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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>La paix, terme n&#233;cessaire o&#249; aspirent tous les &#234;tres.</title>
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&lt;p&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ? &lt;br class='autobr' /&gt; CHAPITRE XI. &lt;br class='autobr' /&gt; DU BONHEUR DE LA PAIX &#201;TERNELLE, FIN SUPR&#202;ME ET V&#201;RITABLE PERFECTION DES SAINTS. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pouvons dire de la paix ce que nous avons dit de la vie &#233;ternelle, qu'elle est la fin de nos biens, d'autant mieux que le Proph&#232;te, parlant de la Cit&#233; de Dieu, sujet de ce laborieux ouvrage, s'exprime ainsi : &#171; J&#233;rusalem, louez le Seigneur ; Sion, louez votre Dieu ; car il a consolid&#233; les verrous de vos portes ; il a b&#233;ni vos enfants en vous, et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.caute.lautre.net/Peut-il-etre-juste-de-vouloir-la-guerre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Peut-il &#234;tre juste de vouloir la guerre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CHAPITRE XI.&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;i&gt;DU BONHEUR DE LA PAIX &#201;TERNELLE, FIN SUPR&#202;ME ET V&#201;RITABLE PERFECTION DES SAINTS.&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons dire de la paix ce que nous avons dit de la vie &#233;ternelle, qu'elle est la fin de nos biens, d'autant mieux que le Proph&#232;te, parlant de la Cit&#233; de Dieu, sujet de ce laborieux ouvrage, s'exprime ainsi : &#171; J&#233;rusalem, louez le Seigneur ; Sion, louez votre Dieu ; car il a consolid&#233; les verrous de vos portes ; il a b&#233;ni vos enfants en vous, et c'est lui qui a &#233;tabli la paix comme votre fin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ps. CXLVII, 12.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En effet, quand seront consolid&#233;s les verrous des portes de Sion, nul n'y entrera, ni n'en sortira plus ; et ainsi, par cette fin dont parle le psaume, il faut entendre cette paix finale que nous cherchons ici &#224; d&#233;finir. Le nom m&#234;me de la Cit&#233; sainte, c'est-&#224;-dire J&#233;rusalem, est un nom myst&#233;rieux qui signifie &lt;i&gt;vision de paix&lt;/i&gt;. Mais, comme on se sert aussi du nom de paix dans les choses de cette vie p&#233;rissable, nous avons mieux aim&#233; appeler vie &#233;ternelle la fin o&#249; la Cit&#233; de Dieu doit trouver son souverain bien. C'est de cette fin que l'Ap&#244;tre dit : &#171; Et maintenant, affranchis du p&#233;ch&#233; et devenus les esclaves de Dieu, vous avez pour fruit votre sanctification, et pour fin la vie &#233;ternelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rom. VI, 22.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. D'un autre c&#244;t&#233;, ceux qui ne sont pas vers&#233;s dans l'&#201;criture sainte, pouvant aussi entendre par la vie &#233;ternelle celle des m&#233;chants, soit parce que l'&#226;me humaine est immortelle, ainsi que l'ont reconnu quelques philosophes, soit parce que les m&#233;chants ne pourraient pas subir les tourments &#233;ternels que la foi nous enseigne, s'ils ne vivaient &#233;ternellement, il vaut mieux appeler la fin derni&#232;re o&#249; la Cit&#233; de Dieu go&#251;tera son souverain bien : la paix dans la vie &#233;ternelle, ou la vie &#233;ternelle dans la paix. Aussi bien qu'y a-t-il de meilleur que la paix, m&#234;me dans les choses mortelles et passag&#232;res ? Quoi de plus agr&#233;able &#224; entendre, de plus souhaitable &#224; d&#233;sirer, de plus pr&#233;cieux &#224; conqu&#233;rir ? Il ne sera donc pas, ce me semble, hors de propos d'en dire ici quelque chose &#224; l'occasion de la paix souveraine et d&#233;finitive. C'est un bien si doux que la paix, et si cher &#224; tout le monde, que ce que j'en dirai ne sera d&#233;sagr&#233;able &#224; personne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CHAPITRE XII.&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;i&gt;QUE LES AGITATIONS DES HOMMES ET LA GUERRE ELLE-M&#202;ME TENDENT A LA PAIX, TERME N&#201;CESSAIRE OU ASPIRENT TOUS LES &#202;TRES.&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quiconque observera d'un oeil attentif les affaires humaines et la nature des choses reconna&#238;tra que, s'il n'y a personne qui ne veuille &#233;prouver de la joie, il n'y a non plus personne qui ne veuille go&#251;ter la paix. En effet, ceux m&#234;mes qui font la guerre ne la font que pour vaincre, et par cons&#233;quent pour parvenir glorieusement &#224; la paix. Qu'est-ce que la victoire ? c'est la soumission des rebelles, c'est-&#224;-dire la paix. Les guerres sont donc toujours faites en vue de la paix, m&#234;me par ceux qui prennent plaisir &#224; exercer leur vertu guerri&#232;re dans les combats ; d'o&#249; il faut conclure que le v&#233;ritable but de la guerre, c'est la paix, l'homme qui fait la guerre cherchant la paix, et nul ne faisant la paix pour avoir la guerre. Ceux m&#234;mes qui rompent la paix &#224; dessein n'agissent point ainsi par haine pour cette paix, mais pour en obtenir une meilleure. Leur volont&#233; n'est pas qu'il n'y ait point de paix, mais qu'il y ait une paix selon leur volont&#233;. Et s'ils viennent &#224; se s&#233;parer des autres par une r&#233;volte, ils ne sauraient venir &#224; bout de leurs desseins qu'&#224; condition d'entretenir avec leurs complices une esp&#232;ce de paix. De l&#224; vient que les voleurs m&#234;mes conservent la paix entre eux, afin de la pouvoir troubler plus impun&#233;ment chez les autres. Que s'il se trouve quelque malfaiteur si puissant et si ennemi de toute soci&#233;t&#233; qu'il ne s'unisse avec personne et qu'il ex&#233;cute seul ses meurtres et ses brigandages, pour le moins conserve-t-il toujours quelque ombre de paix avec ceux qu'il ne peut tuer et &#224; qui il veut cacher ce qu'il fait. Dans sa maison, il a soin de vivre en paix avec sa femme, avec ses enfants et avec ses domestiques, parce qu'il d&#233;sire en &#234;tre ob&#233;i. Rencontre-t-il une r&#233;sistance, il s'emporte, il r&#233;prime, il ch&#226;tie, et, s'il le faut, il a recours &#224; la cruaut&#233; pour maintenir la paix dans sa maison, sachant bien qu'elle n'est possible qu'avec un chef &#224; qui tous les membres de la soci&#233;t&#233; domestique soient assujettis. Si donc une ville ou tout un peuple voulait se soumettre &#224; lui de la m&#234;me fa&#231;on qu'il d&#233;sire que ceux de sa maison lui soient soumis, il ne se cacherait plus dans une caverne comme un brigand ; il monterait sur le tr&#244;ne comme un roi. Chacun souhaite donc d'avoir la paix avec ceux qu'il veut gouverner &#224; son gr&#233;, et quand un homme fait la guerre &#224; des hommes, c'est pour les rendre siens, en quelque sorte, et leur dicter ses conditions de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons un homme comme celui de la fable et des po&#232;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La suite du passage fait voir qu'il s'agit ici de la fable de Cacas, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , farouche et sauvage au point de n'avoir aucun commerce avec personne. Pour royaume, il n'avait qu'un antre d&#233;sert et affreux ; et il &#233;tait si m&#233;chant qu'on l'avait appel&#233; Cacus, nom qui exprime la m&#233;chancet&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kakos, m&#233;chant&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Pr&#232;s de lui, point de femme, pour &#233;changer des paroles affectueuses ; point d'enfants dont il p&#251;t partager les jeux dans leur jeune &#226;ge et guider plus tard l'adolescence ; point d'amis enfin avec qui s'entretenir, car il n'avait pas m&#234;me pour ami Vulcain, son p&#232;re : plus heureux du moins que ce dieu, en ce qu'il n'engendra point &#224; son tour un monstre semblable &#224; lui-m&#234;me. Loin de rien donner &#224; personne, il enlevait aux autres tout ce qu'il pouvait ; et cependant, au fond de cette caverne, toujours tremp&#233;e, comme dit le po&#235;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Virgile, En&#233;ide, livre VIII, v. 195, 196&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , de quelque massacre r&#233;cent, que voulait-il ? poss&#233;der la paix, go&#251;ter un repos que nulle crainte et nulle violence ne pussent troubler. Il voulait enfin avoir la paix avec son corps, et ne go&#251;tait de bonheur qu'autant qu'il jouissait de cette paix. Il commandait &#224; ses membres, et ils lui ob&#233;issaient ; mais afin d'apaiser cette guerre intestine que lui faisait la faim, et d'emp&#234;cher qu'elle chass&#226;t son &#226;me de son corps, il ravissait, tuait, d&#233;vorait, ne d&#233;ployant cette cruaut&#233; barbare que pour maintenir la paix entre les deux parties dont il &#233;tait compos&#233; ; de sorte que, s'il e&#251;t voulu entretenir avec les autres la paix qu'il t&#226;chait de se procurer &#224; lui-m&#234;me dans sa caverne, on ne l'e&#251;t appel&#233; ni m&#233;chant ni monstre. Que si l'&#233;trange figure de son corps et les flammes qu'il vomissait par la bouche l'emp&#234;chaient d'avoir commerce avec les hommes, peut-&#234;tre &#233;tait-il f&#233;roce &#224; ce point, beaucoup moins par le d&#233;sir de faire du mal que par la n&#233;cessit&#233; de vivre. Mais disons plut&#244;t qu'un tel homme n'a jamais exist&#233; que dans l'imagination des po&#232;tes, qui ne l'ont d&#233;peint de la sorte qu'afin de relever &#224; ses d&#233;pens la gloire d'Hercule. En effet, les animaux m&#234;mes les plus sauvages s'accouplent et ont des petits qu'ils nourrissent et qu'ils &#233;l&#232;vent ; et je ne parle pas ici des brebis, des cerfs, des colombes, des &#233;tourneaux, des abeilles, mais des lions, des renards, des vautours, des hiboux. Un tigre devient doux pour ses petits et les caresse. tin milan, quelque solitaire et carnassier qu'il soit, cherche une femelle, fait son nid, couve ses oeufs, nourrit ses petits, et se maintient en paix dans sa maison avec sa compagne comme avec une sorte de m&#232;re de famille. Combien donc l'homme est-il port&#233; plus encore par les lois de sa nature &#224; entrer en soci&#233;t&#233; avec les autres hommes et &#224; vivre en paix avec eux ! C'est au point que les m&#233;chants m&#234;mes combattent pour maintenir la paix des personnes qui leur appartiennent, et voudraient, s'il &#233;tait possible, que tous les hommes leur fussent soumis, afin que tout ob&#233;&#238;t &#224; un seul et f&#251;t en paix avec lui, soit par crainte, soit par amour. C'est ainsi que l'orgueil, dans sa perversit&#233;, cherche &#224; imiter Dieu. Il ne veut point avoir de compagnons sous lui, mais il veut &#234;tre ma&#238;tre au lieu de lui. Il hait donc la juste paix de Dieu, et il aime la sienne, qui est injuste ; car il faut qu'il en aime une, quelle qu'elle soit, n'y ayant point de vice tellement contraire &#224; la nature qu'il n'en laisse subsister quelques vestiges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui donc qui sait pr&#233;f&#233;rer la droiture &#224; la perversit&#233;, et ce qui est selon l'ordre &#224; ce qui est contre l'ordre, reconna&#238;t que la paix des m&#233;chants m&#233;rite &#224; peine ce nom en comparaison de celle des gens de bien. Et cependant il faut de toute n&#233;cessit&#233; que ce qui est contre l'ordre entretienne la paix &#224; quelques &#233;gards avec quelqu'une des parties dont il est compos&#233; ; autrement il cesserait d'&#234;tre. Supposons un homme suspendu par les pieds, la t&#234;te en bas, voil&#224; l'ordre et la situation de ses membres renvers&#233;s, ce qui doit &#234;tre naturellement au dessus &#233;tant au dessous. Ce d&#233;sordre trouble donc la paix du corps, et c'est en cela qu'il est p&#233;nible. Toutefois, l'&#226;me ne cesse pas d'&#234;tre en paix avec son corps et de travailler &#224; sa conservation, sans quoi il n'y aurait ni douleur, ni patient qui la ressent&#238;t. Que si l'&#226;me, succombant sous les maux que le corps endure, vient &#224; s'en s&#233;parer, tant que l'union des membres subsiste, il y a toujours quelque sorte de paix entre eux ; ce qui fait qu'on peut encore dire : Voil&#224; un homme qui est pendu. Pourquoi le corps du patient tend-il vers la terre et se d&#233;bat-il contre le lien qui l'encha&#238;ne ? C'est qu'il veut jouir de la paix qui lui est propre. Son poids est comme la voix par laquelle il demande qu'on le mette en un lieu de repos, et, quoique priv&#233; d'&#226;me et de sentiment, il ne s'&#233;loigne pourtant pas de la paix convenable &#224; sa nature, soit qu'il la poss&#232;de, soit qu'il y tende. Si on l'embaume pour l'emp&#234;cher de se dissoudre, il y a encore une sorte de paix entre ses parties, qui les tient unies les unes aux autres, et qui fait que le corps tout entier demeure dans un &#233;tait convenable, c'est-&#224;-dire dans un &#233;tat paisible. Si on ne l'embaume point, il s'&#233;tablit un combat des vapeurs contraires qui sont en lui et qui blessent nos sens, ce qui produit la putr&#233;faction, jusqu'&#224; ce qu'il soit d'accord avec les &#233;l&#233;ments qui l'environnent, et qu'il retourne pi&#232;ce &#224; pi&#232;ce dans chacun d'eux. Au milieu de ces transformations, dominent toujours les lois du souverain Cr&#233;ateur, qui maintient l'ordre et la paix de l'univers ; car, bien que plusieurs petits animaux soient engendr&#233;s du cadavre d'un animal plus grand, chacun d'eux, par la loi du m&#234;me Cr&#233;ateur, a soin d'entretenir avec soi-m&#234;me la paix n&#233;cessaire &#224; sa conservation. Et quand le corps mort d'un animal serait d&#233;vor&#233; par d'autres, il rencontrerait toujours ces m&#234;mes lois partout r&#233;pandues, qui savent unir chaque chose &#224; celle qui lui est assortie, quelque d&#233;sunion et quelque changement qu'elle ait pu souffrir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CHAPITRE XIII.&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;i&gt;LA PAIX UNIVERSELLE, FOND&#201;E SUR LES LOIS DE LA NATURE, NE PEUT &#202;TRE D&#201;TRUITE PAR LES PLUS VIOLENTES PASSIONS, LE JUGE &#201;QUITABLE ET SOUVERAIN FAISANT PARVENIR CHACUN A LA CONDITION QU'IL A M&#201;RIT&#201;E.&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la paix du corps r&#233;side dans le juste temp&#233;rament de ses parties, et celle de l'&#226;me sensible dans le calme r&#233;gulier de ses app&#233;tits satisfaits. La paix de, l'&#226;me raisonnable, c'est en elle le parfait accord de la connaissance et de l'action ; et celle du corps et de l'&#226;me, c'est la vie bien ordonn&#233;e et la sant&#233; de l'animal. La paix entre l'homme mortel et Dieu est une ob&#233;issance r&#233;gl&#233;e par la foi et soumise &#224; la loi &#233;ternelle ; celle des hommes entre eux, une concorde raisonnable. La paix d'une maison, c'est une juste correspondance entre ceux (436) qui y commandent et ceux qui y ob&#233;issent. La paix d'une cit&#233;, c'est la m&#234;me correspondance entre ses membres. La paix de la Cit&#233; c&#233;leste consiste dans une union tr&#232;s-r&#233;gl&#233;e et tr&#232;s-parfaite pour jouir de Dieu, et du prochain en Dieu ; et celle de toutes choses, c'est un ordre tranquille. L'ordre est ce qui assigne aux choses diff&#233;rentes la place qui leur convient. Ainsi, bien que les malheureux, en tant que tels, ne soient point en paix, n'&#233;tant point dans cet ordre tranquille que rien ne trouble, toutefois, comme ils sont justement malheureux, ils ne peuvent pas &#234;tre tout &#224; fait hors de l'ordre. A la v&#233;rit&#233;, ils ne sont pas avec les bienheureux ; mais au moins c'est la loi de l'ordre qui les en s&#233;pare. Ils sont troubl&#233;s et inqui&#233;t&#233;s, et toutefois ils ne laissent pas d'avoir quelque convenance avec leur &#233;tat. ils ont d&#232;s lors quelque ombre de tranquillit&#233; dans leur ordre ; ils ont donc aussi quelque paix. Mais ils sont malheureux, parce qu'encore qu'ils soient dans le lieu o&#249; ils doivent &#234;tre, ils ne sont pas dans le lieu o&#249; ils n'auraient rien &#224; souffrir : moins malheureux toutefois encore que s'ils n'avaient point de convenance avec le lieu o&#249; ils sont. Or, quand ils souffrent, la paix est troubl&#233;e &#224; cet &#233;gard ; mais elle subsiste dans leur nature, que la douleur ne peut consumer ni d&#233;truire, et &#224; cet autre &#233;gard, ils sont en paix. De m&#234;me qu'il y a quelque vie sans douleur, et qu'il ne peut y avoir de douleur sans quelque vie ; ainsi il y a quelque paix sans guerre, mais il ne peut y avoir de guerre sans quelque paix, puisque la guerre suppose toujours quelque nature qui l'entretienne, et qu'une nature ne saurait subsister sans quelque sorte de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi il existe une Nature souveraine o&#249; il ne se trouve point de mal et o&#249; il ne peut m&#234;me s'en trouver ; mais il ne saurait exister de nature o&#249; ne se trouve aucun bien. Voil&#224; pourquoi la nature du diable m&#234;me n'est pas mauvaise en tant que nature ; la seule malice la rend telle. C'est pour cela qu'il n'est pas demeur&#233; dans la v&#233;rit&#233; ; mais il n'a pu se soustraire au jugement de la v&#233;rit&#233;. Il n'est pas demeur&#233; dans un ordre tranquille ; mais il n'a pas toutefois &#233;vit&#233; la puissance du souverain ordonnateur. La bont&#233; de Dieu, qui a fait sa nature, ne le met pas &#224; couvert de la justice de Dieu, qui conserve l'ordre en le punissant, et Dieu ne punit pas en lui ce qu'il a cr&#233;&#233;, mais le mal que sa cr&#233;ature a commis. Dieu ne lui &#244;te pas tout ce qu'il a donn&#233; &#224; sa nature, mais seulement quelque chose, lui laissant le reste, afin qu'il subsiste toujours pour souffrir de ce qu'il a perdu. La douleur m&#234;me qu'il ressent est un t&#233;moignage du bien qu'on lui a &#244;t&#233; et de celui qu'on lui a laiss&#233;, puisque, s'il ne lui &#233;tait encore demeur&#233; quelque bien, il ne pourrait pas s'affliger de celui qu'il a perdu. Car le p&#233;cheur est encore pire, s'il se r&#233;jouit de la perte qu'il fait de l'&#233;quit&#233; ; mais le damn&#233;, s'il ne retire aucun bien de ses tourments, au moins s'afflige-t-il de la perte de son salut. Comme l'&#233;quit&#233; et le salut sont deux biens, et qu'il faut plut&#244;t s'affliger que se r&#233;jouir de la perte d'un bien, &#224; moins que cette perte ne soit compens&#233;e d'ailleurs, les m&#233;chants ont sans doute plus de raison de s'affliger de leurs supplices qu'ils n'en ont eu de se r&#233;jouir de leurs crimes. De m&#234;me que se r&#233;jouir, lorsqu'on p&#232;che, est une preuve que la volont&#233; est mauvaise ; s'affliger, lorsqu'on souffre, est aussi une preuve que la nature est bonne. Aussi bien celui qui s'afflige d'avoir perdu la paix de sa nature ne s'afflige que par certains restes de paix qui font qu'il aime sa nature. Or, c'est tr&#232;s-justement que dans le dernier supplice les m&#233;chants d&#233;plorent, au milieu de leurs tortures, la perte qu'ils ont faite des biens naturels, et qu'ils sentent que celui qui les leur &#244;te est ce Dieu tr&#232;s-juste envers qui ils ont &#233;t&#233; ingrats. Dieu donc, qui a cr&#233;&#233; toutes les natures avec une sagesse admirable, qui les ordonne avec une souveraine justice et qui a plac&#233; l'homme sur la terre pour en &#234;tre le plus bel ornement, nous a donn&#233; certains biens convenables &#224; cette vie, c'est-&#224;-dire la paix temporelle, dans la mesure o&#249; on peut l'avoir ici-bas, tant avec soi-m&#234;me- qu'avec les autres, et toutes les choses n&#233;cessaires peur la conserver ou pour la recouvrer, comme la lumi&#232;re, l'air, l'eau, et tout ce qui sert &#224; nourrir, &#224; couvrir, &#224; gu&#233;rir ou &#224; parer le corps, mais sous cette condition tr&#232;s-&#233;quitable, que ceux qui feront bon usage de ces biens en recevront de plus grands et de meilleurs, c'est-&#224;-dire une paix immortelle accompagn&#233;e d'une gloire sans fin et de la-jouissance de Dieu et du prochain en Dieu, tandis que ceux qui en feront mauvais usage perdront m&#234;me ces biens inf&#233;rieurs et n'auront pas les autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ps. CXLVII, 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rom. VI, 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La suite du passage fait voir qu'il s'agit ici de la fable de Cacas, racont&#233;e par Virgile, &#224; qui saint Augustin emprunte plus d'une expression.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Kakos&lt;/i&gt;, m&#233;chant&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Virgile, &lt;i&gt;En&#233;ide&lt;/i&gt;, livre VIII, v. 195, 196&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Saint Augustin, &lt;strong&gt;La Cit&#233; de Dieu&lt;/strong&gt;, Livre XIX, chap. 11-13&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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