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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Pour la doctrine du sentiment de puissance.</title>
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		<dc:date>2009-03-16T09:18:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pour la doctrine du sentiment de puissance - A faire du bien et &#224; faire du mal on exerce sa puissance sur les autres - et l'on ne veut pas davantage ! A faire du mal, sur ceux &#224; qui nous sommes forc&#233;s de faire sentir notre puissance ; car la douleur est pour cela un moyen beaucoup plus sensible que le plaisir : - la douleur s'informe toujours des causes, tandis que le plaisir est port&#233; &#224; s'en tenir &#224; lui-m&#234;me et &#224; ne pas regarder en arri&#232;re. A faire le bien et &#224; vouloir le bien sur ceux qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Sur-la-morale-" rel="directory"&gt;Sur la morale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour la doctrine du sentiment de puissance&lt;/i&gt; - A faire du bien et &#224; faire du mal on exerce sa puissance sur les autres - et l'on ne veut pas davantage ! A faire du mal, sur ceux &#224; qui nous sommes forc&#233;s de faire sentir notre puissance ; car la douleur est pour cela un moyen beaucoup plus sensible que le plaisir : - la douleur s'informe toujours des causes, tandis que le plaisir est port&#233; &#224; s'en tenir &#224; lui-m&#234;me et &#224; ne pas regarder en arri&#232;re. A faire le bien et &#224; vouloir le bien sur ceux qui d&#233;pendent d&#233;j&#224; de nous d'une fa&#231;on ou d'une autre (c'est-&#224;-dire qui sont habitu&#233;s &#224; penser &#224; nous comme &#224; leur cause) ; nous voulons augmenter leur puissance puisque de cette fa&#231;on nous augmentons la n&#244;tre, ou bien nous voulons leur montrer l'avantage qu'il y a &#224; &#234;tre sous notre domination, - ainsi ils se satisferont davantage de leur situation et seront plus hostiles et plus pr&#234;ts &#224; la lutte contre les ennemis de notre puissance. Que nous fassions des sacrifices soit &#224; faire le bien, soit &#224; faire le mal, cela ne change pas la valeur d&#233;finitive de nos actes ; m&#234;me si nous y apportions notre vie comme fait le martyr en faveur de son &#233;glise, ce serait un sacrifice apport&#233; &#224; notre besoin de puissance, ou bien en vue de conserver notre sentiment de puissance. Celui qui sent qu'il &#171; est en possession de la v&#233;rit&#233; &#187; combien d'autres possessions ne laisse-t-il pas &#233;chapper pour sauver ce sentiment ! Que de choses ne jette-t-il par par-dessus bord pour se maintenir &#171; en haut &#187;, - c'est-&#224;-dire au-dessus de ceux qui sont priv&#233;s de la v&#233;rit&#233; ! Certainement la condition o&#249; nous nous trouvons pour faire le mal est rarement aussi infiniment agr&#233;able que celle o&#249; nous nous trouvons pour faire du bien, - c'est l&#224; un signe qu'il nous manque encore de la puissance, ou bien c'est la r&#233;v&#233;lation de l'humeur que nous cause cette pauvret&#233;, c'est l'annonce de nouveaux dangers et de nouvelles incertitudes pour notre capital de puissance et notre horizon est voil&#233; par ces pr&#233;visions de vengeance, de raillerie, de punition, d'insucc&#232;s. Ce n'est que pour les hommes les plus irritables et les plus vides du sentiment de puissance qu'il peut &#234;tre agr&#233;able d'imprimer au r&#233;calcitrant le sceau de la puissance, pour ceux qui ne voient qu'un fardeau et un ennui dans l'aspect des hommes d&#233;j&#224; assujettis (ceux-ci &#233;tant l'objet de la bienveillance). Il s'agit de savoir comment on a l'habitude d'&#233;picer sa vie ; c'est une affaire de go&#251;t de pr&#233;f&#233;rer l'accroissement de puissance lent ou soudain, s&#251;r ou dangereux et hardi, - on cherche toujours telle ou telle &#233;pice selon son temp&#233;rament. Un butin facile, pour les natures alti&#232;res, est quelque chose de m&#233;prisable ; un sentiment de bien-&#234;tre ne leur vient qu'&#224; l'aspect d'hommes non abattus qui pourraient devenir leurs ennemis, et de m&#234;me &#224; l'aspect de toutes les possessions difficilement accessibles ; ils sont souvent durs envers celui qui souffre, car ils ne le jugent pas digne de leur effort et de leur fiert&#233;, mais ils se montrent d'autant plus courtois envers leurs semblables, avec qui la lutte serait certainement honorable, si l'occasion devait s'en pr&#233;senter. C'est sous l'effet du sentiment de bien-&#234;tre que procure cette perspective que les hommes d'une caste chevaleresque se sont habitu&#233;s &#224; l'&#233;change d'une politesse de choix. - La piti&#233; est le sentiment le plus agr&#233;able chez ceux qui sont peu fiers et n'ont point l'esp&#233;rance d'une grande conqu&#234;te : pour eux, la proie facile - et tel est celui qui souffre - est quelque chose de ravissant. On vante la piti&#233;, comme &#233;tant la vertu des filles de joie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nietzsche, &lt;i&gt;Le gai savoir&lt;/i&gt;, &#167;13, trad. H. Albert (source : &lt;a href=&#034;http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Gai_Savoir_-_Livre_premier_-_%C2%A7_13&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Gai_Savoir_-_Livre_premier_-_%C2%A7_13&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le sens du ch&#226;timent</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Le-sens-du-chatiment</link>
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		<dc:date>2003-10-04T19:08:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#167;13 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en revenir &#224; notre sujet, c'est-&#224;-dire au ch&#226;timent, il faut distinguer deux choses en lui : d'une part ce qu'il a de relativement permanent, l'usage, l'acte, le &#034;drame&#034;, une certaine suite de proc&#233;dures strictement d&#233;termin&#233;es, d'autre part ce qu'il a de fluctuant, le sens, le but, l'attente qui se rattachent &#224; la mise en oeuvre de ces proc&#233;dures. Il faut admettre ici, sans plus, par analogie, conform&#233;ment aux points de vue principaux de la m&#233;thode historique d&#233;velopp&#233;e tout &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Sur-la-morale-" rel="directory"&gt;Sur la morale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#167;13&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; notre sujet, c'est-&#224;-dire au &lt;i&gt;ch&#226;timent&lt;/i&gt;, il faut distinguer deux choses en lui : d'une part ce qu'il a de relativement &lt;i&gt;permanent&lt;/i&gt;, l'usage, l'acte, le &#034;drame&#034;, une certaine suite de proc&#233;dures strictement d&#233;termin&#233;es, d'autre part ce qu'il a de &lt;i&gt;fluctuant&lt;/i&gt;, le sens, le but, l'attente qui se rattachent &#224; la mise en oeuvre de ces proc&#233;dures. Il faut admettre ici, sans plus, par analogie, conform&#233;ment aux points de vue principaux de la m&#233;thode historique d&#233;velopp&#233;e tout &#224; l'heure, que la proc&#233;dure elle-m&#234;me est quelque chose de plus ancien, d'ant&#233;rieur &#224; son utilisation pour le ch&#226;timent, que le ch&#226;timent a &#233;t&#233; &lt;i&gt;introduit&lt;/i&gt;, par interpr&#233;tation, dans la proc&#233;dure (qui existait depuis longtemps, mais dont l'emploi avait un autre sens), bref qu'il n'en va pas ici comme l'ont imagin&#233; tous nos na&#239;fs g&#233;n&#233;alogistes du droit et de la morale, pour qui la proc&#233;dure a &#233;t&#233; &lt;i&gt;invent&#233;e&lt;/i&gt; avec le ch&#226;timent pour but, comme autrefois on s'imaginait que la main avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour saisir. Pour ce qui en est de l'autre &#233;l&#233;ment du ch&#226;timent, l'&#233;l&#233;ment fluctuant, son &#171; sens &#187;, dans un &#233;tat de civilisation tr&#232;s tardif (celui de l'Europe contemporaine par exemple), le concept de &#034;ch&#226;timent&#034; n'a plus &lt;i&gt;un&lt;/i&gt; sens unique mais est une synth&#232;se de &#034;sens&#034; : tout le pass&#233; historique du ch&#226;timent, l'histoire de son utilisation &#224; des fins diverses, se cristallise finalement en une sorte d'unit&#233; difficile &#224; r&#233;soudre, difficile &#224; analyser, et, appuyons sur ce point, absolument &lt;i&gt;impossible&lt;/i&gt; &#224; d&#233;finir. (Il est impossible de dire aujourd'hui pr&#233;cis&#233;ment &lt;i&gt;pourquoi&lt;/i&gt; l'on punit en somme : tous les concepts o&#249; se r&#233;sume un long d&#233;veloppement d'une fa&#231;on s&#233;miotique &#233;chappent &#224; une d&#233;finition ; n'est d&#233;finissable que ce qui n'a pas d'histoire.) En revanche, dans un &#233;tat plus rudimentaire, cette synth&#232;se de &#034;sens&#034; para&#238;t encore plus soluble, et aussi plus transmuable ; on peut encore se rendre compte comment, dans chaque cas particulier, les &#233;l&#233;ments de la synth&#232;se modifient leur valeur et leur ordre, de sorte que c'est tant&#244;t cet &#233;l&#233;ment, tant&#244;t cet autre qui pr&#233;domine aux d&#233;pens des autres, et qu'en certaines circonstances un &#233;l&#233;ment (par exemple le but de terreur &#224; inspirer) semble &#233;clipser tous les autres. Pour qu'on puisse se repr&#233;senter quelque peu combien incertain, surajout&#233;, accidentel est le &#034;sens&#034; du ch&#226;timent, combien une seule et m&#234;me proc&#233;dure peut &#234;tre utilis&#233;e, interpr&#233;t&#233;e, fa&#231;onn&#233;e dans des vues essentiellement diff&#233;rentes, voici le sch&#233;ma que j'ai pu donner gr&#226;ce &#224; des mat&#233;riaux relativement peu nombreux et tous fortuits : Ch&#226;timent, comme moyen d'emp&#234;cher le coupable de nuire et de continuer ses dommages. Ch&#226;timent comme rachat du dommage caus&#233; et cela sous une forme quelconque (m&#234;me celle d'une compensation d'affect). Ch&#226;timent comme moyen d'isoler la cause d'une perturbation d'&#233;quilibre pour emp&#234;cher la propagation de cette perturbation. Ch&#226;timent comme moyen d'inspirer la terreur port&#233;e &#224; ceux qui d&#233;terminent et ex&#233;cutent le ch&#226;timent. Ch&#226;timent comme moyen de compensation pour les avantages dont le coupable a joui jusque-l&#224; (par exemple lorsqu'on l'utilise comme esclave dans une mine). Ch&#226;timent comme moyen d'&#233;liminer un &#233;l&#233;ment d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; (dans certaines circonstances toute une branche, comme le prescrit la l&#233;gislation chinoise : donc moyen d'&#233;purer la race ou de maintenir un type social). Ch&#226;timent comme occasion de f&#234;te, c'est-&#224;-dire comme viol et humiliation d'un ennemi enfin vaincu. Ch&#226;timent comme moyen de cr&#233;er une m&#233;moire, soit chez celui qui subit le ch&#226;timent, - c'est ce qu'on appelle la &#034;correction&#034;, - soit chez les t&#233;moins de l'ex&#233;cution. Ch&#226;timent comme paiement d'honoraires fix&#233;s par la puissance qui prot&#232;ge le malfaiteur contre les d&#233;bordements de la vengeance. Ch&#226;timent comme compromis avec l'&#233;tat primitif de la vengeance, en tant que cet &#233;tat primitif est encore maintenu en vigueur par des lign&#233;es puissantes qui le revendiquent comme un privil&#232;ge. Ch&#226;timent comme d&#233;claration de guerre et mesure de police contre un ennemi de la paix, de la loi, de l'ordre, de l'autorit&#233;, que l'on consid&#232;re comme dangereux pour la communaut&#233;, violateur des trait&#233;s qui garantissent l'existence de cette communaut&#233;, rebelle, tra&#238;tre et violateur de paix, et que l'on combat par tous les moyens dont la guerre permet de disposer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#167;14&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette liste n'est certainement pas compl&#232;te ; car il est &#233;vident que le ch&#226;timent rev&#234;t des utilit&#233;s de toutes sortes. Il sera donc permis d'autant plus facilement de lui retirer une utilit&#233; &lt;i&gt;suppos&#233;e&lt;/i&gt; qui dans la conscience populaire passe pour son utilit&#233; essentielle, - la foi au ch&#226;timent qui, pour bien des raisons, a &#233;t&#233; &#233;branl&#233;e aujourd'hui trouve encore en elle son plus ferme soutien. Le ch&#226;timent aurait la propri&#233;t&#233; d'&#233;veiller chez le coupable &lt;i&gt;le sentiment de la faute&lt;/i&gt; ; on voit en lui le v&#233;ritable instrument de cette r&#233;action psychique que l'on appelle &#171; mauvaise conscience &#187;, &#171; remords &#187;. Pourtant c'est l&#224; porter atteinte &#224; la r&#233;alit&#233; et &#224; la psychologie, m&#234;me pour ce qui regarde notre &#233;poque : et combien davantage encore quand on envisage la longue histoire de l'homme, toute sa pr&#233;histoire ! Le v&#233;ritable remords est excessivement rare, en particulier chez les criminels et les d&#233;tenus ; les prisons, les bagnes ne sont &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; les endroits propices &#224; l'&#233;closion de ce ver rongeur : - l&#224;-dessus tous les observateurs consciencieux sont d'accord, quelque r&#233;pugnance qu'ils &#233;prouvent d'ailleurs souvent &#224; faire un pareil aveu. En th&#232;se g&#233;n&#233;rale, le ch&#226;timent refroidit et endurcit ; il concentre ; il aiguise les sentiments de marginalit&#233; ; il augmente la force de r&#233;sistance. S'il arrive qu'il brise l'&#233;nergie et am&#232;ne une pitoyable prostration et une humiliation volontaire, un tel r&#233;sultat est certainement encore moins &#233;difiant que l'effet moyen du ch&#226;timent, qui est le plus g&#233;n&#233;ralement une gravit&#233; s&#232;che et morne. Si nous nous reportons maintenant &#224; ces milliers d'ann&#233;es qui &lt;i&gt;pr&#233;c&#232;dent&lt;/i&gt; l'histoire de l'homme, on peut sans h&#233;siter pr&#233;tendre que c'est pr&#233;cis&#233;ment le ch&#226;timent qui a le plus puissamment &lt;i&gt;retard&#233;&lt;/i&gt; le d&#233;veloppement du sentiment de culpabilit&#233;, - du moins en ce qui concerne les victimes sur lesquelles s'acharnaient les autorit&#233;s r&#233;pressives. Et ne n&#233;gligeons pas de nous rendre compte que c'est l'aspect des proc&#233;dures judiciaires et ex&#233;cutives qui emp&#234;che le coupable de condamner &lt;i&gt;en soi&lt;/i&gt; son m&#233;fait et la nature de son action : car il voit commettre au service de la justice, commettre en bonne conscience, puis approuver la m&#234;me esp&#232;ce d'actions : &#224; savoir l'espionnage, la duperie, la corruption, les pi&#232;ges tendus, tout l'art plein de ruses et d'artifices du policier et de l'accusateur, puis encore ces actions essentiellement criminelles qui n'ont m&#234;me pas pour excuse l'affect : le vol, la violence, l'outrage, l'incarc&#233;ration, la torture, le meurtre, tels qu'ils sont marqu&#233;s dans les diff&#233;rentes sortes de ch&#226;timents, - tout cela n'est donc pas condamn&#233; par le juge et r&#233;prouv&#233; &lt;i&gt;en soi&lt;/i&gt; , mais seulement d'un certain point de vue et dans certaines conditions. (...)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nietzsche, &lt;strong&gt;La g&#233;n&#233;alogie de la morale&lt;/strong&gt;, Deuxi&#232;me dissertation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les valeurs morales ont leur source dans le ressentiment</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Les-valeurs-morales-ont-leur</link>
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		<dc:date>2003-08-15T19:56:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nietzsche, Friedrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Expliquer le texte suivant : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La r&#233;volte des esclaves dans la morale commence lorsque le ressentiment lui-m&#234;me devient cr&#233;ateur et engendre des valeurs : le ressentiment de ces &#234;tres, &#224; qui la r&#233;action v&#233;ritable, celle de l'action, est interdite, et que seule une vengeance imaginaire peut indemniser. Alors que toute morale aristocratique na&#238;t d'un oui triomphant adress&#233; &#224; soi-m&#234;me, de prime abord la morale des esclaves dit non &#224; un &#171; dehors &#187; et &#224; un &#171; autre &#187;, &#224; un &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Sur-la-morale-" rel="directory"&gt;Sur la morale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Expliquer le texte suivant :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Premier moment : la rancune et la ranc&#339;ur (ressentiment) furent cr&#233;atrices (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;La r&#233;volte des esclaves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;les faibles, ceux qui sont incapables d'affirmer quelque chose de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans la morale commence lorsque le &lt;i&gt;ressentiment&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;sentiment de rancoeur, de rancune, d'amertume, ressenti &#224; la vue des ma&#238;tres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; lui-m&#234;me devient cr&#233;ateur et engendre des valeurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;le bien et le mal : valeurs en soi (Cf. La volont&#233; bonne) et non relatives.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : le ressentiment de ces &#234;tres, &#224; qui la r&#233;action v&#233;ritable, celle de l'action, est interdite, et que seule une vengeance imaginaire peut indemniser.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deuxi&#232;me moment : la morale des esclaves se borne &#224; s'opposer &#224; ce qui est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;Alors que toute morale aristocratique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;de aristos, le meilleur, et cratein, commander. Les aristocrates (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; na&#238;t d'un oui triomphant adress&#233; &#224; soi-m&#234;me, de prime abord la morale des esclaves dit non &#224; un &#171; dehors &#187; et &#224; un &#171; autre &#187;, &#224; un &#171; diff&#233;rent-de-soi-m&#234;me &#187;, et &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; non est son acte cr&#233;ateur. Cette inversion du regard posant les valeurs - la &lt;i&gt;n&#233;cessit&#233;&lt;/i&gt; qui pousse &#224; se tourner vers le dehors plut&#244;t que vers soi-m&#234;me - cela rel&#232;ve justement du ressentiment : la morale des esclaves a toujours et avant tout besoin pour prendre naissance d'un monde hostile et ext&#233;rieur, elle a physiologiquement parlant besoin d'excitations ext&#233;rieures pour agir - son action est fonci&#232;rement une r&#233;action&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;comportement provoqu&#233; par une action externe, action r&#233;pondant &#224; une autre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au contraire des esclaves, les ma&#238;tres, les aristocrates, cr&#233;ent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;L'&#233;valuation de type aristocratique proc&#232;de &#224; l'inverse : elle agit et cro&#238;t spontan&#233;ment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;de soi-m&#234;me, sans y &#234;tre port&#233; par autrui.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle ne recherche son antith&#232;se que pour se dire oui &#224; elle-m&#234;me avec plus de joie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;terme essentiel de la philosophie nietzsch&#233;enne. Le ma&#238;tre est joyeux, il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de reconnaissance encore, - son concept n&#233;gatif de &#171; bas &#187;, de &#171; commun &#187;, de &#171; mauvais &#187;, n'est qu'un tardif et p&#226;le contraste au regard de son concept fondamental, concept positif, p&#233;n&#233;tr&#233; de vie et de passion, &#171; nous les nobles, le bons, les beaux, les heureux &#187;. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Premier moment : la rancune et la ranc&#339;ur (ressentiment) furent cr&#233;atrices des valeurs morales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;les faibles, ceux qui sont incapables d'affirmer quelque chose de v&#233;ritablement positif, de cr&#233;er authentiquement. Il faut ici, comme &#224; propos du terme &lt;i&gt;ma&#238;tre&lt;/i&gt;, &#233;viter tout contresens : de m&#234;me que le ma&#238;tre n'est pas seulement celui qui d&#233;tient le pouvoir, mais le cr&#233;ateur, l'esclave est celui chez qui l'&#233;l&#233;ment n&#233;gatif triomphe et l'emporte. Le ma&#238;tre, dans la philosophie de Nietzsche, se d&#233;finit comme celui qui d&#233;tient la puissance spirituelle. L'esclave, au contraire, est celui qui ne sait ni cr&#233;er, ni donner, ni affirmer de mani&#232;re vraiment positive.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;sentiment de rancoeur, de rancune, d'amertume, ressenti &#224; la vue des ma&#238;tres par ceux qui sont incapables de cr&#233;er positivement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;le bien et le mal : valeurs en soi (Cf. &lt;a href='https://www.caute.lautre.net/La-volonte-bonne' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La volont&#233; bonne&lt;/a&gt;) et non relatives.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deuxi&#232;me moment : la morale des esclaves se borne &#224; s'opposer &#224; ce qui est autre qu'elle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;de &lt;i&gt;aristos&lt;/i&gt;, le meilleur, et &lt;i&gt;cratein&lt;/i&gt;, commander. Les aristocrates nietzsch&#233;ens sont les meilleurs, les forts, les cr&#233;ateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;comportement provoqu&#233; par une action externe, action r&#233;pondant &#224; une autre action.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au contraire des esclaves, les ma&#238;tres, les aristocrates, cr&#233;ent positivement des valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;de soi-m&#234;me, sans y &#234;tre port&#233; par autrui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;terme essentiel de la philosophie nietzsch&#233;enne. Le ma&#238;tre est joyeux, il &#233;prouve un sentiment de totale satisfaction et de perfection, parce qu'il cr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Friedrich NIETZSCHE, &lt;strong&gt;La g&#233;n&#233;alogie de la morale&lt;/strong&gt;, I, &#167;10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compr&#233;hension pr&#233;cise du texte, du probl&#232;me dont il est question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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