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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Livre de Job</title>
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&lt;p&gt;Version Louis Segond - 1910. Article de wikip&#233;dia &lt;br class='autobr' /&gt; Chapitre 1 Il y avait dans le pays d'Uts un homme qui s'appelait Job. Et cet homme &#233;tait int&#232;gre et droit ; il craignait Dieu, et se d&#233;tournait du mal. Il lui naquit sept fils et trois filles. Il poss&#233;dait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de b&#339;ufs, cinq cents &#226;nesses, et un tr&#232;s grand nombre de serviteurs. Et cet homme &#233;tait le plus consid&#233;rable de tous les fils de l'Orient. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses fils allaient les uns chez les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Divers-" rel="directory"&gt;Divers&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Version Louis Segond - 1910.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_de_Job&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Article de wikip&#233;dia&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 1&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y avait dans le pays d'Uts un homme qui s'appelait Job. Et cet homme &#233;tait int&#232;gre et droit ; il craignait Dieu, et se d&#233;tournait du mal. Il lui naquit sept fils et trois filles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il poss&#233;dait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de b&#339;ufs, cinq cents &#226;nesses, et un tr&#232;s grand nombre de serviteurs. Et cet homme &#233;tait le plus consid&#233;rable de tous les fils de l'Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses fils allaient les uns chez les autres et donnaient tour &#224; tour un festin, et ils invitaient leurs trois s&#339;urs &#224; manger et &#224; boire avec eux. Et quand les jours de festin &#233;taient pass&#233;s, Job appelait et sanctifiait ses fils, puis il se levait de bon matin et offrait pour chacun d'eux un holocauste ; car Job disait : Peut-&#234;tre mes fils ont-ils p&#233;ch&#233; et ont-ils offens&#233; Dieu dans leur c&#339;ur. C'est ainsi que Job avait coutume d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les fils de Dieu vinrent un jour se pr&#233;senter devant l'&#201;ternel, et Satan vint aussi au milieu d'eux. L'&#201;ternel dit &#224; Satan : D'o&#249; viens-tu ? Et Satan r&#233;pondit &#224; l'&#201;ternel : De parcourir la terre et de m'y promener. L'&#201;ternel dit &#224; Satan : As-tu remarqu&#233; mon serviteur Job ? Il n'y a personne comme lui sur la terre ; c'est un homme int&#232;gre et droit, craignant Dieu, et se d&#233;tournant du mal. Et Satan r&#233;pondit &#224; l'&#201;ternel : Est-ce d'une mani&#232;re d&#233;sint&#233;ress&#233;e que Job craint Dieu ? Ne l'as-tu pas prot&#233;g&#233;, lui, sa maison, et tout ce qui est &#224; lui ? Tu as b&#233;ni l'&#339;uvre de ses mains, et ses troupeaux couvrent le pays. Mais &#233;tends ta main, touche &#224; tout ce qui lui appartient, et je suis s&#251;r qu'il te maudit en face. L'&#201;ternel dit &#224; Satan : Voici, tout ce qui lui appartient, je te le livre ; seulement, ne porte pas la main sur lui. Et Satan se retira de devant la face de l'&#201;ternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour que les fils et les filles de Job mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur fr&#232;re a&#238;n&#233;, il arriva aupr&#232;s de Job un messager qui dit : Les b&#339;ufs labouraient et les &#226;nesses paissaient &#224; c&#244;t&#233; d'eux ; des Sab&#233;ens se sont jet&#233;s dessus, les ont enlev&#233;s, et ont pass&#233; les serviteurs au fil de l'&#233;p&#233;e. Et je me suis &#233;chapp&#233; moi seul, pour t'en apporter la nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit : Le feu de Dieu est tomb&#233; du ciel, a embras&#233; les brebis et les serviteurs, et les a consum&#233;s. Et je me suis &#233;chapp&#233; moi seul, pour t'en apporter la nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit : Des Chald&#233;ens, form&#233;s en trois bandes, se sont jet&#233;s sur les chameaux, les ont enlev&#233;s, et ont pass&#233; les serviteurs au fil de l'&#233;p&#233;e. Et je me suis &#233;chapp&#233; moi seul, pour t'en apporter la nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il parlait encore, lorsqu'un autre vint et dit : Tes fils et tes filles mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur fr&#232;re a&#238;n&#233; ; et voici, un grand vent est venu de l'autre c&#244;t&#233; du d&#233;sert, et a frapp&#233; contre les quatre coins de la maison ; elle s'est &#233;croul&#233;e sur les jeunes gens, et ils sont morts. Et je me suis &#233;chapp&#233; moi seul, pour t'en apporter la nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors Job se leva, d&#233;chira son manteau, et se rasa la t&#234;te ; puis, se jetant par terre, il se prosterna, et dit : Je suis sorti nu du sein de ma m&#232;re, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L'&#201;ternel a donn&#233;, et l'&#201;ternel a &#244;t&#233; ; que le nom de l'&#201;ternel soit b&#233;ni ! Entout cela, Job ne p&#233;cha point et n'attribua rien d'injuste &#224; Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 2&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or, les fils de Dieu vinrent un jour se pr&#233;senter devant l'&#201;ternel, et Satan vint aussi au milieu d'eux se pr&#233;senter devant l'&#201;ternel. L'&#201;ternel dit &#224; Satan : D'o&#249; viens-tu ? Et Satan r&#233;pondit &#224; l'&#201;ternel : De parcourir la terre et de m'y promener. L'&#201;ternel dit &#224; Satan : As-tu remarqu&#233; mon serviteur Job ? Il n'y a personne comme lui sur la terre ; c'est un homme int&#232;gre et droit, craignant Dieu, et se d&#233;tournant du mal. Il demeure ferme dans son int&#233;grit&#233;, et tu m'excites &#224; le perdre sans motif. Et Satan r&#233;pondit &#224; l'&#201;ternel : Peau pour peau ! tout ce que poss&#232;de un homme, il le donne pour sa vie. Mais &#233;tends ta main, touche &#224; ses os et &#224; sa chair, et je suis s&#251;r qu'il te maudit en face. L'&#201;ternel dit &#224; Satan : Voici, je te le livre : seulement, &#233;pargne sa vie. Et Satan se retira de devant la face de l'&#201;ternel. Puis il frappa Job d'un ulc&#232;re malin, depuis la plante du pied jusqu'au sommet de la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Job prit un tesson pour se gratter et s'assit sur la cendre. Sa femme lui dit : Tu demeures ferme dans ton int&#233;grit&#233; ! Maudis Dieu, et meurs ! Mais Job lui r&#233;pondit : Tu parles comme une femme insens&#233;e. Quoi ! nous recevons de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ! En tout cela Job ne p&#233;cha point par ses l&#232;vres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois amis de Job, &#201;liphaz de Th&#233;man, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama, apprirent tous les malheurs qui lui &#233;taient arriv&#233;s. Ils se concert&#232;rent et partirent de chez eux pour aller le plaindre et le consoler ! Ayant de loin port&#233; les regards sur lui, ils ne le reconnurent pas, et ils &#233;lev&#232;rent la voix et pleur&#232;rent. Ils d&#233;chir&#232;rent leurs manteaux, et ils jet&#232;rent de la poussi&#232;re en l'air au-dessus de leur t&#234;te. Et ils se tinrent assis &#224; terre aupr&#232;s de lui sept jours et sept nuits, sans lui dire une parole, car ils voyaient combien sa douleur &#233;tait grande.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 3&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela, Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance. Il prit la parole et dit : P&#233;risse le jour o&#249; je suis n&#233;, et la nuit qui dit : Un enfant m&#226;le est con&#231;u ! Ce jour ! qu'il se change en t&#233;n&#232;bres, que Dieu n'en ait point souci dans le ciel, et que la lumi&#232;re ne rayonne plus sur lui ! Que l'obscurit&#233; et l'ombre de la mort s'en emparent, que des nu&#233;es &#233;tablissent leur demeure au-dessus de lui, et que de noirs ph&#233;nom&#232;nes l'&#233;pouvantent ! Cette nuit ! que les t&#233;n&#232;bres en fassent leur proie, qu'elle disparaisse de l'ann&#233;e, qu'elle ne soit plus compt&#233;e parmi les mois ! Que cette nuit devienne st&#233;rile, que l'all&#233;gresse en soit bannie ! Qu'elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, par ceux qui savent exciter le l&#233;viathan ! Que les &#233;toiles de son cr&#233;puscule s'obscurcissent, qu'elle attende en vain la lumi&#232;re, et qu'elle ne voie point les paupi&#232;res de l'aurore ! Car elle n'a pas ferm&#233; le sein qui me con&#231;ut, ni d&#233;rob&#233; la souffrance &#224; mes regards. Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma m&#232;re ? Pourquoi n'ai-je pas expir&#233; au sortir de ses entrailles ? Pourquoi ai-je trouv&#233; des genoux pour me recevoir, et des mamelles pour m'allaiter ? Je serais couch&#233; maintenant, je serais tranquille, je dormirais, je reposerais, avec les rois et les grands de la terre, qui se b&#226;tirent des mausol&#233;es, avec les princes qui avaient de l'or, et qui remplirent d'argent leurs demeures. Ou je n'existerais pas, je serais comme un avorton cach&#233;, comme des enfants qui n'ont pas vu la lumi&#232;re. L&#224; ne s'agitent plus les m&#233;chants, et l&#224; se reposent ceux qui sont fatigu&#233;s et sans force ; Les captifs sont tous en paix, ils n'entendent pas la voix de l'oppresseur ; Le petit et le grand sont l&#224;, et l'esclave n'est plus soumis &#224; son ma&#238;tre. Pourquoi donne-t-il la lumi&#232;re &#224; celui qui souffre, et la vie &#224; ceux qui ont l'amertume dans l'&#226;me, qui esp&#232;rent en vain la mort, et qui la convoitent plus qu'un tr&#233;sor, qui seraient transport&#233;s de joie et saisis d'all&#233;gresse, s'ils trouvaient le tombeau ? &#192; l'homme qui ne sait o&#249; aller, et que Dieu cerne de toutes parts ? Mes soupirs sont ma nourriture, et mes cris se r&#233;pandent comme l'eau. Ce que je crains, c'est ce qui m'arrive ; Ce que je redoute, c'est ce qui m'atteint. Je n'ai ni tranquillit&#233;, ni paix, ni repos, et le trouble s'est empar&#233; de moi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 4&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;liphaz de Th&#233;man prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous osons ouvrir la bouche, en seras-tu pein&#233; ? Mais qui pourrait garder le silence ? Voici, tu as souvent enseign&#233; les autres, tu as fortifi&#233; les mains languissantes, tes paroles ont relev&#233; ceux qui chancelaient, tu as affermi les genoux qui pliaient. Et maintenant qu'il s'agit de toi, tu faiblis ! Maintenant que tu es atteint, tu te troubles ! Ta crainte de Dieu n'est-elle pas ton soutien ? Ton esp&#233;rance, n'est-ce pas ton int&#233;grit&#233; ? Cherche dans ton souvenir : quel est l'innocent qui a p&#233;ri ? Quels sont les justes qui ont &#233;t&#233; extermin&#233;s ? Pour moi, je l'ai vu, ceux qui labourent l'iniquit&#233; et qui s&#232;ment l'injustice en moissonnent les fruits ; ils p&#233;rissent par le souffle de Dieu, ils sont consum&#233;s par le vent de sa col&#232;re, le rugissement des lions prend fin, les dents des lionceaux sont bris&#233;es ; le lion p&#233;rit faute de proie, et les petits de la lionne se dispersent. Une parole est arriv&#233;e furtivement jusqu'&#224; moi, et mon oreille en a recueilli les sons l&#233;gers. Au moment o&#249; les visions de la nuit agitent la pens&#233;e, quand les hommes sont livr&#233;s &#224; un profond sommeil, je fus saisi de frayeur et d'&#233;pouvante, et tous mes os trembl&#232;rent. Un esprit passa pr&#232;s de moi... Tous mes cheveux se h&#233;riss&#232;rent... Une figure d'un aspect inconnu &#233;tait devant mes yeux, et j'entendis une voix qui murmurait doucement : L'homme serait-il juste devant Dieu ? Serait-il pur devant celui qui l'a fait ? Si Dieu n'a pas confiance en ses serviteurs, s'il trouve de la folie chez ses anges, combien plus chez ceux qui habitent des maisons d'argile, qui tirent leur origine de la poussi&#232;re, et qui peuvent &#234;tre &#233;cras&#233;s comme un vermisseau ! Du matin au soir ils sont bris&#233;s, ils p&#233;rissent pour toujours, et nul n'y prend garde ; le fil de leur vie est coup&#233;, ils meurent, et ils n'ont pas acquis la sagesse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 5&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Crie maintenant ! Qui te r&#233;pondra ? Auquel des saints t'adresseras-tu ? L'insens&#233; p&#233;rit dans sa col&#232;re, le fou meurt dans ses emportements. J'ai vu l'insens&#233; prendre racine ; puis soudain j'ai maudit sa demeure. Plus de prosp&#233;rit&#233; pour ses fils ; ils sont foul&#233;s &#224; la porte, et personne qui les d&#233;livre ! Sa moisson est d&#233;vor&#233;e par des affam&#233;s, qui viennent l'enlever jusque dans les &#233;pines, et ses biens sont engloutis par des hommes alt&#233;r&#233;s. Le malheur ne sort pas de la poussi&#232;re, et la souffrance ne germe pas du sol ; L'homme na&#238;t pour souffrir, comme l'&#233;tincelle pour voler. Pour moi, j'aurais recours &#224; Dieu, et c'est &#224; Dieu que j'exposerais ma cause. Il fait des choses grandes et insondables, des merveilles sans nombre ; Il r&#233;pand la pluie sur la terre, et envoie l'eau sur les campagnes ; Il rel&#232;ve les humbles, et d&#233;livre les afflig&#233;s ; Il an&#233;antit les projets des hommes rus&#233;s, et leurs mains ne peuvent les accomplir ; Il prend les sages dans leur propre ruse, et les desseins des hommes artificieux sont renvers&#233;s : Ils rencontrent les t&#233;n&#232;bres au milieu du jour, ils t&#226;tonnent en plein midi comme dans la nuit. Ainsi Dieu prot&#232;ge le faible contre leurs menaces, et le sauve de la main des puissants ; Et l'esp&#233;rance soutient le malheureux, mais l'iniquit&#233; ferme la bouche. Heureux l'homme que Dieu ch&#226;tie ! Ne m&#233;prise pas la correction du Tout Puissant. Il fait la plaie, et il la bande ; il blesse, et sa main gu&#233;rit. Six fois il te d&#233;livrera de l'angoisse, et sept fois le mal ne t'atteindra pas. Il te sauvera de la mort pendant la famine, et des coups du glaive pendant la guerre. Tu seras &#224; l'abri du fl&#233;au de la langue, tu seras sans crainte quand viendra la d&#233;vastation. Tu te riras de la d&#233;vastation comme de la famine, et tu n'auras pas &#224; redouter les b&#234;tes de la terre ; car tu feras alliance avec les pierres des champs, et les b&#234;tes de la terre seront en paix avec toi. Tu jouiras du bonheur sous ta tente, tu retrouveras tes troupeaux au complet, tu verras ta post&#233;rit&#233; s'accro&#238;tre, et tes rejetons se multiplier comme l'herbe des champs. Tu entreras au s&#233;pulcre dans la vieillesse, comme on emporte une gerbe en son temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; ce que nous avons reconnu, voil&#224; ce qui est ; &#224; toi d'entendre et de mettre &#224; profit.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 6&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Job prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Oh ! s'il &#233;tait possible de peser ma douleur, et si toutes mes calamit&#233;s &#233;taient sur la balance, elles seraient plus pesantes que le sable de la mer ; voil&#224; pourquoi mes paroles vont jusqu'&#224; la folie ! Car les fl&#232;ches du Tout Puissant m'ont perc&#233;, et mon &#226;me en suce le venin ; les terreurs de Dieu se rangent en bataille contre moi. L'&#226;ne sauvage crie-t-il aupr&#232;s de l'herbe tendre ? Le b&#339;uf mugit-il aupr&#232;s de son fourrage ? Peut-on manger ce qui est fade et sans sel ? Y a-t-il de la saveur dans le blanc d'un &#339;uf ? Ce que je voudrais ne pas toucher, c'est l&#224; ma nourriture, si d&#233;go&#251;tante soit-elle ! Puisse mon v&#339;u s'accomplir, et Dieu veuille r&#233;aliser mon esp&#233;rance ! Qu'il plaise &#224; Dieu de m'&#233;craser, qu'il &#233;tende sa main et qu'il m'ach&#232;ve ! Il me restera du moins une consolation, une joie dans les maux dont il m'accable : Jamais je n'ai transgress&#233; les ordres du Saint. Pourquoi esp&#233;rer quand je n'ai plus de force ? Pourquoi attendre quand ma fin est certaine ? Ma force est-elle une force de pierre ? Mon corps est-il d'airain ? Ne suis-je pas sans ressource, et le salut n'est-il pas loin de moi ? Celui qui souffre a droit &#224; la compassion de son ami, m&#234;me quand il abandonnerait la crainte du Tout Puissant. Mes fr&#232;res sont perfides comme un torrent, comme le lit des torrents qui disparaissent. Les gla&#231;ons en troublent le cours, la neige s'y pr&#233;cipite ; viennent les chaleurs, et ils tarissent, les feux du soleil, et leur lit demeure &#224; sec. Les caravanes se d&#233;tournent de leur chemin, s'enfoncent dans le d&#233;sert, et p&#233;rissent. Les caravanes de Th&#233;ma fixent le regard, les voyageurs de S&#233;ba sont pleins d'espoir ; Ils sont honteux d'avoir eu confiance, ils restent confondus quand ils arrivent. Ainsi, vous &#234;tes comme si vous n'existiez pas ; vous voyez mon angoisse, et vous en avez horreur ! Vous ai-je dit : Donnez-moi quelque chose, faites en ma faveur des pr&#233;sents avec vos biens, D&#233;livrez-moi de la main de l'ennemi, rachetez-moi de la main des m&#233;chants ? Instruisez-moi, et je me tairai ; faites-moi comprendre en quoi j'ai p&#233;ch&#233;. Que les paroles vraies sont persuasives ! Mais que prouvent vos remontrances ? Voulez-vous donc bl&#226;mer ce que j'ai dit, et ne voir que du vent dans les discours d'un d&#233;sesp&#233;r&#233; ? Vous accablez un orphelin, vous pers&#233;cutez votre ami. Regardez-moi, je vous prie ! Vous mentirais-je en face ? Revenez, ne soyez pas injustes ; Revenez, et reconnaissez mon innocence. Y a-t-il de l'iniquit&#233; sur ma langue, et ma bouche ne discerne-t-elle pas le mal ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 7&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le sort de l'homme sur la terre est celui d'un soldat, et ses jours sont ceux d'un mercenaire. Comme l'esclave soupire apr&#232;s l'ombre, comme l'ouvrier attend son salaire, ainsi j'ai pour partage des mois de douleur, j'ai pour mon lot des nuits de souffrance. Je me couche, et je dis : Quand me l&#232;verai-je ? Quand finira la nuit ? Et je suis rassasi&#233; d'agitations jusqu'au point du jour. Mon corps se couvre de vers et d'une cro&#251;te terreuse, ma peau se crevasse et se dissout. Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s'&#233;vanouissent : plus d'esp&#233;rance ! Souviens-toi que ma vie est un souffle ! Mes yeux ne reverront pas le bonheur. L'oeil qui me regarde ne me regardera plus ; ton oeil me cherchera, et je ne serai plus. Comme la nu&#233;e se dissipe et s'en va, celui qui descend au s&#233;jour des morts ne remontera pas ; il ne reviendra plus dans sa maison, et le lieu qu'il habitait ne le conna&#238;tra plus. C'est pourquoi je ne retiendrai point ma bouche, je parlerai dans l'angoisse de mon c&#339;ur, je me plaindrai dans l'amertume de mon &#226;me. Suis-je une mer, ou un monstre marin, pour que tu &#233;tablisses des gardes autour de moi ? Quand je dis : Mon lit me soulagera, ma couche calmera mes douleurs, c'est alors que tu m'effraies par des songes, que tu m'&#233;pouvantes par des visions. Ah ! je voudrais &#234;tre &#233;trangl&#233; ! Je voudrais la mort plut&#244;t que ces os ! Je les m&#233;prise !... je ne vivrai pas toujours... Laisse-moi, car ma vie n'est qu'un souffle. Qu'est-ce que l'homme, pour que tu en fasses tant de cas, pour que tu daignes prendre garde &#224; lui, pour que tu le visites tous les matins, pour que tu l'&#233;prouves &#224; tous les instants ? Quand cesseras-tu d'avoir le regard sur moi ? Quand me laisseras-tu le temps d'avaler ma salive ? Si j'ai p&#233;ch&#233;, qu'ai-je pu te faire, gardien des hommes ? Pourquoi me mettre en butte &#224; tes traits ? Pourquoi me rendre &#224; charge &#224; moi-m&#234;me ? Que ne pardonnes-tu mon p&#233;ch&#233;, et que n'oublies-tu mon iniquit&#233; ? Car je vais me coucher dans la poussi&#232;re ; tu me chercheras, et je ne serai plus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 8&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bildad de Schuach prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; quand veux-tu discourir de la sorte, et les paroles de ta bouche seront-elles un vent imp&#233;tueux ? Dieu renverserait-il le droit ? Le Tout Puissant renverserait-il la justice ? Si tes fils ont p&#233;ch&#233; contre lui, il les a livr&#233;s &#224; leur p&#233;ch&#233;. Mais toi, si tu as recours &#224; Dieu, si tu implores le Tout Puissant ; si tu es juste et droit, certainement alors il veillera sur toi, et rendra le bonheur &#224; ton innocente demeure ; ton ancienne prosp&#233;rit&#233; semblera peu de chose, celle qui t'est r&#233;serv&#233;e sera bien plus grande. Interroge ceux des g&#233;n&#233;rations pass&#233;es, sois attentif &#224; l'exp&#233;rience de leurs p&#232;res. Car nous sommes d'hier, et nous ne savons rien, nos jours sur la terre ne sont qu'une ombre. Ils t'instruiront, ils te parleront, ils tireront de leur c&#339;ur ces sentences : Le jonc cro&#238;t-il sans marais ? Le roseau cro&#238;t-il sans humidit&#233; ? Encore vert et sans qu'on le coupe, il s&#232;che plus vite que toutes les herbes. Ainsi arrive-t-il &#224; tous ceux qui oublient Dieu, et l'esp&#233;rance de l'impie p&#233;rira. Son assurance est bris&#233;e, son soutien est une toile d'araign&#233;e. Il s'appuie sur sa maison, et elle n'est pas ferme ; il s'y cramponne, et elle ne r&#233;siste pas. Dans toute sa vigueur, en plein soleil, il &#233;tend ses rameaux sur son jardin, il entrelace ses racines parmi les pierres, il p&#233;n&#232;tre jusque dans les murailles ; l'arrache-t-on du lieu qu'il occupe, ce lieu le renie : Je ne t'ai point connu ! Telles sont les d&#233;lices que ses voies lui procurent. Puis sur le m&#234;me sol d'autres s'&#233;l&#232;vent apr&#232;s lui. Non, Dieu ne rejette point l'homme int&#232;gre, et il ne prot&#232;ge point les m&#233;chants. Il remplira ta bouche de cris de joie, et tes l&#232;vres de chants d'all&#233;gresse. Tes ennemis seront couverts de honte ; la tente des m&#233;chants dispara&#238;tra.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Job 9&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Job prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais bien qu'il en est ainsi ; comment l'homme serait-il juste devant Dieu ? S'il voulait contester avec lui, sur mille choses il ne pourrait r&#233;pondre &#224; une seule. &#192; lui la sagesse et la toute-puissance : Qui lui r&#233;sisterait impun&#233;ment ? Il transporte soudain les montagnes, il les renverse dans sa col&#232;re. Il secoue la terre sur sa base, et ses colonnes sont &#233;branl&#233;es. Il commande au soleil, et le soleil ne para&#238;t pas ; il met un sceau sur les &#233;toiles. Seul, il &#233;tend les cieux, il marche sur les hauteurs de la mer. Il a cr&#233;&#233; la Grande Ourse, l'Orion et les Pl&#233;iades, et les &#233;toiles des r&#233;gions australes. Il fait des choses grandes et insondables, des merveilles sans nombre. Voici, il passe pr&#232;s de moi, et je ne le vois pas, il s'en va, et je ne l'aper&#231;ois pas. S'il enl&#232;ve, qui s'y opposera ? Qui lui dira : Que fais-tu ? Dieu ne retire point sa col&#232;re ; sous lui s'inclinent les appuis de l'orgueil. Et moi, comment lui r&#233;pondre ? Quelles paroles choisir ? Quand je serais juste, je ne r&#233;pondrais pas ; je ne puis qu'implorer mon juge. Et quand il m'exaucerait, si je l'invoque, je ne croirais pas qu'il e&#251;t &#233;cout&#233; ma voix, lui qui m'assaille comme par une temp&#234;te, qui multiplie sans raison mes blessures, qui ne me laisse pas respirer, qui me rassasie d'amertume. Recourir &#224; la force ? Il est Tout Puissant. &#192; la justice ? Qui me fera compara&#238;tre ? Suis-je juste, ma bouche me condamnera ; suis-je innocent, il me d&#233;clarera coupable. Innocent ! Je le suis ; mais je ne tiens pas &#224; la vie, je m&#233;prise mon existence. Qu'importe apr&#232;s tout ? Car, j'ose le dire, Il d&#233;truit l'innocent comme le coupable. Si du moins le fl&#233;au donnait soudain la mort !... Mais il se rit des &#233;preuves de l'innocent. La terre est livr&#233;e aux mains de l'impie ; il voile la face des juges. Si ce n'est pas lui, qui est-ce donc ? Mes jours sont plus rapides qu'un courrier ; ils fuient sans avoir vu le bonheur ; ils passent comme les navires de jonc, comme l'aigle qui fond sur sa proie. Si je dis : Je veux oublier mes souffrances, laisser ma tristesse, reprendre courage, je suis effray&#233; de toutes mes douleurs. Je sais que tu ne me tiendras pas pour innocent. Je serai jug&#233; coupable ; pourquoi me fatiguer en vain ? Quand je me laverais dans la neige, quand je purifierais mes mains avec du savon, tu me plongerais dans la fange, et mes v&#234;tements m'auraient en horreur. Il n'est pas un homme comme moi, pour que je lui r&#233;ponde, pour que nous allions ensemble en justice. Il n'y a pas entre nous d'arbitre, qui pose sa main sur nous deux. Qu'il retire sa verge de dessus moi, que ses terreurs ne me troublent plus ; alors je parlerai et je ne le craindrai pas. Autrement, je ne suis point &#224; moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 10&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mon &#226;me est d&#233;go&#251;t&#233;e de la vie ! Je donnerai cours &#224; ma plainte, je parlerai dans l'amertume de mon &#226;me. Je dis &#224; Dieu : Ne me condamne pas ! Fais-moi savoir pourquoi tu me prends &#224; partie ! Te para&#238;t-il bien de maltraiter, de repousser l'ouvrage de tes mains, et de faire briller ta faveur sur le conseil des m&#233;chants ? As-tu des yeux de chair, vois-tu comme voit un homme ? Tes jours sont-ils comme les jours de l'homme, et tes ann&#233;es comme ses ann&#233;es, Pour que tu recherches mon iniquit&#233;, pour que tu t'enqui&#232;res de mon p&#233;ch&#233;, sachant bien que je ne suis pas coupable, et que nul ne peut me d&#233;livrer de ta main ? Tes mains m'ont form&#233;, elles m'ont cr&#233;&#233;, elles m'ont fait tout entier... Et tu me d&#233;truirais ! Souviens-toi que tu m'as fa&#231;onn&#233; comme de l'argile ; voudrais-tu de nouveau me r&#233;duire en poussi&#232;re ? Ne m'as-tu pas coul&#233; comme du lait ? Ne m'as-tu pas caill&#233; comme du fromage ? Tu m'as rev&#234;tu de peau et de chair, tu m'as tiss&#233; d'os et de nerfs ; tu m'as accord&#233; ta gr&#226;ce avec la vie, tu m'as conserv&#233; par tes soins et sous ta garde. Voici n&#233;anmoins ce que tu cachais dans ton c&#339;ur, voici, je le sais, ce que tu as r&#233;solu en toi-m&#234;me. Si je p&#232;che, tu m'observes, tu ne pardonnes pas mon iniquit&#233;. Suis-je coupable, malheur &#224; moi ! Suis-je innocent, je n'ose lever la t&#234;te, rassasi&#233; de honte et absorb&#233; dans ma mis&#232;re. Et si j'ose la lever, tu me poursuis comme un lion, tu me frappes encore par des prodiges. Tu m'opposes de nouveaux t&#233;moins, tu multiplies tes fureurs contre moi, tu m'assailles d'une succession de calamit&#233;s. Pourquoi m'as-tu fait sortir du sein de ma m&#232;re ? Je serais mort, et aucun oeil ne m'aurait vu ; Je serais comme si je n'eusse pas exist&#233;, et j'aurais pass&#233; du ventre de ma m&#232;re au s&#233;pulcre. Mes jours ne sont-ils pas en petit nombre ? Qu'il me laisse, qu'il se retire de moi, et que je respire un peu, avant que je m'en aille, pour ne plus revenir, dans le pays des t&#233;n&#232;bres et de l'ombre de la mort, pays d'une obscurit&#233; profonde, o&#249; r&#232;gnent l'ombre de la mort et la confusion, et o&#249; la lumi&#232;re est semblable aux t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 11&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tsophar de Naama prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette multitude de paroles ne trouvera-t-elle point de r&#233;ponse, et suffira-t-il d'&#234;tre un discoureur pour avoir raison ? Tes vains propos feront-ils taire les gens ? Te moqueras-tu, sans que personne te confonde ? Tu dis : Ma mani&#232;re de voir est juste, et je suis pur &#224; tes yeux. Oh ! si Dieu voulait parler, s'il ouvrait les l&#232;vres pour te r&#233;pondre, et s'il te r&#233;v&#233;lait les secrets de sa sagesse, de son immense sagesse, tu verrais alors qu'il ne te traite pas selon ton iniquit&#233;. Pr&#233;tends-tu sonder les pens&#233;es de Dieu, parvenir &#224; la connaissance parfaite du Tout Puissant ? Elle est aussi haute que les cieux : que feras-tu ? Plus profonde que le s&#233;jour des morts : que sauras-tu ? La mesure en est plus longue que la terre, elle est plus large que la mer. S'il passe, s'il saisit, s'il tra&#238;ne &#224; son tribunal, qui s'y opposera ? Car il conna&#238;t les vicieux, il voit facilement les coupables. L'homme, au contraire, a l'intelligence d'un fou, il est n&#233; comme le petit d'un &#226;ne sauvage. Pour toi, dirige ton c&#339;ur vers Dieu, etends vers lui tes mains, &#233;loigne-toi de l'iniquit&#233;, et ne laisse pas habiter l'injustice sous ta tente. Alors tu l&#232;veras ton front sans tache, tu seras ferme et sans crainte ; Tu oublieras tes souffrances, tu t'en souviendras comme des eaux &#233;coul&#233;es. Tes jours auront plus d'&#233;clat que le soleil &#224; son midi, tes t&#233;n&#232;bres seront comme la lumi&#232;re du matin, tu seras plein de confiance, et ton attente ne sera plus vaine ; tu regarderas autour de toi, et tu reposeras en s&#251;ret&#233;. Tu te coucheras sans que personne ne trouble, et plusieurs caresseront ton visage. Mais les yeux des m&#233;chants seront consum&#233;s ; pour eux point de refuge ; la mort, voil&#224; leur esp&#233;rance !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 12&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Job prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
On dirait, en v&#233;rit&#233;, que le genre humain c'est vous, et qu'avec vous doit mourir la sagesse. J'ai tout aussi bien que vous de l'intelligence, moi, je ne vous suis point inf&#233;rieur ; et qui ne sait les choses que vous dites ? Je suis pour mes amis un objet de raillerie, quand j'implore le secours de Dieu ; le juste, l'innocent, un objet de raillerie ! Au malheur le m&#233;pris ! c'est la devise des heureux ; &#224; celui dont le pied chancelle est r&#233;serv&#233; le m&#233;pris. Il y a paix sous la tente des pillards, s&#233;curit&#233; pour ceux qui offensent Dieu, pour quiconque se fait un dieu de sa force. Interroge les b&#234;tes, elles t'instruiront, les oiseaux du ciel, ils te l'apprendront ; parle &#224; la terre, elle t'instruira ; et les poissons de la mer te le raconteront. Qui ne reconna&#238;t chez eux la preuve que la main de l'&#201;ternel a fait toutes choses ? Il tient dans sa main l'&#226;me de tout ce qui vit, le souffle de toute chair d'homme. L'oreille ne discerne-t-elle pas les paroles, comme le palais savoure les aliments ? Dans les vieillards se trouve la sagesse, et dans une longue vie l'intelligence. En Dieu r&#233;sident la sagesse et la puissance. Le conseil et l'intelligence lui appartiennent. Ce qu'il renverse ne sera point reb&#226;ti, celui qu'il enferme ne sera point d&#233;livr&#233;. Il retient les eaux et tout se dess&#232;che ; il les l&#226;che, et la terre en est d&#233;vast&#233;e. Il poss&#232;de la force et la prudence ; il ma&#238;trise celui qui s'&#233;gare ou fait &#233;garer les autres. Il emm&#232;ne captifs les conseillers ; il trouble la raison des juges. Il d&#233;lie la ceinture des rois, il met une corde autour de leurs reins. Il emm&#232;ne captifs les sacrificateurs ; il fait tomber les puissants. Il &#244;te la parole &#224; ceux qui ont de l'assurance ; il prive de jugement les vieillards. Il verse le m&#233;pris sur les grands ; il rel&#226;che la ceinture des forts. Il met &#224; d&#233;couvert ce qui est cach&#233; dans les t&#233;n&#232;bres, il produit &#224; la lumi&#232;re l'ombre de la mort. Il donne de l'accroissement aux nations, et il les an&#233;antit ; il les &#233;tend au loin, et il les ram&#232;ne dans leurs limites. Il enl&#232;ve l'intelligence aux chefs des peuples, il les fait errer dans les d&#233;serts sans chemin ; ils t&#226;tonnent dans les t&#233;n&#232;bres, et ne voient pas clair ; il les fait errer comme des gens ivres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 13&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici, mon oeil a vu tout cela, mon oreille l'a entendu et y a pris garde. Ce que vous savez, je le sais aussi, je ne vous suis point inf&#233;rieur. Mais je veux parler au Tout Puissant, je veux plaider ma cause devant Dieu ; Car vous, vous n'imaginez que des fausset&#233;s, vous &#234;tes tous des m&#233;decins de n&#233;ant. Que n'avez-vous gard&#233; le silence ? Vous auriez pass&#233; pour avoir de la sagesse. &#201;coutez, je vous prie, ma d&#233;fense, et soyez attentifs &#224; la r&#233;plique de mes l&#232;vres. Direz-vous en faveur de Dieu ce qui est injuste, et pour le soutenir all&#233;guerez-vous des fausset&#233;s ? Voulez-vous avoir &#233;gard &#224; sa personne ? Voulez-vous plaider pour Dieu ? S'il vous sonde, vous approuvera-t-il ? Ou le tromperez-vous comme on trompe un homme ? Certainement il vous condamnera, si vous n'agissez en secret que par &#233;gard pour sa personne. Sa majest&#233; ne vous &#233;pouvantera-t-elle pas ? Sa terreur ne tombera-t-elle pas sur vous ? Vos sentences sont des sentences de cendre, vos retranchements sont des retranchements de boue. Taisez-vous, laissez-moi, je veux parler ! Il m'en arrivera ce qu'il pourra. Pourquoi saisirais-je ma chair entre les dents ? J'exposerai plut&#244;t ma vie. Voici, il me tuera ; je n'ai rien &#224; esp&#233;rer ; mais devant lui je d&#233;fendrai ma conduite. Cela m&#234;me peut servir &#224; mon salut, car un impie n'ose para&#238;tre en sa pr&#233;sence. &#201;coutez, &#233;coutez mes paroles, pr&#234;tez l'oreille &#224; ce que je vais dire. Me voici pr&#234;t &#224; plaider ma cause ; je sais que j'ai raison. Quelqu'un disputera-t-il contre moi ? Alors je me tais, et je veux mourir. Seulement, accorde-moi deux choses et je ne me cacherai pas de loin de ta face : Retire ta main de dessus moi, et que tes terreurs ne me troublent plus. Puis appelle, et je r&#233;pondrai, ou si je parle, r&#233;ponds-moi ! Quel est le nombre de mes iniquit&#233;s et de mes p&#233;ch&#233;s ? Fais-moi conna&#238;tre mes transgressions et mes p&#233;ch&#233;s. Pourquoi caches-tu ton visage, et me prends-tu pour ton ennemi ? Veux-tu frapper une feuille agit&#233;e ? Veux-tu poursuivre une paille dess&#233;ch&#233;e ? Pourquoi m'infliger d'am&#232;res souffrances, me punir pour des fautes de jeunesse ? Pourquoi mettre mes pieds dans les ceps, surveiller tous mes mouvements, tracer une limite &#224; mes pas, Quand mon corps tombe en pourriture, comme un v&#234;tement que d&#233;vore la teigne ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 14&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'homme n&#233; de la femme ! Sa vie est courte, sans cesse agit&#233;e. Il na&#238;t, il est coup&#233; comme une fleur ; il fuit et dispara&#238;t comme une ombre. Et c'est sur lui que tu as l'oeil ouvert ! Et tu me fais aller en justice avec toi ! Comment d'un &#234;tre souill&#233; sortira-t-il un homme pur ? Il n'en peut sortir aucun. Si ses jours sont fix&#233;s, si tu as compt&#233; ses mois, si tu en as marqu&#233; le terme qu'il ne saurait franchir, D&#233;tourne de lui les regards, et donne-lui du rel&#226;che, pour qu'il ait au moins la joie du mercenaire &#224; la fin de sa journ&#233;e. Un arbre a de l'esp&#233;rance : Quand on le coupe, il repousse, il produit encore des rejetons ; quand sa racine a vieilli dans la terre, quand son tronc meurt dans la poussi&#232;re, il reverdit &#224; l'approche de l'eau, il pousse des branches comme une jeune plante. Mais l'homme meurt, et il perd sa force ; L'homme expire, et o&#249; est-il ? Les eaux des lacs s'&#233;vanouissent, les fleuves tarissent et se dess&#232;chent ; Ainsi l'homme se couche et ne se rel&#232;vera plus, il ne se r&#233;veillera pas tant que les cieux subsisteront, il ne sortira pas de son sommeil. Oh ! si tu voulais me cacher dans le s&#233;jour des morts, m'y tenir &#224; couvert jusqu'&#224; ce que ta col&#232;re f&#251;t pass&#233;e, et me fixer un terme auquel tu te souviendras de moi ! Si l'homme une fois mort pouvait revivre, j'aurais de l'espoir tout le temps de mes souffrances, jusqu'&#224; ce que mon &#233;tat v&#238;nt &#224; changer. Tu appellerais alors, et je te r&#233;pondrais, tu languirais apr&#232;s l'ouvrage de tes mains. Mais aujourd'hui tu comptes mes pas, tu as l'oeil sur mes p&#233;ch&#233;s ; Mes transgressions sont scell&#233;es en un faisceau, et tu imagines des iniquit&#233;s &#224; ma charge. La montagne s'&#233;croule et p&#233;rit, le rocher dispara&#238;t de sa place, la pierre est broy&#233;e par les eaux, et la terre emport&#233;e par leur courant ; ainsi tu d&#233;truis l'esp&#233;rance de l'homme. Tu es sans cesse &#224; l'assaillir, et il s'en va ; tu le d&#233;figures, puis tu le renvoies. Que ses fils soient honor&#233;s, il n'en sait rien ; qu'ils soient dans l'abaissement, il l'ignore. C'est pour lui seul qu'il &#233;prouve de la douleur en son corps, c'est pour lui seul qu'il ressent de la tristesse en son &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 15&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;liphaz de Th&#233;man prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sage r&#233;pond-il par un vain savoir ? Se gonfle-t-il la poitrine du vent d'orient ? Est-ce par d'inutiles propos qu'il se d&#233;fend ? Est-ce par des discours qui ne servent &#224; rien ? Toi, tu d&#233;truis m&#234;me la crainte de Dieu, tu an&#233;antis tout mouvement de pi&#233;t&#233; devant Dieu. Ton iniquit&#233; dirige ta bouche, et tu prends le langage des hommes rus&#233;s. Ce n'est pas moi, c'est ta bouche qui te condamne. Ce sont tes l&#232;vres qui d&#233;posent contre toi. Es-tu n&#233; le premier des hommes ? As-tu &#233;t&#233; enfant&#233; avant les collines ? As-tu re&#231;u les confidences de Dieu ? As-tu d&#233;rob&#233; la sagesse &#224; ton profit ? Que sais-tu que nous ne sachions pas ? Quelle connaissance as-tu que nous n'ayons pas ? Il y a parmi nous des cheveux blancs, des vieillards, plus riches de jours que ton p&#232;re. Tiens-tu pour peu de chose les consolations de Dieu, et les paroles qui doucement se font entendre &#224; toi ?... O&#249; ton c&#339;ur t'entra&#238;ne-t-il, et que signifie ce roulement de tes yeux ? Quoi ! c'est contre Dieu que tu tournes ta col&#232;re et que ta bouche exhale de pareils discours ! Qu'est-ce que l'homme, pour qu'il soit pur ? Celui qui est n&#233; de la femme peut-il &#234;tre juste ? Si Dieu n'a pas confiance en ses saints, si les cieux ne sont pas purs devant lui, Combien moins l'&#234;tre abominable et pervers, l'homme qui boit l'iniquit&#233; comme l'eau ! Je vais te parler, &#233;coute-moi ! Je raconterai ce que j'ai vu, ce que les sages ont fait conna&#238;tre, ce qu'ils ont r&#233;v&#233;l&#233;, l'ayant appris de leurs p&#232;res. &#192; eux seuls appartenait le pays, et parmi eux nul &#233;tranger n'&#233;tait encore venu. Le m&#233;chant passe dans l'angoisse tous les jours de sa vie, toutes les ann&#233;es qui sont le partage de l'impie. La voix de la terreur retentit &#224; ses oreilles ; au sein de la paix, le d&#233;vastateur va fondre sur lui ; il n'esp&#232;re pas &#233;chapper aux t&#233;n&#232;bres, il voit l'&#233;p&#233;e qui le menace ; il court &#231;&#224; et l&#224; pour chercher du pain, il sait que le jour des t&#233;n&#232;bres l'attend. La d&#233;tresse et l'angoisse l'&#233;pouvantent, elles l'assaillent comme un roi pr&#234;t &#224; combattre ; Car il a lev&#233; la main contre Dieu, il a brav&#233; le Tout Puissant, Il a eu l'audace de courir &#224; lui sous le dos &#233;pais de ses boucliers. Il avait le visage couvert de graisse, les flancs charg&#233;s d'embonpoint ; et il habite des villes d&#233;truites, des maisons abandonn&#233;es, sur le point de tomber en ruines. Il ne s'enrichira plus, sa fortune ne se rel&#232;vera pas, sa prosp&#233;rit&#233; ne s'&#233;tendra plus sur la terre. Il ne pourra se d&#233;rober aux t&#233;n&#232;bres, la flamme consumera ses rejetons, et Dieu le fera p&#233;rir par le souffle de sa bouche. S'il a confiance dans le mal, il se trompe, car le mal sera sa r&#233;compense. Elle arrivera avant le terme de ses jours, et son rameau ne verdira plus. Il sera comme une vigne d&#233;pouill&#233;e de ses fruits encore verts, comme un olivier dont on a fait tomber les fleurs. La maison de l'impie deviendra st&#233;rile, et le feu d&#233;vorera la tente de l'homme corrompu. Il con&#231;oit le mal et il enfante le mal, il m&#251;rit dans son sein des fruits qui le trompent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 16&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Job prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai souvent entendu pareilles choses ; vous &#234;tes tous des consolateurs f&#226;cheux. Quand finiront ces discours en l'air ? Pourquoi cette irritation dans tes r&#233;ponses ? Moi aussi, je pourrais parler comme vous, si vous &#233;tiez &#224; ma place : je vous accablerais de paroles, je secouerais sur vous la t&#234;te, je vous fortifierais de la bouche, je remuerais les l&#232;vres pour vous soulager. Si je parle, mes souffrances ne seront point calm&#233;es, si je me tais, en quoi seront-elles moindres ? Maintenant, h&#233;las ! il m'a &#233;puis&#233;... Tu as ravag&#233; toute ma maison ; Tu m'as saisi, pour t&#233;moigner contre moi ; ma maigreur se l&#232;ve, et m'accuse en face. Il me d&#233;chire et me poursuit dans sa fureur, il grince des dents contre moi, il m'attaque et me perce de son regard. Ils ouvrent la bouche pour me d&#233;vorer, ils m'insultent et me frappent les joues, ils s'acharnent tous apr&#232;s moi. Dieu me livre &#224; la merci des impies, il me pr&#233;cipite entre les mains des m&#233;chants. J'&#233;tais tranquille, et il m'a secou&#233;, il m'a saisi par la nuque et m'a bris&#233;, il a tir&#233; sur moi comme &#224; un but. Ses traits m'environnent de toutes parts ; il me perce les reins sans piti&#233;, il r&#233;pand ma bile sur la terre. Il me fait br&#232;che sur br&#232;che, il fond sur moi comme un guerrier. J'ai cousu un sac sur ma peau ; j'ai roul&#233; ma t&#234;te dans la poussi&#232;re. Les pleurs ont alt&#233;r&#233; mon visage ; l'ombre de la mort est sur mes paupi&#232;res. Je n'ai pourtant commis aucune violence, et ma pri&#232;re fut toujours pure. &#212; terre, ne couvre point mon sang, et que mes cris prennent librement leur essor ! D&#233;j&#224; maintenant, mon t&#233;moin est dans le ciel, mon t&#233;moin est dans les lieux &#233;lev&#233;s. Mes amis se jouent de moi ; c'est Dieu que j'implore avec larmes. Puisse-t-il donner &#224; l'homme raison contre Dieu, et au fils de l'homme contre ses amis ! Car le nombre de mes ann&#233;es touche &#224; son terme, et je m'en irai par un sentier d'o&#249; je ne reviendrai pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 17&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mon souffle se perd, mes jours s'&#233;teignent, le s&#233;pulcre m'attend. Je suis environn&#233; de moqueurs, et mon oeil doit contempler leurs insultes. Sois aupr&#232;s de toi-m&#234;me ma caution ; autrement, qui r&#233;pondrait pour moi ? Car tu as ferm&#233; leur c&#339;ur &#224; l'intelligence ; aussi ne les laisseras-tu pas triompher. On invite ses amis au partage du butin, et l'on a des enfants dont les yeux se consument. Il m'a rendu la fable des peuples, et ma personne est un objet de m&#233;pris. Mon oeil est obscurci par la douleur ; tous mes membres sont comme une ombre. Les hommes droits en sont stup&#233;faits, et l'innocent se soul&#232;ve contre l'impie. Le juste n&#233;anmoins demeure ferme dans sa voie, celui qui a les mains pures se fortifie de plus en plus. Mais vous tous, revenez &#224; vos m&#234;mes discours, et je ne trouverai pas un sage parmi vous. Quoi ! mes jours sont pass&#233;s, mes projets sont an&#233;antis, les projets qui remplissaient mon c&#339;ur... Et ils pr&#233;tendent que la nuit c'est le jour, que la lumi&#232;re est proche quand les t&#233;n&#232;bres sont l&#224; ! C'est le s&#233;jour des morts que j'attends pour demeure, c'est dans les t&#233;n&#232;bres que je dresserai ma couche ; Je crie &#224; la fosse : Tu es mon p&#232;re ! Et aux vers : Vous &#234;tes ma m&#232;re et ma s&#339;ur ! Mon esp&#233;rance, o&#249; donc est-elle ? Mon esp&#233;rance, qui peut la voir ? Elle descendra vers les portes du s&#233;jour des morts, quand nous irons ensemble reposer dans la poussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 18&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bildad de Schuach prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand mettrez-vous un terme &#224; ces discours ? Ayez de l'intelligence, puis nous parlerons. Pourquoi sommes-nous regard&#233;s comme des b&#234;tes ? Pourquoi ne sommes-nous &#224; vos yeux que des brutes ? &#212; toi qui te d&#233;chires dans ta fureur, faut-il, &#224; cause de toi, que la terre devienne d&#233;serte ? Faut-il que les rochers disparaissent de leur place ? La lumi&#232;re du m&#233;chant s'&#233;teindra, et la flamme qui en jaillit cessera de briller. La lumi&#232;re s'obscurcira sous sa tente, et sa lampe au-dessus de lui s'&#233;teindra. Ses pas assur&#233;s seront &#224; l'&#233;troit ; malgr&#233; ses efforts, il tombera. Car il met les pieds sur un filet, il marche dans les mailles, il est saisi au pi&#232;ge par le talon, et le filet s'empare de lui ; le cordeau est cach&#233; dans la terre, et la trappe est sur son sentier. Des terreurs l'assi&#232;gent, l'entourent, le poursuivent par derri&#232;re. La faim consume ses forces, la mis&#232;re est &#224; ses c&#244;t&#233;s. Les parties de sa peau sont l'une apr&#232;s l'autre d&#233;vor&#233;es, ses membres sont d&#233;vor&#233;s par le premier-n&#233; de la mort. Il est arrach&#233; de sa tente o&#249; il se croyait en s&#251;ret&#233;, il se tra&#238;ne vers le roi des &#233;pouvantements. Nul des siens n'habite sa tente, le soufre est r&#233;pandu sur sa demeure. En bas, ses racines se dess&#232;chent ; en haut, ses branches sont coup&#233;es. Sa m&#233;moire dispara&#238;t de la terre, son nom n'est plus sur la face des champs. Il est pouss&#233; de la lumi&#232;re dans les t&#233;n&#232;bres, il est chass&#233; du monde. Il ne laisse ni descendants ni post&#233;rit&#233; parmi son peuple, ni survivant dans les lieux qu'il habitait. Les g&#233;n&#233;rations &#224; venir seront &#233;tonn&#233;es de sa ruine, et la g&#233;n&#233;ration pr&#233;sente sera saisie d'effroi. Point d'autre destin&#233;e pour le m&#233;chant, point d'autre sort pour qui ne conna&#238;t pas Dieu !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 19&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Job prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusques &#224; quand affligerez-vous mon &#226;me, et m'&#233;craserez-vous de vos discours ? Voil&#224; dix fois que vous m'outragez ; n'avez-vous pas honte de m'&#233;tourdir ainsi ? Si r&#233;ellement j'ai p&#233;ch&#233;, seul j'en suis responsable. Pensez-vous me traiter avec hauteur ? Pensez-vous d&#233;montrer que je suis coupable ? Sachez alors que c'est Dieu qui me poursuit, et qui m'enveloppe de son filet. Voici, je crie &#224; la violence, et nul ne r&#233;pond ; j'implore justice, et point de justice ! Il m'a ferm&#233; toute issue, et je ne puis passer ; il a r&#233;pandu des t&#233;n&#232;bres sur mes sentiers. Il m'a d&#233;pouill&#233; de ma gloire, il a enlev&#233; la couronne de ma t&#234;te. Il m'a bris&#233; de toutes parts, et je m'en vais ; il a arrach&#233; mon esp&#233;rance comme un arbre. Il s'est enflamm&#233; de col&#232;re contre moi, il m'a trait&#233; comme l'un de ses ennemis. Ses troupes se sont de concert mises en marche, elles se sont fray&#233; leur chemin jusqu'&#224; moi, elles ont camp&#233;es autour de ma tente. Il a &#233;loign&#233; de moi mes fr&#232;res, et mes amis se sont d&#233;tourn&#233;s de moi ; Je suis abandonn&#233; de mes proches, je suis oubli&#233; de mes intimes. Je suis un &#233;tranger pour mes serviteurs et mes servantes, je ne suis plus &#224; leurs yeux qu'un inconnu. J'appelle mon serviteur, et il ne r&#233;pond pas ; je le supplie de ma bouche, et c'est en vain. Mon humeur est &#224; charge &#224; ma femme, et ma plainte aux fils de mes entrailles. Je suis m&#233;pris&#233; m&#234;me par des enfants ; si je me l&#232;ve, je re&#231;ois leurs insultes. Ceux que j'avais pour confidents m'ont en horreur, ceux que j'aimais se sont tourn&#233;s contre moi. Mes os sont attach&#233;s &#224; ma peau et &#224; ma chair ; il ne me reste que la peau des dents. Ayez piti&#233;, ayez piti&#233; de moi, vous, mes amis ! Car la main de Dieu m'a frapp&#233;. Pourquoi me poursuivre comme Dieu me poursuit ? Pourquoi vous montrer insatiables de ma chair ? Oh ! je voudrais que mes paroles fussent &#233;crites, qu'elles fussent &#233;crites dans un livre ; Je voudrais qu'avec un burin de fer et avec du plomb elles fussent pour toujours grav&#233;es dans le roc... Mais je sais que mon R&#233;dempteur est vivant, et qu'il se l&#232;vera le dernier sur la terre. Quand ma peau sera d&#233;truite, il se l&#232;vera ; quand je n'aurai plus de chair, je verrai Dieu. Je le verrai, et il me sera favorable ; mes yeux le verront, et non ceux d'un autre ; mon &#226;me languit d'attente au dedans de moi. Vous direz alors : Pourquoi le poursuivions-nous ? Car la justice de ma cause sera reconnue. Craignez pour vous le glaive : Les ch&#226;timents par le glaive sont terribles ! Et sachez qu'il y a un jugement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 20&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tsophar de Naama prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes pens&#233;es me forcent &#224; r&#233;pondre, et mon agitation ne peut se contenir. J'ai entendu des reproches qui m'outragent ; Le souffle de mon intelligence donnera la r&#233;plique. Ne sais-tu pas que, de tout temps, depuis que l'homme a &#233;t&#233; plac&#233; sur la terre, Le triomphe des m&#233;chants a &#233;t&#233; court, et la joie de l'impie momentan&#233;e ? Quand il s'&#233;l&#232;verait jusqu'aux cieux, et que sa t&#234;te toucherait aux nues, Il p&#233;rira pour toujours comme son ordure, et ceux qui le voyaient diront : O&#249; est-il ? Il s'envolera comme un songe, et on ne le trouvera plus ; il dispara&#238;tra comme une vision nocturne ; L'oeil qui le regardait ne le regardera plus, le lieu qu'il habitait ne l'apercevra plus. Ses fils seront assaillis par les pauvres, et ses mains restitueront ce qu'il a pris par violence. La vigueur de la jeunesse, qui remplissait ses membres, aura sa couche avec lui dans la poussi&#232;re. Le mal &#233;tait doux &#224; sa bouche, il le cachait sous sa langue, Il le savourait sans l'abandonner, il le retenait au milieu de son palais ; Mais sa nourriture se transformera dans ses entrailles, elle deviendra dans son corps un venin d'aspic. Il a englouti des richesses, il les vomira ; Dieu les chassera de son ventre. Il a suc&#233; du venin d'aspic, la langue de la vip&#232;re le tuera. Il ne reposera plus ses regards sur les ruisseaux, sur les torrents, sur les fleuves de miel et de lait. Il rendra ce qu'il a gagn&#233;, et n'en profitera plus ; il restituera tout ce qu'il a pris, et n'en jouira plus. Car il a opprim&#233;, d&#233;laiss&#233; les pauvres, il a ruin&#233; des maisons et ne les a pas r&#233;tablies. Son avidit&#233; n'a point connu de bornes ; mais il ne sauvera pas ce qu'il avait de plus cher. Rien n'&#233;chappait &#224; sa voracit&#233; ; mais son bien-&#234;tre ne durera pas. Au milieu de l'abondance il sera dans la d&#233;tresse ; la main de tous les mis&#233;rables se l&#232;vera sur lui. Et voici, pour lui remplir le ventre, Dieu enverra sur lui le feu de sa col&#232;re, et le rassasiera par une pluie de traits. S'il &#233;chappe aux armes de fer, l'arc d'airain le transpercera. Il arrache de son corps le trait, qui &#233;tincelle au sortir de ses entrailles, et il est en proie aux terreurs de la mort. Toutes les calamit&#233;s sont r&#233;serv&#233;es &#224; ses tr&#233;sors ; il sera consum&#233; par un feu que n'allumera point l'homme, et ce qui restera dans sa tente en deviendra la p&#226;ture. Les cieux d&#233;voileront son iniquit&#233;, et la terre s'&#233;l&#232;vera contre lui. Les revenus de sa maison seront emport&#233;s, ils dispara&#238;tront au jour de la col&#232;re de Dieu. Telle est la part que Dieu r&#233;serve au m&#233;chant, tel est l'h&#233;ritage que Dieu lui destine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 21&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Job prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;coutez, &#233;coutez mes paroles, donnez-moi seulement cette consolation. Laissez-moi parler, je vous prie ; et, quand j'aurai parl&#233;, tu pourras te moquer. Est-ce contre un homme que se dirige ma plainte ? Et pourquoi mon &#226;me ne serait-elle pas impatiente ? Regardez-moi, soyez &#233;tonn&#233;s, et mettez la main sur la bouche. Quand j'y pense, cela m'&#233;pouvante, et un tremblement saisit mon corps. Pourquoi les m&#233;chants vivent-ils ? Pourquoi les voit-on vieillir et accro&#238;tre leur force ? Leur post&#233;rit&#233; s'affermit avec eux et en leur pr&#233;sence, leurs rejetons prosp&#232;rent sous leurs yeux. Dans leurs maisons r&#232;gne la paix, sans m&#233;lange de crainte ; la verge de Dieu ne vient pas les frapper. Leurs taureaux sont vigoureux et f&#233;conds, leurs g&#233;nisses con&#231;oivent et n'avortent point. Ils laissent courir leurs enfants comme des brebis, et les enfants prennent leurs &#233;bats. Ils chantent au son du tambourin et de la harpe, ils se r&#233;jouissent au son du chalumeau. Ils passent leurs jours dans le bonheur, et ils descendent en un instant au s&#233;jour des morts. Ils disaient pourtant &#224; Dieu : Retire-toi de nous ; nous ne voulons pas conna&#238;tre tes voies. Qu'est-ce que le Tout Puissant, pour que nous le servions ? Que gagnerions-nous &#224; lui adresser nos pri&#232;res ? Quoi donc ! ne sont-ils pas en possession du bonheur ? Loin de moi le conseil des m&#233;chants ! Mais arrive-t-il souvent que leur lampe s'&#233;teigne, que la mis&#232;re fonde sur eux, que Dieu leur distribue leur part dans sa col&#232;re, Qu'ils soient comme la paille emport&#233;e par le vent, comme la balle enlev&#233;e par le tourbillon ? Est-ce pour les fils que Dieu r&#233;serve le ch&#226;timent du p&#232;re ? Mais c'est lui que Dieu devrait punir, pour qu'il le sente ; C'est lui qui devrait contempler sa propre ruine, c'est lui qui devrait boire la col&#232;re du Tout Puissant. Car, que lui importe sa maison apr&#232;s lui, quand le nombre de ses mois est achev&#233; ? Est-ce &#224; Dieu qu'on donnera de la science, &#224; lui qui gouverne les esprits c&#233;lestes ? L'un meurt au sein du bien-&#234;tre, de la paix et du bonheur, Les flancs charg&#233;s de graisse et la moelle des os remplie de s&#232;ve ; L'autre meurt, l'amertume dans l'&#226;me, sans avoir joui d'aucun bien. Et tous deux se couchent dans la poussi&#232;re, tous deux deviennent la p&#226;ture des vers. Je sais bien quelles sont vos pens&#233;es, quels jugements iniques vous portez sur moi. Vous dites : O&#249; est la maison de l'homme puissant ? O&#249; est la tente qu'habitaient les impies ? Mais quoi ! n'avez-vous point interrog&#233; les voyageurs, et voulez-vous m&#233;conna&#238;tre ce qu'ils prouvent ? Au jour du malheur, le m&#233;chant est &#233;pargn&#233; ; au jour de la col&#232;re, il &#233;chappe. Qui lui reproche en face sa conduite ? Qui lui rend ce qu'il a fait ? Il est port&#233; dans un s&#233;pulcre, et il veille encore sur sa tombe. Les mottes de la vall&#233;e lui sont l&#233;g&#232;res ; et tous apr&#232;s lui suivront la m&#234;me voie, comme une multitude l'a d&#233;j&#224; suivie. Pourquoi donc m'offrir de vaines consolations ? Ce qui reste de vos r&#233;ponses n'est que perfidie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 22&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;liphaz de Th&#233;man prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Un homme peut-il &#234;tre utile &#224; Dieu ? Non ; le sage n'est utile qu'&#224; lui-m&#234;me. Si tu es juste, est-ce &#224; l'avantage du Tout Puissant ? Si tu es int&#232;gre dans tes voies, qu'y gagne-t-il ? Est-ce par crainte de toi qu'il te ch&#226;tie, qu'il entre en jugement avec toi ? Ta m&#233;chancet&#233; n'est-elle pas grande ? Tes iniquit&#233;s ne sont-elles pas infinies ? Tu enlevais sans motif des gages &#224; tes fr&#232;res, tu privais de leurs v&#234;tements ceux qui &#233;taient nus ; tu ne donnais point d'eau &#224; l'homme alt&#233;r&#233;, tu refusais du pain &#224; l'homme affam&#233;. Le pays &#233;tait au plus fort, et le puissant s'y &#233;tablissait. Tu renvoyais les veuves &#224; vide ; les bras des orphelins &#233;taient bris&#233;s. C'est pour cela que tu es entour&#233; de pi&#232;ges, et que la terreur t'a saisi tout &#224; coup. Ne vois-tu donc pas ces t&#233;n&#232;bres, ces eaux d&#233;bord&#233;es qui t'envahissent ? Dieu n'est-il pas en haut dans les cieux ? Regarde le sommet des &#233;toiles, comme il est &#233;lev&#233; ! Et tu dis : Qu'est-ce que Dieu sait ? Peut-il juger &#224; travers l'obscurit&#233; ? Les nu&#233;es l'enveloppent, et il ne voit rien ; il ne parcourt que la vo&#251;te des cieux. Eh quoi ! tu voudrais prendre l'ancienne route qu'ont suivie les hommes d'iniquit&#233; ? Ils ont &#233;t&#233; emport&#233;s avant le temps, ils ont eu la dur&#233;e d'un torrent qui s'&#233;coule. Ils disaient &#224; Dieu : Retire-toi de nous ; que peut faire pour nous le Tout Puissant ? Dieu cependant avait rempli de biens leurs maisons. Loin de moi le conseil des m&#233;chants ! Les justes, t&#233;moins de leur chute, se r&#233;jouiront, et l'innocent se moquera d'eux : Voil&#224; nos adversaires an&#233;antis ! Voil&#224; leurs richesses d&#233;vor&#233;es par le feu ! Attache-toi donc &#224; Dieu, et tu auras la paix ; tu jouiras ainsi du bonheur. Re&#231;ois de sa bouche l'instruction, et mets dans ton c&#339;ur ses paroles. Tu seras r&#233;tabli, si tu reviens au Tout Puissant, si tu &#233;loignes l'iniquit&#233; de ta tente. Jette l'or dans la poussi&#232;re, l'or d'Ophir parmi les cailloux des torrents ; Et le Tout Puissant sera ton or, ton argent, ta richesse. Alors tu feras du Tout Puissant tes d&#233;lices, tu &#233;l&#232;veras vers Dieu ta face ; tu le prieras, et il t'exaucera, et tu accompliras tes v&#339;ux. &#192; tes r&#233;solutions r&#233;pondra le succ&#232;s ; sur tes sentiers brillera la lumi&#232;re. Vienne l'humiliation, tu prieras pour ton rel&#232;vement : Dieu secourt celui dont le regard est abattu. Il d&#233;livrera m&#234;me le coupable, qui devra son salut &#224; la puret&#233; de tes mains.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 23&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Job prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant encore ma plainte est une r&#233;volte, mais la souffrance &#233;touffe mes soupirs. Oh ! si je savais o&#249; le trouver, si je pouvais arriver jusqu'&#224; son tr&#244;ne, je plaiderais ma cause devant lui, je remplirais ma bouche d'arguments, je conna&#238;trais ce qu'il peut avoir &#224; r&#233;pondre, je verrais ce qu'il peut avoir &#224; me dire. Emploierait-il toute sa force &#224; me combattre ? Ne daignerait-il pas au moins m'&#233;couter ? Ce serait un homme droit qui plaiderait avec lui, et je serais pour toujours absous par mon juge. Mais, si je vais &#224; l'orient, il n'y est pas ; si je vais &#224; l'occident, je ne le trouve pas ; Est-il occup&#233; au nord, je ne puis le voir ; se cache-t-il au midi, je ne puis le d&#233;couvrir. Il sait n&#233;anmoins quelle voie j'ai suivie ; et, s'il m'&#233;prouvait, je sortirais pur comme l'or. Mon pied s'est attach&#233; &#224; ses pas ; j'ai gard&#233; sa voie, et je ne m'en suis point d&#233;tourn&#233;. Je n'ai pas abandonn&#233; les commandements de ses l&#232;vres ; j'ai fait plier ma volont&#233; aux paroles de sa bouche. Mais sa r&#233;solution est arr&#234;t&#233;e ; qui s'y opposera ? Ce que son &#226;me d&#233;sire, il l'ex&#233;cute. Il accomplira donc ses desseins &#224; mon &#233;gard, et il en concevra bien d'autres encore. Voil&#224; pourquoi sa pr&#233;sence m'&#233;pouvante ; quand j'y pense, j'ai peur de lui. Dieu a bris&#233; mon courage, le Tout Puissant m'a rempli d'effroi. Car ce ne sont pas les t&#233;n&#232;bres qui m'an&#233;antissent, ce n'est pas l'obscurit&#233; dont je suis couvert.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 24&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le Tout Puissant ne met-il pas des temps en r&#233;serve, et pourquoi ceux qui le connaissent ne voient-ils pas ses jours ? On d&#233;place les bornes, on vole des troupeaux, et on les fait pa&#238;tre ; On enl&#232;ve l'&#226;ne de l'orphelin, on prend pour gage le b&#339;uf de la veuve ; on repousse du chemin les indigents, on force tous les malheureux du pays &#224; se cacher. Et voici, comme les &#226;nes sauvages du d&#233;sert, ils sortent le matin pour chercher de la nourriture, ils n'ont que le d&#233;sert pour trouver le pain de leurs enfants ; Ils coupent le fourrage qui reste dans les champs, ils grappillent dans la vigne de l'impie ; Ils passent la nuit dans la nudit&#233;, sans v&#234;tement, sans couverture contre le froid ; Ils sont perc&#233;s par la pluie des montagnes, et ils embrassent les rochers comme unique refuge. On arrache l'orphelin &#224; la mamelle, on prend des gages sur le pauvre. Ils vont tout nus, sans v&#234;tement, ils sont affam&#233;s, et ils portent les gerbes ; Dans les enclos de l'impie ils font de l'huile, ils foulent le pressoir, et ils ont soif ; dans les villes s'exhalent les soupirs des mourants, l'&#226;me des bless&#233;s jette des cris... Et Dieu ne prend pas garde &#224; ces infamies ! D'autres sont ennemis de la lumi&#232;re, ils n'en connaissent pas les voies, ils n'en pratiquent pas les sentiers. L'assassin se l&#232;ve au point du jour, tue le pauvre et l'indigent, et il d&#233;robe pendant la nuit. L'oeil de l'adult&#232;re &#233;pie le cr&#233;puscule ; personne ne me verra, dit-il, et il met un voile sur sa figure. La nuit ils forcent les maisons, le jour ils se tiennent enferm&#233;s ; ils ne connaissent pas la lumi&#232;re. Pour eux, le matin c'est l'ombre de la mort, ils en &#233;prouvent toutes les terreurs. Eh quoi ! l'impie est d'un poids l&#233;ger sur la face des eaux, il n'a sur la terre qu'une part maudite, il ne prend jamais le chemin des vignes ! Comme la s&#233;cheresse et la chaleur absorbent les eaux de la neige, ainsi le s&#233;jour des morts engloutit ceux qui p&#232;chent ! Quoi ! le sein maternel l'oublie, les vers en font leurs d&#233;lices, on ne se souvient plus de lui ! L'impie est bris&#233; comme un arbre, Lui qui d&#233;pouille la femme st&#233;rile et sans enfants, lui qui ne r&#233;pand aucun bienfait sur la veuve !... Non ! Dieu par sa force prolonge les jours des violents, et les voil&#224; debout quand ils d&#233;sesp&#233;raient de la vie ; Il leur donne de la s&#233;curit&#233; et de la confiance, il a les regards sur leurs voies. Ils se sont &#233;lev&#233;s ; et en un instant ils ne sont plus, ils tombent, ils meurent comme tous les hommes, ils sont coup&#233;s comme la t&#234;te des &#233;pis. S'il n'en est pas ainsi, qui me d&#233;mentira, qui r&#233;duira mes paroles &#224; n&#233;ant ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 25&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bildad de Schuach prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
La puissance et la terreur appartiennent &#224; Dieu ; il fait r&#233;gner la paix dans ses hautes r&#233;gions. Ses arm&#233;es ne sont-elles pas innombrables ? Sur qui sa lumi&#232;re ne se l&#232;ve-t-elle pas ? Comment l'homme serait-il juste devant Dieu ? Comment celui qui est n&#233; de la femme serait-il pur ? Voici, la lune m&#234;me n'est pas brillante, et les &#233;toiles ne sont pas pures &#224; ses yeux ; combien moins l'homme, qui n'est qu'un ver, le fils de l'homme, qui n'est qu'un vermisseau !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 26&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Job prit la parole et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme tu sais bien venir en aide &#224; la faiblesse ! Comme tu pr&#234;tes secours au bras sans force ! Quels bons conseils tu donnes &#224; celui qui manque d'intelligence ! Quelle abondance de sagesse tu fais para&#238;tre ! &#192; qui s'adressent tes paroles ? Et qui est-ce qui t'inspire ? Devant Dieu les ombres tremblent au-dessous des eaux et de leurs habitants ; devant lui le s&#233;jour des morts est nu, l'ab&#238;me n'a point de voile. Il &#233;tend le septentrion sur le vide, il suspend la terre sur le n&#233;ant. Il renferme les eaux dans ses nuages, et les nuages n'&#233;clatent pas sous leur poids. Il couvre la face de son tr&#244;ne, il r&#233;pand sur lui sa nu&#233;e. Il a trac&#233; un cercle &#224; la surface des eaux, comme limite entre la lumi&#232;re et les t&#233;n&#232;bres. Les colonnes du ciel s'&#233;branlent, et s'&#233;tonnent &#224; sa menace. Par sa force il soul&#232;ve la mer, par son intelligence il en brise l'orgueil. Son souffle donne au ciel la s&#233;r&#233;nit&#233;, sa main transperce le serpent fuyard. Ce sont l&#224; les bords de ses voies, c'est le bruit l&#233;ger qui nous en parvient ; mais qui entendra le tonnerre de sa puissance ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 27&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Job prit de nouveau la parole sous forme sentencieuse et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Dieu qui me refuse justice est vivant ! Le Tout Puissant qui remplit mon &#226;me d'amertume est vivant ! Aussi longtemps que j'aurai ma respiration, et que le souffle de Dieu sera dans mes narines, mes l&#232;vres ne prononceront rien d'injuste, ma langue ne dira rien de faux. Loin de moi la pens&#233;e de vous donner raison ! Jusqu'&#224; mon dernier soupir je d&#233;fendrai mon innocence ; je tiens &#224; me justifier, et je ne faiblirai pas ; mon c&#339;ur ne me fait de reproche sur aucun de mes jours. Que mon ennemi soit comme le m&#233;chant, et mon adversaire comme l'impie ! Quelle esp&#233;rance reste-t-il &#224; l'impie, quand Dieu coupe le fil de sa vie, quand il lui retire son &#226;me ? Est-ce que Dieu &#233;coute ses cris, quand l'angoisse vient l'assaillir ? Fait-il du Tout Puissant ses d&#233;lices ? Adresse-t-il en tout temps ses pri&#232;res &#224; Dieu ? Je vous enseignerai les voies de Dieu, je ne vous cacherai pas les desseins du Tout Puissant. Mais vous les connaissez, et vous &#234;tes d'accord ; pourquoi donc vous laisser aller &#224; de vaines pens&#233;es ? Voici la part que Dieu r&#233;serve au m&#233;chant, l'h&#233;ritage que le Tout Puissant destine &#224; l'impie. S'il a des fils en grand nombre, c'est pour le glaive, et ses rejetons manquent de pain ; Ceux qui &#233;chappent sont enterr&#233;s par la peste, et leurs veuves ne les pleurent pas. S'il amasse l'argent comme la poussi&#232;re, s'il entasse les v&#234;tements comme la boue, c'est lui qui entasse, mais c'est le juste qui se rev&#234;t, c'est l'homme int&#232;gre qui a l'argent en partage. Sa maison est comme celle que b&#226;tit la teigne, comme la cabane que fait un gardien. Il se couche riche, et il meurt d&#233;pouill&#233; ; il ouvre les yeux, et tout a disparu. Les terreurs le surprennent comme des eaux ; un tourbillon l'enl&#232;ve au milieu de la nuit. Le vent d'orient l'emporte, et il s'en va ; il l'arrache violemment de sa demeure. Dieu lance sans piti&#233; des traits contre lui, et le m&#233;chant voudrait fuir pour les &#233;viter. On bat des mains &#224; sa chute, et on le siffle &#224; son d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 28&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a pour l'argent une mine d'o&#249; on le fait sortir, et pour l'or un lieu d'o&#249; on l'extrait pour l'affiner ; Le fer se tire de la poussi&#232;re, et la pierre se fond pour produire l'airain. L'homme fait cesser les t&#233;n&#232;bres ; il explore, jusque dans les endroits les plus profonds, les pierres cach&#233;es dans l'obscurit&#233; et dans l'ombre de la mort. Il creuse un puits loin des lieux habit&#233;s ; ses pieds ne lui sont plus en aide, et il est suspendu, balanc&#233;, loin des humains. La terre, d'o&#249; sort le pain, est boulevers&#233;e dans ses entrailles comme par le feu. Ses pierres contiennent du saphir, et l'on y trouve de la poudre d'or. L'oiseau de proie n'en conna&#238;t pas le sentier, l'oeil du vautour ne l'a point aper&#231;u ; Les plus fiers animaux ne l'ont point foul&#233;, le lion n'y a jamais pass&#233;. L'homme porte sa main sur le roc, il renverse les montagnes depuis la racine ; il ouvre des tranch&#233;es dans les rochers, et son oeil contemple tout ce qu'il y a de pr&#233;cieux ; il arr&#234;te l'&#233;coulement des eaux, et il produit &#224; la lumi&#232;re ce qui est cach&#233;. Mais la sagesse, o&#249; se trouve-t-elle ? O&#249; est la demeure de l'intelligence ? L'homme n'en conna&#238;t point le prix ; elle ne se trouve pas dans la terre des vivants. L'ab&#238;me dit : Elle n'est point en moi ; et la mer dit : Elle n'est point avec moi. Elle ne se donne pas contre de l'or pur, elle ne s'ach&#232;te pas au poids de l'argent ; elle ne se p&#232;se pas contre l'or d'Ophir, ni contre le pr&#233;cieux onyx, ni contre le saphir ; Elle ne peut se comparer &#224; l'or ni au verre, elle ne peut s'&#233;changer pour un vase d'or fin. Le corail et le cristal ne sont rien aupr&#232;s d'elle : La sagesse vaut plus que les perles. La topaze d'&#201;thiopie n'est point son &#233;gale, et l'or pur n'entre pas en balance avec elle. D'o&#249; vient donc la sagesse ? O&#249; est la demeure de l'intelligence ? Elle est cach&#233;e aux yeux de tout vivant, elle est cach&#233;e aux oiseaux du ciel. Le gouffre et la mort disent : Nous en avons entendu parler. C'est Dieu qui en sait le chemin, c'est lui qui en conna&#238;t la demeure ; Car il voit jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s de la terre, il aper&#231;oit tout sous les cieux. Quand il r&#233;gla le poids du vent, et qu'il fixa la mesure des eaux, Quand il donna des lois &#224; la pluie, et qu'il tra&#231;a la route de l'&#233;clair et du tonnerre, alors il vit la sagesse et la manifesta, il en posa les fondements et la mit &#224; l'&#233;preuve. Puis il dit &#224; l'homme : Voici, la crainte du Seigneur, c'est la sagesse ; s'&#233;loigner du mal, c'est l'intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 29&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Job prit de nouveau la parole sous forme sentencieuse et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Oh ! que ne puis-je &#234;tre comme aux mois du pass&#233;, comme aux jours o&#249; Dieu me gardait, Quand sa lampe brillait sur ma t&#234;te, et que sa lumi&#232;re me guidait dans les t&#233;n&#232;bres ! Que ne suis-je comme aux jours de ma vigueur, o&#249; Dieu veillait en ami sur ma tente, quand le Tout Puissant &#233;tait encore avec moi, et que mes enfants m'entouraient ; quand mes pieds se baignaient dans la cr&#232;me et que le rocher r&#233;pandait pr&#232;s de moi des ruisseaux d'huile ! Si je sortais pour aller &#224; la porte de la ville, et si je me faisais pr&#233;parer un si&#232;ge dans la place, les jeunes gens se retiraient &#224; mon approche, les vieillards se levaient et se tenaient debout. Les princes arr&#234;taient leurs discours, et mettaient la main sur leur bouche ; la voix des chefs se taisait, et leur langue s'attachait &#224; leur palais. L'oreille qui m'entendait me disait heureux, l'oeil qui me voyait me rendait t&#233;moignage ; car je sauvais le pauvre qui implorait du secours, et l'orphelin qui manquait d'appui. La b&#233;n&#233;diction du malheureux venait sur moi ; je remplissais de joie le c&#339;ur de la veuve. Je me rev&#234;tais de la justice et je lui servais de v&#234;tement, j'avais ma droiture pour manteau et pour turban. J'&#233;tais l'oeil de l'aveugle et le pied du boiteux. J'&#233;tais le p&#232;re des mis&#233;rables, j'examinais la cause de l'inconnu ; je brisais la m&#226;choire de l'injuste, et j'arrachais de ses dents la proie. Alors je disais : Je mourrai dans mon nid, mes jours seront abondants comme le sable ; l'eau p&#233;n&#233;trera dans mes racines, la ros&#233;e passera la nuit sur mes branches ; ma gloire reverdira sans cesse, et mon arc rajeunira dans ma main. On m'&#233;coutait et l'on restait dans l'attente, on gardait le silence devant mes conseils. Apr&#232;s mes discours, nul ne r&#233;pliquait, et ma parole &#233;tait pour tous une bienfaisante ros&#233;e ; ils comptaient sur moi comme sur la pluie, ils ouvraient la bouche comme pour une pluie du printemps. Je leur souriais quand ils perdaient courage, et l'on ne pouvait chasser la s&#233;r&#233;nit&#233; de mon front. J'aimais &#224; aller vers eux, et je m'asseyais &#224; leur t&#234;te ; j'&#233;tais comme un roi au milieu d'une troupe, comme un consolateur aupr&#232;s des afflig&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 30&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant !... je suis la ris&#233;e de plus jeunes que moi, de ceux dont je d&#233;daignais de mettre les p&#232;res Parmi les chiens de mon troupeau. Mais &#224; quoi me servirait la force de leurs mains ? Ils sont incapables d'atteindre la vieillesse. Dess&#233;ch&#233;s par la mis&#232;re et la faim, ils fuient dans les lieux arides, depuis longtemps abandonn&#233;s et d&#233;serts ; Ils arrachent pr&#232;s des arbrisseaux les herbes sauvages, et ils n'ont pour pain que la racine des gen&#234;ts. On les chasse du milieu des hommes, on crie apr&#232;s eux comme apr&#232;s des voleurs. Ils habitent dans d'affreuses vall&#233;es, dans les cavernes de la terre et dans les rochers ; ils hurlent parmi les buissons, ils se rassemblent sous les ronces. Etres vils et m&#233;pris&#233;s, on les repousse du pays. Et maintenant, je suis l'objet de leurs chansons, je suis en butte &#224; leurs propos. Ils ont horreur de moi, ils se d&#233;tournent, ils me crachent au visage. Ils n'ont plus de retenue et ils m'humilient, ils rejettent tout frein devant moi. Ces mis&#233;rables se l&#232;vent &#224; ma droite et me poussent les pieds, ils se fraient contre moi des sentiers pour ma ruine ; ils d&#233;truisent mon propre sentier et travaillent &#224; ma perte, eux &#224; qui personne ne viendrait en aide ; ils arrivent comme par une large br&#232;che, ils se pr&#233;cipitent sous les craquements. Les terreurs m'assi&#232;gent ; ma gloire est emport&#233;e comme par le vent, mon bonheur a pass&#233; comme un nuage. Et maintenant, mon &#226;me s'&#233;panche en mon sein, les jours de la souffrance m'ont saisi. La nuit me perce et m'arrache les os, la douleur qui me ronge ne se donne aucun repos, par la violence du mal mon v&#234;tement perd sa forme, il se colle &#224; mon corps comme ma tunique. Dieu m'a jet&#233; dans la boue, et je ressemble &#224; la poussi&#232;re et &#224; la cendre. Je crie vers toi, et tu ne me r&#233;ponds pas ; je me tiens debout, et tu me lances ton regard. Tu deviens cruel contre moi, tu me combats avec la force de ta main. Tu me soul&#232;ves, tu eu fais voler au-dessus du vent, et tu m'an&#233;antis au bruit de la temp&#234;te. Car, je le sais, tu me m&#232;nes &#224; la mort, au rendez-vous de tous les vivants. Mais celui qui va p&#233;rir n'&#233;tend-il pas les mains ? Celui qui est dans le malheur n'implore-t-il pas du secours ? N'avais-je pas des larmes pour l'infortun&#233; ? Mon c&#339;ur n'avait-il pas piti&#233; de l'indigent ? J'attendais le bonheur, et le malheur est arriv&#233; ; j'esp&#233;rais la lumi&#232;re, et les t&#233;n&#232;bres sont venues. Mes entrailles bouillonnent sans rel&#226;che, les jours de la calamit&#233; m'ont surpris. Je marche noirci, mais non par le soleil ; je me l&#232;ve en pleine assembl&#233;e, et je crie. Je suis devenu le fr&#232;re des chacals, le compagnon des autruches. Ma peau noircit et tombe, mes os br&#251;lent et se dess&#232;chent. Ma harpe n'est plus qu'un instrument de deuil, et mon chalumeau ne peut rendre que des sons plaintifs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 31&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'avais fait un pacte avec mes yeux, et je n'aurais pas arr&#234;t&#233; mes regards sur une vierge. Quelle part Dieu m'e&#251;t-il r&#233;serv&#233;e d'en haut ? Quel h&#233;ritage le Tout Puissant m'e&#251;t-il envoy&#233; des cieux ? La ruine n'est-elle pas pour le m&#233;chant, et le malheur pour ceux qui commettent l'iniquit&#233; ? Dieu n'a-t-il pas connu mes voies ? N'a-t-il pas compt&#233; tous mes pas ? Si j'ai march&#233; dans le mensonge, si mon pied a couru vers la fraude, Que Dieu me p&#232;se dans des balances justes, et il reconna&#238;tra mon int&#233;grit&#233; ! Si mon pas s'est d&#233;tourn&#233; du droit chemin, si mon c&#339;ur a suivi mes yeux, si quelque souillure s'est attach&#233;e &#224; mes mains, que je s&#232;me et qu'un autre moissonne, et que mes rejetons soient d&#233;racin&#233;s ! Si mon c&#339;ur a &#233;t&#233; s&#233;duit par une femme, si j'ai fait le guet &#224; la porte de mon prochain, que ma femme tourne la meule pour un autre, et que d'autres la d&#233;shonorent ! Car c'est un crime, un forfait que punissent les juges ; c'est un feu qui d&#233;vore jusqu'&#224; la ruine, et qui aurait d&#233;truit toute ma richesse. Si j'ai m&#233;pris&#233; le droit de mon serviteur ou de ma servante lorsqu'ils &#233;taient en contestation avec moi, qu'ai-je &#224; faire, quand Dieu se l&#232;ve ? Qu'ai-je &#224; r&#233;pondre, quand il ch&#226;tie ? Celui qui m'a cr&#233;&#233; dans le ventre de ma m&#232;re ne l'a-t-il pas cr&#233;&#233; ? Le m&#234;me Dieu ne nous a-t-il pas form&#233;s dans le sein maternel ? Si j'ai refus&#233; aux pauvres ce qu'ils demandaient, si j'ai fait languir les yeux de la veuve, si j'ai mang&#233; seul mon pain, sans que l'orphelin en ait eu sa part, moi qui l'ai d&#232;s ma jeunesse &#233;lev&#233; comme un p&#232;re, moi qui d&#232;s ma naissance ai soutenu la veuve ; si j'ai vu le malheureux manquer de v&#234;tements, l'indigent n'avoir point de couverture, sans que ses reins m'aient b&#233;ni, sans qu'il ait &#233;t&#233; r&#233;chauff&#233; par la toison de mes agneaux ; si j'ai lev&#233; la main contre l'orphelin, parce que je me sentais un appui dans les juges ; que mon &#233;paule se d&#233;tache de sa jointure, que mon bras tombe et qu'il se brise ! Car les ch&#226;timents de Dieu m'&#233;pouvantent, et je ne puis rien devant sa majest&#233;. Si j'ai mis dans l'or ma confiance, si j'ai dit &#224; l'or : Tu es mon espoir ; si je me suis r&#233;joui de la grandeur de mes biens, de la quantit&#233; des richesses que j'avais acquises ; si j'ai regard&#233; le soleil quand il brillait, la lune quand elle s'avan&#231;ait majestueuse, et si mon c&#339;ur s'est laiss&#233; s&#233;duire en secret, si ma main s'est port&#233;e sur ma bouche ; c'est encore un crime que doivent punir les juges, et j'aurais reni&#233; le Dieu d'en haut ! Si j'ai &#233;t&#233; joyeux du malheur de mon ennemi, si j'ai saut&#233; d'all&#233;gresse quand les revers l'ont atteint, moi qui n'ai pas permis &#224; ma langue de p&#233;cher, de demander sa mort avec impr&#233;cation ; Si les gens de ma tente ne disaient pas : O&#249; est celui qui n'a pas &#233;t&#233; rassasi&#233; de sa viande ? Si l'&#233;tranger passait la nuit dehors, si je n'ouvrais pas ma porte au voyageur ; si, comme les hommes, j'ai cach&#233; mes transgressions, et renferm&#233; mes iniquit&#233;s dans mon sein, parce que j'avais peur de la multitude, parce que je craignais le m&#233;pris des familles, me tenant &#224; l'&#233;cart et n'osant franchir ma porte... Oh ! qui me fera trouver quelqu'un qui m'&#233;coute ? Voil&#224; ma d&#233;fense toute sign&#233;e : Que le Tout Puissant me r&#233;ponde ! Qui me donnera la plainte &#233;crite par mon adversaire ? Je porterai son &#233;crit sur mon &#233;paule, je l'attacherai sur mon front comme une couronne ; je lui rendrai compte de tous mes pas, je m'approcherai de lui comme un prince. Si ma terre crie contre moi, et que ses sillons versent des larmes ; si j'en ai mang&#233; le produit sans l'avoir pay&#233;e, et que j'aie attrist&#233; l'&#226;me de ses anciens ma&#238;tres ; qu'il y croisse des &#233;pines au lieu de froment, et de l'ivraie au lieu d'orge ! Fin des paroles de Job.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 32&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces trois hommes cess&#232;rent de r&#233;pondre &#224; Job, parce qu'il se regardait comme juste. Alors s'enflamma de col&#232;re &#201;lihu, fils de Barakeel de Buz, de la famille de Ram. Sa col&#232;re s'enflamma contre Job, parce qu'il se disait juste devant Dieu. Et sa col&#232;re s'enflamma contre ses trois amis, parce qu'ils ne trouvaient rien &#224; r&#233;pondre et que n&#233;anmoins ils condamnaient Job.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme ils &#233;taient plus &#226;g&#233;s que lui, &#201;lihu avait attendu jusqu'&#224; ce moment pour parler &#224; Job. Mais, voyant qu'il n'y avait plus de r&#233;ponse dans la bouche de ces trois hommes, &#201;lihu s'enflamma de col&#232;re. Et &#201;lihu, fils de Barakeel de Buz, prit la parole et dit : Je suis jeune, et vous &#234;tes des vieillards ; c'est pourquoi j'ai craint, j'ai redout&#233; de vous faire conna&#238;tre mon sentiment. Je disais en moi-m&#234;me : Les jours parleront, le grand nombre des ann&#233;es enseignera la sagesse. Mais en r&#233;alit&#233;, dans l'homme, c'est l'esprit, le souffle du Tout Puissant, qui donne l'intelligence ; Ce n'est pas l'&#226;ge qui procure la sagesse, ce n'est pas la vieillesse qui rend capable de juger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; pourquoi je dis : &#201;coute ! Moi aussi, j'exposerai ma pens&#233;e. J'ai attendu la fin de vos discours, j'ai suivi vos raisonnements, votre examen des paroles de Job. Je vous ai donn&#233; toute mon attention ; et voici, aucun de vous ne l'a convaincu, aucun n'a r&#233;fut&#233; ses paroles. Ne dites pas cependant : En lui nous avons trouv&#233; la sagesse ; c'est Dieu qui peut le confondre, ce n'est pas un homme ! Il ne s'est pas adress&#233; directement &#224; moi : Aussi lui r&#233;pondrai-je tout autrement que vous. Ils ont peur, ils ne r&#233;pondent plus ! Ils ont la parole coup&#233;e ! J'ai attendu qu'ils eussent fini leurs discours, qu'ils s'arr&#234;tassent et ne sussent que r&#233;pliquer. &#192; mon tour, je veux r&#233;pondre aussi, je veux dire aussi ce que je pense. Car je suis plein de paroles, l'esprit me presse au dedans de moi ; Mon int&#233;rieur est comme un vin qui n'a pas d'issue, comme des outres neuves qui vont &#233;clater. Je parlerai pour respirer &#224; l'aise, j'ouvrirai mes l&#232;vres et je r&#233;pondrai. Je n'aurai point &#233;gard &#224; l'apparence, et je ne flatterai personne ; Car je ne sais pas flatter : Mon cr&#233;ateur m'enl&#232;verait bien vite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 33&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maintenant donc, Job, &#233;coute mes discours, pr&#234;te l'oreille &#224; toutes mes paroles ! Voici, j'ouvre la bouche, ma langue se remue dans mon palais. C'est avec droiture de c&#339;ur que je vais parler, c'est la v&#233;rit&#233; pure qu'exprimeront mes l&#232;vres : L'esprit de Dieu m'a cr&#233;&#233;, et le souffle du Tout Puissant m'anime. Si tu le peux, r&#233;ponds-moi, d&#233;fends ta cause, tiens-toi pr&#234;t ! Devant Dieu je suis ton semblable, j'ai &#233;t&#233; comme toi form&#233; de la boue ; Ainsi mes terreurs ne te troubleront pas, et mon poids ne saurait t'accabler. Mais tu as dit &#224; mes oreilles, et j'ai entendu le son de tes paroles : Je suis pur, je suis sans p&#233;ch&#233;, je suis net, il n'y a point en moi d'iniquit&#233;. Et Dieu trouve contre moi des motifs de haine, il me traite comme son ennemi ; il met mes pieds dans les ceps, il surveille tous mes mouvements. Je te r&#233;pondrai qu'en cela tu n'as pas raison, car Dieu est plus grand que l'homme. Veux-tu donc disputer avec lui, parce qu'il ne rend aucun compte de ses actes ? Dieu parle cependant, tant&#244;t d'une mani&#232;re, tant&#244;t d'une autre, et l'on n'y prend point garde. Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont livr&#233;s &#224; un profond sommeil, quand ils sont endormis sur leur couche. Alors il leur donne des avertissements et met le sceau &#224; ses instructions, afin de d&#233;tourner l'homme du mal et de le pr&#233;server de l'orgueil, afin de garantir son &#226;me de la fosse et sa vie des coups du glaive. Par la douleur aussi l'homme est repris sur sa couche, quand une lutte continue vient agiter ses os. Alors il prend en d&#233;go&#251;t le pain, m&#234;me les aliments les plus exquis ; sa chair se consume et dispara&#238;t, ses os qu'on ne voyait pas sont mis &#224; nu ; son &#226;me s'approche de la fosse, et sa vie des messagers de la mort. Mais s'il se trouve pour lui un ange intercesseur, un d'entre les mille qui annoncent &#224; l'homme la voie qu'il doit suivre, Dieu a compassion de lui et dit &#224; l'ange : D&#233;livre-le, afin qu'il ne descende pas dans la fosse ; j'ai trouv&#233; une ran&#231;on ! Et sa chair a plus de fra&#238;cheur qu'au premier &#226;ge, il revient aux jours de sa jeunesse. Il adresse &#224; Dieu sa pri&#232;re ; et Dieu lui est propice, lui laisse voir sa face avec joie, et lui rend son innocence. Il chante devant les hommes et dit : J'ai p&#233;ch&#233;, j'ai viol&#233; la justice, et je n'ai pas &#233;t&#233; puni comme je le m&#233;ritais ; Dieu a d&#233;livr&#233; mon &#226;me pour qu'elle n'entr&#226;t pas dans la fosse, et ma vie s'&#233;panouit &#224; la lumi&#232;re ! Voil&#224; tout ce que Dieu fait, deux fois, trois fois, avec l'homme, Pour ramener son &#226;me de la fosse, pour l'&#233;clairer de la lumi&#232;re des vivants. Sois attentif, Job, &#233;coute-moi ! Tais-toi, et je parlerai ! Si tu as quelque chose &#224; dire, r&#233;ponds-moi ! Parle, car je voudrais te donner raison. Si tu n'as rien &#224; dire, &#233;coute-moi ! Tais-toi, et je t'enseignerai la sagesse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 34&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;lihu reprit et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Sages, &#233;coutez mes discours ! Vous qui &#234;tes intelligents, pr&#234;tez-moi l'oreille ! Car l'oreille discerne les paroles, comme le palais savoure les aliments. Choisissons ce qui est juste, voyons entre nous ce qui est bon. Job dit : Je suis innocent, et Dieu me refuse justice ; j'ai raison, et je passe pour menteur ; ma plaie est douloureuse, et je suis sans p&#233;ch&#233;. Y a-t-il un homme semblable &#224; Job, buvant la raillerie comme l'eau, Marchant en soci&#233;t&#233; de ceux qui font le mal, cheminant de pair avec les impies ? Car il a dit : Il est inutile &#224; l'homme de mettre son plaisir en Dieu. &#201;coutez-moi donc, hommes de sens ! Loin de Dieu l'injustice, loin du Tout Puissant l'iniquit&#233; ! Il rend &#224; l'homme selon ses &#339;uvres, il r&#233;tribue chacun selon ses voies. Non certes, Dieu ne commet pas l'iniquit&#233; ; le Tout Puissant ne viole pas la justice. Qui l'a charg&#233; de gouverner la terre ? Qui a confi&#233; l'univers &#224; ses soins ? S'il ne pensait qu'&#224; lui-m&#234;me, s'il retirait &#224; lui son esprit et son souffle, toute chair p&#233;rirait soudain, et l'homme rentrerait dans la poussi&#232;re. Si tu as de l'intelligence, &#233;coute ceci, pr&#234;te l'oreille au son de mes paroles ! Un ennemi de la justice r&#233;gnerait-il ? Et condamneras-tu le juste, le puissant, Qui proclame la m&#233;chancet&#233; des rois et l'iniquit&#233; des princes, qui n'a point &#233;gard &#224; l'apparence des grands et ne distingue pas le riche du pauvre, parce que tous sont l'ouvrage de ses mains ? En un instant, ils perdent la vie ; au milieu de la nuit, un peuple chancelle et p&#233;rit ; le puissant dispara&#238;t, sans la main d'aucun homme. Car Dieu voit la conduite de tous, il a les regards sur les pas de chacun. Il n'y a ni t&#233;n&#232;bres ni ombre de la mort, o&#249; puissent se cacher ceux qui commettent l'iniquit&#233;. Dieu n'a pas besoin d'observer longtemps, pour qu'un homme entre en jugement avec lui ; il brise les grands sans information, et il met d'autres &#224; leur place ; car il conna&#238;t leurs &#339;uvres. Ils les renverse de nuit, et ils sont &#233;cras&#233;s ; il les frappe comme des impies, &#224; la face de tous les regards. En se d&#233;tournant de lui, en abandonnant toutes ses voies, ils ont fait monter &#224; Dieu le cri du pauvre, ils l'ont rendu attentif aux cris des malheureux. S'il donne le repos, qui r&#233;pandra le trouble ? S'il cache sa face, qui pourra le voir ? Il traite &#224; l'&#233;gal soit une nation, soit un homme, Afin que l'impie ne domine plus, et qu'il ne soit plus un pi&#232;ge pour le peuple. Car a-t-il jamais dit &#224; Dieu : J'ai &#233;t&#233; ch&#226;ti&#233;, je ne p&#233;cherai plus ; montre-moi ce que je ne vois pas ; Si j'ai commis des injustices, je n'en commettrai plus ? Est-ce d'apr&#232;s toi que Dieu rendra la justice ? C'est toi qui rejettes, qui choisis, mais non pas moi ; ce que tu sais, dis-le donc ! Les hommes de sens seront de mon avis, le sage qui m'&#233;coute pensera comme moi. Job parle sans intelligence, et ses discours manquent de raison. Qu'il continue donc &#224; &#234;tre &#233;prouv&#233;, puisqu'il r&#233;pond comme font les m&#233;chants ! Car il ajoute &#224; ses fautes de nouveaux p&#233;ch&#233;s ; il bat des mains au milieu de nous, il multiplie ses paroles contre Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 35&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;lihu reprit et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Imagines-tu avoir raison, penses-tu te justifier devant Dieu, quand tu dis : Que me sert-il, que me revient-il de ne pas p&#233;cher ? C'est &#224; toi que je vais r&#233;pondre, et &#224; tes amis en m&#234;me temps. Consid&#232;re les cieux, et regarde ! Vois les nu&#233;es, comme elles sont au-dessus de toi ! Si tu p&#232;ches, quel tort lui causes-tu ? Et quand tes p&#233;ch&#233;s se multiplient, que lui fais-tu ? Si tu es juste, que lui donnes-tu ? Que re&#231;oit-il de ta main ? Ta m&#233;chancet&#233; ne peut nuire qu'&#224; ton semblable, ta justice n'est utile qu'au fils de l'homme. On crie contre la multitude des oppresseurs, on se plaint de la violence d'un grand nombre ; mais nul ne dit : O&#249; est Dieu, mon cr&#233;ateur, qui inspire des chants d'all&#233;gresse pendant la nuit, qui nous instruit plus que les b&#234;tes de la terre, et nous donne l'intelligence plus qu'aux oiseaux du ciel ? On a beau crier alors, Dieu ne r&#233;pond pas, &#224; cause de l'orgueil des m&#233;chants. C'est en vain que l'on crie, Dieu n'&#233;coute pas, le Tout Puissant n'y a point &#233;gard. Bien que tu dises que tu ne le vois pas, ta cause est devant lui : attends-le ! Mais, parce que sa col&#232;re ne s&#233;vit point encore, ce n'est pas &#224; dire qu'il ait peu souci du crime. Ainsi Job ouvre vainement la bouche, il multiplie les paroles sans intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 36&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;lihu continua et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Attends un peu, et je vais poursuivre, car j'ai des paroles encore pour la cause de Dieu. Je prendrai mes raisons de haut, et je prouverai la justice de mon cr&#233;ateur. Sois-en s&#251;r, mes discours ne sont pas des mensonges, mes sentiments devant toi sont sinc&#232;res. Dieu est puissant, mais il ne rejette personne ; il est puissant par la force de son intelligence. Il ne laisse pas vivre le m&#233;chant, et il fait droit aux malheureux. Il ne d&#233;tourne pas les yeux de dessus les justes, il les place sur le tr&#244;ne avec les rois, il les y fait asseoir pour toujours, afin qu'ils soient &#233;lev&#233;s. Viennent-ils &#224; tomber dans les cha&#238;nes, sont-ils pris dans les liens de l'adversit&#233;, il leur d&#233;nonce leurs &#339;uvres, leurs transgressions, leur orgueil ; il les avertit pour leur instruction, il les exhorte &#224; se d&#233;tourner de l'iniquit&#233;. S'ils &#233;coutent et se soumettent, ils ach&#232;vent leurs jours dans le bonheur, leurs ann&#233;es dans la joie. S'ils n'&#233;coutent pas, ils p&#233;rissent par le glaive, ils expirent dans leur aveuglement. Les impies se livrent &#224; la col&#232;re, ils ne crient pas &#224; Dieu quand il les encha&#238;ne ; ils perdent la vie dans leur jeunesse, ils meurent comme les d&#233;bauch&#233;s. Mais Dieu sauve le malheureux dans sa mis&#232;re, et c'est par la souffrance qu'il l'avertit. Il te retirera aussi de la d&#233;tresse, pour te mettre au large, en pleine libert&#233;, et ta table sera charg&#233;e de mets succulents. Mais si tu d&#233;fends ta cause comme un impie, le ch&#226;timent est ins&#233;parable de ta cause. Que l'irritation ne t'entra&#238;ne pas &#224; la moquerie, et que la grandeur de la ran&#231;on ne te fasse pas d&#233;vier ! Tes cris suffiraient-ils pour te sortir d'angoisse, et m&#234;me toutes les forces que tu pourrais d&#233;ployer ? Ne soupire pas apr&#232;s la nuit, qui enl&#232;ve les peuples de leur place. Garde-toi de te livrer au mal, car la souffrance t'y dispose. Dieu est grand par sa puissance ; qui saurait enseigner comme lui ? Qui lui prescrit ses voies ? Qui ose dire : Tu fais mal ? Souviens-toi d'exalter ses &#339;uvres, que c&#233;l&#232;brent tous les hommes. Tout homme les contemple, chacun les voit de loin. Dieu est grand, mais sa grandeur nous &#233;chappe, le nombre de ses ann&#233;es est imp&#233;n&#233;trable. Il attire &#224; lui les gouttes d'eau, il les r&#233;duit en vapeur et forme la pluie ; les nuages la laissent couler, ils la r&#233;pandent sur la foule des hommes. Et qui comprendra le d&#233;chirement de la nu&#233;e, le fracas de sa tente ? Voici, il &#233;tend autour de lui sa lumi&#232;re, et il se cache jusque dans les profondeurs de la mer. Par ces moyens il juge les peuples, et il donne la nourriture avec abondance. Il prend la lumi&#232;re dans sa main, il la dirige sur ses adversaires. Il s'annonce par un grondement ; les troupeaux pressentent son approche.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 37&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mon c&#339;ur est tout tremblant, il bondit hors de sa place. &#201;coutez, &#233;coutez le fr&#233;missement de sa voix, le grondement qui sort de sa bouche ! Il le fait rouler dans toute l'&#233;tendue des cieux, et son &#233;clair brille jusqu'aux extr&#233;mit&#233;s de la terre. Puis &#233;clate un rugissement : il tonne de sa voix majestueuse ; il ne retient plus l'&#233;clair, d&#232;s que sa voix retentit. Dieu tonne avec sa voix d'une mani&#232;re merveilleuse ; il fait de grandes choses que nous ne comprenons pas. Il dit &#224; la neige : Tombe sur la terre ! Il le dit &#224; la pluie, m&#234;me aux plus fortes pluies. Il met un sceau sur la main de tous les hommes, afin que tous se reconnaissent comme ses cr&#233;atures. L'animal sauvage se retire dans une caverne, et se couche dans sa tani&#232;re. L'ouragan vient du midi, et le froid, des vents du nord. Par son souffle Dieu produit la glace, il r&#233;duit l'espace o&#249; se r&#233;pandaient les eaux. Il charge de vapeurs les nuages, il les disperse &#233;tincelants ; Leurs &#233;volutions varient selon ses desseins, pour l'accomplissement de tout ce qu'il leur ordonne, sur la face de la terre habit&#233;e ; C'est comme une verge dont il frappe sa terre, ou comme un signe de son amour, qu'il les fait appara&#238;tre. Job, sois attentif &#224; ces choses ! Consid&#232;re encore les merveilles de Dieu ! Sais-tu comment Dieu les dirige, et fait briller son nuage &#233;tincelant ? Comprends-tu le balancement des nu&#233;es, les merveilles de celui dont la science est parfaite ? Sais-tu pourquoi tes v&#234;tements sont chauds quand la terre se repose par le vent du midi ? Peux-tu comme lui &#233;tendre les cieux, aussi solides qu'un miroir de fonte ? Fais-nous conna&#238;tre ce que nous devons lui dire ; nous sommes trop ignorants pour nous adresser &#224; lui. Lui annoncera-t-on que je parlerai ? Mais quel est l'homme qui d&#233;sire sa perte ? On ne peut fixer le soleil qui resplendit dans les cieux, lorsqu'un vent passe et en ram&#232;ne la puret&#233; ; Le septentrion le rend &#233;clatant comme l'or. Oh ! que la majest&#233; de Dieu est redoutable ! Nous ne saurions parvenir jusqu'au Tout Puissant, grand par la force, par la justice, par le droit souverain : Il ne r&#233;pond pas ! C'est pourquoi les hommes doivent le craindre ; il ne porte les regards sur aucun sage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 38&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;ternel r&#233;pondit &#224; Job du milieu de la temp&#234;te et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui est celui qui obscurcit mes desseins par des discours sans intelligence ? Ceins tes reins comme un vaillant homme ; je t'interrogerai, et tu m'instruiras. O&#249; &#233;tais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le, si tu as de l'intelligence. Qui en a fix&#233; les dimensions, le sais-tu ? Ou qui a &#233;tendu sur elle le cordeau ? Sur quoi ses bases sont-elles appuy&#233;es ? Ou qui en a pos&#233; la pierre angulaire, alors que les &#233;toiles du matin &#233;clataient en chants d'all&#233;gresse, et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie ? Qui a ferm&#233; la mer avec des portes, quand elle s'&#233;lan&#231;a du sein maternel ; quand je fis de la nu&#233;e son v&#234;tement, et de l'obscurit&#233; ses langes ; quand je lui imposai ma loi, et que je lui mis des barri&#232;res et des portes ; quand je dis : Tu viendras jusqu'ici, tu n'iras pas au del&#224; ; ici s'arr&#234;tera l'orgueil de tes flots ? Depuis que tu existes, as-tu command&#233; au matin ? As-tu montr&#233; sa place &#224; l'aurore, pour qu'elle saisisse les extr&#233;mit&#233;s de la terre, et que les m&#233;chants en soient secou&#233;s ; pour que la terre se transforme comme l'argile qui re&#231;oit une empreinte, et qu'elle soit par&#233;e comme d'un v&#234;tement ; pour que les m&#233;chants soient priv&#233;s de leur lumi&#232;re, et que le bras qui se l&#232;ve soit bris&#233; ? As-tu p&#233;n&#233;tr&#233; jusqu'aux sources de la mer ? T'es-tu promen&#233; dans les profondeurs de l'ab&#238;me ? Les portes de la mort t'ont-elles &#233;t&#233; ouvertes ? As-tu vu les portes de l'ombre de la mort ? As-tu embrass&#233; du regard l'&#233;tendue de la terre ? Parle, si tu sais toutes ces choses. O&#249; est le chemin qui conduit au s&#233;jour de la lumi&#232;re ? Et les t&#233;n&#232;bres, o&#249; ont-elles leur demeure ? Peux-tu les saisir &#224; leur limite, et conna&#238;tre les sentiers de leur habitation ? Tu le sais, car alors tu &#233;tais n&#233;, et le nombre de tes jours est grand ! Es-tu parvenu jusqu'aux amas de neige ? As-tu vu les d&#233;p&#244;ts de gr&#234;le, que je tiens en r&#233;serve pour les temps de d&#233;tresse, pour les jours de guerre et de bataille ? Par quel chemin la lumi&#232;re se divise-t-elle, et le vent d'orient se r&#233;pand-il sur la terre ? Qui a ouvert un passage &#224; la pluie, et trac&#233; la route de l'&#233;clair et du tonnerre, pour que la pluie tombe sur une terre sans habitants, sur un d&#233;sert o&#249; il n'y a point d'hommes ; pour qu'elle abreuve les lieux solitaires et arides, et qu'elle fasse germer et sortir l'herbe ? La pluie a-t-elle un p&#232;re ? Qui fait na&#238;tre les gouttes de la ros&#233;e ? Du sein de qui sort la glace, et qui enfante le frimas du ciel, pour que les eaux se cachent comme une pierre, et que la surface de l'ab&#238;me soit encha&#238;n&#233;e ? Noues-tu les liens des Pl&#233;iades, ou d&#233;taches-tu les cordages de l'Orion ? Fais-tu para&#238;tre en leur temps les signes du zodiaque, et conduis-tu la Grande Ourse avec ses petits ? Connais-tu les lois du ciel ? R&#232;gles-tu son pouvoir sur la terre ? &#201;l&#232;ves-tu la voix jusqu'aux nu&#233;es, pour appeler &#224; toi des torrents d'eaux ? Lances-tu les &#233;clairs ? Partent-ils ? Te disent-ils : Nous voici ? Qui a mis la sagesse dans le c&#339;ur, ou qui a donn&#233; l'intelligence &#224; l'esprit ? Qui peut avec sagesse compter les nuages, et verser les outres des cieux, pour que la poussi&#232;re se mette &#224; ruisseler, et que les mottes de terre se collent ensemble ? Chasses-tu la proie pour la lionne, et apaises-tu la faim des lionceaux, quand ils sont couch&#233;s dans leur tani&#232;re, quand ils sont en embuscade dans leur repaire ? Qui pr&#233;pare au corbeau sa p&#226;ture, quand ses petits crient vers Dieu, quand ils sont errants et affam&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 39&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sais-tu quand les ch&#232;vres sauvages font leurs petits ? Observes-tu les biches quand elles mettent bas ? Comptes-tu les mois pendant lesquels elles portent, et connais-tu l'&#233;poque o&#249; elles enfantent ? Elles se courbent, laissent &#233;chapper leur prog&#233;niture, et sont d&#233;livr&#233;es de leurs douleurs. Leurs petits prennent de la vigueur et grandissent en plein air, ils s'&#233;loignent et ne reviennent plus aupr&#232;s d'elles. Qui met en libert&#233; l'&#226;ne sauvage, et l'affranchit de tout lien ? J'ai fait du d&#233;sert son habitation, de la terre sal&#233;e sa demeure. Il se rit du tumulte des villes, il n'entend pas les cris d'un ma&#238;tre. Il parcourt les montagnes pour trouver sa p&#226;ture, il est &#224; la recherche de tout ce qui est vert. Le buffle veut-il &#234;tre &#224; ton service ? Passe-t-il la nuit vers ta cr&#232;che ? L'attaches-tu par une corde pour qu'il trace un sillon ? Va-t-il apr&#232;s toi briser les mottes des vall&#233;es ? Te reposes-tu sur lui, parce que sa force est grande ? Lui abandonnes-tu le soin de tes travaux ? Te fies-tu &#224; lui pour la rentr&#233;e de ta r&#233;colte ? Est-ce lui qui doit l'amasser dans ton aire ? L'aile de l'autruche se d&#233;ploie joyeuse ; on dirait l'aile, le plumage de la cigogne. Mais l'autruche abandonne ses &#339;ufs &#224; la terre, et les fait chauffer sur la poussi&#232;re ; Elle oublie que le pied peut les &#233;craser, qu'une b&#234;te des champs peut les fouler. Elle est dure envers ses petits comme s'ils n'&#233;taient point &#224; elle ; elle ne s'inqui&#232;te pas de l'inutilit&#233; de son enfantement. Car Dieu lui a refus&#233; la sagesse, il ne lui a pas donn&#233; l'intelligence en partage. Quand elle se l&#232;ve et prend sa course, elle se rit du cheval et de son cavalier. Est-ce toi qui donnes la vigueur au cheval, et qui rev&#234;ts son cou d'une crini&#232;re flottante ? Le fais-tu bondir comme la sauterelle ? Son fier hennissement r&#233;pand la terreur. Il creuse le sol et se r&#233;jouit de sa force, il s'&#233;lance au-devant des armes ; Il se rit de la crainte, il n'a pas peur, il ne recule pas en face de l'&#233;p&#233;e. Sur lui retentit le carquois, brillent la lance et le javelot. Bouillonnant d'ardeur, il d&#233;vore la terre, il ne peut se contenir au bruit de la trompette. Quand la trompette sonne, il dit : En avant ! Et de loin il flaire la bataille, la voix tonnante des chefs et les cris de guerre. Est-ce par ton intelligence que l'&#233;pervier prend son vol, et qu'il &#233;tend ses ailes vers le midi ? Est-ce par ton ordre que l'aigle s'&#233;l&#232;ve, et qu'il place son nid sur les hauteurs ? C'est dans les rochers qu'il habite, qu'il a sa demeure, sur la cime des rochers, sur le sommet des monts. De l&#224; il &#233;pie sa proie, il plonge au loin les regards. Ses petits boivent le sang ; et l&#224; o&#249; sont des cadavres, l'aigle se trouve.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 40&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;ternel, s'adressant &#224; Job, dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui dispute contre le Tout Puissant est-il convaincu ? Celui qui conteste avec Dieu a-t-il une r&#233;plique &#224; faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Job r&#233;pondit &#224; l'&#201;ternel et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici, je suis trop peu de chose ; que te r&#233;pliquerais-je ? Je mets la main sur ma bouche. J'ai parl&#233; une fois, je ne r&#233;pondrai plus ; deux fois, je n'ajouterai rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;ternel r&#233;pondit &#224; Job du milieu de la temp&#234;te et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceins tes reins comme un vaillant homme ; je t'interrogerai, et tu m'instruiras. An&#233;antiras-tu jusqu'&#224; ma justice ? Me condamneras-tu pour te donner droit ? As-tu un bras comme celui de Dieu, une voix tonnante comme la sienne ? Orne-toi de magnificence et de grandeur, rev&#234;ts-toi de splendeur et de gloire ! R&#233;pands les flots de ta col&#232;re, et d'un regard abaisse les hautains ! D'un regard humilie les hautains, &#233;crase sur place les m&#233;chants, cache-les tous ensemble dans la poussi&#232;re, enferme leur front dans les t&#233;n&#232;bres ! Alors je rends hommage &#224; la puissance de ta droite. Voici l'hippopotame, &#224; qui j'ai donn&#233; la vie comme &#224; toi ! Il mange de l'herbe comme le b&#339;uf. Le voici ! Sa force est dans ses reins, et sa vigueur dans les muscles de son ventre ; il plie sa queue aussi ferme qu'un c&#232;dre ; les nerfs de ses cuisses sont entrelac&#233;s ; ses os sont des tubes d'airain, ses membres sont comme des barres de fer. Il est la premi&#232;re des &#339;uvres de Dieu ; celui qui l'a fait l'a pourvu d'un glaive. Il trouve sa p&#226;ture dans les montagnes, o&#249; se jouent toutes les b&#234;tes des champs. Il se couche sous les lotus, au milieu des roseaux et des mar&#233;cages ; les lotus le couvrent de leur ombre, les saules du torrent l'environnent. Que le fleuve vienne &#224; d&#233;border, il ne s'enfuit pas : que le Jourdain se pr&#233;cipite dans sa gueule, il reste calme. Est-ce &#224; force ouverte qu'on pourra le saisir ? Est-ce au moyen de filets qu'on lui percera le nez ? Prendras-tu le crocodile &#224; l'hame&#231;on ? Saisiras-tu sa langue avec une corde ? Mettras-tu un jonc dans ses narines ? Lui perceras-tu la m&#226;choire avec un crochet ? Te pressera-t-il de supplication ? Te parlera-t-il d'une voix douce ? Fera-t-il une alliance avec toi, pour devenir &#224; toujours ton esclave ? Joueras-tu avec lui comme avec un oiseau ? L'attacheras-tu pour amuser tes jeunes filles ? Les p&#234;cheurs en trafiquent-ils ? Le partagent-ils entre les marchands ? Couvriras-tu sa peau de dards, et sa t&#234;te de harpons ? Dresse ta main contre lui, et tu ne t'aviseras plus de l'attaquer. Voici, on est tromp&#233; dans son attente ; &#224; son seul aspect n'est-on pas terrass&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 41&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nul n'est assez hardi pour l'exciter ; qui donc me r&#233;sisterait en face ? De qui suis-je le d&#233;biteur ? Je le paierai. Sous le ciel tout m'appartient. Je veux encore parler de ses membres, et de sa force, et de la beaut&#233; de sa structure. Qui soul&#232;vera son v&#234;tement ? Qui p&#233;n&#233;trera entre ses m&#226;choires ? Qui ouvrira les portes de sa gueule ? Autour de ses dents habite la terreur. Ses magnifiques et puissants boucliers sont unis ensemble comme par un sceau ; Ils se serrent l'un contre l'autre, et l'air ne passerait pas entre eux ; ce sont des fr&#232;res qui s'embrassent, se saisissent, demeurent ins&#233;parables. Ses &#233;ternuements font briller la lumi&#232;re ; ses yeux sont comme les paupi&#232;res de l'aurore. Des flammes jaillissent de sa bouche, des &#233;tincelles de feu s'en &#233;chappent. Une fum&#233;e sort de ses narines, comme d'un vase qui bout, d'une chaudi&#232;re ardente. Son souffle allume les charbons, sa gueule lance la flamme. La force a son cou pour demeure, et l'effroi bondit au-devant de lui. Ses parties charnues tiennent ensemble, fondues sur lui, in&#233;branlables. Son c&#339;ur est dur comme la pierre, dur comme la meule inf&#233;rieure. Quand il se l&#232;ve, les plus vaillants ont peur, et l'&#233;pouvante les fait fuir. C'est en vain qu'on l'attaque avec l'&#233;p&#233;e ; la lance, le javelot, la cuirasse, ne servent &#224; rien. Il regarde le fer comme de la paille, l'airain comme du bois pourri. La fl&#232;che ne le met pas en fuite, les pierres de la fronde sont pour lui du chaume. Il ne voit dans la massue qu'un brin de paille, il rit au sifflement des dards. Sous son ventre sont des pointes aigu&#235;s : On dirait une herse qu'il &#233;tend sur le limon. Il fait bouillir le fond de la mer comme une chaudi&#232;re, il l'agite comme un vase rempli de parfums. Il laisse apr&#232;s lui un sentier lumineux ; l'ab&#238;me prend la chevelure d'un vieillard. Sur la terre nul n'est son ma&#238;tre ; il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour ne rien craindre. Il regarde avec d&#233;dain tout ce qui est &#233;lev&#233;, il est le roi des plus fiers animaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre 42&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Job r&#233;pondit &#224; l'&#201;ternel et dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Je reconnais que tu peux tout, et que rien ne s'oppose &#224; tes pens&#233;es. Quel est celui qui a la folie d'obscurcir mes desseins ? Oui, j'ai parl&#233;, sans les comprendre, de merveilles qui me d&#233;passent et que je ne con&#231;ois pas. &#201;coute-moi, et je parlerai ; je t'interrogerai, et tu m'instruiras. Mon oreille avait entendu parler de toi ; mais maintenant mon oeil t'a vu. C'est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussi&#232;re et sur la cendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que l'&#201;ternel eut adress&#233; ces paroles &#224; Job, il dit &#224; &#201;liphaz de Th&#233;man : &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma col&#232;re est enflamm&#233;e contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n'avez pas parl&#233; de moi avec droiture comme l'a fait mon serviteur Job. Prenez maintenant sept taureaux et sept b&#233;liers, allez aupr&#232;s de mon serviteur Job, et offrez pour vous un holocauste. Job, mon serviteur, priera pour vous, et c'est par &#233;gard pour lui seul que je ne vous traiterai pas selon votre folie ; car vous n'avez pas parl&#233; de moi avec droiture, comme l'a fait mon serviteur Job.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#201;liphaz de Th&#233;man, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama all&#232;rent et firent comme l'&#201;ternel leur avait dit : et l'&#201;ternel eut &#233;gard &#224; la pri&#232;re de Job. L'&#201;ternel r&#233;tablit Job dans son premier &#233;tat, quand Job eut pri&#233; pour ses amis ; et l'&#201;ternel lui accorda le double de tout ce qu'il avait poss&#233;d&#233;. Les fr&#232;res, les s&#339;urs, et les anciens amis de Job vinrent tous le visiter, et ils mang&#232;rent avec lui dans sa maison. Ils le plaignirent et le consol&#232;rent de tous les malheurs que l'&#201;ternel avait fait venir sur lui, et chacun lui donna un kesita et un anneau d'or. Pendant ses derni&#232;res ann&#233;es, Job re&#231;ut de l'&#201;ternel plus de b&#233;n&#233;dictions qu'il n'en avait re&#231;u dans les premi&#232;res. Il poss&#233;da quatorze mille brebis, six mille chameaux, mille paires de b&#339;ufs, et mille &#226;nesses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il eut sept fils et trois filles : Il donna &#224; la premi&#232;re le nom de Jemima, &#224; la seconde celui de Ketsia, et &#224; la troisi&#232;me celui de K&#233;ren Happuc. Il n'y avait pas dans tout le pays d'aussi belles femmes que les filles de Job. Leur p&#232;re leur accorda une part d'h&#233;ritage parmi leurs fr&#232;res. Job v&#233;cut apr&#232;s cela cent quarante ans, et il vit ses fils et les fils de ses fils jusqu'&#224; la quatri&#232;me g&#233;n&#233;ration. Et Job mourut &#226;g&#233; et rassasi&#233; de jours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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