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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Nous ne faisons la guerre qu'afin de vivre en paix</title>
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		<dc:creator>Aristote</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le bonheur semble consister dans le loisir : car nous ne nous adonnons &#224; une vie active qu'en vue d'atteindre le loisir, et ne faisons la guerre qu'afin de vivre en paix. Or l'activit&#233; des vertus pratiques s'exerce dans la sph&#232;re de la politique ou de la guerre ; mais les actions qui s'y rapportent paraissent bien &#234;tre &#233;trang&#232;res &#224; toute id&#233;e de loisir, et, dans le domaine de la guerre elles rev&#234;tent m&#234;me enti&#232;rement ce caract&#232;re, puisque personne ne choisit de faire la guerre pour la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Aristote-" rel="directory"&gt;Aristote&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.caute.lautre.net/local/cache-vignettes/L142xH150/aristote-36f75.png?1772533436' class='spip_logo spip_logo_right' width='142' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le bonheur semble consister dans le loisir : car nous ne nous adonnons &#224; une vie active qu'en vue d'atteindre le loisir, et ne faisons la guerre qu'afin de vivre en paix. Or l'activit&#233; des vertus pratiques s'exerce dans la sph&#232;re de la politique ou de la guerre ; mais les actions qui s'y rapportent paraissent bien &#234;tre &#233;trang&#232;res &#224; toute id&#233;e de loisir, et, dans le domaine de la guerre elles rev&#234;tent m&#234;me enti&#232;rement ce caract&#232;re, puisque personne ne choisit de faire la guerre pour la guerre, ni ne pr&#233;pare d&#233;lib&#233;r&#233;ment une guerre : on passerait pour un buveur de sang accompli, si de ses propres amis on se faisait des ennemis en vue de susciter des batailles et des tueries.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Aristote, &#201;thique &#224; Nicomaque, Livre X, 7&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les principes et la d&#233;monstration</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Les-principes-et-la-demonstration</link>
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		<dc:date>2013-09-19T18:19:27Z</dc:date>
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		<dc:creator>Aristote</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Chapitre IX (Les principes propres et ind&#233;montrables de la d&#233;monstration) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#167; 1. Puisque &#233;videmment on ne peut d&#233;montrer une chose que par les principes qui lui sont propres, c'est-&#224;-dire si le d&#233;montr&#233; est &#224; l'objet en tant que cet objet est ce qu'il est, il ne suffit pas, pour savoir cette chose, de la d&#233;montrer en partant de propositions vraies, ind&#233;montrables et imm&#233;diates ; ce n'est l&#224; d&#233;montrer que comme Bryson d&#233;montrait la quadrature du cercle. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#167;2, Les raisonnements de ce genre ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Aristote-" rel="directory"&gt;Aristote&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre IX&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;(Les principes propres et ind&#233;montrables de la d&#233;monstration)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#167; 1. Puisque &#233;videmment on ne peut d&#233;montrer une chose que par les principes qui lui sont propres, c'est-&#224;-dire si le d&#233;montr&#233; est &#224; l'objet en tant que cet objet est ce qu'il est, il ne suffit pas, pour savoir cette chose, de la d&#233;montrer en partant de propositions vraies, ind&#233;montrables et imm&#233;diates ; ce n'est l&#224; d&#233;montrer que comme Bryson d&#233;montrait la quadrature du cercle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;2, Les raisonnements de ce genre ne d&#233;montrent jamais que d'apr&#232;s un principe commun qui s'applique aussi &#224; un autre objet ; et voil&#224; comment ils conviennent &#233;galement &#224; des objets qui ne sont pas de m&#234;me genre. Ce n'est donc pas en tant que la chose est ce qu'elle est qu'on la sait, c'est seulement dans son accident ; autrement la d&#233;monstration ne pourrait pas convenir tout aussi bien &#224; un autre genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;3. Nous ne savons un attribut quelconque r&#233;ellement et autrement que par l'accident, que lorsque nous le connaissons par ce qui le fait &#234;tre, d'apr&#232;s les principes qui sont propres &#224; la chose, en tant qu'elle est ce qu'elle est. Nous savons, par exemple, ce que c'est qu'avoir ses angles &#233;gaux &#224; deux droits, quand nous savons &#224; quoi appartient essentiellement cette propri&#233;t&#233;, d'apr&#232;s les principes propres &#224; la chose qui la poss&#232;de. Il suit de l&#224; que si la propri&#233;t&#233; appartient essentiellement &#224; la chose &#224; laquelle elle est, il y a n&#233;cessit&#233; que le moyen se trouve aussi dans le m&#234;me genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;4. S'il n'y est pas, c'est qu'alors le rapport est le m&#234;me que celui des questions d'harmonie &#224; l'arithm&#233;tique ; et quand les choses sont dans cette relation, on peut les d&#233;montrer par des principes identiques. Il y a pourtant encore la diff&#233;rence que voici : l'existence m&#234;me de la chose rel&#232;ve d'une science diff&#233;rente, puisque le genre en question est diff&#233;rent ; mais la cause de la chose rel&#232;ve de la science sup&#233;rieure &#224; laquelle les propri&#233;t&#233;s dont il s'agit appartiennent essentiellement. Ceci est une preuve nouvelle qu'on ne peut jamais d&#233;montrer une chose absolument que par les principes qui lui sont propres ; seulement, dans les sciences dont nous venons de parler, les principes ont la propri&#233;t&#233; commune qu'on &#233;tudie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;5. Que si cela est &#233;vident, il est &#233;vident aussi que les principes propres de chaque chose sont ind&#233;montrables ; ces principes deviendront les principes de tout le reste, et la science de ces principes sera la souveraine de tout ce qui suivra. En effet, celui-l&#224; sait davantage, qui sait par les causes sup&#233;rieures ; et savoir par les termes ant&#233;rieurs, c'est savoir, non pas par les effets produits, mais par les causes qui produisent. En outre, si c'est l&#224; savoir davantage, c'est l&#224; savoir aussi le plus possible ; et d&#232;s que cette science existe, c'est &#224; la fois et une science sup&#233;rieure et la science supr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;6. Mais la d&#233;monstration ne passe pas d'un genre &#224; un autre, si ce n'est, comme on l'a d&#233;j&#224; dit, que les d&#233;monstrations de g&#233;om&#233;trie passent en optique ou en m&#233;canique, et les d&#233;monstrations d'arithm&#233;tique en harmonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;7. Du reste il est difficile de reconna&#238;tre si l'on sait ou si l'on ne sait pas, parce qu'il est difficile de reconna&#238;tre si notre science provient ou non des principes propres de chaque chose, ce qui est pr&#233;cis&#233;ment savoir. Nous croyons savoir par cela seul que nous tirons notre syllogisme de certains principes vrais et primitifs. Mais ce n'est point l&#224; savoir, puisqu'il faut en outre que la conclusion soit homog&#232;ne aux principes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre X&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;(Les diff&#233;rents principes)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#167;1. Ce que j'appelle principes dans chaque genre, ce sont les termes dont on ne peut pas d&#233;montrer qu'ils sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;2. On admet donc sans d&#233;monstration le sens des mots qui expriment et les primitifs et la conclusion qui en d&#233;rive ; et pour les principes, il faut de toute n&#233;cessit&#233; admettre qu'ils sont sans les d&#233;montrer ; mais c'est pour le reste seulement qu'il faut d&#233;montrer qu'il est. On doit par exemple admettre sans d&#233;monstration ce que signifient et l'unit&#233;, et la ligne droite, et le triangle ; il faut admettre &#233;galement sans le d&#233;montrer que l'unit&#233; et la grandeur existent ; et c'est seulement pour le reste qu'il doit y avoir d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;3. Parmi les principes dont on se sert dans les sciences d&#233;monstratives, les uns sont sp&#233;ciaux &#224; chaque science, les autres sont communs. J'entends qu'ils sont communs par analogie ; car le principe commun est employ&#233; dans la mesure m&#234;me o&#249; il se rapporte au genre de science en question. Des principes sp&#233;ciaux, c'est, par exemple, la d&#233;finition de la ligne, de la droite ; au contraire, un principe commun c'est, par exemple, celui-ci : Si de choses &#233;gales on &#244;te des quantit&#233;s &#233;gales, le reste de part et d'autre est encore &#233;gal. Chacun de ces principes est applicable en tant qu'il entre dans le genre en question. La valeur du principe commun que je viens de citer sera toujours la m&#234;me, bien qu'on ne le pose pas pour tous les objets auxquels il pourrait convenir, et qu'on le prenne, comme le g&#233;om&#232;tre, seulement pour les grandeurs, et comme l'arithm&#233;ticien, seulement pour les nombres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;4. On appelle encore principes propres dont on admet aussi l'existence sans d&#233;monstration, les choses dans lesquelles la science trouve les propri&#233;t&#233;s essentielles qu'elle &#233;tudie. Ainsi l'arithm&#233;tique admet sans d&#233;monstration les unit&#233;s, et la g&#233;om&#233;trie les points et les lignes : car elles admettent sans d&#233;monstration et l'existence et la d&#233;finition de ces choses. De plus, pour les modifications essentielles de ces choses, l'on admet &#233;galement sans d&#233;monstration les noms de chacune d'elles. Par exemple : l'arithm&#233;tique admet ainsi le sens des mots d'impair ou de pair, de carr&#233;, de cube, etc. ; et la g&#233;om&#233;trie ceux d'incommensurable, de bris&#233;, d'oblique, etc. Mais quant &#224; l'existence de ces propri&#233;t&#233;s, on la d&#233;montre au moyen et de principes communs et de propositions d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233;es. La m&#233;thode est la m&#234;me en astronomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;5. En effet, toute science acquise par d&#233;monstration se rapporte &#224; trois choses ; d'abord tout ce dont on admet l'existence sans d&#233;monstration, c'est-&#224;-dire le genre m&#234;me dont la science &#233;tudie les modifications essentielles ; en second lieu, ces principes communs que nous appelons axiomes, dont on tire primitivement les d&#233;monstrations ; et enfin, en troisi&#232;me lieu, les modifications de ce m&#234;me genre pour lesquelles il faut admettre aussi sans d&#233;monstration le nom de chacune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;6. Du reste, il se peut fort bien que de ces trois choses, certaines sciences en n&#233;gligent quelques-unes. Ainsi telle science peut s'abstenir de poser l'existence du genre, s'il est de toute &#233;vidence que ce genre existe ; car il n'est pas &#233;vident de la m&#234;me mani&#232;re que le nombre existe, qu'il est &#233;vident qu'il fait chaud ou froid. On peut aussi s'abstenir de poser les d&#233;finitions des modifications du genre, si elles sont parfaitement claires. Enfin m&#234;me on peut s'abstenir de poser ce que signifient les principes communs ; par exemple ce que veut dire : Enlever des quantit&#233;s &#233;gales &#224; des quantit&#233;s &#233;gales, attendu que ce principe est parfaitement bien connu. N&#233;anmoins on peut toujours dire que naturellement il y a trois choses ici : ce dont on d&#233;montre, ce qu'on d&#233;montre, et enfin ce par quoi l'on d&#233;montre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;7. On ne peut jamais consid&#233;rer comme hypoth&#232;se ou postulat ce qui est n&#233;cessairement par soi-m&#234;me, et ce qu'on doit n&#233;cessairement croire. C'est qu'en effet, ce n'est pas &#224; la parole ext&#233;rieure, c'est &#224; la parole int&#233;rieure de l'&#226;me que s'adresse la d&#233;monstration, tout aussi bien que le syllogisme. Contre la parole ext&#233;rieure on peut bien trouver toujours des objections ; mais on ne le peut pas toujours contre la parole du dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;8. Toutes les fois donc qu'on pose sans les avoir soi-m&#234;me d&#233;montr&#233;es, des choses qui pourraient l'&#234;tre, et qu'on les admet avec l'assentiment de celui &#224; qui on les apprend, c'est une hypoth&#232;se que l'on fait. Ce n'est pas d'ailleurs une hypoth&#232;se absolue, c'est une hypoth&#232;se relative uniquement &#224; celui &#224; qui l'on parle. Si l'interlocuteur n'ayant aucune id&#233;e de la chose, ou m&#234;me en ayant une id&#233;e contraire, on pose pourtant cette chose, c'est un postulat que l'on fait pour la m&#234;me chose qui tout &#224; l'heure donnait lieu &#224; une hypoth&#232;se. Et voil&#224; en quoi diff&#232;rent l'hypoth&#232;se et le postulat. Le postulat est en partie contraire &#224; l'opinion de celui qui apprend la chose ; ou bien c'est ce qu'on pose sans d&#233;monstration, quoi qu'on puisse le d&#233;montrer, et dont on se sert sans en avoir donn&#233; la d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;9. Les d&#233;finitions ne sont donc pas des hypoth&#232;ses ; car elles ne disent pas que les choses d&#233;finies existent ou qu'elles n'existent pas. Au contraire, les hypoth&#232;ses sont class&#233;es dans les propositions. Pour les d&#233;finitions, il suffit qu'on les comprenne ; mais il n'en peut &#234;tre ainsi d'une hypoth&#232;se &#224; moins qu'on ne pr&#233;tende qu'un simple mot, entendre par exemple, soit aussi toute une hypoth&#232;se. Les hypoth&#232;ses sont pr&#233;cis&#233;ment toutes les choses qui &#233;tant, et par cela seul qu'elles sont, produisent la conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;10. Le g&#233;om&#232;tre ne fait pas non plus hypoth&#232;se de choses fausses, ainsi qu'on le pr&#233;tend quelquefois. On dit en effet que bien qu'il ne faille jamais employer le faux, le g&#233;om&#232;tre pourtant en fait usage, en supposant qu'une ligne qui n'a pas un pied de long en a r&#233;ellement un, et qu'une ligne trac&#233;e est droite quand pourtant elle n'est pas droite. Mais on peut r&#233;pondre que le g&#233;om&#232;tre ne conclut rien de ce que cette ligne qu'il a trac&#233;e est de telle ou telle fa&#231;on ; il conclut seulement les choses dont ce sont l&#224; les repr&#233;sentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;11. On doit ajouter en outre que tout postulat, comme toute hypoth&#232;se, peut &#234;tre ou universelle ou particuli&#232;re, et que les d&#233;finitions ne sont ni l'un ni l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre XI&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;(Les axiomes)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#167;1. Il n'y a donc aucune n&#233;cessit&#233; pour rendre la d&#233;monstration possible, qu'il existe des id&#233;es, ni qu'il y ait des unit&#233;s distinctes et s&#233;par&#233;es de la pluralit&#233;. Il y a seulement n&#233;cessit&#233; qu'une seule et m&#234;me chose puisse avec v&#233;rit&#233; &#234;tre attribu&#233;e &#224; plusieurs &#234;tres ; car, sans cette condition, il n'y a pas d'universel ; sans universel, il n'y a pas de moyen terme ; et partant, il n'y aura pas non plus de d&#233;monstration. Il faut donc uniquement qu'il soit possible qu'une seule et m&#234;me chose se retrouve dans plusieurs &#234;tres, bien entendu toujours que cette chose n'est pas homonyme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;2. Qu'il soit impossible d'affirmer et de nier &#224; la fois une m&#234;me chose, c'est l&#224; un principe que n'exprime aucune d&#233;monstration, &#224; moins qu'on ne veuille d&#233;montrer aussi la conclusion sous cette m&#234;me forme. L'on d&#233;montrerait en effet de cette fa&#231;on, en posant que le premier terme est attribu&#233; au moyen avec v&#233;rit&#233;, et qu'il ne peut avec v&#233;rit&#233; en &#234;tre ni&#233;. Il serait du reste parfaitement inutile de poser &#224; la fois pour le moyen terme l'affirmation et la n&#233;gation, ou bien d'en faire autant pour le troisi&#232;me terme. En effet, si l'on a conc&#233;d&#233; le terme dont on peut dire homme avec v&#233;rit&#233;, quoiqu'il puisse &#234;tre vrai d'ailleurs d'en nier aussi non homme, du moment qu'on a seulement admis que l'homme est animal, et qu'il n'est pas non animal, il sera toujours vrai de dire : Callias, et si l'on veut aussi, non Callias, est animal et n'est pas non pas animal. La cause de ceci c'est que le premier terme n'est pas attribu&#233; seulement au moyen ; il est attribu&#233; aussi &#224; un autre terme, parce qu'il peut s'&#233;tendre &#224; plusieurs termes ; et voil&#224; comment il n'importe pas pour la conclusion, que le terme moyen soit &#224; la fois telle chose et non telle chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;3. C'est la d&#233;monstration par l'absurde qui emploie toujours ce principe qu'il faut de toute chose l'affirmer ou la nier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;4. Cet axiome m&#234;me n'est pas toujours pris par elle dans son universalit&#233; ; il est pris seulement dans la mesure suffisante, c'est-&#224;-dire, dans la limite o&#249; il s'applique au genre en question ; et j'entends par le genre en question le genre relativement auquel on donne les d&#233;monstrations, ainsi qu'il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;5. Toutes les sciences communiquent les unes aux autres par les principes qui leur sont communs ; et j'appelle communs les principes qu'on emploie comme devant d&#233;montrer par eux, et non pas ce dont on d&#233;montre ni ce qu'on d&#233;montre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;6. On peut dire aussi que la dialectique est commune &#224; toutes les sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;7. ainsi que le serait encore la science qui se proposerait de d&#233;montrer en g&#233;n&#233;ral les principes communs de toutes les autres, et par exemple, les principes suivants : De toute chose il faut ou l'affirmer ou la nier : Les quantit&#233;s &#233;gales restent &#233;gales, etc., ou quelques autres principes du m&#234;me genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167;8. La dialectique ne s'occupe donc pas comme les autres sciences de certains objets sp&#233;ciaux et d&#233;termin&#233;s ; elle ne se borne pas &#224; un seul et unique genre ; autrement, elle ne ferait pas d&#233;pendre ses solutions des r&#233;ponses qu'on fait aux questions qu'elle pose. Au contraire, quand on d&#233;montre, on n'est pas libre d'interroger ainsi, parce qu'on ne saurait d&#233;montrer une seule et m&#234;me chose en partant de principes oppos&#233;s ; et c'est ce qui a &#233;t&#233; prouv&#233; dans le &lt;i&gt;Trait&#233; du syllogisme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Aristote, &lt;i&gt;Les seconds analytiques&lt;/i&gt;, chap. IX &#224; XI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;trad. Barth&#233;l&#233;my Saint-Hilaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(source : &lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/tableanalytiques.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/tableanalytiques.htm&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le lien d'humanit&#233; est chose pr&#233;cieuse par elle-m&#234;me</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Le-lien-d-humanite-est-chose-precieuse-par-elle-meme</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aristote</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'homme est un &#234;tre qui aime son prochain et qui vit en soci&#233;t&#233;. Que parmi ces liens d'affection, les uns soient plus &#233;loign&#233;s, les autres tout proches de nous, cela ne fait rien &#224; la chose : toute affection est pr&#233;cieuse pour elle-m&#234;me et non pas seulement pour les services qu'on en tire. Si donc l'affection pour les concitoyens est pr&#233;cieuse pour elle-m&#234;me, il faut n&#233;cessairement en dire autant pour les gens de m&#234;me nation et de m&#234;me race, en sorte qu'il en va pareillement de l'affection (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Textes-brefs-158-" rel="directory"&gt;Textes brefs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'homme est un &#234;tre qui aime son prochain et qui vit en soci&#233;t&#233;. Que parmi ces liens d'affection, les uns soient plus &#233;loign&#233;s, les autres tout proches de nous, cela ne fait rien &#224; la chose : toute affection est pr&#233;cieuse pour elle-m&#234;me et non pas seulement pour les services qu'on en tire. Si donc l'affection pour les concitoyens est pr&#233;cieuse pour elle-m&#234;me, il faut n&#233;cessairement en dire autant pour les gens de m&#234;me nation et de m&#234;me race, en sorte qu'il en va pareillement de l'affection pour tous les hommes. De fait, les sauveteurs sont ainsi dispos&#233;s &#224; l'&#233;gard du prochain qu'ils accomplissent le plus souvent leurs sauvetages non pas en vue d'une r&#233;compense, mais parce que la chose vaut d'&#234;tre faite pour elle-m&#234;me. Qui donc, voyant un homme &#233;cras&#233; par une b&#234;te, ne s'efforcerait, s'il le pouvait, d'arracher &#224; la b&#234;te sa victime ? Qui refuserait d'indiquer la route &#224; un homme &#233;gar&#233; ? Ou de venir en aide &#224; quelqu'un qui meurt de faim ? Ou, s'il a d&#233;couvert un source dans un d&#233;sert aride, ne le ferait conna&#238;tre par des signaux &#224; ceux qui suivent la m&#234;me route ? Qui donc enfin n'entendrait avec horreur, comme contraires &#224; la nature humaine, des propos tels que ceux-ci : &#034;Moi mort, que la terre soit livr&#233;e aux flammes ! &#034; ou : &#034;Que m'importe le reste, mes affaires &#224; moi prosp&#232;rent&#034; ? De toute &#233;vidence, il y a en nous un sentiment de bienveillance et d'amiti&#233; pour tous les hommes, qui manifeste que ce lien d'humanit&#233; est chose pr&#233;cieuse par elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Aristote, &lt;i&gt;&#201;thique &#224; Nicomaque&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Liens sur Aristote</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Liens-sur-Aristote</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/Liens-sur-Aristote</guid>
		<dc:date>2009-01-01T21:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Derrien</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Aristote &lt;br class='autobr' /&gt;
Biographie d'Aristote &lt;br class='autobr' /&gt;
Les liens de Facphilo &lt;br class='autobr' /&gt;
Lexique de D'Aristote&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Aristote-" rel="directory"&gt;Aristote&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.arfe-cursus.com/aristote1.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aristote&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.infoscience.fr/histoire/portrait/aristote.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biographie d'Aristote&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.univ-lyon3.fr/philo/aristote.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les liens de Facphilo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.geocities.com/Athens/Oracle/3099/Lexarist.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lexique de D'Aristote&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La philosophie est la seule discipline libre</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/La-philosophie-est-la-seule-discipline-libre</link>
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		<dc:date>2008-09-02T19:03:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aristote</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est, en effet, l'&#233;tonnement qui poussa, comme aujourd'hui, les premiers penseurs aux sp&#233;culations philosophiques. Au d&#233;but, leur &#233;tonnement porta sur les difficult&#233;s qui se pr&#233;sentaient les premi&#232;res &#224; l'esprit ; puis, s'avan&#231;ant ainsi peu &#224; peu, ils &#233;tendirent leur exploration &#224; des probl&#232;mes plus importants, tels que les ph&#233;nom&#232;nes de la Lune, ceux du Soleil et des &#201;toiles, enfin la gen&#232;se de l'Univers. Or apercevoir une difficult&#233; et s'&#233;tonner, c'est reconna&#238;tre sa propre ignorance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Aristote-" rel="directory"&gt;Aristote&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est, en effet, l'&#233;tonnement qui poussa, comme aujourd'hui, les premiers penseurs aux sp&#233;culations philosophiques. Au d&#233;but, leur &#233;tonnement porta sur les difficult&#233;s qui se pr&#233;sentaient les premi&#232;res &#224; l'esprit ; puis, s'avan&#231;ant ainsi peu &#224; peu, ils &#233;tendirent leur exploration &#224; des probl&#232;mes plus importants, tels que les ph&#233;nom&#232;nes de la Lune, ceux du Soleil et des &#201;toiles, enfin la gen&#232;se de l'Univers. Or apercevoir une difficult&#233; et s'&#233;tonner, c'est reconna&#238;tre sa propre ignorance (c'est pourquoi m&#234;me l'amour des mythes est, en quelque mani&#232;re amour de la Sagesse, car le mythe est un assemblage de merveilleux). Ainsi donc, si ce fut bien pour &#233;chapper &#224; l'ignorance que les premiers philosophes se livr&#232;rent &#224; la philosophie, c'est qu'&#233;videmment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. Et ce qui s'est pass&#233; en r&#233;alit&#233; en fournit la preuve : presque toutes les n&#233;cessit&#233;s de la vie, et les choses qui int&#233;ressent son bien-&#234;tre et son agr&#233;ment avaient re&#231;u satisfaction, quand on commen&#231;a &#224; rechercher une discipline de ce genre. Je conclus que, manifestement, nous n'avons en vue, dans notre recherche, aucun int&#233;r&#234;t &#233;tranger. Mais, de m&#234;me que nous appelons libre celui qui est &#224; lui-m&#234;me sa fin et n'existe pas pour un autre, ainsi cette science est aussi la seule de toutes les sciences qui soit une discipline lib&#233;rale, puisque seule elle est &#224; elle-m&#234;me sa propre fin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Aristote, &lt;i&gt;M&#233;taphysique&lt;/i&gt; A, 2, 982 b 10, trad. J. Tricot, Vrin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'homme est animal politique.</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/L-homme-est-animal-politique</link>
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		<dc:date>2005-09-12T19:20:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aristote</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La cit&#233; (&#928;&#959;&#955;&#953;&#962;) est au nombre des r&#233;alit&#233;s qui existent naturellement, et l'homme est par nature un animal politique. Et celui qui est sans cit&#233;, naturellement et non par suite des circonstances, est ou un &#234;tre d&#233;grad&#233; ou au-dessus de l'humanit&#233;. Il est comparable &#224; l'homme trait&#233; ignominieusement par Hom&#232;re de : &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans famille, sans loi, sans foyer, &lt;br class='autobr' /&gt;
car, en m&#234;me temps que naturellement apatride, il est aussi un brandon de discorde, et on peut le comparer &#224; une pi&#232;ce isol&#233;e au jeu de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Aristote-" rel="directory"&gt;Aristote&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La cit&#233; (&#928;&#959;&#955;&#953;&#962;) est au nombre des r&#233;alit&#233;s qui existent naturellement, et l'homme est par nature un animal politique. Et celui qui est sans cit&#233;, naturellement et non par suite des circonstances, est ou un &#234;tre d&#233;grad&#233; ou au-dessus de l'humanit&#233;. Il est comparable &#224; l'homme trait&#233; ignominieusement par Hom&#232;re de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sans famille, sans loi, sans foyer,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;car, en m&#234;me temps que naturellement apatride, il est aussi un brandon de discorde, et on peut le comparer &#224; une pi&#232;ce isol&#233;e au jeu de tric-trac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;parole&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais que l'homme soit un animal politique &#224; un plus haut degr&#233; qu'une abeille quelconque ou tout autre animal vivant &#224; l'&#233;tat gr&#233;gaire, cela est &#233;vident. La nature, en effet, selon nous, ne fait rien en vain ; et l'homme, seul de tous les animaux, poss&#232;de la parole. Or, tandis que la voix ne sert qu'&#224; indiquer la joie et la peine, et appartient pour ce motif aux autres animaux &#233;galement (car leur nature va jusqu'&#224; &#233;prouver les sensations de plaisir et de douleur, et &#224; se les signifier les uns aux autres), le discours sert &#224; exprimer l'utile et le nuisible, et, par suite aussi, le juste et l'injuste : car c'est le caract&#232;re propre de l'homme par rapport aux autres animaux, d'&#234;tre le seul &#224; avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l'injuste, et des autres notions morales, et c'est la communaut&#233; de ces sentiments qui engendre famille et soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la cit&#233; est par nature ant&#233;rieure &#224; la famille et &#224; chacun de nous pris individuellement. Le tout, en effet, est n&#233;cessairement ant&#233;rieur &#224; la partie, puisque, le corps entier une fois d&#233;truit, il n'y aura ni pied, ni main, sinon par simple homonymie et au sens o&#249; l'on parle d'une main de pierre : une main de ce genre sera une main morte. Mais toutes les choses se d&#233;finissent par leur fonction et leur vertu, de sorte que quand elles ne les ont plus il ne faut pas dire qu'elles sont les m&#234;mes, mais qu'elles n'ont que le m&#234;me nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dans ces conditions la cit&#233; soit aussi ant&#233;rieure naturellement &#224; l'individu, cela est &#233;vident : si en effet, l'individu pris isol&#233;ment est incapable de se suffire &#224; lui-m&#234;me, il sera par rapport &#224; la cit&#233; comme, dans nos autres exemples, les parties sont par rapport au tout. Mais l'homme qui est dans l'incapacit&#233; d'&#234;tre membre d'une communaut&#233;, ou qui n'en &#233;prouve nullement le besoin parce qu'il se suffit &#224; lui-m&#234;me, ne fait en rien partie d'une cit&#233;, et par cons&#233;quent est une brute ou un dieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Aristote, &lt;strong&gt;La politique&lt;/strong&gt;, I, chap. 2, 9-12.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le plaisir n'est pas le bien</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Le-plaisir-n-est-pas-le-bien</link>
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		<dc:date>2004-06-14T08:54:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aristote</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vois le contexte du texte d'Aristote : Le plaisir n'est pas le bien, et n'est pas toujours d&#233;sirable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte a &#233;t&#233; donn&#233; comme sujet au bac 2004, en s&#233;rie S. &lt;br class='autobr' /&gt; Expliquez le texte suivant : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le fait que l'ami est autre que le flatteur semble montrer clairement que le plaisir n'est pas un bien, ou qu'il y a des plaisirs sp&#233;cifiquement diff&#233;rents. L'ami, en effet, para&#238;t rechercher notre compagnie pour notre bien, et le flatteur pour notre plaisir, et &#224; ce dernier on adresse des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Textes-brefs-158-" rel="directory"&gt;Textes brefs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vois le contexte du texte d'Aristote : &lt;a href='https://www.caute.lautre.net/Le-plaisir-n-est-pas-le-bien-et-n-est-pas-toujours-desirable' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le plaisir n'est pas le bien, et n'est pas toujours d&#233;sirable&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; donn&#233; comme sujet au &lt;a href='https://www.caute.lautre.net/BAc-2004-S' class=&#034;spip_in&#034;&gt;bac 2004, en s&#233;rie S&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Expliquez le texte suivant :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le fait que l'ami est autre que le flatteur semble montrer clairement que le plaisir n'est pas un bien, ou qu'il y a des plaisirs sp&#233;cifiquement diff&#233;rents. L'ami, en effet, para&#238;t rechercher notre compagnie pour notre bien, et le flatteur pour notre plaisir, et &#224; ce dernier on adresse des reproches et &#224; l'autre des &#233;loges, en raison des fins diff&#233;rentes pour lesquelles ils nous fr&#233;quentent. En outre, nul homme ne choisirait de vivre en conservant durant toute son existence l'intelligence d'un petit enfant, m&#234;me s'il continuait &#224; jouir le plus possible des plaisirs de l'enfance ; nul ne choisirait non plus de ressentir du plaisir en accomplissant un acte particuli&#232;rement d&#233;shonorant, m&#234;me s'il ne devait jamais en r&#233;sulter pour lui de cons&#233;quence p&#233;nible. Et il y a aussi bien des avantages que nous mettrions tout notre empressement &#224; obtenir, m&#234;me s'ils ne nous apportaient aucun plaisir, comme voir, se souvenir, savoir, poss&#233;der les vertus. Qu'en fait des plaisirs accompagnent n&#233;cessairement ces avantages ne fait pour nous aucune diff&#233;rence, puisque nous les choisirions quand bien m&#234;me ils ne seraient pour nous la source d'aucun plaisir. Qu'ainsi donc le plaisir ne soit pas le bien, ni que tout plaisir soit d&#233;sirable, c'est l&#224; une chose, semble-t-il, bien &#233;vidente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Aristote, &lt;i&gt;&#201;thique &#224; Nicomaque&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compr&#233;hension pr&#233;cise du texte, du probl&#232;me dont il est question.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le plaisir n'est pas le bien, et n'est pas toujours d&#233;sirable</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Le-plaisir-n-est-pas-le-bien-et-n-est-pas-toujours-desirable</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/Le-plaisir-n-est-pas-le-bien-et-n-est-pas-toujours-desirable</guid>
		<dc:date>2004-06-14T08:26:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aristote</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le fait que le plaisir n'est pas du nombre des qualit&#233;s n'implique pas qu'il n'appartienne pas au nombre des biens. Car les diff&#233;rentes formes de la vertu en action ne sont pas des qualit&#233;s, non plus que le bonheur. &lt;br class='autobr' /&gt;
On dit encore que le bien est quelque chose de fini, tandis que le plaisir est ind&#233;fini puisqu'il admet le plus et le moins. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on juge ainsi d'apr&#232;s les diff&#233;rences du plaisir selon les individus, on pourra en dire autant de la justice et des autres vertus, car ne dit-on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Aristote-" rel="directory"&gt;Aristote&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le fait que le plaisir n'est pas du nombre des qualit&#233;s n'implique pas qu'il n'appartienne pas au nombre des biens. Car les diff&#233;rentes formes de la vertu en action ne sont pas des qualit&#233;s, non plus que le bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit encore que le bien est quelque chose de fini, tandis que le plaisir est ind&#233;fini puisqu'il admet le plus et le moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on juge ainsi d'apr&#232;s les diff&#233;rences du plaisir selon les individus, on pourra en dire autant de la justice et des autres vertus, car ne dit-on pas avec raison que tels ou tels hommes sont plus ou moins bien dispos&#233;s relativement &#224; ces vertus et que, par rapport &#224; elles, ils agissent plus ou moins bien ? Effectivement il en est de plus justes et de plus courageux que d'autres et la pratique de la justice et de la temp&#233;rance comporte du plus et du moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'affirmation porte sur la nature des plaisirs, j'ai bien peur qu'elle ne remonte pas &#224; la cause v&#233;ritable, s'il est vrai qu'il y a des plaisirs purs et d'autres qui sont m&#234;l&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui emp&#234;che que le plaisir admette je plus et le moins et ressemble ainsi &#224; la sant&#233;, qui, tout en &#233;tant d&#233;finie, comporte des degr&#233;s ? Cette derni&#232;re ne pr&#233;sente pas chez tous les individus le m&#234;me &#233;quilibre, pas plus qu'elle n'est identique dans la m&#234;me personne ; m&#234;me lorsqu'elle se rel&#226;che, elle subsiste jusqu'&#224; un certain point et elle est susceptible de plus et de moins. Rien n'emp&#234;che qu'il en soit ainsi en ce qui concerne le plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On admet aussi que le bien est quelque chose d'achev&#233;, tandis que le mouvement et la g&#233;n&#233;ration dans leurs diff&#233;rentes formes pr&#233;sentent un caract&#232;re d'inach&#232;vement, et l'on s'efforce de montrer que le plaisir est mouvement et m&#234;me g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette mani&#232;re de parler semble d&#233;fectueuse et le plaisir ne saurait &#234;tre mouvement. L'opinion g&#233;n&#233;rale reconna&#238;t, comme propri&#233;t&#233;s de tout mouvement, la rapidit&#233; et la lenteur, sinon absolument, comme c'est le cas pour le mouvement de l'univers, du moins relativement. Mais le plaisir ne pr&#233;sente ni l'un ni l'autre caract&#232;re. Sans doute, on peut &#233;prouver un acc&#232;s rapide de joie ou de col&#232;re ; mais le fait d'&#233;prouver du plaisir ne saurait avoir de rapidit&#233;, non plus qu'&#234;tre relatif, au contraire de ce qu'on constate dans le fait de marcher, de grandir et autres de ce genre. Ainsi, on peut passer rapidement ou lentement &#224; un &#233;tat de plaisir, mais l'acte du plaisir, je veux dire le fait m&#234;me de sentir le plaisir, ne comporte aucune rapidit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et comment le plaisir pourrait-il &#234;tre une g&#233;n&#233;ration ? Car n'importe quoi, semble-t-il, ne peut provenir de n'importe quoi et tout &#234;tre, en se dissolvant, pr&#233;sente les &#233;l&#233;ments dont il est form&#233;. La douleur est la corruption de ce dont le plaisir a &#233;t&#233; la g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit encore que la douleur est la privation de ce que r&#233;clame la nature et que le plaisir en est la pleine satisfaction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais cela ne peut s'appliquer qu'aux affections du corps. Si donc le plaisir est la satisfaction de ce qui est conforme &#224; la nature, il faudra que l'objet o&#249; se produit cette satisfaction &#233;prouve, lui aussi, du plaisir ; il s'agirait donc du corps. Mais l'opinion g&#233;n&#233;rale ne souscrit pas &#224; pareille affirmation. Le plaisir n'est donc pas une satisfaction de ce genre. Mais, cette satisfaction &#233;tant donn&#233;e, ne pourrait-on &#233;prouver du plaisir, comme on peut &#233;prouver de la douleur en se coupant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette opinion semble avoir &#233;t&#233; inspir&#233;e par les douleurs et les plaisirs qui concernent la nutrition. Quand nous avons subi des privations et des souffrances, la satisfaction donn&#233;e &#224; nos besoins nous cause du plaisir. Toutefois, il n'en va pas de m&#234;me pour tous nos plaisirs. Ceux qu'on &#233;prouve en apprenant et, parmi les plaisirs des sens, ceux qui ont leur source dans l'odorat, ceux qui bien souvent int&#233;ressent l'ou&#239;e et la vue, ceux qui concernent les souvenirs et les esp&#233;rances, sont indemnes de toute douleur. De quel devenir seront-ils la source ? Ils n'ont &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;s d'aucune privation dont ils seraient, en quelque sorte, la satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; ceux qui invoquent contre Eudoxe les plaisirs inf&#226;mes, on pourrait leur objecter que ceux-l&#224; ne sont pas v&#233;ritablement agr&#233;ables. Car ce n'est pas une raison, parce qu'ils plaisent &#224; ceux qui sont afflig&#233;s de mauvaises dispositions, pour penser qu'ils exercent sur d'autres le m&#234;me attrait que sur eux ; de m&#234;me ce qui est salutaire, ou doux, ou amer pour les malades ne l'est pas forc&#233;ment en soi, non plus que n'est r&#233;ellement blanc ce qui para&#238;t tel aux gens atteints de maladies des yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait dire encore que, parmi les plaisirs, les uns sont d&#233;sirables, mais qu'ils ne sauraient l'&#234;tre quand ils proviennent de certaines causes. C'est le cas pour la richesse, mais &#224; la condition qu'on ne l'acqui&#232;re pas tir trahison, et pour la sant&#233;, mais &#224; la condition qu'on n'utilise pas n'importe quelle nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait encore ajouter que les plaisirs diff&#232;rent sp&#233;cifiquement ; les uns, qui ont une noble cause, se distinguent de ceux, qui proviennent d'une cause honteuse. Enfin, l'on ne peut go&#251;ter le plaisir de la justice, si l'on n'est pas juste soi-m&#234;me, ni celui de la musique, si l'on n'est pas musicien, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence qui existe entre l'ami et le flatteur semble montrer clairement que le plaisir n'est pas un bien, ou tout au moins que les plaisirs diff&#232;rent sp&#233;cifiquement ; l'un dans ses relations a en vue, semble-t-il, le bien de son ami ; l'autre, son plaisir ; on bl&#226;me l'un, tandis qu'on fait l'&#233;loge de l'autre, parce que les relations qu'il noue visent un but diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, nul ne souhaiterait vivre en conservant toute sa vie la mentalit&#233; d'un enfant, m&#234;me en prenant tout le plaisir possible &#224; ce qui charme les enfants ; nul ne voudrait non plus tirer son plaisir de l'ex&#233;cution d'actes inf&#226;mes, f&#251;t-ce &#224; la condition de ne jamais devoir &#233;prouver de peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, nous pourrions d&#233;ployer beaucoup d'empressement dans bien des circonstances, quand bien m&#234;me nous n'en retirerions aucun plaisir, comme voir, nous souvenir, savoir, poss&#233;der les vertus. Que le plaisir accompagne ces op&#233;rations, peu importe ; si m&#234;me le plaisir n'en d&#233;rivait pas, nous voudrions tout autant &#233;prouver ces sensations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t donc clair que, d'une part, le plaisir ne se confond pas avec le bien et que tout plaisir n'est pas d&#233;sirable ; quelques-uns sont souhaitables en eux-m&#234;mes et ont une sup&#233;riorit&#233;, soit sp&#233;cifique, soit provenant des causes qui les produisent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Aristote, &lt;strong&gt;&#201;thique &#224; Nicomaque&lt;/strong&gt;, livre X, 1173a14 - 1174a9 (Trad. Voilquin).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Science et opinion</title>
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		<dc:creator>Aristote</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La science et son objet diff&#232;rent de l'opinion et de son objet, en ce que la science est universelle et proc&#232;de par des propositions n&#233;cessaires, et que le n&#233;cessaire ne peut pas &#234;tre autrement qu'il n'est. Ainsi, quoiqu'il y ait des choses qui soient vraies et qui existent r&#233;ellement, mais qui peuvent &#234;tre autrement, il est clair que la science ne s'occupe pas d'elles sinon, les choses qui peuvent &#234;tre autrement ne pourraient pas &#234;tre autrement. Ces choses-l&#224; ne sont pas non plus objet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Aristote-" rel="directory"&gt;Aristote&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La science et son objet diff&#232;rent de l'opinion et de son objet, en ce que la science est universelle et proc&#232;de par des propositions n&#233;cessaires, et que le n&#233;cessaire ne peut pas &#234;tre autrement qu'il n'est. Ainsi, quoiqu'il y ait des choses qui soient vraies et qui existent r&#233;ellement, mais qui peuvent &#234;tre autrement, il est clair que la science ne s'occupe pas d'elles sinon, les choses qui peuvent &#234;tre autrement ne pourraient pas &#234;tre autrement. Ces choses-l&#224; ne sont pas non plus objet d'intuition (j'entends par &lt;i&gt;intuition &lt;/i&gt;un principe de science), ni de science non-d&#233;monstrative, qui consiste dans l'appr&#233;hension de la pr&#233;misse imm&#233;diate. Puis donc que la raison, la science et l'opinion, et ce qu'elles expriment, peuvent &#234;tre vraies, il reste, par cons&#233;quent, que l'opinion s'applique &#224; ce qui, &#233;tant vrai ou faux, peut &#234;tre autrement qu'il n'est : en fait, l'opinion est l'appr&#233;hension d'une pr&#233;misse imm&#233;diate et non-n&#233;cessaire. Cette mani&#232;re de voir est d'ailleurs en accord avec les faits observ&#233;s, car l'opinion est chose instable, et telle est la nature que nous avons reconnue &#224; son objet. En outre, jamais on ne pense avoir une simple opinion quand on pense que la chose ne peut &#234;tre autrement : tout au contraire, on pense alors qu'on a la science. Mais c'est quand on pense que la chose est seulement ainsi mais que rien n'emp&#234;che qu'elle ne puisse &#234;tre autrement, qu'alors on pense avoir une simple opinion, car on croit que tel est l'objet propre de l'opinion, tandis que le n&#233;cessaire est l'objet de la science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quel sens alors la m&#234;me chose peut-elle &#234;tre objet &#224; la fois d'opinion et de science ? Et pourquoi l'opinion n'est-elle pas science, si on pose que tout ce qu'on sait peut aussi &#234;tre objet d'opinion ? En effet, celui qui sait et celui qui a l'opinion poursuivent le m&#234;me chemin par les m&#234;mes moyens termes jusqu'&#224; ce qu'ils parviennent aux pr&#233;misses imm&#233;diates, de sorte que s'il est vrai que le premier poss&#232;de la science, le second, tout en n'ayant qu'une opinion, poss&#232;de aussi la science ; il est possible, en effet, d'avoir une opinion non seulement sur le fait, mais encore sur le pourquoi : or le pourquoi, c'est le moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne serait-ce pas que si on appr&#233;hende les v&#233;rit&#233;s qui ne peuvent pas &#234;tre autrement, de la fa&#231;on dont on saisit les d&#233;finitions par lesquelles ont lieu les d&#233;monstrations, on n'aura pas une opinion mais une science ; mais que, si tout en les appr&#233;hendant comme vraies ce ne soit pas cependant comme li&#233;es substantiellement et essentiellement au sujet, on poss&#233;dera une opinion et non pas une science v&#233;ritable, cette opinion, au surplus, portant et sur le fait et sur le pourquoi, quand elle est obtenue par des pr&#233;misses imm&#233;diates, tandis que si elle n'est pas obtenue par des pr&#233;misses imm&#233;diates elle ne portera que sur le fait ? - Mais l'objet de l'opinion et de la science n'est pas absolument identique : de m&#234;me que l'objet de l'opinion fausse et celui de l'opinion vraie peuvent &#234;tre le m&#234;me en un certain sens, c'est de cette m&#234;me fa&#231;on que l'objet de la science et celui de l'opinion peuvent aussi &#234;tre le m&#234;me. Pr&#233;tendre, en effet, que l'opinion vraie et l'opinion fausse ont le m&#234;me objet au sens o&#249; certains l'entendent, cela conduit entre autres absurdit&#233;s &#224; admettre que n'a pas d'opinion celui qui a une opinion fausse. En r&#233;alit&#233;, le terme &lt;i&gt;identique&lt;/i&gt; a plusieurs sens : en un sens, l'objet de l'opinion vraie et de l'opinion fausse peut &#234;tre l&#233; m&#234;me, mais en un autre sens il ne peut l'&#234;tre. Ainsi, avoir l'opinion vraie que la diagonale est commensurable est absurde ; mais, &#233;tant donn&#233; que la diagonale &#224; laquelle les deux opinions s'appliquent est la m&#234;me, les deux opinions ont, en ce sens, un seul et m&#234;me objet : seulement, la quiddit&#233; exprim&#233;e dans la d&#233;finition n'est pas la m&#234;me dans chaque cas. Il en est de m&#234;me pour l'identit&#233; de l'objet de la science et de l'opinion. La science appr&#233;hende l'attribut animal, par exemple, de telle sorte qu'il ne peut pas ne pas &#234;tre animal ; pour l'opinion, au contraire, l'attribut aurait pu &#234;tre autre qu'il n'est. C'est, par exemple, dans le premier cas, l'appr&#233;hension d'animal comme un &#233;l&#233;ment essentiel de l'homme ; ans le second, l'appr&#233;hension d'animal comme un attribut de l'homme, mais non comme un &#233;l&#233;ment essentiel de l'homme. De part et d'autre le sujet est le m&#234;me, puisque c'est l'homme, mais le mode de connaissance n'est pas le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte manifestement de ceci que la m&#234;me chose ne peut pas simultan&#233;ment &#234;tre objet d'opinion et objet de science : car alors, on saisirait la m&#234;me chose &#224; la fois comme pouvant et ne pouvant pas &#234;tre autrement qu'elle n'est, ce qui n'est pas possible. La science et l'opinion d'une m&#234;me chose peuvent bien coexister dans des esprits diff&#233;rents au sens que nous avons indiqu&#233;, mais non simultan&#233;ment dans la m&#234;me personne : en effet, on appr&#233;henderait simultan&#233;ment, par exemple, d'une part que l'homme est essentiellement animal (c'&#233;tait l&#224; ce qu'on entendait en disant qu'il ne peut &#234;tre autre qu'animal), et d'autre part que l'homme n'est pas essentiellement animal, car c'est l&#224; ce que signifierait pouvoir &#234;tre autre qu'animal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, &#224; savoir les distinctions qu'il convient, d'&#233;tablir dans la pens&#233;e discursive, l'intuition, la science, l'art, la prudence, la sagesse, ce sont l&#224; des questions qui rel&#232;vent de pr&#233;f&#233;rence, les unes de la Physique, les autres de l'&#201;thique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Aristote, &lt;strong&gt;Organon, Les seconds analytiques&lt;/strong&gt;, I, 33&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La fin et les moyens dans la vie de l' homme libre </title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/La-fin-et-les-moyens-dans-la-vie</link>
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		<dc:subject>guerre</dc:subject>
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&lt;p&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ? &lt;br class='autobr' /&gt; La vie aussi se divise : en loisir et labeur, guerre et paix, et parmi les actions les unes concernent ce qui est indispensable et utile, les autres ce qui est beau. En ces domaines le choix est n&#233;cessairement le m&#234;me pour les parties de l'&#226;me et leurs actions : la guerre doit &#234;tre choisie en vue de la paix, le labeur en vue du loisir, les choses indispensables et utiles en vue de celles qui sont belles. C'est donc en consid&#233;rant tout cela qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-loisir-+" rel="tag"&gt;loisir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-liberte-+" rel="tag"&gt;libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-travail-+" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-paix-+" rel="tag"&gt;paix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.caute.lautre.net/Peut-il-etre-juste-de-vouloir-la-guerre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La vie aussi se divise : en loisir et labeur, guerre et paix, et parmi les actions les unes concernent ce qui est indispensable et utile, les autres ce qui est beau. En ces domaines le choix est n&#233;cessairement le m&#234;me pour les parties de l'&#226;me et leurs actions : la guerre doit &#234;tre choisie en vue de la paix, le labeur en vue du loisir, les choses indispensables et utiles en vue de celles qui sont belles. C'est donc en consid&#233;rant tout cela qu'il revient &#224; l'homme d'&#201;tat de l&#233;gif&#233;rer, selon les parties de l'&#226;me aussi bien que leurs actions, et de pr&#233;f&#233;rence en prenant en compte les choses meilleures et les fins. Il en va de m&#234;me &#224; propos des genres de vie et de la distinction entre nos actions . Car il faut &#234;tre capable de travailler et de faire la guerre mais encore plus de vivre en paix et dans le loisir, &#234;tre capable d'accomplir les t&#226;ches indispensables et utiles mais encore plus les belles actions. De sorte que c'est en vue de tels buts qu'il faut aussi &#233;duquer ceux qui sont encore des enfants et ceux d'autres &#226;ges dans la mesure o&#249; ils ont besoin d'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi VII, 15,1-3&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Aristote, &lt;strong&gt;Les Politiques&lt;/strong&gt;, VII, 14, 12-14, 1333a31-b5&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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