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	<title>Caute@lautre.net</title>
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	<description>Philosophie classique et philosophie contemporaine. Pr&#233;paration au baccalaur&#233;at. Conf&#233;rences et &#233;missions audios de philosophie. Ranci&#232;re, Birnbaum, Matheron, Althusser, Deleuze, Epicure. Mat&#233;rialisme et philosophie.</description>
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		<title>Caute@lautre.net</title>
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		<title>Il faut poser le probl&#232;me de la connaissance scientifique en termes d'obstacles</title>
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		<dc:date>2003-11-03T14:23:36Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bachelard, Gaston</dc:creator>



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&lt;p&gt;Quand on cherche les conditions psychologiques des progr&#232;s de la science, on arrive bient&#244;t &#224; cette conviction que c'est en termes d'obstacles qu'il faut poser le probl&#232;me de la connaissance scientifique. Et il ne s'agit pas de consid&#233;rer des obstacles externes, comme la complexit&#233; et la fugacit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes, ni d'incriminer la faiblesse des sens et de l'esprit humain : c'est dans l'acte m&#234;me de conna&#238;tre, intimement, qu'apparaissent, par une sorte de n&#233;cessit&#233; fonctionnelle, des lenteurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Bachelard-" rel="directory"&gt;Bachelard&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on cherche les conditions psychologiques des progr&#232;s de la science, on arrive bient&#244;t &#224; cette conviction que &lt;i&gt;c'est en termes d'obstacles qu'il faut poser le probl&#232;me de la connaissance scientifique&lt;/i&gt;. Et il ne s'agit pas de consid&#233;rer des obstacles externes, comme la complexit&#233; et la fugacit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes, ni d'incriminer la faiblesse des sens et de l'esprit humain : c'est dans l'acte m&#234;me de conna&#238;tre, intimement, qu'apparaissent, par une sorte de n&#233;cessit&#233; fonctionnelle, des lenteurs et des troubles. C'est l&#224; que nous montrerons des causes de stagnation et m&#234;me de r&#233;gression, c'est l&#224; que nous d&#233;c&#232;lerons des causes d'inertie que nous appellerons des obstacles &#233;pist&#233;mologiques. La connaissance du r&#233;el est une lumi&#232;re qui projette toujours quelque part des ombres. Elle n'est jamais imm&#233;diate et pleine. Les r&#233;v&#233;lations du r&#233;el sont toujours r&#233;currentes. Le r&#233;el n'est jamais &#171; ce qu'on pourrait croire &#187; mais il est toujours ce qu'on aurait d&#251; penser. La pens&#233;e empirique est claire, &lt;i&gt;apr&#232;s coup&lt;/i&gt;, quand l'appareil des raisons a &#233;t&#233; mis au point. En revenant sur un pass&#233; d'erreurs, on trouve la v&#233;rit&#233; en un v&#233;ritable repentir intellectuel. En fait, on conna&#238;t contre une connaissance ant&#233;rieure, en d&#233;truisant des connaissances mal faites, en surmontant ce qui, dans l'esprit m&#234;me, fait obstacle &#224; la spiritualisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de partir de z&#233;ro pour fonder et accro&#238;tre son bien ne peut venir que dans des cultures de simple juxtaposition o&#249; un fait connu est imm&#233;diatement une richesse. Mais devant le myst&#232;re du r&#233;el, l'&#226;me ne peut se faire, par d&#233;cret, ing&#233;nue. Il est alors impossible de faire d'un seul coup table rase des connaissances usuelles. Face au r&#233;el, ce qu'on croit savoir clairement offusque ce qu'on devrait savoir. Quand il se pr&#233;sente &#224; la culture scientifique, l'esprit n'est jamais jeune. Il est m&#234;me tr&#232;s vieux, car il a l'&#226;ge de ses pr&#233;jug&#233;s. Acc&#233;der &#224; la science, c'est, spirituellement rajeunir, c'est accepter une mutation brusque qui doit contredire un pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, dans son besoin d'ach&#232;vement comme dans son principe ; s'oppose absolument &#224; l'opinion. S'il lui arrive, sur un point particulier, de l&#233;gitimer l'opinion, c'est pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion ; de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort. L'opinion &lt;i&gt;pense&lt;/i&gt; mal .. elle ne &lt;i&gt;pense&lt;/i&gt; pas elle &lt;i&gt;traduit&lt;/i&gt; des besoins en connaissances. En d&#233;signant les objets par leur utilit&#233;, elle s'interdit de les conna&#238;tre. on ne peut rien fonder sur l'opinion : il faut d'abord la d&#233;truire. Elle est le premier obstacle &#224; surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L'esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des probl&#232;mes. Et quoi qu'on dise, dans la vie scientifique, les probl&#232;mes ne se posent pas d'eux-m&#234;mes. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce &lt;i&gt;sens du probl&#232;me&lt;/i&gt; qui donne la marque du v&#233;ritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, tonte connaissance est une r&#233;ponse &#224; une question. S'il n'y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n'est donn&#233;. Tout est construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une connaissance acquise par un effort scientifique peut elle-m&#234;me d&#233;cliner. La question abstraite et franche s'use : la r&#233;ponse concr&#232;te reste. D&#232;s lors, l'activit&#233; spirituelle s'invertit et se bloque. Un obstacle &#233;pist&#233;mologique s'incruste sur, la connaissance non questionn&#233;e. Des habitudes intellectuelles qui furent utiles et saines peuvent, &#224; la longue, entraver la recherche. &#171; Notre esprit, dit justement M. Bergson&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BERGSON, La Pens&#233;e et te mouvant, Paris, 1934, p. 231.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a une irr&#233;sistible tendance &#224; consid&#233;rer comme plus claire l'id&#233;e qui lui sert le plus souvent &#187;. L'id&#233;e gagne ainsi une clart&#233; intrins&#232;que abusive. A l'usage les id&#233;es se &lt;i&gt;valorisent&lt;/i&gt; ind&#251;ment. Une valeur en soi s'oppose &#224; la circulation des valeurs. C'est un facteur d'inertie pour l'esprit. Parfois une id&#233;e dominante polarise un esprit dans sa totalit&#233;. Un &#233;pist&#233;mologue irr&#233;v&#233;rencieux disait, il y a quelque vingt ans, que les grands hommes sont utiles &#224; la science dans la premi&#232;re moiti&#233; de leur vie, nuisibles dans la seconde moiti&#233;. L'instinct &lt;i&gt;formatif&lt;/i&gt; est si persistant chez certains hommes de pens&#233;e qu'on ne doit pas s'alarmer de cette boutade. Mais enfin l'instinct &lt;i&gt;formatif&lt;/i&gt; finit par c&#233;der devant l'instinct &lt;i&gt;conservatif&lt;/i&gt;. Il vient un temps o&#249; l'esprit aime mieux ce qui confirme son savoir que ce qui le contredit, o&#249; il aime mieux les r&#233;ponses que les questions. Alors l'instinct conservatif domine, la croissance spirituelle s'arr&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, nous n'h&#233;sitons pas &#224; invoquer les instincts pour marquer la juste r&#233;sistance de certains obstacles &#233;pist&#233;mologiques. C'est une vue que nos d&#233;veloppements essaieront de justifier. Mais, d&#232;s maintenant, il faut se rendre compte que la connaissance empirique, qui est celle que nous &#233;tudions presque uniquement dans cet ouvrage, engage l'homme sensible partons les caract&#232;res de sa sensibilit&#233;. Quand la connaissance empirique se rationalise, on n'est jamais s&#251;r que des valeurs sensibles primitives ne coefficientent pas les raisons. D'une mani&#232;re bien visible, on peut reconna&#238;tre que l'id&#233;e scientifique trop famili&#232;re se charge d'un concret psychologique trop lourd, qu'elle amasse trop d'analogies, d'images, de m&#233;taphores, et qu'elle perd peu &#224; peu son &lt;i&gt;vecteur d'abstraction&lt;/i&gt;, sa fine pointe abstraite. En particulier, c'est verser dans un vain optimisme que de penser que savoir sert automatiquement &#224; savoir, que la culture devient d'autant plus facile qu'elle est plus &#233;tendue, que l'intelligence enfin, sanctionn&#233;e par des succ&#232;s pr&#233;coces, par de simples concours universitaires, se capitalise comme une richesse mat&#233;rielle. En admettant m&#234;me qu'une &lt;i&gt;t&#234;te bien faite&lt;/i&gt; &#233;chappe au narcissisme intellectuel si fr&#233;quent dans la culture litt&#233;raire, dans l'adh&#233;sion passionn&#233;e aux jugements du go&#251;t, on peut s&#251;rement dire qu'une t&#234;te bien faite est malheureusement une t&#234;te ferm&#233;e. C'est un produit d'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les crises de croissance de la pens&#233;e impliquent une refonte totale du syst&#232;me du savoir. La t&#234;te bien faite doit alors &#234;tre refaite. Elle change d'esp&#232;ce. Elle s'oppose &#224; l'esp&#232;ce pr&#233;c&#233;dente par une fonction d&#233;cisive. Par les r&#233;volutions spirituelles que n&#233;cessite l'invention scientifique, l'homme devient une esp&#232;ce mutante, ou pour mieux dire encore, une esp&#232;ce qui a besoin de muter, qui souffre de ne pas changer. Spirituellement, l'homme a des besoins de besoins. Si l'on voulait bien consid&#233;rer par exemple la modification psychique qui se trouve r&#233;alis&#233;e par la compr&#233;hension d'une doctrine comme la Relativit&#233; ou la M&#233;canique ondulatoire, on ne trouverait peut-&#234;tre pas ces expressions exag&#233;r&#233;es, surtout si l'on r&#233;fl&#233;chissait &#224; la r&#233;elle solidit&#233; de la science ant&#233;-relativiste. Mais nous reviendrons sur ces aper&#231;us dans notre .dernier chapitre quand nous aurons apport&#233; de nombreux exemples de r&#233;volutions spirituelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On r&#233;p&#232;te souvent aussi que la science est avide d'unit&#233;, qu'elle tend &#224; identifier des ph&#233;nom&#232;nes d'aspects divers, qu'elle cherche la simplicit&#233; ou l'&#233;conomie dans les principes et dans les m&#233;thodes. Cette unit&#233;, elle la trouverait bien vite, si elle pouvait s'y complaire. Tout &#224; l'oppos&#233;, le progr&#232;s scientifique marque ses plus nettes &#233;tapes en abandonnant les facteurs philosophiques d'unification facile tels que l'unit&#233; d'action du Cr&#233;ateur, l'unit&#233; de plan de la Nature, l'unit&#233; logique. En effet, ces facteurs d'unit&#233;, encore agissants dans la pens&#233;e pr&#233;scientifique du XVIII&#232; si&#232;cle, ne sont plus jamais invoqu&#233;s. On trouverait bien pr&#233;tentieux le savant contemporain qui voudrait r&#233;unir la cosmologie et la th&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans le d&#233;tail m&#234;me de la recherche scientifique, devant une exp&#233;rience bien d&#233;termin&#233;e qui pourrait &#234;tre enregistr&#233;e comme telle, comme vraiment une et compl&#232;te, l'esprit scientifique n'est jamais &#224; court pour en varier les conditions, bref pour sortir de la contemplation du &lt;i&gt;m&#234;me&lt;/i&gt; et chercher &lt;i&gt;l'autre&lt;/i&gt;, pour dialectiser l'exp&#233;rience. C'est ainsi que la Chimie multiplie et compl&#232;te ses s&#233;ries homologues, jusqu'&#224; &lt;i&gt;sortir de la Nature&lt;/i&gt; pour mat&#233;rialiser les corps plus ou moins hypoth&#233;tiques sugg&#233;r&#233;s par la pens&#233;e inventive. C'est ainsi que dans toutes les sciences rigoureuses, une. pens&#233;e anxieuse se m&#233;fie des &lt;i&gt;identit&#233;s&lt;/i&gt; plus ou moins apparentes, et r&#233;clame sans cesse plus de pr&#233;cision, &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt; plus d'occasions de distinguer. Pr&#233;ciser, rectifier, diversifier, ce sont l&#224; des types de pens&#233;es dynamiques qui s'&#233;vadent de la certitude et de l'unit&#233; et qui trouvent dans , les syst&#232;mes homog&#232;nes plus d'obstacles que d'impulsions. En r&#233;sum&#233;, l'homme anim&#233; par l'esprit scientifique d&#233;sire sans doute savoir, mais c'est aussit&#244;t pour mieux interroger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;BERGSON, &lt;i&gt;La Pens&#233;e et te mouvant&lt;/i&gt;, Paris, 1934, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bachelard, &lt;strong&gt;La formation de l'esprit scientifique&lt;/strong&gt;, Chapitre 1, I, Vrin, 1983, pp.13-16&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les axes de la po&#233;sie et de la science sont inverses</title>
		<link>https://www.caute.lautre.net/Les-axes-de-la-poesie-et-de-la-science-sont-inverses</link>
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		<dc:date>2003-08-16T09:21:14Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bachelard, Gaston</dc:creator>



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&lt;p&gt;Expliquer le texte suivant : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'&#233;vidence premi&#232;re n'est pas une v&#233;rit&#233; fondamentale. En fait, l'objectivit&#233; scientifique n'est possible que si l'on a d'abord rompu avec l'objet imm&#233;diat, Si l'on a refus&#233; la s&#233;duction du premier choix, Si l'on a arr&#234;t&#233; ou contredit les pens&#233;es qui naissent de la premi&#232;re observation. Toute objectivit&#233;, d&#251;ment v&#233;rifi&#233;es, d&#233;ment le premier contact avec l'objet. Elle doit d'abord tout critiquer : la sensation, le sens commun, la pratique m&#234;me la plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.caute.lautre.net/-Textes-brefs-86-" rel="directory"&gt;Textes brefs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Expliquer le texte suivant :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;vidence premi&#232;re n'est pas une v&#233;rit&#233; fondamentale. En fait, l'objectivit&#233; scientifique n'est possible que si l'on a d'abord rompu avec l'objet imm&#233;diat, Si l'on a refus&#233; la s&#233;duction du premier choix, Si l'on a arr&#234;t&#233; ou contredit les pens&#233;es qui naissent de la premi&#232;re observation. Toute objectivit&#233;, d&#251;ment v&#233;rifi&#233;es, d&#233;ment le premier contact avec l'objet. Elle doit d'abord tout critiquer : la sensation, le sens commun, la pratique m&#234;me la plus constante, l'&#233;tymologie enfin, car le verbe, qui est fait pour chanter et s&#233;duire, rencontre rarement la pens&#233;e. Loin de s'&#233;merveiller, la pens&#233;e objective doit ironiser. Sans cette vigilance malveillante, nous ne prendrons jamais vraiment une attitude objective. S'il s'agit d'examiner des hommes, des &#233;gaux, des fr&#232;res, la sympathie est le fond de la m&#233;thode. Mais devant ce monde inerte qui ne souffre d'aucune de nos peines et que n'exalte aucune de nos joies, nous devons arr&#234;ter toutes les expansions, nous devons brimer notre personne. Les axes de la po&#233;sie et de la science sont d'abord inverses. Tout ce que peut esp&#233;rer la philosophie, c'est de rendre la po&#233;sie et la science compl&#233;mentaires, de les unir comme deux contraires bien faits. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bachelard, &lt;strong&gt;La Psychanalyse du Feu&lt;/strong&gt;, Avant Propos, I, Id&#233;es, pp. 9-10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compr&#233;hension pr&#233;cise du texte, du probl&#232;me dont il est question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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