034;guerre sainte&#034; consid&#233;rant qu'elle est &lt;i&gt;&#034;aujourd'hui trop n&#233;glig&#233;e&#034;&lt;/i&gt; au profit de celle qui pr&#233;sente ces exp&#233;ditions avant tout en tant que p&#232;lerinage p&#233;nitentiel arm&#233;. M&#234;me si Flori, qui avance toujours &#224; pas feutr&#233;s, constate que les deux dimensions sont &#034;&lt;i&gt;aussi ins&#233;parables que les deux faces d'une pi&#232;ce de monnaie&#034;&lt;/i&gt;, il voit dans la croisade essentiellement une &#034;&lt;i&gt;guerre saintissime de lib&#233;ration de la Palestine, redonnant aux chr&#233;tiens les territoires et les routes qui m&#232;nent a J&#233;rusalem&#034;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;rusalem est bien au c&#339;ur des motifs de croisade, ainsi qu'en t&#233;moigne, par exemple, Pierre l'Ermite, dont Jean Flori se fit nagu&#232;re le biographe (lire &lt;i&gt;&#034;Le Monde des livres&#034;&lt;/i&gt; du 23 juillet 1999). La croisade ne se confond pas avec la guerre sainte : elle en est l'illustration &#034;par excellence&#034; mais avec des traits propres : composante eschatologique, appel du pape &#224; toute la chr&#233;tient&#233; &#034;&lt;i&gt;par-dessus la t&#234;te des rois et des princes&#034;&lt;/i&gt;, r&#244;le fondamental de la Ville sainte. Si la d&#233;monstration s'arr&#234;tait l&#224;, il n'y aurait rien d'autre qu'une prise de position stimulante. Mais le sp&#233;cialiste de la chevalerie m&#232;ne un projet plus ambitieux. Il veut en effet &lt;i&gt;&#034;scruter la pr&#233;histoire de la croisade&#034;&lt;/i&gt;, montrer comment s'est construite l'id&#233;e de guerre sainte depuis le Haut Moyen &#194;ge, au d&#233;triment du discours de non-violence de l'&#201;glise des premiers temps. Aussi l'&#233;tude de la premi&#232;re croisade proprement dite n'occupe-t-elle qu'une place modeste dans le volume. Pour l'essentiel, Flori - plus enclin a traiter les textes comme expression id&#233;ologique qu'en tant que pratiques discursives - entreprend une minutieuse reconstitution des propos et des &#233;v&#232;nements qui ont progressivement sacralis&#233; la violence guerri&#232;re dans l'Occident m&#233;di&#233;val pour aboutir &#224; la guerre sainte telle qu'elle est con&#231;ue &#224; la fin du XIe si&#232;cle lorsque Urbain II lance &#034;l'appel de Clermont&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion est d&#233;j&#224; centrale chez saint Augustin, plus que la d&#233;finition de la &#034;guerre juste&#034; si souvent associ&#233;e a son nom et les guerres men&#233;es depuis Charlemagne contre les pa&#239;ens ou pour la d&#233;fense de Rome et de l'&#201;glise sont loin d'&#234;tre exemptes de sacralisation. La paix et la tr&#234;ve de Dieu (promues par l'&#201;glise a partir de la fin du Xe si&#232;cle) constituent des &#233;tapes suppl&#233;mentaires dans le processus de &#034;sanctification&#034; de la guerre puisque des &#034;milices de paix&#034; voient leurs engagements militaires l&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les saints eux-m&#234;mes interviennent souvent violemment contre ceux qui s'en prennent &#224; leur domaine. Sainte Foy ne fait-elle pas p&#233;rir un clerc qui doutait de ses pouvoirs ? On voit ces m&#234;mes saints surgir au milieu de la bataille - tel saint Germain contre les Normands - pour d&#233;fendre la juste cause, comme ils le feront pour les croisades, alors que leurs banni&#232;res prot&#232;gent les combattants. D&#232;s avant les croisades, l'&#201;glise a glorifi&#233; les guerriers morts pour des causes sanctifi&#233;es et promis des r&#233;compenses spirituelles aux combattants de la &#034;guerre sainte&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la croisade, la r&#233;mission des p&#233;ch&#233;s trouve autant son origine dans le &lt;i&gt;&#034;don de soi dans le combat pour Dieu&#034;&lt;/i&gt; que dans le p&#232;lerinage. &#192; la sacralisation &#034;positive&#034; de la cause s'ajoute un versant &#034;n&#233;gatif &#034; &#224; savoir la diabolisation de la figure du pa&#239;en et du musulman, par des chemins &#233;tudi&#233;s ici dans le d&#233;tail. La papaut&#233;, transform&#233;e par la r&#233;forme gr&#233;gorienne, est, bien s&#251;r, une institution-cl&#233; dans le processus : qu'elle s'assure le concours de troupes vari&#233;es pour sa propre d&#233;fense, conc&#232;de la banni&#232;re de saint Pierre &#224; ses soutiens ou encourage la reconquista sur les Musulmans dans la P&#233;ninsule ib&#233;rique. Les habitu&#233;s de Flori trouveront que les analyses se r&#233;p&#232;tent un peu d'un titre &#224; l'autre - &lt;i&gt;La Guerre sainte &lt;/i&gt;reprend bien des th&#232;mes &#224; &lt;i&gt;Croisade et chevalerie XIe-XIIe si&#232;cles&lt;/i&gt;, recueil d'articles paru en 1998 (De Boeck Universit&#233;), &#224; &lt;i&gt;La Premi&#232;re Croisade &lt;/i&gt;(Complexe, 1992, qui ressort dans la collection &#034;Historiques&#034; 288 p., 56 F) et &#224; &lt;i&gt;Pierre l'Ermite et la premi&#232;re croisade &lt;/i&gt;(Fayard, 1999), titres qui s'entrecroisent &#233;galement - voire, parfois, d'un passage &#224; l'autre dans &lt;i&gt;La Guerre sainte&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ampleur de la documentation, la rigueur de la d&#233;monstration - qu'on partage ou non toutes ses conclusions - et la richesse du propos feront de ce livre un classique, incontournable pour comprendre les conceptions id&#233;ologiques du combat au Moyen &#194;ge et penser, en temps long, &#034;la guerre sainte&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Monde des livres&lt;/strong&gt;, le 10 ao&#251;t 2001&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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