EII - Proposition 26 - corollaire

  • 21 avril 2004

En tant que l’Âme humaine imagine un corps extérieur, elle n’en a pas la connaissance adéquate.

DÉMONSTRATION

Quand l’Âme humaine considère des corps extérieurs par les idées des affections de son propre Corps, nous disons qu’elle imagine (voir le Scolie de la Prop. 17) ; il n’y a pas d’autre condition dans laquelle l’Âme puisse imaginer des corps comme existant en acte (Prop. préc.). Par suite (Prop. 25), en tant que l’Âme imagine des corps extérieurs, elle n’en a pas la connaissance adéquate. C.Q.F.D. [*]


Quatenus mens humana corpus externum imaginatur eatenus adæquatam ejus cognitionem non habet.

DEMONSTRATIO :

Cum mens humana per ideas affectionum sui corporis corpora externa contemplatur, eandem tum imaginari dicimus (vide scholium propositionis 17 hujus) nec mens alia ratione (per propositionem præcedentem) corpora externa ut actu existentia imaginari potest. Atque adeo (per propositionem 25 hujus) quatenus mens corpora externa imaginatur, eorum adæquatam cognitionem non habet. Q.E.D.


[*(Saisset :) L’âme humaine, en tant qu’elle imagine un corps extérieur, n’en a pas une connaissance adéquate. Démonstration Quand l’âme humaine aperçoit les corps extérieurs par les idées des affections de son propre corps, nous disons qu’elle imagine (voyez le Scol. de la Propos. 17) ; et elle ne peut (par la Propos. précédente) imaginer les corps extérieurs, comme existant en acte, d’aucune autre façon. Par conséquent (par la Propos.25), l’âme humaine, en tant qu’elle imagine un corps extérieur, n’en a pas une connaissance adéquate.

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