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Publié : 16 mai 2005

Traité politique, IX, §15



Cet État aristocratique où le pouvoir se partage entre plusieurs villes, est encore préférable parce qu’il n’y a pas à craindre, comme dans l’autre, que l’Assemblée suprême soit brusquement assaillie et détruite, puisque (par le § 9 de ce chapitre) elle n’est pas convoquée en un lieu et à une date fixe. Les citoyens puissants sont en outre moins à craindre dans cet État : où plusieurs villes jouissent de la liberté, il ne suffit pas à celui qui tente d’usurper le pouvoir, de s’emparer d’une ville unique pour être le maître partout. La liberté enfin dans cet État est un bien commun à un plus grand nombre car, où règne une ville unique, il n’est pris soin du bien des autres que dans la mesure où cela convient à la ville régnante.


Traduction Saisset :

Cette aristocratie partagée entre plusieurs villes est encore préférable à la première, parce qu’on n’a pas à s’y garder, comme dans la première, d’une agression soudaine contre le conseil suprême, puisque ni l’époque ni le lieu de ses réunions n’y sont désignés (par l’article 9 du présent chapitre). En outre, les citoyens puissants sont moins à craindre dans ce gouvernement, puisque là où plusieurs villes jouissent de la liberté, il ne suffit pas à celui qui veut s’ouvrir une voie à l’empire de s’emparer d’une seule ville pour être le maître des autres. Enfin la liberté, dans ce gouvernement, est commune à un plus grand nombre d’hommes ; car partout où une seule ville a le pouvoir, on ne s’inquiète du bien des autres villes que dans la mesure où ce bien peut être utile à celle qui est la maîtresse.


Est praeterea hoc aristocraticum imperium, quod plures urbes tenent, alteri praeferendum, quia non opus est, ut in praecedenti, cavere, ne universum supremum eius concilium subito impetu opprimatur, quandoquidem (per art. 9. huius cap.) eidem convocando nullum tempus nec locus designatur. Sunt praeterea potentes cives in hoc imperio minus timendi. Nam ubi plures urbes libertate gaudent, non sufficit ei, qui viam ad imperium affectat, urbem unam occupare, ut imperium in reliquas obtineat. Est denique in hoc imperio libertas pluribus communis. Nam ubi una sola urbs regnat, eatenus reliquarum bono consulitur, quatenus regnanti huic urbi expedit.