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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Le monde des machines s'apparente &#224; la nature.</title>
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		<dc:creator>Arendt, Hannah</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On ne s'&#233;tait jamais demand&#233; si l'homme &#233;tait, adapt&#233; ou avait besoin de s'adapter aux outils dont il se servait : autant vouloir l'adapter &#224; ses mains. Le cas des machines est tout diff&#233;rent. Tandis que les outils d'artisanat &#224; toutes les phases du processus ; de l'oeuvre restent les serviteurs de la main, les machines exigent que le travailleur les serve et qu'il adapte le rythme naturel de son corps &#224; leur mouvement m&#233;canique. Cela ne veut pas dire que les hommes en tant que tels (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Arendt-" rel="directory"&gt;Arendt&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ne s'&#233;tait jamais demand&#233; si l'homme &#233;tait, adapt&#233; ou avait besoin de s'adapter aux outils dont il se servait : autant vouloir l'adapter &#224; ses mains. Le cas des machines est tout diff&#233;rent. Tandis que les outils d'artisanat &#224; toutes les phases du processus ; de l'oeuvre restent les serviteurs de la main, les machines exigent que le travailleur les serve et qu'il adapte le rythme naturel de son corps &#224; leur mouvement m&#233;canique. Cela ne veut pas dire que les hommes en tant que tels s'adaptent ou s'asservissent &#224; leurs machines ; mais cela signifie bien que pendant toute la dur&#233;e du travail &#224; la machine le processus m&#233;canique remplace le rythme du corps humain. L'outil le plus raffin&#233; reste au service de la main qu'il ne peut ni guider ni remplacer. La machine la plus primitive guide le travail corporel , et &#233;ventuellement le remplace tout &#224; fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il arrive souvent dans les lignes d'&#233;volution historique, il semble que les vraies significations de la technologie, c'est-&#224;-dire de la substitution du machinisme &#224; l'outillage, ne sont apparues qu'au dernier stade &#224; l'av&#232;nement de l'automatisation. Il peut &#234;tre utile de rappeler ici bri&#232;vement les &#233;tapes principales du d&#233;veloppement de la technologie moderne depuis le d&#233;but des temps modernes. Le premier stade, l'invention de la machine &#224; vapeur qui introduisit la r&#233;volution industrielle, &#233;tait encore caract&#233;ris&#233; par une imitation de processus naturels et une utilisation des forces naturelles pour des buts humains qui ne diff&#233;raient pas en principe de l'antique utilisation des &#233;nergies hydraulique et &#233;olienne. Ce n'est pas le principe de la machine &#224; vapeur qui &#233;tait nouveau mais plut&#244;t la d&#233;couverte et l'emploi des mines de houille pour l'alimenter. Les machines-outils de ce premier stade refl&#232;tent cette imitation de processus connus naturellement ; elles aussi imitent et utilisent plus puissamment les activit&#233;s naturelles de la main de l'homme. Mais aujourd'hui on nous dit que &#171; le grand pi&#232;ge, &#224; &#233;viter est de croire qu'il s agit de reproduire les gestes, manuels de l'op&#233;rateur ou du travailleur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Diebold, Automation : The advent of the Automatic Factory, 1952, p.67.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tape suivante est caract&#233;ris&#233;e surtout par l'emploi de l'&#233;lectricit&#233;, laquelle en fait d&#233;termine encore le stade actuel du d&#233;veloppement technique. On ne peut plus d&#233;crire ce stade comme un agrandissement gigantesque, une continuation des vieux m&#233;tiers, et c'est &#224; ce mode seulement que les cat&#233;gories de l'&lt;i&gt;homo faber&lt;/i&gt;, pour qui tout instrument est un moyen en vue d'une fin prescrite, cessent de s'appliquer. Car cette fois nous n'employons plus le mat&#233;riau tel que la nature nous le livre, en tuant ou interrompant des processus naturels, ou en les imitant. Dans tous ces cas nous changions, nous d&#233;naturions la nature en vue de nos fins, celles de notre monde, de telle sorte que le monde ou artifice humain d'une part, et la nature de l'autre restaient deux entit&#233;s nettement s&#233;par&#233;es. Aujourd'hui nous avons commenc&#233; &#224; &#171; cr&#233;er &#187; en quelque sorte, c'est-&#224;-dire &#224; d&#233;clencher nous-m&#234;mes des processus naturels qui ne se seraient pas produits sans nous, et au lieu d'entourer soigneusement l'artifice humain de remparts contre les forces &#233;l&#233;mentaires de la nature, qu'il s'agissait de tenir aussi &#233;loign&#233;es que possible du monde humain, nous avons canalis&#233; ces forces en m&#234;me temps que leur &#233;nergie &#233;l&#233;mentaire pour les introduire dans le monde. Le r&#233;sultat est une v&#233;ritable r&#233;volution du concept de fabrication ; la manufacture qui avait toujours &#233;t&#233; &#171; une s&#233;rie d'actes s&#233;par&#233;s &#187; est devenue &#171; un processus continu &#187;, celui de la cha&#238;ne de montage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.69.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &#233;volution l'automatisation est le stade le plus r&#233;cent, qui &#171; &#233;claire toute l'histoire du machinisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Friedmann, Probl&#232;mes humains du machinisme industriel, p. 168.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce sera certainement le point culminant de l'&#233;volution moderne, m&#234;me si l'&#226;ge atomique et une technologie bas&#233;e sur les d&#233;couvertes nucl&#233;aires y mettent fin rapidement. Les premiers instruments de la technologie nucl&#233;aire, les diverses sortes de bombes atomiques qui, si on les l&#226;che en quantit&#233;s suffisantes, ce qui ne veut pas dire de bien grandes quantit&#233;s, peuvent d&#233;truire toute la vie sur terre, t&#233;moignent assez de l'&#233;norme &#233;chelle sur laquelle un tel changement pourrait se produire. Il ne s'agirait plus de d&#233;clencher, de d&#233;cha&#238;ner des processus naturels &#233;l&#233;mentaires, mais de manier sur la terre, dans la vie quotidienne, des &#233;nergies qui ne se manifestent qu'en dehors de la terre, dans l'univers ; cela se fait d&#233;j&#224;, mais seulement dans les laboratoires des physiciens nucl&#233;aires. Si la technologie actuelle consiste &#224; canaliser les forces, naturelles dans le monde de l'artifice humain, la technologie future peut consister &#224; canaliser les forces universelles du cosmos pour les introduire dans la nature terrestre. Reste &#224; voir si les futures techniques transformeront l'&#233;conomie de la nature telle que nous la connaissons depuis le d&#233;but de notre monde autant ou m&#234;me plus que la technologie actuelle a chang&#233; l'appartenance-au-monde de l'artifice humain.La p&#233;n&#233;tration des forces naturelles dans le monde humain a bris&#233; la finalit&#233; du monde, le fait que les objets sont les fins en vue desquelles on con&#231;oit les outils. Ce qui caract&#233;rise tous les processus naturels, c'est qu'ils se produisent sans l'aide de l'homme, les choses naturelles sont celles qui ne :sont pas &#171; fabriqu&#233;es &#187;, qui poussent toutes seules. (C'est aussi les sens authentique du mot &#171; nature &#187;, qu'on le fasse d&#233;river de la racine latine &lt;i&gt;nasci,&lt;/i&gt; na&#238;tre, ou qu'on le fasse remonter a son mod&#232;le grec, &lt;i&gt;physis,&lt;/i&gt; qui vient de &lt;i&gt;phyein,&lt;/i&gt; na&#238;tre, cro&#238;tre.) A la diff&#233;rence des productions de la main de l'homme, qui doivent &#234;tre r&#233;alis&#233;es &#233;tape par &#233;tape et dans lesquelles le processus de fabrication est enti&#232;rement distinct de l'existence de l'objet fabriqu&#233;, l'existence de la chose naturelle n'est pas s&#233;par&#233;e du processus par lequel elle vient &#224; l'&#234;tre, elle lui est en quelque sorte identique : la graine contient, et en un sens elle est d&#233;j&#224; l'arbre, et l'arbre cesse d'exister lorsque cesse le processus de croissance par lequel il est n&#233; Si nous consid&#233;rons ces processus par rapport &#224; la finalit&#233; humaine, qui a un commencement voulu et une fin d&#233;termin&#233;e, ils ont un caract&#232;re d'automatisme. Nous appelons automatiques tous les mouvements qui s'encha&#238;nent d'eux-m&#234;mes et par cons&#233;quent &#233;chappent aux interventions voulues et ordonn&#233;es. Dans le monde de production qu'introduit l'automatisation, la distinction entre l'op&#233;ration et le produit, de m&#234;me que la primaut&#233; du produit sur l'op&#233;ration (qui n'est qu'un moyen, en vue d'une fin), n'ont plus de sens, elles sont d&#233;su&#232;tes. Les cat&#233;gories de l'&lt;i&gt;homo faber&lt;/i&gt; et de son monde ne s'appliquent pas davantage ici qu'&#224; la nature et &#224; l'univers naturel. C'est pourquoi, d'ailleurs, les avocats de l'automatisation s'opposent tr&#232;s nettement d'ordinaire &#224; la conception m&#233;caniste de la nature et &#224; l'utilitarisme pratique du XVIII&#232; si&#232;cle qui caract&#233;risaient si bien l'orientation r&#233;solument, unilat&#233;ralement ouvri&#232;re de l'&lt;i&gt;homo faber&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion du probl&#232;me de la technologie dans son ensemble, c'est-&#224;-dire de la transformation de la vie et du monde par l'introduction de la machine, s'est &#233;trangement &#233;gar&#233;e parce que l'on s'est concentr&#233;. trop exclusivement sur les bons ou mauvais services que les machines rendent aux hommes. On a admis que les outils, les instruments &#233;taient con&#231;us principalement pour rendre plus facile la vie humaine et moins p&#233;nible le travail humain. C'est en ce sens anthropocentrique que l'on a compris ; exclusivement l'instrumentalit&#233;. Mais l'instrumentalit&#233; des outils est li&#233;e beaucoup plus &#233;troitement &#224; l'objet qu'elle doit produire, et la &#171; valeur humaine &#187; des outils se borne &#224; l'usage qu'en fait l'&lt;i&gt;animal laborans&lt;/i&gt;. En d'autres termes, l'&lt;i&gt;homo faber&lt;/i&gt;, le fabricant d'outils, inventa les outils pour &#233;difier un monde et non pas - non pas principalement du moins - pour aider le processus vital. Il ne s'agit donc pas tellement de savoir si nous sommes les esclaves ou les ma&#238;tres de nos machines mais si les machines servent, encore le monde et ses objets ou si au contraire avec le mouvement automatique de leurs processus elles n'ont pas commenc&#233; &#224; dominer, voire &#224; d&#233;truire le monde et les objets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re : l'automatisme continu de la fabrication n'a pas seulement &#233;cart&#233; l'&#171; hypoth&#232;se gratuite &#187; que &#171; les mains de l'homme guid&#233;es, par le cerveau de l'homme repr&#233;sentent l'optimum d'efficacit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Diebold, op. cit., p 67.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, mais aussi l'hypoth&#232;se beaucoup plus importante que les objets du monde qui nous entoure d&#233;pendent de, conceptions humaines et se construisent conform&#233;ment &#224; des normes humaines d'utilit&#233; ou de beaut&#233;. Au lieu d'utilit&#233; et de beaut&#233;, normes du monde, on en arrive &#224; concevoir des produits qui remplissent encore certaines &#171; fonctions de base &#187;, mais dont la forme sera d&#233;termin&#233;e avant tout par, les.op&#233;rations de la machine. Les &#171; fonctions de base &#187; sont naturellement celles de la vie animale de l'homme, puisqu'il n'y a pas d'autres fonctions n&#233;cessaires &#224; la base, mais le produit lui-m&#234;me non seulement les vari&#233;t&#233;s mais m&#234;me le &#171; changement total de produit &#187; d&#233;pendra enti&#232;rement de la capacit&#233; de la machine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, pp. 38-45.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concevoir des objets pour la capacit&#233; op&#233;rationnelle de la machine au lieu : de concevoir des machines pour la production de certains objets, ce serait bien le renversement parfait de la cat&#233;gorie de la fin et des moyens, si cette cat&#233;gories avait encore un sens. Mais m&#234;me la fin la plus g&#233;n&#233;rale, le d&#233;gagement de main d'&#339;uvre que l'on assignait habituellement aux machines, est consid&#233;r&#233;e maintenant comme un but secondaire et d&#233;suet, inadapt&#233; et nuisible &#224; de virtuelles &#171; augmentations &#233;tonnantes d'efficacit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 110, 157.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Au point o&#249; nous en sommes, il devient aussi absurde de d&#233;crire ce monde de machines en termes de fins et de moyens que de demander &#224; la nature si elle produit la graine pour l'arbre ou l'arbre pour la graine. De m&#234;me il est fort probable que le processus continu qui accompagne la canalisation dans le monde humain, des processus sans fin de la nature, s'il peut parfaitement d&#233;truire le monde en tant que monde-artifice humain, fournira &#224; l'esp&#232;ce humaine ce qu'il lui faut pour vivre avec la m&#234;me s&#233;curit&#233;, la m&#234;me abondance que la nature le faisait avant que les hommes se missent &#224; &#233;difier leur patrie artificielle sur terre et &#224; &#233;lever des barri&#232;res entre eux et la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une soci&#233;t&#233; de travailleurs le monde des machines remplace le monde r&#233;el, m&#234;me si ce pseudo-monde ne peut jouer le r&#244;le le plus important de l'artifice humain, qui est d'offrir aux mortels un s&#233;jour plus durable et plus stable qu'eux-m&#234;mes. Dans le processus op&#233;rationnel continu le monde des machines est m&#234;me en train de perdre cette ind&#233;pendance, ce caract&#232;re du monde que les outils et les premi&#232;res machines des temps modernes poss&#233;daient &#224; un degr&#233; si &#233;minent. Les processus naturels dont il se nourrit de plus en plus l'apparentent au processus biologique, au point que les appareils que nagu&#232;re on maniait &#224; son gr&#233; commencent &#224; ressembler &#224; des parties du corps humain &#171; comme la carapace fait partie du corps de la tortue &#187;. Vue dans cette perspective, la technologie n'appara&#238;t plus comme &#171; le produit d'un effort humain conscient en vue d'aug&#173;menter la puissance mat&#233;rielle, mais plut&#244;t comme un d&#233;veloppement biologique de l'humanit&#233; dans lequel les structures inn&#233;es de l'organisme humain sont transplant&#233;es de plus en plus dans l'environnement de l'homme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hannah Arendt, &lt;i&gt;Condition de l'homme moderne&lt;/i&gt;, pp. 199-206.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Diebold, &lt;i&gt;Automation : The advent of the Automatic Factory&lt;/i&gt;, 1952, p.67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p.69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Friedmann, &lt;i&gt;Probl&#232;mes humains du machinisme industriel&lt;/i&gt;, p. 168.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Diebold, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, pp. 38-45.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., pp. 110, 157.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Werner Heisenberg, &lt;i&gt;La nature dans la physique contemporaine&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le voeu de la technique moderne : &#233;chapper &#224; la condition humaine terrestre</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Le-voeu-de-la-technique-moderne-echapper-a-la-condition-humaine-terrestre</link>
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		<dc:creator>Arendt, Hannah</dc:creator>



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&lt;p&gt;La Terre est la quintessence m&#234;me de la condition humaine, et la nature terrestre, pour autant que l'on sache, pourrait bien &#234;tre la seule de l'univers &#224; procurer aux humains un habitat o&#249; ils puissent se mouvoir et respirer sans effort, et sans artifice. L'artifice humain du monde s&#233;pare l'existence humaine de tout milieu purement animal, mais la vie elle-m&#234;me est en dehors de ce monde artificiel, et par la vie l'homme demeure li&#233; &#224; tous les autres organismes vivants. Depuis, quelque temps, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Arendt-" rel="directory"&gt;Arendt&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Terre est la quintessence m&#234;me de la condition humaine, et la nature terrestre, pour autant que l'on sache, pourrait bien &#234;tre la seule de l'univers &#224; procurer aux humains un habitat o&#249; ils puissent se mouvoir et respirer sans effort, et sans artifice. L'artifice humain du monde s&#233;pare l'existence humaine de tout milieu purement animal, mais la vie elle-m&#234;me est en dehors de ce monde artificiel, et par la vie l'homme demeure li&#233; &#224; tous les autres organismes vivants. Depuis, quelque temps, un , grand nombre de recherches scientifiques s'efforcent de rendre la vie &#171; artificielle &#187; elle aussi, et de couper le dernier lien qui maintient encore l'homme parmi les enfants de la nature. C'est le m&#234;me d&#233;sir d'&#233;chapper &#224; l'emprisonnement terrestre qui se manifeste dans les essais de cr&#233;ation en &#233;prouvette, dans le voeu de combiner &#171; au microscope le plasma germinal provenant de personnes aux qualit&#233;s garanties, afin de produire des &#234;tres sup&#233;rieurs &#187; et &#171; de modifier (leurs) tailles, formes et fonctions &#187; ; et je soup&#231;onne que l'envie d'&#233;chapper &#224; la. condition humaine expliquerait aussi l'espoir de prolonger la dur&#233;e de l'existence fort au-del&#224; de cent ans, limite jusqu'ici admise.&lt;br class='autobr' /&gt; Cet homme futur, que les savants produiront, nous disent-ils, en un si&#232;cle pas davantage, parait en proie &#224; la r&#233;volte contre l'existence humaine telle qu'elle est donn&#233;e, cadeau venu de nulle part (la&#239;quement parlant) et qu'il veut pour ainsi dire &#233;changer contre un ouvrage de ses propres mains. Il n'y a pas de raison de douter, que nous soyons capables de faire cet &#233;change, de m&#234;me qu'il n'y a pas de raison de douter que nous soyons capables &#224; pr&#233;sent de d&#233;truire toute vie organique sur terre. La seule question est de savoir si nous souhaitons employer dans ce sens nos nouvelles connaissances scientifiques et techniques, et l'on ne saurait en d&#233;cider par des m&#233;thodes scientifiques. C'est une question politique primordiale que l'on ne peut gu&#232;re, par cons&#233;quent, abandonner aux professionnels de la science ni &#224; ceux de la politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hannan Arendt, &lt;i&gt;Condition de l'homme moderne&lt;/i&gt;, Calmann-L&#233;vy, Agora, 1983 (1961), p.34-35.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nature, technique et automatisation</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Nature-technique-et-automatisation</link>
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		<dc:date>2009-09-16T07:21:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arendt, Hannah</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pour lire le contexte : Les machines n'ont-elles pas commenc&#233; &#224; dominer voire &#224; d&#233;truire le monde ?. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce qui caract&#233;rise tous les processus naturels, c'est qu'ils se produisent sans l'aide de l'homme, les choses naturelles sont celles qui ne sont pas &#171; fabriqu&#233;es &#187;, qui poussent toutes seules. (...) A la diff&#233;rence des productions de la main de l'homme, qui doivent &#234;tre r&#233;alis&#233;es &#233;tape par &#233;tape et dans lesquelles le processus de fabrication est enti&#232;rement distinct de l'existence de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Textes-brefs-69-" rel="directory"&gt;Textes brefs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour lire le contexte : &lt;a href='https://www.caute.lautre.net/Les-machines-n-ont-elles-pas-commence-a-dominer-voire-a-detruire-le-monde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les machines n'ont-elles pas commenc&#233; &#224; dominer voire &#224; d&#233;truire le monde ?&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise tous les processus naturels, c'est qu'ils se produisent sans l'aide de l'homme, les choses naturelles sont celles qui ne sont pas &#171; fabriqu&#233;es &#187;, qui poussent toutes seules. (...) A la diff&#233;rence des productions de la main de l'homme, qui doivent &#234;tre r&#233;alis&#233;es &#233;tape par &#233;tape et dans lesquelles le processus de fabrication est enti&#232;rement distinct de l'existence de l'objet fabriqu&#233;, l'existence de la chose naturelle n'est pas s&#233;par&#233;e du processus par lequel elle vient &#224; l'&#234;tre, elle lui est en quelque sorte identique : la graine contient, et en un sens elle est d&#233;j&#224; l'arbre, et l'arbre cesse d'exister lorsque cesse le processus de croissance par lequel il est n&#233;. Si nous consid&#233;rons ces processus par rapport &#224; la finalit&#233; humaine, qui a un commencement voulu et une fin d&#233;termin&#233;e, ils ont un caract&#232;re d'automatisme. Nous appelons automatiques, tous les mouvements qui s'encha&#238;nent d'eux-m&#234;mes et par cons&#233;quent &#233;chappent aux interventions voulues et ordonn&#233;es. Dans le monde de production qu'introduit l'automatisation, la distinction entre l'op&#233;ration et le produit, de m&#234;me que la primaut&#233; du produit sur l'op&#233;ration (qui n'est qu'un moyen en vue d'une fin), n'ont plus de sens, elles sont d&#233;su&#232;tes (...). &lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit donc pas tellement de savoir si nous sommes les esclaves ou les ma&#238;tres de nos machines, mais si les machines servent encore le monde et ses objets ou si au contraire avec le mouvement automatique de leurs processus elles n'ont pas commenc&#233; &#224; dominer, voire &#224; d&#233;truire le monde et les objets.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hannah Arendt, &lt;i&gt;Condition de l'homme moderne&lt;/i&gt;, p.203-204&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les machines n'ont-elles pas commenc&#233; &#224; dominer voire &#224; d&#233;truire le monde ?</title>
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		<dc:date>2009-09-16T07:17:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arendt, Hannah</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La p&#233;n&#233;tration des forces naturelles dans le monde humain a bris&#233; la finalit&#233; du monde, le fait que les objets sont les fins en vue desquelles on con&#231;oit les outils. Ce qui caract&#233;rise tous les processus naturels, c'est qu'ils se produisent sans l'aide de l'homme, les choses naturelles sont celles qui ne sont pas &#171; fabriqu&#233;es &#187;, qui poussent toutes seules. (C'est aussi le sens authentique du mot &#171; nature &#187;, qu'on le fasse d&#233;river de la racine latine nasci, na&#238;tre, ou qu'on le fasse remonter (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Arendt-" rel="directory"&gt;Arendt&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La p&#233;n&#233;tration des forces naturelles dans le monde humain a bris&#233; la finalit&#233; du monde, le fait que les objets sont les fins en vue desquelles on con&#231;oit les outils. Ce qui caract&#233;rise tous les processus naturels, c'est qu'ils se produisent sans l'aide de l'homme, les choses naturelles sont celles qui ne sont pas &#171; fabriqu&#233;es &#187;, qui poussent toutes seules. (C'est aussi le sens authentique du mot &#171; nature &#187;, qu'on le fasse d&#233;river de la racine latine &lt;i&gt;nasci&lt;/i&gt;, na&#238;tre, ou qu'on le fasse remonter &#224; son mod&#232;le grec, &lt;i&gt;physis&lt;/i&gt;, qui vient de &lt;i&gt;phyein&lt;/i&gt;, na&#238;tre, cro&#238;tre.) A la diff&#233;rence des productions de la main de l'homme, qui doivent &#234;tre r&#233;alis&#233;es &#233;tape par &#233;tape et dans lesquelles le processus de fabrication est enti&#232;rement distinct de l'existence de l'objet fabriqu&#233;, l'existence de la chose naturelle n'est pas s&#233;par&#233;e du processus, par lequel elle vient &#224; l'&#234;tre, elle lui est en quelque sorte identique : la graine contient, et en un sens elle est d&#233;j&#224; l'arbre, et l'arbre cesse d'exister lorsque cesse le processus de croissance par lequel il est n&#233;. Si nous consid&#233;rons ces processus par rapport &#224; la finalit&#233; humaine, qui a un commencement voulu et une fin d&#233;termin&#233;e, ils ont un caract&#232;re d'automatisme. Nous appelons automatiques, tous les mouvements qui s'encha&#238;nent d'eux-m&#234;mes et par cons&#233;quent &#233;chappent aux interventions voulues et ordonn&#233;es. Dans le monde de production qu'introduit l'automatisation, la distinction entre l'op&#233;ration et le produit, de m&#234;me que la primaut&#233; du produit sur l'op&#233;ration (qui n'est qu'un moyen en vue d'une fin), n'ont plus de sens, elles sont d&#233;su&#232;tes. Les cat&#233;gories de l'&lt;i&gt;homo faber&lt;/i&gt; et de son monde ne s'appliquent pas davantage ici qu'&#224; la nature et &#224; l'univers naturel. C'est pourquoi, d'ailleurs, les avocats de l'automatisation s'opposent tr&#232;s nettement d'ordinaire &#224; la conception m&#233;caniste de la nature et &#224; l'utilitarisme pratique du XVIII si&#232;cle qui caract&#233;risaient si bien l'orientation r&#233;solument, unilat&#233;ralement ouvri&#232;re de l'&lt;i&gt;homo faber&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion du probl&#232;me de la technologie dans son ensemble, c'est-&#224;-dire de la transformation de la vie et du monde par l'introduction de la machine, s'est &#233;trangement &#233;gar&#233;e parce que l'on s'est concentr&#233; trop exclusivement sur les bons ou mauvais services que les machines rendent aux hommes. On a admis que les outils, les instruments &#233;taient con&#231;us, principalement pour rendre plus facile la vie humaine et moins p&#233;nible le travail humain. C'est en ce sens anthropocentrique que l'on a compris exclusivement l'instrumentalit&#233;. Mais l'instrumentalit&#233; des outils est li&#233;e beaucoup plus &#233;troitement &#224; l'objet qu'elle doit produire, et la &#171; valeur humaine &#187; des outils se borne &#224; l'usage qu'en fait l'&lt;i&gt;animal laborans&lt;/i&gt;. En d'autres termes, l'&lt;i&gt;homo faber&lt;/i&gt;, le fabricant d'outils, inventa les outils, pour &#233;difier un monde et non pas &#173; non pas principalement du moins &#173; pour aider le processus vital. Il ne s'agit donc pas tellement de savoir si nous sommes les esclaves ou les ma&#238;tres de nos machines, mais si les machines servent encore le monde et ses objets ou si au contraire avec le mouvement automatique de leurs processus elles n'ont pas commenc&#233; &#224; dominer, voire &#224; d&#233;truire le monde et les objets.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hannah Arendt, &lt;i&gt;Condition de l'homme moderne&lt;/i&gt;, p.203-204&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Liens sur Arendt</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Liens-sur-Arendt</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/Liens-sur-Arendt</guid>
		<dc:date>2009-01-01T21:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Derrien</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Hannah Arendt, Marx et le probl&#232;me du travail. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les liens de Facphilo&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Arendt-" rel="directory"&gt;Arendt&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://perso.wanadoo.fr/denis.collin/Arendt.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hannah Arendt, Marx et le probl&#232;me du travail.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.univ-lyon3.fr/philo/arendt.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les liens de Facphilo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vita activa et la condition humaine</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/La-vita-activa-et-la-condition-humaine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/La-vita-activa-et-la-condition-humaine</guid>
		<dc:date>2006-08-31T19:00:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arendt, Hannah</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je propose le terme de vita activa pour d&#233;signer trois activit&#233;s humaines fondamentales : le travail, l'&#339;uvre et l'action. Elles sont fondamentales parce que chacune d'elles correspond aux conditions de base dans lesquelles la vie sur terre est donn&#233;e &#224; l'homme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail est l'activit&#233; qui correspond au processus biologique du corps humain ; dont la croissance spontan&#233;e, le m&#233;tabolisme et &#233;ventuellement la corruption, sont li&#233;es aux productions &#233;l&#233;mentaires dont le travail nourrit ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Arendt-" rel="directory"&gt;Arendt&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je propose le terme de &lt;i&gt;vita activa&lt;/i&gt; pour d&#233;signer trois activit&#233;s humaines fondamentales : le travail, l'&#339;uvre et l'action. Elles sont fondamentales parce que chacune d'elles correspond aux conditions de base dans lesquelles la vie sur terre est donn&#233;e &#224; l'homme.&lt;br /&gt;
Le travail est l'activit&#233; qui correspond au processus biologique du corps humain ; dont la croissance spontan&#233;e, le m&#233;tabolisme et &#233;ventuellement la corruption, sont li&#233;es aux productions &#233;l&#233;mentaires dont le travail nourrit ce processus vital. La condition humaine du travail est la vie elle-m&#234;me.&lt;br /&gt;
L'&#339;uvre est l'activit&#233; qui correspond &#224; la non-naturalit&#233; de l'existence humaine, qui n'est pas incrust&#233;e dans l'espace et dont la mortalit&#233; n'est pas compens&#233;e par l'&#233;ternel retour cyclique de l'esp&#232;ce. L'&#339;uvre fournit un monde &#171; artificiel &#187; d'objets, nettement diff&#233;rents de tout milieu naturel. C'est &#224; l'int&#233;rieur de ses fronti&#232;res que se loge chacune des vies individuelles, alors que ce monde lui-m&#234;me est destin&#233; &#224; leur survivre et &#224; les transcender toutes. La condition humaine de l'&#339;uvre est l'appartenance-au-monde.&lt;br /&gt;
L'action, la seule activit&#233; qui mette directement en rapport les hommes, sans l'interm&#233;diaire des objets ni de la mati&#232;re, correspond &#224; la condition humaine de la pluralit&#233;, au fait que ce sont des hommes et non pas l'homme, qui vivent sur terre et habitent le monde. Si tous les aspects de la condition humaine ont de quelque fa&#231;on rapport &#224; la politique, cette pluralit&#233; est sp&#233;cifiquement &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; condition - non seulement la &lt;i&gt;conditio sine qua non&lt;/i&gt;, mais encore la &lt;i&gt;conditio per quam&lt;/i&gt; - de toute vie politique (...). La pluralit&#233; est la condition de l'action humaine, parce que nous sommes tous pareils, c'est-&#224;-dire humains, sans que jamais personne soit identique &#224; aucun autre homme ayant v&#233;cu, vivant ou encore &#224; na&#238;tre. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hannah Arendt, &lt;strong&gt;Condition de l'homme moderne&lt;/strong&gt;,&lt;br /&gt;
Calmann-L&#233;vy, coll. &#171; Agora &#187;, pp.41-42&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vivre humainement, c'est innover. Innover, c'est agir avec d'autres au sein d'un monde.</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Vivre-humainement-c-est-innover-Innover-c-est-agir-avec-d-autres-au-sein-d-un</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/Vivre-humainement-c-est-innover-Innover-c-est-agir-avec-d-autres-au-sein-d-un</guid>
		<dc:date>2005-04-25T10:58:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arendt, Hannah</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D&#233;nu&#233;s de l'action et de la parole, priv&#233;s de l'articulation de la natalit&#233;, nous serions condamn&#233;s &#224; tourner sans arr&#234;t dans le cycle &#233;ternel du devenir ; mais d&#233;nu&#233;s de la facult&#233; de d&#233;faire ce que nous avons fait, de contr&#244;ler au moins en partie les processus que nous avons d&#233;clench&#233;s, nous serions les victimes d'une n&#233;cessit&#233; automatique fort semblable aux inexorables lois qui, pour les sciences d'avant-hier, passaient pour caract&#233;riser essentiellement les processus naturels. Nous avons (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Arendt-" rel="directory"&gt;Arendt&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;nu&#233;s de l'action et de la parole, priv&#233;s de l'articulation de la natalit&#233;, nous serions condamn&#233;s &#224; tourner sans arr&#234;t dans le cycle &#233;ternel du devenir ; mais d&#233;nu&#233;s de la facult&#233; de d&#233;faire ce que nous avons fait, de contr&#244;ler au moins en partie les processus que nous avons d&#233;clench&#233;s, nous serions les victimes d'une n&#233;cessit&#233; automatique fort semblable aux inexorables lois qui, pour les sciences d'avant-hier, passaient pour caract&#233;riser essentiellement les processus naturels. Nous avons vu que pour les mortels cette fatalit&#233; naturelle, qui cependant tourne sur elle-m&#234;me et peut bien &#234;tre &#233;ternelle, ne prof&#232;re qu'une sentence de mort. S'il &#233;tait vrai que la fatalit&#233; est la marque inali&#233;nable des processus historiques, il serait vrai aussi, sans nul doute, que tout ce qui se fait dans l'Histoire est condamn&#233; &#224; p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et jusqu'&#224; un certain point cela est vrai. Laiss&#233;es &#224; elles-m&#234;mes, les affaires humaines ne peuvent qu'ob&#233;ir &#224; la loi de la mortalit&#233;, la loi la plus s&#251;re, la seule loi certaine d'une vie pass&#233;e entre naissance et mort. C'est la facult&#233; d'agir qui interf&#232;re avec cette loi parce qu'elle interrompt l'automatisme inexorable de la vie quotidienne, laquelle, nous l'avons vu, a d&#233;j&#224; interrompu et troubl&#233; le processus de la vie biologique. La vie de l'homme se pr&#233;cipitant vers la mort entra&#238;nerait in&#233;vitablement &#224; la ruine, &#224; la destruction, tout ce qui est humain, n'&#233;tait la facult&#233; d'interrompre ce cours et de commencer du neuf, facult&#233; qui est inh&#233;rente &#224; l'action comme pour rappeler constamment que les hommes, bien qu'ils doivent mourir, ne sont pas n&#233;s pour mourir, mais pour innover. Mais de m&#234;me qu'au point de vue de la nature, le mouvement lin&#233;aire de la vie de l'homme entre la naissance et la mort ressemble &#224; une d&#233;viation bizarre par rapport &#224; la loi commune, naturelle, du mouvement cyclique, de m&#234;me, au point de vue des processus automatiques qui semblent r&#233;gir la marche du monde, l'action para&#238;t un miracle (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le miracle qui sauve le monde, le domaine des affaires humaines, de la ruine normale, &#171; naturelle &#187;, c'est finalement le fait de la natalit&#233;, dans lequel s'enracine ontologiquement la facult&#233; d'agir. En d'autres termes c'est la naissance d'hommes nouveaux, le fait qu'ils commencent &#224; nouveau, l'action dont ils sont capables par droit de naissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hannah Arendt, &lt;strong&gt;Condition de l'homme moderne&lt;/strong&gt;, Plon, collection Agora, pp.313-331&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est le narrateur qui voit et qui &#034; fait &#034; l'histoire</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/C-est-le-narrateur-qui-voit-et-qui-fait-l-histoire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.caute.lautre.net/C-est-le-narrateur-qui-voit-et-qui-fait-l-histoire</guid>
		<dc:date>2003-08-14T22:55:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arendt, Hannah</dc:creator>


		<dc:subject>technique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Expliquer le texte suivant : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Par opposition &#224; la fabrication dans laquelle la lumi&#232;re permettant de juger le produit fini vient de l'image, du mod&#232;le per&#231;u d'avance par l'artisan, la lumi&#232;re qui &#233;claire les processus de l'action, et par cons&#233;quent tous les processus historiques, n'appara&#238;t qu'&#224; la fin, bien souvent lorsque tous les participants sont morts. L'action ne se r&#233;v&#232;le pleinement qu'au conteur, &#224; l'historien qui regarde en arri&#232;re et sans aucun doute conna&#238;t le fond du probl&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Textes-brefs-69-" rel="directory"&gt;Textes brefs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/+-technique-180-+" rel="tag"&gt;technique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Expliquer le texte suivant :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par opposition &#224; la fabrication dans laquelle la lumi&#232;re permettant de juger le produit fini vient de l'image, du mod&#232;le per&#231;u d'avance par l'artisan, la lumi&#232;re qui &#233;claire les processus de l'action, et par cons&#233;quent tous les processus historiques, n'appara&#238;t qu'&#224; la fin, bien souvent lorsque tous les participants sont morts. L'action ne se r&#233;v&#232;le pleinement qu'au conteur, &#224; l'historien qui regarde en arri&#232;re et sans aucun doute conna&#238;t le fond du probl&#232;me bien mieux que les participants. Tous les r&#233;cits &#233;crits par les acteurs eux-m&#234;mes, bien qu'en de rares cas ils puissent exposer de fa&#231;on tr&#232;s digne de foi des intentions, des buts, des motifs, ne sont aux mains de l'historien que d'utiles documents et n'atteignent jamais &#224; la signification ni &#224; la v&#233;racit&#233; du r&#233;cit de l'historien. Ce que dit le narrateur est n&#233;cessairement cach&#233; &#224; l'acteur, du moins tant qu'il est engag&#233; dans l'action et dans ses cons&#233;quences, car pour lui le sens de son acte ne r&#233;side pas dans l'histoire qui suit. M&#234;me si les histoires sont les r&#233;sultats in&#233;vitables de l'action, ce n'est pas l'acteur, c'est le narrateur qui voit et qui &#034; fait &#034; l'histoire. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Hannah Arendt, &lt;strong&gt;Condition de l'homme moderne&lt;/strong&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Calmann-L&#233;vy, coll. Agora, pp.250-251&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compr&#233;hension pr&#233;cise du texte, du probl&#232;me dont il est question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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