Vous êtes ici : Accueil > Hyper-Spinoza > Hyper-Ethique de Spinoza > Deuxième Partie : "De la Nature et de l’Origine de l’Âme"

Retrouvez maintenant l’HyperSpinoza ici :

HyperSpinoza



EI - Proposition 16.




Je passe maintenant à l’explication de cet ordre de choses qui ont dû résulter nécessairement de l’essence de Dieu, l’être éternel et infini. Il n’est pas question de les expliquer toutes ; car il a été démontré (dans la Propos. 16 de la première partie), qu’il doit y en avoir une infinité, modifiées elles-mêmes à l’infini, mais celles-là seulement qui peuvent nous mener, comme par la main à la connaissance de l’âme humaine et de son souverain bonheur.


Articles

  • EII - Définition 1 - Avril 2004

    Deuxième Partie : "De la Nature et de l’Origine de l’Âme"

    J’entends par corps, un mode qui exprime d’une certaine façon déterminée l’essence de Dieu, en tant qu’on la considère comme chose étendue (voyez le Coroll. de la Propos. 25 part. 1).
    EII - Définition 2

  • EII - Définition 2 - Avril 2004

    EII - Définition 1

    Ce qui appartient à l’essence d’une chose, c’est ce dont l’existence emporte celle de la chose, et la non-existence sa non-existence ; en d’autres termes, ce qui est tel que la chose ne peut exister sans lui, ni lui sans la chose.
    EII - Définition 3

  • EII - Définition 3 - Avril 2004

    EII - Définition 2

    Par idée, j’entends un concept de l’âme, que l’âme forme à titre de chose pensante. Explication
    Je dis concept plutôt que perception, parce que le nom de perception semble indiquer que l’âme reçoit de l’objet une impression passive, et que concept, au contraire, paraît exprimer l’action de l’âme.
    EII - Définition 4

  • EII - Définition 4 - Avril 2004

    EII - Définition 3

    Par idée adéquate j’entends une idée qui, considérée en soi et sans regard à son objet, a toutes les propriétés, toutes les dénominations intrinsèques d’une idée vraie. Explication
    Je dis intrinsèques, afin de mettre à part la propriété ou dénomination extrinsèque d’une idée, savoir, sa convenance avec son objet.
    EII - Définition 5

  • EII - Définition 5 - Avril 2004

    EII - Définition 4

    La durée est la continuation indéfinie de l’existence. Explication
    Je dis indéfinie, parce qu’elle ne peut jamais être déterminée par la nature même de la chose existante, ni par sa cause efficiente, laquelle pose nécessairement l’existence de la chose, et ne la détruit pas.
    EII - Définition 6

  • EII - Définition 6 - Avril 2004

    EII - Définition 5

    Réalité et perfection, c’est pour moi la même chose.
    EII - Définition 7

  • EII - Définition 7 - Avril 2004

    EII - Définition 6

    Par choses singulières, j’entends les choses qui sont finies et ont une existence déterminée. Que si plusieurs individus concourent à une certaine action de telle façon qu’ils soient tous ensemble la cause d’un même effet, je les considère, sous ce point de vue, comme une seule chose singulière.
    EII - Axiome 1

  • EII - Axiome 1 - Avril 2004

    EII - Définition 7

    L’essence de l’homme n’enveloppe pas l’existence nécessaire, en d’autres termes, dans l’ordre de la nature, il peut arriver que tel ou tel homme existe, comme il peut arriver qu’il n’existe pas.
    EII - Axiome 2

  • EII - Axiome 2 - Avril 2004

    EII - Axiome 1

    L’homme pense.
    EII - Axiome 3

  • EII - Axiome 3 - Avril 2004

    EII - Axiome 2

    Les modes de la pensée, tels que l’amour, le désir et les autres passions de l’âme, par quelque nom qu’on les distingue, ne peuvent exister sans qu’il y ait dans l’individu où on les rencontre, l’idée d’une chose aimée, désirée, etc. Mais une idée peut exister sans aucun autre mode de la pensée.
    EII - Axiome 4

  • EII - Axiome 4 - Avril 2004

    EII - Axiome 3

    Nous sentons un certain corps affecté de plusieurs manières.
    EII - Axiome 5

  • EII - Axiome 5 - Avril 2004

    EII - Axiome 4

    Nous ne sentons ni ne percevons d’autres choses singulières que des corps et des modes de la pensée.
    Voyez les postulats qui suivent la proposition 13.
    EII - Proposition 1

  • EII - Proposition 1 - Avril 2004

    EII - Axiome 5

    La pensée est un attribut de Dieu ; en d’autres termes, Dieu est chose pensante. Démonstration
    Les pensées particulières, je veux dire telle ou telle pensée, sont autant de modes qui expriment la nature de Dieu d’une certaine façon déterminée (par le Coroll. de la Propos. 25, part. l). Il faut donc que cet attribut dont toutes les pensées particulières enveloppent le concept, et par lequel toutes sont conçues, convienne nécessairement à Dieu (par la Déf. 5. Part. 1). La pensée est (...)

  • EII - Proposition 1 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 1

    Cette proposition est également évidente par cela seul qu’un être pensant peut être conçu comme infini. Nous concevons en effet qu’un être pensant, plus il pense de choses, plus il contient de réalité ou de perfection ; par conséquent, un être qui pense une infinité de choses infiniment modifiées est infini par la vertu pensante qui est en lui. Puis donc qu’à ne considérer que la seule pensée, nous concevons un être comme infini, il faut nécessairement (par les Déf. 4, part.1 et (...)

  • EII - Proposition 2 - Avril 2004

    EII - Proposition 1 - scolie

    L’étendue est un attribut de Dieu, en d’autres termes, Dieu est chose étendue. Démonstration
    La démonstration de cette proposition se fait de la même façon que celle de la Proposition précédente.
    EII - Proposition 3

  • EII - Proposition 3 - Avril 2004

    EII - Proposition 2

    Il n’y a de toute nécessité en Dieu l’idée de son essence, aussi bien que de tout ce qui en résulte nécessairement. Démonstration
    Dieu, en effet (par la Prop. 1 de cette seconde partie), peut penser une infinité de choses infiniment modifiées, ou (ce qui est la même chose, par la Propos. 16, part. 1) former l’idée de son essence et de tout ce qui en découle nécessairement. Or, tout ce qui est dans la puissance de Dieu est nécessairement (par la Propos. 35, part. 1), donc il y a (...)

  • EII - Proposition 3 - scolie - Avril 2004

    Par la puissance de Dieu, le vulgaire entend sa libre volonté et le droit qu’il possède sur toutes choses, lesquelles sont considérées communément à cause de cela comme contingentes. On dit, en effet, que Dieu a le pouvoir de tout détruire, de tout anéantir ; et l’on compare aussi très-souvent la puissance de Dieu avec celle des rois. Mais nous avons réfuté tout cela dans les Coroll. 1 et 2 de la proposition 32, partie 1, et nous avons montré dans la proposition 16, partie 1, que Dieu agit tout aussi (...)

  • EII - Proposition 4 - Avril 2004

    EII - Proposition 3 - scolie

    L’idée de Dieu, de laquelle découlent une infinité de choses infiniment modifiées, ne peut être qu’unique. Démonstration
    L’intelligence infinie n’embrasse rien de plus que les attributs et les affections de Dieu (par la Propos. 30, partie 1) Or, Dieu est unique (par le Corollaire 1 de la Propos. 14, partie 1), par conséquent, l’idée de Dieu, de laquelle découlent une infinité de choses infiniment modifiées, ne peut être qu’unique.
    EII - Proposition (...)

  • EII - Proposition 5 - Avril 2004

    L’être formel des idées a pour cause Dieu, en tant seulement que l’on considère Dieu comme une chose pensante et non pas en tant que sa nature s’exprime par un autre attribut ; en d’autres termes, les idées des choses particulières n’ont point pour cause efficiente leurs objets, c’est-à-dire les choses perçues, mais Dieu lui-même, en tant qu’il est une chose pensante.
    Démonstration
    Cela résulte évidemment de la proposition 3 de cette deuxième partie. Nous y sommes arrivés, en effet, à cette conclusion, que (...)

  • EII - Proposition 6 - Avril 2004

    EII - Proposition 5

    Les modes d’un attribut, quel qu’il soit, ont Dieu pour cause, en tant que Dieu est considéré sous le point de vue de ce même attribut dont ils sont les modes, et non sous aucun autre point de vue. Démonstration
    Tout attribut, en effet, est conçu par soi indépendamment des autres attributs (par la Propos. 10, partie 1). Par conséquent, les modes de tout attribut enveloppent le concept de cet attribut et non d’aucun autre ; d’où il suit (par l’Axiome 4, partie 1) qu’ils ont (...)

  • EII - Proposition 6 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 6

    Il suit de là que l’être formel de cette sorte de choses qui ne sont pas des modes de la pensée ne découle pas de la nature divine en vertu d’une connaissance antérieure qu’elle a eue de ces choses ; mais les objets des idées résultent des attributs dont ils dépendent et s’en déduisent de la même façon et avec la même nécessité que les idées résultent et se déduisent de l’attribut de la pensée.
    EII - Proposition (...)

  • EII - Proposition 7 - Avril 2004

    EII - Proposition 6 - corollaire

    L’ordre et la connexion des idées est le même que l’ordre et la connexion des choses. Démonstration
    Cela résulte évidemment de l’Axiome 4, partie 1 ; car l’idée d’une chose causée, quelle qu’elle soit, dépend de la connaissance de sa cause.
    EII - Proposition 7 - corollaire

  • EII - Proposition 7 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 7

    Il suit de là que la puissance de penser est égale en Dieu à sa puissance actuelle d’agir. En d’autres termes, tout ce qui suit formellement de l’infinie nature de Dieu, suit objectivement de l’idée de Dieu dans le même ordre et avec la même connexion.
    EII - Proposition 7 - scolie

  • EII - Proposition 7 - scolie - Avril 2004

    Avant d’aller plus loin, il faut ici se remettre en mémoire ce que nous avons montré plus haut, c’est à savoir que tout ce qui peut être perçu par une intelligence infinie, comme constituant l’essence de la substance, tout cela appartient à une substance unique, et, par conséquent, que la substance pensante et la substance étendue ne font qu’une seule et même substance, laquelle est conçue tantôt sous l’un de ses attributs et tantôt sous l’autre. De même, un mode de l’étendue et l’idée de ce mode ne font (...)

  • EII - Proposition 8 - Avril 2004

    EII - Proposition 7 - scolie

    Les idées des choses particulières (ou modes) qui n’existent pas doivent être comprises dans l’idée infinie de Dieu, comme sont contenues dans ses attributs les essences formelles de ces choses. Démonstration
    Cette proposition est évidente par la précédente ; mais elle se comprend plus clairement par le scolie qui précède.
    EII - Proposition 8 - (...)

  • EII - Proposition 8 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 8

    Il suit de là qu’aussi longtemps que les choses particulières n’existent qu’en tant qu’elles sont comprises dans les attributs de Dieu, leur être objectif, c’est-à-dire les idées de ces choses n’existent qu’en tant qu’existe l’idée infinie de Dieu ; et aussitôt que les choses particulières existent, non plus seulement en tant que comprises dans les attributs de Dieu, mais en tant qu’ayant une durée, les idées de ces choses enveloppent également cette sorte d’existence par laquelle (...)

  • EII - Proposition 8 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 8 - corollaire

    Si quelqu’un désire que je prenne ici un exemple pour que la chose devienne plus claire, j’avoue que je n’en puis fournir aucun qui en donne une explication adéquate, car c’est une chose unique en son espèce ; je vais tâcher pourtant de l’éclaircir autant que possible. Un cercle est tel de sa nature que si plusieurs lignes se coupent dans ce cercle, les rectangles formés par leurs segments sont égaux entre eux ; cependant on ne peut dire qu’aucun de ces (...)

  • EII - Proposition 9 - Avril 2004

    L’idée d’une chose particulière et qui existe en acte a pour cause Dieu, non pas en tant qu’il est infini, mais en tant qu’on le considère comme affecté de l’idée d’une autre chose particulière et qui existe en acte, idée dont Dieu est également la cause, en tant qu’affecté d’une troisième idée, et ainsi à l’infini.
    Démonstration
    L’idée d’une chose particulière et qui existe en acte est un mode particulier de la pensée, distinct de tous les autres modes (par le Corollaire et le Scol. de la Propos. 8) ; et par (...)

  • EII - Proposition 9 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 9

    Tout ce qui arrive dans l’objet particulier d’une idée quelconque, Dieu en a la connaissance, en tant que seulement qu’il a l’idée de cet objet. Démonstration
    Tout ce qui arrive dans l’objet particulier d’une idée quelconque, Dieu en a l’idée (par la Propos. 3), non pas en tant qu’infini, mais en tant qu’il est affecté de l’idée d’une autre chose particulière (par la Propos. précédente). Or, l’ordre et la connexion des idées est le même (par la Propos. 7) que l’ordre et la connexion (...)

  • EII - Proposition 10 - Avril 2004

    EII - Proposition 9 - corollaire

    L’être de la substance n’appartient pas à l’essence de l’homme ; en d’autres termes, ce n’est pas la substance qui constitue la forme ou l’essence de l’homme. Démonstration
    L’être de la substance enveloppe, en effet, l’existence nécessaire (par la Propos. 7, partie 1). Par conséquent, si l’être de la substance appartenait à l’essence de l’homme, la substance étant donnée, l’homme serait nécessairement donné (par la Déf. 2), et de cette façon l’homme existerait (...)

  • EII - Proposition 10 - scolie - Avril 2004

    EI - Proposition 5.
    EII - Proposition 10

    Cette proposition se démontre aussi à l’aide de la Prop. 5, partie 1, savoir qu’il ne peut exister deux substances de même nature ; car comme plusieurs hommes peuvent exister, ce n’est donc point l’être de la substance qui constitue la forme ou l’essence de l’homme. Notre proposition résulte en outre évidemment des autres propriétés de la substance, je veux dire que la substance est de sa nature infinie, immuable, indivisible, etc., et tout le monde peut (...)

  • EII - Proposition 10 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 10 - scolie

    Il suit de là que ce qui constitue l’essence de l’homme, ce sont certaines modifications des attributs de Dieu. Car l’être de la substance (par la Propos. précéd.) n’appartient pas à l’essence de l’homme. L’essence de l’homme est donc (par la Propos. 15, partie 1) quelque chose qui est en Dieu et ne peut être sans Dieu, autrement dit (par le Corollaire de la Propos. 25, partie 1), une affection ou un mode qui exprime la nature de certaine façon déterminée.
    EII - (...)

  • EII - Proposition 10 - corollaire - scolie - Avril 2004

    Tout le monde doit accorder que rien n’existe et ne peut être conçu sans Dieu. Car il est reconnu de tout le monde que Dieu est la cause unique de toutes choses, tant de leur essence que de leur existence ; en d’autres termes, Dieu est la cause des choses, non seulement selon le devenir, mais selon l’être. Et toutefois, si l’on écoute la plupart des philosophes, ce qui appartient à l’essence d’une chose, c’est ce sans quoi elle ne peut exister ni être conçue ; ils pensent donc de deux choses l’une, ou (...)

  • EII - Proposition 11 - Avril 2004

    Le premier fondement de l’être de l’âme humaine n’est autre chose que l’idée d’une chose particulière et qui existe en acte.
    Démonstration
    Ce qui constitue l’essence de l’homme (par le Corollaire de la Propos. précédente), ce sont certains modes des attributs de Dieu, savoir (par l’Axiome 2) des modes de la pensée, entre lesquels l’idée est (par l’Axiome 3) de sa nature antérieure à tous les autres, de façon que si elle est donnée, tous les autres modes (ceux auxquels l’idée est antérieure de sa nature) (...)

  • EII - Proposition 11 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 11

    Il suit de là que l’âme humaine est une partie de l’entendement infini de Dieu ; et par conséquent, lorsque nous disons que l’âme humaine perçoit ceci ou cela, nous ne disons pas autre chose sinon que Dieu, non pas en tant qu’infini, mais en tant qu’il s’exprime par la nature de l’âme humaine, ou bien en tant qu’il en constitue l’essence, a telle ou telle idée ; et lorsque nous disons que Dieu a telle ou telle idée, non plus seulement en tant qu’il constitue la nature de l’âme (...)

  • EII - Proposition 11 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 11 - corollaire

    Ici les lecteurs vont, sans aucun doute, être arrêtés, et il leur viendra en la mémoire mille choses qui les empêcheront d’avancer ; c’est pourquoi je les prie de poursuivre lentement avec moi leur chemin, et de suspendre leur jugement jusqu’à ce qu’ils aient tout lu.
    EII - Proposition 12

  • EII - Proposition 12 - Avril 2004

    EII - Proposition 9 - corollaire ; EII - Proposition 11 (et EII - Proposition 11 - corollaire).
    EII - Proposition 11 - scolie

    Tout ce qui arrive dans l’objet de l’idée qui constitue l’âme humaine doit être perçu par elle ; en d’autres termes, l’âme humaine en aura nécessairement connaissance. Par où j’entends que si l’objet de l’idée qui constitue l’âme humaine est un corps, il ne pourra rien arriver dans ce corps que l’âme ne le perçoive. Démonstration
    En effet, tout ce qui arrive dans l’objet d’une (...)

  • EII - Proposition 12 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 7 - scolie
    EII - Proposition 12

    Cette proposition devient également évidente et se comprend même plus clairement par le Scolie de la Propos. 7.
    EII - Proposition 13

  • EII - Proposition 13 - Avril 2004

    EI - Proposition 36.
    EII - Axiome 4 ; EII - Axiome 5 ; EII - Proposition 9 - corollaire ; EII - Proposition 11 (et EII - Proposition 11 - corollaire) ; EII - Proposition 12.
    L’objet de l’idée qui constitue l’âme humaine, c’est le corps, en d’autres termes, un certain mode de l’étendue, lequel existe en acte et rien de plus.
    Démonstration
    Si, en effet, le corps n’était pas l’objet de l’âme, les idées des affections du corps ne se trouveraient pas en Dieu, en tant qu’il constitue notre âme, mais en tant (...)

  • EII - Proposition 13 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 13

    Il suit de là que l’homme est compose d’une âme et d’un corps, et que le corps humain existe tel que nous le sentons.
    EII - Proposition 13 - scolie

  • EII - Proposition 13 - scolie - Avril 2004

    Ce qui précède fait comprendre, non seulement que l’âme humaine est unie au corps, mais aussi en quoi consiste cette union. Toutefois, on ne s’en formera une idée adéquate et distincte qu’à condition de connaître premièrement la nature de notre corps, tout ce qui a été exposé jusqu’à ce moment étant d’une application générale et ne se rapportant pas plus à l’homme qu’aux autres individus de la nature ; car tous à des degrés divers sont animés. De toutes choses, en effet, il y a nécessairement en Dieu une idée (...)

  • EII - Proposition 13 - (Axiome 1) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - scolie

    Tous les corps sont ou en mouvement ou en repos.
    EII - Proposition 13 - (Axiome 2)

  • EII - Proposition 13 - (Axiome 2) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Axiome 1)

    Tout corps se meut, tantôt plus lentement, tantôt plus vite.
    EII - Proposition 13 - (Lemme 1)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 1) - Avril 2004

    EI - Proposition 5 ; EI - Proposition 8 ; EI - Proposition 15 - scolie.
    EII - Proposition 13 - (Axiome 2)

    Les corps se distinguent les uns des autres par le mouvement et le repos, la vitesse ou la lenteur, et non par la substance. Démonstration
    La première partie de ce lemme est de soi évidente ; quant à ce second point que les corps ne diffèrent point par la substance, il résulte des Propos. 5 et 8, part. 1, et plus clairement encore du Scol. de la Propos. 15, part. 1.
    EII - Proposition (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 2) - Avril 2004

    EII - Définition 1.
    EII - Proposition 13 - (Lemme 1)

    Tous les corps ont quelque chose de commun. Démonstration
    Ils ont d’abord cela de commun qu’ils enveloppent tous le concept d’un seul et même attribut (par la Déf. 1) ; et de plus, qu’ils peuvent tous se mouvoir, tantôt avec plus de vitesse, tantôt avec plus de lenteur, et, absolument parlant, tantôt être en mouvement, tantôt en repos.
    EII - Proposition 13 - (Lemme (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 3) - Avril 2004

    EI - Proposition 28.
    EII - Définition 1 ; EII - Axiome 1 ; EII - Proposition 6 ; EII - Proposition 13 - (Lemme 1).
    EII - Proposition 13 - (Lemme 2)

    Un corps qui est en mouvement ou en repos a dû être déterminé au mouvement ou au repos par un autre corps, lequel a été déterminé au mouvement ou au repos par un troisième corps, et ainsi à l’infini. Démonstration
    Les corps sont (en vertu de la Déf. 1) des choses particulières qui se distinguent les unes des autres par le mouvement et le repos (en (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - corollaire) - Avril 2004

    Il suit de là qu’un corps en mouvement doit y rester jusqu’à ce qu’un autre corps le détermine au repos, et qu’un corps en repos doit rester en repos jusqu’à ce qu’un autre corps le détermine au mouvement. Cela est d’ailleurs évident de soi. Car, lorsque je suppose le corps A, par exemple, en repos, sans considérer le moins du monde d’autres corps qui sont en mouvement, tout ce que je puis dire du corps A, c’est qu’il est en repos. Que si plus tard il arrive que le corps A soit en mouvement, cela ne peut (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome 1) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - corollaire)

    Tous les modes dont un corps quelconque est affecté par un autre corps résultent en même temps de la nature du corps qui éprouve l’affection et de la nature du corps qui la produit, de façon qu’un seul et même corps reçoit des mouvements différents des différents corps qui le meuvent, et leur donne à son tour des mouvements différents.
    EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome 2) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome 1)

    Lorsqu’un corps en mouvement frappe un corps en repos qui ne peut changer de place, son mouvement se continue en se réfléchissant et l’angle formé par la ligne du mouvement de réflexion avec le plan du corps en repos est égal à l’angle formé par la ligne du mouvement d’incidence avec ce même plan.
    Voilà ce que nous avions à dire sur les corps les plus simples qui ne se distinguent les uns des autres que par le mouvement et le repos, par la lenteur ou la (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Définition) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome 2)

    Lorsqu’un certain nombre de corps de même grandeur ou de grandeur différente sont ainsi pressés qu’ils s’appuient les uns sur les autres, ou lorsque, se mouvant d’ailleurs avec des degrés semblables ou divers de rapidité, ils se communiquent leurs mouvements suivant des rapports déterminés, nous disons qu’entre de tels corps il y a union réciproque, et qu’ils constituent dans leur ensemble un seul corps, un individu, qui, par cette union même, se (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome3) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Définition)

    A mesure que les parties d’un individu corporel ou corps composé reposent réciproquement les unes sur les autres par des surfaces plus ou moins grandes, il est plus ou moins difficile de changer leur situation, et par conséquent de changer la figure de l’individu en question. Et c’est pourquoi j’appellerai les corps durs, quand leurs parties s’appuient l’une sur l’autre par de grandes surfaces ; mous, quand ces surfaces sont petites ; fluides, quand (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 4) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 1) ; EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Définition).
    EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome3)

    Si d’un corps ou individu composé de plusieurs corps vous retranchez un certain nombre de parties, mais que ces parties soient remplacées simultanément par un nombre égal de parties de même nature, cet individu conservera sa nature primitive, sans que sa forme ou essence en éprouve aucun changement. Démonstration
    Les corps en effet (par le Lemme 1), ne se distinguent (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 5) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 1) ; EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Définition).
    EII - Proposition 13 - (Lemme 4)

    Si les parties qui composent un individu viennent à augmenter ou à diminuer, mais dans une telle proportion que le mouvement ou le repos de toutes ces parties, considérées les unes à l’égard des autres, s’opèrent suivant les mêmes rapports, l’individu conservera encore sa nature première, et son essence ne sera pas altérée. Démonstration
    C’est la même que pour le Lemme précédent. (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 6) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 5)

    Si un certain nombre de corps composant un individu sont forcés de changer la direction de leur mouvement, de telle façon pourtant qu’ils puissent continuer ce mouvement et se le communiquer les uns aux autres suivant les mêmes rapports qu’auparavant, l’individu conservera encore sa nature, sans que sa forme éprouve aucun changement. Démonstration
    Cela est évident de soi, puisque l’individu en question conserve par hypothèse tout ce qui d’après sa définition, (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 7) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Définition).
    EII - Proposition 13 - (Lemme 6)

    L’individu, ainsi composé, retiendra encore sa nature, qu’il se meuve dans toutes ses parties ou qu’il reste en repos, que son mouvement ait telle direction ou telle autre, pourvu que chaque partie garde son mouvement et le communique aux autres de la même façon qu’auparavant. Démonstration
    Cela est évident par la définition même de l’individu, à laquelle on se reportera avant le Lemme 4.
    EII - Proposition 13 - (...)

  • EII - Proposition 13 - (Lemme 7 - scolie) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 7).
    Nous voyons par ce qui précède comment un individu composé peut être affecté d’une foule de manières, en conservant toujours sa nature. Or jusqu’à ce moment nous n’avons conçu l’individu que comme formé des corps les plus simples, de ceux qui ne se distinguent les uns des autres que par le mouvement et le repos, par la lenteur et la vitesse. Que si nous venons maintenant à le concevoir comme composé de plusieurs individus de nature diverse, nous trouverons qu’il peut (...)

  • EII - Proposition 13 - (Postulat 1) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 7 - scolie)

    Le corps humain se compose de plusieurs individus (de nature diverse), dont chacun est lui-même fort composé.
    EII - Proposition 13 - (Postulat 2)

  • EII - Proposition 13 - (Postulat 2) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Postulat 1)

    Entre les individus dont le corps humain est composé, quelques-uns sont fluides, d’autres mous, d’autres enfin sont durs.
    EII - Proposition 13 - (Postulat 3)

  • EII - Proposition 13 - (Postulat 3) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Postulat 2)

    Les individus qui composent le corps humain, et partant le corps humain lui-même, sont affectés de plusieurs façons par les corps extérieurs.
    EII - Proposition 13 - (Postulat 4)

  • EII - Proposition 13 - (Postulat 4) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Postulat 3)

    Le corps humain a besoin, pour sa conservation, de plusieurs autres corps, dont il est sans cesse régénéré.
    EII - Proposition 13 - (Postulat 5)

  • EII - Proposition 13 - (Postulat 5) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Postulat 4)

    Quand une partie fluide du corps humain est déterminée par un corps extérieur à frapper souvent une partie molle, elle en change la surface et y imprime en quelque manière des traces du corps qui agit sur elle-même.
    EII - Proposition 13 - (Postulat 6)

  • EII - Proposition 13 - (Postulat 6) - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Postulat 5)

    Le corps humain peut en diverses façons mouvoir les corps extérieurs et en changer la disposition.
    EII - Proposition 14

  • EII - Proposition 14 - Avril 2004

    EII - Proposition 12 ; EII - Proposition 13 - (Postulat 3) ; EII - Proposition 13 - (Postulat 6).
    EII - Proposition 13 - (Postulat 6)

    L’âme humaine est capable de percevoir plusieurs choses, et elle l’est d’autant plus que son corps peut recevoir un plus grand nombre de dispositions. Démonstration
    Car le corps humain (en vertu des Post. 3 et 6) est affecté par les corps extérieurs en plusieurs manières, et il est disposé à affecter en plusieurs manières les corps extérieurs. Or, tout ce qui (...)

  • EII - Proposition 15 - Avril 2004

    EII - Proposition 7 ; EII - Proposition 8 - corollaire ; EII - Proposition 13 (et EII - Proposition 13 - (Postulat 1)).
    EII - Proposition 14

    L’idée qui constitue l’être formel de l’âme humaine n’est pas simple, mais composée de plusieurs idées. Démonstration
    L’idée qui constitue l’être formel de l’âme humaine, c’est l’idée du corps (par la Prop. 13), lequel est composé (par le Post. l) de plusieurs individus fort composés eux-mêmes. Or, l’idée de chacun des individus dont le corps est composé se trouve (...)

  • EII - Proposition 16 - Avril 2004

    EI - Axiome 4.
    EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome 1).
    EII - Proposition 15

    L’idée de chacune des modifications dont le corps humain est affecté par les corps extérieurs doit exprimer la nature du corps humain et à la fois celle du corps extérieur. Démonstration
    Car toutes les modifications dont un corps quelconque est affecté résultent de la nature du corps qui reçoit l’affection, et tout ensemble de la nature du corps qui la produit (par l’Axiome 1, après le Corollaire du Lem. 3) ; en (...)

  • EII - Proposition 16 - corollaire 1 - Avril 2004

    EII - Proposition 16

    Il suit de là premièrement que l’âme humaine doit percevoir en même temps que la nature de son corps celle de plusieurs autres corps.
    EII - Proposition 16 - corollaire 2

  • EII - Proposition 16 - corollaire 2 - Avril 2004

    EI - Appendice.
    EII - Proposition 16 - corollaire 1

    En second lieu, que les idées que nous avons des corps extérieurs marquent bien plus la constitution de notre corps que la nature des corps extérieurs : ce qui a d’ailleurs été expliqué par beaucoup d’exemples dans l’appendice de la première partie.
    EII - Proposition 17

  • EII - Proposition 17 - Avril 2004

    EII - Proposition 12 ; EII - Proposition 16 (et EII - Proposition 16 - corollaire 1).
    EII - Proposition 16 - corollaire 2

    Si le corps humain est affecté d’une modification qui exprime la nature d’un corps étranger, l’âme humaine apercevra ce corps étranger comme existant en acte ou comme lui étant présent, jusqu’à ce que le corps humain reçoive une modification nouvelle qui exclue l’existence ou la présence de ce même corps étranger. Démonstration
    Cela est évident, car tant que le corps humain (...)

  • EII - Proposition 17 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 12 ; EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome 2) ; EII - Proposition 13 - (Postulat 5) ; EII - Proposition 17.
    L’âme pourra apercevoir comme présents les corps extérieurs, quoiqu’ils n’existent pas ou ne soient pas présents, quand une fois le corps humain en aura été affecté.
    Démonstration
    Pendant que les corps extérieurs agissent sur les parties fluides du corps humain, de telle façon que celles-ci viennent à frapper souvent les parties les plus molles, il arrive qu’elles en (...)

  • EII - Proposition 17 - scolie - Avril 2004

    EI - Définition 7.
    EII - Proposition 13 - corollaire ; EII - Proposition 16 - corollaire 2 ; EII - Proposition 17 - corollaire.
    Nous venons de voir comment il se peut faire que nous apercevions comme présentes, ainsi qu’il arrive souvent, des choses qui n’existent pas. Peut-être y a-t-il d’autres causes de ce phénomène ; mais il me suffit ici d’en avoir indiqué une par laquelle j’explique la chose aussi bien que je le ferais par la cause véritable. Je ne crois pas, du reste, m’éloigner de beaucoup (...)

  • EII - Proposition 18 - Avril 2004

    EII - Proposition 17 - corollaire.
    EII - Proposition 17 - scolie

    Si le corps humain a été affecté une fois par deux ou plusieurs corps, dès que l’âme viendra ensuite à imaginer un de ces corps, aussitôt elle se souviendra également des autres. Démonstration
    Ce qui fait que l’âme imagine un certain corps, c’est (par le Corollaire précéd.) que le corps humain est affecté et disposé par les traces d’un même corps extérieur comme il l’était quand quelques-unes de ses parties étaient ébranlées par le (...)

  • EII - Proposition 18 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 16.
    Ceci nous fait comprendre clairement en quoi consiste la mémoire. Elle n’est autre chose, en effet, qu’un certain enchaînement d’idées qui expriment la nature des choses qui existent hors du corps humain, lequel enchaînement se produit dans l’âme suivant l’ordre et l’enchaînement des affections du corps humain. Je dis, premièrement, que la mémoire est l’enchaînement de cette sorte d’idées seulement qui enveloppent la nature des choses qui existent hors du corps humain, et non des (...)

  • EII - Proposition 19 - Avril 2004

    EII - Proposition 7 ; EII - Proposition 9 ; EII - Proposition 11 - corollaire ; EII - Proposition 12 ; EII - Proposition 13 (et EII - Proposition 13 - (Postulat 4)) ; EII - Proposition 16 ; EII - Proposition 17.
    L’âme humaine ne connaît pas le corps humain lui-même, et ne sait qu’il existe que par les idées des affections qu’il éprouve.
    Démonstration
    En effet, l’âme humaine, c’est l’idée même ou la connaissance du corps humain (par la Propos. 12), laquelle est en Dieu (par la Propos. 9), en tant qu’on (...)

  • EII - Proposition 20 - Avril 2004

    EII - Proposition 1 ; EII - Proposition 3 ; EII - Proposition 7 ; EII - Proposition 9 ; EII - Proposition 11.
    EII - Proposition 19

    Il y a aussi en Dieu une idée ou connaissance de l’âme humaine qui suit de la nature divine et s’y rapporte de la même façon que l’idée ou connaissance du corps humain. Démonstration
    La pensée est un attribut de Dieu (par la Propos. 1) ; et en conséquence (par la Propos. 3) il y a nécessairement en Dieu l’idée de la pensée et de toutes ses affections, par suite (en (...)

  • EII - Proposition 21 - Avril 2004

    EII - Proposition 12 ; EII - Proposition 13.
    EII - Proposition 20

    Cette idée de l’âme est unie à l’âme de la même façon que l’âme elle-même est unie au corps. Démonstration
    Si l’âme est unie au corps, c’est, comme nous l’avons montré, parce que le corps est l’objet de l’âme (voir les Propos. 12 et 13). Par conséquent, en vertu de la même raison, l’idée de l’âme doit être unie avec son objet, c’est-à-dire avec l’âme elle-même, de la même manière que l’âme est unie avec le corps. C. Q. F. D.
    EII - (...)

  • EII - Proposition 21 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 7 - scolie ; EII - Proposition 13.
    EII - Proposition 21

    Cette proposition se conçoit beaucoup plus clairement encore par ce qui a été dit dans le Scolie de la Propos. 7. Là. en effet. nous avons montré que l’idée du corps et le corps lui-même c’est-à-dire (par la Propos. 13) l’âme et le corps, ne font qu’un seul et même individu conçu tantôt sous l’attribut de la pensée, tantôt sous celui de l’étendue ; c’est pourquoi l’idée de l’âme et l’âme elle-même, ce n’est qu’une seule et même (...)

  • EII - Proposition 22 - Avril 2004

    EII - Proposition 1 ; EII - Proposition 3 ; EII - Proposition 7 ; EII - Proposition 9 ; EII - Proposition 11 (et EII - Proposition 11 - corollaire) ; EII - Proposition 12 ; ; EII - Proposition 20 ; EII - Proposition 21.
    EII - Proposition 21 - scolie

    L’âme humaine ne perçoit pas seulement les affections du corps, mais aussi les idées de ces affections. Démonstration
    De la même façon que les idées des affections du corps résultent de la nature divine et s’y rapportent, de même en est-il des (...)

  • EII - Proposition 23 - Avril 2004

    EII - Proposition 11 - corollaire ; EII - Proposition 13 ; EII - Proposition 16 ; EII - Proposition 19 ; EII - Proposition 20 ; EII - Proposition 22.
    L’âme ne se connaît elle-même qu’en tant qu’elle perçoit les idées des affections du corps.
    Démonstration
    L’idée ou connaissance de l’âme résulte de la nature de Dieu et s’y rapporte (par la Propos. 20) de la même façon que l’idée ou connaissance du corps. Or, puisque (par la Propos. 19) l’âme humaine ne connaît pas le corps humain lui-même, en d’autres (...)

  • EII - Proposition 24 - Avril 2004

    EII - Proposition 3 ; EII - Proposition 7 ; EII - Proposition 9 ; EII - Proposition 11 - corollaire ; EII - Proposition 13 ; (et EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Définition) ; EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome 1) ; EII - Proposition 13 - (Lemme 4) ; EII - Proposition 13 - (Postulat 1)).
    L’âme humaine n’enveloppe pas la connaissance adéquate des parties qui composent le corps humain.
    Démonstration
    Les parties qui composent le corps humain ne se rapportent point à son essence, si ce (...)

  • EII - Proposition 25 - Avril 2004

    EII - Proposition 7 ; EII - Proposition 9 ; EII - Proposition 16.
    EII - Proposition 24

    L’idée d’une affection quelconque du corps humain n’enveloppe pas la connaissance adéquate du corps extérieur. Démonstration
    Nous avons vu que l’idée d’une affection du corps humain n’enveloppe la nature d’un corps extérieur qu’en tant que celui-ci détermine le corps humain d’une certaine façon (par la Propos. 16). Mais en tant que le corps extérieur est un individu sans rapport au corps humain, l’idée de ce corps (...)

  • EII - Proposition 26 - Avril 2004

    EII - Proposition 7 ; EII - Proposition 13 ; EII - Proposition 16 (et EII - Proposition 16 - corollaire 1).
    EII - Proposition 25

    L’âme humaine ne perçoit aucun corps comme existant en acte, que par les idées des affections de son corps. Démonstration
    Si le corps humain n’est affecté d’aucune façon par un corps extérieur, il en résulte (par la Propos. 7) que l’idée du corps humain, c’est-à-dire l’âme humaine (par la Propos. 13) n’est affectée d’aucune façon de l’idée de l’existence de ce corps (...)

  • EII - Proposition 26 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 17 - scolie ; EII - Proposition 25 ; EII - Proposition 26.
    EII - Proposition 26

    L’âme humaine, en tant qu’elle imagine un corps extérieur, n’en a pas une connaissance adéquate. Démonstration
    Quand l’âme humaine aperçoit les corps extérieurs par les idées des affections de son propre corps, nous disons qu’elle imagine (voyez le Scol. de la Propos. 17) ; et elle ne peut (par la Propos. précédente) imaginer les corps extérieurs, comme existant en acte, d’aucune autre façon. Par (...)

  • EII - Proposition 27 - Avril 2004

    EII - Proposition 7 ; EII - Proposition 9 ; EII - Proposition 16 ; EII - Proposition 25.
    EII - Proposition 26 - corollaire

    L’idée d’une affection quelconque du corps humain n’enveloppe point la connaissance adéquate du corps humain. Démonstration
    Toute idée d’une affection quelconque du corps humain enveloppe la nature du corps humain, en tant seulement que le corps humain est affecté d’une modification déterminée (voir la Propos. 16). Mais l’idée du corps humain, en tant qu’individu, lequel (...)

  • EII - Proposition 28 - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Postulat 3) ; EII - Proposition 16 ; EII - Proposition 24 ; EII - Proposition 25.
    EII - Proposition 27

    Les idées et les affections du corps humain, en tant qu’elles se rapportent seulement à l’âme humaine, ne sont point claires et distinctes, mais confuses. Démonstration
    En effet, les idées des affections du corps humain enveloppent la nature des corps extérieurs ainsi que celle du corps humain lui-même (par la Propos. 16) ; et non seulement du corps humain, mais (...)

  • EII - Proposition 28 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 28

    On démontre de la même manière que l’idée qui constitue la nature de l’âme humaine, si on la considère en elle seule, n’est pas claire et distincte ; de même que l’idée de l’âme humaine, les idées des idées des affections du corps humain, en tant qu’on les rapporte seulement à l’âme, ne sont pas non plus claires et distinctes, ce que chacun peut voir aisément.
    EII - Proposition (...)

  • EII - Proposition 29 - Avril 2004

    EI - Axiome 6.
    EII - Proposition 13 ; EII - Proposition 27.
    EII - Proposition 28 - scolie

    Aucune idée de l’idée d’une affection quelconque du corps humain n’enveloppe une connaissance adéquate de l’âme humaine. Démonstration
    En effet, l’idée d’une affection du corps humain n’enveloppe point (par la Propos. 27) une connaissance adéquate de l’âme humaine ; en d’autres termes, elle n’en exprime pas la nature d’une façon adéquate ; ou enfin, elle ne s’accorde pas d’une façon adéquate avec la nature de (...)

  • EII - Proposition 29 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 19 ; EII - Proposition 23 ; EII - Proposition 25 ; EII - Proposition 26 ; EII - Proposition 27 ; EII - Proposition 28 (et EII - Proposition 28 - scolie) ; EII - Proposition 29.
    EII - Proposition 29

    Il suit de là que l’âme humaine, toutes les fois qu’elle perçoit les choses dans l’ordre commun de la nature, n’a point d’elle-même, ni de son corps, ni des corps extérieurs, une connaissance adéquate, mais seulement une connaissance confuse et mutilée. L’âme, en effet, ne se (...)

  • EII - Proposition 29 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 29 - corollaire

    Je dis expressément que l’âme humaine n’a point une connaissance adéquate d’elle-même, ni de son corps, ni des corps extérieurs, mais seulement une connaissance confuse, toutes les fois qu’elle perçoit les choses dans l’ordre commun de la nature ; par où j’entends, toutes les fois qu’elle est déterminée extérieurement par le cours fortuit des choses à apercevoir ceci ou cela, et non pas toutes les fois qu’elle est déterminée intérieurement, c’est-à-dire par l’intuition (...)

  • EII - Proposition 30 - Avril 2004

    EI - Proposition 21 ; EI - Proposition 28.
    EII - Axiome 1 ; EII - Proposition 9 - corollaire ; EII - Proposition 11 - corollaire.
    Nous n’avons de la durée de notre corps qu’une connaissance fort inadéquate.
    Démonstration
    La durée de notre corps ne dépend pas de son essence (par l’Axiome 1), ni de la nature absolue de Dieu (par la Propos. 21, partie 1).Mais (par la Propos.28, partie 1) notre corps est déterminé à exister et à agir d’une certaine façon par des causes qui sont elles-mêmes déterminées (...)

  • EII - Proposition 31 - Avril 2004

    EI - Proposition 28.
    EII - Proposition 30

    Nous ne pouvons avoir qu’une connaissance fort inadéquate de la durée des choses particulières qui sont hors de nous. Démonstration
    Toute chose particulière en effet, comme le corps humain, doit être déterminée à exister et à agir d’une certaine façon par une autre chose particulière, et celle-ci par une autre et ainsi à l’infini (par la Propos. 28, partie 1) ; or, comme nous avons démontré dans la proposition précédente, par cette propriété commune ; (...)

  • EII - Proposition 31 - corollaire - Avril 2004

    EI - Proposition 29 ; EI - Proposition 33 - scolie 1.
    EII - Proposition 31.
    EII - Proposition 31

    Il suit de là que toutes les choses particulières sont contingentes et corruptibles ; car nous ne pouvons avoir (par la Propos. précédente) qu’une connaissance fort inadéquate de leur durée, et ce n’est pas autre chose que cela même qu’il faut entendre par la contingence et la corruptibilité des choses (voir le Scol. 1 de la Propos. 33, partie 1) ; car, hors de là, il n’est rien de contingent (par (...)

  • EII - Proposition 32 - Avril 2004

    EI - Axiome 6.
    EII - Proposition 7 - corollaire.
    EII - Proposition 31 - corollaire

    Toutes les idées, en tant qu’elles se rapportent à Dieu, sont vraies. Démonstration
    Car toutes les idées qui sont en Dieu conviennent parfaitement avec leurs objets (par le Corollaire de la Propos. 7) et par conséquent elles sont vraies (par l’Axiome 6). C. Q. F. D.
    EII - Proposition 33

  • EII - Proposition 33 - Avril 2004

    EI - Proposition 15.
    EII - Proposition 32.
    EII - Proposition 32

    Ce n’est rien de positif qui fait la fausseté des idées. Démonstration
    Si vous niez cela, essayez de concevoir un mode positif de la pensée qui constitue la forme de l’erreur et de la fausseté. Un tel mode ne se peut trouver en Dieu (par la Propos. précédente), et il ne peut non plus exister ni se concevoir hors de Dieu (par la Propos. 15, partie 1). Par conséquent, ce ne peut rien être de positif qui fait la fausseté des idées. (...)

  • EII - Proposition 34 - Avril 2004

    EII - Proposition 11 - corollaire ; EII - Proposition 32.
    EII - Proposition 33

    Toute idée, qui est complète en nous, c’est-à-dire adéquate et parfaite, est une idée vraie. Démonstration
    Quand nous disons qu’il y a en nous une idée adéquate et parfaite, c’est comme si nous disions (par le Corollaire de la Propos. 11) qu’elle est en Dieu adéquate et parfaite, en tant qu’il constitue l’essence de notre âme ; par conséquent, c’est comme si nous disions (par la Propos. 32) qu’une telle idée est vraie. (...)

  • EII - Proposition 35 - Avril 2004

    EII - Proposition 33.
    EII - Proposition 34

    La fausseté des idées consiste dans la privation de connaissance qu’enveloppent les idées inadéquates, c’est-à-dire les idées mutilées et confuses. Démonstration
    Il n’y a dans les idées rien de positif qui constitue la forme de la fausseté (par la Propos. 33). Or, la fausseté ne peut pas consister dans l’absolue privation (car on ne dit pas que les corps se trompent ou sont dans l’erreur, mais seulement les âmes), ni dans l’absolue ignorance ; car autre (...)

  • EII - Proposition 35 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 17 - scolie.
    J’ai expliqué dans le Scol. de la Propos. 17 de cette partie , pourquoi l’erreur consiste dans une privation de connaissance ; pour plus de clarté, je donnerai ici un exemple. Les hommes se trompent en ce point, qu’ils pensent être libres. Or, en quoi consiste une telle opinion ? en cela seulement qu’ils ont conscience de leurs actions et ignorent les causes qui les déterminent. L’idée que les hommes se font de leur liberté vient donc de ce qu’ils ne connaissent point (...)

  • EII - Proposition 36 - Avril 2004

    EI - Proposition 15.
    EII - Proposition 6 - corollaire ; EII - Proposition 7 - corollaire ; EII - Proposition 24 ; EII - Proposition 28 ; EII - Proposition 32.
    EII - Proposition 35 - scolie

    Les idées inadéquates et confuses découlent de la pensée avec la même nécessité que les idées adéquates, c’est-à-dire claires et distinctes. Démonstration
    Toutes les idées sont en Dieu (par la Propos. 15, partie 1) et, en tant qu’elles se rapportent à Dieu, elles sont vraies (par la Propos. 32), et adéquates (...)

  • EII - Proposition 37 - Avril 2004

    EII - Définition 2 ; EII - Proposition 13 - (Lemme 2).
    EII - Proposition 36

    Ce qui est commun à toutes choses (voir le Lemme 2), ce qui est également dans le tout et dans la partie, ne constitue l’essence d’aucune chose particulière. Démonstration
    Essayez de concevoir, en effet, s’il est possible, qu’il en soit autrement, et, par exemple, que ce principe commun à toutes choses constitue l’essence d’une chose particulière, B. Ôtez B, le principe commun ne pourra exister, ni être conçu (par la (...)

  • EII - Proposition 38 - Avril 2004

    EII - Proposition 7 - corollaire ; EII - Proposition 11 - corollaire ; EII - Proposition 12 ; EII - Proposition 13 ; EII - Proposition 16 ; EII - Proposition 25 ; EII - Proposition 27.
    Ce qui est commun à toutes choses et se trouve également dans le tout et dans la partie, ne se peut concevoir que d’une façon adéquate.
    Démonstration
    Soit A ce principe commun à toutes choses et qui se trouve également dans le tout et dans la partie. Je dis que A ne se peut concevoir que d’une façon adéquate. En (...)

  • EII - Proposition 38 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 13 - (Lemme 2) ; EII - Proposition 38.
    EII - Proposition 38

    Il suit de là qu’il y a un certain nombre d’idées ou notions communes à tous les hommes. Car (par le Lemme 2) tous les corps se ressemblent en certaines choses, lesquelles (par la Propos. précéd.) doivent être aperçues par tous d’une façon adéquate, c’est-à-dire claire et distincte.
    EII - Proposition (...)

  • EII - Proposition 39 - Avril 2004

    EII - Proposition 7 - corollaire ; EII - Proposition 11 - corollaire ; EII - Proposition 13 ; EII - Proposition 16.
    Ce qui est commun au corps humain et à quelques corps extérieurs par lesquels le corps humain est ordinairement modifié, et ce qui est également dans chacune de leurs parties et dans leur ensemble, l’âme humaine en a une idée adéquate.
    Démonstration
    Soit A ce qui est propre et commun aux corps humain et à quelques corps extérieurs, et de plus ce qui se trouve également dans le corps (...)

  • EII - Proposition 39 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 39

    Il suit de là que l’âme est propre à percevoir d’une manière adéquate un plus grand nombre de choses, suivant que son corps a plus de points communs avec les corps extérieurs.
    EII - Proposition 40

  • EII - Proposition 40 - Avril 2004

    EII - Proposition 11 - corollaire.
    EII - Proposition 39 - corollaire

    Toutes les idées qui dans l’âme résultent d’idées adéquates sont adéquates elles-mêmes. Démonstration
    Cela est évident ; car dire que dans l’âme humaine une idée découle d’autres idées, ce n’est pas dire autre chose (par le Corollaire de la Propos. 11) sinon que dans l’entendement divin lui-même il y a une idée dont Dieu est la cause, non pas en tant qu’infini, ni en tant qu’il est affecté de l’idée de plusieurs choses particulières, (...)

  • EII - Proposition 40 - scolie 1 - Avril 2004

    EII - Proposition 17 - corollaire et EII - Proposition 17 - scolie ; EII - Proposition 18.
    Je viens d’expliquer la cause de ces notions qu’on nomme communes, et qui sont les bases du raisonnement. Mais il y a d’autres causes de certains axiomes ou notions qu’il serait dans notre sujet d’expliquer ici par la méthode que nous suivons ; car on verrait par là quelles sont parmi toutes ces notions celles qui ont vraiment une utilité supérieure, et celles qui ne sont presque d’aucun usage. On verrait (...)

  • EII - Proposition 40 - scolie 2 - Avril 2004

    EII - Proposition 18 - scolie ; EII - Proposition 29 - corollaire ; EII - Proposition 38 - corollaire ; EII - Proposition 39 (et EII - Proposition 39 - corollaire) ; EII - Proposition 40.
    Euclide, Livre VII, prop. 19.
    Il résulte clairement de tout ce qui précède que nous tirons un grand nombre de perceptions et toutes nos notions universelles : 1° des choses particulières que les sens représentent à l’intelligence d’une manière confuse, tronquée et sans aucun ordre (voir le Corollaire de la Propos. (...)

  • EII - Proposition 41 - Avril 2004

    EII - Proposition 34 ; EII - Proposition 35.
    EII - Proposition 40 - scolie 2

    La connaissance du premier genre est l’unique cause de la fausseté des idées ; celle du second et du troisième genre est nécessairement vraie. Démonstration
    A la connaissance du premier genre se rapportent, comme nous l’avons dit dans le précédent Scholie, toutes les idées inadéquates et confuses ; elle est donc (par la Propos. 35) l’unique cause de la fausseté des idées. Au contraire, les idées adéquates se rapportent (...)

  • EII - Proposition 42 - Avril 2004

    EII - Proposition 40 - scolie 2.
    EII - Proposition 41

    C’est la connaissance du second et du troisième genre et non celle du premier genre qui nous apprennent à distinguer le vrai du faux. Démonstration
    Cette proposition est évidente d’elle-même. Quiconque, en effet, sait distinguer le vrai d’avec le faux doit avoir du vrai et du faux une idée adéquate ; par conséquent (en vertu du Scol. 2 de la Propos. 40), connaître le vrai et le faux d’une connaissance du second ou du troisième genre.
    EII - (...)

  • EII - Proposition 43 - Avril 2004

    EII - Proposition 11 - corollaire ; EII - Proposition 20 ; EII - Proposition 34.
    Celui qui a une idée vraie sait, en même temps, qu’il a cette idée et ne peut douter de la vérité de la chose qu’elle représente.
    Démonstration
    Une idée vraie dans l’âme humaine, c’est une idée qui est en Dieu d’une manière adéquate en tant que sa nature est exprimée par la nature humaine (par le Corollaire de la Propos. 11). Supposons donc en Dieu, en tant qu’il est exprimé par la nature de l’âme humaine, l’idée adéquate A. (...)

  • EII - Proposition 43 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 11 - corollaire ; EII - Proposition 19 ; EII - Proposition 21 - scolie ; EII - Proposition 35 (et EII - Proposition 35 - scolie).
    J’ai expliqué (dans le Scol. de la Propos.) en quoi consiste l’idée d’une idée. Mais il faut remarquer que la précédente proposition est, de soi, assez évidente. Il n’est personne, en effet, qui, ayant une idée vraie, ignore qu’une idée vraie enveloppe la certitude ; car qu’est-ce qu’avoir une idée vraie ? c’est connaître parfaitement, ou aussi bien que (...)

  • EII - Proposition 44 - Avril 2004

    EI - Axiome 6 ; EI - Proposition 29.
    EII - Proposition 41.
    EII - Proposition 43 - scolie

    Il n’est point de la nature de la raison de percevoir les choses comme contingentes, mais bien comme nécessaires. Démonstration
    Il est de la nature de la raison de percevoir les choses selon leur vraie nature (par la Propos. 41), c’est-à-dire (par l’Axiome 6, partie 1) telles qu’elles sont, par conséquent (en vertu de la Propos. 29, partie 1) comme nécessaires, et non point comme contingentes. C. Q. F. (...)

  • EII - Proposition 44 - corollaire 1 - Avril 2004

    EII - Proposition 44

    Il suit de là que c’est la seule imagination qui nous fait percevoir les choses comme contingentes, au regard du passé comme au regard de l’avenir.
    EII - Proposition 44 - corollaire 1 - scolie

  • EII - Proposition 44 - corollaire 1 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 17 (et EII - Proposition 17 - corollaire) ; EII - Proposition 18.
    Comment en est-il ainsi ? C’est ce que je vais expliquer en peu de mots. Nous avons vu plus haut (Propos. 17, et son Corollaire) que l’âme imagine toujours les choses comme lui étant présentes, quoiqu’elles n’existent pas, à moins que certaines causes ne viennent à agir, qui excluent leur existence présente. Nous avons montré ; ensuite (Propos. 18) que si le corps humain a été une fois affecté simultanément par deux (...)

  • EII - Proposition 44 - corollaire 2 - Avril 2004

    EI - Axiome 6 ; EI - Proposition 16.
    EII - Proposition 37 ; EII - Proposition 38 ; EII - Proposition 41 ; EII - Proposition 44.
    EII - Proposition 44 - corollaire 1 - scolie

    Il est de la nature de la raison de percevoir les choses sous la forme de l’éternité. Démonstration
    En effet, il est de la nature de la raison de percevoir les choses comme nécessaires et non comme contingentes (par la Propos. précédente). Or, cette nécessité des choses, la raison la perçoit selon le vrai (par la Propos. (...)

  • EII - Proposition 45 - Avril 2004

    EI - Définition 6 ; EI - Axiome 4 ; EI - Proposition 15.
    EII - Proposition 6 ; EII - Proposition 8 - corollaire.
    EII - Proposition 44 - corollaire 2

    Toute idée d’un corps ou d’une chose particulière quelconque existant en acte enveloppe nécessairement l’essence éternelle et infinie de Dieu. Démonstration
    L’idée d’une chose particulière et qui existe en acte enveloppe nécessairement tant l’essence que l’existence de cette chose (par le Corollaire de la Propos. 8). Or ; les choses particulières (...)

  • EII - Proposition 45 - scolie - Avril 2004

    EI - Proposition 16 ; EI - Proposition 24 - corollaire.
    EII - Proposition 45

    Je n’entends pas ici par existence la durée, c’est-à-dire l’existence conçue d’une manière abstraite, comme une forme de la quantité. Je parle de la nature même de l’existence qu’on attribue aux choses particulières, à cause qu’elles découlent en nombre infini et avec une infinité de modifications de la nécessité éternelle de la nature de Dieu (voir la Propos. 16, partie 1). Je parle, dis-je, de l’existence même des choses (...)

  • EII - Proposition 46 - Avril 2004

    EII - Proposition 38 ; EII - Proposition 45.
    EII - Proposition 45 - scolie

    La connaissance de l’essence éternelle et infinie de Dieu que toute idée enveloppe est adéquate et parfaite. Démonstration
    La démonstration de la précédente proposition est générale ; et soit que l’on considère une chose comme partie ou comme tout, l’idée de cette chose, idée d’une partie ou d’un tout, peu importe, enveloppera (par la Propos. précédente) l’essence éternelle et infinie de Dieu. Par conséquent, ce qui donne la (...)

  • EII - Proposition 47 - Avril 2004

    EII - Proposition 16 - corollaire 1 ; EII - Proposition 17 ; EII - Proposition 19 ; EII - Proposition 22 ; EII - Proposition 23 ; EII - Proposition 45 ; EII - Proposition 46.
    EII - Proposition 46

    L’âme humaine a une connaissance adéquate de l’infinie et éternelle essence de Dieu. Démonstration
    L’âme humaine a des idées (par la Propos. 22) par lesquelles (en vertu de la Propos. 23) elle se connaît elle-même ainsi que son corps (par la Propos. 19), et les corps extérieurs (par le Corollaire 1 de (...)

  • EII - Proporition 47 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 40 - scolie 2.
    Nous voyons par là que l’essence infinie de Dieu et son éternité sont choses connues de tous les hommes. Or, comme toutes choses sont en Dieu et se conçoivent par Dieu, il s’ensuit que nous pouvons de cette connaissance en déduire beaucoup d’autres qui sont adéquates de leur nature, et former ainsi ce troisième genre de connaissance dont nous avons parlé (dans le Scol. 2 de la Propos. 40), et dont vous aurons à montrer dans la partie cinquième la supériorité et (...)

  • EII - Proposition 48 - Avril 2004

    EI - Proposition 17 - corollaire 2 ; EI - Proposition 28.
    EII - Proposition 11.
    EII - Proporition 47 - scolie

    Il n’y a point dans l’âme de volonté absolue ou libre ; mais l’âme est déterminée à vouloir ceci ou cela par une cause, qui elle-même est déterminée par une autre, et celle-ci encore par une autre, et ainsi à l’infini. Démonstration
    L’âme est un certain mode déterminé de la pensée (par la Propos. 11), et en conséquence elle ne peut être (par le Corollaire 2 de la Propos. 17, partie 1) une (...)

  • EII - Proposition 48 - scolie - Avril 2004

    EI - Appendice.
    EII - Définition 3.
    On démontrerait de la même manière qu’il n’y a dans l’âme humaine aucune faculté absolue de comprendre, de désirer, d’aimer, etc. D’où il suit que ces facultés et toutes celles du même genre, ou bien, sont purement fictives, ou ne représentent autre chose que des êtres métaphysiques ou universels que nous avons l’habitude de former à l’aide des choses particulières. Ainsi donc, l’entendement et la volonté ont avec telle ou telle idée, telle ou telle volition, le même (...)

  • EII - Proposition 49 - Avril 2004

    EII - Définition 2 ; EII - Axiome 3 ; EII - Proposition 48.
    Il n’y a dans l’âme aucune autre volitions, c’est-à-dire aucune autre affirmation ou négation, que celle que l’idée, en tant qu’idée, enveloppe.
    Démonstration
    Il n’y a dans l’âme (par la Propos. précéd.) aucune faculté absolue de vouloir ou de ne pas vouloir, mais seulement des volitions particulières, comme telle ou telle affirmation, telle ou telle négation. Supposons donc une certaine volition particulière, par exemple, ce mode de la pensée par (...)

  • EII - Proposition 49 - corollaire - Avril 2004

    EII - Proposition 48 (et EII - Proposition 48 - scolie) ; EII - Proposition 49.
    EII - Proposition 49

    La volonté et l’entendement sont une seule et même chose. Démonstration
    La volonté et l’entendement ne sont rien de distinct des volitions et des idées particulières elles-mêmes (par la Propos. 48 et son Scolie). Or (par la Propos. précéd.) une volition et une idée, c’est une seule et même chose ; par conséquent aussi la volonté et l’entendement. C. Q. F. D.
    EII - Proposition 49 - (...)

  • EII - Proposition 49 - scolie - Avril 2004

    EII - Proposition 17 - corollaire et EII - Proposition 17 - scolie ; EII - Proposition 35 (et EII - Proposition 35 - scolie) ; EII - Proposition 43 (et EII - Proposition 43 - scolie) ; EII - Proposition 44 - corollaire 1 - scolie ; EII - Proporition 47 - scolie.
    Par la proposition qu’on vient de lire, nous avons renversé l’explication que l’on donne communément de la cause de l’erreur. Nous avons montré plus haut que l’erreur consiste uniquement dans la privation de connaissance qu’enveloppent les (...)