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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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<item xml:lang="fr">
		<title>De l'&#233;tat civil (CS, I, 8)</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/De-l-etat-civil-CS-I-8</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rousseau, Jean-Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce passage de l'&#233;tat de nature &#224; l'&#233;tat civil produit dans l'homme un changement tr&#232;s remarquable, en substituant dans sa conduite la justice &#224; l'instinct, et donnant &#224; ses actions la moralit&#233; qui leur manquait auparavant. C'est alors seulement que, la voix du devoir succ&#233;dant &#224; l'impulsion physique et le droit &#224; l'app&#233;tit, l'homme, qui jusque-l&#224; n'avait regard&#233; que lui-m&#234;me, se voit forc&#233; d'agir sur d'autres principes, et de consulter sa raison amant d'&#233;coute, ses penchants. Quoiqu'il se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Du-contrat-social-" rel="directory"&gt;Du contrat social&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce passage de l'&#233;tat de nature &#224; l'&#233;tat civil produit dans l'homme un changement tr&#232;s remarquable, en substituant dans sa conduite la justice &#224; l'instinct, et donnant &#224; ses actions la moralit&#233; qui leur manquait auparavant. C'est alors seulement que, la voix du devoir succ&#233;dant &#224; l'impulsion physique et le droit &#224; l'app&#233;tit, l'homme, qui jusque-l&#224; n'avait regard&#233; que lui-m&#234;me, se voit forc&#233; d'agir sur d'autres principes, et de consulter sa raison amant d'&#233;coute, ses penchants. Quoiqu'il se prive dans cet &#233;tat de plusieurs avantages qu'il tient de la nature, il en regagne de si grands, ses facult&#233;s s'exercent et se d&#233;veloppent, ses. id&#233;es s'&#233;tendent, ses sentiments s'ennoblissent, son &#226;me tout enti&#232;re s'&#233;l&#232;ve &#224; tel point que, si les abus de cette nouvelle condition ne le d&#233;gradaient souvent au-dessous de celle dont il est sorti, il devrait b&#233;nir sans cesse l'instant heureux qui l'en arracha pour jamais et qui, d'un animal stupide et born&#233;, fit un &#234;tre intelligent et un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duisons toute cette balance &#224; des termes faciles &#224; comparer ; ce que l'homme perd par le contrat social, c'est sa libert&#233; naturelle et un droit illimit&#233; &#224; tout ce qui le tente et qu'il peut atteindre ; ce qu'il gagne, c'est la libert&#233; civile et la propri&#233;t&#233; de tout ce qu'il poss&#232;de. Pour ne pas se tromper dans ces compensations, il faut bien distinguer la libert&#233; naturelle, qui n'a pour bornes que les forces de l'individu, de la libert&#233; civile, qui est limit&#233;e par la volont&#233; g&#233;n&#233;rale ; et la possession, qui n'est que l'effet de la force ou le droit du premier occupant, de la propri&#233;t&#233;, qui ne peut &#234;tre fond&#233;e que sur un titre positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait, sur ce qui pr&#233;c&#232;de, ajouter &#224; l'acquis de l'&#233;tat civil la libert&#233; morale qui seule rend l'homme vraiment ma&#238;tre de lui ; car l'impulsion du seul app&#233;tit est esclavage, et l'ob&#233;issance &#224; la loi qu'on s'est prescrite est libert&#233;. Mais je n'en ai d&#233;j&#224; que trop dit sur cet article, et le sens philosophique du mot libert&#233; n'est pas ici de mon sujet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rousseau, &lt;i&gt;Du contrat social&lt;/i&gt;, I, 8.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du droit du plus fort (CS, I, 3)</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Du-droit-du-plus-fort-CS-I-3</link>
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		<dc:date>2008-12-21T17:16:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rousseau, Jean-Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le plus fort n'est jamais assez fort pour &#234;tre toujours le ma&#238;tre, s'il ne transforme sa force en droit, et l'ob&#233;issance en devoir. De l&#224; le droit du plus fort ; droit pris ironiquement en apparence, et r&#233;ellement &#233;tabli en principe. Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot ? La force est une puissance physique ; je ne vois point quelle moralit&#233; peut r&#233;sulter de ses effets. C&#233;der &#224; la force est un acte de n&#233;cessit&#233;, non de volont&#233; ; c'est tout au plus un acte de prudence. En quel sens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Du-contrat-social-" rel="directory"&gt;Du contrat social&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le plus fort n'est jamais assez fort pour &#234;tre toujours le ma&#238;tre, s'il ne transforme sa force en droit, et l'ob&#233;issance en devoir. De l&#224; le droit du plus fort ; droit pris ironiquement en apparence, et r&#233;ellement &#233;tabli en principe. Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot ? La force est une puissance physique ; je ne vois point quelle moralit&#233; peut r&#233;sulter de ses effets. C&#233;der &#224; la force est un acte de n&#233;cessit&#233;, non de volont&#233; ; c'est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce &#234;tre un devoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons un moment ce pr&#233;tendu droit. Je dis qu'il n'en r&#233;sulte qu'un galimatias inexplicable ; car, sit&#244;t que c'est la force qui fait le droit, l'effet change avec la cause : toute force qui surmonte la premi&#232;re succ&#232;de &#224; son droit. Sit&#244;t qu'on peut d&#233;sob&#233;ir impun&#233;ment, on le peut l&#233;gitimement ; et, puisque le plus fort a toujours raison, il ne s'agit que de faire en sorte qu'on soit le plus fort. Or, qu'est-ce qu'un droit qui p&#233;rit quand la force cesse ? S'il faut ob&#233;ir par force, on n'a pas besoin d'ob&#233;ir par devoir ; et si l'on n'est plus forc&#233; d'ob&#233;ir, on n'y est plus oblig&#233;. On voit donc que ce mot de droit n'ajoute rien &#224; la force ; il ne signifie ici rien du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ob&#233;issez aux puissances. Si cela veut dire : C&#233;dez &#224; la force, le pr&#233;cepte est bon, mais superflu ; je r&#233;ponds qu'il ne sera jamais viol&#233;. Toute puissance vient de Dieu, je l'avoue ; mais toute maladie en vient aussi : est-ce &#224; dire qu'il soit d&#233;fendu d'appeler le m&#233;decin ? Qu'un brigand me surprenne au coin d'un bois, non seulement il faut par force donner sa bourse ; mais, quand je pourrais la soustraire, suis-je en conscience oblig&#233; de la donner ? Car, enfin, le pistolet qu'il tient est une puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu'on n'est oblig&#233; d'ob&#233;ir qu'aux puissances l&#233;gitimes. Ainsi ma question primitive revient toujours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rousseau, &lt;i&gt;Du contrat social&lt;/i&gt;, I, 3.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'esclavage (CS, I, 4)</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/De-l-esclavage-CS-I-4</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/De-l-esclavage-CS-I-4</guid>
		<dc:date>2006-01-25T19:16:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rousseau, Jean-Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Puisque aucun homme n'a une autorit&#233; naturelle sur son semblable, et puisque la force ne produit aucun droit, restent donc les conventions pour base de toute autorit&#233; l&#233;gitime parmi les hommes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si un particulier, dit Grotius, peut ali&#233;ner sa libert&#233; et se rendre esclave d'un ma&#238;tre, pourquoi tout un peuple ne pourrait-il pas ali&#233;ner la sienne et se rendre sujet d'un roi ? Il y a l&#224; bien des mots &#233;quivoques qui auraient besoin d'explication ; mais tenons-nous-en &#224; celui d'ali&#233;ner. Ali&#233;ner, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Du-contrat-social-" rel="directory"&gt;Du contrat social&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Puisque aucun homme n'a une autorit&#233; naturelle sur son semblable, et puisque la force ne produit aucun droit, restent donc les conventions pour base de toute autorit&#233; l&#233;gitime parmi les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un particulier, dit Grotius, peut ali&#233;ner sa libert&#233; et se rendre esclave d'un ma&#238;tre, pourquoi tout un peuple ne pourrait-il pas ali&#233;ner la sienne et se rendre sujet d'un roi ? Il y a l&#224; bien des mots &#233;quivoques qui auraient besoin d'explication ; mais tenons-nous-en &#224; celui d'ali&#233;ner. Ali&#233;ner, c'est donner ou vendre. Or, un homme qui se fait esclave d'un autre ne se donne pas ; il se vend tout au moins pour sa subsistance : mais un peuple, pourquoi se vend-il ? Bien loin qu'un roi fournisse &#224; ses sujets leur subsistance, il ne tire la sienne que d'eux ; et, selon Rabelais, un roi ne vit pas de peu. Les sujets donnent donc leur personne, &#224; condition qu'on prendra aussi leur bien ? Je ne vois pas ce qu'il leur reste &#224; conserver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que le despote assure &#224; ses sujets la tranquillit&#233; civile ; soit : mais qu'y gagnent-ils, si les guerres que son ambition leur attire, si son insatiable avidit&#233;, si les vexations de son minist&#232;re les d&#233;solent plus que ne feraient leurs dissensions ? Qu'y gagnent-ils, si cette tranquillit&#233; m&#234;me est une de leurs mis&#232;res ? On vit tranquille aussi dans les cachots : en est-ce assez pour s'y trouver bien ? Les Grecs enferm&#233;s dans l'antre du Cyclope y vivaient tranquilles, en attendant que leur tour vint d'&#234;tre d&#233;vor&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire qu'un homme se donne gratuitement, c'est dire une chose absurde et inconcevable ; un tel acte est ill&#233;gitime et nul, par cela seul que celui qui le fait n'est pas dans son bon sens. Dire la m&#234;me chose de tout un peuple, c'est supposer un peuple de fous ; la folie ne fait pas droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand chacun pourrait s'ali&#233;ner lui-m&#234;me, il ne peut ali&#233;ner ses enfants ; ils naissent hommes et libres ; leur libert&#233; leur appartient, nul n'a droit d'en disposer qu'eux. Avant qu'ils soient en &#226;ge de raison, le p&#232;re peut, en leur nom, stipuler des conditions pour leur conservation, pour leur bien-&#234;tre, mais non les donner irr&#233;vocablement et sans condition ; car un tel don est contraire aux fins de la nature, et passe les droits de la paternit&#233;. Il faudrait donc, pour qu'un gouvernement arbitraire f&#251;t l&#233;gitime, qu'&#224; chaque g&#233;n&#233;ration le peuple f&#251;t le ma&#238;tre de l'admettre ou de le rejeter : mais alors ce gouvernement ne serait plus arbitraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renoncer &#224; sa libert&#233;, c'est renoncer &#224; sa qualit&#233; d'homme, aux droits de l'humanit&#233;, m&#234;me &#224; ses devoirs. Il n'y a nul d&#233;dommagement possible pour quiconque renonce &#224; tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l'homme ; et c'est &#244;ter toute moralit&#233; &#224; ses actions que d'&#244;ter toute libert&#233; &#224; sa volont&#233;. Enfin c'est une convention vaine et contradictoire de stipuler d'une part une autorit&#233; absolue, et de l'autre une ob&#233;issance sans bornes. N'est-il pas clair qu'on n'est engag&#233; &#224; rien envers celui dont on a droit de tout exiger ? Et cette seule condition, sans &#233;quivalent, sans &#233;change, n'entra&#238;ne-t-elle pas la nullit&#233; de l'acte ? Car, quel droit mon esclave aurait-il contre moi, puisque tout ce qu'il a m'appartient et que, son droit &#233;tant le mien, ce droit de moi contre moi-m&#234;me est un mot qui n'a aucun sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grotius et les autres tirent de la guerre une autre origine du pr&#233;tendu droit d'esclavage. Le vainqueur ayant, selon eux, le droit de tuer le vaincu, celui-ci peut racheter sa vie aux d&#233;pens de sa libert&#233; ; convention d'autant plus l&#233;gitime qu'elle tourne au profit de tous deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est clair que ce pr&#233;tendu droit de tuer les vaincus ne r&#233;sulte en aucune mani&#232;re de l'&#233;tat de guerre. Par cela seul, que les hommes, vivant dans leur primitive ind&#233;pendance, n'ont point entre eux de rapport assez constant pour constituer ni l'&#233;tat de paix ni l'&#233;tat de guerre, ils ne sont point naturellement ennemis. C'est le rapport des choses et non des hommes qui constitue la guerre ; et l'&#233;tat de guerre ne pouvant na&#238;tre des simples relations personnelles, mais seulement des relations r&#233;elles, la guerre priv&#233;e ou d'homme &#224; homme ne peut exister ni dans l'&#233;tat de nature, o&#249; il n'y a point de propri&#233;t&#233; constante, ni dans l'&#233;tat social, o&#249; tout est sous l'autorit&#233; des lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les combats particuliers, les duels, les rencontres, sont -des actes qui ne constituent point un &#233;tat ; et &#224; l'&#233;gard des guerres priv&#233;es, autoris&#233;es par les &#201;tablissements de Louis IX, roi de France, et suspendues par. la paix de Dieu, ce sont des abus du gouvernement f&#233;odal, syst&#232;me absurde, s'il en fut jamais, contraire aux principes du droit naturel et &#224; toute bonne politie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre n'est donc point une relation d'homme &#224; homme, mais une relation d'&#201;tat &#224; &#201;tat, dans laquelle les particuliers ne sont ennemis qu'accidentellement, non point comme hommes, ni m&#234;me comme citoyens (a), mais comme soldats ; non point comme membres de la patrie, mais comme ses d&#233;fenseurs. Enfin chaque &#201;tat ne peut avoir pour ennemis que d'autres &#201;tats, et non pas des hommes, attendu qu'entre choses de diverses natures on ne peut fixer aucun vrai rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe est m&#234;me conforme aux maximes &#233;tablies de tous les temps et &#224; la pratique constante de tous les peuples polic&#233;s. Les d&#233;clarations de guerre sont moins des avertissements aux puissances qu'&#224; leurs sujets. L'&#233;tranger, soit roi, soit particulier, soit peuple, qui vole, tue, ou d&#233;tient les sujets, sans d&#233;clarer la guerre au prince, n'est pas un ennemi, c'est un brigand. M&#234;me en pleine guerre, un prince juste s'empare bien, en pays ennemi, de tout ce qui appartient au public ; mais il respecte la personne et les biens des particuliers ; il respecte des droits sur lesquels sont fond&#233;s les siens. La fin de la guerre &#233;tant la destruction de l'&#201;tat ennemi, on a droit d'en tuer les d&#233;fenseurs tant qu'ils ont les armes &#224; la main ; mais sit&#244;t qu'ils les posent et se rendent, cessant d'&#234;tre ennemis ou instruments de. l'ennemi, ils redeviennent simplement hommes, et l'on n'a plus de droit sur leur vie. Quelquefois, on peut tuer l'&#201;tat sans tuer un seul de ses membres : or la guerre ne donne aucun droit qui ne soit n&#233;cessaire &#224; sa fin. Ces principes ne sont pas ceux de Grotius ; ils ne sont pas fond&#233;s sur des autorit&#233;s de po&#232;tes ; mais ils d&#233;rivent de la nature des choses, et sont fond&#233;s sur la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;gard du droit de conqu&#234;te, il n'a d'autre fondement que la loi du plus fort. Si la guerre ne donne point au vainqueur le droit de massacrer les peuples vaincus, ce droit qu'il n'a pas ne peut fonder celui de les asservir. On n'a le droit de tuer l'ennemi que quand on ne peut le faire esclave ; le droit de le faire esclave ne vient donc pas du droit de le tuer : c'est donc un &#233;change inique de lui faire acheter au prix de sa libert&#233; sa vie, sur laquelle on n'a aucun droit. En &#233;tablissant le droit de vie et de mort sur le droit d'esclavage, et le droit d'esclavage sur le droit de vie et de mort, n'est-il pas clair qu'on tombe dans le cercle vicieux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En supposant m&#234;me ce terrible droit de tout tuer, je dis qu'un esclave fait &#224; la guerre, ou un peuple conquis, n'est tenu &#224; rien du tout envers son ma&#238;tre, qu'&#224; lui ob&#233;ir autant qu'il y est forc&#233;. En prenant un &#233;quivalent &#224; sa vie, le vainqueur ne lui en a point fait gr&#226;ce : au lieu de le tuer sans fruit, il l'a tu&#233; utilement. Loin donc qu'il ait acquis sur lui nulle autorit&#233; jointe &#224; la force, l'&#233;tat de guerre subsiste entre eux comme auparavant, leur relation m&#234;me en est l'effet ; et l'usage du droit de la guerre ne suppose aucun trait&#233; de paix. Ils ont fait une convention ; soit : mais cette convention, loin de d&#233;truire l'&#233;tat de guerre, en suppose la continuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, de quelque sens qu'on envisage les choses, le droit d'esclavage est nul, non seulement parce qu'il est ill&#233;gitime, mais parce qu'il est absurde et ne signifie rien. Ces mots, esclave et droit, sont contradictoires ; ils s'excluent mutuellement. Soit d'un homme &#224; un homme, soit d'un homme &#224; un peuple, ce discours sera toujours &#233;galement insens&#233; : &#171; Je fais avec toi une convention toute &#224; ta charge et toute &#224; mon profit, que j'observerai tant qu'il me plaira, et que tu observeras tant qu'il me plaira. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rousseau, &lt;strong&gt;Du contrat social&lt;/strong&gt;, Livre I, chap. 4.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du droit de vie et de mort (CS, II, 5)</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Du-droit-de-vie-et-de-mort-CS-II-5</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/Du-droit-de-vie-et-de-mort-CS-II-5</guid>
		<dc:date>2003-10-03T18:32:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rousseau, Jean-Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On demande comment les particuliers, n'ayant point droit de disposer de leur propre vie, peuvent transmettre au souverain ce m&#234;me droit qu'ils n'ont pas. Cette question ne para&#238;t difficile &#224; r&#233;soudre que parce qu'elle est mal pos&#233;e. Tout homme a droit de risquer sa propre vie pour la conserver. A-t-on jamais dit que celui qui se jette par une fen&#234;tre pour &#233;chapper &#224; un incendie soit coupable de suicide ? a-t-on m&#234;me jamais imput&#233; ce crime &#224; celui qui p&#233;rit dans une temp&#234;te dont en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Du-contrat-social-" rel="directory"&gt;Du contrat social&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On demande comment les particuliers, n'ayant point droit de disposer de leur propre vie, peuvent transmettre au souverain ce m&#234;me droit qu'ils n'ont pas. Cette question ne para&#238;t difficile &#224; r&#233;soudre que parce qu'elle est mal pos&#233;e. Tout homme a droit de risquer sa propre vie pour la conserver. A-t-on jamais dit que celui qui se jette par une fen&#234;tre pour &#233;chapper &#224; un incendie soit coupable de suicide ? a-t-on m&#234;me jamais imput&#233; ce crime &#224; celui qui p&#233;rit dans une temp&#234;te dont en s'embarquant il n'ignorait pas le danger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait&#233; social a pour fin la conservation des contractants. Qui veut la fin veut aussi les moyens, et ces moyens sont ins&#233;parables de quelques risques, m&#234;me de quelques pertes. Qui veut conserver sa vie aux d&#233;pens des autres doit la donner aussi pour eux quand il faut. Or, le citoyen n'est plus juge du p&#233;ril auquel la loi veut qu'il s'expose ; et quand le prince lui a dit : &#171; Il est exp&#233;dient &#224; l'&#201;tat que tu meures &#187;, il doit mourir, puisque ce n'est qu'&#224; cette condition qu'il a v&#233;cu en s&#251;ret&#233; jusqu'alors, et que sa vie n'est plus seulement un bienfait de la nature, mais un don conditionnel de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peine de mort inflig&#233;e aux criminels peut &#234;tre envisag&#233;e &#224; peu pr&#232;s sous le m&#234;me point de vue- c'est pour n'&#234;tre pas la victime d'un assassin que l'on consent &#224; mourir si on le devient. Dans ce trait&#233;, loin de disposer de sa propre vie, on ne songe qu'&#224; la garantir, et il n'est pas &#224; pr&#233;sumer qu'aucun des contractants pr&#233;m&#233;dite alors de se faire pendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, tout malfaiteur, attaquant le droit social, devient par ses forfaits rebelle et tra&#238;tre &#224; la patrie ; il cesse d'en &#234;tre membre en violant ses lois, et m&#234;me il lui fait la guerre. Alors la conservation de l'&#201;tat est incompatible avec la sienne ; il faut qu'un des deux p&#233;risse ; et quand on fait mourir le coupable, c'est moins comme citoyen que comme ennemi. Les proc&#233;dures, le jugement, sont les preuves et la d&#233;claration qu'il a rompu le trait&#233; social, et par cons&#233;quent qu'il n'est plus membre de l'&#201;tat. Or, comme il s'est reconnu tel, tout au moins par son s&#233;jour, il en doit &#234;tre retranch&#233; par l'exil comme infracteur du pacte, ou par la mort comme ennemi public ; car un tel ennemi n'est pas une personne morale, c'est un homme ; et c'est alors que le droit de la guerre est de tuer le vaincu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dira-t-on, la condamnation d'un criminel est un acte particulier. D'accord : aussi cette condamnation n'appartient-elle point au souverain ; c'est un droit qu'il peut conf&#233;rer sans pouvoir l'exercer lui-m&#234;me. Toutes mes id&#233;es se tiennent, mais je ne saurais les exposer toutes &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au reste, la fr&#233;quence des supplices est toujours un signe de faiblesse ou de paresse dans le gouvernement. Il n'y a point de m&#233;chant qu'on ne p&#251;t rendre bon &#224; quelque chose. On n'a droit de faire mourir, m&#234;me pour l'exemple, que celui qu'on ne peut conserver sans danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;gard du droit de faire gr&#226;ce ou d'exempter un coupable de la peine port&#233;e par la loi et prononc&#233;e par le juge, il n'appartient qu'&#224; celui qui est au-dessus du juge et de la loi, c'est-&#224;-dire au souverain ; encore son droit en ceci n'est-il pas bien net, et les cas d'en user sont-ils tr&#232;s rares. Dans un &#201;tat bien gouvern&#233;, il y a peu de punitions, non parce qu'on fait beaucoup de gr&#226;ces, mais parce qu'il y a peu de criminels : la multitude des crimes en assure l'impunit&#233; lorsque l'&#201;tat d&#233;p&#233;rit. Sous la r&#233;publique romaine, jamais le s&#233;nat ni les consuls ne tent&#232;rent de faire gr&#226;ce ; le peuple m&#234;me n'en faisait pas, quoiqu'il r&#233;voqu&#226;t quelquefois son propre jugement. Les fr&#233;quentes gr&#226;ces annoncent que, bient&#244;t les forfaits n'en auront plus besoin, et chacun voit o&#249; cela m&#232;ne. Mais je sens que mon c&#339;ur murmure et retient ma plume : laissons discuter ces questions &#224; l'homme juste qui n'a point failli, et qui jamais n'eut lui-m&#234;me besoin de gr&#226;ce.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rousseau, &lt;strong&gt;Du contrat social&lt;/strong&gt;, Livre II, chapitre 5&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Du pacte social (CS, I, 6)</title>
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		<dc:creator>Rousseau, Jean-Jacques</dc:creator>



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&lt;p&gt;Je suppose les hommes parvenus &#224; ce point o&#249; les obstacles qui nuisent &#224; leur conservation dans l'&#233;tat de nature l'emportent, par leur r&#233;sistance, sur les forces que chaque individu peut employer pour se maintenir dans cet &#233;tat. Alors cet &#233;tat primitif ne peut plus subsister ; et le genre humain p&#233;rirait s'il ne changeait de mani&#232;re d'&#234;tre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, comme les hommes ne peuvent engendrer de nouvelles forces, mais seulement unir et diriger celles qui existent, ils n'ont plus d'autre moyen, pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Du-contrat-social-" rel="directory"&gt;Du contrat social&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suppose les hommes parvenus &#224; ce point o&#249; les obstacles qui nuisent &#224; leur conservation dans l'&#233;tat de nature l'emportent, par leur r&#233;sistance, sur les forces que chaque individu peut employer pour se maintenir dans cet &#233;tat. Alors cet &#233;tat primitif ne peut plus subsister ; et le genre humain p&#233;rirait s'il ne changeait de mani&#232;re d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, comme les hommes ne peuvent engendrer de nouvelles forces, mais seulement unir et diriger celles qui existent, ils n'ont plus d'autre moyen, pour se conserver, que de former par agr&#233;gation une somme de forces qui puisse l'emporter sur la r&#233;sistance, de les mettre en jeu par un seul mobile et de les faire agir de concert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette somme de forces ne peut na&#238;tre que du concours de plusieurs ; mais la force et la libert&#233; de chaque homme &#233;tant les premiers instruments de sa conservation, comment les engagera-t-il sans se nuire et sans n&#233;gliger les soins qu'il se doit ? Cette difficult&#233;, ramen&#233;e &#224; mon sujet, peut s'&#233;noncer en ces termes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Trouver une forme d'association qui d&#233;fende et prot&#232;ge de toute la force commune la personne et les biens de chaque associ&#233;, et par laquelle chacun, s'unissant &#224; tous, n'ob&#233;isse pourtant qu'&#224; lui-m&#234;me, et reste aussi libre qu'auparavant. &#187; Tel est le probl&#232;me fondamental dont le Contrat social donne la solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les clauses de ce contrat sont tellement d&#233;termin&#233;es par la nature de l'acte, que la moindre modification les rendrait vaines et de nul effet ; en sorte que, bien qu'elles n'aient peut-&#234;tre jamais &#233;t&#233; formellement &#233;nonc&#233;es, elles sont partout les m&#234;mes, partout tacitement admises et reconnues, jusqu'&#224; ce que, le pacte social &#233;tant viol&#233;, chacun rentre alors dans ses premiers droits, et reprenne sa libert&#233; naturelle, en perdant la libert&#233; conventionnelle pour laquelle il y renon&#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces clauses, bien entendues, se r&#233;duisent toutes &#224; une seule - savoir, l'ali&#233;nation totale de chaque associ&#233; avec tous ses droits &#224; toute la communaut&#233; : car, premi&#232;rement, chacun se donnant tout entier, la condition est &#233;gale pour tous ; et la condition &#233;tant &#233;gale pour tous, nul n'a int&#233;r&#234;t de la rendre on&#233;reuse aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'ali&#233;nation se faisant sans r&#233;serve, l'union est aussi parfaite qu'elle peut l'&#234;tre, et nul associ&#233; n'a plus rien &#224; r&#233;clamer : car, s'il restait quelques droits aux particuliers, comme il n'y aurait aucun sup&#233;rieur commun qui p&#251;t prononcer entre eux et le public, chacun, &#233;tant en quelque point son propre juge, pr&#233;tendrait bient&#244;t l'&#234;tre en tous ; l'&#233;tat de nature subsisterait, et l'association deviendrait n&#233;cessairement tyrannique ou vaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, chacun se donnant &#224; tous ne se donne &#224; personne ; et comme il n'y a pas un associ&#233; sur lequel on n'acqui&#232;re le m&#234;me droit qu'on lui c&#232;de sur soi, on gagne l'&#233;quivalent de tout ce qu'on perd, et plus de force pour conserver ce qu'on a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc on &#233;carte du pacte social ce qui n'est pas de son essence, on trouvera qu'il se r&#233;duit aux termes suivants : &#171; Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la supr&#234;me direction de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale ; et nous recevons encore chaque membre comme partie indivisible du tout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'instant, au lieu de la personne particuli&#232;re de chaque contractant, cet acte d'association produit un corps moral et collectif, compos&#233; d'autant de membres que l'assembl&#233;e a de voix, lequel re&#231;oit de ce m&#234;me acte son unit&#233;, son moi commun, sa vie et sa volont&#233;. Cette personne publique, qui se forme ainsi par l'union de toutes les autres, prenait autrefois le nom de &lt;i&gt;cit&#233; (a), &lt;/i&gt;et prend maintenant celui de &lt;i&gt;r&#233;publique ou &lt;/i&gt;de corps &lt;i&gt;politique,, &lt;/i&gt;lequel est appel&#233; par ses membres &lt;i&gt;&#201;tat &lt;/i&gt;quand &lt;i&gt;il est passif, souverain &lt;/i&gt;quand il est actif, &lt;i&gt;puissance &lt;/i&gt;en le comparant &#224; ses semblables. &#192; l'&#233;gard des associ&#233;s, ils prennent collectivement le nom de &lt;i&gt;peuple, &lt;/i&gt;et s'appellent en particulier &lt;i&gt;citoyens, &lt;/i&gt;comme participant &#224; l'autorit&#233; souveraine, et &lt;i&gt;sujets, &lt;/i&gt;comme soumis aux lois de l'&#201;tat. Mais ces termes se confondent souvent et se prennent l'un pour l'autre ; il suffit de les savoir distinguer quand ils sont employ&#233;s dans toute leur pr&#233;cision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voyez Du souverain (CS, I, 7) (jld)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;voyez &lt;a href='https://www.caute.lautre.net/Du-souverain-CS-I-7' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Du souverain (CS, I, 7)&lt;/a&gt; (jld)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rousseau, &lt;strong&gt;Du contrat social&lt;/strong&gt;, Livre I, chapitre 6&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Du souverain (CS, I, 7)</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Du-souverain-CS-I-7</link>
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		<dc:creator>Rousseau, Jean-Jacques</dc:creator>



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&lt;p&gt;On voit, par cette formule, que l'acte d'association renferme un engagement r&#233;ciproque du public avec les particuliers, et que chaque individu, contractant pour ainsi dire avec lui-m&#234;me, se trouve engag&#233; sous un double rapport : savoir, comme membre du souverain envers les particuliers, et comme membre de l'&#201;tat envers le souverain. Mais en ne peut appliquer ici la maxime du droit civil, que nul n'est tenu aux engagements pris avec lui-m&#234;me ; car il y a bien de la diff&#233;rence entre s'obliger (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Du-contrat-social-" rel="directory"&gt;Du contrat social&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On voit, par cette formule&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir Du pacte social (CS, I, 6) (jld)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que l'acte d'association renferme un engagement r&#233;ciproque du public avec les particuliers, et que chaque individu, contractant pour ainsi dire avec lui-m&#234;me, se trouve engag&#233; sous un double rapport : savoir, comme membre du souverain envers les particuliers, et comme membre de l'&#201;tat envers le souverain. Mais en ne peut appliquer ici la maxime du droit civil, que nul n'est tenu aux engagements pris avec lui-m&#234;me ; car il y a bien de la diff&#233;rence entre s'obliger envers soi ou envers un tout dont on fait partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut remarquer encore que la d&#233;lib&#233;ration publique, qui peut obliger tous les sujets envers le souverain, &#224; cause des deux diff&#233;rents rapports sous lesquels chacun d'eux est envisag&#233;, ne peut, par la raison contraire, obliger le souverain envers lui-m&#234;me et que, par cons&#233;quent, il est contre la nature du corps politique que le souverain s'impose une Ici qu'il ne puisse enfreindre. Ne pouvant se consid&#233;rer que sous un seul et m&#234;me rapport, il est alors dans le cas d'un particulier contractant avec soi-m&#234;me ; par o&#249; l'on voit qu'il n'y a ni ne peut y avoir nulle esp&#232;ce de loi fondamentale obligatoire pour le corps du peuple, pas m&#234;me le contrat social. Ce qui ne signifie pas que ce corps ne puisse fort bien s'engager envers autrui, en ce qui ne d&#233;roge point &#224; ce contrat ; car, &#224; l'&#233;gard de l'&#233;tranger, il devient un &#234;tre simple, un individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le corps politique ou le souverain, ne tirant son &#234;tre que de la saintet&#233; du contrat, ne peut jamais s'obliger, m&#234;me envers autrui, &#224; rien qui d&#233;roge &#224; cet acte primitif, comme d'ali&#233;ner quelque portion de lui-m&#234;me, ou de se soumettre &#224; un autre souverain. Violer l'acte par lequel il existe, serait s'an&#233;antir ; et qui n'est rien ne produit rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sit&#244;t que cette multitude est ainsi r&#233;unie en un corps, on ne peut offenser un des membres sans attaquer le corps, encore moins offenser le corps sans que les membres s'en ressentent. Ainsi le devoir et l'int&#233;r&#234;t obligent &#233;galement les deux parties contractantes &#224; s'entraider mutuellement ; et les m&#234;mes hommes doivent chercher &#224; r&#233;unir, sous ce double rapport, tous les avantages qui en d&#233;pendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le souverain, n'&#233;tant form&#233; que des particuliers qui le composent, n'a ni ne peut avoir d'int&#233;r&#234;t contraire au leur ; par cons&#233;quent, la puissance souveraine n'a nul besoin de garant envers les sujets, parce qu'il est impossible que le corps veuille nuire &#224; tous ses membres ; et nous verrons ci-apr&#232;s qu'il ne peut nuire &#224; aucun en particulier. Le souverain, par cela seul qu'il est, est toujours ce qu'il doit &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'en est pas ainsi des sujets envers le souverain, auquel, malgr&#233; l'int&#233;r&#234;t commun, rien ne r&#233;pondrait de leurs engagements, s'il ne trouvait des moyens de s'assurer de leur. fid&#233;lit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, chaque individu peut, comme homme, avoir une volont&#233; particuli&#232;re contraire ou dissemblable &#224; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale qu'il a comme citoyen ; son int&#233;r&#234;t particulier peut lui parler tout autrement que l'int&#233;r&#234;t commun ; son existence absolue, et naturellement ind&#233;pendante, peut lui faire envisager ce qu'il doit &#224; la cause commune comme une contribution gratuite, dont la perte sera moins nuisible aux autres que le payement ne sera on&#233;reux pour lui ; et regardant la personne morale qui constitue l'&#201;tat comme un &#234;tre de raison, parce que ce n'est pas un homme, il jouirait des droits du citoyen sans vouloir remplir les devoirs du sujet ; injustice dont le progr&#232;s causerait la ruine du corps politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin donc que ce pacte social ne soit pas un vain formulaire, il renferme tacitement cet engagement, qui seul peut donner de la force aux autres, que quiconque refusera d'ob&#233;ir &#224; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale, y sera contraint par tout le corps ; ce qui ne signifie autre chose sinon qu'on le forcera &#224; &#234;tre libre, car telle est la condition qui, donnant chaque citoyen &#224; la patrie, le garantit de toute d&#233;pendance personnelle, condition qui fait l'artifice et le Jeu de la machine politique, et qui seule rend l&#233;gitimes les engagements civils, lesquels, sans cela, seraient absurdes, tyranniques, et sujets aux plus &#233;normes abus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;voir &lt;a href='https://www.caute.lautre.net/Du-pacte-social-CS-I-6' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Du pacte social (CS, I, 6)&lt;/a&gt; (jld)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rousseau, &lt;strong&gt;Du contrat social&lt;/strong&gt;, Livre I, chapitre 7&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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