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Articles

  • EIII - Préface - Avril 2004

    Quand on lit la plupart des philosophes qui ont traité des passions et de la conduite des hommes, on dirait qu’il n’a pas été question pour eux de choses naturelles, réglées par les lois générales de l’univers, mais de choses placées hors du domaine de la nature. Ils ont l’air de considérer l’homme dans la nature comme un empire dans un autre empire. A les en croire, l’homme trouble l’ordre de l’univers bien plus qu’il n’en fait partie ; il a sur ses actions un pouvoir absolu et ses déterminations ne (...)

  • EIII - Définition 1 - Avril 2004

    EIII - Préface

    J’appelle cause adéquate celle dont l’effet peut être clairement et distinctement expliqué par elle seule, et cause inadéquate ou partielle celle dont l’effet ne peut par elle seule être conçu.
    EIII - Définition 2

  • EIII - Définition 2 - Avril 2004

    EIII - Définition 1.
    EIII - Définition 1

    Quand quelque chose arrive, en nous ou hors de nous, dont nous sommes la cause adéquate, c’est-à-dire (par la Déf. précéd.) quand quelque chose, en sous ou hors de nous, résulte de notre nature et se peut concevoir par elle clairement et distinctement, j’appelle cela agir. Quand, au contraire, quelque chose arrive en nous ou résulte de notre nature, dont nous ne sommes point cause, si ce n’est partiellement, j’appelle cela pâtir.
    EIII - Définition (...)

  • EIII - Définition 3 - Avril 2004

    EIII - Définition 2

    J’entends par passions (affectus) ces affections de corps (affectiones) qui augmentent ou diminuent, favorisent ou empêchent sa puissance d’agir, et j’entends aussi en même temps les idées de ces affections.
    C’est pourquoi, si nous pouvons être cause adéquate de quelqu’une de ces affections, passion (affectus) exprime alors une action ; partout ailleurs, c’est une passion véritable.
    EIII - Postulat (...)

  • EIII - Postulat 1 - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 5) ; EII - Proposition 13 - (Lemme 7) ; EII - Proposition 13 - (Postulat 1).
    EIII - Définition 3

    Le Corps humain peut-être affecté de plusieurs modifications par lesquelles sa puissance d’agir est augmentée ou diminuée, et aussi d’autres modifications qui ne rendent sa puissance d’agir ni plus grand, ni plus petite.
    Ce Postulat ou Axiome est fondé sur le Post. 1 et les Lem. 5 et 7, qu’on peut voir après la Propos. 13 de la partie 2.
    EIII - Postulat (...)

  • EIII - Postulat 2 - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Postulat 5) ; EII - Proposition 17 - scolie.
    EIII - Postulat 1

    Le corps humain peut souffrir plusieurs changements et retenir néanmoins les impressions ou traces des choses (voir à ce sujet le Post. 5, partie 2), et par suite leurs images (pour la définition desquelles, voyez le Scol. de la Propos. 17, partie 2).
    EIII - Proposition 1

  • EIII - Proposition 1 - Avril 2004

    EI - Proposition 36.
    EII - Proposition 9 ; EII - Proposition 11 - corollaire ; EII - Proposition 40 - scolie 1 ; EII - Proposition 40 - scolie 2.
    EIII - Définition 1 ; EIII - Définition 2.
    Notre âme fait certaines actions et souffre certaines passions ; savoir : en tant qu’elle a des idées adéquates, elle fait certaines actions ; et en tant qu’elle a des idées inadéquates, elle souffre certaines passions.
    Démonstration
    Les idées d’une âme quelconque sont, les unes adéquates, les autres mutilées (...)

  • EIII - Proposition 1 - corollaire - Mai 2004

    EIII - Proposition 1

    Il suit de là que l’âme est sujette à d’autant plus de passions qu’elle a plus d’idées inadéquates ; et au contraire, qu’elle produit d’autant plus d’actions qu’elle a plus d’idées adéquates.
    EIII - Proposition 2

  • EIII - Proposition 2 - Mai 2004

    EII - Définition 1 ; EII - Proposition 6 ; EII - Proposition 11.
    EIII - Proposition 1 - corollaire

    Ni le corps ne peut déterminer l’âme à la pensée, ni l’âme le corps au mouvement et au repos, ou a quoi que ce puisse être. Démonstration
    Tous les modes de la pensée ont pour cause Dieu, en tant que chose pensante, et non en tant qu’il se développe par un autre attribut (par la Propos. 6, partie 2) ; par conséquent, ce qui détermine l’âme a la pensée, c’est un mode de la pensée, et non un mode de (...)

  • 010 - EIII - Proposition 2 - scolie - Mai 2004

    EII - Proposition 7 - scolie ; EII - Proposition 12 ; EII - Proposition 49.
    Cela se conçoit plus clairement encore par ce qui a été dit dans le scolie de la Propos. 7, part. 2, savoir, que l’âme et le corps sont une seule et même chose, qui est conçue tantôt sous l’attribut de la pensée, tantôt sous celui de l’étendue. D’où il arrive que l’ordre, l’enchaînement des choses, est parfaitement un, soit que l’on considère la nature sous tel attribut ou sous tel autre, et partant, que l’ordre des actions et des (...)

  • EIII - Proposition 3 - Mai 2004

    EII - Proposition 11 ; EII - Proposition 13 ; EII - Proposition 15 ; EII - Proposition 29 - corollaire ; EII - Proposition 38 - corollaire.
    EIII - Proposition 1.
    010 - EIII - Proposition 2 - scolie

    Les actions de l’âme ne proviennent que des idées adéquates, ses passions que des idées inadéquates. Démonstration
    Ce qu’il y a de fondamental et de constitutif dans l’essence de l’âme, ce n’est autre chose que l’idée du corps pris comme existant en acte (par les Propos. 11 et 13, partie 2), laquelle (...)

  • EIII - Proposition 3 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 3

    Nous voyons par là que les passions ne se rapportent à l’âme qu’en tant qu’elle a en soi quelque chose qui enveloppe une négation, en d’autres termes, qu’en tant qu’elle est une partie de la nature, laquelle, prise en soi et indépendamment des autres parties, ne peut se concevoir clairement et distinctement ; et par cette raison, je pourrais montrer que les passions ont avec les choses particulières le même rapport qu’avec l’âme, et ne se peuvent concevoir d’aucune autre (...)

  • EIII - Proposition 4 - Mai 2004

    EIII - Proposition 3 - scolie

    Aucune chose ne peut être détruite que par une cause extérieure. Démonstration
    Cette proposition est évidente par elle-même ; car la définition d’une chose quelconque contient l’affirmation et non la négation de l’essence de cette chose ; en d’autres termes, elle pose son essence, elle ne la détruit pas. Donc, tant que l’on considérera seulement la chose, abstraction faite de toute cause extérieure, on ne pourra rien trouver en elle qui soit capable de la détruire. C. (...)

  • EIII - Proposition 5 - Mai 2004

    EIII - Proposition 4.
    EIII - Proposition 4

    Deux choses sont de nature contraire ou ne peuvent exister en un même sujet, quand l’une peut détruire l’autre. Démonstration
    Car si ces deux choses pouvaient se convenir ou exister ensemble dans un même sujet, il pourrait donc y avoir en un sujet quelque chose qui fût capable de le détruire, ce qui est absurde (par la Propos. précéd.). Donc, etc. C. Q. F. D.
    EIII - Proposition (...)

  • EIII - Proposition 6 - Mai 2004

    EI - Proposition 25 - corollaire ; EI - Proposition 34.
    EIII - Proposition 4 ; EIII - Proposition 5.
    EIII - Proposition 5

    Toute chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être. Démonstration
    En effet, les choses particulières sont des modes qui expriment les attributs de Dieu d’une certaine façon déterminée (par le Corollaire de la Propos. 25, partie 1), c’est-à-dire (par la Propos. 34, partie 1) des choses qui expriment d’une certaine façon déterminée la puissance divine (...)

  • EIII - Proposition 7 - Mai 2004

    EI - Proposition 29 ; EI - Proposition 36.
    EIII - Proposition 6.
    EIII - Proposition 6

    L’effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n’est rien de plus que l’essence actuelle de cette chose. Démonstration
    L’essence d’un être quelconque étant donnée, il en résulte nécessairement certaines choses (par la Propos. 36, partie 1) ; et tout être ne peut rien de plus que ce qui suit nécessairement de sa nature déterminée (par la Propos. 29, partie 1). Par conséquent, la puissance d’une (...)

  • EIII - Proposition 8 - Mai 2004

    EIII - Proposition 4.
    EIII - Proposition 7

    L’effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n’enveloppe aucun temps fini, mais un temps indéfini. Démonstration
    Si, en effet, il enveloppait un temps limité, qui déterminât la durée de la chose, il s’ensuivrait de cette puissance même par laquelle la chose existe, qu’après un certain temps elle ne pourrait plus exister et devrait être détruite. Or, cela est absurde (par la Propos. 4) ; donc l’effort par lequel une chose existe (...)

  • EIII - Proposition 9 - Mai 2004

    EII - Proposition 23.
    EIII - Proposition 3 ; EIII - Proposition 7 ; EIII - Proposition 8.
    EIII - Proposition 8

    L’âme, soit en tant qu’elle a des idées claires et distinctes, soit en tant qu’elle en a de confuses, s’efforce de persévérer indéfiniment dans son être, et a conscience de cet effort. Démonstration
    L’essence de l’âme est constituée par des idées adéquates et inadéquates (comme nous l’avons montré dans la Propos. 3), et conséquemment (par la Propos. 7) elle tend à persévérer dans son être (...)

  • EIII - Proposition 9 - scolie - Août 2004

    EIII - Proposition 9

    Cet effort, quand il se rapporte exclusivement à l’âme, s’appelle volonté ; mais quand il se rapporte à l’âme et au corps tout ensemble, il se nomme appétit. L’appétit n’est donc que l’essence même de l’homme, de laquelle découlent nécessairement toutes les modifications qui servent à sa conservation, de telle sorte que l’homme est déterminé à les produire. De plus, entre l’appétit et le désir il n’y a aucune différence, si ce n’est que le désir se rapporte la plupart du temps à (...)

  • EIII - Proposition 10 - Mai 2004

    EII - Proposition 9 - corollaire ; EII - Proposition 11 ; EII - Proposition 13.
    EIII - Proposition 5 ; EIII - Proposition 7.
    EIII - Proposition 9 - scolie

    Une idée qui exclut l’existence de notre corps ne se peut rencontrer dans notre âme ; elle lui est contraire. Démonstration
    Tout ce qui peut détruire notre corps ne se peut rencontrer en lui (par la Propos. 5) ; par conséquent l’idée d’une telle chose ne se peut non plus rencontrer en Dieu, en tant qu’il a l’idée de notre corps (par le (...)

  • EIII - Proposition 11 - Mai 2004

    EII - Proposition 7 ; EII - Proposition 14.
    EIII - Proposition 10

    Si quelque chose augmente ou diminue, favorise ou empêche la puissance d’agir de notre corps, l’idée de cette chose augmente ou diminue, favorise ou empêche la puissance de penser de notre âme. Démonstration
    Cette proposition résulte évidemment de la Propos. 7, partie 2, et aussi de la Propos. 14, même partie.
    EIII - Proposition 11 - (...)

  • EIII - Proposition 11 - scolie - Mai 2004

    EII - Proposition 6 ; EII - Proposition 8 - corollaire et EII - Proposition 8 - scolie ; EII - Proposition 17 (et EII - Proposition 17 - scolie) ; EII - Proposition 18 (et EII - Proposition 18 - scolie).
    EIII - Proposition 4 ; EIII - Proposition 9 - scolie ; EIII - Proposition 10.
    Nous voyons que l’âme peut souffrir un grand nombre de changements, et passer tour à tour d’une certaine Perfection à une perfection plus grande ou plus petite ; et ce sont ces diverses passions qui nous expliquent (...)

  • EIII - Proposition 12 - Mai 2004

    EII - Proposition 7 ; EII - Proposition 17 (et EII - Proposition 17 - scolie).
    EIII - Postulat 1 ; EIII - Proposition 6 ; EIII - Proposition 9 ; EIII - Proposition 11.
    L’âme s’efforce, autant qu’il est en elle, d’imaginer les choses qui augmentent ou favorisent ; la puissance d’agir du corps.
    Démonstration
    Tant que le corps humain est affecté d’une modification qui enveloppe la nature de quelque corps étranger, l’âme humaine aperçoit ce corps étranger comme présent (par la Propos. 17, part.2) ; et (...)

  • EIII - Proposition 13 - Mai 2004

    EII - Proposition 17.
    EIII - Proposition 9 ; EIII - Proposition 12.
    EIII - Proposition 12

    Quand l’âme imagine des choses qui diminuent la puissance d’agir du corps, elle s’efforce, autant qu’il est en elle, de rappeler d’autres choses qui excluent l’existence des premières. Démonstration
    Tant que l’âme imagine des choses qui diminuent ou empêchent la puissance d’agir du corps, la puissance de l’âme et du corps est diminuée ou empêchée (comme nous l’avons démontré dans la précéd. Propos.), et (...)

  • EIII - Proposition 13 - corollaire - Mai 2004

    EIII - Proposition 13

    Il suit de là que l’âme répugne à imaginer les choses qui diminuent ou empêchent sa puissance et celle du corps.
    EIII - Proposition 13 - scolie

  • EIII - Proposition 13 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 13 - corollaire

    Nous concevons aussi très-clairement par ce qui précède en quoi consistent l’amour et la haine. L’amour n’est autre chose que la joie, accompagnée de l’idée d’une cause extérieure ; et la haine n’est autre chose que la tristesse, accompagnée de l’idée d’une cause extérieure. Nous voyons également que celui qui aime s’efforce nécessairement de se rendre présente et de conserver la chose qu’il aime ; et au contraire, celui qui hait s’efforce d’écarter et de détruire la (...)

  • EIII - Proposition 14 - Mai 2004

    EII - Proposition 16 - corollaire 2 ; EII - Proposition 18.
    EIII - Définition 3.
    EIII - Proposition 13 - scolie

    Si l’âme a été une fois affectée tout ensemble de deux passions, aussitôt que dans la suite elle sera affectée de l’une d’elles, elle sera aussi affectée de l’autre. Démonstration
    Si le corps humain a été une fois modifié par deux autres corps, dès que l’âme viendra par la suite à imaginer l’un d’entre eux, aussitôt elle se souviendra de l’autre (par la Propos. 18, partie 2).Or, les (...)

  • EIII - Proposition 15 - Mai 2004

    EIII - Postulat 1 ; EIII - Proposition 11 - scolie ; EIII - Proposition 14.
    EIII - Proposition 14

    Une chose quelconque peut causer dans l’âme, par accident, la joie, la tristesse ou le désir. Démonstration
    Supposons que l’âme soit affectée à la fois de deux passions, l’une qui n’augmente ni ne diminue sa puissance d’agir, l’autre qui l’augmente ou bien qui la diminue (voyez le Post. 1). Il suit évidemment de la précédente proposition qu’aussitôt que l’âme viendra dans la suite à être affectée de (...)

  • EIII - Proposition 15 - corollaire - Mai 2004

    EIII - Proposition 11 - scolie ; EIII - Proposition 12 ; EIII - Proposition 13 - corollaire et EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 14.
    EIII - Proposition 15

    Par cela seul qu’au moment où notre âme était affectée de joie ou de tristesse nous avons vu un certain objet, qui n’est point du reste la cause efficiente de ces passions, nous pouvons aimer cet objet ou le prendre en haine. Démonstration
    Cela suffit en effet (par la Propos. 14) pour que notre âme, venant ensuite à (...)

  • EIII - Proposition 15 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 15 - corollaire

    Nous comprenons par ce qui précède comment il peut arriver que nous aimions ou que nous haïssions certains objets sans aucune cause qui nous soit connue, mais seulement par l’effet de la sympathie, comme on dit, ou de l’antipathie. A ce même ordre de faits il faut rapporter la joie ou la tristesse dont nous sommes affectés à l’occasion de certains objets, parce qu’ils ont quelque ressemblance avec ceux qui d’habitude nous affectent de ces mêmes passions, comme (...)

  • EIII - Proposition 16 - Mai 2004

    EIII - Proposition 14 ; EIII - Proposition 15 (et EIII - Proposition 15 - corollaire).
    EIII - Proposition 15 - scolie

    Par cela seul que nous imaginons qu’une certaine chose est semblable par quelque endroit à un objet qui d’ordinaire nous affecte de joie ou de tristesse, bien que le point de ressemblance ne soit pas la cause efficiente de ces passions, nous aimons pourtant cette chose ou nous la haïssons. Démonstration
    Ce qu’il y a de semblable entre la chose et l’objet dont il s’agit, (...)

  • EIII - Proposition 17 - Mai 2004

    EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 16.
    EIII - Proposition 16

    Quand une chose nous affecte habituellement d’une impression de tristesse, si nous venons à imaginer qu’elle a quelque ressemblance avec un objet qui nous affecte habituellement d’une impression de joie de même force, nous aurons de la haine pour cette chose et en même temps de l’amour. Démonstration
    Cette chose est en effet par elle-même une cause de tristesse (d’après l’hypothèse), et (en vertu du Scol. de la (...)

  • EIII - Proposition 17 - scolie - Mai 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome 1) ; EII - Proposition 13 - (Postulat 1) ; EII - Proposition 44 - corollaire 1 - scolie.
    Cet état de l’âme, né de deux passions contraires, c’est ce qu’on nomme fluctuation ; elle est à la passion ce que le doute est à l’imagination (voyez le Scol. de la Propos. 44, partie 2), et de la fluctuation au doute il n’y a de différence que du plus au moins. Mais il faut remarquer ici que dans la proposition précédente j’ai déduit ces fluctuations de deux causes, (...)

  • EIII - Proposition 18 - Mai 2004

    EII - Proposition 16 - corollaire 2 ; EII - Proposition 17 (et EII - Proposition 17 - corollaire) ; EII - Proposition 44 - corollaire 1 - scolie.
    EIII - Proposition 17 - scolie

    L’homme peut être affecté d’une impression de joie et de tristesse par l’image d’une chose passée ou future, comme par celle d’une chose présente. Démonstration
    Tant que l’homme est affecté par l’image d’une certaine chose, il la voit comme présente, alors même qu’elle n’existerait pas (par la Propos. 17, partie 2 avec son (...)

  • EIII - Proposition 18 - scolie 1 - Mai 2004

    EII - Proposition 17 ; EII - Proposition 44 - corollaire 1 - scolie.
    J’appelle ici une chose, passée ou future, en tant que nous en avons été affectés ou que nous le serons. Par exemple, en tant que nous avons vu ou que nous verrons cette chose, elle a réparé nos forces ou elle les réparera, elle nous a blessés ou nous blessera, etc. En effet, en tant que nous l’imaginons de la sorte nous affirmons son existence ; en d’autres termes, le corps n’est affecté d’aucune passion qui exclue l’existence de (...)

  • EIII - Proposition 18 - scolie 2 - Mai 2004

    EIII - Proposition 18 - scolie 1

    Ce qui précède nous fait comprendre ce que c’est qu’espérance, crainte, sécurité, désespoir, contentement et remords. L’espérance n’est autre chose qu’une joie mal assurée, née de l’image d’une chose future ou passée dont l’arrivée est pour nous incertaine ; la crainte, une tristesse mal assurée, née aussi de l’image d’une chose douteuse. Maintenant, retranchez le doute de ces affections, l’espérance et la crainte deviennent la sécurité et le désespoir, c’est-à-dire la joie (...)

  • EIII - Proposition 19 - Mai 2004

    EII - Proposition 17.
    EIII - Proposition 11 - scolie ; EIII - Proposition 12 ; EIII - Proposition 13 - scolie.
    EIII - Proposition 18 - scolie 2

    Celui qui se représente la destruction de ce qu’il aime est saisi de tristesse ; s’il s’en représente la conservation, il éprouve de la joie. Démonstration
    L’âme s’efforce, autant qu’il est en elle, d’imaginer ce qui augmente ou favorise la puissance d’agir du corps (par la Propos. 12), en d’autres termes (par le Scol de la Propos. 13), ce qu’elle aime. (...)

  • EIII - Proposition 20 - Mai 2004

    EIII - Proposition 11 - scolie ; EIII - Proposition 13 (et EIII - Proposition 13 - scolie).
    EIII - Proposition 19

    Celui qui se représente la destruction de ce qu’il hait sera saisi de joie. Démonstration
    L’âme (par la Propos. 13) s’efforce d’imaginer tout ce qui exclut l’existence des choses capables de diminuer ou d’empêcher la puissance d’action du corps ; en d’autres termes (par le Scol. de la même Propos.), elle s’efforce d’imaginer tout ce qui exclut l’existence des choses qu’elle hait ; (...)

  • EIII - Proposition 21 - Mai 2004

    EIII - Proposition 11 - scolie ; EIII - Proposition 19.
    Celui qui se représente l’objet aimé comme saisi de tristesse ou de joie éprouve ces mêmes affections ; et chacune d’elles sera plus ou moins grande dans celui qui aime suivant qu’elle est plus ou moins grande dans l’objet aimé.
    Démonstration
    Les images des choses qui impliquent l’existence de l’objet aimé favorisent (comme nous l’avons démontré dans la Propos. 19) l’effort que fait l’âme pour se représenter cet objet aimé. Or, la joie exprime (...)

  • EIII - Proposition 22 - Mai 2004

    EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 21.
    EIII - Proposition 21

    Si nous nous représentons une personne comme causant de la joie à l’objet aimé, nous éprouverons pour elle de l’amour ; si nous nous la figurons, au contraire, comme causant de la tristesse à l’objet aimé, nous éprouverons pour elle de la haine. Démonstration
    Celui cause de la joie ou de la tristesse à ce que nous aimons nous cause à nous-mêmes ces mêmes passions chaque fois que nous nous représentons l’objet aimé (...)

  • EIII - Proposition 22 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 21.
    EIII - Proposition 22

    La Proposition 21 nous explique en quoi consiste la commisération, que nous pouvons définir la tristesse née de la misère d’autrui. De quel nom faut-il appeler la joie née du bonheur d’autrui ? c’est ce que j’ignore. Quant à l’amour que nous sentons pour qui fait du bien à autrui nous l’appellerons penchant favorable, et indignation la haine que nous sentons pour qui fait du mal à autrui.
    Il est bon de remarquer que nous éprouvons de la commisération, (...)

  • EIII - Proposition 23 - Mai 2004

    EIII - Proposition 11 - scolie ; EIII - Proposition 13 ; EIII - Proposition 20.
    EIII - Proposition 22 - scolie

    Celui qui se représente l’objet qu’il hait dans la tristesse en sera réjoui ; dans la joie, il en sera contristé ; et chacune de ces affections sera en lui plus ou moins forte, suivant que l’affection contraire le sera plus ou moins dans l’objet odieux. Démonstration
    L’objet odieux, en tant qu’il est dans la tristesse, tend à la destruction de son être, et y tend d’autant plus que la (...)

  • EIII - Proposition 23 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 27.
    EIII - Proposition 23

    Cette joie ne peut jamais être solide et pure de tout trouble intérieur ; car (comme je le ferai voir bientôt dans la Propos. 27) notre âme, en tant qu’elle se représente un être qui lui est semblable plongé dans la tristesse, en doit être contristée ; et le contraire arrive, si elle se représente cet être dans la joie. Mais nous ne faisons ici attention qu’à la haine qu’un objet inspire.
    EIII - Proposition (...)

  • EIII - Proposition 24 - Mai 2004

    EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 21 ; EIII - Proposition 22.
    EIII - Proposition 23 - scolie

    Si nous nous représentons une personne comme causant de la joie à un objet que nous haïssons nous haïrons aussi cette personne. Si, au contraire, nous nous la représentons comme causant de la tristesse à l’objet odieux, nous aurons pour elle de l’amour. Démonstration
    Cette proposition se démontre de la même manière que la Propos. 22, à laquelle nous renvoyons.
    EIII - Proposition 24 - (...)

  • EIII - Proposition 24 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 24

    Cette sorte de passions et celles qui ressemblent à la haine se rapportant à l’envie, qui, par conséquent, n’est autre chose que la haine elle-même, en tant qu’elle dispose l’homme à se réjouir du malheur d’autrui et à s’attrister de son bonheur.
    EIII - Proposition 25

  • EIII - Proposition 25 - Mai 2004

    EII - Proposition 17 (et EII - Proposition 17 - corollaire).
    EIII - Proposition 12 ; EIII - Proposition 13 ; EIII - Proposition 21.
    EIII - Proposition 24 - scolie

    Tout ce que nous nous représentons comme causant de la joie à nous-mêmes ou à ce que nous aimons, nous nous efforçons de l’affirmer, et nous-mêmes et de ce que nous aimons ; et nous nous efforçons, au contraire, d’en nier tout ce que nous nous représentons comme causant de la tristesse à ce que nous aimons ou à nous-mêmes. (...)

  • EIII - Proposition 26 - Mai 2004

    EII - Proposition 17 (et EII - Proposition 17 - corollaire).
    EIII - Proposition 12 ; EIII - Proposition 13 ; EIII - Proposition 23.
    EIII - Proposition 25

    Nous nous efforçons d’affirmer de l’objet que nous avons en haine tout ce que nous imaginons lui devoir causer de la tristesse, et d’en nier tout ce que nous imaginons lui devoir causer de la joie. Démonstration
    Cette Proposition suit de la Proposition 23, comme la précédente suit de la Proposition 21.
    EIII - Proposition 26 - (...)

  • EIII - Proposition 26 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 26

    Nous voyons par ce qui précède qu’il arrive aisément qu’un homme pense de soi ou de ce qu’il aime plus de bien qu’il ne faut, et au contraire, moins de bien qu’il ne faut de ce qu’il hait. Quand cette pensée regarde la personne même qui pense de soi plus de bien qu’il ne faut, c’est l’orgueil, sorte de délire où l’homme, rêvant les yeux ouverts, se croit capable de toutes les perfections que son imagination lui peut représenter, et les aperçoit dès lors comme des choses réelles, (...)

  • EIII - Proposition 27 - Mai 2004

    EII - Proposition 16 ; EII - Proposition 17 - scolie.
    EIII - Proposition 23.
    Par cela seul que nous nous représentons un objet qui nous est semblable comme affecté d’une certaine passion, bien que cet objet ne nous en ait jamais fait éprouver aucune autre, nous ressentons une passion semblable a la sienne.
    Démonstration
    Les images des choses, ce sont les affections du corps humain dont les idées nous représentent les corps extérieurs comme nous étant présents (par le Scol. de la Propos. 17, (...)

  • EIII - Proposition 27 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 22 - scolie.
    EIII - Proposition 27

    Cette communication d’affection, relativement à la tristesse, se nomme commisération (voyez ci-dessus le Scol. de la Propos. 22) ; mais relativement au désir, c’est l’émulation, laquelle n’est donc que le désir d’une chose produit en nous, parce que nous nous représentons nos semblables animés du même désir.
    EIII - Proposition 27 - corollaire (...)

  • EIII - Proposition 27 - corollaire 1 - Mai 2004

    EIII - Proposition 27.
    EIII - Proposition 27 - scolie

    Si nous nous représentons une personne, pour qui d’ailleurs nous n’éprouvons aucune passion, comme causant de la joie à un de nos semblables, nous aimerons cette personne ; si au contraire nous nous la représentons comme lui causant de la tristesse, nous la haïrons. Démonstration
    Cette Proposition se démontre par la précédente, comme la Propos. 22 par la Propos. 21.
    EIII - Proposition 27 - corollaire (...)

  • EIII - Proposition 27 - corollaire 2 - Mai 2004

    EIII - Proposition 23.
    EIII - Proposition 27 - corollaire 1

    Nous ne pouvons haïr un objet qui nous inspire de la commisération, par cela seul que le spectacle de sa misère nous met dans la tristesse. Démonstration
    Si, en effet, cela suffisait pour nous inspirer de la haine contre lui, il arriverait alors (par la Propos. 23) que nous nous réjouirions de sa tristesse, ce qui est contre l’hypothèse.
    EIII - Proposition 27 - corollaire (...)

  • EIII - Proposition 27 - corollaire 3 - Mai 2004

    EIII - Proposition 9 - scolie ; EIII - Proposition 13 ; EIII - Proposition 27.
    EIII - Proposition 27 - corollaire 2

    Chaque fois qu’un objet nous inspire de la commisération, nous nous efforçons, autant qu’il est en nous, de le délivrer de sa misère. Démonstration
    Toute chose qui cause de la tristesse à un objet dont nous avons pitié nous inspire une tristesse semblable (par la Propos. précéd.), et alors nous nous efforçons (par la Propos. 13) de nous rappeler tout ce qui supprime l’existence de (...)

  • EIII - Proposition 27 - corollaire 3 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 22 - scolie.
    EIII - Proposition 27 - corollaire 3

    Cette volonté, ou cet appétit de faire le bien, qui naît de la commisération que nous ressentons pour l’objet à qui nous voulons faire du bien, s’appelle bienveillance, laquelle n’est donc que le désir né de la commisération. Du reste, pour ce qui est de l’amour ou de la haine que nous ressentons pour celui qui fait du bien ou du mal à nos semblables, voyez le Scol. de la Propos. 22.
    EIII - Proposition (...)

  • EIII - Proposition 28 - Mai 2004

    EII - Proposition 7 - corollaire ; EII - Proposition 11 - corollaire ; EII - Proposition 17.
    EIII - Proposition 9 - scolie ; EIII - Proposition 12 ; EIII - Proposition 13 (et EIII - Proposition 13 - scolie) ; EIII - Proposition 20.
    Toute chose qu’on se représente comme conduisant à la joie, on fait effort pour qu’elle arrive ; si au contraire, elle doit être un obstacle à la joie et mener à la tristesse, on fait effort pour l’écarter ou la détruire.
    Démonstration
    Toute chose que nous imaginons (...)

  • EIII - Propositiion 29 - Mai 2004

    EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 27 ; EIII - Proposition 28.
    EIII - Proposition 28

    Nous nous efforçons de faire toutes les choses que nous imaginons que les hommes * verront avec joie, et nous avons de l’aversion pour celles qu’ils verront avec aversion. Démonstration
    Par cela seul que nous imaginons que les hommes aiment une chose ou la haïssent ; nous l’aimons ou nous la haïssons (par la Propos. 27) ; ce qui revient à dire (par le Scol. de la Propos. 13) que la présence (...)

  • EIII - Proposition 29 - scolie - Mai 2004

    EIII - Propositiion 29

    Cet effort pour faire certaines choses ou pour ne les point faire, par le seul motif de plaire aux hommes, se nomme ambition, surtout quand on s’efforce de plaire au vulgaire avec un tel excès d’ardeur qu’on fait certaines choses, ou qu’on s’en abstient à son détriment ou à celui d’autrui ; autrement, on lui donne ordinairement le nom d’humanité. Quant à la joie qui provient de ce que nous imaginons qu’une action a été faite par autrui dans le but de nous plaire, je la nomme (...)

  • EIII - Proposition 30 - Mai 2004

    EII - Proposition 19 ; EII - Proposition 23.
    EIII - Proposition 27.
    EIII - Proposition 29 - scolie

    Celui qui imagine qu’une chose qu’il a faite donne aux autres de la joie ressent aussi de la joie, unie à l’idée de soi-même, comme cause de cette joie ; en d’autres termes, il se regarde soi-même avec joie ; si au contraire il imagine que son action donne aux autres de la tristesse, il se regarde soi-même avec tristesse. Démonstration
    Celui qui croit causer de la joie ou de la tristesse aux (...)

  • EIII - Proposition 30 - scolie - Mai 2004

    EII - Proposition 17 - corollaire.
    EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 25.
    L’amour n’étant autre chose (par le Scol. de la Propos. 13) que la joie, accompagnée de l’idée d’une cause extérieure, et la haine, que la tristesse également accompagnée de l’idée d’une cause extérieure, la joie et la tristesse dont on vient de parler seront donc une sorte d’amour et de haine ; mais comme l’amour et la haine se rapportent aux objets extérieurs, il faudra donner d’autres noms à ce genre de (...)

  • EIII - Proposition 31 - Mai 2004

    EIII - Proposition 17 - scolie ; EIII - Proposition 27.
    Si nous venons à imaginer qu’une personne aime, désire ou hait quelque objet que nous-mêmes nous aimons, désirons ou haïssons, nous l’en aimerons, etc., d’une façon d’autant plus ferme ; si nous pensons au contraire qu’elle a de l’aversion pour un objet que nous aimons, ou réciproquement, nous éprouverons une fluctuation intérieure.
    Démonstration
    Par cela seul que nous imaginons qu’une personne aime tel ou tel objet, nous l’aimons aussi (par la (...)

  • EIII - Proposition 31 - corollaire - Mai 2004

    EIII - Proposition 28.
    EIII - Proposition 31

    Il suit de là et de la Propos. 28que chacun fait effort, autant qu’il peut, pour que les autres aiment ce qu’il aime, et haïssent ce qu’il hait ; de là ces vers d’un poète :
    Nous nous aimons ; que nos espérances soient communes ainsi que nos craintes.
    Il n’y a qu’un cœur d’airain qui puisse aimer ce qu’un autre dédaigne.
    EIII - Proposition 31 - (...)

  • EIII - Proposition 31 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 29 - scolie.
    EIII - Proposition 31 - corollaire

    Cet effort qu’ont fait pour que les autres approuvent nos sentiments d’amour ou de haine, c’est proprement l’ambition (voyez le Scol. de la Propos. 29). D’où l’on voit que tout homme désire naturellement que les autres vivent à son gré ; et comme tous le désirent également, ils se font également obstacle ; et comme aussi tous veulent être loués ou aimés de tous, ils se prennent mutuellement en haine.
    EIII - Proporsition (...)

  • EIII - Proporsition 32 - Mai 2004

    EIII - Proposition 27 (et EIII - Proposition 27 - corollaire 1) ; EIII - Proposition 28.
    EIII - Proposition 31 - scolie

    Si nous imaginons qu’une personne se complaise dans la possession d’un objet dont seule elle peut jouir, nous ferons effort pour qu’elle ne le possède plus. Démonstration
    Par cela seul que nous imaginons qu’une personne est heureuse de la possession d’un certain objet, nous aimons cet objet (par la Propos. 27, et son Corollaire 1) et désirons en jouir. Or, (par (...)

  • EIII - Proposition 32 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proporsition 32.
    Nous voyons, par ce qui précède, que la nature humaine est ainsi faite qu’elle réunit presque toujours à la pitié pour ceux qui souffrent l’envie pour ceux qui sont heureux, et que notre haine à l’égard de ceux-ci est d’autant plus forte (par la Propos. précéd.) que nous aimons davantage ce que nous voyons en leur possession. Nous devons aussi comprendre que cette même propriété de la nature humaine qui fait les hommes miséricordieux met en leur âme l’envie et l’ambition. Consultez (...)

  • EIII - Proposition 33 - Mai 2004

    EIII - Proposition 12 ; EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Propositiion 29.
    EIII - Proposition 32 - scolie

    Quand nous aimons un objet qui nous est semblable, nous faisons effort, autant que nous pouvons, pour qu’il nous aime à son tour. Démonstration
    Un objet que nous aimons, nous nous efforçons de l’imaginer de préférence à tout le reste (par la Propos. 12). Si donc cet objet nous est semblable, nous nous efforcerons de lui causer de la joie de préférence à tous les autres (par la (...)

  • EIII - Proposition 34 - Mai 2004

    EIII - Proposition 11 (et EIII - Proposition 11 - scolie) ; EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 30 (et EIII - Proposition 30 - scolie) ; EIII - Proposition 33.
    A mesure que nous imaginerons une passion plus grande de l’objet aimé à notre égard, nous nous glorifierons davantage.
    Démonstration
    Nous faisons effort, autant qu’il est en nous (par la Propos. précéd.), pour que l’objet aimé nous aime à son tour, ou autrement (par le Scol. de la Propos. 13) pour que l’objet aimé éprouve un (...)

  • EIII - Proposition 35 - Mai 2004

    EIII - Proposition 11 - scolie ; EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 15 - corollaire ; EIII - Proposition 23 ; EIII - Proposition 28 ; EIII - Proposition 30 - scolie ; EIII - Proposition 31 ; EIII - Proposition 34.
    Si nous venons à imaginer que l’objet aimé se joigne à un autre par un lien d’amitié égal à celui qui jusqu’alors nous l’enchaînait sans partage, ou plus fort encore, nous éprouverons de la haine pour l’objet aimé et de l’envie pour notre rival.
    Démonstration
    A mesure que (...)

  • EIII - Proposition 35 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 15 - corollaire ; EIII - Proposition 24.
    Cette haine pour l’objet aimé, jointe à l’envie, se nomme jalousie, laquelle est donc la fluctuation intérieure, née de l’amour et tout ensemble de la haine, accompagnés de l’idée de l’objet que nous envions. Cette même haine pour l’objet aimé sera plus grande en raison de la joie que procurait au jaloux l’amour réciproque de l’objet aimé, et en raison aussi de la nature du sentiment que le jaloux avait éprouvé jusqu’alors pour son rival. En effet, (...)

  • EIII - Proposition 36 - Mai 2004

    EIII - Proposition 15 ; EIII - Proposition 28.
    EIII - Proposition 35 - scolie

    Celui qui se souvient d’un objet qui une fois l’a charmé désire le posséder encore, et avec les mêmes circonstances. Démonstration
    Tout ce qu’un homme voit en même temps qu’un objet qui l’a charmé est pour lui accidentellement une cause de joie (par la Propos. 15), et par conséquent (en vertu de la Propos. 28) il désirera posséder tout cela en même temps que l’objet qui l’a charmé ; en d’autres termes, il désirera (...)

  • EIII - Proposition 36 - corollaire - Mai 2004

    EIII - Proposition 19 ; EIII - Proposition 36.
    EIII - Proposition 36

    Si donc l’amant s’aperçoit de l’absence d’une de ces circonstances, il en sera attristé. Démonstration
    En effet, en tant qu’il reconnaît le défaut de quelque circonstance, il imagine quelque chose qui exclut l’existence de l’objet qui l’a charmé ; et comme l’amour lui fait désirer cet objet ou cette circonstance (par la Propos. précéd.), en tant qu’il imagine qu’elle lui manque, il est attristé (par la Propos. 19). C. Q. F. D. (...)

  • EIII - Proposition 36 - corollaire - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 36 - corollaire

    Cette tristesse, en tant qu’elle se rapporte à l’absence de ce que nous aimons, se nomme regret.
    EIII - Proposition 37

  • EIII - Proposition 37 - Mai 2004

    EIII - Proposition 5 ; EIII - Proposition 7 ; EIII - Proposition 9 - scolie ; EIII - Proposition 11 - scolie.
    Le désir qui naît de la tristesse ou de la joie, de la haine ou de l’amour, est d’autant plus grand que la passion qui l’inspire est plus grande.
    Démonstration
    La tristesse diminue ou empêche (par le Scol. de la Propos. 11) la puissance d’action de l’homme, c’est-à-dire (par la Propos. 7) l’effort de l’homme pour persévérer dans son être ; et en conséquence (par la Propos. 5) elle est (...)

  • EIII - Proposition 38 - Mai 2004

    EIII - Proposition 11 - scolie ; EIII - Proposition 13 - corollaire et EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 21 ; EIII - Proposition 23 ; EIII - Proposition 28 ; EIII - Proposition 33 ; EIII - Proposition 37.
    Celui qui commence de prendre en haine l’objet aimé, de façon que son amour en soit bientôt complètement éteint, s’il vient d’avoir contre lui un motif de haine, il ressentira une haine plus grande que s’il ne l’eût jamais aimé ; et, plus grand a été l’amour, plus grande sera la (...)

  • EIII - Proposition 39 - Mai 2004

    EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 28 ; EIII - Proposition 37.
    EIII - Proposition 38

    Celui qui a quelque objet en haine s’efforcera de lui faire de mal, à moins qu’il ne craigne de sa part un mal plus grand ; et, au contraire, celui qui aime quelque objet s’efforcera de lui faire du bien, sous la même condition. Démonstration
    Avoir un objet en haine, c’est (par le Scol. de la Propos. 13) se le représenter comme une cause de tristesse, et en conséquence (par la Propos. 28) (...)

  • EIII - Proposition 39 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 9 - scolie ; EIII - Proposition 28.
    Par bien, j’entends ici tout genre de joie et tout ce qui peut y conduire, particulièrement ce qui satisfait un désir quel qu’il soit ; par mal, tout genre de tristesse, et particulièrement ce qui prive un désir de son objet. Nous avons en effet montré plus haut (dans le Scol. de la Propos. 9) que nous ne désirons aucune chose par cette raison que nous la jugeons bonne, mais au contraire que nous appelons bonne la chose que nous désirons ; et (...)

  • EIII - Proposition 40 - Mai 2004

    EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 27.
    EIII - Proposition 39 - scolie

    Celui qui imagine qu’il est haï par un autre et ne croit lui avoir donné aucun sujet de haine, le hait à son tour. Démonstration
    Celui qui imagine une personne animée par la haine ressent aussi de la haine (par la Propos. 27) ; en d’autres termes (par le Scol. de la Propos. 13), il éprouve une tristesse accompagnée de l’idée d’une cause extérieure. Or (par hypothèse) il n’imagine ici aucune autre cause de (...)

  • EIII - Proposition 40 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 25 ; EIII - Proposition 30 (et EIII - Proposition 30 - scolie) ; EIII - Proposition 39.
    EIII - Proposition 40

    Que s’il vient à imaginer qu’il ait donné à celui qui le hait un juste sujet de haine, il éprouvera de la honte (par la Propos. 30 et son Scol.). Mais cela arrive rarement (par la Propos. 25). J’ajoute que cette haine réciproque peut aussi venir de ce que la haine est suivie (par la Propos. 39) d’un effort pour faire du mal à celui qui en est l’objet. D’où il (...)

  • EIII - Proposition 40 - corollaire 1 - Mai 2004

    EIII - Proposition 40.
    EIII - Proposition 40 - scolie

    Celui qui se représente l’objet aime comme ayant pour lui de la haine est combattu entre la haine et l’amour. Car en tant qu’il croit que l’objet aimé a pour lui de la haine, il est déterminé à le haïr à son tour (par la Propos. précédente). Mais (par hypothèse) il aime cependant celui qui le hait. Il est donc combattu entre la haine et l’amour.
    EIII - Proposition 40 - corollaire (...)

  • EIII - Proposition 40 - corollaire 2 - Mai 2004

    EIII - Proposition 26 ; EIII - Proposition 39 ; EIII - Proposition 40.
    EIII - Proposition 40 - corollaire 1

    Celui qui imagine qu’une personne pour laquelle il n’a encore ressenti aucune espèce de passion a été poussée par la haine à lui causer un certain mal s’efforcera incontinent de lui causer ce même mal. Démonstration
    En effet, celui qui imagine qu’une certaine personne a pour lui de la Haine la haïra à son tour (par la Propos. précéd.), et s’efforcera (par la Propos. 26) de se rappeler et (...)

  • EIII - Proposition 40 - corollaire 2 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 40 - corollaire 2

    L’effort que nous faisons pour causer du mal à l’objet de notre haine se nomme colère ; celui que nous faisons pour rendre le mal qu’on nous a causé, c’est la vengeance.
    EIII - Proposition 41

  • EIII - Proposition 41 - Mai 2004

    EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 15 - corollaire ; EIII - Proposition 16 ; EIII - Proposition 27 ; EIII - Proposition 40 ( EIII - Proposition 40 - scolie).
    EIII - Proposition 40 - corollaire 2 - scolie

    Celui qui imagine qu’il est aimé d’une certaine personne, et croit ne lui avoir donné aucun sujet d’amour (ce qui peut arriver, en vertu du Corollaire de la Propos. 15 et de la Propos. 16), aimera à son tour cette personne. Démonstration
    Cette proposition se démontre par (...)

  • EIII - Proposition 41 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 25 ; EIII - Proposition 30 (et EIII - Proposition 30 - scolie) ; EIII - Proposition 39 ; EIII - Proposition 40 - scolie.
    EIII - Proposition 41

    Que si celui dont nous parlons croit avoir donné à la personne qui l’aime un juste sujet d’amour, il se glorifiera (par la Propos. 30 et son Scol.) ; et c’est là ce qui arrive le plus fréquemment (par la Propos. 25), le cas contraire étant celui où l’on se croit l’objet de la haine d’autrui (voy. le Scol. de la précédente Propos.). Or, (...)

  • EIII - Proposition 41 - corollaire - Mai 2004

    EIII - Proposition 40 ; EIII - Proposition 40 - corollaire 1.
    EIII - Proposition 41 - scolie

    Celui qui croit être aimé d’une personne qu’il déteste sera combattu entre la haine et l’amour. Cela se démontre par la même voie que le premier Corollaire de la Propos. précédente.
    EIII - Proposition 41 - corollaire - scolie

  • EIII - Proposition 41 - corollaire - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 41 - corollaire

    Si la haine domine, il s’efforcera de faire du mal à l’objet dont il est aimé ; et c’est là la passion qu’on nomme cruauté, surtout quand on croit que celui qui aime n’a donné à l’autre aucun des sujets ordinaires de haine.
    EIII - Proposition 42

  • EIII - Proposition 42 - Mai 2004

    EIII - Proposition 12 ; EIII - Proposition 19 ; EIII - Proposition 30 - scolie ; EIII - Proposition 33 ; EIII - Proposition 34.
    EIII - Proposition 41 - corollaire - scolie

    Celui qui a fait du bien à autrui, soit par amour, soit par espoir de la gloire qu’il en pourra tirer, sera attristé si son bienfait est reçu avec ingratitude. Démonstration
    Celui qui aime un de ses semblables fait effort, autant qu’il est en lui, pour en être aimé à son tour (par la Propos. 33). Celui donc qui fait du (...)

  • EIII - Proposition 43 - Mai 2004

    EIII - Proposition 26 ; EIII - Propositiion 29 ; EIII - Proposition 30 ; EIII - Proposition 37 ; EIII - Proposition 40 ; EIII - Proposition 41.
    EIII - Proposition 42

    La haine s’augmente quand elle est réciproque ; elle peut être détruite par l’amour. Démonstration
    Celui qui se représente l’objet de sa haine comme le haïssant à son tour en conçoit par cela seul une nouvelle haine (par la Propos. 40), la première continuant de subsister (par hypothèse). Mais s’il se représente au contraire (...)

  • EIII - Proposition 44 - Mai 2004

    EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 37 ; EIII - Proposition 38.
    EIII - Proposition 43

    La haine qui est complètement vaincue par l’amour devient l’amour devient de l’amour ; et cet amour est plus grand que s’il n’eût pas été précédé par la haine. Démonstration
    Elle procède de la même manière que celle de la Propos. 38. Celui en effet qui commence à aimer l’objet qu’il haïssait, c’est-à-dire l’objet qu’il apercevait habituellement avec tristesse, se réjouit, par cela seul qu’il aime ; (...)

  • EIII - Proposition 44 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 6.
    EIII - Proposition 44

    Quoique les choses se passent de cette façon, personne cependant ne s’efforcera de prendre un objet en haine, c’est-à-dire d’éprouver de la tristesse, pour jouir ensuite d’une joie plus grande ; personne, en d’autres termes, ne désirera qu’on lui cause un dommage, dans l’espoir d’en être dédommagé, ni d’être malade, dans l’espoir de la guérison. Car chacun s’efforce toujours, autant qu’il est en lui, de conserver son être et d’écarter de lui la tristesse. Que (...)

  • EIII - Proposition 45 - Mai 2004

    EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 21 ; EIII - Proposition 40.
    EIII - Proposition 44 - scolie

    Nous ressentirons de la haine pour un de nos semblables, s’il en a lui-même pour un autre que nous aimons. Démonstration
    L’objet qu’on aime, en effet, hait à son tour celui qui le hait (en vertu de la Propos. 40) ; et par conséquent l’amant, en songeant qu’une personne a de la haine pour l’objet aimé, imaginera par cela même l’objet aimé comme saisi de haine, et partant, de tristesse (...)

  • EIII - Proposition 46 - Mai 2004

    EIII - Proposition 16.
    EIII - Proposition 45

    Si nous avons été affectés d’une impression de tristesse ou de joie par une personne d’une autre classe ou d’une autre nation que la notre, et si l’idée de cette personne, sous le nom commun de sa classe ou de sa nation, accompagne notre tristesse ou notre joie comme étant la cause même qui la produit, nous éprouverons de la haine ou de l’amour non seulement pour cette personne, mais encore pour toutes celles de sa classe ou de sa nation. (...)

  • EIII - Proposition 47 - Mai 2004

    EIII - Proposition 27.
    EIII - Proposition 46

    La joie qui provient de ce que nous imaginons que l’objet détesté est détruit ou altéré de quelque façon n’est jamais sans mélange de tristesse. Démonstration
    Cela est évident par la Propos. 27, car en tant que nous imaginons qu’un objet qui nous est semblable est dans la tristesse, nous sommes nous mêmes contristés.
    EIII - Proposition 47 - (...)

  • EIII - Proposition 47 - scolie - Mai 2004

    EII - Proposition 17 - corollaire.
    Cette proposition se peut aussi démontrer par le Corollaire de la Propos. 17. Chaque fois, en effet, que nous nous souvenons d’une chose, quoiqu’elle n’existe pas actuellement, nous la considérons comme présente, et le corps est affecté de la même façon que si elle était présente en effet. C’est pourquoi, tant qu’il garde mémoire d’une chose qu’il hait, l’homme est déterminé à la considérer avec tristesse ; et l’image de la chose continuant de subsister, cette (...)

  • EIII - Proposition 48 - Mai 2004

    EIII - Proposition 13 - scolie.
    EIII - Proposition 47 - scolie

    L’amour et la haine que j’ai pour Pierre, par exemple, disparaîtront, si a la tristesse qui enveloppe cette haine et à la joie qui enveloppe cet amour se joint l’idée d’une cause autre que Pierre ; et cette haine ou cet amour doivent diminuer en tant que j’imagine que Pierre n’a pas été seul cause de ma tristesse ou de ma joie. Démonstration
    Cela résulte évidemment de la seule définition de l’amour et de la haine (voyez le Scol. de (...)

  • EIII - Proposition 49 - Mai 2004

    EI - Définition 7.
    EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 48.
    EIII - Proposition 48

    Une même cause doit nous faire éprouver pour un être que nous croyons libre plus d’amour ou plus de haine que pour un être nécessité. Démonstration
    Un être que nous croyons libre doit être perçu par soi et indépendamment de toute autre chose (en Vertu de la Déf. 7, partie 1). Si donc nous imaginons qu’un tel être nous est une cause de joie ou de tristesse, par cela même (en vertu du Scol. de la propos. (...)

  • EIII - Proposition 49 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 27 ; EIII - Proposition 34 ; EIII - Proposition 40 ; EIII - Proposition 43.
    EIII - Proposition 49

    Il suit de là que les hommes, dans la persuasion où ils sont de leur liberté, doivent ressentir les uns pour les autres plus d’amour et plus de haine que pour les autres êtres. Joignez à cela la communication des affections, dont il est parlé Propos. 27, 34, 40 et 43.
    EIII - Proposition (...)

  • EIII - Proposition 50 - Mai 2004

    EIII - Postulat 1 ; EIII - Proposition 11 - scolie ; EIII - Proposition 14 ; EIII - Proposition 15 ; EIII - Proposition 18 - scolie 2.
    EIII - Proposition 49 - scolie

    Une chose quelconque peut être, par accident, une cause d’espérance et de crainte. Démonstration
    Cette proposition se démontre par la même voie que la Propos. 15, à laquelle nous renvoyons, ainsi qu’au Scol. de la Propos. 18.
    EIII - Proposition 50 - (...)

  • EIII - Proposition 50 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 15 - corollaire ; EIII - Proposition 18 - scolie 2 ; EIII - Proposition 25 ; EIII - Proposition 28.
    Les choses qui sont, par accident, des causes d’espérance ou de crainte, on les nomme bons ou mauvais présages. Ces présages, en tant qu’ils sont pour nous des causes d’espérance ou de crainte, le sont en même temps de joie ou de tristesse (Par les Déf. de l’espérance et de la crainte, qu’on trouve au Scol. 2 de la Propos. 18), et en conséquence (par le corollaire de la propos. 15) (...)

  • EIII - Proposition 51 - Mai 2004

    EII - Proposition 13 - (Axiome 1) ; EII - Proposition 13 - (Postulat 3).
    EIII - Proposition 50 - scolie

    Différents hommes peuvent être affectés de façon différente par un seul et même objet, et le même homme peut aussi être affecté par un seul et même objet de façon différente dans des temps différents. Démonstration
    Le corps humain est affecté de plusieurs façons par les corps extérieurs (en vertu du Post. 3, partie 2). Deux hommes peuvent donc, dans le même temps, être affectés de différentes (...)

  • EIII - Proposition 51 - scolie - Mai 2004

    EII - Proposition 11 - corollaire.
    EIII - Proposition 28 ; EIII - Proposition 39 - scolie ; EIII - Proposition 49.
    Nous voyons donc qu’il se peut faire qu’un homme haïsse ce qu’un autre aime, ou ne craigne point ce qu’un autre redoute ; et aussi qu’un seul et même homme aime ce qu’autrefois il détestait, et qu’il ose aujourd’hui ce que la crainte l’avait empêché de faire hier, etc. En outre, chacun jugeant selon ses passions de ce qui est bien ou mal, meilleur ou pire (voy. le Scol. de la Propos. 39) (...)

  • EIII - Proposition 52 - Mai 2004

    EII - Proposition 18 (et EII - Proposition 18 - scolie).
    Tout objet que nous avons déjà vu avec d’autres objets, ou en qui nous n’imaginons rien qui ne soit commun à plusieurs, nous ne le contemplerons pas aussi longtemps que celui en qui nous imaginons quelque chose de singulier.
    Démonstration
    En même temps que nous nous représentons un objet que nous avons déjà vu avec d’autres objets, nous nous rappelons ceux-ci (par la Propos. 18, partie 2, et son Scol.), et de cette façon, de la contemplation (...)

  • EIII - Proposition 52 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 12 ; EIII - Proposition 15 (et EIII - Proposition 15 - corollaire) ; EIII - Proposition 27.
    Cette affection de l’âme, savoir, la représentation d’une chose singulière, en tant qu’elle est dans l’âme, à l’exclusion de toute autre représentation, se nomme admiration ; quand elle est excitée en nous par un objet que nous redoutons, on la nomme consternation ; parce qu’alors cette affection attache notre âme avec une telle force qu’elle est incapable de penser à d’autres objets, qui (...)

  • EIII - Proposition 53 - Mai 2004

    EII - Proposition 19 ; EII - Proposition 23.
    EIII - Proposition 11 - scolie.
    EIII - Proposition 52 - scolie

    Quand l’âme se contemple soi-même et avec soi sa puissance d’action, elle se réjouit ; et d’autant plus qu’elle se représente plus distinctement et soi-même et sa puissance d’action. Démonstration
    L’homme ne se connaît soi-même que par les affections de son corps et les idées de ces affections (en vertu des Propos. 19 et 23, partie 2). Quand donc il arrive que l’âme se peut contempler (...)

  • EIII - Proposition 53 - corollaire - Mai 2004

    EIII - Proposition 27 ; EIII - Proposition 29 - scolie.
    EIII - Proposition 53

    Plus l’homme s’imagine qu’il est l’objet des louanges d’autrui, plus cette joie est alimentée dans son âme. Plus, en effet, il se représente soi-même de la sorte, plus grande il imagine la joie que les autres éprouvent à cause de lui, et à laquelle il joint l’idée de lui-même (par le Scol. de la Propos. 29), et conséquemment (par la Propos. 27), plus grande sera la joie qu’il éprouvera, et cette joie sera accompagnée de (...)

  • EIII - Proposition 54 - Mai 2004

    EIII - Proposition 7.
    EIII - Proposition 53 - corollaire

    L’âme ne s’efforce d’imaginer que les choses qui affirment ou posent sa puissance d’agir. Démonstration
    L’effort de l’âme ou sa puissance, c’est l’essence même de l’âme (par la Propos. 7). Or, l’essence de l’âme n’affirme que ce que l’âme est et ce qu’elle peut, et non pas ce qu’elle n’est pas et ce qu’elle ne peut (cela est de soi évident). Par conséquent, l’âme ne s’efforce d’imaginer que les choses qui affirment ou qui posent sa puissance (...)

  • EIII - Proposition 55 - Mai 2004

    EIII - Proposition 11 - scolie ; EIII - Proposition 54.
    EIII - Proposition 54

    Lorsque l’âme se représente sa propre impuissance, elle est par là même attristée. Démonstration
    L’essence de l’âme exprime seulement ce que l’âme est et ce qu’elle peut : en d’autres termes, il est de la nature de l’âme de se représenter seulement les choses qui posent sa puissance d’action (par la Propos. précéd.). Lors donc que nous disons que l’âme, en s’apercevant soi-même, se représente son impuissance, nous ne disons (...)

  • EIII - Proposition 55 - corollaire - Mai 2004

    EIII - Proposition 27 ; EIII - Proposition 29 - scolie ; EIII - Proposition 53 - corollaire.
    EIII - Proposition 55

    Si l’on se représente qu’on est l’objet du blâme d’autrui, cette tristesse en est de plus en plus accrue ; ce qui se démontre de la même façon que le Corollaire de la Propos. 53.
    EIII - Proposition 55 - corollaire - scolie

  • EIII - Proposition 55 - corollaire - scolie - Mai 2004

    EII - Proposition 40 - scolie 1.
    EIII - Proposition 24 - scolie ; EIII - Proposition 28 ; EIII - Proposition 32 - scolie ; EIII - Proposition 53.
    Cette tristesse, accompagnée de l’idée de notre faiblesse, se nomme humilité ; et l’on appelle contentement de soi ou paix intérieure la joie qui provient pour nous de la contemplation de notre être. Or, comme cette joie se produit chaque fois que l’homme considère ses vertus, c’est-à-dire sa puissance d’agir, il arrive que chacun se plaît à raconter ses (...)

  • EIII - Proposition 55 - corollaire - scolie - corollaire - Mai 2004

    EIII - Proposition 9 - scolie ; EIII - Proposition 11 - scolie ; EIII - Proposition 13 - scolie ; EIII - Proposition 24 - scolie.
    Personne ne conçoit d’envie pour la vertu, si ce n’est dans son égal.
    Démonstration
    L’envie, c’est la haine elle-même (voyez le Scol. de la Propos. 24), c’est-à-dire (par le Scol. de la Propos. 13) une tristesse ou une affection par laquelle (voyez le Scol. de la Propos. 11) la puissance d’agir de l’homme se trouve empêchée. Or, l’homme ne s’efforce et ne désire (...)

  • EIII - Proposition 55 - corollaire - scolie - corollaire - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 52 - scolie ; EIII - Proposition 55 - corollaire - scolie - corollaire.
    EIII - Proposition 55 - corollaire - scolie - corollaire

    Lors donc que nous avons dit, dans le Scol. de la Propos. 52, que notre vénération pour un homme vient de ce que nous admirons sa prudence, sa force d’âme, etc., il est bien entendu (et cela résulte de la Propos. elle-même) que nous nous représentons alors ces vertus, non pas comme communes à l’espèce humaine, mais comme des qualités exclusivement (...)

  • EIII - Proposition 56 - Mai 2004

    EII - Proposition 17 (et EII - Proposition 17 - scolie) ; EII - Proposition 40 - scolie 1.
    EIII - Proposition 1 ; EIII - Proposition 3 ; EIII - Proposition 9 - scolie ; EIII - Proposition 11 - scolie.
    Autant il y a d’espèces d’objets qui nous affectent, autant il faut reconnaître d’espèces de joie, de tristesse et de désir, et en général de toutes les passions qui sont composées de celles-là, comme la fluctuation, par exemple, ou qui en dérivent, comme l’amour, la haine, l’espérance, la crainte, (...)

  • EIII - Proposition 56 - scolie - Mai 2004

    EIII - Proposition 56.
    Entre les différentes espèces de passions, lesquelles doivent être en très-grand nombre (d’après la Propos. précédente), il en est qui sont particulièrement célèbres, comme l’intempérance, l’ivrognerie, le libertinage, l’avarice, l’ambition. Toutes ces passions se résolvent dans les notions de l’amour et du désir, et ne sont autre chose que l’amour et le désir rapportés à leurs objets. Nous n’entendons, en effet, par l’intempérance, l’ivrognerie, le libertinage, l’avarice et l’ambition, (...)

  • EIII - Proposition 57 - Mai 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome 1).
    EIII - Proposition 9 - scolie ; EIII - Proposition 11 (et EIII - Proposition 11 - scolie).
    Toute passion d’un individu quelconque diffère de la passion d’un autre individu autant que l’essence du premier diffère de celle du second.
    Démonstration
    Cette proposition résulte évidemment de l’Axiome 1, qu’on peut voir après le Lemme 3, placé après le Scol. de la Propos. 13, partie 2. Cependant nous la démontrerons à l’aide des définitions des trois passions (...)

  • EIII - Proposition 57 - scolie - Mai 2004

    Il suit de là que les passions des animaux que nous appelons privés de raison (car nous ne pouvons, connaissant l’origine de l’âme, refuser aux bêtes le sentiment) doivent différer des passions des hommes autant que leur nature diffère de la nature humaine. Le cheval et l’homme obéissent tous deux à l’appétit de la génération, mais chez celui-là, l’appétit est tout animal ; chez celui-ci, il a le caractère d’un penchant humain. De même, il doit y avoir de la différence entre les penchants et les appétits des (...)

  • EIII - Proposition 58 - Mai 2004

    EII - Proposition 40 - scolie 2 ; EII - Proposition 43.
    EIII - Proposition 1 ; EIII - Proposition 9 (et EIII - Proposition 9 - scolie) ; EIII - Proposition 53.
    EIII - Proposition 57 - scolie

    Outre cette joie et ce désir qui sont des affections passives, il y a d’autres joies et d’autres désirs qui se rapportent à nous en tant que nous agissons. Démonstration
    Quand l’âme se conçoit elle-même et sa puissance d’action, elle se réjouit (par la Propos. 53) : or l’âme se contemple nécessairement (...)

  • EIII - Proposition 59 - Mai 2004

    EIII - Proposition 1 ; EIII - Proposition 11 (et EIII - Proposition 11 - scolie) ; EIII - Proposition 58.
    EIII - Proposition 58

    Entre toutes les passions qui se rapportent à l’âme, en tant qu’elle agit, il n’en est aucune qui ne se rapporte à la joie ou au désir. Démonstration
    Toutes les passions se rapportent au désir, à la joie ou à la tristesse ; les définitions que nous avons données plus haut l’établissent ; or, nous entendons par tristesse ce qui diminue ou empêche la puissance de penser de (...)

  • EIII - Proposition 59 - scolie - Mai 2004

    Toutes les actions qui résultent de cet ordre d’affections qui se rapportent à l’âme en tant qu’elle pense, constituent la force d’âme. Il y a deux espèces de force d’âme, savoir : l’intrépidité et la générosité. J’entends par intrépidité, ce désir qui porte chacun de nous à faire effort pour conserver son être en vertu des seuls commandements de la raison. J’entends par générosité, ce désir qui porte chacun de nous, en vertu des seuls commandements de la raison, à faire effort pour aider les autres hommes et se (...)